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Géométrie des cadres: attention au « stack » et au « reach »

Quelques récentes conversations m’ont donné l’idée de cet article.

Aujourd’hui, et depuis un peu plus de 10 ans, deux mesures font foi de tout lorsque vient le temps de considérer la géométrie d’un cadre de vélo: le « reach » (portée) et le « stack » (hauteur).

À en croire certains vendeurs en boutique cycliste, il ne suffit que de considérer ces deux mesures pour pouvoir choisir le bon cadre pour votre morphologie.

Ça nous vient du monde du Mtb ou, depuis assez longtemps, les formes de cadres sont très diverses, notamment afin d’équiper le vélo de suspensions (avant et arrière). Dans ce contexte, il faut reconnaitre que le stack et le reach sont utiles pour comparer les géométries d’un cadre à l’autre.

L’avènement progressif, dès le début des années 2000, des cadres carbone pour les vélos de route a multiplié les possibilités de designs. On trouve aujourd’hui des cadres « sloping » ou « semi-sloping ». Beaucoup de cadres présentent des formes de tubes très variables, question surtout de se distinguer de la concurrence (le Pinarello Dogma F12 en regorge!). Certains cadres sont même asymétriques.

Plus récemment, on joue également sur la longueur des haubans arrières, question de permettre l’usage de pneus ou de boyaux de section plus large (25, voire même 28mm).

Dans ce contexte, les mesures traditionnelles associées à la géométrie des cadres n’étaient plus tout à fait pertinentes, et le stack et le reach sont aujourd’hui les deux mesures les plus communes. L’époque des cadres acier avec tubes Reynolds (les fameux 753 ou 531), Columbus (les fameux SL ou SLX) ou encore Dedacciai est loin!

Croire cependant que le stack et le reach vous permettent de choisir la bonne géométrie de cadre adaptée à votre morphologie, je dis attention.

L’épreuve des faits

J’ai comparé les géométries annoncés de plusieurs vélos du World Tour où celles de vélos dans le vent actuellement, comme le Specialized Tarmac SL7 ou le Aethos, et bien d’autres. J’ai pris un vaste panel de 20 différents cadres, de BMC à Lapierre en passant par Pinarello, Bottecchia, Canyon, Giant, Trek, ou encore Merida, Ridley, ou Bianchi et Scott.

Ces comparaisons de géométries de 20 cadres très haut de gamme a été réalisée notamment grâce à l’excellent site geometry geeks. J’ai pris soin de comparer des pommes avec des pommes, soit tous des cadres présentant des douilles de direction comprises entre 13 et 14cm de longueur. Curieusement, la plupart des fabricants détaillaient ces cadres comme taille Small, mais certains les qualifiaient de Médium ou d’autres en taille 47 jusqu’à… 55 cm!

Les résultats sont clairs.

Prenez le Specialized Aethos et le Cervelo S5 par exemple: ils annoncent tous deux un reach de 384mm, pour un stack de 544 et 542mm, respectivement.

Autrement dit, ces deux géométries sont très, très proches apparemment, si on se fie à ces deux mesures phare.

Pourtant, la longueur réelle du tube horizontal de ces deux vélos est très différente: 540mm pour l’Aethos, contre 550mm pour le S5. Un centimètre complet de différence en longueur. C’est énorme!

L’explication? L’angle de recul de selle, bien évidemment. L’Aethos donne un angle de 74 degrés, et le S5 un angle de 73 degrés. Autrement dit, avec le S5, vous êtes beaucoup plus sur l’arrière du vélo, la distance entre le centre du tube vertical et le pédalier étant nettement plus importante que sur l’Aethos qui est un cadre plus « droit ».

Et ca, le reach et le stack ne vous en dit rien.

Autre exemple.

Le Cervelo R5 vous donne une longueur réelle du tube horizontal de 548mm. Le Canyon Aeroad CF SLX, 549mm. Un petit millimètre de différence.

Leur stack et leur reach? 548mm et 380mm dans le cas du R5, 539mm et 390mm pour le Aeroad. Très différents, en gros un centimètre complet!

L’angle de selle, encore une fois, explique la majeure partie de ces différences.

Dans ce contexte, quatre autres mesures sont pour moi fondamentales dans le choix d’une géométrie de cadre, car elles seront déterminantes dans l’équilibre des masses sur votre vélo, et donc la conduite de ce dernier, notamment à haute vitesse dans les descentes de col: l’angle de selle, la longueur réelle du tube horizontal, la hauteur de la douille de direction ainsi que la longueur des haubans arrières.

Négliger de considérer ces mesures, c’est s’exposer à rouler sur un vélo qui sera dangereux pour vous: soit un vélo trop instable pour vous car votre masse sera trop sur l’avant de la machine, vous « embarquant » rapidement dans des trajectoires difficiles et non-sécuritaires, soit un vélo « mort » sous vous, avec une direction flottante et des trajectoires imprécises, par manque de réactivité.

D’autres résultats m’ont surpris.

Cervelo par exemple propose tous ses cadres R5 ou S5 en recul de selle 73 degrés, qu’il s’agisse d’un cadre très petit en 48cm ou très grand en 61cm. Je ne comprends pas cette philosophie qui m’apparait peu judicieuse.

Les Cannondale SuperSix, Giant Propel et BMC TeamMachine SLR proposent des reach et des longueurs réelles de tube horizontal les plus courtes du marché: 52,8cm pour le Cannondale SuperSix, autrement dit un ultra-court cadre. Ce cadre est notamment celui vous proposant l’angle de selle le plus droit de la gamme de 20 vélos analysés: 74,3 degrés, autrement dit vous êtes pas mal au dessus de l’axe du pédalier. Sur ce cadre, votre masse corporelle sera forcément beaucoup plus sur l’avant du vélo que sur les autres.

Autre bizarrerie chez Pinarello, avec son Dogma F12: pour le cadre en douille de direction 13,1cm, on annonce un stack de 55,12mm, pour une longueur réelle de tube horizontal de 550mm. Autrement dit, un cadre presque « carré », 55 par 55, mais on le présente comme un cadre de taille… 54!

Enfin, les haubans arrières: le DeRosa SK Pininfarina propose des haubans d’une longueur de… 39,5cm. C’est très court ca! Le vélo sera forcément plus réactif, plus « agile » en virage, notamment si vous faites des critériums. En comparaison, le Canyon Ultimate CFR propose lui des haubans d’une longueur de… 41,5cm, soit pratiquement deux centimètres plus longs, un monde!

Bref, je pense qu’il faut être très prudent quand vous choisissez un nouveau vélo par rapport à sa géométrie, car elle affectera fortement son comportement sur la route, en particulier dans des sprints ou à haute vitesse lors de descentes techniques comme des cols avec de nombreux lacets. Se fier uniquement sur le stack ou le reach est une erreur selon moi, et il convient d’avoir bien en tête votre morphologie (longueur de vos jambes, fémurs, bras et avant-bras notamment, et rapports entre tout cela) pour bien choisir ce qu’il vous faut.

Après tout, c’est de votre sécurité dont il est question, et votre plaisir sur votre machine.

Canyon au Canada

Je vous disait le 9 octobre dernier que Canyon allait débarquer au Canada.

Ben c’est fait.

Les consommateurs canadiens peuvent désormais acheter des vélos Canyon, fabriqués et envoyés depuis Coblence en Allemagne via UPS.

La société Canyon annonce également qu’une entente avec Vélofix a été conclue afin de fournir une certaine assistance aux consommateurs canadiens avec l’assemblage et l’entretien de leurs vélos Canyon.

Déjà, on mise sur des « ambassadeurs » comme Lionel Sanders, Émily Batty et, plus récemment pour le Québec, Laurie Arsenault, afin d’assurer la promotion de la marque dans toutes les régions du Canada.

Importants dans le monde d’aujourd’hui, les « ambassadeurs ». Ils peuvent assurer la promotion d’un produit… jusqu’à ce qu’ils changent. Pour Sanders, c’était Louis Garneau. C’est maintenant Canyon. Ça sera peut-être Pinarello, Trek ou Cannondale demain.

Idem pour Batty: longtemps ambassadrice Trek, elle assurera désormais la promotion des vélos de Mtb Canyon, en vous assurant que ce sont là les meilleurs vélos du monde.

Anyway. Une carrière cycliste est courte, il convient de passer à la caisse tant que l’opportunité se présente.

Je vous parlais aussi, le 9 octobre dernier, du modèle d’affaire Canyon, qui fait fi des détaillants pour plutôt miser sur la vente directe via Internet. On supprime ainsi un intermédiaire, donc on coupe les prix.

Le nouveau Canyon Aeroad version Fenix-Alpecin, le même vélo utilisé par l’archi-super-star du vélo Mathieu Van Der Poel, est ainsi annoncé à 11,449$CAN, un prix défiant toute concurrence lorsqu’on songe que le vélo de Julian Alaphilippe, le Specialized Tarmac SL7 est affiché à… 15,899$CAN actuellement.

Il convient pourtant de faire attention selon moi. Pour preuve, le récent « stop ride » émis par Canyon suite à l’incident du guidon de Mathieu Van Der Poel sur le Grand Prix du Samyn il y a deux semaines.

La fameuse innovation Canyon – une exclusivité – introduite en grande pompe l’automne dernier, un guidon télescopique permettant de passer aisément d’un 42 à un 44 ou un 46 cm, brisé dans le final de course. Les conséquences auraient pu être dramatiques.

Du coup, Canyon a ordonné à tous les propriétaires d’un tel guidon d’en stopper l’usage sur le champ.

L’emmerde.

Pas pour Mathieu bien sûr. Mais pour le proprio lambda qui se retrouve du jour au lendemain immobilisé.

Et par la poste, c’est forcément plus compliqué. Gênant aussi d’aller trouver son détaillant local pour le supplier de nous sortir de cette mauvaise passe.

Cadences infernales

L’industrie du vélo a tellement changé depuis 20 ans.

Aujourd’hui, les grandes compagnies sont obligées de sortir de nouveaux vélos, de nouveaux produits (casques, chaussures, etc.) tous les ans, chaque fois bien sûr surpassant le modèle précédent, ceci pour toujours acquérir de nouvelles parts de marché.

En gros, c’est au moins un nouveau vélo top end par an. Ce n’était pas ainsi avant: je me souviens de ma paire de godasses Sidi Ergo2 restée des années le fleuron de la gamme. Aujourd’hui, un an et tu es « has been ».

Tous ces nouveaux produits annuels sont aujourd’hui lancés en grande pompe, simultanément sur tous les sites.

On orchestre les mises en marché pour un jour précis. Ce jour-là, c’est la convergence absolue: tous les sites vous parle du nouveau vélo x, le même jour. L’opération a été méticuleusement préparée et financée des semaines avant, articles et vidéos léchés à l’appui. Souvent, ces articles sont les mêmes d’un site à l’autre.

On a atteint des sommets à l’automne 2020 selon moi. Je peux fournir des exemples.

Du coup, les cadences de production sont infernales. On peine à alimenter le marché du nouveau vélo 2021 que déjà, on planche sur le vélo 2022 qu’on devra annoncer l’automne prochain. Bien sûr, 10% plus rigide, 10% plus aérodynamique, nouvelle fibre, nouvelle géométrie…

L’assurance qualité souffre, forcément. Plus important ça, l’assurance qualité, on n’a plus de temps pour ce détail et on refile la facture au consommateur en majorant toujours plus les prix. Je demeure convaincu qu’aujourd’hui, vous n’achetez plus 1 vélo ; vous en achetez 1,5.

Fissure? Défaut? On vous en fournira un autre, les emmerdes avec. Et de toute façon, vous serez le premier à juger votre vélo « has been » dans deux ou trois ans…

Imaginez quand c’est par la poste.

Bref, comme je l’écrivais en octobre dernier, si vous êtes totalement autonome dans l’assemblage et l’entretien de votre vélo, y compris les purges des freins à disque et l’intégration des cables dans le cadre, Canyon peut être une belle option pour un vélo top end, à moindre coût.

Autrement, c’est plus compliqué et le service après vente vaut encore son pesant d’or selon moi.

Et l’achat de vélos « main stream » de compagnies qui jouent la guerre des parts de marché vient plus que jamais aujourd’hui avec certains risques associés à la qualité selon moi. L’affaire du guidon de Mathieu est là pour nous le prouver.

Dernière heure

Selon le site CyclingNews, Canyon a annoncé ces dernières 24h que les mesures pour remplacer le guidon défectueux sont repoussées à l’automne prochain, et que la compagnie se penche aussi sur des problèmes de tige de selle.

Pas rassurant pour les consommateurs!

Vos braquets: les meilleures et moins bonnes combinaisons plateaux-cassettes

Nous savons tous qu’une erreur de braquet est souvent fatale dans les moments critiques d’une course ou d’un entrainement entre coéquipiers.

Rien de plus révélateur d’une telle erreur qu’un sprint full gas contre les adversaires en vue d’une ligne d’arrivée, ou qu’une relance dans une belle bosse pour sortir d’un petit groupe.

Trop « gros », on est contraint à l’arrachée, les jambes toxinent vite, et on ne peut accélérer efficacement.

Trop « petit », on a vite les jambes autour du cou, et on est incapable de suivre car on avance pas assez vite face à la concurrence, et le rythme cardiaque s’emballe rapidement.

Dans tous les cas, vous avez perdu. Largué.

Le bon braquet, c’est aussi d’autres enjeux: votre confort sur le vélo, qui dépend notamment de votre capacité à trouver le braquet qui respecte votre cadence naturelle, tout en étant adapté au terrain. C’est aussi une question de gestion de la fatigue: sur les bons braquets, on va non seulement plus vite, mais aussi plus loin.

Les braquets sont si importants et pourtant, peu d’entre nous y attachons l’importance qu’ils méritent lors de l’achat d’un vélo, qui arrive du fabricant avec des plateaux et une cassette déjà installés. Par exemple un 53-39 et une cassette 11-28. Combien de fois ma question est restée sans réponse lorsque je demande quels braquets un(e) ami(e) cycliste utilise!

Tout au plus changeons-nous de cassette pour des événements particuliers comme des grandes cyclosportives en haute montagne.

Certaines combinaisons sont meilleures que d’autres, et certaines sont à éviter.

Décryptage.

Les choix

L’analyse a porté sur les gammes offertes par les trois grands de l’industrie: Shimano, Sram et Campagnolo, dans les groupes route et gravel (pas de groupes mtb) les plus connus du haut et milieu de gamme.

Chacun a sa recette particulière.

Chez Shimano, on demeure pour l’instant en 11 vitesses et on propose pas moins de sept cassettes différentes (11-25, 11-28, 11-30, 11-32, 11-34, 12-25 – une sixième, pour juniors, est aussi disponible, 14-28), ainsi que cinq choix de combinaison de plateaux (55-42, 54-42, 53-39, 52-36 et 50-34). Souvent annoncés, on attend encore les groupes 12 vitesses chez le fabricant nippon.

Chez Sram, on est original puisque la gamme comprend seulement quatre cassettes toutes en 12 vitesses et départ 10 dents (10-26, 10-28, 10-33 et 10-36) mais huit choix de combinaison de plateaux (53-39, 52-36, 50-37, 50-34, 48-35, 46-33, 46-30 et 43-30, ces trois dernières combinaisons pouvant être associées à la pratique du gravel bike).

Chez Campagnolo, trois cassettes 12 vitesses (11-29, 11-32 et 11-34) et cinq cassettes 11 vitesses (11-23, 11-25, 11-27, 11-29 et 11-32), ainsi que seulement trois choix de combinaison de plateaux, les traditionnels 53-39, 52-36 et 50-34. Le constructeur italien vient de se doter d’un nouveau groupe gravel, le Ekar, proposant trois cassettes différentes (9-36, 9-42 et 10-44) ainsi que quatre monoplateau (38, 40, 42 et 44).

L’analyse

Elle a porté sur la variété et la progressivité des développements rendus possibles.

Une combinaison plateaux-cassette avantageuse est celle qui présente peu de braquets redondants (ou dédoublés). Par exemple, il est inutile d’avoir sur son vélo le 50-22 puisque le 34-15 est identique, avec une meilleure ligne de chaine.

Une combinaison avantageuse est également celle qui propose de retrouver sur l’autre plateau le développement « perdu » parce que moins utilisable en raison du croisement de chaine (petit plateau-petit pignon ou grand plateau-grand pignon). En croisement de chaine, des analyses ont montré que des watts sont perdus par friction, et l’usure de la chaine et des pignons est multipliée.

Un exemple d’une combinaison particulièrement intéressante: le 52-36 couplé à la cassette 11-23 de Campagnolo, celle que j’utilise depuis fort longtemps. Le tableau ci-bas donne les ratio (nombre de tours de roue pour chaque tour de pédalier) de tous les développements qu’on y retrouve:

5236
114,733,27
124,333,00
134,002,77
143,712,57
153,472,40
163,252,25
173,062,12
182,892,00
192,741,89
212,481,71
232,261,57

On remarquera que le 36-11, chaine croisée, est retrouvé en 52-16. Idem pour l’autre braquet de croisement, le 52-23, qui est retrouvé grâce au 36-16.

Tous les autres ratios sont différents, surtout en milieu de cassette, permettant une réelle variété des braquets et une progressivité intéressante d’un développement à l’autre.

Il existe des combinaisons nettement moins intéressantes, par exemple le 50-34 couplé avec une cassette 11 vitesses 11-32 chez Campagnolo (malheureusement, la cassette 12 vitesses 11-32 n’a rien arrangé). Voici le même tableau mis à jour:

5034
114,553,09
124,172,83
133,852,62
143,572,43
153,332,27
172,942,00
192,631,79
222,271,55
252,001,36
281,791,21
321,561,06

Si on retrouve le 50-32, en croisement de chaine, avec le 34-22, on se rend compte par ailleurs que pas moins de quatre braquets avec le plateau 50 sont identiques à quatre braquets avec le plateau 34, soit les 50-19 (34-13), 50-22 (34-15), 50-25 (34-17) et 50-28 (34-19). La diversité des développements est réduite, vous pensez avoir 2×11 = 22 vitesses mais en réalité, vous n’en avez que 17 différentes. Sachant que le 50-34 avec une cassette 11-32 peut être vue comme une combinaison intéressante pour la montagne, ca permet de relativiser l’intérêt!

Les meilleures combinaisons

Sur cette logique, voici, par pédalier, les meilleurs combinaisons plateaux-cassette, celles que vous devriez rechercher car ne présentant aucune duplication.

En pédalier compact 50-34, les cassettes Shimano 11-30 ou 11-34 sont de loin les meilleurs choix à faire, aucun dédoublement de développement. Les autres bons choix présentant un seul dédoublement sont les cassettes Campagnolo 11-23 et 11-25 en 11 vitesses (adaptées pour des parcours moins accidentés), et 11-29 en 12 vitesses. Chez Sram, optez pour le 10-26 ou le 10-28.

La cassette 11-32 chez Shimano est très intéressante, avec un étagement composé de nombreux pignons au nombre de dents pairs: 11-12-13-14-16-18-20-22-25-28-32. Cette cassette permet de bons développements avec toutes les combinaisons de plateaux, 53-39, 52-36 et 50-34. Pour la montagne, c’est d’un grand intérêt, un développement de 34-32 permettant à une vaste majorité de cyclistes de bien passer les cols.

En 50-34, évitez de monter des cassettes Campagnolo 12 vitesses 11-32 et 11-34, ainsi que la 11-32 en 11 vitesses (voir exemple ci-haut).

En pédalier semi-compact 52-36, les meilleures cassettes sont toutes les cassettes Campagnolo 11 vitesses sauf la 11-34 ainsi que les cassettes 12 vitesses 11-29 et 11-32, les cassettes Shimano 11-30 et 11-32, ainsi que la Sram 10-36.

La combinaison Sram 52-36 avec cassette 10-36 sera d’un intérêt particulier pour les épreuves de haute montagne, vous avez un 52-10 (plus gros qu’un 53-11, pratique pour les descentes!) et un 36-36 au rapport 1:1 en cas de coup de moins bien dans des pentes raides. Une belle progressivité et aucun dédoublement!

À évitez si vous montez un 52-36, la cassette Sram 10-26 qui présente deux dédoublements; pas la fin du monde, mais quand même.

Le pédalier Sram semi-compact 50-37 offre également de bonnes combinaisons avec toutes les cassettes de la même marque, sauf le 10-26 qui présente elle-aussi deux dédoublements de braquets. Et on peut se demander: un 51-37 n’aurait-il pas été préférable? Aucune des quatre cassettes Sram n’aurait alors proposé de dédoublement, un mariage parfait!

Enfin pour les plus costauds ou les coureurs qui montent le classique et viril (!) 53-39, les cassettes Shimano 11-30 et 11-32 sont d’excellents choix, aucun dédoublement de braquets.

Plusieurs cassettes sont toutefois à éviter avec un 53-39: chez Campagnolo, la 11-29, autant en 11 comme en 12 vitesses (trois dédoublements ou plus). Chez Sram, la 10-26, qui présente trois dédoublements (39-11 et 53-15, 39-14 et 53-19 ainsi que 39-17 et 53-23).

En gravel

L’étendue des braquets disponibles me parait d’un grand intérêt en gravel bike, le cycliste pouvant faire face à une grosse variété de terrains et de surfaces pouvant exiger une gamme très variable de développements.

À ce chapitre, Campagnolo a frappé fort selon moi avec son groupe Ekar, qui présente l’intérêt du 13 vitesses, de la simplicité (un seul plateau à l’avant) et de la diversité des braquets si on monte une cassette 9-42.

Avec un plateau 40, vous avez ainsi un développement maxi de 40-9, soit l’équivalent du 53-12 (et le 44-9 est plus gros que le 53-11!). À l’autre bout du spectre, le 40-42 vous donne un ratio de 0,95 (soit plus petit qu’un ratio de 1:1), question de grimper aux arbres. Et tout cela avec seulement 13 vitesses!

Chez Sram, on a le choix du mono plateau ou du double plateau. En double plateau, le 43-30 sera une bonne solution avec n’importe laquelle des cassettes 10-28, 10-33 ou 10-36: aucun dédoublement, et le 30-33 ou le 30-36 vous permet aussi de grimper aux arbres.

Dans la même compagnie, les combinaisons 46-30 avec cassettes 10-26 ou 10-36 ainsi que les combinaisons 46-33 avec cassettes 10-28, 10-33 et 10-36 présentent toutes deux dédoublements de braquets, moins intéressant, surtout sur un gravel bike.

En conclusion

Du calcul des ratios pour toutes les combinaisons plateaux-cassettes, il se dégage que:

  • oui, un « 9 dents » ça existe désormais!
  • les pédaliers 52-36 sont bons avec de nombreuses cassettes; ces pédaliers sont les plus polyvalents selon moi
  • pour les cyclosportifs qui roulent en pédalier compact 50-34, misez Campagnolo 11 vitesses 11-23 ou 11-25 sur le plat et Shimano 11-30 ou 11-32 pour la montagne
  • chez Shimano, les cassettes 11-30 et 11-32 sont bonnes avec tous les pédaliers, des cassettes vraiment intéressantes
  • pour les coureurs, un 53-39 avec cassette Shimano 11-30 ou 11-32 présente zéro dédoublement de braquets; le 53-39 avec cassette Campagnolo 11-29 (11 ou 12 vitesses) en présente trois
  • pour le gravel, les combinaisons les plus intéressantes m’apparaissent être chez Sram en double plateau le 43-30 avec cassette 10-28 et le 42-36 avec cassette 10-33, ou chez Campagnolo en mono plateau le nouveau groupe Ekar 13 vitesses, cassette 9-42.

La dérive du prix des vélos

Beaucoup de commentaires suite à mon article la semaine dernière sur la dérive du prix des vélos.

Par souci de vous fournir toute l’information, je vous recommande la lecture de cet article publié hier sur road.cc à propos de l’effet de la pandémie de Covid-19 sur le prix des vélos.

+12% chez certains fabricants. D’autres non.

Intéressant.

Ce qui prouve en tout cas qu’on ne rêve pas: les prix des vélos sont bel et bien en hausse ces temps-ci.

La dérive du prix des vélos

19 199$ CAN. (12 999€)

C’est le prix que Specialized affiche sur son site pour le nouveau Aethos « Founder Edition » monté en DI2, 300 vélos dans le monde.

À titre de comparaison, le prix de base d’une voiture Hyundai Elantra 2020 au Québec est d’un peu plus de 17 000$. Une Peugeot 108 en France, 12 300€.

Je sais pas vous, mais moi je décroche.

Tout simplement injustifiable.

Bien sûr, certains vélos pourront dépasser allègrement les 20 000$ (13000€) si on décide de jouer la carte du ultra-light, pédaliers Clavicula, pièces Ax-Lightness, etc. Et je ne parle pas des vélos spéciaux, par exemple en or massif, destinés à ne jamais rouler sur la route mais plutôt à oeuvrer comme objets de collection pour des enchères caritatives.

Mais pour un vélo régulier présentant à priori un montage « classique » en Shimano avec composantes Roval?

Le nouveau Trek Emonda SLR9 2021 équipé à peu près de la même façon, lui aussi en DI2, cadre à peine plus lourd (+120 gr), est annoncé à 16 500$ (10 999€), soit 3000$ de moins. Et le Trek est déjà très cher! Au moins, ce dernier présente une intégration totale des câbles au niveau du cockpit, ce que le Specialized n’a pas.

Je trouve qu’une dérive des prix s’est installée depuis quelques années. Les fabricants veulent nous faire croire aux coûts associés à la R&D, aux coûts des moules servant à produire les cadres carbone.

Certes. Il y a probablement plusieurs raisons à ces prix stratosphériques, dont celles-là. Mais les trois principales sont peut-être moins présentées.

Vous remarquerez que les hausses majeures de prix depuis quelques années coïncident avec l’arrivée massive d’équipes World Tour financées exclusivement ou en grande partie par les géants de l’industrie.

De toutes les époques, les compagnies du domaine du vélo ont travaillé en partenariat avec les équipes professionnelles. Qui ne se rappelle pas des grandes équipes comme Peugeot, Renault-Gitane ou encore Motobecane? Les fabricants espagnols Orbea, B.H. voire une compagnie comme Mavic ont souvent été associés aux noms officiels d’équipes pro, notamment dans les années 1980.

Dans les années 1990, presque rien.

Dans les années 2000, presque rien.

Puis ça commence en 2009, équipe Cervélo comme sponsor principal unique. Cervélo voulait alors percer comme nouvelle compagnie dans l’industrie.

2010, Cervelo et BMC comme sponsors uniques d’une équipe WorldTour.

2011, BMC, Leopard-Trek, Garmin-Cervelo.

2012, BMC, Liquigas Cannondale, Argos-Shimano.

2013, Cannondale en sponsor principal comme BMC, Argos-Shimano, Lampre-Merida.

De 2015 à 2018, pas moins de 5 équipes chaque année présentes sur le Tour qui portent le nom d’un fabricant de vélo. Juste en 2015, on a comme sponsor principal BMC, Giant-Alpecin, Trek, Cannondale-Garmin, auxquelles il faut ajouter Bora-Argon18 et Lampre-Merida.

Manifestement, les fabricants se sont livrés à une véritable guerre commerciale ces dernières années, avec comme vitrine nécessaire une équipe WorldTour. Specialized l’a joué différemment, n’étant pas directement impliqué dans le financement de l’équipe (donc le nom), mais préférant user d’une autre stratégie en fournissant les vélos de… deux équipes World Tour! (les actuelles équipes Bora et Deceuninck). Canyon même chose, avec Movistar en WorldTour et Alpecin-Fenix en Continental.

Tout cela coûte très, très cher.

Et on nous refile la facture.

Depuis deux ans, on dirait que la tendance s’est inversée, plus que deux équipes sur le Tour 2020 qui portent le nom d’un fabricant de vélo, et une seule en sponsor principal: Trek-Segafredo. L’autre est Michelton-Scott. La plupart des fabricants se sont retirés des noms officiels d’équipes (donc n’allongent probablement plus de sommes monétaires en soutien à l’équipe, en plus de fournir les vélos), se contentant de fournir les vélos seulement.

Aujourd’hui, les parts de marché sont probablement bien établies, et le sponsoring direct d’équipes WorldTour moins nécessaire car la guerre commerciale s’est atténuée et les places sont chères, bien défendues par les géants. Comme indice, on peut se référer aux chaises musicales auxquelles on assiste présentement: Bianchi part équiper la Mitchelton, Jumbo passe chez Cervelo et SunWeb reprend Scott pour 2021!

Deuxième raison des prix élevés, qui va avec la première, le marketing, de plus en plus poussé, léché. Design de sites web, financement d’influenceurs, production de vidéos, chaque mise en marché d’un nouveau vélo est une oeuvre d’art en soi. Je reste médusé du pouvoir de marketing et de la préparation en amont: lors du récent lancement du Specialized Aethos, en l’espace de quelques heures, la plupart des sites web majeurs dans le domaine du vélo comme BikeRadar, VeloNews, etc. mettait en ligne des vidéos de type « présentation » ou « review ». Il faut faire le buzz, et à l’échelle planétaire.

Et on nous refile la facture.

Troisième raison, le contrôle qualité, qu’on a relegué au consommateur. Ca coûte cher, le contrôle qualité. Du coup, depuis une bonne dizaine d’années, on s’est rendu compte que dans le business du cadre carbone produit à la chaine dans des moules, il était plus rentable de réduire au minimum le contrôle qualité avant la vente, et simplement produire davantage de cadres en usine (surtout taïwanaises).

Le cadre fissure ou se brise rapidement une fois le vélo vendu? Pas de problème, la compagnie vous le remplacera, souvent sans frais ou à un coût « cost ».

Pour en arriver là, il a bien évidemment fallu majorer la facture du vélo acheté en premier lieu. Quand vous achetez aujourd’hui un vélo, vous en achetez en fait 1,3. Le prix de la police d’assurance de la compagnie sur la masse de vélos vendus, en quelque sorte.

Fort heureusement, il reste des bonnes affaires loin des grands leaders de l’industrie du vélo que sont Giant, Merida, Trek, Cannondale ou Specialized, auxquels on pourrait rajouter Canyon, Cervélo, Scott, Pinarello, BMC, Orbea, Batavus, Bianchi et quelques autres. À prix plus raisonnables. C’est pas compliqué, moi, je deviens allergique à toutes ces grandes marques. Parce que si on pousse le raisonnement jusqu’au bout, un jour on roulera tous sur un vélo Giant…

Ces bonnes affaires chez de plus petits fabricants sont toutefois toujours menacées – malheureusement! – sous la pression exercée par les géants, parlez-en à Time, Look, DeRosa, Colnago ou Ridley-Eddy Merckx ces jours-ci. D’autres géants ont déjà disparus, notamment Raleigh et Schwinn.

Canyon débarque au Canada

Aujourd’hui sur La Flamme Rouge: Canyon AeroadSpecialized AethosGiro Arnaud DemareWheelie contest sur le Tour

Canyon débarque au Canada. Mais attendez avant de vous réjouir!

Le fabricant de Coblence en Allemagne vendra directement en ligne ses vélos au Canada à partir du printemps prochain.

Et notamment le nouveau Aeroad qui fait actuellement le buzz, ayant été officiellement lancé il y a quelques jours. On avait vu les premières images du vélo sur le dernier Critérium du Dauphiné, notamment avec Warren Barguil chez Arkea-Samsic.

Cette nouvelle évolution de leur vélo typé « aéro » propose quelques innovations dignes de mention, notamment ce guidon télescopique en largeur, donc ajustable. Bien pensé! Les lignes sont également très fluides, l’intégration des gaines de freins et de dérailleurs est totale, et le vélo ne vient qu’en version freins à disque.

Le vélo est équipé de pneus 25mm à l’avant, et 28mm à l’arrière, confirmant la mode actuelle de délaisser les pneus 23mm pour chausser de plus grosses sections, plus confortables et offrant un rendement au moins équivalent. Le poids en plus.

Par rapport à la version précédente, Canyon annonce 170 grammes de moins, et 14% de plus de rigidité. Un gain estimé à 7 watts pour le même effort.

Disponible en huit tailles différentes, chacun pourra trouver un vélo à sa convenance. Trop souvent, les compagnies se limitent à S, M, L et XL. Et autre point positif, le vélo est disponible en montage Shimano, Sram ou, plus rare, Campagnolo, et selon trois versions (CFR, CF SLX 8 et CF SL 7), donc selon plusieurs gammes de prix. Le nombre d’options possibles est élevé.

Le nouveau Aeroad selon le site MatosVélo que j’aime bien, c’est ici.

Sur YouTube, les évaluations du nouveau Aeroad sont nombreuses depuis quelques jours. GCN ayant un lien étroit avec Canyon, c’est probablement une des évaluations les plus complètes, mais possiblement aussi un peu biaisée. Sinon, BikeRadar. Pour le déballage du vélo après sa réception, c’est ici. Enfin, très intéressant, le montage du Aeroad de Mathieu Van Der Poel.

Un avantage, la vente directe?

Le modèle d’affaire Canyon, c’est la vente directe sur Internet, sans intermédiaire (les détaillants). Les prix défient donc toute concurrence: le CFR monté en Campagnolo Super Record EPS avec roues Bora One 50mm, probablement le fleuron de la gamme, est annoncé à 9 000 euros, soit 14 000$.

À côté de ca, il vous faudra débourser près de 17 000$ pour un Trek Madone SLR 9 eTap 2021, monté sur roues Bontrager. Le Specialized Tarmac SL7 2021 monté de la même manière est annoncé autour de 15 000$, roues Roval, tout comme le Cannondale SuperSix EVO Hi-Mod monté en Dura-Ace, roues HollowGram. Chez BMC, le nouveau TeamMachine SLR01 est annoncé à 15 500$, toujours monté en Sram.

Un Pinarello Dogma F12 Super Record EPS, roues Bora 33? On est à 17 000$. Soit pratiquement 25% plus cher.

Alors, un bon deal, Canyon?

Peut-être pour ce niveau de performance. Mais il vous faut être prêt à gérer l’inconfort d’entrer dans une boutique vélo pour demander un entretien de service sur votre machine, qui n’aura donc forcément pas été achetée à cet endroit.

En France, on m’a dit il y a plusieurs années qu’un mot était passé parmi les vélocistes: ne pas servir les clients Canyon, car la marque allemande tue les détaillants. Ce n’est pas tout à fait faux… si tout le monde fait pareil, comment les détaillants font pour survivre?

Personnellement, je suis très ambivalent: reconnaissant la qualité des produits Canyon, donc leur intérêt, je demeure sensible à l’offre locale de services vélo.

Si vous êtes totalement autonome quant à l’entretien de votre vélo, un entretien plus complexe aujourd’hui qu’autrefois avec l’intégration des composantes et l’arrivée des freins à disque (qu’il faut parfois purger) et l’électronique, Canyon peut être une option.

Dans le cas contraire, je vous recommande la prudence. Parfois, rien de tel qu’un bon mécano qui connait son métier pour optimiser le rendement de votre machine. Et en course ou dans la descente du Galibier à plus de 90km/h, c’est une tranquillité d’esprit qui vaut son prix. Je sais de quoi je parle.

À suivre… faudra voir à quel point l’arrivée de Canyon au Canada et au Québec en 2021 fera mal aux détaillants et aux fabricants de vélo du pays.

Specialized Aethos

Un autre vélo a été dévoilé cette semaine, le Specialized Aethos, dédié à la grimpe.

574 grammes pour un cadre 54 à disque, sans peinture. Ouf!

On annonce un bel équilibre pour ce vélo, la précision des trajectoires en descente n’ayant pas été sacrifiées sur l’autel de la légèreté à tout prix.

Pas non plus de limites importantes de poids pour le cycliste.

Quand même plus de 15 000$ pour un montage en Dura-Ace Di2 ou Sram eTap.

Perso, ce genre de vélo me rejoint davantage que les vélos aéro, compte tenu de mes qualités physiques et de mes intérêts.

Pour découvrir le vélo, ce petit vidéo filmé récemment au Québec et impliquant les collègues du Club Espresso Bar de Montréal.

Titi cycliste, le bonheur du vélo

J’aime Arnaud Demare, il est tellement rafraichissant!!!!

C’est extra, c’est super!

Arnaud Demare, vainqueur, 6e étape du Giro 2020

Il fume quoi Arnaud, j’en veux aussi!

Et le mec a une sacré caisse, rappelez-vous les derniers Championnats de France où il résiste à un certain Julian Alaphilippe…

Fallait y penser

Ces Néerlandais ont eu une idée géniale, et le vidéo de l’expérience est très réussi. Very cool!

Le matos du Tour

Toujours intéressant de regarder ce que les pros utilisent comme matos.

Les vélos

Cette année sur le Tour de France, trois fabricants de vélo équipent deux équipes, soit Canyon (Movistar et Arkea), Specialized (Bora-Hansgrohe et Deceuninck) ainsi que Willier (Astana et Total Direct Énergie). L’investissement doit être colossal pour ces compagnies, mais le jeu en vaut visiblement la chandelle.

Les autres marques: Pinarello (Ineos), Trek (Trek-Segafredo), Giant (CCC), Cervelo (SunWeb), Bianchi (Jumbo), BMC (NTT), Cannondale (EF), Colnago (UEA), DeRosa (Cofidis), Eddy Merckx (AG2R), Factor (Israel), KTM (B&B Hôtels), Lapierre (FDJ), Merida (Bahrain-McLaren), Ridley (Lotto) et Scott (Scott-Michelton).

On pourrait presque dire qu’il y a davantage de constructeurs italiens (Pinarello, DeRosa, Bianchi, Willier, Colnago) qu’il y a quelques années, ces derniers ayant probablement compris que pour résister aux géants que sont Trek, Specialized, Giant et Cannondale, il fallait être en WorldTour.

Les grands absents à ce niveau? Look, Time, Orbea, BH, Moser, entre autres.

Les freins

C’est intéressant: Ineos et Jumbo-Visma rouleront cette année sur des freins classiques à mâchoire, et non pas sur des freins à disque. Un désavantage en descente de col? Il faudra voir!

Ceci étant, une majorité du peloton roule désormais sur freins à disque.

Les roues

À ce chapitre, une bonne diversité existe, avec des Mavic, Shimano, Campagnolo, LightWeight, Corima, Vision, Roval, Cadex, Fulcrum, Black Inc, Zipp, Enve, Bontrager, DT Swiss et Ursus. Petit avantage Shimano au niveau du nombre d’équipes.

Les pneumatiques

Si le tubeless commence à faire sa place, la plupart des équipes roulent encore sur des boyaux, plus légers, plus confortables et offrant un rendement supérieur (on les dit plus rapides, ce qui est souvent confirmé par des tests en soufflerie). Je n’ai pas le détail des sections utilisées, je présume que le plus souvent, c’est du 23 ou 25.

Les groupes

Seulement trois équipes en Campagnolo (Cofidis, Lotto, UEA) et deux en SRAM (Movistar, Trek). Le reste est en Shimano qui domine donc à ce chapitre. À surveiller le possible nouveau groupe Dura-Ace 12 vitesses, annoncé depuis plusieurs mois maintenant. Rappelons que Shimano est le seul fabriquant de groupes complets à ne pas encore proposer de groupes 12 vitesses.

Toutes les équipes seraient en groupes électroniques, mais des cas isolés de coureurs encore en groupes mécaniques peuvent exister, souvent par préférence personnelle.

Le maquillage

Plus fréquent il y a encore 10-15 ans, ca existe toujours bien sûr. Les coureurs ont leurs préférences, ils maquillent parfois leur matériel question de respecter les sponsors officiels de l’équipe. On a par exemple vu sur le Dauphiné des roues Corima maquillées Shimano… mais c’est aussi vrai pour les selles, les chaussures, les lunettes.

La bonneterie

Là aussi, une belle diversité: Rosti, Giordana, Le Col, Sportful, Etxeondo, Nalini, Santini, Castelli, Vermarc, Alé, Rapha, Katusha, Assos, Agu, Craft, Ekoi et Noret.

L’offensive BMC

La marque suisse de vélo BMC a récemment dévoilé son nouveau TeamMachine SLR-01, fleuron de la gamme. Un vélo très intégré, au look épuré, dans l’ère du temps: à ce vélo originalement destiné à la grimpe, on lui greffe en 2021 un petit caractère « aéro » bien à la mode.

Fait intéressant, le cadre est livré avec ses propres porte-bidons, intégrés pour maximiser l’écoulement de l’air.

Le produit semble très réussi. Surtout que BMC s’est soucié des détails: le vélo viendrait avec les fameuses roues DT Swiss PRC1100 Dicut Mon Chasseral. Du très beau matos de pointe.

BMC semble vouloir monter en régime l’an prochain pour défendre voire augmenter ses parts de marché face à la concurrence féroce des géants de l’industrie que sont Trek, Specialized, Cannondale et Giant.

Selon le site Matos Vélo, BMC équipera l’an prochain l’équipe française WorldTour AG2R – La Mondiale qui roule actuellement sur des vélos Eddy Merckx. L’équipe pourrait voir partir Romain Bardet sous d’autres cieux (SunWeb?) et pourrait accueillir en échange Greg VanAvermaet, dont son équipe polonaise CCC est en grande difficulté financière suite à la crise de la Covid-19. Si cela se confirmait, il est possible que le focus d’AG2R – La Mondiale serait davantage les classiques l’an prochain, fort d’un Olivier Naasen dans ses rangs.

Chose certaine, la guerre commerciale est actuellement féroce au plus haut niveau. Trek a dévoilé il y a peu de temps son nouveau fer de lance, l’Emonda 2021. Specialized serait sur le point de dévoiler un nouveau Tarmac auquel on aurait donné une touche aéro là encore. Il sera intéressant de surveiller les coureurs de Deceuninck-Quick Step et de Bora-Hansgrohe dans les prochaines semaines, les coureurs utiliseront probablement les nouveaux vélos 2021.

Et tous ces vélos sont évidemment avec freins à disque ; ça sera désormais difficile d’éviter un transfert vers cette technologie dans les prochaines années pour ceux qui, comme moi, roulent toujours avec des freins à étrier.

On trouve assez facilement les vélos BMC au Québec. Vélo Cartel situé à Québec annonçait récemment qu’ils auront ces vélos en 2021, et on devrait donc en voir régulièrement sur nos routes.

Le prix? Si vous demandez, c’est que c’est trop cher pour vous!

White Lightning Matte Finisher: miraculeux!

Les peintures mattes sont actuellement à la mode sur beaucoup de vélos.

Vient alors le défi de les nettoyer: la saleté s’incruste plus facilement sur des peintures mattes, l’huile et la graisse en particulier. Même la boisson énergétique peut laisser des marques permanentes sur ce type de peinture si elle n’est pas nettoyée rapidement.

Produit miracle dans ce contexte: White Lightning Matte Finisher. Ça prend ça! Extrêmement efficace pour bien nettoyer les peintures mattes et en préserver l’éclat. J’ai essayé depuis plus d’un an de nombreux produits, incluant les lingettes Vulcanet. Rien ne s’approche du White Lightning.

On retrouve ce produit dans de nombreuses boutiques cyclistes au Québec. En France, je ne sais pas.

Société Time Sport: des erreurs de marketing?

Des fleurons de l’industrie cycliste française éprouvent des difficultés financières et commerciales actuellement: Mavic et Time.

Pour Mavic, c’est un peu fou: comment imaginer le vélo sans les « Mavic »?! Cette société fait partie de l’histoire du vélo, notamment avec la présence des voitures jaunes de dépannage neutre sur les courses. Un sauvetage est en cours, même Bernard Hinault s’en est mêlé.

Pour Time Sport, c’est dommage car la société propose des produits intéressants selon moi.

Mais il y a probablement eu des erreurs de marketing au cours des dernières années.

La fourche Aktiv permettant de filtrer 30% des vibrations de la route était une bonne idée… mais avec une rallonge de prix de 1300 euros sur le prix total du vélo, nombreux sont les cyclistes qui se sont détournés de ce supplément. Et puis, même avec une filtration de 30%, les différences ne sont pas majeures par rapport à une fourche conventionnelle; les gains d’efficacité ou de confort sont plus importants ailleurs, par exemple via la tige de selle ou l’épaisseur des tubes qui composent le cadre.

Time propose des pédales géniales depuis trois décennies, notamment avec leur liberté angulaire accrue permettant de préserver les genoux. Mais là encore, à 450 euros pour une X-Pro 15 roulements céramique, comparé à 300 euros pour la Look Ceramic également, y’a pas photo… et les usagers ont investi chez Look.

Les vélos Time ont eu la cote dans les années 2000, surtout grâce à leur présence au plus haut niveau, notamment avec les Quick Step de Tom Boonen. Cadre carbone fabriqué en France, garantie à vie, finition exemplaire, ces vélos avaient de forts arguments pour faire face à la concurrence. Depuis 10 ans, c’est le déclin, perceptible même chez moi au Québec.

Et qui connait aujourd’hui la gamme Osmos des chaussures Time?!

Pour l’heure, la société WhaTTfornow, qui donne dans le vélo électrique, a racheté Time avec la ferme intention d’investir en R&D pour relancer la marque. Excellente idée! Mais il faudra tenir compte du marché actuel, proposer de réelles innovations qui font une différence, et travailler les prix. Je roule pédales Time depuis 20 ans, mais je ne consens pas à débourser 450 euros pour une X-Pro 15, qui plus est à l’entretien très délicat compte tenu des roulements céramique.

Et puis, des sociétés comme Favero Electronics ont pris une longueur d’avance dans la mesure de la puissance associée aux pédales, avec une précision et des prix très concurrentiels.

Et la relance de Time peut-elle faire fi d’une présence en World Tour, au minimum d’une présence en Continentale Pro au sein d’une équipe française comme Vital Concept ou La Pomme-Marseille?

Un vrai vélo typé montagne: le Factor VAM

Excellent reportage sur une bête de grimpe, le Factor VAM de David Polveroni, le « chamois de Voreppe ». Le reportage est du site Vélo de route.

Beau montage également, on ne trouve rien à redire.

Le Tour de l’actualité

1 – Mathieu Van Der Poel. Décidément, la planète vélo est actuellement peuplée d’ovnis… Après les exploits de Remco Evenepoel, Mathieu Van Der Poel prend le relais avec sa deuxième victoire consécutive en World Cup Mtb, sur le difficile parcours Lenzerheide, domicile d’un certain Nino Schurter. Ce dernier a mis ça à donf dès le 2e tour, et seul Van Der Poel a pu accompagner. Ca allait si vite que ces deux là ont terminé avec… 15 minutes d’avance sur l’horaire prévu! Van Der Poel a fait la différence dans le dernier tour, manifestement plus puissant que Schurter.

Incroyable! Van Der Poel se tourne désormais vers son prochain objectif, le maillot irisé des Mondiaux… sur route au Yorkshire. Alaphilippe, Sagan, Van Avermaet et les autres peuvent se faire du souci…

Mon regret? C’est que Van Der Poel ne soit pas des Mondiaux de VTT fin août au Mont Sainte-Anne près de Québec.

Mention très bien au Québécois Léandre Bouchard qui, sur cette Coupe du Monde en Suisse, termine 14e et se qualifie pour les JO de l’an prochain à Tokyo.

2 – Ella Viviani est le nouveau champion d’Europe sur route. Outre le droit de porter un beau maillot distinctif pendant un an, tout le monde s’en fout. En cyclisme, deux maillots importent, allez trois: le jaune, l’irisé et à la limite le rose…

3 – Transferts. Ca bouge dans le peloton pro! Nibali chez la Trek-Segafredo, Quintana et Bouhanni chez Arkea-Samsic, Zakarin et Trentin chez CCC, Mas chez Movistar, Landa chez Bahrain-Merida, Viviani et Guillaume Martin chez Cofidis, il faudra s’y faire. Pour le moment, la Deceuninck Quick-Step est l’équipe qui donne l’impression de faire une vente de feu… que voulez-vous, garder Alaphilippe ca coûte un max et Lefevere n’a plus les moyens de garder ses autres stars!

4 – Quintana, la farce. Je sais pas vous, mais perso, j’ai totalement perdu confiance dans le petit coureur colombien, qui semble à chaque fois céder sous la pression et finir en couac. Il a récemment déclaré « je veux une équipe qui me soutienne à 100% ». Hey, Nairo! Pour ca, il faut terminer le travail une fois que les équipiers se rangent, façon Alaphilippe. Pour le moment…

5 – Bottecchia Emme4 Squadra Reparto Corse. Mon vélo (limited edition 8/101). Une sacré machine de guerre, c’est moi qui vous le dit. Sur L’Alsacienne et la Marmotte il y a un mois, pas un seul concurrent n’a pu me doubler en descente. J’ai des témoins. En ascension? Les résultats parlent d’eux mêmes!

6 – Chaussures extra-light: ca vaut la peine? Le tarif du extra-light est souvent prohibitif, pour des gains parfois sensibles, parfois discutables. Vous trouverez ici une rare analyse watts à l’appui des gains qu’on peut espérer trouver en portant des chaussures extra-light style Specialized Exos. Pas concluant!

7 – Clé dynamométrique. Si vous n’en avez qu’une à avoir, c’est celle-là: Effeto Mariposa Giustaforza. La classe, même pour un outil!

8 – VTT. Y’a des week-ends inattendus je suppose: samedi, première course à vie de VTT pour moi, un exercice particulier, très différent de la route. En gros, une heure à donf, avec des pics de puissance répétés et brefs, selon les sections techniques. Pour un routier, ce qui surprend en VTT, c’est le degré d’attention permanent que tu dois avoir, une seconde suffisant pour se prendre une belle gamelle dans les sections techniques remplies de caillasses, de racines et d’arbres.

Dimanche, contre toute attente, la rédemption.

Et samedi prochain, encore du nouveau avec un long raid de VTT du côté de Québec: 80 bornes de sentiers. Plus dur que La Marmotte? J’vous dirai!

Le Tour de l’actualité

1 – Tour de Beauce. Le vainqueur 2018, James Piccoli, s’est imposé de belle façon (en solitaire) au sommet du Mont Mégantic hier au terme d’une étape difficile, ponctuée par une météo capricieuse (pluie et fraicheur). Du coup, Piccoli prend une option pour le général, mais la course reste très serrée.

Auteur d’une belle ascension, le Canadien Zukowski prend pour le moment la tête du général. Sa formation Floyd semble très forte, ils ont placé hier pas moins de 3 coureurs parmi les six premiers, dont Serghei Tvetcov.

Attention aujourd’hui à Adam Roberge (Équipe Canada) dans le chrono, il roule vite.

La course demeure passionnante!

2 – Tour de France. Tom Dumoulin a déclaré forfait pour la prochaine Grande Boucle, une nouvelle déconvenue pour le coureur néerlandais après son abandon au Giro. C’est dommage pour lui et pour la course, Dumoulin étant le deuxième favori à rater l’épreuve après Chris Froome, auteur d’une violente chute lors de la reconnaissance du chrono du Dauphiné.

3 – Tour de Suisse. Le Colombien Egal Bernal s’est emparé du maillot jaune hier, et je vois mal celui qui le lui fera lâcher! Bernal pétrole en ce moment, et je suis certain qu’il sera un coureur dominant sur le prochain Tour de France, que ce soit au service de Geraint Thomas chez Ineos ou… pour lui-même. Il en a les capacités. À la 9e place de l’étape hier, un certain… Fabio Aru qu’on revoit apparaitre…

4 – Route d’Occitanie. Victoire d’étape hier pour Alejandro Valverde, qui envoie lui-aussi des signaux de bonne condition physique à l’approche du Tour.  Et en 4e place de l’étape, Rigoberto Uran, qui se prépare lui-aussi tranquillement, sans faire de vague.

5 – Suivre le Tour sur Internet. Ca pourrait être compliqué cette année depuis le Canada. Sur Internet, vous avez des sites comme Tiz.cycling qui propose des live!stream, mais ca coupe souvent. Évidemment, on peut payer un abonnement sur des plateformes comme Fubo.

Pour moi l’idéal c’est de pouvoir regarder France Télévision qui offre vraiment le full package, avec les images de toutes les caméras, ainsi que d’excellents commentateurs dont Laurent Jalabert et Marion Rousse. Pour capter France Télévision, il vous faudra probablement un VPN, et le meilleur semble être Express VPN selon CyclingNews.

6 – GFNY. Deux cyclosportifs ont été piqués positifs au récent GranFondo New York, une nouvelle qui choque à chaque fois. Produit en cause? EPO. Hé oui, dopage sanguin, où il faut que tu te troues la peau. Allucinant. Et regrettable.

7 – Intéressant article sur l’importance de travailler la force à l’année pour avancer sur un vélo, une réalité qui s’applique en fait à tous les sports. Les succès de l’été se construisent dans le gym l’hiver!

8 – L’entrainement à jeun. Je suis un adepte de cette méthode qui permet surtout d’apprendre au corps à être efficace pour bruler les graisses, mais aussi de s’affuter. Il faut cependant être prudent avec ce type d’entrainement, et ne pas faire n’importe quoi. Bref, je recommande, mais en toute connaissance de cause. Et cet article pourra vous aider à trouver vos repères.

9 – Chaussures Giro Imperial. 215 grammes la godasse. Laçage Boa. Du beau matos! Les chaussures de Thibault Pinot.

10 – Factor VAM O2. Le nouveau cadre Factor joue la carte de l’ultra-light, avec un poids annoncé de 690 grammes en taille 54. À ce poids-là, vous n’avez cependant pas de peinture! Assurément une belle bête de grimpe, qu’on peut monter en freins à disque ce qui, en descente de grands cols et sous la pluie, est un avantage certain. Une critique de ce vélo est disponible ici.

11 – Pédales capteur de puissance Favero Assioma. Très beau produit, avec toute la flexibilité, la légèreté et la facilité d’entretien d’un capteur de puissance logé à même des pédales. Les critiques de ce système sont très bonnes, et le degré de précision également. Rapport qualité-prix imbattable!

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