Tous les jours, la passion du cyclisme

 

Auteur/autrice : Laurent Page 19 of 354

Les enjeux de la Coupe du Monde de ski de fond

La Coupe du Monde 2021-2022 de ski de fond organisée par la Fédération internationale de ski (FIS) démarre demain vendredi depuis Ruka en Finlande, une fidèle étape depuis des années déjà.

Payez-vous les images de la course l’an dernier à Ruka, magnifique. Et un cours de belle technique libre en ski par Klaebo et Bolshunov!

Je parle très rarement d’autres sujets que le cyclisme sur route sur La Flamme Rouge. En presque 20 ans, il n’y a peut-être que le Vendée Globe qui s’est taillé une place récurrente, aux quatre ans.

Depuis au moins cinq ans, je suis de près et pratique moi-même assidument le ski de fond en technique libre. Je m’intéresse à tout, autant les athlètes de la Coupe du Monde et ceux sur l’équipe canadienne, les courses internationales et nationales, la technique, le fartage, le matériel, l’entrainement en salle, etc. Je suis également depuis plusieurs années les vlog de plusieurs coureurs de la Coupe du Monde, dont ceux de Klaebo et Burman.

Du coup, je me sens un peu moins imposteur aujourd’hui qu’avant, et ai décidé d’écrire de temps en temps sur ce sujet. D’où ce premier article.

Je rassure tout de suite tout le monde: le cyclisme sur route restera de très, très loin le sujet principal de ce blog. Mais comme de nombreux cyclistes sont fondeurs l’hiver, que le sport cycliste et le ski de fond sont des sports d’endurance similaires, que les techniques d’entrainement sont souvent communes à ces deux sports (et le dopage aussi bien tristement, Anderlass…), ben on peut se permettre quelques articles sur le sujet durant l’intersaison cycliste, non?

Les enjeux de la Coupe du Monde cette année

Avec 2022 année olympique, ils sont nombreux à avoir les Jeux comme principal objectif de leur saison.

Plus que 70 jours avant le début des Jeux.

Certains coureurs ne pensent qu’à ca depuis des mois déjà.

L’épouvantail cette année s’appelle Alexandr Bolshunov, le solide Russe de 24 ans. L’or olympique occupe toutes ses pensées, lui qui a décroché trois médailles d’argent et une de bronze aux derniers JO de Pyeongchang.

LA grande question: Bolshunov courra-t-il enfin intelligemment? Véritable force de la nature, un peu bourrin aussi, Bolshunov la joue toujours pareil en course, peu importe la distance: rythme très élevé mais assez constant, et essayez de me suivre!

Sauf que les Norvégiens, Klaebo en tête, peuvent eux, le suivre… et le torcher dans les derniers mètres de chaque course.

Il aurait intérêt à pratiquer le cyclisme sur route l’été, Bolshunov, parce qu’en vélo, t’as vite fait de comprendre qu’être derrière, c’est souvent très payant… quand l’autre bouffe du vent pour toi devant!!

Autour de Bolshunov, les autres Russes sont solides: Ustiugov, Melnichenko, Spitsov, Belov, Chervotkin, pour ne nommer qu’eux. Tous courent un peu à la Bolshunov cependant…

L’équipe norvégienne amenée par Klaebo demeure de loin la plus redoutable et la plus homogène. C’est dément!

Le plus dur pour un skieur norvégien, ce n’est pas de gagner une Coupe de Monde, c’est de faire l’équipe nationale pour pouvoir prendre le départ d’une Coupe du Monde…

Klaebo est actuellement intouchable dans les sprints, fort d’une technique spectaculaire: personne ne possède sa vitesse d’éxécution en « offset » lors d’ascension.

Klaebo a travaillé ses points faibles tout l’été, et il faudra voir s’il peut être plus constant sur les épreuves plus longues cette saison, par exemple les skiathlons ou les grandes distances (50 kms).

Les autres Norvégiens – Valnes, Holund, Irvensen, Kruger, Rothe, Amundsen, Golberg, Skar, Tonseth, Nyenget – sont tous capables de s’imposer au plus haut niveau, et régulièrement.

Désormais supérieure à l’équipe de Norvège chez les femmes, l’équipe de Suède monte aussi en puissance chez les hommes, amenée par Jens Burman. À suivre de près.

Pour le reste, ca sera des coups d’éclat, par exemple des Italiens avec Pelligrino, les Suisses avec Cologna qui a de beaux restes, et bien sûr les Français qui ont une belle équipe avec Magnificat, Chanavat, Jouve, Lapalus, Parisse, Lapierre, entre autre.

Chez les femmes, c’est simple: les courses se résumeront à un duel de tous les instants entre l’équipe de Suède, très riche en talents et amenée par Frida Karlsson, contre une seule norvégienne, l’extra-terrestre Therese Johaug.

Attention cependant à l’autre norvégienne Heidi Weng qui s’est entrainée comme une bête tout l’été. Il faudra aussi surveiller la progression de Helene Marie Fossesholm, norvégienne elle aussi. Enfin, l’équipe américaine chez les femmes est intéressante, avec la très colorée et talentueuse Jessie Diggins.

Les Canadiens(iennes)

Beaucoup d’enjeux de ce côté-là, pas facile de succéder à un super-champion comme Alex Harvey.

Chez les hommes, il faudra surveiller bien évidemment Antoine « Tony » Cyr, présenté comme le meilleur fondeur canadien en exercice. Percer le top-15, être régulier, seront ses défis cette saison. Pas facile, tellement un haut niveau le ski de fond en Coupe du Monde.

D’autres seront à surveiller: Graham Ritchie, Rémi Drolet, et le jeune prodige Olivier Léveillé, gros moteur celui-là et dont on peut penser que le développement musculaire est encore loin d’être terminé. Il débarque au plus haut niveau, c’est possiblement lui la perle en devenir du ski de fond canadien.

Chez les femmes, Catherine Steward-Jones, Cendrine Browne et Dharia Beatty seront les têtes d’affiche.

L’équipe canadienne a bien débutée sa saison récemment avec quelques belles perfs tant chez les hommes que chez les femmes, du côté de Beitostolen en Norvège et de Gallivare en Suède.

Excitant pour la suite!

Soirée Siboire: Sherbrooke, ville de vélo

Il se passe de quoi à Sherbrooke côté vélo.

C’est Pierre-Olivier qui l’a dit hier en introduction à cette soirée conférence « Parlons Vélo » au Siboire Dépôt avec les invités Guy Thibault et Guillaume Boivin: la vision, c’est de faire de la ville de Sherbrooke une ville vélo.

Peut pas être plus clair.

Beaucoup de choses encore à venir dans les prochains mois!

Et c’est une bonne partie du gratin du vélo au Québec qui était présent hier au Siboire: on était venu de Gatineau certes, mais aussi de Bromont, de Drummondville, de Montréal, et de bien d’autres endroits au Québec et ailleurs (la Virginie par exemple) pour écouter Guy et Guillaume.

Très belle soirée, fort intéressante.

Autant pendant, qu’après!

Guy Thibault nous a d’abord servi un condensé des derniers développements en matière d’entrainement par intervalles. C’est toujours intéressant d’en apprendre davantage sur les formules qui donnent les meilleurs résultats, et notamment ce fameux 12x30sec full gas avec 4min de récup entre les intervalles. Formule « Gibala » pour ceux qui veulent en savoir plus!

Intéressant aussi de savoir qu’on peut faire des séances d’intervalles tout le temps, même à faibles intensités en mode récup.

Évidemment, il a été question avec Guy d’entrainement polarisé, la formule « à la mode » actuellement.

De la tyrannie du FTP aussi, comme celle des lactates. Une bonne idée, d’ailleurs, les lactates dans le sang au départ d’un chrono…

Ce fut ensuite le tour de Guillaume Boivin qui est évidemment revenu sur son Paris-Roubaix d’anthologie il y a quelques semaines avec son équipe Israel Start-Up Nation.

C’était « gooooood »….

Roule aux watts, Guillaume? Pas du tout.

L’important au bout du compte, c’est pas les watts, mais bien la vitesse. Parce que quand vient le temps de t’accrocher à la roue de Mathieu Van Der Poel, ben tu t’en fous des watts: faut juste que tu trouves le moyen de rester dans la roue de Mathieu!

Guillaume boivin, 23 novembre 2021

Sept gels à l’heure sur une course comme Paris-Roubaix, l’alimentation en course chez les pros n’est pas forcément celle qu’on croit…

53 psi dans les pneus de 30mm de section pour Guillaume sur Paris-Roubaix cette année, disputé sous la flotte.

Maudite chute…

Le plus dur pour un coureur québécois en WorldTour en Europe? L’exil, loin de sa famille.

Le secret du succès des jeunes pros en Europe actuellement, comme Pogacar ou Evenepoel? Pas facile à déterminer avec certitude, mais ces coureurs s’entrainent très bien depuis des années déjà, la science de l’entrainement ayant beaucoup progressé.

Et oui, on perd encore beaucoup de très bons athlètes en cyclisme au Québec, faute de bien pouvoir les développer et de leur offrir des opportunités de se faire valoir au plus haut niveau.

Oui, le développement du gravel du côté de l’UCI et des Fédés, c’est une bonne chose.

Enfin, ce qui fait la différence chez les pros? Selon Guillaume, la fraicheur au départ d’une course.

Certainement vrai en amateur aussi!

« En une seule année, ça s’est vraiment accéléré »

La déclaration est récente et nous vient d’Arnaud Démare, qui a évolué en 2021 au coeur du peloton WorldTour.

Il évoque aussi un « peloton à deux vitesses », et ca de quoi faire peur puisqu’on a l’impression, à quelque part, de revivre un mauvais film.

Le coureur français se pose manifestement des questions, et a le courage de les exprimer publiquement à l’occasion de la sortie de son livre « Un an dans ma roue« .

De nombreux coureurs ressentent la même chose que moi.

Arnaud Demare

Surtout, l’info est crédible puisqu’elle nous vient du coeur du peloton pro.

Je me pose aussi des questions plus sérieuses depuis quelques mois devant ce que je vois. D’autres aussi, dont les Antoine Vayer, Marc Kluszczynski et d’autres observateurs éclairés du cyclisme.

2022 pourrait nous apporter quelques réponses. Il faudra voir les performances offertes, les analyses de puissance, les forces en présence et celles qui, au contraire, auront du mal à suivre.

Nous vivons une époque particulière, il faut en être conscient: des jeunes coureurs, 20, 21, 22 ans, qui gagnent les plus grandes courses du monde, habituellement réservées à des coureurs plus matures. Des équipes qui gagnent avec des coureurs modestes, et d’autres qui marquent le pas. Des vitesses en hausse. Des coureurs qui ne courent plus beaucoup, qui s’entrainent dans leur petit coin et qui débarquent soudainement pour gagner. Et des nouveaux produits qui, constamment, débarquent du côté des pharmaceutiques, certains défiant toute imagination.

Les limites de l’AMA

Parmi les conclusions de cette saison 2021, peut-être celle que le cyclisme ne tourne plus tout à fait rond.

Avec l’affaire récente de la tizanidine, on peut se demander si les autorités antidopage en font actuellement assez pour prévenir les dérives.

Déjà, des coureurs pro avaient exprimé leurs inquiétudes en 2020 devant la baisse drastique (baisse de 90%!) du nombre de contrôles hors-compétition. La situation serait revenue à la normale en 2021.

Les contrôles ne sont pas tout: encore faut-il qu’ils soient efficaces! Le sont-ils? Pas sûr! L’Affaire Armstrong nous a prouvé les limites de ces contrôles.

Marc Kluszczynski nous aidę aujourd’hui à y voir plus clair, et notamment du côté de l’Agence mondiale antidopage. Je le remercie encore de cette contribution!

Les limites de l’AMA (par Marc Kluszczynski)

Dans l’affaire de la tizanidine, l’AMA a une nouvelle fois montré des limites évidentes.

Non seulement la tizanidine n’est pas citée dans la liste des interdictions, mais la clonidine, substance dont elle dérive, est citée dans les exceptions des stimulants non spécifiés S6b. Elle est donc autorisée alors qu’elle favorise la sécrétion d’hormones de croissance et la mobilisation des lipides.  

La trimétazidine, quant à elle, de stimulante, est maintenant au chapitre des modulateurs métaboliques (S4.4), alors qu’aucune preuve de son action n’existe.

Autre exemple, depuis plus de dix ans, on a assisté à la libéralisation des bronchodilatateurs et l’Agence mondiale antidopage (AMA) continue à nier leurs effets favorisant la performance.

Si les corticoïdes sont maintenant interdits en compétition pour toutes voies injectables, leur effet systémique quand ils sont administrés localement ont été reconnu avec 20 ans de retard.

Tous les ans, l’agence promet des études (comme avec les bronchodilatateurs) mais son faible budget annuel ne lui permet pas de les réaliser, ou alors elle n’en a pas la liberté puisque dépendante du Comité international olympique, son principal bailleur. Certains employés, exaspérés, ont démissionné.

Howman claque la porte

Alors qu’il avait occupé le poste de Directeur général de l’AMA de 2003 à juin 2016, David Howman, avocat néo-zélandais, avait déclaré le 16 avril 2019 lors d’une conférence des Partenaires pour un sport propre, que les méthodes de détection du dopage ont 50 ans de retard.

Selon lui, ces méthodes sont tout juste bonnes à attraper les « petits bricoleurs du dopage ». Lors de son passage à l’AMA, Howman avait subi les critiques de scientifiques s’étonnant du manque de volonté (ou de moyens) de l’agence pour innover. L’avocat, dans ses discours, citait « les progrès considérables réalisés par la communauté antidopage au cours des dernières années » (le 21 septembre 2015) ou encore « Notre travail consiste à faire en sorte que ceux qui empêchent les sportifs propres d’avoir un terrain de jeu équitable, soient expulsés du sport ».

Mais ces belles déclarations d’Howman n’étaient pas en adéquation avec les moyens très limités de l’AMA, moyens qui dépendent des pays signataires du code mondial antidopage et du CIO.

Le pire des constats concerne les transfusions sanguines autologues : alors que le Pr Björn Ekblom, pionnier de cette méthode dans le sport, déclarait qu’il est possible de les détecter, rien n’a été fait depuis 50 ans pour venir à bout de leur usage! Cela n’a jamais été un sujet prioritaire pour l’AMA depuis sa création en 1999, malgré leur probable généralisation dans tous les sports.

Pour le passeport sanguin, on sait qu’il peut être manipulé et truqué. Qui va le faire évoluer ?

Le 27 janvier 2019, Howman avait déjà mis la pression sur son ex-employeur, déclarant que Craig Reedie, président à l’époque, était plutôt au service de l’industrie du sport mondial qu’à la protection des athlètes propres. Il ne s’était pas gêné non plus pour critiquer Reedie et sa décision de réintégrer la RUSADA, alors que les critères exigés n’étaient pas atteints (reconnaissance des rapports Mc Laren et transmission des données du laboratoire de Moscou avant le 31 décembre 2018).

Devenu un des plus farouches critiques de l’AMA, Howman est devenu en avril 2017 le directeur de l’AIU (Athletics Integrity Unit) qui oeuvre de façon indépendante pour assainir l’athlétisme mondial. L’affaire n’est pas gagnée!

Howman avait reçu le renfort d’un autre éjecté de l’AMA, le Dr Alain Garnier

Le Dr Alain Garnier, ex-directeur médical de l’AMA dans les années 2000, déclarait en 2018 : « Les préoccupations de l’AMA ne sont pas de lutter contre le dopage, mais de le gérer afin qu’il ne nuise pas au sport ». Garnier, qui n’avait pas hésité à critiquer l’AMA en 2012 dans la conduite de l’affaire Armstrong, sera vite éjecté et remplacé par le Dr Olivier Rabin.

Garnier déclarait encore à propos de l’AMA : « Continuer à utiliser un système qui a fait la preuve de son inefficacité équivaut à tolérer le dopage ».

Avec hypocrisie, on continue de réaffirmer la nécessité de lutter contre le dopage, mais on n’agit que peu, ce qui convient à tout le monde, sauf encore une fois, aux sportifs propres, qui demeurent les premiers bernés.

Bref, l’AMA présente de nombreuses limites: ne vient-elle pas seulement de s’apercevoir que l’agence nationale antidopage d’Ukraine prévenait depuis 2012 les athlètes ukrainiens des contrôles inopinés qu’elle allait réaliser?

The Alt Tour

Version longue.

Tizanidine: le point avec Marc Kluszczynski

Ca fait beaucoup de bruit dans le monde du cyclisme professionnel depuis quelques jours: une équipe de scientifiques strasbourgeois a retrouvé des traces de tizanidine dans les échantillons capillaires des coureurs de la Bahrain-Victorious, perquisitionnée en juillet dernier lors du Tour de France.

Même s’il est surprenant d’en trouver un usage chez des coureurs cyclistes pro en excellente santé, la tizanidine n’est pas un produit interdit actuellement, il faut le dire.

La tizanidine est un relaxant musculaire, surtout utilisé pour traiter les spasmes musculaires liés à diverses pathologies.

Ce qui me gêne beaucoup plus, c’est que l’équipe Bahrain-Victorious ment: elle nie l’utilisation du produit durant le dernier Tour.

Or, on a bel et bien retrouvé des traces de ce produit dans les échantillons capillaires de trois de leurs coureurs, grâce à leur étude scientifique.

Et les gendarmes de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp) qui ont mené la perquisition ont bel et bien retrouvé des boites de ce produit dans la chambre du médecin de l’équipe.

Quoi qu’il en soit et pour nous aider à y voir plus clair, on fait le point avec Marc Kluszczynski, que je remercie une fois de plus pour sa contribution à La Flamme Rouge.

Surprise attendue chez Bahrain-Victorious? Par Marc Kluszczynski 

Le 14 juillet, au soir de la 17ème étape du Tour de France 2021, l’Oclaesp perquisitionnait l’hôtel de l’équipe Bahrain-Victorious. Des prélèvements de cheveux ont été effectués. Un résultat partiel vient de tomber (1) : présence de tizanidine chez trois coureurs.  

Dans un premier temps, on est étonné de la trouvaille. Comme on l’a lu partout, ce médicament est utilisé pour traiter les spasmes musculaires de la sclérose en plaques et certaines paralysies, bien que son mécanisme d’action soit inconnu. Elle a tellement d’effets indésirables que l’on se demande comment des cyclistes peuvent l’utiliser. Est-ce pour son effet hypnotique, couplé à la relaxation musculaire, ou pour remplacer les benzodiazépines classiques ?

Pas sûr car l’accoutumance et la tolérance de la tizanidine sont connues.

D’autres effets indésirables sont gênants : sensation de bouche sèche, tachycardie, tremblements, anxiété, vertiges, hypotension orthostatique, révélation d’une dépression latente… Bref, tous les effets que l’on appelle anticholinergiques, qui empêchent la pratique d’un sport à haut niveau. En gros, une grosse saloperie !

Pourquoi alors la Bahrain-Victorious a-t-elle utilisé de la tizanidine ?

Il s’agit bien de cette équipe car c’est la seule à avoir été perquisitionnée lors du dernier Tour de France. Il s’agit bien de cette équipe car c’est la seule à avoir été perquisitionnée lors du dernier Tour de France. Les démentis du directeur sportif, Milan Erzen, sont donc sans fondement.

L’Oclaesp retrouva dans la chambre du médecin de l’équipe, le Dr Marjan Korsic, de nombreuses boîtes de Sirdalud ou Zanaflex, noms commerciaux de la tizanidine, vendue en pharmacie dans certains pays dont les États-Unis. En France, elle n’est disponible qu’à l’hôpital et bénéficie d’une autorisation temporaire d’utilisation (ATU, à ne pas confondre avec les autorisations pour usage thérapeutiques, les fameuses AUT !).

Quand on fouille dans la littérature, on apprend que la tizanidine est apparentée à la clonidine (antihypertenseur central dont la commercialisation a cessé en France en 2016 suite à des problèmes d’usage détourné chez les toxicomanes).

Sédative et anxiolytique, la clonidine renforce l’effet analgésique de la morphine et est utilisé dans le sevrage morphinique. On sait que la clonidine provoque une hyperglycémie légère, augmente la mobilisation des lipides et favorise la sécrétion d’hormone de croissance endogène. Autant de propriétés intéressantes pour un cycliste.

L’usage d’un myorelaxant et d’un antalgique (par quoi le tramadol a-t-il été remplacé dans le peloton ?) pourrait favoriser l’effort en fin d’étape.

Les effets indésirables à base de somnolence devront être vraisemblablement contrebalancés par une bonne dose de caféine le lendemain. Ce n’est certainement pas un problème (2). De très nombreuses équipes comptent parmi leurs sponsors ou fournisseurs officiels un torréfacteur. On peut citer Caffè Bristot pour Bahrain-Victorious, Il Magistrale Cycling Coffee pour Jumbo-Visma, Caffè Vergnano pour Lotto-Soudal ou encore Segafredo, sponsor principal de l’équipe Trek-Segafredo depuis 2016.

Les gels à la caféine sont également très populaires. La marque suédoise Maurten commercialise un gel contenant 100mg de caféine. Elle fournit officiellement pas moins de trois équipes UCI WorldTeam (Israel Start-Up Nation, Jumbo-Visma et Intermarché Wanty Gobert) ainsi qu’une équipe UCI ProTeam (Team Novo Nordisk). 

L’Agence Mondiale Antidopage (AMA), comme souvent, n’a rien vu venir. La clonidine (donc ses apparentés et la tizanidine) figure dans la liste des interdictions 2022 au chapitre S6B des stimulants spécifiés (?) mais au bas de la page à l’alinéa exception (!). La clonidine (et la tizanidine) sont donc des substances autorisées et ne nécessitent pas d’AUT.

Les organisateurs du Tour de France savaient-ils ?

Chaque équipe doit déposer la liste des médicaments autorisés utilisés pendant le Tour. On s’attend à ce que la clonidine et la tizanidine passent maintenant d’urgence dans la catégorie S4 des modulateurs métaboliques.

On peut constater dans cette histoire que l’encadrement médical des Bahrain-Victorious (le Dr Marjan Korsic) est très fort, se fiche de l’éthique médicale, et que l’AMA est encore à la traîne (3). 

La médicalisation à outrance semble continuer en World Tour, grâce à l’aide de médecins à l’affût qui savent interpréter la liste des produits interdits de l’AMA. 

Mais il serait étonnant que la Bahrain-Victorious ne doivent tous ses succès de la dernière saison qu’à la tizanidine !

(1) L’article paru dans Wiley Analytical Sc J (Pascal Kintz, Laurie Gheddar, Jean-Sébastien Raul) ne cite pas le nom de l’équipe. Les concentrations retrouvées sont de 1,1 ;3,7 et 11,1 pg/mg. Seuls des prélèvements urinaire et sanguin sont officiellement reconnus par l’AMA.

(2) L’AMA a libéralisé la caféine en 2004, elle figure maintenant depuis 18 ans sur la liste des substances sous surveillance !

(3) Les similitudes avec la trimétazidine, qui avait suivi le même chemin, sont présentes. Sauf qu’on se demande encore pourquoi cette dernière substance est interdite.

Ils quittent le peloton pro

On ne les reverra plus dans le peloton pro:

Fabio Aru. Un sentiment d’inachevé.

Andrei Greipel. Gagne à être connu.

Tony Martin. L’éternel malchanceux avec un beau palmarès.

Dan Martin. À sa place.

Nicolas Roche. Sous-estimé.

Anna Van Der Breggen. 7 Flèche Wallonne, trois titres mondiaux, deux Giro, le titre olympique en 2016. Need to say more?

Brent Bookwalter. Honnêtes services.

William Bonnet. 17 ans de carrière pro, tout de même.

Mickaël Delage. Loyaux services à la FDJ.

Koen de Kort. L’anonymat.

Ben Gastauer. Un palmarès luxembo-luxembourgeois.

Michał Gołaś. Ła tradition polonaise respectée.

Tejay Van Garderen. On rêvait de mieux.

Mathias Frank. De beaux souvenirs à chérir.

Karol-Ann Canuel. La tête haute.

Jelle Vanendert. Un coup d’éclat.

Eros Capecchi. À la bonne école…

Kévin Reza. A ouvert des portes.

Petr Vakoč. Brisé.

Roman Kreuziger. La grande classe sur un vélo.

Julien Duval. La discrétion.

Trixi Worrack. La Poulidor du peloton féminin.

Micro-coupures et stages d’entrainement

Un coureur WorldTour, c’est actuellement autour de 30 000 kilomètres par an.

Soit presque 100 bornes par jour, six jours sur sept, 52 semaines par an.

C’est leur métier. Ils sont payés pour ca.

Mais ca pose quand même la question: font comment pour récupérer, et pour durer ?

Surtout qu’on apprend hier que UAE Team Emirates est cette semaine sur leur premier camp d’entrainement en prévision de 2022.

Ouf!

Perdent pas de temps eux.

Ca se passe du côté des Émirats Arabes Unis. Toute l’équipe est réunie pour ce premier stage.

Imaginez, Pogacar vient de gagner la Lombardie et pas trop le temps de souffler, il roule déjà sur les routes du désert avec ses équipiers, la saison 2022 en tête. À moins que lui ait bénéficié d’un aménagement particulier, c’est bien possible.

J’ignore de quoi est composé ce camp d’entrainement, et on peut supposer qu’il s’agit davantage d’entretenir les bonnes habitudes que de faire de grosses séances d’intervalles.

C’est la mode actuellement dans le peloton pro: ils sont rarement inactifs, comme pouvaient l’être les pros jusqu’il y a quelques années, qui n’hésitaient souvent pas à observer une coupure complète des semaines durant, de novembre à janvier.

Aujourd’hui, ca roule plus vite partout, sur la moindre course, le niveau est plus homogène, tu ne peux plus te permettre de perdre de la condition physique en observant un arrêt de six ou huit semaines.

Alors les camps d’entrainement se succèdent, jusque quatre au sein de certaines formations d’ici la reprise des courses fin janvier.

Pour récupérer, c’est technique micro-coupures: entre trois et sept jours de break, rarement plus, mais régulièrement durant la saison.

Et on orchestre savamment les séances de « zone 1 » (endurance de base) avec les séances d’intervalles très intenses, en ne manquant évidemment pas d’ajuster l’alimentation en conséquence chaque fois, question d’aussi faire attention aux kilos superflus.

Autrement dit, on ne bouffe pas la même chose lors du 4e camp d’entrainement qu’en octobre lors du premier. On ne bouffe pas la même chose le soir d’une séance d’intervalles dans les cols, que le soir d’une longue sortie relax.

Tout est au millimètre. Optimisé. Un héritage des fameux « marginal gains »?

Il y a un revers de la médaille: la santé mentale. Plusieurs ont du mal à supporter la pression constante, comme s’ils ne pouvaient jamais vraiment débrancher la tête pour vraiment récupérer. Les cas de coureurs fragilisés mentalement se sont multipliés ces dernières années.

Même sur six jours de repos seulement, certains culpabilisent. D’autres y perdent leur passion du cyclisme, qui devient alors un métier, voire une obligation.

Il faudra voir si le cyclisme féminin, en plein essor, sera soumis à pareil régime. J’ai bien peur que oui. Rendez-vous pris pour faire le bilan dans quelques années de ces régimes infernaux.

Wolfpack, bilan de saison

https://www.youtube.com/watch?v=mompbiWQ1yw

Briançon – L’Alpe d’Huez

5h03min03.

Le temps de Bernard Hinault et Greg Lemond pour franchir les 163 kilomètres de l’étape Briançon – L’Alpe d’Huez lors du Tour de France 1986.

Une étape reprise à l’identique sur le Tour 2022.

Et sur l’Étape du Tour cyclo.

Vous avez été très nombreux à répondre à l’appel, les inscriptions pour l’Étape du Tour se sont envolées hier en quelques heures à peine. Fou!

De quoi vous mesurer directement avec l’histoire du vélo.

Ca sera très intéressant de voir le temps des tous premiers sur l’Étape du Tour, ainsi que le temps du vainqueur sur le Tour 2022, Tadej Pogacar peut-être!

Une magnifique étape, avec les majestueux Lautaret puis Galibier depuis Briançon, souvent escaladés vent de face.

Puis la belle descente sur Valloire, roulante, et la descente plus technique du Télégraphe.

La vallée entre St-Michel et St-Jean, plus roulante dans ce sens que l’inverse.

Le sauvage col de la Croix de Fer et ses difficiles rampes après St-Sorlin d’Arves.

La plongée casse-pattes vers Allemont, puis la courte vallée vers Bourg d’Oisans avant d’entamer les 21 célèbres lacets de l’Alpe d’Huez.

Pas super-difficile l’Alpe d’Huez, mais après 145 bornes en haute montagne c’est une autre histoire…

Pour revivre cette belle étape du Tour 1986, et dans l’attente de 2022, voici de quoi revivre des grandes heures du cyclisme, avec des animateurs télé de légende.

Des « stop ride » de plus en plus fréquents?

On apprenait il y a quelques jours que le Specialized Tarmac SL7 – le vélo du champion du monde Julian Alaphilippe – faisait l’objet d’une directive « stop ride », signifiant que tous les propriétaires d’un tel vélo devaient en stopper l’usage immédiatement.

Un problème de jeu de direction.

L’emmerde.

À 17 000$ le vélo, ca fait cher l’emmerde quand même…

Ce n’est pas le premier « stop ride » de l’année.

Même que chez Specialized, on n’en est pas à un premier « stop ride », le modèle 2018 du populaire Allez ayant déjà fait l’objet d’une telle directive à la fin de l’année 2017.

Rappelons aussi que le fameux guidon extensible Canyon a fait l’objet d’un « stop ride » plus tôt cette année, après que Mathieu Van Der Poel ait cassé son guidon sur le nouveau Aeroad lors du GP Le Samyn en mars dernier.

D’autres vélos Canyon, notamment les vélos de montagne (Mtb) ainsi que les BMC TimeMachine 01 ont aussi fait l’objet de « recall » ces dernières années. Sans parler de certains groupes SRAM.

Une situation appelée à être plus fréquente dans l’avenir, alors que le prix des vélos « top end » augmente sans cesse?

Personnellement, je pense que tous les facteurs sont réunis pour ca.

Et que ca veut dire une chose: à quelque part, on se fout de notre gueule.

Pour simplifier, les vélos sont aujourd’hui de plus en plus intégrés, aéro, techniques.

Pas facile de faire un entretien, de changer une pièce. Chaque constructeur est spécifique, plus rien de « standard ».

Parmi les géants de l’industrie, notamment ceux qui sont en WorldTour, les cadences sont infernales: tu te dois de sortir un nouveau vélo tous les deux ans maximum, pour faire le « buzz ». Sinon, tu perds des parts de marché.

Pinarello Dogma F8. Dogma F10. Dogma F12. Dogma F. Alouette!

Marketing à fond bien évidemment: +4% d’efficacité ici. + 7% de « reduced drag » par là. + 6% de rigidité au passage, bien sûr.

Pourtant, la très vaste majorité d’entre nous n’y verront que du feu. Je vous mets au défi de reconnaitre à l’aveugle (le seul test qui tient) un Dogma F12 versus un Dogma F en descente de col.

Conséquence de ces cadences infernales, plus le temps de faire beaucoup de contrôle de qualité. Pas grave, on a tellement majoré le prix des vélos que l’on peut se permettre de remplacer les cadres défectueux si le client se présente.

Et les pièces de ces vélos sont de plus en plus « cheap », faites par exemple de plastique ou de composites susceptibles de briser sous les contraintes d’un usage prolongé. J’ai vu par moi-même.

Mais on gagne sur tous les tableaux: certains clients ne se présenteront jamais (toujours ca de pris) en cas de bris, les autres devront attendre selon nos (les entreprises de vélo) volontés.

Bref, je ne serais vraiment pas surpris de voir les « stop ride » se multiplier dans les prochains mois. Le temps nous dira si j’ai raison ou non, mais les derniers mois vont en ce sens.

Les cadences de production actuelles ne sont certainement pas moins rapides devant la demande mondiale qui a explosé au cours des derniers mois.

La seule question qui se pose: jusqu’où les consommateurs suivront, notamment dans les prix?

Surtout que la main d’oeuvre se faisant rare actuellement dans le registre des bons mécanos de vélo, et les vélos devenant justement de plus en plus techniques et difficiles à entretenir (freins à disque nécessitant des purges, groupes électroniques, câbles intégrés au cadre, etc.), ca pourrait devenir vraiment compliqué au cours des prochaines années pour le cycliste amateur proprio d’un vélo haut de gamme avec un haut degré de technicité.

Plus que jamais, ceux entretenant une relation privilégiée avec le bon vélociste du coin seront les gagnants…

Un très beau Tour 2022

J’aime beaucoup le tracé du prochain Tour de France.

Mais les sprinters ne seront probablement pas d’accord avec moi!

Ce sont en effet ceux qui seront le moins à la fête en juillet prochain, sauf peut-être durant les tous premiers jours de la course.

Pour le reste, on garde la formule actuelle, celle de la mixité des terrains pour permettre une course de rebondissement, celle de peu de kilomètres contre-la-montre pour ne pas « bloquer » la course, celle aussi des étapes courtes et nerveuses, pour inciter les coureurs à passer à l’attaque tôt dans les étapes.

La distance moyenne des étapes en ligne sur la première semaine, 184 kms. En deuxième semaine, 175 kms. En troisième semaine, et excluant la dernière étape de 112 kms à Paris, 160 kms. C’est très certainement une volonté des organisateurs du Tour.

Les étapes

109e édition, du 1er au 24 juillet. 3328 kilomètres, soit la poursuite d’une tendance à la baisse pour le nombre total de kilomètres à parcourir.

Deux chronos sans difficulté, pour purs spécialistes, le premier lors de la 1er étape à Copenhague (13kms) et le deuxième l’avant dernier jour du côté de Rocamadour (40kms).

Pour Filippo Ganna, c’est la chance de sa vie de conquérir le maillot jaune le premier jour. Un maillot jaune dans une carrière, ca compte!

Six étapes de montagne, trois dans les Alpes et trois dans les Pyrénées. La plus longue de ces étapes fait 179 kms, les autres autour de 150 bornes seulement, c’est court, très court.

La 12e étape entre Briançon et l’Alpe d’Huez reprend exactement le parcours de la fameuse étape du Tour 1986, ou Bernard Hinault et Greg Lemond avait franchi la ligne d’arrivée main dans la main (un artifice compte tenu des vives tensions dans l’équipe La Vie Claire à ce moment). Outre le clin d’oeil à l’histoire, ce sera très intéressant de comparer le temps des deux vainqueurs, à 36 ans d’intervalle. Galibier, Croix de Fer, montée de l’Alpe d’Huez, on sera dans l’histoire du Tour et du cyclisme ce jour-là.

Il s’agit assurément de l’étape reine de ce Tour de France, et celle qui sera proposée aux cyclistes amateurs lors de L’Étape du Tour, le 10 juillet prochain. Les inscriptions ouvrent le 18 octobre, préparez-vous!

Reprenant essentiellement les mêmes cols, mais dans un sens et un ordre différents, la Marmotte aura lieu, elle, une semaine avant, soit le dimanche 3 juillet. De quoi passer une belle semaine en Oisans!

Six arrivées en « altitude »: la Super Planche des Belles Filles (7e étape), la montée de l’altiport de Mégève (10e étape), le difficile col du Granon (11e étape), l’Alpe d’Huez (12e étape), Peyragudes (17e étape) et Hautacam (18e étape). La 9e étape vers Chatel Les Portes du Soleil peut également entrer dans cette catégorie selon moi.

Une étape « spéciale », la 5e (155 bornes), avec 20 kms de secteurs pavés à franchir. Une étape toujours redoutée par les grands leaders, ainsi que par les grimpeurs.

Les sprinters se partageront quatre vraies opportunités, sur les étapes #2 (Nyborg), 3 (Sonderborg), 19 (Cahors) et bien sûr les Champs Élysées (21e étape), avec des possibles options sur les étapes #4 (Calais) et 15 (Carcassonne). C’est maigre pour eux.

Au Danemark sur les étapes #2 et #3, le vent pourrait jouer des tours, leur compliquant la tâche.

Les sprinters, une race de coureurs moins populaire de ces temps-ci? Avec eux arrivent les controverses (affaire Groenewegen-Jakobsen, chutes dans le final, etc.). Les organisateurs du Tour ont peut-être voulu limiter les emballages finaux – et les kilomètres les précédant où ca frotte beaucoup – pour ces raisons.

Bref, c’est un Tour 2022 très intéressant selon moi, car des choses pourront survenir presque tous les jours et en ce sens, chaque étape représente une vraie opportunité, et donc un grand intérêt. Les coureurs seront sur la brèche tous les jours, il y a très peu d’étapes « de transition ».

On peut penser que le coureur en jaune au sortir des Alpes aura pris une grosse option sur la victoire finale.

Chose certaine, un coureur comme Mike Woods a de quoi trouver chaussure à son pied, ce ne seront pas les occasions de briller qui vont manquer avec les arrivées en altitude.

Et pourquoi pas rêver d’une belle 5e étape sur les pavés pour Guillaume Boivin?

D’autres coureurs canadiens, dont Hugo Houle, y trouveront leur compte, il y a de belles opportunités pour les baroudeurs sur quelques étapes au final compliqué, avec une dernière patate à escalader à quelques hectomètres de l’arrivée.

Autrement dit, un Tour qui convient très bien aux coureurs canadiens! Et des étapes plus courtes ne seront certainement pas pour leur nuire.

Exit Le Coq Sportif, bienvenue Santini

C’est la compagnie italienne Santini, bien présente dans le vélo depuis des décennies, qui fournira les maillots distinctifs sur le Tour 2022, en remplacement de la compagnie française Le Coq Sportif qui en était responsable depuis quelques années.

Intéressant, l’histoire de chaque maillot sera imprimée sur l’intérieur de chaque pièce, et le nom des coureurs les portant lors de la dernière étape seront imprimés sur le maillot.

Le Tour de France féminin

Nom officiel, le Tour de France Femmes avec Zwift 2022.

On annonce partout la « première édition ». C’est avoir la mémoire courte, un Tour de France féminin ayant existé en… 1955 puis de 1984 à 1989, sans compter les autres expériences dans les années 1990 avec la Grande Boucle Féminine.

Huit étapes, entre le 24 et le 31 juillet. Autrement dit, le Tour de France masculin se termine et le féminin démarre aussi sur les Champs Élysées; les deux courses profiteront donc de la même infrastructure ce jour là.

L’épreuve se concentre par la suite dans l’est de la France, Champagne, Lorraine et Alsace.

Huit étapes en ligne. On regrettera l’absence d’un contre-la-montre.

Le final sera musclé, avec une très belle 7e étape entre Sélestat et le Markstein, par delà les très belles ascensions du Petit Ballon, du Platzerwasel et du Grand Ballon.

La 8e et dernière étape sera jugée au sommet de la Super Planche des Belles Filles, qui couronnera donc la championne 2022.

Mention bien pour cette première édition, la mention « très bien » aurait exigé la présence d’un chrono, qui aurait pu avoir lieu dans la traversée de la Champagne. Dommage, car l’épreuve aurait alors ressemblé davantage au Tour de France qu’on connait.

Le Tour de l’actualité

Beaucoup de choses à couvrir dans ce nouveau Tour de l’actualité: le Tour de France, Premier Tech, Wout Van Aert, Zwift, Dorel, et d’autres nouvelles aussi.

1 – Tour de France 2022

La présentation du parcours du Tour 2022 aura lieu demain depuis la banlieue parisienne. Un moment toujours attendu car en cyclisme, le parcours détermine en partie qui pourra prétendre – ou non – s’imposer sur la course la plus prestigieuse du monde.

Grâce à l’excellent site velowire, on connait déjà les grandes lignes du prochain parcours.

Le Grand Départ du Danemark pour trois étapes, puis un transfert vers le nord de la France.

Une étape qui devrait reprendre quelques secteurs pavés de Paris-Roubaix.

La Lorraine, puis une arrivée à la Planche des Belles Filles, une étape qui devrait être reprise par le Tour féminin.

Une traversée des Alpes avec de belles étapes comme Morzine-Mégève, Albertville-Col de Granon ou encore Briançon-l’Alpe d’Huez qui serait donc de retour sur le Tour après une dernière visite en 2018.

Une traversée via Mende, puis les Pyrénées.

Le dernier chrono pourrait être dans le Lot, dans le secteur de Rocamadour.

Et encore, une volonté probable de dessiner un Tour ouvert, composé de diverses difficultés, permettant à de nombreux coureurs de s’exprimer et propre à susciter des rebondissements.

Réponse jeudi!

2 – Tour de France féminin

Il sera aussi présenté jeudi.

Moins long (8-10 étapes), il devrait toutefois présenter quelques étapes difficiles qui durciront la course.

Le buzz actuel autour de cette épreuve est la nomination comme directrice de la course Marion Rousse, ex-coureure pro, aujourd’hui aux commentaires sur les courses professionnelles présentées par France Télévision et… conjointe de Julian Alaphilippe.

C’est clair qu’elle est une bonne ambassadrice du cyclisme féminin (elle a notamment gagné un titre de championne de France), mais elle présente peu d’expérience de gestion.

Le temps nous dira si A.S.O. a fait le bon pari. Elle pourra toutefois compter sur les conseils de Christian Prudhomme.

3 – Team BikeExchange et Premier Tech

La nouvelle tarde quant à l’annonce d’un nouveau partenariat avec une équipe professionnelle, possiblement en WorldTour.

Ce nouveau partenariat ne se fera pas avec l’Australienne Team BikeExchange.

Apparemment, les équipes Rally, Qhubeka et Israel Start-Up Nation seraient d’autres possibilités. Wait and see, Israel Start-Up Nation étant évidemment un choix intéressant: équipe WorldTour, composante canadienne…

4 – Dorel

La compagnie canadienne vient de se départir de sa division sport, vendue à des intérêts néerlandais.

Exit donc les vélos Cannondale d’une compagnie canadienne. Il faudra voir ce que ca signifiera pour le monde du cyclisme où Cannondale est bien présent, tant en World Tour (EF First) qu’au niveau amateur.

La décision a de quoi surprendre, le monde du cyclisme étant en explosion commerciale actuellement, avec les freins à disque, la popularité croissante du gravel et du fat bike, et le désir des consommateurs de s’équiper pour jouer dehors.

5 – Mondiaux Zwift

La deuxième édition des Mondiaux UCI de home-trainer sur Zwift se déroulera le 26 février prochain.

23 fédérations auront des places pour leurs coureurs licenciés, mais la plate-forme Zwift offrira aussi à sa communauté des chances de se qualifier pour l’épreuve.

Votre chance d’y participer! Les détails sont ici. Sortez les watts!

On n’arrête pas le progrès…

6 – Tadej Pogacar

Réponse de Tadej à un récent article publié sur La Flamme Rouge:

I’m not the new Merckx.

Tadej pogacar

Réponse d’Eddy à Tadej:

I think we are really there this time: you are the new Merckx!

Eddy merckx

7 – Wout Van Aert

Même en vacances, le champion belge n’arrête pas. Il a récemment pris part à une épreuve en… trail (course à pied), les 10-miles d’Anvers.

Avec le cyclo-cross en tête, probablement.

8 – Vélo de route tout-terrain (gravel bike)

Excellent reportage diffusé dans le journal montréalais La Presse le week-end dernier sur l’essor du vélo de route tout-terrain (gravel bike), un reportage signé Simon Drouin.

9 – WolfPack sur Paris-Roubaix

10 – Paris-Roubaix amateur

Si vous avez cette ambition un jour, reportage sur l’expérience d’un cycliste amateur sur cette épreuve, le sympathique Monsieur Phal que je suis depuis plusieurs mois déjà sur YouTube.

11 – Lance Armstrong

Longue entrevue très complaisante avec Lance Armstrong, pour ceux qui ne connaitrait pas le gus et qui voudrait en apprendre plus sur sa vie, version Lance bien sûr.

J’ai écouté une grande partie, pour rester bien informé sur ce sinistre personnage qui continue de vivre dans « sa » réalité, une réalité parallèle au monde du réel. Ce qui est d’ailleurs le propre des psychopathes.

12 – Coupe Québec de cyclo-cross – épreuve de Sherbrooke

Le cyclo-cross a bien repris au Québec cet automne, et la prochaine épreuve c’est ce samedi à Sherbrooke sur un super-parcours situé à quelque pas du Parc Jacques Cartier où l’événement se tenait dans les années précédentes.

Les inscriptions sont ici, vous avez jusque vendredi midi. Inscriptions sur place également disponibles, tarifs majorés.

Tous les détails de l’événement sont ici.

13 – Surprise!

Petit spin ce soir après le boulôt tous les deux Steph, pace confortable?

Partant Laurent!

J’me pointe au rendez-vous, tombe sur P.-O. qui se change dans sa van sur le stationnement, un sourire en coin. Personne d’autre.

J’aurais dû me méfier.

Débaroule Julien. Aie. Qu’est ce que tu fais ici toi?

Puis Maxime.

Étienne. Jérome. Et finalement Steph.

Toute la bande!

J’ai compris, mais trop tard.

Et j’avais certainement pas prévu ca physiquement. Les boys, on est le 12 octobre, on va rouler pépère hein?

Je passe les statistiques de la sortie, des enfants peuvent nous lire.

Ou Antoine Vayer…!

Les seules allures pépère de la ride, réservées à la traversée des villages.

Les rides improvisées sont toujours les meilleures. Ca sentait bon l’automne du côté de Martinville.

Merci les boys pour cette troisième soirée cette saison pour moi… ca a fait sacrément du bien, vous avez eu raison.

M’a surtout donné une bonne dose de motivation pour les prochains mois, question de ne pas être ridicule au printemps prochain… ni sur mes skis cet hiver en croisant P.-O.!

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