Le jeune prodige belge a gagné hier la Coppa Bernocchi, après 40 bornes solo dans le final et sous la flotte.
Il y a des signes qui ne trompent pas.
Evenepoel est en très grande forme et il sera un client toute la semaine en Italie.
Il sera le favori #1 sur le Tour de Lombardie samedi prochain.
Au coeur d’une controverse en Belgique quant aux récents Mondiaux, il est très certainement revanchard et veut prouver par ses résultats son point essentiel: il estime qu’il était le plus fort des Mondiaux, et que l’équipe de Belgique aurait dû être à son service, pas à celui de Wout Van Aert.
2 – La semaine italienne
Semaine chargée en Italie, avec aujourd’hui les Tre Valli Varesine, une course gagnée par le Québécois David Veilleux il y a quelques années rappelons-le.
Mercredi, Milan-Turin avec le champion du monde Alaf, ainsi que Mike Woods, Primoz Roglic, Tadej Pogacar, pour ne nommer que ceux-là.
Jeudi, le Gran Piemonte.
Et samedi, le Tour de Lombardie, 5e et dernier grand monument de la saison. Du beau monde au départ.
Les Deceuninck seront très difficiles à battre sur les prochaines épreuves italiennes, ils pourront compter, outre un Evenepoel en grande condition, sur le champion du monde Alaphilippe, sur Joao Almeida, sur Drys Devenyns, ainsi que sur Fausto Masnada, 3e hier de la Coppa Bernocchi et un homme toujours en forme et motivé en fin de saison.
3 – Thibault Pinot
Le grand retour!
Il a terminé 5e de la Coppa Bernocchi, de quoi signer son retour aux affaires du cyclisme professionnel et lui laisser croire en ses chances pour un beau Tour de Lombardie samedi prochain.
On est content de revoir ce coureur de talent être de retour au premier plan.
4 – Les gants à Roubaix
Je vous parlais de l’importance de porter des gants en course, surtout sur des épreuves comme Paris-Roubaix où les risques de chute sont importants et les surfaces particulièrement dangereuses pour les mains.
Sans le savoir, certains commentateurs de la télé anglaise en ont parlé dimanche.
Ca me surprend: silence radio sur les raisons derrière les multiples crevaisons des coureurs de la Deceuninck-Quick Step dimanche.
Lampearts, trois crevaisons.
Asgreen, au moins une crevaison.
D’autres coureurs de la formation ont aussi crevé.
Cette formation utilise des pneus avec chambres à air latex.
C’est vous qui voyez, mais j’ai ma petite idée sur les raisons de toutes ces crevaisons. Et chez Deceuninck, motus et bouche cousue, on ne veut pas nuire aux sponsors.
Et fait intéressant, les deux vainqueurs de Paris-Roubaix (hommes et femmes) roulaient sur des tubeless ce week-end. Colbrelli avait chaussé des tubeless de 30mm de section et Deignan était en mono-plateau de 52 dents, avec une cassette 12 vitesses derriere.
Des choix logiques selon moi, compte tenu de la nature du tracé de Paris-Roubaix.
6 – Les visages de Paris-Roubaix
C’est ici, toujours intéressant de voir à quel point les coureurs ont souffert dimanche dernier.
7 – Paris-Roubaix avec Israel Start-Up Nation
C’est ici, beau petit vidéo avec notamment Guillaume Boivin. On sent toute sa déception à l’arrivée, lui qui avait des jambes exceptionnelles dans le final.
Chose certaine, la popularité du cyclisme se confirme, et pourtant au même moment le nombre de coureurs licenciés continue de diminuer.
Dans le monde d’aujourd’hui, nous ne sommes plus à un paradoxe près…
9 – Record de l’heure féminin
Comment passer sous silence que le record de l’heure chez les femmes vient d’être battu le 30 septembre dernier par Joscelin Lowden, avec 48,405 kms parcourus.
48,4 km/h de moyenne! Ouf!
Lowden s’est préparée de nombreux mois pour cette tentative et estimait à l’arrivée avoir géré sa course de façon conservatrice, suggérant qu’elle pourrait rouler plus vite encore dans l’avenir.
Les 49 km/h sont peut-être atteignables sous peu par les femmes, voire de briser la marque mythique des 50 km/h!
Le record masculin est détenu depuis 2019 par Victor Campenaerts avec 55,089 km dans l’heure.
Avant de passer demain à une analyse de Paris-Roubaix qui sera disputé samedi chez les femmes et dimanche chez les hommes (et probablement sous la pluie), petit Tour de l’actualité des nouvelles récentes.
Plusieurs d’entre vous se sont posés la même question: pourquoi Mike Woods n’était-il pas sur les Mondiaux dimanche dernier?
C’est son choix, il convient de le respecter, mais vu la course de Guillaume, on se dit tout de même, avec deux Canadiens dans le final, ca aurait donné quoi?! Beaucoup de possibilités de briller en tout cas, ca c’est certain.
4 – Philippe Gilbert
Le dernier vainqueur de Paris-Roubaix devrait être au départ dimanche, mais personne ne croit trop en ses chances étant donné sa saison 2021. À 39 ans, le champion belge prépare sa sortie, et en ce sens vient d’être élu à la Commission des athlètes de l’UCI.
Fracture du bassin pour le coureur breton, les suites d’une chute à l’entrainement du côté de Marseille. C’est dommage, on avait vu le breton à un bon niveau ces dernières semaines, et il aurait probablement pu bien faire sur les dernières classiques italiennes de fin de saison.
10 – Transferts
Ca bouge encore du côté des transferts en prévision de la saison prochaine. On fera bientôt le point sur ce sujet.
11 – Paris-Roubaix, la présentation
On fera le point demain à propos de l’Enfer du Nord samedi pour les femmes, dimanche pour les hommes. Ca s’annonce assez dantesque, avec de la pluie et des températures fraiches propres à durcir les courses.
Deux courses qui s’annoncent d’ors et déjà très, très ouvertes et compétitives. Ca promet!!!
Ca bouge dans le cyclisme féminin en ce moment, c’est le temps pour un premier Tour de l’actualité dans ce registre.
1 – Alison Jackson 6e chez les élites aux Mondiaux
La nouvelle championne canadienne Alison Jackson a fait une sacrée course samedi dernier dans les Flandres pour terminer 6e au final.
Avec ce résultat, elle a peut-être donné une belle inspiration à l’équipe canadienne qui poursuivait le lendemain avec cette excellente 17e place de Guillaume Boivin.
Jackson sautait sur tout ce qui bougeait dans le final, ne faisant aucun doute qu’elle était parmi les filles les plus fortes ce jour-là. Gênée dans son sprint à 150-200m de la ligne, sans cet incident Jackson pouvait croire à un podium selon moi, par exemple la 3e place. Il s’en est probablement fallu de peu.
Alison Jackson sera normalement au départ du premier Paris-Roubaix féminin samedi prochain du côté de Denain. Aucun doute qu’elle peut elle-aussi, comme Guillaume, y faire une grande performance, et cela rehausse l’intérêt de la course pour les fans canadiens et québécois bien sûr.
Quand tu as des jambes de feu, il faut en profiter!
2 – Course femmes U23
L’absence d’une course chez les U23 femmes a fait couler beaucoup d’encre ces derniers jours. Les femmes réclament l’organisation d’une telle course, avec raison.
Le président reconduit de l’UCI (il n’avait pas d’adversaire contre lui pour cette élection), David Lappartient, a laissé entendre que l’idée était explorée, mais que cette course U23 se déroulerait « dans un premier temps » avec celle des élites.
Je partage totalement l’opinion d’Alison Jackson sur ce point: très mauvaise idée! Elle a twitté:
Non, merci! Cela signifie que chaque nation sera mise sous pression pour créer deux équipes : trois coureurs élite et trois coureurs U23 ? Cela enlève les places de course Elite, mais ne donne pas non plus aux moins de 23 ans une chance équitable. Faites-en une course à part entière.
Alison jackson sur twitter
On a tous vécu ce genre de course, où diverses catés courent ensemble: ca fausse tout, certains(es) coureurs(es) pouvant alors profiter de la course des coureurs(es) plus matures pour distancer leurs adversaires.
Un cyclisme féminin vraiment à la hauteur du cyclisme masculin passe forcément par un Mondial U23 chez les femmes aussi. On ne veut pas d’un cyclisme féminin au rabais, point final.
Surtout que son autre fille, Elynor, est actuellement professionnelle chez Trek-Segafredo!
En vélo, sans les gênes te donnant naturellement un bon moteur, t’a beau t’entrainer comme une bête, ca n’arrivera pas.
4 – Retraite de Karol-Ann Canuel
La Québécoise domiciliée à Gatineau vivait ses derniers Mondiaux, et a pu remplir parfaitement ses responsabilités d’équipière d’Alison Jackson grâce à une belle condition physique.
Elle termine 31e de l’exigente course sur route, moins d’une minute derrière l’Italienne vainqueure.
Surtout, la tête haute. Ca s’appelle réussir sa sortie.
Il y a des coureurs(es) qui ne gagnent pas souvent au plus haut niveau, mais qui sont respectés(ées) de tous(tes) dans le peloton. Canuel est de celles-là.
17 secteurs pavés à franchir, dont certains célèbres comme Orchies, Mons-en-Pévèle ou le Carrefour de l’Arbre, où la course des hommes s’est souvent jouée.
Et surtout, l’arrivée sur le vélodrome de Roubaix, avec ce sprint toujours si particulier à négocier!
On va se régaler!
Paris-Roubaix, c’est une course intéressante parce que c’est autant une sélection par l’arrière (chutes, crevaisons, etc.) que par l’avant. Et ca convient à un type de coureurs(es) assez précis, puissants(es) et capables d’enrouler de gros braquets.
Une fille comme la championne italienne Elisa Longo-Borghini devrait jouer la gagne. Beaucoup d’autres seront à surveiller, comme Lotte Kopecky, Marlen Reusser, Annemiek Van Vleuten, Ellen Van Dijk, la nouvelle championne du monde Elisa Balsamo, Marianne Vos, ou encore Cecilie Uttrup Ludwig.
6 – Tour de France féminin 2022
Rappelons au passage que ce premier Paris-Roubaix chez les femmes précède de quelques mois le retour du Tour de France féminin, prévu pour 2022.
Les Trek-Segafredo, Jumbo-Visma, Movistar, FDJ, Team DSM, Team BikeExchange, Arkea, Lotto-Soudal, Rally Cycling, sont déjà dans le peloton féminin depuis un moment.
La création d’une formation Cofidis chez les femmes en 2022 a été récemment annoncée et l’effectif, majoritairement français, comportera la Québécoise Gabrielle Pilote-Fortin.
Je pense que la création d’équipes hommes-femmes avec un même sponsor est un modèle porteur, notamment en raison des économies d’échelle, et d’un système susceptible d’accélérer le développement du cyclisme féminin, les équipes femmes pouvant alors bénéficier plus facilement du professionnalisme et de l’expérience des équipes masculines.
Espérons que d’autres sponsors présents en WorldTour chez les hommes emboiteront le pas.
8 – Patrick Lefevere has been?
Patrick Lefevere est un manager d’équipe très respecté. L’homme derrière la Deceuninck QuickStep sait mener des champions, sait tirer le maximum d’une équipe de compétition où les égos sont parfois bien présents, et sait aussi durer dans le sport professionnel.
Ses récentes déclarations sur la perspective d’une équipe féminine Deceuninck manquaient cependant de classe. Il a notamment affirmé qu’il s’intéresserait au cyclisme féminin quant il y aurait suffisamment de bonnes coureures, et qu’il n’était pas un « centre social ».
Insultant pour le moins!
Chez certains, les mentalités sont longues à changer. Et les femmes doivent non seulement s’employer à appuyer (fort) sur les pédales, mais aussi à investir de l’énergie à lutter contre les préjugés.
Pour preuve, on pourra regarder cet extrait d’une discussion entre Jeannie Longo, Marc Madiot et Laurent Fignon qui remonte au milieu des années 1980. Avec nos yeux d’aujourd’hui, c’est surréaliste!
Et on mesure d’où le cyclisme féminin est parti, et le chemin parcouru depuis quatre décennies.
9 – Maghalie Rochette en forme
La spécialiste du cyclo-cross vient de remporter les deux épreuves élite de cyclocross de Rochester aux États-Unis le week-end dernier.
On savait Rochette en forme grâce à sa 2e place acquise lors des récents Championnats canadiens sur route, derrière… Alison Jackson. Le parcours était difficile, révélateur des conditions physiques.
Dans ce deuxième article (de deux – première partie ici) sur l’évolution du dopage sanguin dans le sport, Marc Kluszczynski nous entretient du probable Graal dans ce registre, celui de l’hémoglobine soluble dans le plasma et tirée de vers marins, ainsi que des possibles nouveaux développements plus récents.
Je remercie encore une fois Marc d’avoir permis cet éclairage sur les nouvelles techniques de dopage dans le sport, un dossier pertinent pour tout ceux qui, comme moi, s’interrogent actuellement sur certaines performances offertes en cyclisme professionnel. Sans mettre tout le monde dans le même panier bien sûr.
Où en est le dopage sanguin? par Marc Kluszczynski (partie 2)
Une autre origine possible des hémoglobines est apparue dès les années 2000. Des scientifiques ont alors réussi à extraire l’hémoglobine du ver de terre (Lumbricus terrestris). Cette hémoglobine était toutefois 50 fois plus grosse que l’hémoglobine humaine, donc peu intéressante pour le dopage.
Dès 2002, Franck Zal, biologiste à Morlaix, s’intéresse au ver des marées basses (Arenicola marina) creusant des sillons sur les plages de Bretagne. Comment ce ver arrive-t-il à survivre plusieurs heures sans pouvoir extraire l’oxygène de l’eau ? En 2008, il parvient enfin à extraire son hémoglobine. Mais ce sera une autre hémoglobine de ver qui sera découverte dans l’affaire Aderlass. C’est que plusieurs groupes pharmaceutiques avaient déjà profité des travaux du Dr Zal.
L’hémoglobine de l’Arenicola marina (M-101 ou Hemo2Life) possède des propriétés impressionnantes : elle n’est pas encapsulée dans un globule rouge et est donc soluble dans le plasma. Elle transporte 40 fois plus d’oxygène que l’hémoglobine humaine (156 atomes d’oxygène contre 4) grâce à sa structure en double hexagone et elle est 250 fois plus petite qu’un globule rouge. Elle est rigoureusement atoxique, n’est pas immunogène, ne provoque pas de vasoconstriction ni d’hypertension artérielle. Elle possède même des propriétés antioxydantes qui lui permettent de prolonger son activité. Lyophilisée en poudre, elle se conserve plusieurs années à température ambiante et s’administre en intraveineuse.
Le produit a une durée de vie courte (demi-vie : 2,5 jours) et disparaît totalement de l’organisme en cinq jours. Le test de détection, qui n’existe que pour M-101, n’est valable que quelques heures. Des microdoses ne seraient détectables qu’entre 4 et 24 heures après l’administration, voire pas du tout selon la quantité utilisée !
La recherche de nouveaux agents stimulants de l’érythropoïèse reste d’actualité
Le marché mondial du traitement de l’anémie est tellement juteux que les grandes firmes pharmaceutiques rivalisent d’imagination pour créer de nouvelles substances agissant sur l’érythropoïèse.
L’utilisation de l’EPO reste toutefois d’actualité : il existe encore vraisemblablement une bonne centaine de copies d’époétines non approuvées, ou encore de biosimilaires (qui différent de quelques sucres sur la chaîne glycosylée) et pour lesquelles on ne connaît pas la référence amenant à un test positif au contrôle. Leur emploi, on l’a dit, présente un risque de contrôle positif et n’est plus aussi généralisé qu’il y a vingt ou trente ans.
Si l’EPO agit au début de l’érythropoïèse (maturation des réticulocytes), une nouvelle classe d’agents stimulants de l’érythropoïèse agit à la fin en diminuant la prolifération des précurseurs érythroïdes : ce sont les protéines de fusion du récepteur à l’activine II. Elles sont représentées par le luspatercept (Reblozyl) administré en sous-cutané. Il est commercialisé dans le traitement de l’anémie lors de la bêta-thalassémie (malformation génétique de l’hémoglobine).
Des essais de phase II avant commercialisation sont menés actuellement avec le sotatercept (ACE-011) dans le traitement de l’hypertension artérielle pulmonaire. Ces produits sont encore indétectables. Le risque de thrombose, comme avec l’EPO, existe toutefois.
Comment ici ne pas repenser à certaines situations malheureuses étant survenues au début de l’utilisation de l’EPO? Cyclistes devant pédaler la nuit afin de limiter les risques d’accidents cardiaques, vague de décès parmi les cyclistes néerlandais en 1989 et 1990… À la vue de ces situations, la récente et mystérieuse vague de décès parmi les jeunes cyclistes belges et qui s’est arrêtée brutalement en 2018, fait peur.
(Note supplémentaire: Entre 2016 et 2018, sept jeunes coureurs belges sont décédés de problèmes cardiaques, sans pour autant que ces décès aient été attribués directement à une pratique interdite dans le sport. On sait seulement que ce nombre élevé de morts subites ne concorde pas avec les statistiques de morts subites d’origine cardiaque chez les jeunes sportifs (1 à 3 pour 30.000 tous sports confondus.)
Les inhibiteurs de l’HIF-1α-prolylhydroxylase (annoncés en 2006) ne font plus parler d’eux après le cas positif du marcheur français Bertrand Moulinet en 2015 (FG-4592 ou roxadustat). Ces produits, facilement détectables, inhibent la dégradation d’un facteur sécrété en cas d’hypoxie. L’organisme, berné, se met à fabriquer de l’EPO, le tout dans un parfait équilibre physiologique. Y en a-t-il de nouveaux ?
Les mimétiques de l’EPO (hématide d’Affymax, SEStide ou Hemomer d’Aplagen) avaient laissé entrevoir de gros espoirs quant à leur facilité d’utilisation ; sous forme de comprimés, conservés à température ambiante, le SEStide était déjà présent lors des mondiaux d’athlétisme de Berlin en 2019. L’hématide sera retiré de la vente en 2013 suite à des réactions d’hypersensibilité mortelle.
On peut aussi agir sur l’affinité de l’oxygène pour l’hémoglobine. Dans l’organisme, le 2,3-DPG (diphosphoglycérate) diminue cette affinité. L’oxygène se trouve ainsi relargué plus facilement vers les muscles. L’ITPP (Myo Inositol Trispyrophosphate), en délestant plus facilement que le 2,3-DPG l’oxygène de l’hémoglobine, favorise la sécrétion de l’EPO endogène dans des limites physiologiques. Un cas positif est survenu en hippisme en 2019 !
Des substances à surveiller dans l’avenir
Les plus fortunés et les plus malins ont possiblement accès à des substances en cours d’expérimentation.
GlaxoSmithKline (GSK) étudie la voie enzymatique des DYRK-3. Cette kinase se trouve dans les précurseurs des globules rouges et inhibe l’érythropoïèse. Les inhibiteurs du DYRK-3 (GSK 626616 en phase II) agiront donc en favorisant la production des globules rouges.
Le PBI 1402 (Pro Metic Biosciences Inc) en phase II imite le mode d’action de l’EPO au niveau des cellules souches sanguines, mais possède un mécanisme différent car il ne se lie pas au même récepteur membranaire. Ces deux molécules, actives par voie orale (en comprimé) sont encore en stade d’expérimentation.
En conclusion
La lutte antidopage, et l’AMA, qui doivent mettre au point les tests de détection et les valider, sont probablement actuellement dépassés par la multiplicité des approches structurelles des nouvelles substances agissant sur l’oxygénation musculaire.
La mise au point des tests de détection basée sur des méthodes classiques marque le pas, certains nouveaux produits nécessitant une méthode biotechnologique difficile à mettre au point et très onéreuse.
La lutte contre le dopage n’a jamais été facile.
Et on revient à deux choses, la volonté d’agir, et surtout l’argent, qui demeure plus que jamais le nerf de la guerre. Les budgets annuels des organismes de lutte antidopage sont dérisoires si on compare avec ceux investis ailleurs. Une seule journée en Afghanistan pour les États-Unis coutait deux fois le budget annuel de l’AMA (et ce pendant 20 ans) !
Le dopage a (hélas!) certainement encore de beaux jours devant lui.
D’étranges colis sur le dernier Tour. L’équipe Bahrain-Victorious perquisitionnée. Des watts en hausse, de retour aux niveaux de l’ère Armstrong.
Des vers marins. De l’hémoglobine. Du plasma, mieux que les globules rouges.
Forcément, je me pose des questions.
J’ai voulu faire le point sur le dopage sanguin, 30 ans après l’arrivée de l’EPO au coeur du peloton pro.
Qui de mieux pour cela que Marc Kluszczynski, un collaborateur fidèle de ce site depuis des années?
Marc a gentiment accepté de m’aider à y voir plus clair sur les nouvelles techniques probables de dopage sanguin. Je lui ai demandé de ne pas m’épargner sur les détails techniques.
Je le remercie chaudement pour sa contribution à ces pages.
L’idée n’est pas d’être négatif face au cyclisme professionnel. Beaucoup de coureurs pro font certainement leur métier dans le respect des règles. Non, ils ne sont pas tous dopés. Et ceux qui le sont, le sont très probablement à échelle variable. Comme dans tout, il y a le comprimé vite avalé en vue de l’arrivée, et la cadillac du dopage sanguin qui implique une lourde logistique sur des mois.
Je veux juste être un observateur éclairé du cyclisme. Être au fait des avancées scientifiques médicales qui peuvent sauver des vies, la création par exemple d’un sang artificiel étant à placer dans ce registre. Mais il y a des effets pervers. L’EPO par exemple a été notamment créée pour venir en aide aux patients cancéreux après les traitements de chimio: noble cause! mais le produit a été détourné pour être utilisé comme dopant.
Premier article d’un dossier en deux temps. Demain, la suite, avec le Graal du dopage sanguin.
Où en est le dopage sanguin? par Marc Kluszczynski
Trente ans après la première utilisation présumée de l’EPO aux mondiaux de ski nordique de Lahti (Finlande) en 1989, le dopage sanguin est-il entré dans une nouvelle ère après la découverte d’hémoglobine lyophilisée (en poudre) dans les mallettes du Dr Mark Schmidt aux mondiaux de Seefeld (Autriche), encore en ski nordique, en février 2019 ? L’affaire Aderlass était lancée.
Il faut dire que depuis dix ans, les progrès dans la détection de l’EPO sont bien réels et il est de plus en plus risqué de l’utiliser.
Détectable dès 2000, l’EPO est, depuis, de plus en plus employée en microdoses, décelables que quelques heures. Le passeport sanguin, adopté par la plupart des fédérations internationales (et par l’UCI dès 2008) rendra le dopage sanguin un peu plus difficile, mais encore possible pour des sportifs n’hésitant pas à s’adjoindre le savoir-faire de spécialistes, tel le plus connu d’entre eux, le Dr Michele Ferrari.
Au sein de l’arsenal « classique », il reste aussi actuellement les transfusions sanguines autologues, toujours indétectables depuis leur première utilisation dès 1970 par les coureurs à pied suédois, finlandais et certains cyclistes professionnels des nations dominantes. Ces transfusions ne seront interdites qu’après les JO de Los Angeles 1984, où les cyclistes américains les avaient utilisées.
Mais la clé aujourd’hui, c’est de pouvoir contourner le passeport sanguin qui se focalise sur les variations des constantes des globules rouges. Les globules rouges contiennent à l’intérieur de leur membrane l’hémoglobine, formée de quatre sous-structures qui, chacune, fixe une molécule d’oxygène grâce à son atome de fer. Il existe aussi une petite quantité d’oxygène dissoute dans le plasma, donc à l’extérieur du globule rouge.
L’idée n’est pas nouvelle : l’industrie pharmaceutique cherche depuis les années 2000 à fabriquer un sang artificiel pour pallier la pénurie des donneurs et aux risques de la transfusion (transmissions de virus).
Ce fait prend encore davantage d’importance en période de pandémie virale comme celle de la COVID-19.
Dans l’affaire Aderlass, le procureur en charge de l’affaire, Kai Graber, a parlé d’hémoglobines humaines fabriquées par le laboratoire Merck et sa filiale Sigma-Aldrich : les produits H 7379 et H 0267.
Il pourrait s’agir de sub-unités d’hémoglobine humaine (qui comporte 4 chaînes protéiques appelées globines). L’hémoglobine humaine réticulée (ou Diaspirin cross linked Hb de Baxter) avait d’ailleurs déjà été utilisée dès 1996 dans les sports d’endurance à la dose de 50 mg/kg. Du point de vue des tricheurs, sa demi-vie de 2 heures était intéressante, malgré des effets indésirables à base de troubles du rythme cardiaque et d’hypertension artérielle.
Les tricheurs avaient donc déjà compris l’intérêt d’une hémoglobine dissoute dans le plasma : déjouer le passeport biologique puisque cette hémoglobine dans le plasma ne peut pas se fixer à l’intérieur du globule rouge qui en contient déjà.
Ces hémoglobines se présentent sous forme de poudre lyophilisée. Leur conservation est de plusieurs années à température ambiante alors que celle d’une poche de sang est de 7 à 8 semaines à 4°C, sachant que 1% des globules rouges sont détruits chaque jour par hémolyse.
Ces hémoglobines en poudre se retransforment en hémoglobine fonctionnelle après injection. Les produits H 7379 et H 0267 existent depuis plusieurs années en tant que réactifs chimiques vendus par le laboratoire et ne sont pas très chers. On n’est pas étonné de leur utilisation (probable) dans le sport alors qu’aucune étude sur leur toxicité n’existe !
Il y a vraisemblablement d’autres hémoglobines humaines semi-synthétiques ou modifiées. Le fait de polymériser la molécule évite la formation de dimères néphrotoxiques. Polyheme, une autre hémoglobine humaine polymérisée, avait raté de peu sa commercialisation aux USA en 2009.
Le gros problème de la mise au point des hémoglobines humaines consiste à leur faire diminuer l’affinité pour l’oxygène, pour qu’elles le relarguent dans les tissus. Et à maîtriser l’effet vasoconstricteur qui peut provoquer des infarctus du myocarde. En les polymérisant, cet effet diminue un peu, mais le temps de demi-vie augmente, ce qui facilite leur détection dans les contrôles antidopage.
Une nouvelle hémoglobine recombinante humaine est-elle actuellement utilisée ? Pas impossible.
Des hémoglobines animales
Il existe aussi des hémoglobines animales (bovines).
Sigma-Aldrich propose la H 2500, toujours en tant que réactif de biologie. Lors du Tour de France 2003, le danois Michael Rasmussen et l’espagnol Jesus Manzano avaient utilisé l’Oxyglobin (HBOC-301 pour hemoglobin based oxygen carrier) mais avec quels risques pour la santé ! Avec ces produits, on a constaté une augmentation de la pression artérielle pulmonaire et une diminution du volume d’éjection systolique.
Avec l’Hemopure (HBOC-201), une hémoglobine bovine polymérisée encore vendue en Afrique du Sud, l’effet vasoconstricteur est moindre, mais il y a toujours cet effet d’augmentation des résistances à l’écoulement (synonyme de risque d’infarctus du myocarde ou de thrombose).
Si l’Oxyglobin a disparu dès 2004, les hémoglobines animales ont sûrement progressé depuis en terme d’efficacité et de bonne tolérance.
Lors du Tour de France 2021, des sources crédibles rapportent que des cyclistes de l’équipe Bahraïn Victorious devaient pédaler en pleine nuit sur home-trainer (ce fait explique la descente de police dans la nuit du 14 juillet) comme au temps de l’EPO surdosée. On peut donc soupçonner l’usage de ce type de substances, cette habitude qui ne trompe pas étant nécessaire pour vaincre les résistances à l’écoulement.
Un autre dopage : les perfluorocarbones
Ces substances formées d’atomes de carbone et de fluor sont toujours en développement et leur usage est toujours envisageable.
Certaines sont encore utilisées en médecine d’urgence dans les états de choc hypovolémiques, en cas de pénurie de don de sang (le Perftoran russe depuis 2005). Cette recherche intéresse bien sûr l’armée, tout comme celle sur les substituts HBOC.
Il est connu que Mauro Gianetti, directeur d’UAE Team Emirates, les avait utilisés sur le Tour de Romandie 1998. Atteint d’insuffisance rénale et hépatique, le suisse avait été envoyé aux urgences de l’hôpital de Lausanne.
Les PFC peuvent véhiculer l’oxygène dans les tissus et disparaissent en 48 heures de l’organisme. L’avantage dans la lutte contre le dopage, c’est qu’elles sont facilement détectables.
Oxygent a vu son développement stoppé en 2002 pour trop grand nombre d’infarctus en essais de phase III. Le dernier PFC, l’Oxycyte, a vu son développement arrêté en 2014. Il pouvait transporter 5 fois plus d’oxygène que l’hémoglobine humaine, tout en étant constitué de particules 50 fois plus petites qu’un globule rouge. Le développement de ces PFC ne s’est vraisemblablement pas arrêté, bien que leur faible efficacité soit connue (à pression atmosphérique).
Le milieu sportif reste très probablement à l’affût, mais il existe une meilleure piste pour expliquer la domination de trois équipes sur le dernier Tour de France, le retour de sprinteurs aux premières loges dans les étapes de montagne, et les longs raids solitaires de coureurs dans certaines étapes de montagnes de grands Tours. Ca sera l’objet de l’article de demain, le Graal du dopage sanguin.
Ne manquez pas la course sur route des Mondiaux de cyclisme dimanche prochain, ca va être dantesque, surtout l’ambiance. La foule sur le bord de la route s’annonce dense et bruyante!
En bref, la passion du cyclisme, dans ce qui nous fait le plus vibrer. Et au bout, très certainement, un nouveau champion du monde de haut niveau.
2 – RTBF
Ca sera certainement la meilleure chaîne pour regarder la course dimanche prochain, avec la passion des commentateurs belges, qu’ils soient flamands ou wallons.
Déchaînés, les commentateurs belges! Et prenez conscience, vous-aussi, de votre pure potentialité…
3 – MVDP
Il sera au départ! Mathieu Van Der Poel a confirmé sa présence au sein de l’équipe des Pays-Bas, qui du coup se mettra à son service.
Entretemps, il doit courir sur le GP de Denain aujourd’hui, ultime préparation. Ca se jouera probablement entre lui et quelques sprinters, Demare par exemple qui doit racheter une saison en demi-teinte.
LA question: un MVDP à 85% dimanche prochain, ca vaut un Julian Alaphilippe ou un Tadej Pogacar à combien de pourcent?!
4 – 50,4 km/h
Soit la moyenne d’Ellen Van Dijk, nouvelle championne du monde du chrono hier.
Ouf!
Elle s’impose devant la suissesse Reusser et sa compatriote Van Vleuten.
Comme chez les hommes, ce fut très serré sur un parcours aussi roulant.
La Québécoise Karol-Ann Canuel termine à une très belle 13e place, ratant le top-10 d’une petite trentaine de secondes. 46,8 km/h de moyenne, respect. C’est solide ca. Elle était contente de sa sortie hier et ca, c’est vraiment important car elle part sans regret, en ayant donné le meilleur d’elle-même.
Leah Kirchmann a toutefois été la meilleure Canadienne, un petit 14 secondes devant Karol-Ann.
Cette dernière peut prendre sa retraite la tête haute, elle a acquis notre respect à tous, amateurs de cyclisme du Québec.
Leurs Pinarello Dogma F seront donc équipés de freins à disque Shimano.
100% du peloton WorldTour est donc désormais sur des freins à disque.
Je demeure non convaincu, après avoir vu Mathieu Van Der Poel perdre le Primus GP il y a quelques jours en raison d’une crevaison de la roue avant à 20 kms de l’arrivée et changée trop lentement en raison des disques.
Avec un frein à étrier traditionnel et un bon vieux déblocage rapide, MVDP serait reparti beaucoup, beaucoup plus vite et aurait eu ses chances de ré-intégrer le groupe de tête pour jouer la gagne.
Soit la prime de victoire pour Ganna sur le chrono.
Le nouveau champion du monde sur route dimanche prochain empochera la même somme.
On est loin des 500 000 euros pour une victoire sur le Tour de France, certes une épreuve de trois semaines.
Point positif, la parité hommes-femmes a été respectée. Enfin!
7 – 50 balais
Il ne fait plus partie de la Squadra Azzurra mais il est toujours présent au sein du peloton professionnel, à 50 ans bien sonnés: Davide Rebellin.
El Viejo Alejet n’est pas tout seul, il y a aussi Il Vecchia « Tintin » Rebellin!
Excellente entrevue avec ce coureur à la longévité hors norme. Davide parle notamment de ce qui a changé au sein du peloton pro depuis 30 ans, lui qui court aujourd’hui avec les fils d’anciens coéquipiers au début de sa carrière! Méthodes d’entrainement, nutrition, préparation physique spécifique, homogénéités des niveaux, parfois détresse psychologique et pression toute l’année, son avis est passionnant.
À quelques jours des Mondiaux sur route, les vidéos de l’heure pour ceux qui voudraient voir (ou revoir) les plus récentes courses professionnelles. Le prochain champion du monde s’y cache probablement!
Antwerp Port Epic
GP de Fourmies La Voix du Nord
https://www.youtube.com/watch?v=3p8QvGnhc1g
Giro Della Toscana
https://www.youtube.com/watch?v=lPgcgV5mXDQ
GP de Wallonie
https://www.youtube.com/watch?v=h_TsCwwYl2E
Coppa Sabatini
https://www.youtube.com/watch?v=a5jm9jA6o24
Tour du Luxembourg – 3e étape
https://www.youtube.com/watch?v=P9xIEkhM-2I
Ineos Grenadier – Off Script sur le Tour de Grande-Bretagne
Petit Tour de l’actualité des Mondiaux 2021 dans les Flandres, qui débuteront la semaine prochaine.
1 – Championnats d’Europe
Pour ceux qui auraient manqué la course, où pour la revoir, c’est ici.
https://www.youtube.com/watch?v=0D0M8NLRpMA
2 – Mathieu Van Der Poel
Confirmé, prochain test sur le Grand Prix de Denain le 21 septembre prochain, cinq jours avant l’épreuve sur route des Mondiaux.
Nous savons tous que si MVDP prend le départ des Mondiaux, ce ne sera pas pour faire de la figuration, surtout si Wout Van Aert est donné favori!
3 – Équipe canadienne
La sélection canadienne a été annoncée et au niveau élite, ca fait plaisir.
Six coureurs au départ, dont le nouveau champion canadien Guillaume Boivin qui peut croire en ses chances d’aller loin dans la course.
Idem pour Hugo Houle et Antoine Duchesne, qui sont en forme. Espérons qu’ils auront pu régler leur différent survenu lors des Canadiens.
Ben Perry est également de la partie.
La présence à leurs côtés de deux jeunes coureurs québécois, Pier-André Côté et Nicolas Zukowsky, fait vraiment plaisir, car ces coureurs pourront vivre une expérience qui les fera progresser… voire leur permettra de se montrer au plus haut niveau. Je ne serais pas surpris de voir l’un d’eux en échappée tôt dans la course, par exemple dans l’échappée matinale. Zuko sort du Tour de Grande-Bretagne et Coté court actuellement le Tour du Luxembourg après quelques bons résultats en France au mois d’août.
Chez les femmes, un choix logique: Canuel, Kirchmann et la nouvelle championne canadienne Jackson.
Chez les U23, une seule place pour l’épreuve sur route, occupée par Raphael Parisella, qui était notamment sur le Tour de l’Avenir.
La surprise vient de la sélection junior qui se passera des services du nouveau champion canadien, Jérome Gauthier. Je ne la comprends pas celle-là!
4 – Premier Tech
Évidemment, les amateurs de cyclisme canadiens et québécois ont hâte de connaitre la suite pour le sponsor Premier Tech et Hugo Houle, en partance d’Astana pour incompatibilité des objectifs à long terme.
Rally serait un « long shot » selon moi: l’équipe est américaine certes, mais ne dispose actuellement pas de licence WorldTour. C’est probablement l’écueil le plus important pour cette option, car la prochaine opportunité d’obtenir une telle licence, c’est 2023 chez les équipes masculines. Et Rally ne sera pas tout seul sur les rangs, par exemple possiblement Alpecin-Fenix de Mathieu Van Der Poel, et la norvégienne Uno-X.
Qhubeka, ca peut être intéressant car il y a beaucoup à faire et l’effectif de coureurs est bon, même si Fabio Aru prend sa retraite. L’infrastructure de l’équipe n’est peut-être cependant pas à la hauteur des autres.
Israel Start-Up Nation est évidemment le meilleur « fit », car l’équipe a déjà un certain profil canadien. Son manager, Sylvan Adam, ne serait certainement pas opposé à l’augmenter encore davantage, et si l’équipe pouvait développer une grosse composante « canadienne », ca serait génial puisque cela représenterait également des débouchés pour nos jeunes coureurs de la relève. Et pourquoi ne pas poursuivre davantage avec une équipe féminine, et une équipe de la relève comme il en existe en Europe, par exemple sur le pôle Chambéry Cyclisme Formation? Pour le long terme, c’est gagnant.
L’option australienne TeamBikeExchange est également intéressante, sur le papier l’équipe est plus forte que Qhubeka, et la culture australienne n’est pas très éloignée de la nord-américaine, facilitant les choses. Jakob Fuglsang, actuel leader chez Astana, est également annoncé chez TeamBikeExchange la saison prochaine et on sait qu’Hugo et lui s’entendent bien.
5 – Tour du Luxembourg
Plusieurs coureurs continuent de peaufiner leur condition en vue des Mondiaux sur le Tour du Luxembourg, qui est parti hier.
Le portugais Joao Almeida a remporté la première étape, lui qui a également été vu devant sur les récents Championnats d’Europe. Solide coureur, dur au mal, il sera une force à surveiller lors des Mondiaux, j’en suis sûr.
Un autre coureur qui monte en puissance, comme tous les mois de septembre au cours des dernières années, c’est Bauke Mollema, 2e de l’étape hier. Lui aussi a été vu devant à Trente dimanche dernier, et il est évident qu’il s’agira d’un allié précieux pour MVDP lors des Mondiaux, voire un leader de rechange pour l’équipe des Pays-Bas.
Je suis par contre surpris de voir Benoit Cosnefroy présent sur ce Tour du Luxembourg, lui qui a beaucoup fait d’efforts – avec d’excellents résultats – au cours du mois d’août et sur les récents Championnats d’Europe. Il faut lui faire confiance je suppose, ainsi qu’à ses entraineurs!
6 – Parcours de la course sur route des Mondiaux
Chez les élites, 268 kilomètres et 2600m de dénivelé tout de même, avec pas moins de 42 côtes à gravir dans la journée. Aucune côte célèbre du Tour des Flandres cependant, apparemment pour des questions d’argent.
Neuf des côtes répertoriées sont placées dans les 40 derniers kms. Ca sera très casse-pattes, une course d’usure donc ou une importante sélection par l’arrière surviendra puisqu’il n’y a pas beaucoup de portions significatives sur le plat, permettant de récupérer un peu. Les bosses se succèdent à une cadence infernale.
Parmi les plus difficiles, le Moskesstraat, au début du circuit flandrien que les coureurs emprunteront deux fois: environ 500m de long, 8% de moyenne et un passage à 18%. Le genre de truc qui laisse toujours des traces.
7 – Vidéos
En marge de ces Mondiaux, l’organisation a produit une belle série de vidéos sur l’histoire des Championnats du monde de cyclisme.
Parmi les plus intéressants, ceux-ci sur Yvonne Reynders, une championne cycliste méconnue et pourtant gigantesque dans l’histoire du cyclisme féminin, l’émotion de Julian Alaphilippe, ou le toujours tellement sympathique et authentique Greg LeMond. J’adore ce type!
Et pour revivre un grand moment pour le cyclisme nord-américain, sa victoire sur les Mondiaux 1983 où il a fait un sacré numéro, le vidéo de la course est ci-bas (1h52min).
Plein de courses intenses, des surprises, des confirmations, des controverses, quel week-end de cyclisme! Et tout cela sur fond de Mondiaux, dans moins de deux semaines…
1 – Un guerrier champion canadien!
Très belle victoire du guerrier Guillaume Boivin samedi dans la course sur route des Championnats canadiens.
Son 2e titre national chez les élites dans la discipline, après celui acquis en 2015.
Guillaume pourra porter le maillot de champion canadien sur les courses WorldTour en Europe et ca, ca fait rudement plaisir.
Guillaume l’a emporté avec la manière, auteur d’une longue et belle échappée solitaire. Gagner solo, c’est quand même quelque chose. Il était le plus fort samedi dernier, pas de doute là-dessus. Lui et les autres.
Avec une première participation au Tour de France en juillet dernier, Guillaume connait une très belle saison et cette victoire vient la couronner. Très content pour lui, compte tenu de ses années « galère » où il a dû composer avec des blessures à répétition. Forcément, le doute s’installe après un moment et de revenir ainsi cette saison au plus haut niveau, ca force le respect.
À 32 ans, le meilleur est peut-être encore à venir en Europe pour ce solide coureur, à commencer par les prochaines courses dont les Mondiaux qu’il devrait courir pour l’équipe canadienne. On attend la confirmation de l’équipe.
2 – Canadiens: la controverse
Une controverse est apparue à l’arrivée samedi de la course sur route des Canadiens, Hugo Houle n’étant pas content de n’avoir pu rentrer sur le groupe de tête au sein duquel faisaient partie notamment Guillaume Boivin et Antoine Duchesne, les deux seuls autres coureurs « WorldTour » au départ de la course, car ce groupe – lisez Antoine – a relancé l’allure quand Hugo s’est rapproché tout près.
C’est toujours triste ces situations. D’une part, c’est la course! Antoine et Hugo ne courent pas sous le même maillot, donc il n’y avait pas nécessairement de cadeau à se faire. Ce sont des coureurs pro après tout, on les paye pour gagner.
En même temps, il y a parfois des alliances de circonstances qu’il convient alors de respecter, tout comme les règles « non-écrites » du cyclisme (elles sont nombreuses).
Il était évident que les trois coureurs WorldTour avaient avantage à ne pas laisser un coureur « amateur » s’imposer sur ces Canadiens; après tout, le plus haut niveau, c’est eux. Après avoir fait un gros boulôt sans être relayé pour rentrer devant, je comprends Hugo d’avoir été frustré de voir ses amis WorldTour relancer l’allure et ainsi le condamner: l’explication aurait tout à fait pu venir plus tard…
Des erreurs ont été commises de part et d’autre selon moi, espérons pour le bien de la prochaine équipe canadienne sur les Mondiaux en Flandres dans 10 jours que la paix pourra rapidement revenir.
3 – Hugo et les autres sur le chrono
Hugo Houle ne repart pas les mains vides de ces Canadiens: dans le chrono vendredi, il a confirmé en mettant une valise à tous ses concurrents, s’imposant par plus d’une minute 30 sur son plus proche poursuivant.
Il s’est fait mal pour aller la chercher, celle-là, 41min d’effort tout de même… ce qui taxe forcément un peu, l’épreuve sur route étant le lendemain (samedi).
Gros week-end de travail!
4 – Canadiens: les autres perfs
Carton plein pour Alison Jackson, titrée sur le chrono et la route chez les élites.
Chez les U23, c’est un coureur de la région d’Ottawa, Carlon Miles, qui s’impose, une très belle victoire. Ce coureur continue de grimper les échelons, c’est intéressant de suivre sa progression.
Comique, elle pratique l’hiver le ski de fond avec le club Nakkertok. Comme quoi cyclisme et ski de fond peuvent faire très bon ménage… pourvu d’entretenir son coup de pédale quand même un peu l’hiver durant.
5 – Van Aert intouchable
On sait qui sera l’homme à battre sur les prochains Mondiaux: Wout Van Aert.
Il vient de remporter quatre étapes du Tour de Grande-Bretagne, raflant également le général le dernier jour en gagnant l’étape et en empochant les bonifs.
Surpuissant, il n’a pas eu de mal à déborder Andrei Greipel hier dans le sprint final. C’est magnifique de maitrise par le champion belge.
https://www.youtube.com/watch?v=eScRb-sT0iM
6 – Colbrelli champion d’Europe
Méchante course également hier du côté de Trente en Italie pour le Championnat d’Europe.
J’étais sur le bout de ma chaise sur les 50 derniers kilomètres avec cette échappée « royale » qui comportait notamment Pogacar, Cosnefroy, Evenepoel, Colbrelli, Trentin, Hermans et j’en passe.
Après un long travail de sape par son compatriote Hermans, Remco a mis les gaz dans l’avant-dernière ascension de la patate du circuit. C’était impressionnant et seuls Colbrelli et… Cosnefroy ont pu s’accrocher, ce dernier en se dépouillant complètement. La violence de l’effort de Cosnefroy était palpable à la télé.
Exit Pogacar, déposé par l’accélération d’Evenepoel. N’allez toutefois pas croire que le Slovène ne sera pas dans le coup aux prochains Mondiaux: il est évident qu’il monte actuellement en puissance pour sa fin de saison qui passera donc par les Flandres avant d’attaquer les classiques italiennes, et son objectif principal le Tour de Lombardie.
Cosnefroy hier a pété au pied de la dernière ascension, il apparaissait clair qu’il n’a jamais vraiment pu récupérer de l’accélération de Remco au tour précédent. Cosnefroy a pu sauver sa 3e place, une belle récompense pour ses efforts.
Seul Colbrelli a pu s’accrocher au prodige belge, mais n’a pas relayé et a pu le battre au sprint sans grande difficulté.
L’erreur tactique lui revient pourtant entièrement selon moi: il a certes monté vite la dernière bosse, mais au train, faisant parfaitement le jeu du sprinter italien qui était au rupteur, mais qui a pu s’accrocher avec un tel effort rectiligne, lisse.
Il aurait été plus judicieux de Remco de baisser d’un ton pour ensuite accélérer une première fois, puis une deuxième: je suis sûr qu’il aurait décroché Colbrelli. Remco en a beaucoup fait devant à rouler comme une moto, ca fonctionne chez les amateurs mais pas chez les pros où le niveau est beaucoup plus homogène.
Colbrelli a définitivement été le plus malin. Le voilà avec une belle garde-robe, lui qui est champion d’Italie en titre. Normalement, il aura l’obligation de porter le maillot de champion d’Europe en course durant les 12 prochains mois… à moins qu’il ne gagne les Mondiaux!
7 – Evenepoel au service de Van Aert?
C’est du moins ce que prétend Remco: il se mettra à 100% au service de Wout Van Aert sur les prochains Mondiaux, tout en disputant le chrono à fond bien sûr.
L’équipe de Belgique aura de quoi répondre à celle de Slovénie, qui débarquera avec Roglic, Pogacar et Mohoric.
8 – La France qui gagne
C’était un plaisir de revoir (brièvement) Thibault Pinot devant une course hier sur les Championnats d’Europe.
C’était un plaisir de voir Benoit Cosnefroy être acteur du final avec les deux pointures Colbrelli et Evenepoel. Il ne lui a pas manqué grand chose et le sélectionneur national pourra monter une belle équipe avec des coureurs comme Alaphilippe, Barguil ou encore Bardet qui marchent bien en ce moment. L’équipe de France aura un bon coup à jouer sur ces Mondiaux pour défendre le titre d’Alaf!
On peut dire que Mathieu Van Der Poel a réussi sa rentrée lors de sa première course sur route depuis le Tour puisqu’il s’est imposé hier de belle manière sur Antwerp Port Epic dans le nord de la Belgique.
Pour tout vous dire, Antwerp sera le lieu de départ de la course des Mondiaux dans 10 jours.
Van Der Poel a mené une belle échappée avec Taco Van Der Hoorn pour s’imposer au sprint. Le parcours était ponctué de plusieurs chemins de gravelle, un bon test pour son dos convalescent.
Van Der Poel a fait savoir que la décision finale pour son programme de fin de saison sera prise cette semaine, notamment sa participation aux Mondiaux puis à… Paris-Roubaix. Assurément piqué par les succès actuels de Van Aert son éternel rival, je ne serais pas surpris de voir Van Der Poel vouloir donner la réplique!
10 – Woods, la déception
Mike Woods termine le Tour de Grande-Bretagne en excellente condition, c’est évident. Payez-vous ces images de la 4e étape, où Woods donne la réplique à Van Aert et Alaphilippe:
https://www.youtube.com/watch?v=cfqBuECKdx4
Du coup, son forfait pour les Mondiaux est une déception pour tous les fans de cyclisme au Canada selon moi: le parcours dans les Flandres est exigeant, et Woods est en forme.
Dans une carrière pro, tu n’as pas 50 occasions de participer à des Mondiaux en représentant ton pays, qui plus est lorsque ces Mondiaux te conviennent.
Un Mondial pour sprinters, je comprendrais facilement la décision de Woods, mais là j’ai un peu plus de mal.
Woods préfère apparemment gérer sa fatigue pour tout miser sur les classiques italiennes de fin de saison.
Une victoire sur Milan-Turin n’aura jamais le même retentissement qu’une victoire ou un podium sur les Mondiaux selon moi… et Mike trouvera bien des clients de choix pour lui disputer la victoire sur le prochain Tour de Lombardie, et notamment Tadej Pogacar.
Retour aux affaires sur La Flamme Rouge après quelques jours plus silencieux, avec le tour des actualités qui ont retenu mon attention.
1 – Vuelta
Et de trois pour Primoz Roglic, qui rejoint ainsi Alberto Contador et Tony Rominger en tant que triples vainqueurs de l’épreuve. Seul Roberto Heras a fait mieux avec quatre victoires, mais c’était durant l’époque noire du cyclisme…
Immense talent, le coureur slovène laisse tranquillement sa marque dans l’histoire du vélo, mais le Tour de France continue de se refuser à lui.
Et son compatriote Tadej Pogacar pourrait bien lui barrer la route sur la Grande Boucle dans l’avenir.
Sur-évalué, Roglic?
Peut-être bien! Il n’a qu’une grande classique à son palmarès, Liège-Bastogne-Liège 2020.
Il est certes le champion olympique du chrono, mais il n’a jamais vraiment brillé durant les Mondiaux, tant sur route que dans le chrono.
Certains remettront en question ses choix tactiques, parfois.
Et à 31 ans, le temps presse désormais.
2 – Vuelta bis– l’affaire Lopez
Manque total de professionnalisme selon moi.
Lopez qui manque la bonne échappée, qui perd la tête et qui abandonne dans la foulée alors qu’il est troisième du général, je n’avais jamais vu un pareil comportement d’un coureur pro.
Certains ont mentionné qu’il aurait perdu la tête lorsque ses directeurs sportifs auraient refusé qu’il mène la chasse, ceci afin de ne pas ramener de coureurs dangereux pour Mas devant. On ne saura probablement jamais la cause réelle de son comportement.
Mais chose certaine, l’attitude est déplorable alors qu’on le paie (bien) pour ne faire qu’une chose, du vélo. Troisième de la Vuelta, ce n’était pas rien.
Du coup, son équipe Movistar pourrait le lâcher en fin de saison, et je les comprends parfaitement. Tu ne veux pas d’un coureur caractériel ou d’une diva dans l’équipe, qui plus est qui donne une bien triste image de l’équipe au complet.
Si le talent du coureur colombien devrait lui permettre de retrouver une équipe WorldTour, il aura besoin d’un sérieux recadrage. Tu peux faire des erreurs parfois, l’important c’est de ne pas les répéter!
3 – Vuelta encore
Parmi les autres enseignements de cette Vuelta, les jambes retrouvées de Romain Bardet et ca fait plaisir, les perfs de la Bahrain-Victorious une fois de plus avec Haig 3e et Mader 5e du général (Mader s’offre au passage un certain Egan Bernal au classement du meilleur jeune…), la révélation Michael Storer, le retour du sprinter Fabio Jakobsen, et la surprise Odd Christian Eiking, porteur du maillot rouge pendant une semaine.
4 – Championnats d’Europe
Ca débute cette semaine du côté de Trente en Italie et c’est la répétition générale des Mondiaux fin septembre.
Du beau monde au départ, avec notamment sur le chrono (tout plat) un certain Tadej Pogacar pour donner la mesure contre les Filippo Ganna, Remco Evenepoel, Stefan Kung, Kasper Asgreen, Remi Cavagna et Stefan Bissegger. Ca sera intéressant et… roulant!
À surveiller aussi lors de la course sur route dimanche prochain, le retour d’un certain Peter Sagan. Il aura fort à faire contre l’armada slovène, puisque Pogacar sera épaulé par Roglic et Mohoric (2e du récent Tour du Bénélux).
L’équipe d’Italie sera aussi à surveiller avec les Moscon, Trentin, Colbrelli, Nizzolo, Ulissi et Viviani. Ouf!
Un favori pour moi, outre Cosnefroy: Remco Evenepoel. Sa récente victoire solo sur La course des raisins (Druivenkoers Overijse) ne laissait planer aucun doute: il est de retour à son meilleur niveau et c’est une bête à rouler!
https://youtu.be/eE58YZJZgqY
Les coureurs présents sur le Tour de Grande-Bretagne ne seront cependant pas de la fête, la dernière étape coïncidant avec la course sur route de ces championnats d’Europe. Pas de Van Aert, Alaphilippe et autres donc pour disputer le maillot de champion d’Europe.
5 – Championnats d’Europe – relais par équipe
Intéressant ce relais par équipe aujourd’hui aux Championnats d’Europe. Trois hommes, trois femmes par équipe nationale et chacune de ces deux équipes de trois coureurs(es) doit parcourir le circuit de 22 kms, se donnant le relais entre les deux (hommes d’abord, femmes ensuite).
Le temps cumulé des deux équipes (hommes et femmes) donne le temps total de l’équipe nationale, le meilleur temps gagne bien sûr.
Pourquoi pas?
6 – Benoit Cosnefroy
C’est selon moi une des belles perfs des derniers mois que cette victoire de Benoit Cosnefroy lors de la récente Bretagne Classic, à la barbe d’un certain Julian Alaphilippe qui tirait un poil trop gros dans le sprint final.
Cosnefroy a su attaquer sans complexe le champion du monde, ainsi que lui donner la répartie sur chacune de ses attaques. Fort, très fort de la part de Cosnefroy, dont on reparlera sur les Classiques comme la Flèche Wallonne l’an prochain j’en suis sûr.
Depuis, Cosnefroy a déjà su confirmer avec sa toute récente victoire sur le Tour du Jura.
Il sera un des favoris sur ces Championnats d’Europe plus tard cette semaine.
Payez-vous les images de cette Bretagne Classic, ca vaut la peine.
https://www.youtube.com/watch?v=ivZLFTClQ-4
7 – Rally Cycling
Belles performances de l’équipe Rally Cycling en Europe ces temps-ci, notamment sur le Tour du Doubs (Pier-André Côté 19e) et surtout Robin Carpenter, vainqueur de la 2e étape du Tour de Grande-Bretagne, devant de nombreux coureurs de premier plan.
De quoi tirer tous les coureurs de l’équipe vers le haut, y compris les coureurs canadiens qui en font partie.
8 – Mathieu Van Der Poel
Le fuoriclasse néerlandais a prolongé son contrat chez Alpecin-Fenix jusqu’en… 2025, content de la latitude qu’on lui donne dans cette équipe.
Gageons également qu’Alpecin-Fenix a flairé la bonne affaire: tu ne veux pas lâcher une pareille pépite, sachant que tu n’auras jamais de difficulté à attirer d’autres sponsors pour renforcer l’effectif si ca se faisait sentir.
À ce titre, Alpecin est active actuellement sur le marché des transferts.
Quant à MVDP, il continue de souffrir du dos et fera un nouveau test dans une semaine sur la classique belge Antwerp Port Epic, avec dans le viseur les Mondiaux fin septembre où il croisera sur sa route son éternel rival Wout Van Aert, récent vainqueur de la 1ere étape en Grande-Bretagne, puis Paris-Roubaix.
L’Enfer du Nord avec un dos en vrac, si c’est encore le cas, c’est pas top…
9 – Championnats canadiens des maitres à Victoriaville
Impossible pour moi de ne pas saluer l’excellente organisation des récents Championnats canadiens des coureurs maitres tenus à Victoriaville le week-end passé. Une organisation top, rodée, efficace et sympathique.
Et un parcours de ces Championnats canadiens vraiment difficile, comme je l’avais présenté en juin dernier. Les ascensions du Rang Craig et de sa première rampe de un kilomètre à 18% ont laminé le peloton dès le premier tour de chacune des courses, et a contribué à couronner d’excellents cyclistes. C’était vraiment dur!
Pour ceux qui voudraient savoir, je n’ai pas terminé l’épreuve des Maitres B. Première course en 24 mois pour moi, mode « all or nothing » car ca fait 25 ans que je fais des places mais ca, on s’en fout, je me suis maintenu dans le petit groupe de tête d’une vingtaine de coureurs jusqu’au milieu du 3e tour de quatre, avant de voir les crampes apparaitre et de ne pas pouvoir continuer avec ce premier groupe. Je voulais jouer le final ou rien, je me permet désormais l’abandon, et je travaille pour que ca passe la prochaine fois!
Trois coureurs de la région d’Ottawa-Gatineau parmi les quatre premiers classés dans les M-B, dont le vainqueur Nick Proulx mon voisin (yes Nick!), cela témoigne du niveau présent dans ma région, sans oublier quelques grosses pointures d’ici qui étaient absentes samedi dernier.
Bravo en tout cas à Alexis et son équipe pour cette organisation irréprochable, et merci à tous les bénévoles rencontrés qui ont fait un excellent travail d’accueil, d’organisation et de sécurité. Je sais que nous reviendrons à Victoriaville dans l’avenir pour d’autres grands événements et ca, ca fait plaisir!
L’actualité commentée des derniers jours dans le monde du cyclisme sur route.
1 – Vuelta
Déjà le premier jour de repos aujourd’hui, et neuf étapes de complétées (déjà!).
La situation de course commence à se décanter, surtout hier avec la difficile 9e étape qui a permis de faire du ménage au général.
Primoz Roglic apparait plus que jamais un solide leader, mais la course n’est pas encore jouée.
Les Movistar me surprennent, beaucoup même puisqu’on n’a pas eu l’habitude de les voir à pareil niveau ces 24 derniers mois.
Enric Mas, 26 ans, présenté par certains comme le successeur de Contador, est 2e du général à 28 petites secondes du slovène. Son coéquipier Miguel Angel Lopez est 3e, mais à plus de 1min20 du maillot rouge.
De quoi quand même bien animer la course!
Pour la suite, le gros enjeu, c’est que personne ne connait les limites d’Enric Mas sur cette Vuelta. Jusqu’où peut-il aller?
Je crains toutefois que la stratégie chez Movistar soit de courir au millimètre, question de préserver et d’assurer au minimum les places de 2 et 3 au classement général. Pour la première équipe espagnole en WorldTour, une bonne prestation sur le tour national relève d’une importance capitale, surtout que l’équipe a semblé sous-performer ces derniers mois.
Et puis, en courant au millimètre, on reste en position d’exploiter une défaillance de Roglic, ce qui s’est déjà vu dans le passé sur un grand tour pour le slovène…
Les Ineos Yates et Bernal semblent un peu juste en montagne lorsque ca accélère pour le moment, mais la Vuelta est encore longue. Ne les enterrons pas.
On attaquera demain quatre étapes parfois casse-pattes, mais somme toute moins difficile que plusieurs dans cette première semaine. Les affaires (très) sérieuses reprendront le week-end prochain avec deux étapes très difficiles, avant d’entamer une troisième semaine qui sera aussi éprouvante, surtout la 18e étape.
2 – Vuelta, la Bahrain-Victorious atomise!
Sinon, avez-vous vu les résultats de la 9e étape hier? Caruso 1er, Haig 4e et Mader 7e pour la Bahrain-Victorious.
Landa a certes perdu pas mal de temps pour le général, mais l’équipe continue sa série de succès… parfois surprenante.
3 – Vuelta, la chute de Valverde
La chute d’AleJet dans une descente récemment a fait couler beaucoup d’encre.
Personnellement, je ne comprends pas que Valverde, un coureur de grande expérience, ait fait l’erreur de descendre mains sur les cocottes.
Il est clair qu’on était dans une phase de course agressive, avec un Carapaz qui tentait de sortir. Valverde était au contrôle pour Movistar, flairant le bon coup peut-être.
Il roule dans une aspérité de la route, sa main glisse, l’espace d’une fraction de seconde il sort de sa trajectoire, tente de se récupérer pour terminer son virage, mais part à la faute en glissant de la roue avant.
Morale de l’histoire, toujours les descentes de cols à haute vitesse les mains en bas du guidon!!!
4 – Tour de l’Avenir
Victoire finale du Norvégien Tobias Halland Johannessen après une domination assez nette de toute son équipe de Norvège durant la semaine de course.
Le grimpeur espagnol Carlos Rodriguez – qui appartient à l’équipe Ineos – aura cependant mis le feu hier sur l’Iseran et ensuite le Petit St-Bernard, Johannessen devant son salut et sa victoire finale à son… frère jumeau, auteur d’un gros boulot sur l’étape d’hier pour sauver le maillot jaune de son frère. Quant c’est la famille…
Les coureurs canadiens terminent loin, avec l’Ottavien Carlson Miles 52e du général à plus d’une heure du maillot jaune, honorable prestation quand même. L’expérience acquise du haut niveau est inestimable pour ces jeunes coureurs pour la suite de leur carrière.
5 – Mathieu Van Der Poel
Le champion néerlandais a déclaré forfait pour les Mondiaux de VTT (Mtb) le week-end prochain à Val di Sole (Italie) et c’est bien dommage. Son dos le fait encore souffrir.
MVDP se tourne désormais vers la route: Benelux Tour d’abord, avant ses autres objectifs, Mondiaux et… Paris-Roubaix.
6 – Bretagne Classic
C’est le week-end prochain en Bretagne et on annonce un joli plateau, avec notamment Julian Alaphilippe, Wout Van Aert et un certain Tadej Pogacar. Ils ont probablement tous en tête les Mondiaux fin septembre!
À noter que l’épreuve comporte certains secteurs de gravel.
7 – Lachlan Morton
Intéressant vidéo sur le récent « Alt Tour » de ce coureur hors norme, spécialiste de l’ultra.