Tous les jours, la passion du cyclisme

 

Auteur/autrice : Laurent Page 22 of 354

Nouveau Shimano Dura-Ace 12v: 54-40?

Le buzz dans le monde du vélo depuis 24h, c’est la sortie du nouveau groupe Shimano Dura-Ace 12v, un groupe attendu depuis des mois déjà.

Difficile de manquer cette sortie en effet tant la planète vélo a été coordonnée pour maximiser le buzz, la nouvelle étant hier sur tous les sites cyclistes et toutes les chaines cyclistes YouTube.

Même Mathieu – ambassadeur Shimano – a son vidéo léché du « dream built » de son vélo Canyon avec le nouveau groupe!

Pourquoi une sortie hier? Parce que le 31 août, c’est la veille de l’ouverture du salon du vélo « Eurobike » à Friedrichshafen en Allemagne, la gran’ messe pour annoncer les nouveautés 2022.

Shimano a annoncé au même moment la sortie de leur nouveau groupe Ultegra, juste en dessous du Dura Ace. En gros, l’Ultegra c’est la même chose, le carbone et le titane en moins. Un peu plus lourd donc.

Le groupe Dura-Ace

12 vitesses, c’était attendu. Il était temps.

Semi-wireless. C’est à dire que les dérailleurs avant et arrière sont reliés par un fil électrique, mais pas les manettes devant qui communiquent d’abord avec le dérailleur arrière, puis l’avant.

Des manettes sans fils de dérailleurs, c’est pratique pour l’intégration du cockpit avant.

Sram Red e-tap demeure donc le seul groupe totalement wireless, les trois composantes que sont le dérailleur arrière, l’avant et les manettes communiquant sans fil, et les dérailleurs ayant chacun leur batterie.

Le Dura-Ace est désormais un groupe électronique seulement: exit le mécanique. Idem chez Ultegra.

Mais on continue d’offrir une version freins à mâchoires, et la cassette arrière actuelle en 11v pourra accepter les cassettes 12v. Comme quoi chez Shimano, on a pensé à la clientèle qui roule déjà sur un groupe Dura-Ace 11v. Bien.

Capteur de puissance disponible, mais le prix est alors majoré d’environ 1200$CAN (800 euros).

Trois choix de roues: 36mm, 50mm et 60mm. Rappelons que chez Campagnolo WTO, des roues magnifiques au demeurant, on a misé sur une gamme 33mm, 45mm et 60mm. La question devient: les 45mm sont-elles plus polyvalentes que les 50mm? Je ne suis pas loin de le penser, tout comme Campagnolo qui a longtemps offert les Bora 50mm avant de les laisser tomber dans la gamme WTO.

Pour le reste au sein de ce nouveau groupe Shimano Dura-Ace, des petites améliorations un peu partout: ergonomie des manettes revue, espacement plus large des freins à disque pour limiter les bruits de frottement, amélioration de la rapidité des changements de vitesse, présence possible de boutons satellite sur le guidon permettant de changer de vitesse par exemple les mains en haut du guidon (bien!), etc.

Trois cassettes disponibles: les 11-30 et 11-34, avec bientôt la 11-28 (seulement pour le groupe Dura-Ace).

Le pédalier reste en aluminium.

Une originalité selon moi: exit le traditionnel (depuis des générations!) 53-39, bienvenue au 54-40. Les options 52-36 et 50-34 demeurent par ailleurs disponibles.

54-40, un nouveau standard imposé par les pros?

En effet, il semble que cette combinaison ait été demandée par les coureurs professionnels qui vont de plus en plus vite sur les courses aux parcours moins accidentés, merci aux vélos aéro notamment, ainsi qu’à des roues plus efficaces qu’avant.

Meilleur alignement de chaine également ? C’est vrai que le meilleur alignement est trouvé sur les pignons intermédiaires de la cassette, les 15, 16, 17, 18 et 19 dents par exemple, le fameux « sweetspot ». Avec un 54-40, on roulera un peu plus vite qu’avec un 53-39 sur ces développements.

Mais pour les amateurs, le 54-40, vraiment? Vous êtes actuellement nombreux à encore utiliser le 53-39.

Le 54-40 sera bien évidemment plus exigeant.

Le 54-11 donne un ratio de 4,91, contre 4,82 pour le 53-11.

Le 40-28 donne un ratio de 1,43, contre 1,39 pour le traditionnel 39-28. Pour ceux qui étaient un peu juste dans certaines bosses avec le 39-28, les choses se compliquent! Il faudra probablement se tourner vers la cassette 11-30, et on perdra du coup le pignon de 18 dans le sweetspot.

Sinon, les étagements demeurent bons avec le 54-40 comme avec le 53-39, surtout pour les cassettes 11-30 et 11-34, un peu moins pour la 11-28 qui présente une duplication de braquet de plus: le 54-24 est très proche du 40-18.

Chose certaine, avec un 54-40, il ne faudra pas hésiter à monter une cassette 11-34 pour beaucoup d’entre vous, notamment pour affronter la montagne. Fait intéressant, le 40-34 est équivalent au 34-29 pour les pédaliers compact.

Les meilleures revues

Pour moi, celle de Matos Vélo se distingue des autres, car la seule à ma connaissance qui a osé parler de la durée de vie plus limitée de la batterie sur le nouveau groupe que sur l’ancien (1000 kms « seulement », comparativement à 4000 voire 5000 sur l’ancien groupe, du fait que les manettes communiquent sans fil sur le nouveau groupe).

Sur YouTube, seule la revue présentée par Road.cc a osé aborder les enjeux de freinage avec le nouveau groupe, dont les freins à disque continuent à faire du bruit lors de descentes de col appuyées. Pour l’heure, il semble que seul le groupe Campagnolo Super Record ait complètement éliminé cet enjeu grâce à un retour de plaquettes… aimanté, assurant le bon retour complet de ces dites plaquettes. Les disques utilisés sont également différents que sur les autres groupes, limitant la surchauffe.

La bonne conclusion de ce lancement du nouveau groupe Shimano Dura-Ace 12v 2022? C’est sur Matos Vélo que je l’ai trouvé:

Esthétiquement, pas de révolution, Shimano reste fidèle à l’utilisation massive de l’aluminium, même pour les pédaliers. Une technologie qu’il maîtrise depuis des décennies et qui permet d’obtenir des pièces légères et très rigides… tout en étant recyclable. (sic) Plus que l’arrivée d’un 12ème pignon, presque anecdotique car tout le monde sait rajouter un pignon, on notera le gros travail de Shimano pour améliorer à la fois l’ergonomie et la rapidité de son système.

Matos Vélo, 31 août 2021

Marmotte cyclo: le bon plan pour gérer son alimentation

Le 4 septembre prochain aura lieu la Marmotte cyclosportive du côté de Bourg d’Oisans.

D’habitude, c’est le premier samedi de juillet, mais pandémie oblige, des adaptations ont dû être effectuées. Comme l’an dernier.

Nouveauté cette année, la Marmotte Ultra à l’occasion des 40 ans de cette cyclosportive désormais mythique. 40 ans!

La Marmotte Ultra vous propose 225 kilomètres (contre 175 pour la Marmotte), 6300m de dénivelé et deux ascensions de l’Alpe d’Huez. En gros, une fois arrivés à l’Alpe d’Huez, vous repartez pour un tour via la descente du col de Sarenne pour remonter ensuite une 2e fois à l’Alpe.

Dans le genre ultra, il y a aussi le très intéressant Tour des Stations dans le Valais suisse, début août chaque année, créé il y a trois ans et qui propose une épreuve « everesting » avec 8 848m de dénivelé, sur une distance de 250 kms. Vidéo ci-bas.

Après 11 participations à la Marmotte, voici mes bons plans côté gestion de l’alimentation, pour ceux voulant optimiser, sachant que pour moi, c’est environ 7h30 d’effort au menu du jour pour compléter la Marmotte.

Au départ, on part avec deux bidons bien sûr, des barres solides et quelques gels.

Sur une cyclo aussi longue, il est préférable de s’alimenter avec du solide et ce, dès la première heure, par petites portions. Choisissez des barres pas trop sucrées, le phénomène d’écoeurement au sucre pouvant survenir rapidement.

Normalement, les deux bidons seront vides en haut du Glandon, après 1h45 de course, un peu plus pour d’autres. Il faut refaire le plein au ravito. Et deux bidons plein sur le vélo, ca peut descendre plus vite!

Ma bonne pratique est d’arrêter le moins longtemps possible au ravito, pour ne pas avoir d’enjeux de remise en route après. Il est préférable de manger sur le vélo selon moi. Et pour ce faire, la descente du Glandon sur les premiers kilomètres n’est pas top, car rapide, technique et parfois même dangereuse. Il faut notamment veiller à ne pas se faire embarquer par surprise dans les petits virages avant La Chal. Après le passage du petit village, il y a des opportunités de manger plus facilement.

Le moment « plate » (ou chiant) de la Marmotte, c’est la transition St-Jean vers St-Michel de Maurienne, pied du Télégraphe. On y laisse toujours quelques forces, mais c’est le moment de prendre un groupe et de bien s’alimenter.

Perso, je saute toujours le ravito en haut du Télégraphe (toujours très achalandé), mes deux bidons remplis au Glandon me permettant d’aller jusqu’au point de ravitaillement des Verneys 15min plus loin, après la rampe à la sortie de Valloire que je monte ainsi allégé du poids des bidons.

Et aux Verneys, je ne remplis qu’un seul bidon. Pas la peine d’en monter deux dans le Galibier, et un point d’eau existe au passage du col, voire dans le col (Plan Lachat, les Granges). Évidemment, il faut ajuster selon votre vitesse d’ascension.

Au sommet du Galibier, je remplis de nouveau les deux bidons, étant important de se refaire une petite santé dans la longue descente vers Bourg d’Oisans qui suit. Et le poids de deux bidons pleins n’est pas gênant à ce moment de l’épreuve.

J’attaque habituellement les gels peu après le passage du barrage près de la route des Deux Alpes, en prévision du pied de l’Alpe d’Huez qui est difficile. Évidemment, les gels peuvent être consommés avant mais en petite dose selon moi, par exemple pour les 20 minutes avant le passage du Galibier, la pente, l’altitude et les kilomètres dans les jambes durcissant considérablement ce passage.

J’entame l’ascension de l’Alpe avec un seul bidon plein, l’autre étant bu à ce stade.

L’Alpe d’Huez après 160 bornes et deux cols hors caté, c’est toujours un peu au moral. Les gels #2 et #3 seront pris à La Garde, puis à Huez, question de me soutenir jusqu’à l’arrivée. Je termine les poches vides bien sûr (sauf de mes déchets, qu’il ne faut pas jeter sur la route), et vidé à chaque fois!

Bilan habituel pour moi, 7 bidons pour un peu plus de 7h d’effort. Évidemment, j’ajuste selon la chaleur. Vous devrez aussi ajuster en prévision du nombre d’heures de selle prévue dans votre cas.

D’autres petits conseils qui peuvent faire la différence

Pneumatiques neufs (mais rodés sur quelques kms bien sûr). Patins de freins neufs. Roues parfaitement alignées. Braquets adaptés (pour moi, le 34-27 ou 34-29). Toute votre visserie vérifiée avant le départ. Manchettes, veste sans manche dans le maillot, pour les descentes. L’embrocation sur les jambes peut aider à protéger les muscles de la fraicheur voire de l’humidité, en particulier sur le haut des cols. Et ne pas porter de vêtements neufs, surtout un cuissard, ce jour-là, sous peine de vous en souvenir longtemps (je le sais, j’ai fait cette connerie)!

Pour ceux qui prendront le départ de cette Marmotte ou de la Marmotte Ultra, bonnes épreuves, chanceux(ses)!

Prise 2: je me suis fait brasser par le CCS-Siboire

Prise 2 hier soir avec le CCS-Siboire, après une première en juin dernier.

Pas plus facile!!

Avec mon ami Julien Gagné au départ, qui se passe de présentation (mais quel bonheur de le retrouver!), Maxime Turcotte, récent 2e des provinciaux sur route à Baie Comeau chez les M1, ainsi qu’un certain Elliott Doyle – « la petite merveille d’Alma » – au départ, je savais que la soirée s’annonçait souffrante.

Souffrante, ce fut.

Les boys, toujours Magog via le chemin Venise?

Nope Laurent, le programme a changé, Ste-Catherine, Chemin de la Montagne pour revenir à Ste-Catherine, puis North Hatley et le chemin McFarland pour rebasculer sur Sherbrooke.

Tabarnak!

Avec une sortie de ski-roue de 25 bornes à 3:23 du kilo le matin pronto, et 3h30 de route entre Gatineau et Sherbrooke dans le buffet, ma soirée s’annonçait coton.

Ca va vous coûter une bière les boys…

Mais loin l’idée de me plaindre. Je suis venu souffrir, alors c’est parfait.

Le chemin McFarland à la sortie de North Hatley, payez-vous l’expérience: vous ne l’oublierez pas. Mon frère et moi avions l’habitude de le surnommer le « Mur de Grammont de Sherbrooke » il y a 20 ans, horrifiés que nous étions de ses pentes assassines. En fin de sortie, se hisser seulement au sommet de cette bosse est un méchant défi… 36-25, pas suffisant by the way.

Dans quoi je me suis encore embarqué?

Par chance, c’est parti de façon plus civilisée que la dernière fois, vers Rock Forest. Putain P-O, je me suis ennuyé de toi hier soir…

Par contre, ca n’a pas loupé entre Rock Forest et le chemin Ste-Catherine, ca roule encore plus vite qu’en juin dernier sur cette portion ascendante. Je suis à plus de 350 watts pendant deux minutes et ce n’est pas assez.

Mais je m’accroche.

Filippo Ganna a repris du service ce soir, mais sous une autre forme: Elliott Doyle. Putain, ce mec a du torque sur les portions de plat, pas de criss de bon sens. Relayé par Maxime, le cocktail est explosif et… indigeste.

Chemin Ste-Catherine vers Ste-Catherine justement, les boys devant manquent le KoM d’une poignée de secondes. 44 de moyenne, la bosse comprise. Pris dans une cassure, j’établis avec mon ami Steph Vallières – qui roule fort lui-aussi – un PR satisfaisant quand même, à se relayer avec un autre (excellent) coureur.

La boucle autour de Ste-Catherine sera intéressante, encore des PR dans la montée du chemin de la Montagne, preuve que je progresse encore par rapport à la rince de juin dernier. Du positif, enfin, pour moi.

North Hatley, Elliott nous joue grandiose le KoM du Manoir Hovey (Slingshot – 36 sec). Celui-là sera dur à battre sur des générations…

Dans North Hatley, les watts envoient encore, d’un coup mon ami Julien casse sa chaine. La réputation est sauve! Je fournis une partie de l’assistance en le poussant. On va se reprendre bientôt, Julien.

Après une ré-organisation, le mur du chemin McFarland se pointe, que je passe somme toute assez bien, PR bien entendu. Elliott est derrière! (il n’y a pas de petite victoire, la la lère…) 🙂

Le retour sera effectué à vive allure sous l’impulsion d’Elliott qui s’est refait une santé, et de quelques autres, toujours aussi efficaces.

Somme toute une très belle soirée où je me suis fait certes brasser, mais pas complètement rincer comme la dernière fois. Y’a du progrès… c’est encourageant.

Les gars du CCS-Siboire? Des machines. Mais des machines ultra-sympathiques. Je pense notamment à Maxime, hyper-affuté. Le Chris Froome du Québec. Pas un pet de graisse… Pour ceux qui me connaissent: à côté de lui, je suis un obèse. Respect Maxime!

Merci les boys; on remet ca. Ca vous a coûté une bière… vous l’avez honoré!

Vuelta: Roglic, n’importe quoi!

J’avoue ne pas bien comprendre la stratégie de course employée hier par Primoz Roglic et les Jumbo-Visma.

Plus tôt cette saison, Primoz Roglic a perdu Paris-Nice ET le Tour de France en raison de chutes. Dans le registre, il a beaucoup donné.

Il tient une excellente condition sur cette Vuelta, il est en rouge, et seul Mas et Lopez semblent pouvoir encore le titiller légèrement pour la gagne.

Il reste de nombreuses étapes avec des arrivées en altitude, notamment en 3e semaine qui sera difficile.

Il a donc largement des occasions de creuser son avance, et il sera difficile à déloger.

Qui plus est, la dernière étape – un chrono de 33 bornes – l’avantagera aussi!

Enfin, il a une solide équipe autour de lui, avec notamment Kuss et Kruijswijk en montagne.

Hier dans la dernière (et la seule) patate du jour, il attaque alors que le sommet est situé à 15 bornes de l’arrivée. Mouais… pas sûr: il avait encore Kuss à ses côtés, donc pourquoi attaquer à cet endroit? L’échappée devant avait 13 minutes d’avance en plus, l’étape était pliée, il ne s’agissait que de rentrer tranquille avec ses adversaires directs.

Voyant l’attaque, tu te dis que Roglic joue la carte de l’intox psychologique, voulant probablement marquer ses adversaires de sa supériorité. C’est toujours bon de rappeler à tout le monde c’est qui le patron. Que tu es en contrôle, que tu fais ce que tu veux. Ok.

Je me dis « il va se relever en haut », surtout qu’à la bascule, il n’a qu’une vingtaine de secondes d’avance sur ses poursuivants, dont les deux Movistar Mas et Lopez.

Ben non, descente à bloc! Prise de risques maximum.

Va falloir m’expliquer là!!!

Et ca n’a pas loupé: sa roue arrière qui glisse dans un virage, Roglic s’étale. Il s’en tire avec des égratignures, a pu repartir très vite et finir avec ses trois poursuivants, ouf, Vuelta sauf jusqu’à… demain… Faudra voir comment il récupère de cette nouvelle gamelle.

Mais pourquoi cette prise de risque dans cette descente? L’exemple de Valverde n’a pas suffit?

Roglic a été très chanceux: il aurait pu se relever avec une clavicule sautée…

Jamais je n’aurais agi ainsi en tête d’un grand tour, bien entouré, alors qu’il reste un paquet d’étapes pour faire la différence sans prendre de tels risques…

Pour moi, c’est du grand n’importe quoi à ce niveau de professionnalisme. Je vous rappelle que le seul but dans la vie de Primoz Roglic, c’est de gagner des courses cyclistes. Point barre.

Sinon, la Jumbo-Visma a choisi de laisser aller (temporairement) le maillot rouge, enfilé par un norvégien Odd Christian Eiking de chez Intermarché-Wanty-Groupe Gobert qui, du coup, n’en revient pas de si belle aubaine.

Décidément, le cyclisme norvégien a le vent dans les voiles ces jours-ci, avec ses récentes étincelles sur le Tour de l’Avenir. L’avenir en cyclisme, justement, semble bien assuré pour ce pays!

Si vous voulez voir descendre un fer à repasser, payez-vous les images d’Enric Mas en descente. Hier, après chaque lacet, on le voyait parler dans la radio, certainement pour demander à son équipier Lopez juste devant de descendre moins vite.

Enfin, Guillaume Martin nous refait le coup du Tour de France en se replaçant au général au profit d’une seule étape. Comme si les grands leaders ne croyaient pas trop en la menace Guillaume Martin; à ce petit jeu, un jour, ca pourrait bien leur échapper… Faudra voir ce que Martin peut faire dans les prochains jours pour préserver sa place sur le podium.

Et une belle lutte se dessine entre Egan Bernal et Alexandr Vlasov pour le maillot blanc de meilleur jeune, ce qui pourrait pimenter voire dynamiter la course dans le groupe des favoris sur les prochaines étapes.

Bernal, qui ne court pas très bien lui non plus: sur l’attaque de Roglic, c’est lui qui fait le premier effort de chasse derrière, alors qu’il a les deux Movistar avec lui… heu, Egan, c’est pas à toi de passer! Un kilomètre plus loin, ca n’a pas loupé quand les deux Movistar ont commencé à appuyer: largué, Bernal! Je comprends pas à ce niveau de professionnalisme.

Mais le reste de cette Vuelta va être passionnant!

Plan B: l’histoire des Jumbo-Visma sur le Tour 2021

Excellent documentaire sur l’aventure de l’équipe Jumbo-Visma sur le Tour de France 2021 (55min).

https://www.youtube.com/watch?v=9CZipumvc38

Le Tour de l’actualité

L’actualité commentée des derniers jours dans le monde du cyclisme sur route.

1 – Vuelta

Déjà le premier jour de repos aujourd’hui, et neuf étapes de complétées (déjà!).

La situation de course commence à se décanter, surtout hier avec la difficile 9e étape qui a permis de faire du ménage au général.

Primoz Roglic apparait plus que jamais un solide leader, mais la course n’est pas encore jouée.

Les Movistar me surprennent, beaucoup même puisqu’on n’a pas eu l’habitude de les voir à pareil niveau ces 24 derniers mois.

Enric Mas, 26 ans, présenté par certains comme le successeur de Contador, est 2e du général à 28 petites secondes du slovène. Son coéquipier Miguel Angel Lopez est 3e, mais à plus de 1min20 du maillot rouge.

De quoi quand même bien animer la course!

Pour la suite, le gros enjeu, c’est que personne ne connait les limites d’Enric Mas sur cette Vuelta. Jusqu’où peut-il aller?

Je crains toutefois que la stratégie chez Movistar soit de courir au millimètre, question de préserver et d’assurer au minimum les places de 2 et 3 au classement général. Pour la première équipe espagnole en WorldTour, une bonne prestation sur le tour national relève d’une importance capitale, surtout que l’équipe a semblé sous-performer ces derniers mois.

Et puis, en courant au millimètre, on reste en position d’exploiter une défaillance de Roglic, ce qui s’est déjà vu dans le passé sur un grand tour pour le slovène…

Les Ineos Yates et Bernal semblent un peu juste en montagne lorsque ca accélère pour le moment, mais la Vuelta est encore longue. Ne les enterrons pas.

On attaquera demain quatre étapes parfois casse-pattes, mais somme toute moins difficile que plusieurs dans cette première semaine. Les affaires (très) sérieuses reprendront le week-end prochain avec deux étapes très difficiles, avant d’entamer une troisième semaine qui sera aussi éprouvante, surtout la 18e étape.

2 – Vuelta, la Bahrain-Victorious atomise!

Sinon, avez-vous vu les résultats de la 9e étape hier? Caruso 1er, Haig 4e et Mader 7e pour la Bahrain-Victorious.

Landa a certes perdu pas mal de temps pour le général, mais l’équipe continue sa série de succès… parfois surprenante.

3 – Vuelta, la chute de Valverde

La chute d’AleJet dans une descente récemment a fait couler beaucoup d’encre.

Personnellement, je ne comprends pas que Valverde, un coureur de grande expérience, ait fait l’erreur de descendre mains sur les cocottes.

Il est clair qu’on était dans une phase de course agressive, avec un Carapaz qui tentait de sortir. Valverde était au contrôle pour Movistar, flairant le bon coup peut-être.

Il roule dans une aspérité de la route, sa main glisse, l’espace d’une fraction de seconde il sort de sa trajectoire, tente de se récupérer pour terminer son virage, mais part à la faute en glissant de la roue avant.

Morale de l’histoire, toujours les descentes de cols à haute vitesse les mains en bas du guidon!!!

4 – Tour de l’Avenir

Victoire finale du Norvégien Tobias Halland Johannessen après une domination assez nette de toute son équipe de Norvège durant la semaine de course.

Le grimpeur espagnol Carlos Rodriguez – qui appartient à l’équipe Ineos – aura cependant mis le feu hier sur l’Iseran et ensuite le Petit St-Bernard, Johannessen devant son salut et sa victoire finale à son… frère jumeau, auteur d’un gros boulot sur l’étape d’hier pour sauver le maillot jaune de son frère. Quant c’est la famille…

Les coureurs canadiens terminent loin, avec l’Ottavien Carlson Miles 52e du général à plus d’une heure du maillot jaune, honorable prestation quand même. L’expérience acquise du haut niveau est inestimable pour ces jeunes coureurs pour la suite de leur carrière.

5 – Mathieu Van Der Poel

Le champion néerlandais a déclaré forfait pour les Mondiaux de VTT (Mtb) le week-end prochain à Val di Sole (Italie) et c’est bien dommage. Son dos le fait encore souffrir.

MVDP se tourne désormais vers la route: Benelux Tour d’abord, avant ses autres objectifs, Mondiaux et… Paris-Roubaix.

6 – Bretagne Classic

C’est le week-end prochain en Bretagne et on annonce un joli plateau, avec notamment Julian Alaphilippe, Wout Van Aert et un certain Tadej Pogacar. Ils ont probablement tous en tête les Mondiaux fin septembre!

À noter que l’épreuve comporte certains secteurs de gravel.

7 – Lachlan Morton

Intéressant vidéo sur le récent « Alt Tour » de ce coureur hors norme, spécialiste de l’ultra.

8 – Entrainement polarisé

Efficace, ce type d’entrainement? Personnellement, j’en suis convaincu. Guy Thibault fait le point dans cet article paru la semaine dernière, quelques références pertinentes à l’appui.

Je vous rappelle mes deux articles publiés sur ce sujet en juin dernier, réalisés en collaboration avec Guy. C’est ici et ici.

Les meilleurs braquets en gravel

Suite à mon article sur les meilleures et moins bonnes combinaisons plateaux-cassettes publié en novembre dernier, vous avez été plusieurs à me demander un équivalent pour les vélos « gravel », dont la popularité est en explosion partout.

Sram vient d’ailleurs de sortir très récemment sa gamme « XPLR » spécifiquement dédiée au gravel bike, rejoignant ainsi ses concurrents Shimano (GRX) et surtout Campagnolo (Ekar) qui offrent tous deux depuis plusieurs mois déjà des gammes spécifiques à la pratique gravel.

Tous ces groupes offrent une multitude de combinaisons possibles de braquets et il est difficile – plus difficile que pour les groupes route – de s’y retrouver pour identifier les meilleures combinaisons.

Surtout qu’en gravel, on peut monter des groupes spécifiques gravel, mais aussi des groupes route avec développement « de montagne », voire des groupes typés Mtb (VTT). Certaines courses de gravel prestigieuses aux États-Unis ont d’ailleurs été récemment gagnées sur des vélos mtb (VTT), légèrement adaptés gravel notamment au niveau du guidon.

Petit tour d’horizon pour s’y retrouver un peu.

Transmission double ou mono-plateau?

Pas de doute sur ce point dans mon esprit: l’avenir du gravel est au mono-plateau. Les vélos mtb (VTT) y sont passés depuis quelques années, dans le contexte où on peut monter des cassettes avec un étagement très large.

Ce qui fait la différence, c’est la simplicité: un seul dérailleur à gérer, moins de câbles, moins de risque de dérailler, moins d’encombrement, plus d’espace sur le cadre pour y loger notamment des bagages, plus de dégagement pour chausser un pneu arrière plus large, les bénéfices l’emportent largement selon moi.

Plus encore si vous optez pour un gravel bike équipé d’un « dropper post », une tendance qui nous vient aussi du mtb. Avec une autre manette à gérer au guidon, il est pratique d’éviter celle du dérailleur avant.

La nouvelle gamme Sram XPLR propose d’ailleurs un dropper post, preuve que c’est appelé à se répandre sur les prochains gravel bike.

Un dropper post permet de baisser temporairement la selle pour passer des sections de descente difficiles, où il faut basculer le poids du corps vers l’arrière de la machine afin de limiter les risques de passer par dessus le guidon. Très pratique si vous prévoyez une pratique gravel « extrême »: certains arpentent même les sentiers parfois difficiles de mtb avec leur gravel bike!

La suite de cet article se concentre donc sur les groupes mono-plateau des compagnies Sram, Shimano et Campagnolo.

Des philosophies différentes

Chez Sram, on offre des groupes mono-plateau avec 12 vitesses. Le groupe Campagnolo Ekar est actuellement le seul à proposer 13 vitesses. Chez Shimano, on traine un peu la patte, avec seulement 11 vitesses disponibles. Du moins pour le moment.

Évidemment, en mono-plateau, pas de dédoublement de développement entre celles retrouvées sur le grand ou le petit plateau. En mono-plateau, présenter davantage de pignons sur la cassette arrière est donc un réel plus.

Dans ce domaine, si vous choisissez un gravel bike mono-plateau, le bon choix est donc Campagnolo Ekar sans aucun doute. Vous gagnez un pignon par rapport à la gamme Sram XPLR, ce qui sera appréciable sur les parcours accidentés.

Si c’est Shimano qui vous intéresse, optez pour un groupe double-plateau à l’avant, surtout que les dérailleurs arrières de la compagnie sont limités à un pignon de 42 dents maximum. Bref, chez Shimano, le mono-plateau n’est pas intéressant par rapport à l’offre Sram ou Campagnolo présentement.

Les trois compagnies offrent également des philosophies différentes d’agencement plateau-cassette.

Chez Sram, huit plateaux avant différents offerts (les 36, 38, 40, 42, 44, 46, 48 et 50!), pour seulement une cassette arrière « officielle gravel XPLR », la 10-44. On peut cependant ajouter deux autres cassettes qui fonctionneront aussi, soit la 10-36 (venue du groupe route) ou la 10-50 (venue du groupe mtb).

Chez Campagnolo, c’est différent: on n’offre que quatre options de plateaux avant (38, 40, 42 et 44) mais trois cassettes arrière typées gravel, soit les 9-36, 9-42 et 10-44.

Campagnolo est donc actuellement la seule compagnie offrant un groupe gravel 13 vitesses avec un pignon de 9 dents. J’y reviendrai, car cela comporte de réels avantages face à la concurrence.

Enfin chez Shimano, c’est plus limité si on se limite aux groupes typés gravel mono-plateau (GRX): deux choix de plateaux (40 ou 42) et deux choix de cassettes (11-40 ou 11-42). Mais chez Shimano, les groupes route et mtb offrent beaucoup d’autres possibilités, incluant l’accès à une cassette avec un départ 10 dents. En mariant les pièces de divers groupes, on peut trouver son bonheur, mais c’est plus compliqué.

La clé, l’étagement

Pour moi, en gravel bike, l’enjeu est la versatilité ou la polyvalence du vélo, qui doit pouvoir s’adapter rapidement à une foule de terrains variés: de la section d’asphalte très roulante (autant que sur la route) à une section gros gravier très technique en montée, exigeant de très petits développements.

L’écart entre le plus gros et le plus petit développement sur votre machine est donc capital. Probablement plus que la progressivité des développements, très importante sur les vélos de route axés compétition.

Et comme plus petit développement, vous voulez très probablement un rapport 1:1, par exemple un 44-44, ceci afin de grimper les pentes les plus raides assis sur la selle. De nombreux pratiquants de gravel m’ont confié qu’un rapport 1:1 est très utile pour se sortir de mauvais pas.

Une cassette qui offrirait un grand étagement ainsi qu’un plus petit développement au rapport de 1:1 est donc pour moi d’un intérêt particulier.

Et selon ce critère, un seul choix possible: Campagnolo Ekar 13 vitesses plateau avant de 42, cassette arrière 9-42. Soit un étagement de 3,67, obtenu en soustrayant le ratio plateau/pignon le plus petit et le plus grand.

Cette combinaison vous offre le 42-9, 42-10, 42-11, 42-12, 42-13 et 42-14 lorsqu’il faut emmener de la braquasse sur portions roulantes. De quoi toujours trouver le bon braquet! Et le 42-9 n’est pas loin du 53-11 en terme de développement…

Ca grimpe sévère sur de la gravelle lousse? Vous avez le 42-36 ou le 42-42 (au ratio 1:1) pour vous tirer d’affaire.

Dur à battre.

Avec la cassette Sram XPLR 10-44 gravel, votre meilleure option est un plateau 44 dents devant. Vous obtenez un 44-44 en cas de montée sévère, et le 44-10 pour les portions les plus roulantes. Étagement total? 3,40, certes moins intéressant que chez Campagnolo, et c’est là que Sram paye le fait de ne pas disposer d’un groupe 13 vitesses.

Chez Shimano, les étagements sont nettement plus petits et moins intéressants. La combinaison plateau de 42 devant avec cassette arrière 11-42 vous donne certes un 42-42, mais aussi un étagement de seulement 2,82, loin derrière Sram ou Campagnolo. Le 42-11 peut vite vous limiter.

Encore une fois, chez Shimano, optez actuellement pour les groupes double-plateau, vous serez nettement mieux servi.

Enfin, pour ceux visant une pratique plus « extrême » du gravel, donc nécessitant des développements plus petits, deux combinaisons m’apparaissent très intéressantes.

Chez Campagnolo Ekar, le plateau 38 couplé de la cassette 10-44. Étagement de 2,94, et vous disposez du 38-44 (très très petit) et du 38-11 jusqu’au 38-15, dent par dent, pour les sections roulantes.

Vous avez l’équivalent chez Sram avec le plateau 38 et la cassette 10-44. Le 12 dents en moins!

D’autres étagements à préférer

Entre le Campagnolo Ekar plateau 42 cassette 9-36, l’Ekar plateau 40 cassette 9-42 et le Sram XPLR plateau 46 cassette 10-44, l’étagement est proche de 3,50 pour ces trois combinaisons.

Lequel choisir?!

À privilégier selon moi, l’Ekar plateau 40 cassette 9-42, qui vous donne l’option intéressante du 40-42, soit un ratio inférieur à 1:1, pour un grand développement de 40-9, très intéressant.

Les suspensions, l’avenir du gravel?

Les suspensions, qu’elles soient avant ou arrière, sont déjà apparues sur les vélos gravel.

BMC par exemple offre des cadres gravel dotés d’élastomères à l’arrière pour filtrer les vibrations.

Specialized et son fameux « Diverge » offre également une suspension avant intégrée au jeu de direction, appelé « Future Shock suspension ».

Ce ne sont là que deux exemples parmi d’autres.

Il est intéressant de noter que la nouvelle gamme Sram XPLR offre des fourches avant à suspension, intitulées « Rudy », avec travel de 30 ou de 40mm.

Avec le dropper post aussi offert sur la gamme Sram XPLR, la compagnie américaine se distingue des deux autres sur ces périphériques.

Je pense que les vélos gravel dans les prochaines années seront de plus en plus équipés de dropper post et de suspensions, à l’avant comme à l’arrière, avec évidemment des systèmes permettant de les bloquer lorsque le terrain devient roulant.

En ce sens, le vélo gravel devient de plus en plus un entre-deux entre le vélo de route et le vélo mtb (VTT), ce qui permettra à de plus en plus d’usagers de n’acheter qu’un seul vélo, un gravel, leur permettant une belle polyvalence dans les usages.

On verra probablement de plus en plus de gravel bikes sur les sentiers de Mtb (VTT), du moins ceux qui ne sont pas trop techniques!

Le Tour de l’actualité

Après deux semaines de ressourcement, reprise sur La Flamme Rouge avec les nouvelles cyclistes qui ont retenu mon attention au cours des derniers jours.

1 – Vuelta 2021

C’est parti ce samedi du côté de Burgos, avec la victoire attendue de Primoz Roglic sur un (court – 7.1 km) contre-la-montre qui convenait parfaitement à ses qualités.

Pour moi, les nouvelles sont ailleurs.

Elles sont surtout du côté de Sepp Kuss et de Romain Bardet, deux excellents grimpeurs qui terminent respectivement 12e et 14e, à seulement 15 et 17 secondes de Roglic.

Quant tu as des grimpeurs qui se distinguent dans le prologue ou le premier chrono, donc en tout début d’épreuve, tu dois les prendre très au sérieux pour la suite. C’est qu’ils sont prêts, qu’ils ont de la puissance et qu’ils sont affutés. Donc que ca fera mal dans les cols quant ils accéléreront.

Romain Bardet annonce des jambes de feu, après un gros stage d’entrainement en altitude et le Tour de Burgos.

Sepp Kuss jouera certes les équipiers de luxe pour Roglic au sein de la Jumbo-Visma, mais sera également ravi de servir de leader de rechange si le champion slovène devait chuter ou essuyer une défaillance.

Outre la toute puissance Jumbo-Visma et un titre à défendre, quatre autres équipes s’amènent avec un gros « line-up » sur cette Vuelta.

Les Ineos-Grenadier d’abord, bien sûr: Bernal, Carapaz le nouveau champion olympique sur route, Pidcock, Yates, Sivakov, pour ne nommer que ceux là. Ouf…

La Bahrain-Victorious ensuite, avec les Landa, Caruso, Haig, Mader, Padun, Poels et l’autre slovène, Tratnik. Ouf… (encore!) L’équipe n’a pas de pression particulière, c’est un avantage, et saisira toutes les opportunités tant pour des victoires d’étape de prestige, que pour les divers classements.

Enfin, l’UAE Team Emirates et Astana possèdent de nombreux coureurs capables de viser un top-5, et surtout de belles victoires d’étapes. Je pense chez UAE aux De La Cruz, Dombrovski, Majka, Trentin, Polanc, et chez Astana aux frères Izaguirre, à Vlasov bien sûr, Aranburu déjà 2e du premier chrono, ainsi qu’à Fraile et qu’au vieux briscard de Luis Leon Sanchez.

Sinon, il sera intéressant de suivre quelques autres coureurs sur cette Vuelta: Aru (qui a annoncé sa retraite sportive au terme de cette Vuelta), Schachmann malheureusement tombé hier, Guillaume Martin, Vansevenant, Carthy, Demare dans les sprints, Mas et Lopez qui ont la pression du côté de Movistar la première équipe espagnole en WorldTour, Nieve, Ciccone et Elissonde.

Deux Canadiens au départ chez Israel Start-Up Nation, soit James Piccoli et Alexander Cataford.

2 – Vuelta 2021 (bis)

Le premier rendez-vous c’est aujourd’hui avec l’arrivée en altitude du côté de Picon Blanco. Un premier test pour secouer le cocotier, afin de savoir qui tiendra, et qui montrera déjà des signes de faiblesse.

L’étape fait 203 kilomètres tout de même, mais se résumera à une course de côte sur les derniers 7 kms.

Pour la gagne et ceux qui seront certainement devant, ben vous prenez les mêmes, à peu de choses près (Roglic, Kuss…) que sur la récente arrivée à cet endroit sur le Tour de Burgos.

https://youtu.be/8KjOP4er9wo

3 – Le courage de Premier Tech

C’est l’histoire qui a retenu le plus mon attention ces dernières semaines: Premier Tech a annoncé qu’elle retirait sa participation dans l’équipe Astana, participation qui avait pourtant considérablement augmenté en 2021.

Raison: incompatibilité des objectifs pour 2022 et les années suivantes.

Ce qu’il faut surtout comprendre, c’est que Premier Tech n’était pas d’accord à investir autant d’argent dans le cyclisme au sein d’une équipe qui a, à sa tête, un personnage aussi controversé qu’Alexandre Vinokourov.

Premier Tech avait déjà mis beaucoup de pression avant le Tour, évinçant l’ex-coureur kazakh de la direction de l’équipe, et imposant entre autre un directeur sportif comme Steve Bauer, canadien.

Une situation qui n’avait pas plu du tout bien sûr à Vinokourov, qui avait immédiatement entrepris des démarches judiciaires pour se faire valoir.

En clair, récemment, Vino a dit aux puissants financiers kazakhs derrière l’équipe « c’est moi ou c’est Premier Tech« .

Les Kazakhs ont bien sûr choisi de rester fidèles à Vinokourov, probablement en tenant compte des « services rendus » ces dernières années.

Je salue le courage de Premier Tech qui a su se tenir debout, défendre certaines valeurs, une vision « propre » du cyclisme surtout. Bye bye Astana.

Premier Tech serait en discussion avec une autre équipe WorldTour pour rester dans le milieu en 2022 et après. C’est tout ce que je leur souhaite, en considérant bien sûr que beaucoup d’autres équipes ont une autre éthique qu’Astana, et qui valent la peine d’investir. Je pense notamment à certaines équipes françaises.

Wait and see pour la suite, et espérons que cela pourra concrétiser un avenir pour certains de nos coureurs québécois et canadiens très prometteurs.

4 – Tour de l’Avenir

Ca fait plaisir: une équipe canadienne a pris le départ du Tour de l’Avenir, souvent présenté comme le Tour de France des U23.

Trois Québécois en font partie: Robin Plamondon, Raphael Parisella et Francis Juneau.

Le Tour de l’Avenir, c’est un endroit formidable pour se faire voir, dans le but de décrocher un premier contrat pro.

Wait and see pour la suite sur cette épreuve. Pour le moment, les Danois et les Néerlandais se tirent la bourre.

D’autres jeunes Québécois se distinguent actuellement en Europe, notamment Matisse Julien, 2e de la dernière étape de la Ronde des Vallées. Bien!

5 – Transferts

Une autre dossier intéressant en cette saison est celui des transferts en prévision de la saison prochaine.

La grosse nouvelle dans ce domaine c’est le transfert de Peter Sagan vers Total Énergies. Sagan amène avec lui plusieurs autres coureurs dont son frère Uraj et Daniel Oss bien sûr, mais aussi du staff d’encadrement et… Specialized, qui équipera donc l’équipe française en 2022. Des millions d’euros! (mais on est loin de Lionel Messi…)

Parmi les autres transferts très intéressants, ceux qui impliquent l’équipe UAE Team Emirates, très active actuellement pour manifestement renforcer le soutien qu’on veut offrir à Tadej Pogacar, qui a signé chez eux jusqu’en… 2027! C’est ainsi qu’on a recruté Joao Almeida, tout juste vainqueur du Tour de Pologne, ainsi que les grimpeurs Marc Soler, George Bennett et Pascal Ackermann. Visiblement, chez UAE, on n’a pas de problèmes d’argent.

La Bora-Hansgrohe voit aussi tout un renouvellement s’opérer, avec la perte de Peter Sagan. Elle recrute Alexandr Vlasov en partance de chez Astana donc, mais aussi Marco Haller, Jay Hindley et Sergio Higuita, comme si l’équipe voulait se recentrer sur les courses par étape pour les années à venir. Elle met aussi la main sur le sprinter Sam Bennett, en partance de Deceuninck n’ayant pas apprécié de ne pas être retenu sur le dernier Tour de France. Les déclarations de Patrick Lefevere par la suite n’ont certainement pas dû aider!!!

D’autres transferts d’intérêt: Alexandre Kristoff vers Intermarché Wanty (ca sent la fin de carrière), John Degenkolb vers Team DSM, Esteban Chaves vers EF Education, Tony Gallopin vers Trek-Segafredo et Brian Coquard vers Cofidis.

6 – Thibault Pinot, Antoine Duchesne, les retours

Après des mois compliqués, qui nous ont fait douter de son avenir dans le cyclisme même, Thibault Pinot reprend cette semaine la compétition sur le Tour du Limousin, avec comme objectif de se tester en vue d’une bonne fin de saison, notamment du côté des classiques italiennes de septembre et octobre prochain. Très bien! Je lui souhaite une excellente reprise, surtout sans douleurs dans le bas du dos.

Antoine Duchesne a également été vu en forme sur le récent Tour de Pologne et ca fait plaisir, après des mois compliqués pour lui aussi. Espérons une belle fin de saison, possiblement aux côtés de son leader français.

7 – Mathieu Van Der Poel, le grand défi

Déçu d’avoir manqué son objectif de l’année, l’or olympique en VTT (mtb) pour une chute stupide, le champion néerlandais s’est fixé un nouvel objectif, et c’en est tout un: devenir triple champion du monde en 2021, soit sur cyclo-cross, sur route et en VTT (mtb).

Rien de moins!

Remarquez que pour le titre en cyclo-cross, c’est déjà fait.

Celui du VTT se déroulera le 28 août prochain du côté de Val di Sole en Italie, sur un parcours qu’il affectionne beaucoup. Il a de réelles chances, mais les derniers jours ont été inquiétants: il a dû couper à son stage d’entrainement en altitude en raison de maux de dos, possiblement une conséquence de sa chute à Tokyo. Faut voir la suite, des traitements sont prévus ces jours-ci.

Les Mondiaux sur route auront lieu fin septembre en Belgique, dans les Flandres. 268 kms à parcourir entre Anvers et Louvain, 2 560m de dénivelé. Ca sera usant, donc parfait pour MVDP.

C’est jouable, et ca serait tout un exploit!

Roglic, Dumoulin, Dennis sauvent leur saison, Houle confirme

Ils sont plusieurs à avoir sauvé leur saison hier sur le chrono des Jeux Olympiques.

D’autres ont fait le saut au niveau du parcours, pas mal plus compliqué à gérer que prévu. Il faisait chaud, c’était très casse-pattes avec 800m de dénivelé sur 44 kms. Les coureurs partis trop vite – Ganna, Kung, Van Aert – l’ont payé cash.

Primoz Roglic nous a rappelé quel champion il était hier, car outre sa victoire, il met une grosse valise à tout le monde: plus d’une minute sur son dauphin Dumoulin!

Une minute!

Rappelons que Primoz Roglic est peut-être l’athlète ayant obtenu la plus haute valeur sur un test de VO2max de l’histoire. Autrement dit, un moteur exceptionnel.

Roglic sauve ainsi une saison compliquée pour lui, car on l’attendait notamment sur le Tour où une chute un peu bête l’a contraint à l’abandon. Même plus tôt dans sa saison, ses résultats n’ont pas été aussi tranchants que ces trois quatre dernières années.

Il a remis les pendules à l’heure hier. On attend encore la confirmation de sa participation à la prochaine Vuelta, dont il est le tenant du titre. Ca ferait un beau duel avec Egan Bernal, vainqueur en mai dernier du Giro!

Ca fait également plaisir de revoir Tom Dumoulin à un très haut niveau. Le coureur néerlandais donne enfin matière à satisfaction pour ce pays qui a joué de malchance – ou d’incompétence! – sur la course sur route des femmes, et qui a vu Mathieu Van Der Poel chuter dans l’épreuve de Mtb (VTT).

Quant on connaît l’engagement mental que requiert un tel chrono, je pense que Dumoulin a actuellement une tête bien en ordre.

Troisième hier, un autre sacré talent en cyclisme, Rohan Dennis. Quant il s’agit de chronos accidentés, le coureur australien n’est jamais loin de la gagne.

Dennis et Dumoulin sauvent également leur saison par cet excellent résultat hier. Pour Dennis c’était maigre jusqu’ici, le prologue du Tour de Romandie seulement. Dumoulin devait se rassurer après un break du cyclisme.

Grosse déception pour Kung, 4e hier, une semaine après sa déception sur le dernier chrono du Tour. Pas facile.

Ganna a explosé au 2e tour hier. Pas une grosse surprise, le parcours était juste trop dur pour son gabarit.

En revanche, je suis surpris de Wout Van Aert que j’attendais nettement mieux. La fatigue le rattraperait-il? C’est du moins ce qu’il a laissé entendre en entrevue post-course. On le comprend, il a beaucoup donné sur le Tour et dans la course sur route de ces JO.

Hugo Houle, la confirmation

Excellente, vraiment excellente place du Québécois Hugo Houle sur ce chrono des Jeux de Tokyo hier, avec cette belle 13e place, à un peu moins de trois minutes de l’extra-terrestre Roglic (48 de moyenne sur le chrono).

Pour Hugo, c’est un résultat qui vaut une victoire.

Surtout, je pense que c’est une confirmation de sa nouvelle valeur athlétique. Il avait déjà signé un excellent chrono sur l’avant dernière étape du Tour, il y a une semaine. Hugo progresse régulièrement, c’est évident, depuis quelques années et en particulier depuis 2-3 ans ou il rejoint progressivement les meilleurs du peloton.

Ses résultats sont également très constants, logiques, fiables. C’est rassurant.

Il fallait de la caisse pour rouler à 46 de moyenne hier sur ce parcours.

On souhaite désormais pour Hugo d’accrocher une belle victoire chez les pros, ca serait tellement bien! Il en est tout à fait capable, son équipe a de plus en plus confiance en ses moyens, ca peut le faire. Une semi-classique italienne de fin de saison? (Milan-Turin, les Trois Vallées Varésines) Une étape sur une prochaine course d’une semaine?

Hugo pourrait être au départ des prochains Championnats canadiens début septembre à Saint-Georges de Beauce. Il est aujourd’hui le meilleur rouleur chrono du Canada, surtout si le parcours présente du dénivelé. Il a un bon coup à jouer sur le chrono et sur la course sur route. Il a déjà été champion canadien au chrono chez les élites en 2015, mais un titre de champion canadien sur route élite manque toujours à son palmarès, après l’avoir décroché en junior et en espoir.

En refaisant un peu de fraicheur, il serait un sacré client sur ces Championnats canadiens.

Annemiek Van Vleuten, la valise aussi

Les néerlandaises ont fait oublier hier leur course sur route catastrophique en prenant la première et la troisième place du chrono.

Van Vleuten s’impose avec près d’une minute d’avance sur la suissesse Reusser, inattendue 2e hier, soit une belle valise à tout le monde.

Autrement dit, ce chrono hier s’est gagné par deux coureurs nettement au dessus du lot, Roglic et Van Vleuten.

La troisième place revient à Van Der Breggen, pas une surprise.

12e et 14e place pour les Canadiennes Kirchmann et Canuel. Je voyais Canuel un peu mieux, mais il suffit parfois de peu pour se trouver dans un jour de moins bien. Trois Canadiens(ennes) dans les 15 premiers hier, il (elles) n’ont pas démérité.

Côté français, Cavagna se loupe complètement, et Labous est 9e du chrono chez les femmes. Pas de quoi être satisfait. Des JO difficiles pour l’équipe de France d’ailleurs, avec un Gaudu qui rate le podium de peu sur la route, et les françaises qui se loupent aussi complètement à la fois dans la course sur route et sur l’épreuve VTT (Mtb) où Lecomte et Ferrand-Prévost étaient pourtant archi-favorites.

Anna Kiesenhofer, très rafraîchissant comme histoire

Pas de coach. Pas d’équipe professionnelle. Juste elle, sa planif, son organisation toute personnelle. Et au bout l’or, avec un peu de chance aussi bien sûr. Une belle histoire!

Les commentaires sur LFR

18 ans.

Bientôt 18 ans que La Flamme Rouge existe et diffuse plusieurs fois par semaine des articles, question de partager la passion du cyclisme.

L’âge de la majorité!

Ceux qui lisent ce site régulièrement savent que je remets souvent en question la pertinence de La Flamme Rouge, voulant à tout prix éviter de « tourner en rond » et de « radoter » les mêmes histoires.

Le monde a également beaucoup changé ces 18 dernières années.

Par exemple, on trouve aujourd’hui beaucoup d’autres façons de rester informé sur le cyclisme, ne serait-ce que via des podcasts comme Radio Tour ou Radio Bidon par exemple, ou encore via les nombreux « YouTubers » présents sur YouTube qui parlent d’une foule de sujets ou qui partagent leurs aventures cyclistes. Ca n’existait pas au moment de la création de ce site, il y a 18 ans.

Alors, toujours pertinente, La Flamme Rouge?

Quelle est la valeur ajoutée d’un blog aujourd’hui face à toute cette « concurrence »?

Je réfléchirai fort à ces questions au cours des deux prochaines semaines. Je me remettrai en question.

Mais je vois déjà un possible atout du blog La Flamme Rouge, et qui en fait un endroit unique: vos commentaires.

Aucun autre médium ne permet de partager ainsi votre opinion sur un sujet X. Sur YouTube par exemple, vous êtes essentiellement passifs, idem sur un podcast.

Sur La Flamme Rouge, vous pouvez être actifs. Vous pouvez prendre part au débat.

J’ajouterais: vous devez être actifs. Vous devez prendre part au débat.

Car c’est une valeur ajoutée très importante: un blog permet de prendre le pouls d’une communauté d’experts sur certains sujets. Ca peut être très intéressant.

Ca peut être, pour certains acteurs du milieu, très utile également.

Ca peut donc influencer la prise de décision.

Je ne sais pas de quoi est fait l’avenir de La Flamme Rouge, mais je sais que cet avenir est lié à la qualité et à la diversité des commentaires laissés sur ce site.

Vous savez que j’accorde une attention particulière à vos commentaires. Je les lis. Je les modère. Je m’assure de leur qualité, par exemple en m’opposant vigoureusement aux attaques personnelles.

Globalement, ca fonctionne très bien grâce à vous tous; je vous en remercie.

Ceci étant, vous pouvez contribuer davantage à maintenir La Flamme Rouge vivante, pertinente et utile dans l’avenir.

La Flamme Rouge n’est pas un forum de discussion entre initiés. Si ca le devient, l’intérêt de beaucoup de lecteurs pour ce site disparaitra, car La Flamme Rouge projettera l’image d’un club sélect réservé à une petite bande.

Vos commentaires doivent être pertinents à l’égard du ou des sujets traités dans la publication du jour.

Pour être utiles, les commentaires sont idéalement variés, provenant de plusieurs personnes qui apportent des points de vue ou des connaissances différentes à propos du sujet du jour. On veut éviter ici que quelques personnes seulement laissent 70 commentaires sous la forme d’un échange qui, parfois, s’éloigne rapidement du sujet du jour sur le site.

Vous n’avez jamais laissé de commentaires sur La Flamme Rouge? Osez! Vous contribuerez ainsi à la pérennité du site, à sa pertinence et son utilité aussi.

Vous avez été plus nombreux que jamais ces dernières semaines à consulter La Flamme Rouge et à y laisser un ou des commentaires. Je vous en remercie, même si je ne cherche pas à faire de l’audimat. Je n’ai rien à vendre, aucun produit à promouvoir… et je préserve jalousement l’indépendance totale de La Flamme Rouge. Sur ce site, zéro publicité, pas de fenêtres intempestives ou de vidéos qui démarrent sans avertissement, et encore moins d’articles payants.

Vous êtes également plusieurs à m’avoir témoigné – en public ou en privé – de votre appréciation de la qualité du travail proposé sur ce site; là encore, je vous en remercie, ce sont des messages qui font toujours plaisir et qui poussent forcément à poursuivre.

La Flamme Rouge peut encore se développer, augmenter sa pertinence, sa qualité. Au cours des deux prochaines semaines, je penserai à tout ca. Mais il est clair que la suite ne dépend pas que de moi, mais de vous aussi.

Plus que jamais, j’ai besoin de vous pour faire de ce site un lieu unique de partage de la passion du cyclisme.

Ma passion du cyclisme. La vôtre aussi. L’indépendance totale de ce site, donc un espace de liberté, dénudé de tout intérêt mercantile. La qualité, la pertinence et la diversité de vos commentaires. Réunis, ces ingrédients assureront la crédibilité, l’utilité et le caractère unique de La Flamme Rouge.

C’est comme cela que l’on pourra souligner, dans deux ans, les vingt ans d’existence de ce site!

Dans le monde d’aujourd’hui, c’est aussi un sacré pari.

Le Tour de l’actualité

1 – Faites du cyclo-cross!

À la lumière des résultats cette saison en cyclisme, c’est la seule conclusion qui me vient.

Ou alors, nationalisez-vous slovènes!

2 – Pidcock dégaine lui aussi

Très belle victoire hier de Thomas Pidcock dans l’épreuve Mtb (VTT) de Tokyo, où il a dominé tous ses adversaires dont le plus coriace Mathias Flückiger, le dernier à lui résister.

Intéressant, Pidcock a remporté l’épreuve sur un vélo BMC Fourstroke full suspension, Pinarello, l’équipementier de son équipe Ineos-Grenadier, ne produisant pas de vélo de montagne. Évidemment, le BMC avait été « neutralisé » par une peinture toute noire n’affichant aucun logo.

Rappelons que Pidcock a gagné plus tôt cette saison la Flèche Brabançonne, terminé 2e de l’Amstel et 3e de Kuurne-Bruxelles-Kuurne. Il avait aussi dominé à la régulière Mathieu Van Der Poel lors de la 6e manche du SuperPrestige de cyclo-cross en décembre dernier avant de terminer 4e des Mondiaux de la discipline.

Pidcock rejoint avec cette prestigieuse victoire à Tokyo ses deux autres acolytes du cyclo-cross que sont Mathieu Van Der Poel et Wout Van Aert au firmament du cyclisme international actuel.

Quel trio infernal! ca promet pour encore quelques années, et ca sera intéressant de les suivre l’hiver prochain sur les circuits de cyclo-cross puis sur les Classiques d’avril.

3 – MVDP, la frayeur

Méchante chute pour Mathieu au premier tour de la course, qui croyait que la rampe de bois était présente en course comme à l’entrainement à cet endroit. Que nenni, les organisateurs l’enlève pour la course, obligeant les coureurs à sauter.

J’ai peine à croire qu’à ce niveau, l’information ait échappé au staff d’encadrement de Mathieu qui aurait pu sérieusement se blesser. On n’aime pas voir de telles images.

https://www.youtube.com/watch?v=9Y0TKiP-fTY

4 – Pays-Bas, les jours maudits

Outre la violente chute de Mathieu, les Pays-Bas ont eu d’autres problèmes dans la course sur route des femmes, où les néerlandaises étaient pourtant les archi-favorites.

Personne n’a compris leur tactique; elles ont accordé beaucoup trop de temps à l’échappée matinale et n’ont pas pu reprendre l’Autrichienne Anna Kiesenhofer qui a fait un joli numéro devant.

Très mauvaise tactique. C’était à elles d’assumer une part du travail en tête du peloton, au moins en déléguant une ou deux filles pour stimuler la poursuite.

Certaines ont décrié l’absence des oreillettes. Je n’en crois rien: Mariane Vos a déclaré à l’arrivée qu’elle savait qu’il restait une fille devant.

Il s’agit plutôt d’un manque de communication au sein de l’équipe, peut-être causée par la présence au sein de la formation de trop de superstars qui voulaient jouer leur carte personnelle.

Chose certaine, l’équipe a mal paru.

Belle prestation de Karol-Ann Canuel, 16e sur la ligne et qui prouve qu’elle détient en ce moment une bonne forme physique. Elle devrait pouvoir l’exprimer pleinement dans le chrono demain.

5 – Mtb (VTT) femmes aujourd’hui

On saura sous peu qui de Loana Lecomte ou Pauline Ferrand-Prevost a eu le dessus sur l’autre, les deux françaises étant archi-favorites de l’épreuve.

La Suédoise Jenny Rissveds sera probablement la plus menaçante de leurs adversaires.

6 – Le chrono de Tokyo

44 kms chez les hommes (2 tours), 22 kms chez les femmes sur un circuit plus compliqué qu’il n’y parait, présentant plus de 400m de dénivelé.

Une belle bosse à escalader entre les kms 5 et 10,5, qui fera gagner 200m d’altitude aux coureurs(res). Ouch.

Sur un tel circuit, je mets Wout Van Aert grand favori, avec très près de lui un Primoz Roglic malgré qu’il ne soit pas apparu en grande condition sur la course sur route.

Derrière, on a évidemment les Ganna, Kung, Dennis, Evenepoel, Dumoulin, Asgreen, Porte et Lutsenko qui devraient être à la lutte pour une place sur le podium.

Très relevé comme plateau. Asgreen, en particulier, m’apparait un sérieux client pour chauffer Van Aert et Roglic. C’est lui qui a terminé 2e derrière Van Aert sur le dernier chrono du récent Tour de France, rappelons-le.

Chez les femmes, Canuel vise un top-5 et je pense que c’est jouable. Pour la gagne, une des deux néerlandaises évidemment, Van Vleuten ou Van Der Breggen.

7 – Jeux Olympiques à Radio-Canada

Je sais pas vous, mais moi je trouve ça impossible à regarder: que de la pub. Encore de la pub. Toujours de la pub. Et attendez, votre écran – c’est nouveau – se sépare en deux, à gauche les images du sport, à droite une pub qui joue en même temps.

J’ai décroché. Du grand n’importe quoi.

8 – Maillots nationaux

C’est toujours intéressant de regarder la créativité des designers pour habiller les coureurs(res) pro de leur drapeau national.

Pas grand changement depuis des lustres pour l’équipe canadienne qui demeure fidèle à Louis Garneau.

En revanche, certaines équipes innovent à chaque fois, comme les Italiens, plutôt réussi cette année comme vêtements (Castelli).

Les Suisses (Assos), les Belges (BioRacer), les Français (Ale), les Colombiens, l’Équatorien Carapaz aussi avaient tous des maillots plutôt réussis.

Par contre, on repassera pour les Anglais (Adidas) et les Slovènes (Santini). Mais bon, tout ceci est très subjectif!

9 – Mondiaux 2026 à Montréal?

La rumeur enflait depuis quelques semaines déjà.

Montréal a officiellement déposé son dossier de candidature à l’organisation des Mondiaux de cyclisme 2026.

Évidemment, une excellente nouvelle pour le cyclisme canadien et québécois, notamment sur route qui en a bien besoin ces temps-ci. Je reviendrai prochainement en détail sur les enjeux du cyclisme sur route au Canada et au Québec.

En prélude, cette déclaration de Claude Pinard, président de la FQSC, dans la foulée de l’annonce de la candidature de Montréal:

La venue des Championnats du Monde Route UCI à Montréal serait un moteur de développement exceptionnel pour la prochaine génération de cyclistes québécois, garçons et filles. Il ne fait aucun doute que les prochaines années permettront de voir émerger de nouveaux talents qui, à l’instar de nos meilleurs cyclistes, s’illustreront sur la scène internationale. Et puisqu’il est permis de rêver, la consécration serait de voir un Québécois et une Québécoise remporter un titre mondial et enfiler le maillot arc‐en‐ciel au Québec. 

Claude Pinard, 22 juillet 2021

Ich… c’est parce qu’il manque beaucoup de pièces du puzzle entre la base et le très haut niveau, celui des Mondiaux, M. Pinard.

Il n’y a plus, au Québec voire au Canada, d’équipes élite, de courses élite voire de programmes pour permettre à nos athlètes de participer à des épreuves amateurs internationales (je pense au récent Tour du Val d’Aoste par exemple) permettant à des jeunes talents de 16-17-18 ans de se développer et de se faire remarquer à l’international.

J’y reviendrai en détail prochainement vous dis-je.

Et quoi qu’il en soit, c’est le 24 septembre prochain que l’UCI annoncera le lieu de ces Mondiaux 2026.

Je crois que Montréal a d’excellentes chances.

10 – Groupama-FDJ, troisième semaine

J’ai aimé.

11 – Greipel, vie de coureur mature

J’ai aussi beaucoup, beaucoup aimé ce vidéo qui nous montre le Andrei Greipel intime, à une époque de sa carrière où d’autres intérêts et responsabilités se greffent à celle de sa profession, notamment à titre de père de famille.

Un volet trop souvent occulté de la vie d’un coureur pro: comment marier exigences de cette profession particulière à celles associés à un père de famille? Greipel nous montre que ce mariage est difficile.

https://www.youtube.com/watch?v=BHzd_mdWwYQ

Carapaz l’or, Van Aert le plus fort, Woods le mérite

Les Québécois qui auront fait l’effort de se lever cette nuit pour regarder les 60 derniers kilomètres de la course sur route des JO de Tokyo ne le regrettent surement pas ce matin.

Quel final!

Ca a flingué à tout va.

Ouf, j’étais fatigué pour les coureurs sur la ligne d’arrivée.

Autrement, la course s’est jouée en gros comme prévu: une échappée matinale de seconds couteaux, la reprise peu avant Mikuni, le feu d’artifice dans cette rampe, puis les 30 derniers kilomètres très débridés où le groupe de survivants devant, environ 10-12 coureurs seulement, se sont tirés la bourre.

C’est Richard Carapaz qui emporte le gros lot, parti après Mikuni avec un Brandon McNulty déchainé dans ce final.

La paire s’est parfaitement entendue pour rouler à bloc, comment en aurait-il été autrement, ils avaient les deux premières médailles assurées?!

Malin, Carapaz a cependant déposé McNulty au profit d’une petite bosse non loin de l’entrée du circuit. Quand tu joues l’or olympique, aussi bien arriver solo…

Fort, Carapaz, pour rouler ainsi en solitaire dans les tous derniers kilomètres d’une course qui en comptait 234.

Mais le plus fort, pour moi, aucun doute: Wout Van Aert. Méchante machine!

Van Aert n’a certes pas pu accompagner Pogacar sur son accélération dans Mikuni – Mike Woods et Brandon McNulty oui – mais le champion belge a géré sans s’affoler, et est rentré rapidement au train par la suite.

On l’a vu ensuite sauter sur tout ce qui bougeait, tout le monde sur son porte-bagage. Il a encore trouvé les ressources pour terminer 2e au sprint.

Je pense que Van Aert retirera de la frustration de la course, tout le monde courait contre lui, sauf peut-être… Mike Woods.

Valeureux Mike Woods! Le Canadien en sort avec une 5e place au final, un peu décevant tant on espérait une médaille, mais il sort la tête très haute.

Il a été un des coureurs les plus actifs dans le final, attaquant de nombreuses fois. Dans Mikuni, il a pu rentrer solo sur Pogacar, excusez-un-peu. C’était solide.

La feuille d’érable brillait dans ce final éprouvant d’une longue course sur route. Bravo Mike, et bravo à Hugo et Guillaume qui l’ont assisté et qui, tous deux, ont mis un point d’honneur à terminer la course cette nuit.

Après Mikuni et derrière le duo Carapaz-McNulty, Mike en a remis dans la petite ascension suivante, mais il est simplement tombé sur un Van Aert très fort qui se méfiait de lui.

Les dernières mines de Mike n’ont peut-être pas été placées tout à fait au bon moment, mais il a le mérite complet d’avoir essayé jusqu’au bout ; tous dans ce groupe de chasse derrière Carapaz ne peuvent pas en dire autant.

Enfin, un mot sur Pogacar, qui a fait la sélection dans Mikuni en plaçant une grosse accélération – assis sur sa selle! – après le travail des Belges. Très fort aussi. Repris par la suite, Pogacar a régulièrement roulé avec Van Aert pour revenir sur le duo Carapaz-McNulty parti dans un moment de flottement après Mikuni, témoignant je trouve de l’attitude moins calculatrice de cette nouvelle génération de coureurs. Ca fait du bien et c’est beau à voir!

Pogacar offre le bronze à la Slovénie, qui ne repart donc pas les mains vides. Et Mollema devance Woods au sprint pour la 4e place… une place parfois importante s’il advenait un contrôle positif pour les trois premiers.

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