Tous les jours, la passion du cyclisme

 

Auteur/autrice : Laurent Page 1 of 332

Carapaz l’or, Van Aert le plus fort, Woods le mérite

Les Québécois qui auront fait l’effort de se lever cette nuit pour regarder les 60 derniers kilomètres de la course sur route des JO de Tokyo ne le regrettent surement pas ce matin.

Quel final!

Ca a flingué à tout va.

Ouf, j’étais fatigué pour les coureurs sur la ligne d’arrivée.

Autrement, la course s’est jouée en gros comme prévu: une échappée matinale de seconds couteaux, la reprise peu avant Mikuni, le feu d’artifice dans cette rampe, puis les 30 derniers kilomètres très débridés où le groupe de survivants devant, environ 10-12 coureurs seulement, se sont tirés la bourre.

C’est Richard Carapaz qui emporte le gros lot, parti après Mikuni avec un Brandon McNulty déchainé dans ce final.

La paire s’est parfaitement entendue pour rouler à bloc, comment en aurait-il été autrement, ils avaient les deux premières médailles assurées?!

Malin, Carapaz a cependant déposé McNulty au profit d’une petite bosse non loin de l’entrée du circuit. Quand tu joues l’or olympique, aussi bien arriver solo…

Fort, Carapaz, pour rouler ainsi en solitaire dans les tous derniers kilomètres d’une course qui en comptait 234.

Mais le plus fort, pour moi, aucun doute: Wout Van Aert. Méchante machine!

Van Aert n’a certes pas pu accompagner Pogacar sur son accélération dans Mikuni – Mike Woods et Brandon McNulty oui – mais le champion belge a géré sans s’affoler, et est rentré rapidement au train par la suite.

On l’a vu ensuite sauter sur tout ce qui bougeait, tout le monde sur son porte-bagage. Il a encore trouvé les ressources pour terminer 2e au sprint.

Je pense que Van Aert retirera de la frustration de la course, tout le monde courait contre lui, sauf peut-être… Mike Woods.

Valeureux Mike Woods! Le Canadien en sort avec une 5e place au final, un peu décevant tant on espérait une médaille, mais il sort la tête très haute.

Il a été un des coureurs les plus actifs dans le final, attaquant de nombreuses fois. Dans Mikuni, il a pu rentrer solo sur Pogacar, excusez-un-peu. C’était solide.

La feuille d’érable brillait dans ce final éprouvant d’une longue course sur route. Bravo Mike, et bravo à Hugo et Guillaume qui l’ont assisté et qui, tous deux, ont mis un point d’honneur à terminer la course cette nuit.

Après Mikuni et derrière le duo Carapaz-McNulty, Mike en a remis dans la petite ascension suivante, mais il est simplement tombé sur un Van Aert très fort qui se méfiait de lui.

Les dernières mines de Mike n’ont peut-être pas été placées tout à fait au bon moment, mais il a le mérite complet d’avoir essayé jusqu’au bout ; tous dans ce groupe de chasse derrière Carapaz ne peuvent pas en dire autant.

Enfin, un mot sur Pogacar, qui a fait la sélection dans Mikuni en plaçant une grosse accélération – assis sur sa selle! – après le travail des Belges. Très fort aussi. Repris par la suite, Pogacar a régulièrement roulé avec Van Aert pour revenir sur le duo Carapaz-McNulty parti dans un moment de flottement après Mikuni, témoignant je trouve de l’attitude moins calculatrice de cette nouvelle génération de coureurs. Ca fait du bien et c’est beau à voir!

Pogacar offre le bronze à la Slovénie, qui ne repart donc pas les mains vides. Et Mollema devance Woods au sprint pour la 4e place… une place parfois importante s’il advenait un contrôle positif pour les trois premiers.

De la taille des pelotons hommes et femmes aux JO

Ceci est 2021.

Parfois, on ne le croirais pas!

132 coureurs prendront part à la course sur route des hommes samedi matin.

Aux derniers Mondiaux d’Imola, ils étaient près de 180 au départ.

Il est difficile pour moi de comprendre pourquoi on limite ainsi le peloton dans l’épreuve sur route des JO.

On pourrait facilement accroitre sa taille d’une soixantaine de coureurs, donc permettre à davantage de coureurs et de nations de vivre l’expérience olympique. Ca aurait aussi l’avantage d’augmenter la profondeur du peloton.

C’est encore bien pire chez les femmes!

Elles seront… 67 à prendre le départ dimanche de la course sur route.

Enlevez les filles de pays « émergents » en cyclisme qui seront probablement très loin du niveau mondial que peuvent avoir les néerlandaises ou les italiennes, par exemple les coureures de pays comme Trinidad et Tobago, Chypre, l’Érythrée, la Chine, la Namibie ou encore le Paraguay, ca veut dire que vous avez maxi 45 filles au départ avec un niveau suffisant pour faire la course dimanche.

C’est un peu ridicule si vous voulez mon avis.

Elles étaient près de 130 récemment au départ de La Course organisée par le Tour de France, et à peu près le même nombre au Giro Donna il y a quelques jours.

Le peloton féminin s’est suffisamment développé ces dernières années pour avoir un peloton largement plus conséquent et de qualité.

Comment voulez-vous développer le prestige, l’image et tout l’intérêt du public pour le cyclisme féminin avec seulement 45 filles capables d’en découdre dimanche?

Mais il y a pire!

À Paris en 2024, l’UCI a annoncé en décembre dernier la parité hommes-femmes dans les épreuves de cyclisme, parité par ailleurs déjà atteinte en 2021 à Tokyo dans des disciplines comme le VTT (Mtb), le BMX ou la piste.

Reste la route, toujours à la traine, apparemment.

Ben l’UCI a annoncé à Paris des pelotons composés de… 90 hommes et 90 femmes.

Autrement dit, au lieu d’augmenter par exemple à 160 pour tout le monde, on réduit de façon conséquente le peloton masculin et on augmente marginalement celui des femmes.

Lamentable, si vous voulez mon avis.

On tue une partie de la compétition chez les hommes avec un peloton aussi petit. Que voudra dire l’or olympique devant une si faible compétition? À 90 coureurs au départ seulement, on peut se demander si des équipes de cinq comme à Tokyo seront encore possibles?

Et 90 filles… on a déjà des pelotons nettement plus importants et donc plus compétitifs sur les grandes courses du calendrier féminin en Europe.

Le peloton masculin des JO est passé de 184 coureurs à Atlanta (1996) à 145 à Athènes en 2004 puis à 130 cette année. Chez les filles, le nombre est resté stable autour de 67 coureures depuis plus de 20 ans.

Sans revenir à des pelotons de plus de 200 coureurs comme dans les années 1980, sécurité en course oblige, je pense qu’on peut permettre largement plus que 90 coureurs(res) dans une épreuve aussi prestigieuse que la course sur route des Jeux Olympiques, tant chez les hommes que chez les femmes.

Tokyo: ca sera compliqué pour Woods

Samedi prochain 11h (heure locale), le départ de la course sur route des Jeux Olympiques de Tokyo sera donné pour les hommes.

Ce qui veut dire vendredi soir 22h, heure du Québec.

Au menu de Messieurs les coureurs, 234 kilomètres (si on exclut les 10 premiers, neutralisés) sur le difficile circuit autour du Mont Fuji.

4800m de dénivelé.

On annonce très chaud samedi, 30 degrés au thermomètre. Ça durcira considérablement la course, qui totalisera environ 6h de temps de selle.

La course se jouera probablement dans le Mikuni Pass, dont le sommet est situé à 33 kms de l’arrivée. La patate fait 6,8 km de long, moyenne à 10% avec des passages plus pentus. Une parfaite rampe de lancement pour les favoris, pourvu que certaines équipes aient pris la responsabilité de contrôler l’échappée qui ne manquera pas de se former dans les 60 premiers kilomètres. Le peloton est constitué de beaucoup de coureurs de « petites » nations » en cyclisme (le Pérou, la Turquie, la Namibie, l’Iran, l’Algérie par exemple), qui voudront se montrer.

L’arrivée sera jugée sur le circuit automobile de Fuji, donc une chaussée en bon état et très large si ça devait arriver au sprint.

Les favoris

La course sur route des JO, c’est une course très particulière comme l’est aussi la course sur route des Mondiaux, car elles se courent en équipes nationales.

Le reste du temps, les pros sont en équipes de marques.

Du coup, ça peut jouer sur la tactique en course voire même avant la course!

L’an dernier, le coureur belge Dries Devenyns avait refusé sa sélection en équipe de Belgique pour ne pas être exposé au risque de devoir rouler contre son coéquipier et grand ami Julian Alaphilippe dans le final. Grand bien lui en a pris!!

Si vous voyez Richard Carapaz sauter des relais derrière un Michal Kwiatkowski échappé samedi, ben vous saurez pourquoi. Idem pour un Tom Dumoulin si jamais c’est Primoz Roglic qui est devant. Nibali roulera-t-il contre Mollema?! (remarquez, Nibali est pressenti chez Astana en 2022, alors ce n’est pas impossible qu’il roule!)

Ils sont 132 au départ samedi.

Les favoris sont nombreux: outre Woods, j’en compte personnellement une vingtaine.

C’est dire si ca sera compliqué pour le Canadien Mike Woods qui a fait de cette course sur route l’objectif principal de sa saison.

Mon objectif est de remporter une médaille, mais ça va être très dur. Il y a une quinzaine de gars qui peuvent aspirer au podium. Ça va m’avantager si la course est difficile.

mike woods, journal de québec, 20 juillet 2021

Sur le plan physique et mental, Mike Woods peut s’imposer, c’est certain. Il peut accompagner les meilleurs dans le final lorsque ca grimpera fort. C’est plutôt son sprint qui m’inquiète un peu, l’idéal pour lui étant d’arriver seul. C’est toutefois peu probable samedi considérant les 25 derniers kilomètres, roulant.

Trois équipes se détachent car très puissantes, capables de jouer plusieurs cartes: l’équipe de Belgique, qui défend le titre de Greg Van Avermaet acquis à Rio, l’équipe des Pays-Bas et, bien sûr, l’équipe de Slovénie.

Les Belges débarquent avec Wout Van Aert, l’épouvantail samedi avec Tadej Pogacar bien sûr.

Van Aert sait tout faire, grimper, rouler et sprinter. Utile sur ce genre de parcours. Il est épaulé par Van Avermaet, Remco Evenepoel, Benoot et Vansevenant.

Remco sera le joker belge à n’en pas douter. On sait mal où il en est dans sa condition, mais je la soupçonne très bonne: après son Giro moyen, il a remporté le Tour de Belgique, et terminé 2e du chrono sur le Championnat de Belgique avant de s’adjuger la 3e place dans la course sur route.

Les Néerlandais pourront compter sur Kelderman et Mollema, qui sortent d’un bon Tour de France, sur Dumoulin, sur Van Baarle et Havik. Mollema, en particulier, peut être un sacré client: souvent quant il part celui-là, on ne le revoit pas.

Les Slovènes débarquent avec les deux géants du cyclisme actuel, Roglic et Pogacar. Tratnik et Polanc complètent l’effectif. Dans le cas des deux premiers, quant tu as les jambes, tu n’as besoin de personne. Je vois mal comment Pogo pourrait ne pas être dans le coup dans Mikuni, et son sprint à Liège-Bastogne-Liège cette année nous prouve qu’il sait être très rapide lorsqu’il le faut.

Pour Roglic, il faudra voir comment il a récupéré de sa chute sur le Tour. Je pense qu’il sera présent dans le final et parfaitement opérationnel.

Avouez qu’un sprint Pogo-Van Aert pour la médaille d’or, ça aurait de la gueule!

Je vois plusieurs autres coureurs très dangereux samedi: Lutsenko, un homme de Championnats, toujours solide dans ces occasions. Kwiatkowski, idem. Dan Martin qui a fait globalement un bon Tour de France. Kasper Asgreen, une bête à rouler si jamais il passe Mikuni.

Et comment ne pas penser à Alejet, aussi un homme de Championnat, grosse expérience de ce genre d’événement? Les Espagnols alignent aussi Omar Fraile, qui sort d’un bon Tour de France.

D’autres gros clients potentiels: Jakob Fuglsang, aussi un homme de ce genre d’événement et qui était en hausse sur le récent Tour, même s’il a été diminué par son vaccin Covid subit avant la Grande Boucle.

Richard Carapaz est un autre client, Stephan Kung aussi s’il passe Mikuni comme pour Asgreen.

Joao Almeida pourquoi pas, un dur au mal celui-là.

Côté Français (Gaudu, Martin, Cavagna, Cosnefroy et Elissonde), je ne les vois pas dans le coup pour les 5 premières places.

Les Italiens? Ca tient la route sur le papier (Nibali, Caruso, Moscon, Bettiol et Ciccone), mais sauront-ils s’entendre?

Bref, pas mal de beau monde pour la gagne, et tous ces gens n’auront pas voulu faire ce long voyage à l’autre bout du monde pour faire de la figuration dans le peloton.

Rappelons que Mike Woods sera épaulé par deux coureurs québécois, soit Guillaume Boivin et Hugo Houle. La tactique est probablement simple: Boivin sera en charge de veiller sur Mike jusqu’au pied du Mont Fuji, voire de contribuer (avec d’autres pays) à limiter les écarts avec une échappée devant, après quoi ce sera à Hugo, meilleur grimpeur que Guillaume, de rester avec Mike le plus longtemps possible, espérons jusqu’au pied de Mikuni. Après, Mike devra faire la différence à la patte. Ou suivre les meilleurs quand ca embrayera.

Les autres épreuves à surveiller

Aux JO en cyclisme, on a plusieurs disciplines: route, chrono, VTT (Mtb), BMX, piste.

Dimanche prochain, la course sur route des femmes à surveiller, avec deux représentantes canadiennes au départ, soit Leah Kirchmann et Karol-Ann Canuel.

Je surveillerai évidemment le chrono mercredi prochain, tant chez les hommes que chez les femmes. Hugo Houle vise un top-15 et je le crois tout à fait capable d’atteindre cet objectif. Karol-Ann Canuel a connu de bons résultats récemment dans la discipline, c’est prometteur.

Parmi les gros clients pour le titre sur le chrono, Wout Van Aert, Filippo Ganna et Stephan Kung bien sûr, ca sera le gros match! Il faudra aussi surveiller Remi Cavagna, Tom Dumoulin, Rohan Dennis et Kasper Asgreen. On y reviendra.

En VTT (Mtb), l’épreuve cross-country des hommes aura lieu lundi, et les femmes mardi. Le match entre Mathieu Van der Poel et tous les géants du circuit Mtb de la Coupe du Monde, Schurter, Sarrou, Flueckiger en premier lieu! Mathieu en a fait un gros objectif de sa saison.

Bref, méchant programme dès samedi et jusque mercredi prochain!

La piste m’intéressera moins, mais fait remarquable, le Canadien Vincent de Haitre fera partie de l’équipe canadienne de poursuite par équipe, trois ans après avoir pris part aux JO d’hiver de PyeongChang en… patinage de vitesse. Il sera de la discipline probablement aux JO d’hiver de Pékin dans deux ans.

Remarquez, ce n’est pas le premier à participer aux JO d’hiver et d’été dans deux disciplines différentes pour le Canada. On se souvient bien sûr de Pierre Harvey en cyclisme et en ski de fond dans les années 1980. De méchants athlètes!

La belle histoire

Celle de Masomah Ali Zada, coureure cycliste afghane, oui, vous ne rêvez pas. Elle sera de la course sur route dimanche, pour l’équipe des « réfugiés » autorisée par le CIO.

Elle s’est entrainée récemment du côté du Centre mondial de cyclisme à Aigle en Suisse.

C’est bien connu dans mon monde de la démographie: le développement, le progrès d’une population et d’un pays commence d’abord par des investissements en éducation chez les jeunes filles et femmes.

Les pros aux JO?

Ca revient toujours: doit-on permettre aux coureurs pro de concourir aux JO?

Certains diront que ce débat appartient à une autre époque. Ou que la notion de pro versus amateur est aujourd’hui quasiment révolue, les distinctions n’étant plus aussi claires qu’avant.

Les meilleurs coureurs sur les plus grandes courses, c’est aussi un argument qui se vaut.

Pour moi, le débat est ailleurs: que représente une victoire dans la course sur route des JO pour un coureur cycliste pro, en comparaison avec une victoire sur un Monument ou une belle Classique, voire même en comparaison avec une victoire d’étape sur le Tour, ou porter ne serait-ce qu’une journée le maillot jaune?

C’est là qu’on mesure tout le poids des traditions en cyclisme, qui est différent d’autres sports à ce niveau. En natation, en athlétisme, une médaille olympique c’est le Saint-Graal.

Pas en cyclisme selon moi.

Je préfèrerais 100 fois gagner Paris-Roubaix ou le Tour des Flandres que l’or olympique en cyclisme sur route.

Qui se souvient aujourd’hui que Samuel Sanchez a été champion olympique à Beijing et Alexandr Vinokourov, à Londres? Ils sont davantage reconnus pour leurs autres résultats.

On oublie moins un porteur du maillot jaune, ou du maillot de champion du monde.

La montagne et le chrono pas incompatibles…

… et le discours trompeur de certains médias. Une contribution de Marc Kluszczynski.

Dans cette nouvelle contribution à La Flamme Rouge, Marc revient sur l’exercice de l’ascension d’un col, souvent présenté comme très difficile par les commentateurs télé.

Or, montagne et chrono, ce sont des exercices pas forcément très éloignés, et cela peut d’ailleurs expliquer comment Wout Van Aert a pu enchainer une victoire dans le dernier chrono du Tour avec celle acquise au Ventoux quelques jours plus tôt. Les coureurs se préparent à la montagne aujourd’hui de bien des manières!

Après la descente de police à l’hôtel des Bahrain Victorious dans la nuit du 14 juillet, le discours encenseur et flouté des consultants TV des chaînes françaises apparaît totalement déplacé de la réalité de ce Tour 2021. 

En dehors de la question du dopage, prenons l’exemple de la « haute montagne ». 

Dès que le peloton l’aborde, ces consultants, mais aussi certains journalistes de la presse écrite étrangère, présentent cet univers comme dangereux pour les coureurs. La dramatisation à outrance, maintenant généralisée à bien d’autres évènements d’actualité, est devenue un refrain bien rodé. Ils ne s’attaquent tout de même pas à un 8000 sans oxygène ! 

Même le journaliste de CyclingNews, Alasdair Fotheringham, écrit que la montée de Luz-Ardiden de la 18ème étape va être difficile pour « ceux qui souffrent en altitude ». Fotheringham est aussi correspondant de journaux anglais grand public, et ceci explique cela. 

À la télé française, si l’on en croit les spécialistes consultants, les coureurs respirent mal dans un col. Comme Tadej Pogačar dans la montée du col de Portet ? Bouche à peine ouverte dans les derniers kilomètres, ne pouvait-il pas l’ouvrir davantage comme Jonas Vingegaard et Richard Carapaz ? Ce qui montre une fois de plus qu’un dopé est sur la retenue dans l’ascension d’un col, et qu’il est difficile de forcer certains comportements non naturels. 

Laurent Jalabert avait-il du mal à respirer dans les cols de la Vuelta 1995, qu’il remporta avec le maillot du meilleur grimpeur et celui du maillot vert du classement par points ? 

Alors, les coureurs souffrent-ils en montagne ? 

Éliminons de suite du débat les utilisateurs de VTT-E qui gravissent les cols des Alpes et des Pyrénées, certains parfois en sifflotant, le sourire aux lèvres (quand il vous dépasse), et qui font semblant de tourner les jambes sans appuyer sur les pédales.

Certains pro vivent toute l’année en altitude et la plupart des équipes effectuent des séjours en altitude plusieurs par an, parfois à 3000 m. 

Ce qui est sûr, c’est qu’un cycliste dopé et suroxygéné souffrira moins à allure égale qu’un non dopé ayant effectué des séjours en altitude ou en tente ou chambre hypoxique. L’augmentation physiologique du taux d’hémoglobine atteint une limite, qu’il est possible de dépasser avec le dopage actuel microdosé, sachant que les hémoglobines solubles de vers marins, les nouveaux PFC, et les hémoglobines synthétiques permettent un transport de l’oxygène court-circuitant cette filière dont les variations sont épiées dans le passeport sanguin. 

L’expérience du cyclisme en amateur montre aussi que l’organisme fonctionne mieux au fur et à mesure que l’on gagne de l’altitude, en partie dû au fait que la température baisse avec l’élévation, mais aussi au fait qu’il fait appel à sa mémoire cellulaire du fonctionnement en altitude. 

Naturellement, gravir un col reste difficile, et d’autant plus pour un sprinteur ou un cycliste de 80 kg, car l’effort est continu et solitaire, mais pour un pro, ce n’est pas plus difficile qu’un CLM de 50 minutes.

Bilan du Tour, en chiffres

Il l’a fait!

Incroyable.

Wout Van Aert s’est imposé hier au sprint sur les Champs Élysées, comme il l’avait annoncé. Parfaitement amené par Teunissen, il a lancé de loin et c’était bien vu pour épuiser les sprinters plus courts comme Cav. Ce dernier a été enfermé par Philipsen sur sa droite et n’a rien pu faire. Son échec est surtout celle de la Wolfpack, inexistante au moment où ça comptait le plus.

Fort Van Aert. Très fort. Le gus remporte sur dans les derniers 10 jours une grande étape de montagne – deux ascensions du Ventoux, excusez du peu – un chrono et un sprint massif.

Très impressionnant.

Le Tour a commencé avec Mathieu, il se termine avec Wout. Ces deux-là ne cessent de m’étonner.

Et ce n’est probablement pas fini: Mathieu pourrait très bien devenir très bientôt le champion olympique en Mtb (VTT) et Wout le champion olympique du chrono et/ou de la course sur route.

L’ironie du sort veut également que ce soit le champion de… Belgique qui prive Mark Cavendish de dépasser le record de victoires d’étape sur le Tour, un record aussi détenu par le Belge Eddy Merckx.

Sinon, 2e victoire de suite de Pogo sur le Tour de France. Avec ce qu’on a vu, la série pourrait être très longue tant la domination a été manifeste. Il ramène à Paris trois classements distinctifs, soit le général, le classement de la montagne et le classement du meilleur jeune. Comme l’an dernier!

Parmi les grandes surprises de ce Tour de France, la 2e place de Jonas Vingegaard, la 4e place de Ben O’Connor et la belle 8e place de Guillaume Martin qui termine devant David Gaudu (11e).

Parmi les couacs, bien sûr l’équipe Ineos-Grenadier qui sauve les meubles avec la 3e place au général de Richard Carapaz. Pas une seule victoire d’étape!

Petit bilan du Tour, en chiffres

0. Le jeu blanc pour 4 équipes sur ce Tour, qui ne sont même pas parvenues à placer un coureur dans le top-3 d’une étape: Qhubeka, Total Énergies, B&B Hôtels et Intermarché-Wanty-Gobert. La misère.

1. Un seul top-3 sur une étape et c’est tout, aussi une misère pour les équipes Cofidis, Groupama-FDJ, Astana, DSM et Israel Start-Up Nation, cette dernière ayant eu sur une étape seulement le maillot à pois grâce à Mike Woods. Là encore, la misère. Et ca fait beaucoup d’équipes françaises: cyclisme à deux vitesses?

1. Une seule victoire d’étape pour les coureurs français, Alaf à la 1ere étape.

3. Le nombre de porteurs du maillot jaune: Alaf, Mathieu et Pogo. That’s it.

5. Le nombre de victoires d’étape de l’équipe belge Deceuninck, la plus victorieuse sur ce Tour grâce essentiellement à Mark Cavendish (4 victoires).

8. Le nombre d’équipes qui ont remporté une étape, ca en laisse beaucoup (15) sur la touche. Les équipes victorieuses: Deceuninck (5 victoires), Jumbo-Visma (4 victoires), UAE Team Emirates et Bahrain-Victorious (3 victoires), Bora-Hansgrohe et Alpecin-Fenix (2 victoires), AGR2 – Citroen et Trek-Segafredo (une victoire).

9. Le nombre de nationalités présentes dans le top-10 du général. Une seule n’est présente que deux fois, l’Espagne (Mas 6e et Bilbao, 9e).

13. Le nombre de coureurs qui ont remporté au moins une étape. Sur 184 partants. C’est peu, moins que d’habitude.

29. Alejandro Valverde prenait part, sur ce Tour de France, à son 29e grand tour en carrière. Madre de dios!

41,163. La vitesse moyenne de ce Tour de France. Le plus rapide de l’histoire, malgré un Tour très montagneux et la mauvaise météo.

42. Nombre d’abandons, il faut remonter au Tour 2012 pour en trouver davantage (45).

120. Les heures de télévision en direct assurée par France Télévision.

1000. En euros, la somme que perçoit chaque coureur qui termine le Tour.

11 000. En euros, ce que valait une victoire d’étape sur ce Tour.

12,000. En euros, les gains de l’équipe Qhubeka-Assos, la moins rémunérée sur ce Tour pour les efforts des coureurs. DSM suit juste derrière avec 13,000 euros de gain, une misère.

624,000. En euros, les gains de l’équipe UAE Team Emirates sur ce Tour de France. Le pactole, loin devant Jumbo-Visma en 2e position de ce classement (355,000 euros) et Bahrain, 3e (169,000 euros).

40 millions. Soit le nombre de téléspectateurs, répartis dans 190 pays.

Le mot de la fin à la Jumbo-Visma.

Van Aert, une bête

Carton plein pour l’équipe Jumbo-Visma hier, avec Wout Van Aert qui remporte le chrono et Jonas Vingegaard qui termine 3e de l’étape.

Wout Van Aert, quelle bête quand même.

Le gus a gagné plusieurs cyclo-cross l’hiver dernier, faisant la guerre avec Mathieu Van Der Poel son éternel rival.

Il enchaine sur route, gagne Gent-Wevelgem ainsi que l’Amstel, termine 2e de Tirreno-Adriatico et de la Flèche Brabançonne, 3e de Milan San Remo, 4e de Strade Bianche et 6e du Ronde.

Il se tape ensuite une appendice.

Il revient vitesse grand V afin de préparer le Tour, remporte le Championnat de Belgique sur route au passage fin juin.

Deux victoires d’étape sur le Tour: le Ventoux et le dernier chrono, toujours révélateur de l’état de fraicheur.

Et en n’en faisant pas un objectif, il est actuellement 19e du général…

Ouf. Une grosse santé.

Ce n’est pas tout. Il a déclaré hier après l’étape que son Tour n’est pas fini: il veut gagner aujourd’hui sur les Champs Élysées!

Le pire, c’est qu’il faut le prendre très au sérieux. C’est peut-être le plus gros client de Cavendish aujourd’hui. Van Aert peut également compter sur Mike Teunissen pour lui préparer le sprint dans le dernier kilomètre, un atout certain.

Voyez cela: un belge qui priverait Cav de dépasser Merckx avec qui il est ex-aequo au chapitre du nombre de victoires d’étape sur le Tour (34)!

Quoi qu’il en soit, pour moi, c’est très clair: Wout Van Aert termine ce Tour de France beaucoup plus fort qu’il ne l’était au départ de l’épreuve.

Du coup, il devient un très sérieux client pour la course sur route (samedi prochain le 24 juillet) ET le chrono (mercredi 28) des prochains Jeux Olympiques. Attention à lui, il peut tout faire.

Pas de surprises

On attendait Van Aert hier, il a livré la marchandise.

On attendait Kung, il est parti trop vite.

On attendait Asgreen, il a répondu présent mais il est tombé sur un super Van Aert.

On savait Vingegaard rapide, il termine 3e comme lors du premier TT de ce Tour.

Pogo, quant à lui, n’avait qu’à assurer. Pas de risques à prendre. Et valait mieux éviter la victoire…

Pas de changement au général.

Hugo Houle

Le Québécois a fait ce dernier chrono à fond, question de se tester en vue de la même épreuve sur les prochains JO. Excellente performance pour Hugo qui termine 29e du chrono, à 2min33 du vainqueur. Il est à sa place selon moi.

Matos sur le TT

Apparemment, les choses changent.

Alors que traditionnellement en cyclisme, les coureurs montaient des manivelles plus longues sur les chronos, question d’augmenter l’effet de levier, c’est la tendance inverse qui s’observe actuellement.

Des manivelles plus courtes. Certains coureurs auraient monté hier des 165 voire des 160mm.

Le but? Mieux « enrouler » le braquet, des manivelles plus courtes favorisant des cadences élevées.

Et ouvrir l’angle de la hanche, permettant de rester dans des positions qui favorisent plus de puissance que si la hanche est assez fermée, ce qui est le cas avec des manivelles plus longues.

La mode est aussi aux plateaux avant de 55, voire 58 dents. On vise ici à mieux respecter une ligne de chaine efficace, bien centrée avec la cassette arrière où on utilise plutôt les pignons de 13, 14 et 15 dents au lieu de 11 et 12. En d’autres mots, pas de croisement de chaine, susceptible de faire perdre quelques watts.

Par contre, les freins à disque ne sont pas répandus sur les vélos de chrono autant que sur les vélos de route. C’est vrai qu’en contre-la-montre, moins tu touches aux freins, mieux c’est…

Aujourd’hui les Champs, demain Tokyo

Ca fait des plombes qu’une échappée n’est pas allée au bout sur l’étape des Champs Élysées. La dernière fois, Eddy Seigneur peut-être, en 1994?

Dans le cyclisme des oreillettes, ca devrait donc arriver au sprint cette année encore. Misez Cav ou Van Aert, mais on ne sait jamais, d’autres sprinters peuvent y arriver: Colbrelli, Matthews, Philipsen, Bol.

En soirée, ils seront nombreux à déjà prendre des vols pour Tokyo afin de gagner rapidement le Japon et débuter l’acclamation en vue de l’épreuve sur route des JO samedi prochain. On vous revient avec l’analyse complète de cette épreuve très particulière puisqu’elle sera courue sous les maillots nationaux, et non d’équipes de marques.

Ambiance lourde sur le Tour

Le geste « the zip lips » lourd en symboles fait par Matej Mohoric en franchissant la ligne d’arrivée en vainqueur hier a plombé l’ambiance du Tour.

Mohoric savait très bien que ce geste avait été effectué une fois avant lui, par nul autre que Lance Armstrong. Tout le monde a désormais vu cette triste image. Si vous ne savez pas, demandez à Christophe Bassons…

En gros, le « boss » de l’époque la plus sombre du cyclisme et du Tour de France avait envoyé un signal clair: on ne parle pas des choses qui fâchent.

Autrement dit, l’omerta.

Je l’avais écrit hier: il est clair que Mohoric était très remonté suite à la perquisition menée contre son équipe. Il l’a manifestement vécu comme une injustice, quoi qu’il ait dit plus tard devant les caméras de télé, s’étant certainement fait rappeler à l’ordre par son encadrement voire par la Société du Tour.

Chose certaine, il avait le couteau entre les dents au départ de l’étape vers Luz Ardiden.

Il l’avait encore hier.

26 km solo dans le final, pour pouvoir faire son « statement » (je ne trouve pas d’équivalent français à ce mot) sur la ligne. 55×11, solo, vent de face. La vitesse n’est pas beaucoup descendu en-dessous des 55 km/h. Les coureurs derrière en chasse ont été écoeurés d’une telle puissance si tard dans le Tour, en premier lieu Christophe Laporte mais aussi Cédric Vasseur son manager général.

Le geste de Mohoric a en tout cas sérieusement plombé l’ambiance sur ce Tour.

Beaucoup, beaucoup d’articles de presse fusent de partout pour soulever des doutes devant tant de succès des coureurs slovènes (Pogacar et Mohoric, 5 victoires d’étape à date sur ce Tour, et il faudra voir aujourd’hui si une 6e s’ajoute!) ainsi que de l’équipe Bahrain-Victorious (3 victoires, 2 pour Mohoric et une pour Teuns) qui a surpris une première fois cette saison avec la 2e place de Damiano Caruso au général du Giro. La série de succès s’est poursuivie depuis dans cette équipe avec des succès (parfois surprenants) pour les Mohoric, Teuns, Colbrelli, Poels, Bilbao, Haig, Padun, Mader, Bauhaus et Tratnik.

Des infos bizarres

On lit même dans la presse des articles qui surprennent, comme ceux rapportant que trois coureurs du peloton « enquêteraient » discrètement car en roulant derrière des coureurs de certaines équipes dans le peloton, ils entendraient des bruits totalement inhabituels émanant de la roue arrière.

J’avoue me perdre en conjectures.

Certains parlent d’accumulateurs, un peu comme en Formule 1: l’énergie dégagée par le frein à disque arrière lors du freinage serait acheminée dans le moyeu arrière pour ensuite?

Wait and see.

D’autres parlent de mystérieux breuvages ingurgités dès l’arrivée par certains coureurs. Certains coureurs leur auraient demandé ce dont il s’agissait, ce à quoi les coureurs en question auraient répondu qu’ils ne savent pas! Mais ils boiraient…

Surréaliste.

Voilà en tout cas des signes qui ne trompent pas: l’ambiance est lourde en cette fin de Tour de France, le doute et la suspicion se sont définitivement installés au coeur même du peloton, devant des performances tout simplement ahurissantes de certains coureurs.

La réaction d’Armstrong

I’ve got a problem with that. (ndlr: en parlant de la perquisition de l’équipe Bahrain-Victorious)

Lance armstrong, the move, 16 juillet 2021

Sans commentaire. Betsy Andreu a toujours eu raison quant à ce sinistre individu.

Aujourd’hui le chrono

31 kms entre Libourne et Saint-Émilion, en passant par Pomerol. Les amateurs de vin apprécieront.

Un chrono tout plat, taillé sur mesure pour les spécialistes de la discipline. Ca va rouler très vite.

Les organismes sont toutefois fatigués, des surprises sont possibles. L’analyse des 10 premiers de l’étape sera intéressante.

Franck Bonnamour, le plus sympathique!

Question de finir l’article d’aujourd’hui sur des notes plus sympathiques, un point sur Franck Bonnamour de l’équipe B&B Hôtels-KTM, un coureur qui aura vraiment tout tenté sur ce Tour. Volontaire, travaillant, ne se décourageant jamais, il laisse une belle image.

Il est dans la course pour le titre du coureur « super combatif » de ce Tour de France, titre qui sera dévoilé au terme de l’étape d’aujourd’hui. Je lui souhaite!

Et pour moi, il a déjà gagné un autre titre: le coureur le plus sympathique à regarder. Il y a un peu de Fanfan la Tulipe dans ce coureur!

Et pour mieux connaître cette équipe B&B Hôtels – KTM, les « Men in Glaz », ce beau vidéo tourné peu avant le Tour.

Tour de France Barbecue, avec Israel Start-Up Nation

Très sympathique vidéo!

Le nouveau Merckx, c’est Pogacar!

Le maillot jaune à Paris, très probablement. Son 2e consécutif.

À moins de 23 ans.

Du jamais vu dans l’histoire du vélo.

Indurain a gagné son 5e Tour à 31 ans. Armstrong, dopé, à 34 ans. Si Tadej Pogacar continue comme ca, il pourrait bien remporter 10 Tours de France en carrière!

Juste cette année, il a gagné le Tour des Émirats Arabes Unis, Tirreno-Adriatico, Liège-Bastogne-Liège, le Tour de Slovénie, une étape au Tour du pays Basque et, jusqu’ici, trois étapes du Tour. Sauf gros pépin d’ici dimanche, il devrait remporter ce Tour de France, avec en prime le classement du meilleur grimpeur et du meilleur jeune, comme l’an dernier.

Et une quatrième victoire d’étape peut-être (probablement?) sur le chrono samedi. Ca se jouera entre Pogo, Kung, Van Aert, Vingegaard (qui devra ouvrir la machine pour ne pas voir Carapaz lui chiper la 2e place du général), Asgreen, Cattaneo et Bissegger.

Le 2e du classement général est déjà à près de 6 minutes, et l’écart pourrait encore se creuser samedi. On n’a pas vu ce genre d’écart entre le 1er et le 2e depuis… l’ère Armstrong, à l’exception de 2014 lorsque Nibali s’était imposé par plus de 7 minutes sur JC Péraud (on y sera peut-être samedi!). Et avant l’ère l’Armstrong, l’ère Indurain, à l’exception de 1997 où Jan Ullrich s’était imposé par… 9 minutes (!) sur Richard Virenque.

Enfin, depuis Bernard Hinault, aucun maillot jaune du Tour n’avait réussi à remporter deux étapes de suite avec ce maillot sur les épaules.

C’est du lourd. Du très très lourd. Ne cherchez pas ailleurs le nouveau Merckx, ne cherchez pas du côté de Remco, le nouveau Merckx est slovène et il est sous vos yeux.

Woods, Poels, Quintana et les pois: oubliez ca!!!

Tadej Pogacar a mis tout le monde d’accord en deux petites étapes, qu’il a remporté. Carton plein du côté des points au classement de la montagne.

Mike Woods a bien essayé hier dans le haut du Tourmalet, question de surprendre Poels. C’était une bonne idée. Poels ne s’est pas laissé avoir. Une nouvelle fois, Mike est probablement parti trop tôt avant le sommet, brulant ses jambes avant d’arriver dans les derniers 200m, là où il faut vraiment mettre la gomme.

Dommage, Mike Woods repartira probablement de ce Tour de France les mains vides: pas de victoire d’étape, pas de maillot à pois, pas de bonne place au général. Mais la tête haute: il aura essayé.

La révélation

Sans l’ombre d’un doute, Jonas Vingegaard chez Jumbo-Visma. Âgé de 24 ans, le Danois est passé pro en 2019 et n’a pas eu grands résultats au cours de ses deux premières années en WorldTour. Mais cette année, c’est l’explosion: une étape du Tour des Émirats Arabes Unis, le général et deux victoire d’étape sur la Semaine Coppi & Bartali, 2e du général du Tour de Pays Basque.

Il est en passe de terminer 2e du Tour de France derrière Pogacar, mais devant Richard Carapaz, qui touche 2,2 millions d’euros par an. Gageons que Vingegaard va passer à la caisse dans les prochains mois!

Il terminait… 46e de son premier grand tour l’an dernier, en Espagne.

On est d’accord avec lui, il a vraiment « franchi un cap cette année« . Le Cap Horn.

Le pire, c’est qu’il a été le dernier sélectionné de son équipe pour le Tour! (voir le vidéo)

Ben O’Connor, 25 ans, aura aussi été une révélation sur ce Tour. Il est actuellement 4e du classement général avant le chrono de samedi, avec 32 secondes de priorité sur Wilco Kelderman. C’est jouable, les deux avaient fait jeu égal sur le premier contre-la-montre du Tour.

Uran, l’explosion

Deux places au général de perdues au sommet du col du Portet avant-hier, six places de perdues hier à Luz Ardiden, Uran est passé en deux jours de la 2e à la 10e place du général.

Turrim horribilis.

Perquisition chez la Bahrain-Victorious

L’info du jour sur le Tour hier, c’était la perquisition ayant eu lieu la veille dans l’hôtel de l’équipe Bahrain-Victorious, après qu’une enquête ait été débutée par le parquet de Marseille et l’Office Central de Lutte contre les Atteintes à l’Environnement et la Santé Publique (OCLAESP).

S’ils ont perquisitionné, c’est qu’ils avaient des bonnes raisons pour le faire.

Manifestement, ca a eu le don de beaucoup énerver les coureurs de cette équipe, qui est d’ailleurs en tête du classement par équipe. On a vu Matej Mohoric rouler comme une moto en début d’étape hier, Alaf et Périchon ayant bien du mal à rentrer sur le Slovène et ses deux compagnons d’échappée devant. Clairement, Matej en avait gros.

Mais sur France Télévision, pas un seul mot de cette histoire, sur les 3h30 de direct.

I don’t feel uncomfortable that they went through all my stuff because I have nothing to hide. I don’t care. I still find it a bit weird that even in the year 2021 they still believe we are doing something illegal.

Matej mohoric, 15 juillet 2021

La déclaration de Mohoric au départ de l’étape hier a du vrai, mais il faut plutôt lire « Je trouve ça un peu étrange qu’en 2021, ils croient encore que nous n’avons rien appris des scandales de dopage dans le cyclisme depuis 25 ans. On n’est pas des idiots, on n’amène plus de produits dans les hôtels car on a appris que des descentes de police y sont probables, surtout sur le Tour. On est pas mal plus malins que ca, on se dope ailleurs les boys…« 

Bref, il faudra voir ce que tout cela donne, mais je n’ai personnellement pas grand espoir. Quelle équipe, en 2021, prendrait encore le risque de voyager avec des produits dopants sur le Tour?! Faudrait être con.

Contrôles inopinés (hors compétition)

Selon le journaliste Bertrand Guyot, dans cet article publié hier sur ChronoWatts, baisse de moitié du nombre de contrôles inopinés (hors compétition) entre 2019 et 2020. De janvier à août 2020, baisse de 63,5%.

Il est raisonnable de se montrer prudent et lucide en ce moment dans l’interprétation de certaines perfs observées en WorldTour. À propos, Pogo a mis 12 petites secondes de plus que Lance Armstrong en 2003 (la belle époque!) pour escalader Luz Ardiden hier (35min45sec versus 35min33sec).

Cav, le seul intérêt qui demeure sur ce Tour

Avec deux chances (aujourd’hui et dimanche sur les Champs-Élysées) de battre le record de victoires d’étape sur le Tour détenu par Eddy Merckx (34 victoires), Mark Cavendish représente pour beaucoup le seul intérêt qui subsiste sur ce Tour de France. Un Tour de France qui a bien débuté avec les victoires d’Alaf et de Mathieu, l’histoire de Cav, il y avait de belles histoires. On dirait que la fin de ce Tour est franchement moins drôle. On rit jaune.

Test de récup

Le dernier chrono du Tour est toujours intéressant, car un bon test de récup. Les experts en cyclisme vont scruter attentivement les résultats, pour les coureurs qui feront le chrono à bloc.

L’an dernier, on avait vu que Pogo était plutôt doué dans le registre de la récupération. Misez sur lui samedi, même si Kung sera revanchard puisqu’il avait été battu de peu sur le premier chrono du Tour il y a deux semaines.

Un peu d’humour, pour terminer

Pogo, au nom de l’équipe, mais le doute subsiste…

La victoire hier de Pogo au sommet du col du Portet est un statement.

Un statement pour son équipe.

On a dit de cette équipe qu’elle était faible, incapable de bien entourer Pogo. J’avais moi-même de sérieux doutes.

Il est vrai qu’elle a bien bossé sur les dernières étapes pour entourer le leader slovène. Hier, ils ont roulé, avec notamment dans le final Formolo, McNulty et enfin Majka.

Costa, Hirschi, ont également abattu du boulôt en 2e semaine.

Alors Pogo a voulu mettre les points sur les « i » et gagner l’étape pour eux hier.

Pour Alan Peiper aussi, un des directeurs sportifs de l’équipe resté à la maison pour combattre une récidive de cancer de la prostate.

Ca s’appelle livrer la marchandise. Et c’est pour ca que les UAE Team Emirates ont confiance en leur leader.

Carapaz attaque encore trop tôt?

Je sais pas vous mais moi, je trouve que ça devient une habitude: Carapaz démarre trop tôt!

On l’a vu à plusieurs reprises sur des courses cette saison: il est fort, attaque trop tôt dans le final, plafonne et se fait reprendre puis souvent doublé dans les derniers mètres.

Hier, c’est clair que Carapaz plafonne aux 400m, Vingegaard bouche soudainement le trou très rapidement et Pogo démarre juste après, ayant eu une petite récupération salutaire dans la roue de l’Equatorien.

Hier, si Carapaz démarre aux 400m plutôt qu’à 1500m de la ligne, il prend peut-être 30 secondes sur Vingegaard en plus des bonifs…

Le podium acquis

Uran ayant craqué, on connait le podium: outre Pogo, c’est Vingegaard et Carapaz qui le compléteront.

Reste à savoir si Carapaz pourra chiper la 2e place à Vingegaard.

Je n’en crois rien. Notamment parce qu’il reste le dernier chrono, favorable à Vingegaard.

Les pois

Pour Mike Woods, ca va être très compliqué, ayant glissé à la 3e place du classement, ex-aequo avec Quintana. Poels est toujours en tête et Pogo a fait un bon de cinq places hier pour se hisser 2e du classement, 9 petits points derrière Poels.

Ca se jouera dans l’ascension finale vers Luz Ardiden: si Pogo arrive pour la gagne, il pourrait très bien rafler le jaune, le blanc et les pois sur ce Tour. Si une échappée résiste, alors ca dépendra de sa composition.

Le doute: l’hémoglobine de synthèse

Les performances de Pogo engendrent de nombreuses questions, de nombreux articles sont publiés chaque jour sur le sujet dans la presse française et européenne.

Pour Antoine Vayer, pas de doute, on n’a pas vu de performances comparables à celles de cette année depuis le Tour… 1999 de Lance Armstrong. C’est dire!

Dans une intéressante entrevue avec Marc Kluszczynski, Vayer et lui évoquent les possibles pistes actuelles de dopage au sein du peloton, et comment il est facile de déjouer les contrôles.

L’eldorado? Ce serait l’hémoglobine de synthèse. Extrait:

On mise plutôt sur les nouvelles hémoglobines au point. JE LE REPÈTE. C’est miraculeux, sans risque, atoxique, pas de réaction allergique, cela transporte 40 fois plus d’oxygène tout en étant 250 fois plus petit. Les microdoses suffisent. La durée de vie dans l’organisme n’est que de 2,5 jours et elle disparaît de l’organisme en 5 jours. On va toujours au plus facile et au plus sûr. C’est sûr à 100% aussi bien au niveau des effets que de l’assurance de ne pas être pris ! En 2021, le passeport sanguin est bien devenu la ligne Maginot de l’antidopage. Déjà mise à mal à cause de la pandémie du SARS-CoV-2, la lutte antidopage est encore une fois dépassée, ridicule. Rien ne bouge au niveau des instances. Pourtant, il suffit de regarder, de constater.

Marc Kluszczynski, chronowatts, 12 juillet 2021

Marc avait aussi partagé cet article avec La Flamme Rouge en avril 2020 justement sur le sujet des hémoglobines de synthèse.

Et si un homme peut être au fait de ces hémoglobines de synthèse, c’est bien Mauro Gianetti, le manager général de l’équipe UAE et ex-dopé aux PFC (un substitut d’hémoglobine), transporteur alternatif lui-aussi de l’oxygène, au lieu des globules rouges qui sont comptabilisables au moyen du taux d’hématocrite.

La pandémie n’a rien arrangé non plus au niveau des contrôles hors compétitions et inopinés (cet article publié sur ce site en parlait déjà l’an dernier), et le financement mondial de la lutte contre le dopage en a pris pour son rhume ces dernières années, les instances dirigeantes, bien sûr l’UCI, voulant manifestement « passer à un autre appel », fatiguées de tous ces scandales sur scandales.

On a également mieux contrôlé les journalistes d’enquête, les seuls qui pouvaient faire tomber les dopés. L’accès aux hôtels est désormais restreint, on contrôle aussi les lieux des stages d’entrainement, tout est scruté, n’a pas accès qui veut aux équipes sur et surtout, hors des courses. Des « black list » existent.

Je l’écris souvent: il convient de rester réaliste quant aux performances actuelles sur le Tour, même s’il n’y a pas de contrôles positifs pour l’instant. De nombreux coureurs n’ont probablement rien à se reprocher: on voit la fatigue, les jours sans, un jour devant puis trois jours derrière, pour récupérer.

Mais pour certains autres, la pluie, le froid, la chaleur, la vitesse des étapes (ce Tour est en passe de devenir le plus rapide de l’histoire, malgré sa difficulté et sa mauvaise météo), être devant tous les jours et gagner, répondre à chaque attaque, en loger 4 de suite dans des rampes à 10% après 170 bornes dans l’étape en troisième semaine, pas de problème!

Freins à machoire

Intéressant, Pogo utilisait hier un vélo équipé de freins à mâchoire plutôt que des freins à disque pour cette étape de montagne, question de s’assurer d’être à 6,8 kilos max pour son vélo.

L’étape d’aujourd’hui

Très courte! 130 bornes et c’est plié.

Deux ascensions classiques, mythiques: Tourmalet, Luz Ardiden.

Assurément une étape nerveuse, beaucoup de mouvement dès le départ à prévoir, c’est la dernière chance pour tellement de coureurs.

Tout peut arriver. Et en fin de Tour, c’est la récupération qui jouera un grand rôle dans les coureurs que l’on verra à l’énergie devant.

Minuit-1 sur le Tour

Trois étapes.

Il reste trois étapes cruciales pour déterminer les 2e et 3e places du Tour, ainsi que le maillot à pois. Pour le maillot vert, ca se jouera tous les jours d’ici la fin!

Avec un dernier chrono à Saint-Émilion qui lui est favorable, on voit mal comment Pogo peut perdre ce Tour de France.

Les deux autres étapes cruciales sont celles d’aujourd’hui vers Saint-Lary Soulan et de demain vers Luz-Ardiden.

Deux arrivées en altitude. Elles ont été rares sur le Tour jusqu’ici.

On annonce encore des risques conséquents de pluie aujourd’hui, demain beau.

Pour Pogo sur ces deux étapes de montagne, ce seront plutôt les débuts d’étape où son équipe devra être vigilante, nombre d’équipes n’ayant pas encore gagné d’étape et le sprint intermédiaire créant une course de mouvement avec la bataille qui fait rage entre Cavendish, Matthews et Colbrelli pour le maillot vert.

Une fois dans les cols, Pogo peut se débrouiller seul sur ces deux étapes, car on sera alors dans le final.

Bref, pour le jaune, c’est plié. L’intérêt de la course est ailleurs.

Le podium d’abord, avec deux places (2e et 3e) pour trois coureurs en principe, soit Uran, Vingegaard et Carapaz.

Le dernier chrono devrait favoriser Vingegaard, qui peut aspirer prendre une minute aux deux autres comme sur le premier chrono du Tour.

Uran et Carapaz doivent donc profiter de la montagne pour passer à l’attaque et distancer le jeune coureur danois, s’ils veulent monter sur le podium à Paris.

Aujourd’hui, le col du Portet dans le final présente une grosse opportunité: c’est long et c’est surtout pentu. Certains coureurs ont dit de cette étape longue de 178 km que c’était la plus difficile du Tour!

C’est peut-être la chance de Carapaz de frapper un grand coup, l’arrivée étant jugée à plus de 2200m d’altitude.

Demain, c’est beaucoup plus court: 130 bornes et ce sera plié. Mais l’étape présente deux cols hors catégorie dans le final, de quoi créer de gros écarts, et de quoi faire une grosse différence dans la course au maillot à pois.

Car le maillot de meilleur grimpeur est l’autre intérêt de ces deux jours restants dans les Pyrénées. Vous avez Poels, Woods, Quintana et Van Aert qui peuvent sérieusement encore y rêver. Ces coureurs voudront assurément se glisser dans l’échappée pour marquer des points dès la première ascension. Le marquage entre eux sera démentiel dès les premiers kilomètres!

Pour Van Aert, c’est tout bénéfice: devant, il peut jouer des points au classement de la montagne, et ensuite aider Vingegaard sur le final.

Demain soir au terme de l’étape, il ne restera que deux petits points à prendre sur les trois dernières étapes; autrement dit, la course au maillot de meilleur grimpeur sera pliée.

Mike Woods devra être bon, très bon aujourd’hui et demain s’il veut ramener le maillot à Paris. Il peut le faire.

Le maillot vert se dispute quant à lui encore tous les jours.

Sur les deux dernières étapes, beau rapproché de l’Australien Michael Matthews, notamment grâce aux sprints intermédiaires et de bons classements à l’arrivée.

Aujourd’hui et demain, les deux sprints intermédiaires surviennent avant le début des difficultés, ce qui permet à Cav d’y croire. Ca va jouer dur et il est probable que les Deceuninck contrôlent fort le début d’étape pour valider l’échappée.

Des équipiers pourraient tenter de jouer les points de ces sprints intermédiaires pour empêcher un adversaire de leur leader de les prendre.

Ca va être très tactique!

Ensuite, il y aura 50 points à prendre à l’arrivée de Libourne et des Champs Élysées. Matthews n’a plus que 37 points de retard sur Cav.

C’est tout l’intérêt du Tour de France: il y a toujours plusieurs courses dans la course. Viser des étapes, conquérir des maillots, jouer le classement par équipe (c’est la Bahrain – qui d’autre?! – qui domine actuellement à ce chapitre), cela complexifie la tactique, crée des alliances de circonstances, et tout ça est passionnant!

L’étape d’hier

Belle victoire de Patrick Konrad, un coureur discret, mais très solide et apprécié dans une équipe.

Sinon, on a eu droit à une non-course des favoris, tant dans la course pour le podium à Paris que pour les pois. Les étapes d’aujourd’hui et de demain font peut-être peur, et l’arrivée était située loin après le passage du dernier col hier.

Baloise Ladies Tour

Je m’en voudrais de ne pas souligner la belle perf de la Québécoise Karol-Ann Canuel dans l’étape chrono de l’épreuve belge: 5e place!

Nostalgie

Jacques Chancel et le Tour de France, de très bons souvenirs de ma jeunesse. Beau reportage sur ce journaliste et écrivain.

Groupama-FDJ: Hommage aux supporters

Je n’ai pas toujours été d’accord avec Marc Madiot. Mais personne ne peut contester sa passion du cyclisme. Et il sait d’où vient le vélo.

Tous les jours, la passion du cyclisme.

Le journal du Tour

1 – Les Jumbo font oublier Roglic

Belle journée hier sur le Tour pour l’équipe Jumbo-Visma, avec la victoire de Sepp Kuss en Andorre, chez lui (il y vit lorsqu’il est en Europe), et le rapproché de Wout Van Aert au classement du meilleur grimpeur.

Jonas Vingegaard, lui, est remonté sur le podium derrière Pogacar et Uran à la faveur de la défaillance de Guillaume Martin.

Voilà qui remettra un peu de baume au coeur de cette équipe décimée en première semaine, avec les abandons de Tony Martin, Primoz Roglic et Robert Gesink.

Et ils peuvent encore briller sur ce Tour: Kuss et Kruijswijk voudront désormais travailler pour garder Vingegaard sur le podium, et Van Aert jouera probablement le maillot de meilleur grimpeur. Son nouveau porteur, Wout Poels, l’a d’ailleurs désigné comme son rival le plus sérieux.

2 – Kuss, 10 ans après

La statistique m’a frappé: 10 ans qu’un coureur américain n’avait plus gagné sur le Tour de France. La dernière victoire remontait à Tyler Farrar en 2011.

Une très longue traversée du désert pour le cyclisme américain, tellement dominant dans les années 2000 grâce notamment au triste Lance Armstrong et sa flotte.

Je pense que cette traversée du désert explique aussi pourquoi nombre de courses cyclistes pro aux États-Unis ont disparu ces dernières années: sans locomotive médiatique devant, et les États-Unis étant ce qu’ils sont, le sport cycliste de très haut niveau n’attire plus vraiment.

Malheureusement, le cyclisme canadien en a fait les frais, et je crains qu’une longue traversée du désert nous attende une fois les Woods, Duchesne, Houle, Boivin et consorts partis à la retraite.

3 – Alejet

Incroyable quand même ce Alejandro Valverde! 41 balais, y’a qu’un formidable Sepp Kuss qui l’empêche d’aller cueillir un 5 succès d’étape sur la Grande Boucle.

Gageons qu’Alejet nous remettra ca dans les jours qui viennent, sa solide performance hier lui ayant certainement donné l’envie de capitaliser sur cette excellente condition.

Et la Movistar en a bien besoin!

4 – Woods et les pois

Si le maillot s’est envolé, la faute à Wout Poels qui lui a chipé, Mike est toujours dans la course en 2e place avec 8 pts de retard.

C’est cependant très, très serré puisque derrière, Quintana et Van Aert ne sont qu’à deux petits points de Woods, et donc 10 pts de Poels.

Beaucoup de points restants à prendre, la bataille va être très, très intéressante pour ce maillot, davantage que la course aux maillots jaune et blanc qui est déjà pliée, sauf imprévu (chute, blessure) de Pogo.

Comme ce fut le cas sur les deux dernières étapes, misez des débuts d’étape très compliquées, où l’échappée mettra du temps à partir car devant être composée des « bons » coureurs qui ne sont pas une menace pour le général, ni pour les divers enjeux.

5 – Cav l’homme en vert

Peut-être plus pour très longtemps! Michael Matthews veut profiter des étapes pyrénéennes pour faire un rapproché dans ce classement, j’en suis sûr. À peine plus de 70 pts séparent les deux hommes, c’est encore jouable selon moi.

Une autre lutte qui complique beaucoup les départs d’étape.

6 – Rotules

Décidément, ce Tour de France est très, très difficile. Même Thomas Voeckler, un coureur du Tour lui même y’a pas si longtemps encore, n’en revient pas des départs d’étape, au micro de France Télévision.

Marc Madiot s’est également exprimé en ce sens hier.

Et puis, l’étape d’hier a condamné deux autres coureurs, Nacer Bouhanni (abandon) et Edvald Boasson Hagen (hors délai). 37 coureurs ont déjà quitté la course, pour diverses raisons.

L’équipe Arkea-Samsic, elle, a été décimée: plus que trois coureurs en course! (Quintana, Gesbert, Swift). Les soupers au soir de l’étape sont soudainement plus tranquilles, et il y a davantage de place dans le bus…

7 – L’entrainement en altitude

Très intéressant article d’Antoine Vayer sur les stages en altitude, leurs bienfaits, les méthodes, les contre-indications, les formules.

Quant on sait qu’aujourd’hui, à peu près tous les favoris du Tour ont consenti à de longs stages d’altitude pour se préparer, le sujet est pertinent!

Et parlant de camp d’entrainement en altitude, une partie de l’équipe Israel-Start-Up Nation est actuellement à Livigno en Italie justement en stage de préparation pour le reste de la saison.

8 – Colnago V3RS

Très beau reportage du Colnago V3RS de Tadej Pogacar sur ce Tour de France, grâce à Matos Vélo. J’aime beaucoup, ca doit être parce que le vélo est purement italien, sauf les pédales (françaises).

9 – Giro Donna

Anna Van Der Breggen a remporté hier son 4e Giro, excusez-du-peu.

Molto forte.

Son équipe rafle les trois premières places du podium également.

On trouve les étapes de ce Giro féminin sur YouTube et personnellement, je me suis régalé devant mon écran ces derniers jours.

10 – Chatel Chablais Leman Race

Une très belle cyclosportive dans la région du lac Leman, dans des superbes paysages, et qui se disputait ce week-end.

Une très bonne organisation aussi, qui offrait pas moins de quatre épreuves possibles, un petit, un moyen, un grand (159 kms) parcours sur route, ainsi qu’une épreuve Gravel.

On échappe pas à la tendance!

Sur le grand parcours, la première place pour l’ex-pro Raphael Addy.

Question de donner une idée du niveau des cyclosportives en Europe aux lecteurs du Québec, Paco Mancebo, notamment vainqueur de la Beauce, termine 3e mais à 14 minutes du premier.

Julien Bérard, longtemps pro pour AG2R – La Mondiale ces dernières années, est 14e à 21 minutes.

Et Pascal Richard roule toujours! Il termine à une belle 32e place.

11 – La route de Saint-Gaudens mardi

169 kms. Un départ très roulant, ca va aller très vite dans la première heure. Un col de première caté (col de la Core en milieu d’étape), deux cols de deuxième caté, et une petite patate de 800m classée en 4e caté à 7 kms de l’arrivée, parfaite rampe de lancement pour ceux qui seraient encore devant dans une échappée pour la gagne.

Possibles averses durant l’étape.

Pour moi, cette étape de mardi est parfaite pour un Julian Alaphilippe.

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