La Coupe du Monde 2021-2022 de ski de fond organisée par la Fédération internationale de ski (FIS) démarre demain vendredi depuis Ruka en Finlande, une fidèle étape depuis des années déjà.
Payez-vous les images de la course l’an dernier à Ruka, magnifique. Et un cours de belle technique libre en ski par Klaebo et Bolshunov!
Je parle très rarement d’autres sujets que le cyclisme sur route sur La Flamme Rouge. En presque 20 ans, il n’y a peut-être que le Vendée Globe qui s’est taillé une place récurrente, aux quatre ans.
Depuis au moins cinq ans, je suis de près et pratique moi-même assidument le ski de fond en technique libre. Je m’intéresse à tout, autant les athlètes de la Coupe du Monde et ceux sur l’équipe canadienne, les courses internationales et nationales, la technique, le fartage, le matériel, l’entrainement en salle, etc. Je suis également depuis plusieurs années les vlog de plusieurs coureurs de la Coupe du Monde, dont ceux de Klaebo et Burman.
Du coup, je me sens un peu moins imposteur aujourd’hui qu’avant, et ai décidé d’écrire de temps en temps sur ce sujet. D’où ce premier article.
Je rassure tout de suite tout le monde: le cyclisme sur route restera de très, très loin le sujet principal de ce blog. Mais comme de nombreux cyclistes sont fondeurs l’hiver, que le sport cycliste et le ski de fond sont des sports d’endurance similaires, que les techniques d’entrainement sont souvent communes à ces deux sports (et le dopage aussi bien tristement, Anderlass…), ben on peut se permettre quelques articles sur le sujet durant l’intersaison cycliste, non?
Les enjeux de la Coupe du Monde cette année
Avec 2022 année olympique, ils sont nombreux à avoir les Jeux comme principal objectif de leur saison.
Plus que 70 jours avant le début des Jeux.
Certains coureurs ne pensent qu’à ca depuis des mois déjà.
L’épouvantail cette année s’appelle Alexandr Bolshunov, le solide Russe de 24 ans. L’or olympique occupe toutes ses pensées, lui qui a décroché trois médailles d’argent et une de bronze aux derniers JO de Pyeongchang.
LA grande question: Bolshunov courra-t-il enfin intelligemment? Véritable force de la nature, un peu bourrin aussi, Bolshunov la joue toujours pareil en course, peu importe la distance: rythme très élevé mais assez constant, et essayez de me suivre!
Sauf que les Norvégiens, Klaebo en tête, peuvent eux, le suivre… et le torcher dans les derniers mètres de chaque course.
Il aurait intérêt à pratiquer le cyclisme sur route l’été, Bolshunov, parce qu’en vélo, t’as vite fait de comprendre qu’être derrière, c’est souvent très payant… quand l’autre bouffe du vent pour toi devant!!
Autour de Bolshunov, les autres Russes sont solides: Ustiugov, Melnichenko, Spitsov, Belov, Chervotkin, pour ne nommer qu’eux. Tous courent un peu à la Bolshunov cependant…
L’équipe norvégienne amenée par Klaebo demeure de loin la plus redoutable et la plus homogène. C’est dément!
Le plus dur pour un skieur norvégien, ce n’est pas de gagner une Coupe de Monde, c’est de faire l’équipe nationale pour pouvoir prendre le départ d’une Coupe du Monde…
Klaebo est actuellement intouchable dans les sprints, fort d’une technique spectaculaire: personne ne possède sa vitesse d’éxécution en « offset » lors d’ascension.
Klaebo a travaillé ses points faibles tout l’été, et il faudra voir s’il peut être plus constant sur les épreuves plus longues cette saison, par exemple les skiathlons ou les grandes distances (50 kms).
Les autres Norvégiens – Valnes, Holund, Irvensen, Kruger, Rothe, Amundsen, Golberg, Skar, Tonseth, Nyenget – sont tous capables de s’imposer au plus haut niveau, et régulièrement.
Désormais supérieure à l’équipe de Norvège chez les femmes, l’équipe de Suède monte aussi en puissance chez les hommes, amenée par Jens Burman. À suivre de près.
Pour le reste, ca sera des coups d’éclat, par exemple des Italiens avec Pelligrino, les Suisses avec Cologna qui a de beaux restes, et bien sûr les Français qui ont une belle équipe avec Magnificat, Chanavat, Jouve, Lapalus, Parisse, Lapierre, entre autre.
Chez les femmes, c’est simple: les courses se résumeront à un duel de tous les instants entre l’équipe de Suède, très riche en talents et amenée par Frida Karlsson, contre une seule norvégienne, l’extra-terrestre Therese Johaug.
Attention cependant à l’autre norvégienne Heidi Weng qui s’est entrainée comme une bête tout l’été. Il faudra aussi surveiller la progression de Helene Marie Fossesholm, norvégienne elle aussi. Enfin, l’équipe américaine chez les femmes est intéressante, avec la très colorée et talentueuse Jessie Diggins.
Les Canadiens(iennes)
Beaucoup d’enjeux de ce côté-là, pas facile de succéder à un super-champion comme Alex Harvey.
Chez les hommes, il faudra surveiller bien évidemment Antoine « Tony » Cyr, présenté comme le meilleur fondeur canadien en exercice. Percer le top-15, être régulier, seront ses défis cette saison. Pas facile, tellement un haut niveau le ski de fond en Coupe du Monde.
D’autres seront à surveiller: Graham Ritchie, Rémi Drolet, et le jeune prodige Olivier Léveillé, gros moteur celui-là et dont on peut penser que le développement musculaire est encore loin d’être terminé. Il débarque au plus haut niveau, c’est possiblement lui la perle en devenir du ski de fond canadien.
Chez les femmes, Catherine Steward-Jones, Cendrine Browne et Dharia Beatty seront les têtes d’affiche.
L’équipe canadienne a bien débutée sa saison récemment avec quelques belles perfs tant chez les hommes que chez les femmes, du côté de Beitostolen en Norvège et de Gallivare en Suède.
Excitant pour la suite!




