Tous les jours, la passion du cyclisme

 

Auteur : Laurent Page 1 of 323

Le mystère Vichot

Je dois dire que celle-là me fait un peu de peine.

À 32 ans, Arthur Vichot annonce sa retraite sportive.

32 ans. Comme Bernard Hinault.

Non reconduit par son équipe B&B Hôtels – Vital Concept pour la saison prochaine, Arthur Vichot a décidé de dire « stop ».

Depuis juste après le GP de Québec 2018, Vichot est atteint d’un mal mystérieux, une grande fatigue chronique qui l’empêche d’exercer son métier de coureur professionnel normalement.

Un vrai mystère que ce mal qui le diminue considérablement.

Pour le moment, aucune explication médicale très nette.

Pour certains, il s’agirait d’un syndrome aigu de sur-entrainement. En d’autres termes, Vichot aurait surmener son organisme pendant trop longtemps, et serait tombé dans un sur-entrainement très grave.

Je vais vous dire franchement, je n’y crois pas trop. Car après un bon repos, et au sein d’un organisme quand même rompu à l’activité physique intense, ca devrait repartir.

Pour Vichot, ca ne repart pas. D’autres tests étaient prévus, mais ils ont été ralentis par la Covid-19.

Syndrome Greg Lemond au niveau des mitochondries?

Virus non encore identifié ?

Quoi d’autre? Il doit y avoir une explication médicale quelque part.

Chose certaine, ca doit être difficile à vivre.

Vichot était un magnifique coureur, perclus de classe sur son vélo. Une belle musculature, costaud le mec. Je l’ai vu courir et l’ai côtoyé brièvement lors des GP de Québec et Montréal, des années durant. Un mec bien, avenant, courtois, sympathique.

Double champion de France sur route (2013 et 2016). Des étapes sur le Dauphiné et Paris-Nice. 3e de Paris-Nice en 2014. Sept participations au Tour de France. Un équipier respecté. Excellent sur les courses d’un jour. Les GP de Québec et Montréal lui réussissaient bien. 2e du GP de Québec en 2013.

Triste fin de carrière.

On reconnait toutefois les personnes de classe par la façon dont elles quittent. Vichot est de celles-là:

« Après 11 années passées dans le peloton professionnel, il est enfin temps pour moi de tourner la page. C’est l’esprit léger que je choisis de ranger mon vélo ; avec des souvenirs, des rencontres et des émotions exceptionnels qui resteront pour toujours ! Je me sens privilégié, et remercie infiniment le cyclisme, le sport en général ainsi que toutes les personnes bienveillantes et positives qui m’ont permis de devenir l’athlète et l’homme que je suis. Désormais, une « nouvelle vie » m’attend ; avec d’autres projets et d’autres objectifs… Bonne continuation à mes futurs-ex compères »

Arthur vichot

Salut champion!

Quelques cadeaux de Noel exclusifs

À l’approche du « Black Friday », quelques suggestions de cadeaux de Noel exclusifs (et souvent chers!) pour le(la) cycliste de goût.

Parapluie Assos

Parce que tu affiches discrètement tes couleurs. Par temps moche, c’est bien.

Silca Ypsilon

Parce que dans le vélo, il faut savoir visser.

Elite Fuoripista

Parce que c’est un objet incroyable, tout simplement. Jamais un home-trainer n’aura eu si bon look dans le salon de votre loft new-yorkais.

Flutes à champagne Bianchi

Parce que ca vous prend ca pour compléter le kit avec votre home-trainer Elite…

Selle Italia SLR Tekno

Parce que le design italien dans toute sa splendeur. Le confort? Si vous posez la question, c’est que vous n’avez pas compris.

Balance Garmin S2

Parce que ca vient de sortir. Espérons que Zwift pourra s’y connecter automatiquement…

Chaussures « Vintage » Prooü Toscana

Parce que la classe de Fausto Coppi.

Castelli Gabba Convertible

Parce que si vous n’avez pas de Gabba, vous n’êtes pas un cycliste.

Maillot Attaquer « Sunshine »

Parce qu’il faut parfois oser attaquer.

Tasses expresso Campagnolo

Parce que dans ces tasses, l’expresso d’avant-sortie entre amis(es) est toujours meilleur. Et ca met l’ambiance. Mise en garde: l’effet n’est pas le même dans des tasses Shimano ou Sram…

Gallets Ceramic Speed

Parce que les détails font parfois la petite différence.

Livre « En chasse patate »

Parce que la culture vélo et l’humour, c’est important.

Écouteurs Rapha – Bang & Olufsen

Parce que c’est fait pour l’entrainement à l’intérieur. Et de votre intérieur.

« La discipline de route n’existe plus à Cyclisme Canada » – Hugo Houle

Il faut saluer ce matin l’engagement d’Hugo Houle à défendre l’avenir du cyclisme sur route au Canada et à dénoncer Cyclisme Canada qui se traine lamentablement les pieds dans ce registre depuis des années.

J’ai quand même un devoir en tant que coureur cycliste professionnel sur route de me battre un peu pour la relève et pour les jeunes au Québec qui nous voient performer. Il y a un gros écart maintenant pour la suite. Je ne sais pas si on peut faire quelque chose pour les (ndlr Cyclisme Canada) faire changer d’idées.

Hugo Houle – La Presse plus du 20 novembre 2020

L’article est publié dans La Presse Plus via le journaliste Simon Drouin aujourd’hui.

Je me réjouis de cette prise de position d’un cycliste phare au Canada. Bravo Hugo! Bien dit!

Ca fait des mois, des années que je dénonce la situation du cyclisme sur route au Canada sur La Flamme Rouge. J’ai publié plusieurs articles (et notamment avec des athlètes de la relève qui payent le gros prix de cette situation, notamment Adam Roberge ou Julien Gagné), j’en ai discuté avec plusieurs personnes, certaines influentes dans le milieu du cyclisme ici au pays.

C’est pas compliqué, il ne reste presque plus rien. Exit nombre de courses, dont le Tour du Saguenay ou Québec-Montréal. Exit de vraies équipes élite comme il en existe en DN1 en France. Même les coureurs pro souffrent, les propos d’Hugo à propos des conditions dans lesquelles nos meilleurs athlètes dont aussi Mike Woods doivent performer aux Mondiaux sont effarantes. Quant on sait qu’à ce niveau ca se joue à rien du tout, nos Canadiens méritent eux-aussi des médailles pour atteindre ce niveau de résultats.

Plus encore, la crise se fait sentir à tous les échelons du cyclisme sur route: on ne peut pas dire que le calendrier des courses Maitre s’est étoffé ces dernières années. Beaucoup de courses ont disparu, dont des monuments comme la Coupe des Amériques ou le GP OBC du Parc de la Gatineau.

Certes, nos fédérations ne sont pas coupables de tous les maux. Parfois, les conjonctures sont difficiles. La Covid-19 n’arrange rien pour trouver des sous.

Mais bordel, même si tu n’es pas responsable des causes, tu te grouilles le cul deux fois plus pour trouver des solutions, surtout si c’est ca ta job!!!

Côté Cyclisme Canada, rien (ou si peu). Tout pour la piste, le BMX ou le paracyclisme. Rien contre ces disciplines, mais on peux-tu svp aussi regarder la route, LA discipline phare en cyclisme?

C’est quand même assez bizarre qu’une fédération nationale ne mette aucun programme de développement pour le cyclisme sur route, qui est probablement le sport pour lequel il y a le plus de licenciés. Pour moi, c’est un gros manque de respect.

Hugo houle, la presse plus du 20 novembre 2020

Même au niveau pro, le top du top, ca fait dur. Houle rapporte que sans des contributions spontanées souvent motivées par la pitié, le Canada n’aurait pas d’équipe aux Mondiaux.

Rappelons que la participation canadienne au Tour de l’Avenir s’est étiolée à presque rien depuis 10 ans, et si une équipe a été envoyée en 2019 c’est aussi grâce à des contributions autres que celle de Cyclisme Canada qui est restée les bras croisés tout ce temps. Sans expérience à ce niveau, comment permettre à nos meilleurs espoirs d’acquérir le niveau pour passer pro et une réelle opportunité de se faire remarquer?

Cyclisme Canada – La réponse

Évidemment, Cyclisme Canada se défend de se trainer les pieds. Par souci de professionnalisme, je vous donne le lien et vous invite à lire la réponse de la fédé canadienne ici (au bas de l’article).

Pour moi, c’est clair: du pipeau. L’expression me vient d’Hugo.

On annonce toutefois un programme pour la route qui verrait bientôt le jour. Wait and see.

Je ne comprends pas Cyclisme Canada. Si t’es responsable du développement du cyclisme et que ca va mal pour des raisons que tu ne contrôle pas, ben tu fais quelque chose.

Pourquoi ne pas avoir organisé des « états généraux » sur le cyclisme sur route réunissant les acteurs principaux et tous les niveaux de la discipline? Le malade ne va pas bien? On réunit tous les spécialistes autour de lui et on échafaude un plan d’intervention complet.

Cyclisme Canada a-t-il été en contact avec des compagnies comme Premier Tech depuis 10 ans? Il en existe certainement d’autres.

Si le programme de financement « À nous le podium » limite tant le champ d’action, quelles démarches Cyclisme Canada a-t-il fait auprès des gouvernements pour porter cette situation à leur attention?

Chris Westwood, cité comme représentant de Cyclisme Canada dans l’article, mentionne que « Hugo Houle ne connait pas tout ce qui se passe derrière la scène « .

Certes. Nous non plus. Mais un peu plus de transparence de la part de Cyclisme Canada ne ferait pas de tort non plus… Je demeure convaincu qu’il y a aussi des guerres de clocher derrière tout ca, comme c’est si souvent le cas avec les fédérations sportives. Je sais de quoi je parle, croyez-moi.

Enfin bref, je salue la prise de position d’Hugo Houle aujourd’hui, elle fait du bien et c’est en effet un des rôles de nos tous meilleurs coureurs cyclistes professionnels, celui de défendre le sport. Espérons que d’autres coureurs pourront dénoncer dans les prochaines semaines la situation déplorable actuellement du cyclisme sur route au Canada.

Et s’assoir avec Cyclisme Canada pour trouver des solutions.

Une chance, quelques bonnes nouvelles nous sont parvenues plus tôt cette semaine pour le plus haut niveau avec l’investissement de Premier Tech dans l’équipe Astana.

Un nouveau momentun? Possible oui. Y’a probablement des occasions à saisir en ce moment pour les acteurs du cyclisme au Canada.

Les « guêpes jaunes » sur la Vuelta

Dans ce contexte (difficile) du confinement, on apprécie particulièrement ces vidéos tournés « de l’intérieur ». Cette fois-ci, la Jumbo-Visma sur la récente Vuelta (49min).

Julien Gagné : « intégrer la planète vélo »

J’étais un peu en retard dans les nouvelles. Autrement dit, elle m’avait échappé celle-là : mon ami Julien Gagné, avec qui j’ai partagé une grosse sortie cet été entre Sherbrooke et le Mont Mégantic – avec Julien, c’est toujours des grosses sorties – courra en Division Nationale 1 (DN1) en France la saison prochaine, avec l’Espoir cycliste Saint-Étienne Loire (ECSEL). 

Alors j’ai voulu rattraper tout ça. 

LFR : Julien, ça y est, tu cours en DN1 l’an prochain en France.

Julien Gagné : oui, très heureux! Les choses ont commencé à bouger pour moi en septembre dernier, à travers diverses personnes dont des gens dans l’entourage de cette équipe de la Loire, mais aussi d’Israel Start-Up Nation. J’ai aussi fait des démarches personnelles. Bref, ça a fini par aboutir et je suis reconnaissant de cette opportunité. 

LFR : tu devais avoir quelques tests physiques cet automne également? 

JG : oui Laurent, mais la Covid-19 est venue tout compliquer. Du coup, j’ai échangé mes fichiers d’entrainement avec certains entraineurs proches d’équipes World Tour et on m’a confirmé que j’avais un niveau et un volume d’entrainement très proche de celui qu’on observe chez les coureurs de ce circuit. Ce qu’il me manque, c’est l’expérience de course en Europe et c’est précisément ce qu’ECSEL va me permettre d’acquérir. 

LFR : tu pars quand?

JG : probablement quelque part vers la mi-janvier, ça dépendra du premier camp d’entrainement de l’équipe et de l’évolution de la situation sanitaire bien sûr. Ces dernières années, le camp d’entrainement de l’équipe avait lieu au Portugal mais la Covid-19 vient tout compliquer cette année. La France est actuellement confinée, je crois que tout ça se mettra en place plus tard. Pas un problème dans mon cas, je suis facilement mobilisable rapidement. 

LFR : tu connais un peu ce qui t’attend là-bas?

JG : pas encore beaucoup. Je partagerai probablement un appartement dans la ville de St-Étienne, pas très loin de Lyon et près du Parc naturel régional du Pilat, possiblement avec d’autres coureurs étrangers de l’équipe. L’équipe a engagé un nouveau membre du staff, Clément Ceyret, avec qui je suis déjà en contact pour la suite. J’anticipe un camp d’entrainement, puis un calendrier de courses bien rempli car il y a beaucoup de courses possibles au niveau DN1 en France. 

LFR : le niveau va être relevé, ca c’est sûr.

JG : je le pense oui. Le peloton a davantage de profondeur qu’au Québec même si nous avons d’excellents coureurs ici aussi. J’aurai besoin d’une période d’adaptation c’est certain, mais j’arrive aussi avec un certain bagage et surtout, je suis en santé après mon opération subie en début d’année. Les Provinciaux en septembre passé ont prouvé que je suis de nouveau pleinement opérationnel, donc j’ai confiance. 

LFR : on dirait que l’horizon s’éclaircit un peu en ce moment pour l’élite d’ici : Premier Tech investit avec Astana, Israel Start-Up Nation a un petit volet canadien aussi, des recrutements sont envisageables à ce niveau et feront de la place juste en dessous, toi tu pars courir en France, ce sont de bonnes vibrations ca!

JG : oui, je suis d’accord avec toi. Les coureurs élite ici ont traversé une sale période, moi y compris avec mes ennuis santé. Mais soudainement, il y a de quoi être optimiste pour l’avenir. Maintenant, c’est à nous et à moi de jouer et d’avoir des résultats. 

LFR : tu comptes poursuivre tes études en graphisme? 

JG : j’en étais à débuter des stages en entreprise, ça sera forcément plus compliqué en étant en France. Je pars avec mon laptop certain, on verra ce qui est possible de faire. 

LFR : comment va l’entrainement?

JG : très bien, je suis en pause! Je suis dans ma coupure de deux semaines, après une saison 2020 où j’ai peu couru, Covid-19 oblige, mais où j’ai beaucoup roulé. Je pense que cette pause est nécessaire pour refaire du jus car l’an prochain, j’anticipe aussi une grosse saison de vélo. By the way, je garde un excellent souvenir de notre sortie sur Mégantic, tu avais bien roulé toi aussi cette fois-là. Confidence, y’en a pas beaucoup qui tiennent ainsi dans ma roue sur cette distance et sur ce dénivelé!

LFR : tu t’engages à nous faire vivre ta saison en DN1 de l’intérieur et en exclusivité sur La Flamme Rouge?

JG : certain! Ou plutôt, « c’est pas faux! » 😉

(crédit photo: Sébastien Hue)

De bonnes nouvelles pour le cyclisme canadien et québécois

Certains diront « enfin »!

J’en suis.

Le cyclisme sur route au Canada souffre depuis des années. Je l’ai souvent écrit sur ces pages: une génération est actuellement sacrifiée. Derrière Mike Woods, Hugo Houle, Antoine Duchesne, Guillaume Boivin voire James Piccoli, c’est plus difficile.

Beaucoup de courses élite ont disparu au cours des dernières années au Canada et aux États-Unis.

Une chance que quelques jeunes coureurs canadiens ont pu compter sur l’équipe Rally pour poursuivre leur développement. D’autres n’ont pas eu cette chance.

La première bonne nouvelle, c’est l’investissement plus important que porte Premier Tech dans l’équipe kazakhe Astana.

Premier Tech était déjà sponsor de l’équipe depuis quelques années, voilà que la compagnie de Rivière-du-Loup monte d’un cran. Cette compagnie se spécialise essentiellement dans trois grands domaines, soit l’horticulture et l’agriculture durables, les équipements industriels de manutention, d’emballage et d’outils informatiques d’optimisation, ainsi que les technologies environnementales comme l’assainissement et le recyclage de l’eau ou encore les sels de déglaçage. Elle a commencé par l’exploitation de tourbières dans les années 1920 au Québec.

Il faut dire que Premier Tech a manifestement le sens du sport: l’amphithéâtre de Rivière-du-Loup porte le nom de Premier Tech, et la compagnie soutient également d’autres athlètes comme Laurence Côté ou Charles-Philibert Thiboutot en athlétisme. Il convient de saluer la vision et l’engagement de cette compagnie.

Et l’arrivée d’un investissement supplémentaire de Premier Tech ne se fait pas seule: Steve Bauer se joint également à l’équipe, lui qui était disponible suite à l’arrêt de l’équipe CCC.

Bauer a évidemment un gros bagage du cyclisme de haut niveau, et plusieurs références à titre de directeur sportif, notamment avec son expérience acquise du temps de SpiderTech. Il faudra voir ce qui adviendra de l’équipe actuelle de directeurs sportifs qui comprend notamment le bien connu (et éternel, comme Patrick Lefevere) Giuseppe Martinelli, Dmitriy Fofonov, Bruno Cenghialta, Dmitri Sedoun, Stefano Zanini, Alexandr Shefer et Sergey Yakovlev.

Manifestement, l’influence canadienne au sein de l’équipe Astana est en hausse pour 2021, et Premier Tech a déjà exprimé son souhait que davantage de cyclistes canadiens intègrent l’équipe. Une excellente nouvelle pour la relève d’ici, et il existe de sérieux candidats.

La présence d’Israel Start-Up Nation avec un staff/coureurs (pro-) québécois-canadien renforcé en 2021 (Adam et Saldanha pour l’encadrement, Woods, Boivin, Piccoli chez les coureurs) créera possiblement une énergie positive pour tout le cyclisme canadien, et une saine compétition pour signer les jeunes talents d’ici comme Zukowski, Côté ou d’autres. Et ceux qui signeront à l’échelon supérieur feront de la place au sein d’équipes de développement pour d’autres jeunes talents d’ici.

Autre bonne nouvelle, Premier Tech et Astana annonce la création d’un programme de développement pour les enfants voulant essayer le sport cycliste, question de préparer la relève à la fois au Canada et au Kazakhstan.

Seule ombre au tableau, mais ce n’est pas nouveau, la présence bien sûr comme manager général d’Alexandre Vinokourov, qui traine un lourd passé dans le cyclisme. L’équipe Astana a connu de nombreux cas de dopage entre le moment de sa création en 2007 et 2015. Depuis, force est d’admettre que ça s’est calmé et que l’équipe évolue plus sereinement à ce chapitre. Les allégations d’une collaboration entre Jakob Fuglsang et Michele Ferrari en début d’année ne sont pas allées plus loin auprès de l’UCI. Espérons que tout cela est de l’histoire ancienne.

Vlasov, quelle suite?

Une des stars montantes de l’équipe Astana cette année était certainement Alexandr Vlasov, 24 ans, 3e du Tour de Lombardie et 5e de Tirreno-Adriatico avant de terminer 11e de la récente Vuelta.

Vlasov a encore un an à son contrat chez Astana, mais chercherait à intégrer dès 2021 l’équipe Ineos. Si son départ se confirme, cela pourrait changer des choses chez Astana en libérant une masse salariale pour d’autres recrutements.

Et pour Ineos, en faire de nouveau une super-puissance du cyclisme, voyez un peu: Egan Bernal, Geraint Thomas, Richard Carapaz, Tao Geoghegan, Adam Yates, Daniel Martinez, Richie Porte, Pavel Sivakov, potentiellement donc Alexandr Vlasov en plus des Jonathan Castroviejo, Rohan Dennis, Filippo Ganna, Michal Kwiatkowski, Gianni Moscon, Luke Rowe et Ivan Sosa, et j’en passe. OUF!!! Masse salariale stratosphérique.

Le Tour de l’Abitibi?

Radio-Canada rapporte que les villes d’Amos, de Rouyn-Noranda et de Val- d’Or se sont entendues pour assurer l’hôte du Tour de l’Abitibi pour les… six prochaines années (jusqu’en 2026).

Fait peut-être plus important encore, des ententes de contributions financières ont été signées elles-aussi jusqu’en 2026.

Ouf! Véritable fleuron du cyclisme québécois et canadien, le Tour de l’Abitibi fait un grand pas afin d’assurer sa survie à plus long terme, ce qui n’est pas un mince exploit dans le contexte actuel de la pandémie de Covid-19. Cette épreuve est souvent considérée comme le « Tour de France » des coureurs juniors à travers le monde.

Et à son palmarès, des coureurs comme Alex Stieda, Bobby Julich, Tyler Farrar, Taylor Phinney, Lachlan Morton, Adrien Costa ou, plus récemment, Brandon McNulty. Sans oublier les Québécois Guillaume Belzile et David Veilleux bien sûr. Beaucoup de beau monde!

Le Tour de l’Abitibi, depuis 1969 révélateur de talents.

Cyclocross: GP Leuven

Ca s’est passé ce week-end du côté de Louvain (Leuven).

En attendant de revoir en course Wout Van Aert et Mathieu Van der Poel début décembre.

The Wolfpack sur le Tour

L’aventure de l’équipe Deceuninck Quick Step sur le dernier Tour de France. Un beau vidéo de l’intérieur de la course.

Flashback Friday

Parce que cyclo-cross l’automne, c’est bien (à la télé).

Et que dans le domaine, on ne fait pas vraiment mieux que Namur. L’essence du cyclo-cross.

Attention aux suppléments

90%.

Neuf athlètes amateurs sur dix consommeraient des suppléments alimentaires.

Poudres de protéines, shakes de récupération, vitamines, BCAA, remèdes homéopathiques, probiotiques, brûleurs de gras, autres produits dont l’industrie vante les propriétés dynamisantes pour l’exercice physique: force, tolérance aux lactates, VO2 max, etc.

Ces produits ne sont pas sans danger.

On apprenait la semaine dernière qu’un coureur maitre de 47 ans en Irlande a été contrôlé positif à de nombreuses substances dopantes, et condamné à une suspension de quatre ans.

On a retrouvé dans ses échantillons les substances suivantes: « epioxandrolone, oxandrolone, 18-noroxandrolone, boldenone et boldenone metabolite(s) ».

God knows what this is all about!

Raison évoquée du dit-cycliste: consommation de plusieurs suppléments alimentaires, certains ayant été achetés aux États-Unis via Internet.

D’autres cas de contaminations croisées sont bien connus.

Ces cas malheureux nous rappelle que nous sommes responsables des produits qu’on peut retrouver dans notre corps.

En qu’en matière de suppléments alimentaires, l’extrême prudence est de mise si vous faites de la compétition.

La recommandation des autorités en la matière est simple: ne consommez rien.

De toute façon, pour la vaste majorité des produits dont on nous vante les mérites à grands coups de « testimonials » sur Internet, les effets ne sont pas prouvés scientifiquement. Toutes mes lectures sur le sujet pointent dans une même direction: si vous avez une alimentation équilibrée, pas besoin de suppléments. Ils présentent parfois des effets indésirables, parfois graves.

L’étude la plus sérieuse que j’ai trouvé est cette thèse de doctorat déposée en 2017 à l’Université de Lorraine.

Bref, ces suppléments, c’est le plus souvent du flan. Autrement dit… du vent.

Si vous tenez quand même à utiliser ces suppléments alimentaires, sachez qu’il existe quelques ressources vous permettant de limiter les risques de contamination avec des produits strictement interdits par le code mondial antidopage.

Je pense au label « Certified for Sport » de la NSF aux États-Unis. Les produits portant cette étiquette présentent des risques très réduits de contamination, sans le garantir de façon absolue. Bref, vous réduisez quand même le risque considérablement de vous faire piquer au contrôle.

Le Centre canadien d’éthique sur le sport présente aussi une page intéressante sur son site Internet à propos des suppléments.

En France, la Société française de nutrition du sport (SFNS) propose également une page listant les produits énergétiques ayant reçu la norme « AFNOR » qui garantit l’absence de produits interdits. Parmi ces produits, tous ceux que j’utilise depuis la fin des années 1990: Overstim’s. Serious stuff.

Je ne prends aucun risque dans ce domaine. J’y reviendrai.

Autre ressource très intéressante, le site de l’IRBMS, soit l’Institut de recherche du bien-être, de la médecine et du sport-santé. Vraiment un site avec de nombreuses informations crédibles, dans une grande variété de sujets. On y retrouve plusieurs pages dédiées aux suppléments, notamment celle-ci à propos de l’intérêt des BCAA (rapport final payant). Conclusion de l’étude:

Les recommandations de consommation proposées par les fabricants de supplément alimentaire BCAA sont très souvent excessives et ne respectent que rarement les apports nutritionnels conseillés, même pour les sportifs à haut niveau de performance. Ainsi, des produits « hors norme nutritionnelle » sont en vente libre!

IRBMS, dossier spécial BCAA, 2019

Ou cette page plus générale sur les compléments alimentaires. Selon l’IRBMS, 15% de ces compléments contiendraient des substances dopantes ou dangereuses pour la santé présente et future. De quoi faire réfléchir un peu!

Enfin, vous avez toujours le site GlobalDro pour vérifier si un médicament ou une substance est autorisée ou non selon le code mondial anti-dopage, mais ce site ne contient pas d’information reliée aux suppléments alimentaires.

Une alimentation équilibrée

Pour des conseils dans ce domaine lorsque vous êtes sportif intense, j’aime beaucoup le site diététiquesportive.com que je consulte depuis un bon moment déjà.

J’aime bien leurs fiches consacrées à certains aliments plus précis: spiruline, rhodiola, etc. On voudrait juste que le site soit plus fréquemment alimenté! (sans jeu de mots…)

Et la page des compléments alimentaires est particulièrement intéressante dans le contexte de cet article.

Le cannabis

Légal au Canada, il demeure sur la liste des produits « interdits » de l’Agence mondiale anti-dopage (AMA). Il convient donc de faire attention avec l’usage du cannabis, qui est considéré comme une substance « à seuil », c’est à dire qu’il ne faut pas dépasser une certaine concentration de cannabinoïdes, faute d’être positif.

Fait intéressant toutefois, le CBD (cannabidiol) ne fait plus partie des substances interdites par l’AMA. Soyez toutefois prudent dans sa consommation, les produits de CBD n’étant généralement pas exempts de THC, ce dernier étant toujours interdit au-delà d’un certain seuil.

Les produits pour les allergies saisonnières

C’est un eldorado du dopage chez les coureurs cyclistes maitres selon moi, l’usage de pompes type « Ventolin » étant très répandu. Rien de tel qu’un peloton cycliste pour y trouver une grosse concentration d’asthmatiques sur papier!

Il existe pourtant des solutions.

Souffrant d’allergies saisonnières en croissance chaque saison depuis dix ans (l’année 2020 ne fut pas de tout repos à ce sujet), j’en sais quelque chose.

Mon médecin et moi avons trouvé une solution propre: le Montelukast. Famille d’un nom à coucher dehors: un antagoniste des récepteurs des leucotriènes. Commercialisé par Merck (c’était prédestiné!) sous le nom de Singulair. Officiellement autorisé par la législation anti-dopage, sans autorisation à usage thérapeutique (AUT).

Je n’utilise donc pas de pompes, rien. Juste ce médoc autorisé, pour lequel je suis tranquille à 100%.

Mais je vous ai menti: pas à l’eau claire. En fait le reste, c’est du riesling…

Le Ronde, de l’intérieur

Ne manquez pas ces vidéos, vraiment génial.

De quoi passer un bon moment, nous qui sommes passionnés de cyclisme.

Le Ronde Van Vlaanderen de l’intérieur.

Toute la passion du cyclisme belge, comme si vous y étiez, au coeur de l’événement. La logistique de la course, et toute l’énergie de ceux qui sont là pour soutenir les coureurs, de ceux qui se passionnent pour la course et les coureurs, du tenancier de café au commentateur télé, en passant par les officiels de course.

Un vrai régal.

Et l’occasion de voir ce qui est souvent moins vu, par exemple la perf monstrueuse – et ainsi accueillie par plusieurs directeurs sportifs durant la course – de Mathieu Van Der Poel l’an dernier (2019), lui qui a été victime d’une grosse chute puis qui est revenu au premier plan par la suite, pour terminer finalement 4e de la course.

Monstrueux.

Mais la réaction du paternel, elle, est plus décalée et mesurée. Chez les Van Der Poel, les attentes sont grandes.

Enfin peu importe, ces vidéos sont un réel bonheur.

Toute la passion du cyclisme!

2018, c’est ici.

2017, c’est ici.

2016, c’est ici.

2014, c’est ici.

Roglic: cette fois, il a tenu!

Lorsque Carthy et Carapaz ont mis les gaz à un peu plus de trois kilomètres de la ligne hier, on a tous retenu notre souffle: alors isolé, Roglic allait-il tenir?

Ben il a résisté cette fois. L’étape de demain étant en principe une formalité, il tient probablement sa victoire sur un grand tour en 2020. Pas le Tour de France, mais la Vuelta fera bien l’affaire.

Un doublé probable d’ailleurs, après sa victoire l’an dernier sur la même course.

Les secondes engrangées sur le chrono plus tôt dans la semaine se sont avérées très précieuses hier pour Roglic dans ces trois derniers kilomètres. Je pense que si le slovène a joué les bonifs à l’arrivée de l’étape vendredi, c’est la preuve qu’il n’était vraiment pas tranquille pour cette dernière arrivée en altitude de la course.

Il pourra très bientôt souffler… et se reposer, deux podiums (1er et 2e) sur les grands tours en trois mois, un Liège-Bastogne-Liège, ouf, il a beaucoup donné en cette courte saison.

Le podium est normalement fixé, Roglic, Carapaz et le surprenant Carthy, 26 ans, sans grand résultat probant jusqu’ici chez les professionnels où il évolue depuis 2013.

Carapaz, laissé-pour-compte par Ineos?

Je sais pas vous, mais je trouve qu’Ineos n’a pas suffisamment encadré Richard Carapaz sur cette Vuelta.

On ne peut rien reprocher au coureur équatorien, il s’est très bien battu, sans équipe ou presque. Encore hier, il a bien joué son va-tout dans les derniers hectomètres de l’étape.

Carapaz est le vainqueur du Giro 2019, donc un protagoniste sérieux à la victoire finale sur la Vuelta cette année et vous l’envoyez sur l’épreuve avec très peu d’équipiers capables de lui filer un bon coup de main, surtout en montagne.

Pas sérieux, Ineos!

Chris Froome n’a pas été l’ombre de lui-même, et c’était pas les Amador, Golas, Rivera, Van Baarle et Wurf qui allaient casser la baraque en montagne. Sosa aurait pu faire plus, mais il s’est complètement loupé, ne répondant pas aux attentes placées en lui.

Ceux qui peuvent se mordre les doigts sur cette fin de Vuelta, c’est Ineos selon moi: avec une autre équipe, c’est peut-être Carapaz qui serait en rouge aujourd’hui.

Les jeunes en 2020, l’explication

Les jeunes coureurs ont marché fort cette saison, particulièrement sur les grands tours. Ce fut une surprise.

J’aime bien l’explication avancée par Alain Gallopin: les coureurs plus âgés auraient très mal gérés cette courte saison, courant trop en août dernier, et trop rapidement sur des conditions physiques pas optimales après des mois de préparation perturbée en mai, juin et juillet due à la Covid.

Autrement dit, ils ont voulu mettre les bouchées double en août, et ça n’a pas suivi derrière.

Exemple: Vicenzo Nibali. Présent le 1er aout sur les Strade Bianche, il embrayait sur le Gran Trittico Lombardo le 3, puis Milan-Turin le 5, Milan SanRemo le 8, le Gran Piemonte le 12, le Tour de Lombardie le 15, le Giro dell’Emilia le 18, puis les Championnats nationaux d’Italie le 23. Il rajoutait enfin Tirreno-Adriatico du 7 au 14 septembre et s’est présenté au départ du Giro dell’ Appennino le 19, à la course sur route des Mondiaux le 27, puis a attaqué le Giro le 3 octobre.

Cramé.

Au lieu de ca, Tao Geoghegan a fait la Route d’Occitanie du 1er au 4 août, puis a abandonné le Tour de l’Ain (7 au 9 août), a abandonné le Tour de Lombardie et le Giro dell Émilia les 15 et 18, s’est aligné sur Tirreno début septembre et puis basta! Que le Giro le 3 octobre par la suite. Pas de Mondiaux, pas d’autres courses.

On a vu le résultat.

Le truc des jeunes coureurs en 2020, ce serait ça: plus de fraicheur. Dans un cyclisme aujourd’hui très homogène, c’est peut-être ça la carte à jouer dorénavant pour briller, surtout sur les courses par étape: jouer la fraicheur.

Gaudu fait oublier Pinot?

Avec deux belles victoires d’étape en montagne, David Gaudu chez FDJ a fait oublier Thibault Pinot en cette fin de saison.

Il faudra voir l’an prochain comment se distribueront les responsabilité chez Madiot, Gaudu étant en net progrès. Le Français termine également deuxième du classement du meilleur jeune, derrière Enric Mas.

Je suis content pour lui.

Guillaume Martin, la récompense

Un autre qui s’est récompensé de tous ses efforts cette saison, c’est Guillaume Martin qui ramène à Madrid le maillot de meilleur grimpeur.

Voilà assurément de quoi bâtir sa confiance en prévision de la prochaine saison. Âgé de 27 ans, un âge souvent présenté comme l’âge de la maturité en cyclisme professionnel, Martin entre dans ses belles années je pense. On reparlera de lui j’en suis sûr la prochaine saison.

Education First, un grand succès

Très belle Vuelta pour l’équipe américaine de Mike Woods et Hugh Carthy, avec au final trois victoires d’étape (Woods, Carthy et Cort Nielsen) et une troisième place au général.

Mike Woods peut être satisfait de son Tour d’Espagne je pense, une victoire d’étape, de belles perfs en montagne, et un équipier solide pour Carthy. L’année prochaine, ce sera toutefois pour Israel Start-Up Nation de… Dan Martin!

Movistar, triste bilan?

La Vuelta pour les équipes espagnoles, c’est important.

Et la plus importante d’entre elles, Movistar, n’était pas venu faire de la figuration.

Bilan, une victoire d’étape avec Marc Soler tôt dans la course, une 5e place au général avec Enric Mas et Alejandro Valverde qui termine 10e, à 40 ans.

La Movistar raffle quand même le classement par équipe, toujours important pour cette équipe. Mince consolation selon moi.

Un examen de conscience est probablement dû pour l’équipe durant l’intersaison. Mas semble montrer ses limites, Valverde ne sera pas éternel pour la gagne c’est évident, Betancur tu ne peux pas miser sur lui, seul Marc Soler, à 26 ans, semble être une vraie garantie pour les prochaines années.

Ca va prendre du renfort…

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