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Canadiens: la suite, avec Alexis Pinard

Mon article intitulé « Trop dur, les Canadiens » diffusé la semaine dernière a suscité beaucoup de réactions au sein de la communauté des coureurs maitres du Québec, mais aussi d’ailleurs.  

Les mentions légales de La Flamme Rouge garantissent un droit de réplique. Cela fait partie de l’éthique de travail que je m’impose.  

Personne ne m’en a demandé, mais Alexis Pinard et moi avons échangé ces jours derniers au sujet des enjeux liés à ces Championnats canadiens, dans une perspective plus globale qui est celle de la survie des courses sur route au Québec, aujourd’hui confrontées à une concurrence jamais vue auparavant (événements cyclosportifs, de gravelle, de vélo de montagne, etc.).

Entretien avec Alexis, avec qui j’avais reconnu l’an dernier le parcours de ces Canadiens, et ami de longue date.

La Flamme Rouge : Alexis, tu as compris que La Flamme Rouge est aussi utile en ce sens qu’elle permet de prendre le pouls de la communauté cycliste d’ici. 

Alexis Pinard : Pour moi Laurent, une communauté cycliste en santé est une communauté capable de s’exprimer sur les enjeux de notre sport, objectivement et de façon constructive. J’accueille favorablement ton article, car il est pertinent et permet pour moi de bien avoir le pouls de la communauté, et de réagir. Je le fais aujourd’hui, et merci à toi!   

LFR : Selon toi, et considérant le parcours 2021 des Canadiens, est-il raisonnable de penser que la difficulté du parcours, très sélectif, a découragé plusieurs coureurs maitres à participer cette année? Une fois lâché du peloton de tête, le fun d’une course cycliste n’est plus vraiment là.

AP : Il est certain que le parcours est difficile, je le reconnais, notamment si on le compare à d’autres courses au Québec. Mais est-il trop difficile? Je n’en suis pas sûr. Il l’est un peu moins que l’an dernier, et ça reste une course de Championnat canadien, ou un parcours sélectif est particulièrement pertinent. 

D’autres courses sont aussi très difficiles, je pense à Green Mountain Stage Race où, chaque année, de nombreux coureurs maitres du Québec s’inscrivent. 

J’ai bien aimé le commentaire laissé par Éric sur La Flamme Rouge : c’est une question d’avoir une bonne approche, un bon rapport à la compétition. Tous les parcours ne sont pas faits pour tout le monde, mais ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas y trouver son compte, être satisfait et progresser. Pour certains, seule la victoire compte, et c’est très bien. Pour d’autres, l’objectif peut être ailleurs, par exemple une place dans les 10 premiers, ou simplement le défi d’aller au bout de la course. Cette approche, qui était aussi la mienne lorsque je courais, parle-t-elle encore à beaucoup de gens? J’ose l’espérer, mais je n’en suis pas sûr non plus. C’est utile d’en parler. 

J’ajoute aussi qu’il ne faut pas oublier le GranFondo UCI du dimanche, où l’accent est davantage mis sur l’aspect défi. On compte déjà sept nationalités au départ. On peut y tester sa forme, ça c’est clair, et possiblement se qualifier pour les Mondiaux en Italie plus tard dans la saison.

LFR : Tu as mis en place plusieurs stratégies pour rendre ton événement accessible cette année, notamment en proposant des tarifs d’inscription de groupe. Peux-tu nous en dire plus?

AP : C’est un beau party de vélo qu’on organise, avec une foule d’activité pour tout le monde, incluant la famille des coureurs, leurs enfants. On veut rendre l’expérience client optimale. Dans ce contexte, c’est sûr qu’on favorise la présence d’équipes complètes. 

Cette année, une équipe qui inscrit de trois à cinq participants bénéficie de 20% de réduction sur toutes les inscriptions. À partir de six coureurs(es), c’est 30% de réduction. 

(ndlr : notons que les inscriptions ferment ce mercredi à 23h59, et que les équipes intéressées ou déjà inscrites peuvent profiter du rabais en écrivant à info@classiquedesappalaches.com)

LFR : Des changements seraient possibles si l’événement revenait dans l’avenir?

AP : Manifestement, et grâce notamment à ton article, on a des choses à revoir pour l’avenir parce que mon organisation a manifesté son intérêt auprès de Cyclisme Canada à poursuivre l’organisation des Championnats canadiens Maitres au cours des prochaines années. 

Il faut toutefois comprendre que des changements impliqueront des efforts, des coûts humains et logistiques supplémentaires. On va le faire avec plaisir si cela nous permet d’augmenter l’expérience client, d’optimiser le plaisir qu’ont les participants à venir courser à Victo. L’enjeu reste à savoir si d’éventuels changements vont amener une participation accrue ? À quel point la communauté cycliste va répondre présent si on modifie le parcours l’an prochain, pour le rendre disons plus accessible? C’est une grande question pour moi.

LFR : À long terme, quel est l’impact d’une participation moindre des coureurs maitres sur un événement comme le tien, sur des partenaires financiers aussi?

AP : C’est très clair qu’un des indicateurs importants de l’évaluation de l’événement, c’est le nombre de participants, ainsi que les retombées économiques et sociales. Moins de participants veut dire plus d’enjeux pour convaincre les partenaires de poursuivre l’aventure dans les prochaines années. C’est important que la communauté cycliste participe. Et ma responsabilité c’est de leur livrer un événement de grande qualité, notamment en matière de sécurité, de fun, ou tout le monde va y trouver son compte, que ce soit le futur champion canadien ou le cycliste participant à son premier GranFondo. 

LFR : J’ai souvent écrit, ces dernières années, que les courses sur route au Québec traversent une période difficile. La compétition avec d’autres types d’événements est certainement une partie de l’explication. Le GP cycliste de Ste-Justine, prévu le 18 juin dernier, a été annulé à la dernière minute. Je pense que c’est difficile d’organiser une course cycliste sur route actuellement? 

AP : Je te le confirme Laurent. Une chance qu’on a nos précieux bénévoles, la réelle force de notre organisation. Ces gens travaillent avec professionnalisme et passion, ce sont nos héros. Et c’est sûr qu’une source de satisfaction de nos bénévoles, ils sont 300 pour l’événement en fin de semaine prochaine, c’est le nombre de participants.

Je te confirme également que certains coûts fixes sont très élevés pour des courses sur route, car c’est un événement mobile, où on a un peloton qui évolue à vitesse variable sur des routes le plus souvent ouvertes à la circulation. La sécurité en course, l’encadrement (signalisation, premiers répondants, ambulances, etc.) représente donc des coûts importants, que d’autres disciplines du cyclisme n’ont pas forcément. 

C’est clair que les courses sur route traversent une période difficile. Et je trouve cela parfois difficile à expliquer car il n’y a jamais eu autant de monde sur un vélo, et jamais autant de monde l’hiver sur leur home-trainer et des plate-formes comme Swift. 

LFR : Tu as l’impression que Cyclisme Canada et la FQSC facilite actuellement les choses pour un organisateur de courses sur route? 

AP : Je pense qu’on a besoin d’avoir une conversation sur le paysage compétitif et cyclosportif au Québec, pour moi c’est clair. On est à une croisée des chemins, et on a probablement une fenêtre d’opportunité actuellement pour revoir les facteurs associés tant à l’offre qu’à la demande pour des événements cyclistes puisqu’on amorce l’ère post-Covid, et qu’on se dirige notamment vers l’accueil des Mondiaux UCI GranFondo en 2026. 

Du côté de l’offre, a-t-on trop d’événements cyclistes? Les fédérations ont un rôle à jouer en s’assurant de ne pas développer chacune des disciplines en silo, ce qui augmente la concurrence entre ces disciplines. Il faut probablement une certaine coordination, notamment au niveau des événements : route, piste (notamment avec le nouveau vélodrome de Bromont, bientôt prêt), gravelle, vélo de montagne, cyclosport, BMX, de plus en plus d’événements pour les e-bike… 

Du côté de la demande, je ne suis pas sûr qu’on la comprenne bien aujourd’hui. Les mentalités ont évolué, les gens sont plus dans le plaisir qu’avant, recherchent aussi des expériences plus « immersives » avec une vraie expérience client, il y a une analyse à faire, en particulier du côté de leur rapport avec la compétition en cyclisme sur route. Les fédérations ont un rôle à jouer dans l’élaboration de ces analyses, question de prendre les bons virages pour l’avenir en fournissant un cadre structurant pour l’ensemble de leurs parties prenantes, des plus récréatives aux plus compétitives, à titre de participant ou d’organisateur d’événements.

LFR : Je te laisse le mot de la fin Alexis.

AP : Je veux être clair : si nous devons revoir le parcours pour améliorer l’expérience client et augmenter la participation dans l’avenir, on va le faire!  

Je tiens aussi à rassurer : tout le monde peut trouver son compte cette année au Vélo.Victo.Fest.  Ma philosophie se résume un peu à « Podium, Peloton, Party ». C’est certain que sur ce parcours, tout le monde ne peut pas rêver à un podium, mais beaucoup peuvent rêver au peloton et son ambiance, et tout le monde peut être du party. Je l’ai écrit dans le mot de bienvenue à l’événement : « profitez-en, ensemble, et brillons par notre passion. Trève d’introduction. Passons à l’action. »

Trop dur, les Canadiens Maitres?

Sur la base de l’expérience de septembre 2021 et selon l’avis de nombreux coureurs, la réponse est oui pour ce qui est du parcours de Victoriaville dans un peu plus d’une semaine.

Au cours des derniers temps, j’ai pu constater que la distance et le dénivelé de ces Championnats canadiens maitres 2022 font encore peur cette année, malgré les modifications au parcours de l’an dernier.

132 kilomètres chez les Maitres 1 et 2, incluant trois tours d’un circuit assassin, ce qui veut dire trois fois une rampe qui est assurément plus difficile à encaisser que Camilien Houde ou la côte de la Montagne à Québec. Certains pourcentages dans cette rampe de trois kilomètres dépassent les 18%.

Sur un tel parcours, c’est une sélection par l’arrière. Course d’équipe? Je demande à voir! L’an dernier en tout cas, il n’y a pas eu de course d’équipe. Je le sais, j’y étais.

Il y a eu des Championnats canadiens élite moins difficiles…

Les quelques coureurs maitres disposant d’un rapport poids-puissance supérieur à la moyenne et d’une excellente VO2max y trouveront leur compte, puisque 90% du peloton sera éliminé par simple attrition.

On connait ceux qui pourront s’illustrer, et ils en ont le mérite. En gros, vous prenez les mêmes que l’an dernier, c’est une bonne base. En M2, je peux presque déjà vous décliner le top-10. Je n’en fais pas partie!

Il faut toutefois s’inscrire!

Il y va de la survie du cyclisme sur route au Québec.

L’organisation de l’événement de Victoriaville, Alexis Pinard en tête, ne ménage pas les efforts pour faire de cet événement un incontournable de l’année, et ce depuis plusieurs années déjà.

C’est pas moins de quatre jours d’événements et de festivités qui sont organisés. Le programme est ici. On peut donc aussi y venir en famille, tout le monde y trouvera son compte. J’ai expérimenté l’an dernier avec mes parents.

On pourra facilement passer plusieurs jours à Victoriaville dans une ambiance résolument cycliste et… festive.

En marge des Canadiens, vous avez aussi le GranFondo UCI, épreuve de qualification aux Mondiaux UCI chaque année (en Italie à l’automne prochain). Et en 2026, c’est ici au Québec que ces Mondiaux prendront place, dans cette même région de Victoriaville.

On aura même droit à un critérium sélection retraite!! Pour le moins original…

Bref, si j’aurais souhaité un parcours un peu plus ouvert pour permettre d’attirer un maximum de coureurs et pour créer une course plus intéressante sur le plan tactique, je soutiens également qu’il faut s’inscrire à cet événement question de soutenir le cyclisme sur route, et de participer à un événement « épique ».

Dans 15 ans, ce parcours vous permettra encore de dire à vos collègues admiratifs « j’y étais, je l’ai fait »!

Irrésistible Philippe Jacob!!

Toute une soirée hier à Sherbrooke!

Un BBQ, la bière du Siboire, un public plus nombreux que la première fois, un peloton plus important aussi fort d’une 60aine de coureurs, une belle météo, une bonne ambiance, et plus de 45 de moyenne au final pour cette 2e édition des critériums GFT du Club Cycliste de Sherbrooke (CCS).

Un franc succès! Y’a un momentum qui se développe et c’est très cool.

Et un très beau vainqueur, le jeune coureur de 18 ans de Granby, Philippe Jacob, déjà 2e de la première édition.

Elliott Doyle et Nicolas Coté complètent le podium aux 2e et 3e places, respectivement.

C’est arrivé au sprint, vent violent oblige, non après une course diablement animée où les tentatives d’échappées ont été nombreuses. Aucune n’a cependant survécue plus d’un tour du circuit.

Déjà vainqueur du 2e sprint intermédiaire, Philippe a ajusté tout le peloton pour la victoire finale au terme d’un sprint tout en puissance, vraiment impressionnant pour un si jeune coureur.

Philippe Jacob, assurément parmi la relève du cyclisme sur route au Québec.

En entrevue d’après course, Philippe me confiait partir très vite pour l’Europe pour participer à une Coupe des Nations en Tchéquie, après quoi ce sera retour au pays, GP de Charlevoix, critériums du Siboire le 9 et 23 juin, puis les incontournables Championnats canadiens à Victoriaville, un grand rendez-vous de la saison.

La victoire de Philippe hier est impressionnante compte tenu de la qualité du plateau: on s’était déplacé de Montréal, de Drummondville, et d’ailleurs au Québec pour ce 2e critérium de la série GFT CCS.

Notamment au départ, Jérémie Fontanaud, excellent sprinter s’il en est. Pris dans une chute sans gravité, Jérémie n’a toutefois pas pu défendre ses chances, et il était visiblement déçu après son abandon forcé.

On notera la présence de l’équipe Studio Vélo de Drummondville, les André Lamarche, Jonathan Boisvert et Frédéric Auger en tête. M’a fait plaisir de vous voir au départ les gars!

D’autres sympathiques coureurs de Montréal me disaient que ce critérium à Sherbrooke était le plus relevé actuellement au Québec. La faute à un certain Julien Gagné, encore généreux de ses efforts ce soir et qui a étiré le peloton à plusieurs reprises, cette fois-ci sans succès final.

Ca s’est terminé autour du BBQ et de la bière du Siboire qui soulignait ainsi la 2e place d’Elliott Doyle, bien amené au sprint par un bon travail de son équipe Siboire-CCS, et notamment celui de Jean-François Blais, fort d’un capital expérience significatif sur ce type d’épreuve. Y’a encore du torque JF, c’est moi qui vous le dit!

Et que dire de PO Boily, toujours un acteur au bon moment des critériums.

Prochain crit, le 9 juin prochain. C’est à Sherbrooke que ca se passe, c’est moi qui vous le dit. J’ai du fun à commenter en direct!

D’autres photos suivront sous peu.

Le Tour de l’actualité du cyclisme au Québec

Petit survol aujourd’hui de l’actualité dans le monde du vélo (essentiellement sur route) au Québec.

1 – L’Enfer des Patriotes

Ou la version « Québec » du Tro Bro Léon! C’est ce dimanche du côté de St-Denis-sur-Richelieu.

Une très belle course sur route ponctuée de 13 secteurs sur terre battue dans la version 101 kilomètres, un peu moins sur la version 82 kilomètres.

Le programme technique est ici.

Prévoyez quand même des pneus de 28 voire 30mm, plus prudent.

On s’inscrit en ligne jusqu’aujourd’hui midi, ou sur place.

Une belle à inscrire à votre palmarès!

2 – Camp d’entrainement Bridge the Gap (BTG) pour athlètes féminines canadiennes

Je continue de trouver l’initiative de Global Relay – Bridge The Gap très intéressante, y voyant d’ex-coureurs(es) pro se mobiliser concrètement pour faire avancer les choses en cyclisme sur route. On ne peut en dire autant de tout le monde.

BTG organise du 2 au 7 juin, en marge du « Tour de Gatineau », un camp d’entrainement à Gatineau pour jeunes athlètes féminines, camp supervisé par Karol-Ann Canuel.

But du camp, apprendre les habiletés techniques et tactiques essentielles à la course, ainsi qu’introduire les athlètes féminines à la communauté cycliste.

On peut poser sa candidature. Toutes les infos sont ici.

Merci à Karol-Ann pour avoir porté cette initiative inspirante à mon attention!

3 – Féminaction

Dans la même veine, mais du côté du ski de fond, un sport qui m’est désormais très cher, les ex-olympiennes Laura Leclair de Gatineau ainsi que Cendrine Browne se mobilisent et ont fondé Féminaction, une initiative ayant pour but d’encourager les filles à continuer dans le sport du ski de fond.

Des activités viennent d’être annoncées, notamment trois camps d’entrainement, des visites en région pour partager l’expérience de ces olympiennes, ainsi que de la formation à l’égard de la profession d’entraîneure en ski de fond.

Les mises en candidatures sont ouvertes, et toutes les informations sont ici. À vos ski-roues!

4 – Critériums du Club Cycliste Sherbrooke

Fort du premier succès, la 2e manche de la série de critériums régionaux à Sherbrooke aura lieu jeudi prochain 26 mai.

L’organisation s’est récemment rassemblée pour un post-mortem et déjà, des nouveautés sont annoncées pour le prochain crit.

Première nouveauté, deux départs sont organisés, l’un à 18:15 pour la série « Sport » (30min + 3 tours), l’autre à 19h pour la série « Élite » (50min + 3 tours). On vise à augmenter le plaisir des participants en assurant une certaine homogénéité des niveaux.

Et question de garder l’événement festif et convivial, un food truck sera sur place pour vous régaler.

La bière du Siboire aussi bien sûr!

Toujours derrière le micro, j’essaierai aussi de garder l’ambiance festive tout en décrivant les courses de mon mieux, question de vous faire vivre la tactique de course à son meilleur.

5 – Critériums régionaux à Drummondville

Le sympathique et entreprenant André Lamarche, présent au premier critérium à Sherbrooke, a porté à mon attention la prochaine série de critériums à Drummondville, et je salue l’initiative!

Affuté, André Lamarche, ouf. Beau bestiau. Tout un coureur, c’est moi qui vous le dit. Une vraie dague. Quand je serai grand, je veux être comme André Lamarche, ou comme Alain Goulet. Des inspirations.

Les crits de Drummond, ca débute le 16 juin prochain. Suivront les 22 et 30 juin, puis les 7 et 14 juillet. Départs à 18h45, 50 minutes de course.

Idéal pour préparer vos Championnats canadiens à Victo!

Toutes les infos sont ici.

Le CCS-Siboire pourrait bien y étendre son emprise sur les crits du Québec…

6 – Israel – Premier Tech

Je sais pas vous, mais je commence à trouver inquiétant le manque de résultats de l’équipe Israel-Premier Tech sur le Giro, la compétition étant féroce pour le renouvellement des licences WorldTour en fin de saison.

Le graphique ci-bas, à jour, montre qu’Israel – Premier Tech est actuellement en 20e place dans le classement des points cumulés sur les saisons 2020, 2021 et 2022. Sur ces points, les 18 premières équipes auront une licence WorldTour 2023-2025.

L’équipe Arkea-Samsic cartonne en ce moment, notamment avec ses résultats sur le récent Tro Bro Léon.

Alpecin-Fenix a récemment confirmé qu’elle demandera une licence WorldTour pour la période 2023-2025.

Ces deux équipes sont encore en continentale pro cette saison, et figurent très bien dans le classement actuel, suggérant que deux équipes actuellement en WorldTour seront recalées en fin de saison.

Pour le moment, ces deux équipes sont Lotto-Soudal et Israel-Premier Tech.

C’est la cata du côté de Lotto-Soudal, la grande organisatrice de l’équipe Valérie d’Haeze ayant remis sa démission il y a seulement quelques jours. On annonce également Tim Wellens partant en fin de saison.

Le manager John Lelangue a cependant beaucoup de métier dans le cyclisme et pourrait être un homme bien capable de gérer pareille crise. Il est peu probable que la Belgique laisse tomber une équipe emblématique de leur sport. Le cyclisme est juste trop important en Belgique!

Intermarché atomise actuellement sur le Giro avec notamment Biniam Girmay (mais pas que, ses coureurs ont fait sept top-10 dans les 10 premiers jours du Giro!), je pense que BikeExchange va remonter au classement avec les grands tours, et je vois aussi Cofidis dans ce cas de figure.

Il va falloir une grosse deuxième portion d’année à Israel – Premier Tech pour remonter dans la hiérarchie.

Évidemment, d’autres facteurs peuvent influencer l’octroi de licences WorldTour, notamment l’éthique. Astana n’a pas vraiment bonne réputation à cet égard, pourrait-on par exemple sanctionner la présence d’Alexandre Vinokourov dans le giron de l’équipe? Astana connait actuellement d’importants problèmes financiers, les coureurs n’ayant pas été payés récemment. La fin prochaine de cette équipe?

D’autres équipes pourraient faire le choix de ne pas demander de licence WorldTour en 2023-2025, leur permettant de réduire leur budget de fonctionnement.

Pourrait-on également assister à la fusion de deux équipes actuelles WorldTour, question de créer un groupe plus puissant encore? Pas impossible. EF avec Trek? Lotto-Soudal avec?

La déception vient probablement de Total Énergies, dont l’important investissement cette année dans Peter Sagan et toute son armada n’a que très peu rapporté à ce stade-ci. Si ce recrutement de prestige visait l’octroi d’une licence WorldTour 2023-2025, j’ai bien peur que ce soit déjà loupé.

Affaire à suivre!

La progression Philippe Jacob

46 km/h.

C’est la moyenne que les coureurs ont établi hier soir lors du premier critérium régional de la série GFT organisé par le Club Cycliste de Sherbrooke (CCS). Ca roulait très fort!

Photo: Rafael Guenette
Photo: Rafael Guenette
Photo: Rafael Guenette

Faut dire que y’avait du beau monde au départ, 45 coureurs dont certains de Montréal. Des champions canadiens et québécois, des coureurs pros et ex-coureurs pros, vraiment un beau plateau.

La météo aidant, ce premier critérium régional en 2022 à Sherbrooke, après 10 ans d’absence, a été un franc succès qui a dépassé les attentes de plusieurs, y compris des organisateurs. Même le public était au rendez-vous!

Photo: Danny Mathieu

Vraiment une belle soirée.

Et parmi les succès, celui du jeune coureur de Granby Philippe Jacob, qui a été un grand animateur de ce critérium et qui a ainsi confirmé sa victoire acquise il y a quelques semaines à peine au chrono de Granby.

Philippe a remporté le premier sprint intermédiaire et a terminé 2e du crit, vraiment remarquable à cette vitesse et devant le plateau de grande qualité au départ. Il n’a que 19 ans!

Retenez-bien le nom de ce très jeune coureur, je peux déjà vous dire que vous ré-entendrez parler de lui dans les prochaines années, aucun doute dans mon esprit. Il y a des signes qui ne trompent pas. La relève au Québec, c’est notamment lui.

Pour le reste, mon ami Julien Gagné a pris sa revanche sur Philippe qui l’avait battu chez les Séniors 1-2 au chrono de Granby: il a dominé ce premier critérium.

Déjà vu en tête du peloton dès les premiers tours, Julien s’est envolé seul après le premier sprint intermédiaire au 8e tour pour ne jamais être revu par la suite.

Photo: Rafael Guenette

Bref, une victoire solo, après avoir roulé seul les deux-tiers de la course en tenant en respect un peloton qui roulait à 46 de moyenne! Son avance n’a fait que s’accroitre malgré les efforts d’un peloton jamais résigné et qui s’est bien battu, notamment les Siboire-CCS qui travaillaient fort pour revoir leur ami parti devant.

Photo: Rafael Guenette

Julien est souvent hallucinant, mais ca on le savait tous. Je vous l’avais moi-même déjà dit, Frank Vandenbroucke sur un vélo.

Le Siboire-CCS s’est consolé avec la 3e place d’Elliott Doyle, parfaitement amené par ses équipiers dans le final. De quoi construire pour les prochaines étapes les 26 mai, 9 juin et 23 juin prochain, et donc le général de la série. Il y a de très belles bourses en jeu, notamment ce 400$ pour la première place au général.

Deux femmes au départ, important de souligner, le cyclisme féminin étant en pleine expansion depuis quelques années. C’est Raphaële Lemieux qui a emporté les honneurs, et elle aussi prépare la relève!

La soirée s’est évidemment terminée pour tout le monde avec une bière du Siboire. Pas juste en gravel, en cyclocross ou sur les cyclosportives qu’on sait se prendre au sérieux juste quant il le faut, pour ensuite ne pas se prendre trop au sérieux. En route aussi.

Je vous le dis: c’est à Sherbrooke que ca se passe dans le monde du vélo en ce moment. Mettez le 26 mai prochain à votre agenda et venez au critérium du CCS: ca vous prend une victoire là pour être sur la map!

Et merci aussi à GFT de son soutien à l’initiative, l’entreprise offrant toutes les bourses en jeu et qui totalisent 3000$. GFT, une entreprise qui est dans le cyclisme à long terme, je vous en passe un papier après avoir discuté avec un de ses responsables hier soir. La version « Premier Tech » dans la région de Sherbrooke… et un allié puissant pour la suite.

Sans oublier le Siboire.

Première expérience pour moi derrière le micro, à l’animation de la soirée et de la course. Ca change d’être sur le vélo, petit pincement au coeur au moment du départ mais j’ai eu du fun!

Photo: Rafael Guenette

Qui roule, le nouveau rendez-vous cycliste à Sherbrooke

C’est déjà bien plus qu’une simple boutique de vélo à Sherbrooke.

Qui roule, c’est une communauté cycliste qui émerge, notamment grâce à ces formations offertes pour nouveaux propriétaires de vélos électriques. Guichet fermé déjà!

Stratégiquement positionnée au Mont Bellevue dans le pavillon des soeurs Grises, la nouvelle boutique Qui roule vient d’ouvrir à Sherbrooke il y a à peine quelques semaines. C’est notamment le QG de l’équipe cycliste Siboire-CCS.

Les choses bougent à Sherbrooke côté vélo, aucun doute là-dessus. Ambition affichée, celle de faire de la ville une ville qui roule, et qui est donc en santé. Partout, les initiatives se multiplient et celle-ci est la plus récente.

Derrière l’idée Qui roule, plusieurs personnes dont la coureure cycliste pro Magdeleine Vallières-Mill chez EF Education-Tibco-SVB, Stéphane Vallières, ainsi que Pierre-Olivier Boily, déjà co-propriétaire de la microbrasserie Le Siboire.

Et au coeur de la boutique, les vélos Trek, mais pas que: on y vend aussi du Orbea, pour l’instant.

On y vend également beaucoup, beaucoup de vélos électriques, signe des temps. À Sherbrooke, c’est LE spécialiste de l’électrique.

Enfin, on y vend également une gamme de vêtements personnalisés Qui roule, fait par Sportful. Design très épuré, couleurs très réussies, le travail du graphiste dont je tais le nom a été top. Je vous recommande fortement, Sportful proposant une gamme de vêtements particulièrement confortables et techniques, sans pour autant afficher de compromis sur la durabilité. Je le sais, j’ai testé. Longtemps.

Très bientôt, une terrasse pourra accueillir les cyclistes sur route et vététistes (mtb) du Mont Bellevue tout près, pour un café ou une bière en plein air au sortir d’une sortie route, mtb ou gravel dans les environs.

L’expertise du staff au commande de la boutique est déjà à la fine pointe: Stéphane, papa de Magdeleine, connaît bien le monde du vélo, ses mécanos aussi. Le matos de l’atelier technique est dernier cri, on vous nettoie les pièces aux ultra-sons ou grâce à un bac bio de lavage haute-précision. On ne fait pas mieux dans l’industrie, sauf quelques exceptions qui existent aussi au Québec, notamment du côté de Terrebonne: j’en ai déjà parlé sur ces pages.

Qui roule en est à la Phase 1. La Phase 2 suivra d’ici deux ans, avec une expansion plus significative encore.

Vous venez dans la région de Sherbrooke rouler? Le Mont Bellevue en mtb? Magog, le lac Memphrémagog, le lac Massawipi ou encore la ville de Sherbrooke à découvrir via ses nombreuses pistes cyclables? Un arrêt s’impose: Qui roule, une boutique où on accueille tous les cyclistes, où on leur propose des parcours sympathiques, où on peut rapidement entretenir leur vélo, et où on peut se restaurer dans une ambiance sympathique. Une bière du Siboire n’est jamais très loin… et avec un peu de chance, un coureur de l’équipe du Siboire-CCS passionné de vélo non plus!

Ne manquez pas ca si vous venez rouler à Sherbrooke.

Le vélo de livraison…

Une belle journée pour moi et qui s’est terminée chez Praline Chocolat, mais pas tout à fait au même endroit! (pour les connaisseurs).

Une nouvelle série de courses régionales à Sherbrooke, et le VictoFest

C’est une excellente nouvelle pour le cyclisme sur route au Québec: une nouvelle série de courses régionales voit le jour à Sherbrooke, organisée par l’équipe cycliste Siboire-CCS qui se mobilise pour le vélo.

Il se passe de quoi à Sherbrooke dans le domaine du vélo en ce moment, pas de doute là-dessus. Je couvrirai d’autres nouvelles et événements de la région sous très peu, c’est excitant.

La première série de courses, ce sont quatre critériums organisés dans le parc industriel de Sherbrooke, les 12 et 26 mai ainsi que les 9 et 23 juin prochain.

Les bourses distribuées sont intéressantes, enveloppe totale de 3 000$ notamment grâce au commanditaire GFT, entreprise internationale spécialisée en solutions numériques d’affaire.

Toutes les infos sont ici.

La deuxième série est intéressante puisqu’il s’agit de trois courses sur route, mais dans des spécialités: une course de côte, la célèbre montée du sanctuaire de Beauvoir, un chrono individuel et un chrono par équipe.

Beauvoir, c’est toujours un moment fort de la saison de vélo à Sherbrooke, la courte épreuve (9,3 km) se terminant par une belle montée de presque un kilomètre, réservée aux meilleurs puncheurs et grimpeurs. Une répétition générale de l’étape en côte du GP de Charlevoix!

Cette année, c’est le 17 mai et ca vaut le déplacement. Les infos sont ici.

Le chrono individuel aura lieu le 2 juin avec trois choix de parcours, selon la caté: 5, 10 et 20 kms. Le parcours est exigeant, avec une belle longue bosse à escalader deux fois. Ca sera sélectif! Les infos sont ici.

Enfin, le chrono par équipe (équipes au choix de trois ou quatre coureurs, le temps est pris sur l’avant-dernier coureur de l’équipe à franchir l’arrivée) sera disputé le mardi 12 juillet prochain. Le parcours est linéaire et les coureurs puissants trouveront matière à bien s’exprimer. Toutes les infos sont ici.

Les coûts d’inscription à toutes ces courses sont très abordables et varient entre 17 et 27$.

Sept courses, sept belles opportunités de progresser et d’avoir du fun dans une belle ambiance, avec le Siboire-CCS et sa bière en arrière-plan… Et si vous voyez les coureurs de l’équipe devant sur les courses provinciales, il faudra se dire que ce circuit régional n’aura certainement pas nuit à la condition physique des coureurs de Sherbrooke. Un circuit régional de courses est fondamental pour le développement des athlètes, j’en sais quelque chose ayant été choyé pendant des années dans la région de l’Outaouais, notamment grâce aux critériums NRC, aux courses dans le parc et aux chronos du Ottawa Bicycle Club.

On remercie évidemment les coureurs du Siboire-CCS pour leur initiative cette saison, en espérant que le succès sera au rendez-vous!

D’autres événements près de la région

Début juillet, le VictoFest est de retour à notre grand bonheur, avec deux épreuves phare: la série mondiale GranFondo UCI, ainsi que les Championnats canadiens sur route pour les Maitres.

Un rendez-vous à ne pas manquer pour tous les coureurs maitres au Québec et au Canada. L’événement l’an dernier a juste été parfait.

On rappelle que ceux qui participeront à l’épreuve GranFondo UCI peuvent se qualifier pour les Mondiaux UCI de la discipline, à condition de terminer dans le premier 25% de sa catégorie.

Les Mondiaux 2022 auront lieu à Trente en Italie, dans la superbe région des Dolomites.

Pour celles et ceux qui sont attirés par le titre canadien, ca sera cette année encore très difficile car le parcours demeure un sacré défi. Légèrement modifié, il est un peu plus long (10 kms de plus que l’an dernier, pour un total de 135 bornes), avec une approche du fameux circuit différente, puisque sur un tronçon de 30 kms avec de belles bosses aussi. Ce tronçon sera emprunté à l’aller comme au retour, et les coureurs n’auront « que » trois tours du circuit à faire.

Plus près de l’événement, je ferai sur ce site une reconnaissance du parcours, question d’aussi savoir dans quoi je m’embarque…

Tous les détails de ces prochains Championnats canadiens sont ici. Ce week-end du 1-2-3-4 juillet prochain mérite votre soutien et votre participation, Alexis Pinard et toute son équipe, j’inclus les bénévoles bien sûr, ne négligeant pas leurs efforts pour faire de cet événement le meilleur de l’année cycliste au Québec.

La Coupe canadienne, un nouveau classement national en cyclisme sur route

L’initiative nous vient de Global Relay – Bridge the Gap (GR – BTG), un groupe formé depuis quelques années par d’anciens coureurs professionnels au Canada et qui vise à aider les jeunes coureurs du pays à se développer et à atteindre le niveau professionnel.

En gros, GR – BTG a sélectionné plusieurs courses du calendrier de cyclisme sur route et organisera un classement national, sur la base de points marqués à chacune des épreuves. À la clé, des bourses seront distribuées aux gagnants.

Une sorte de « SuperPrestige Pernod », pour ceux qui connaissent l’histoire du vélo!

La première course du calendrier est le chrono de Granby le 1er mai prochain, et la dernière sera le critérium national organisé en septembre en marge des grands prix de Québec et Montréal. D’autres courses figurent également au calendrier bien sûr, et notamment les championnats provinciaux.

Tous les détails sont ici.

Ce classement national a pour but de créer un sentiment d’appartenance des athlètes canadiens et de promouvoir les courses qui se déroulent chez nous. BTG a été très supportif à l’idée de soutenir nos jeunes athlètes et voit en ce classement une façon de rendre le cyclisme canadien excitant. BTG offrira une bourse aux gagnants de chaque catégorie.

Karol-Ann Canuel

Quelle belle initiative!!

Elle permettra de promouvoir la participation à plusieurs courses au fil de la saison, dotera les gagnants de bourses pouvant soutenir leur développement, et aidera aussi les organisateurs qui pourront probablement compter sur une participation plus large et plus stable à leurs épreuves.

Ce qui me choque, c’est que ca ne vient pas de Cyclisme Canada. GR – BTG est indépendant de la Fédé canadienne.

Niet. Absente, la Fédé.

Cyclisme Canada a accouché il y a quelques mois d’un plan stratégique à mes yeux trop général et trop flou pour être pertinent. Un document désespérant à mes yeux pour l’avenir du cyclisme sur route de compétition au pays.

QUE DEVONS-NOUS FAIRE? – S’engager à atteindre un but. 

Plan stratégique de Cyclisme canada, p. 17

L’un des objectifs (flous) évoqués dans ce plan stratégique, celui de « produire et faciliter des événements qui susciteront l’intérêt des Canadiens pour le cyclisme. Cela engagera notre communauté et stimulera un nouvel intérêt et une nouvelle participation, tout en soutenant le développement des athlètes et en rehaussant le profil du sport. »

Force est de reconnaitre que la récente initiative d’un classement national, pourtant élémentaire, ne vient pas de Cyclisme Canada.

GR – BTG a même réussi à engager une compagnie comme Shimano dans leurs activités et initiatives. Je dis bravo!

Cyclisme Canada? Niet. On s’intéresse à la piste.

Pendant ce temps, des athlètes et ex-athlètes sur route se mobilisent. Bravo.

La directrice exécutive de Global Relay – Bridge The Gap est nulle autre que Leah Kirchmann. Sur le Conseil d’administration, les Ryan Anderson, Kevin Field, Andrew Pinford, Erinne Wilcock et… Svein Tuft.

Will Routley est un co-fondateur (l’autre est Ryan Anderson).

Parmi les conseillers, Karol-Ann Canuel et Brian Storey.

Merci à Karol-Ann pour avoir porté cette initiative à mon attention. De quoi donner un peu d’espoir dans la situation morose actuelle que traverse le cyclisme sur route au Canada.

15e édition du GP Ste-Martine dimanche prochain

Et on ne veut pas que ca soit la dernière!!!

La saison des courses cyclistes sur route au Québec s’est amorcée la semaine dernière (le calendrier complet est ici) avec la première édition du Grand Prix des Bois Francs, du côté de Delson en banlieue de Montréal. Un peu plus de 200 coureurs(es) se sont présentés(ées) à l’événement, un nombre disons… limite pour permettre à une telle course de boucler le budget.

Dimanche prochain, la 15e édition (déjà!) du GP de Ste-Martine aura lieu. Désormais une classique du calendrier, cette course présente une belle caractéristique: trois fois sur quatre, le festival de la bordure. Cyclisme 101 ici.

Idéal pour s’imaginer un instant être sur Gand-Wevelgem en Belgique ou sur le GP E3!

L’organisation dirigée par André Charlebois est comme d’habitude irréprochable. Je vous parlais en 2016 des initiatives que cet organisateur-né multiplie pour promouvoir le vélo dans le secteur de Beauharnois. Aujourd’hui, nombre de ces initiatives ont vu le jour, et on parle même de phase 2!

On pourra s’inscrire sur place à Ste-Martine jusqu’à une heure avant l’épreuve. Les inscriptions en ligne sont disponibles ici, et sont ouvertes jusque ce jeudi midi (demain).

Un calendrier de course à revoir?

J’ai beaucoup, beaucoup de respect en ce moment pour les organisateurs de courses cyclistes sur route au Québec, car une telle organisation est vraiment compliquée aujourd’hui.

Dans d’autres disciplines comme le gravel, le Mtb ou le cyclo-cross, les organisateurs ne font pas face aux mêmes défis.

Prenez simplement la sécurité sur la route: en cyclisme sur route, tu dois protéger les pelotons en constante mouvance, tu dois sécuriser des kilomètres de circuit, gérer la population locale qui veut avoir le moins de nuisance possible, etc. Tout un casse-tête – un casse-tête qui coûte cher en plus! – que les organisateurs de course de Mtb ou de cyclo-cross n’ont pas.

La photo-finish n’est souvent pas nécessaire sur les autres disciplines, mais en cyclisme sur route toujours indispensable.

Bref, boucler un budget en cyclisme sur route, c’est tout un défi en ce moment. Les services de police facturent, c’est très cher. Et la FQSC impose ses règles, ses exigences qui compliquent souvent le budget des organisateurs, notamment au niveau de la prise en charge des commissaires.

Dans ce contexte, l’offre de courses sur route ne s’est pas améliorée ces dernières années au Québec. J’ai abondamment couvert le sujet sur ce site.

Côté FQSC, c’est pour le moins qu’on puisse dire l’immobilisme total: pas d’initiatives susceptibles de populariser le cyclisme sur route, on manque clairement de vision. Et on se laisse porter par la vague: le gravel est en expansion? Très bien! Mais soutenir le cyclisme sur route…

Les initiatives que je vois autour de moi ne viennent pas de la Fédé, mais bien d’individus qui se mobilisent pour faire vivre le cyclisme sur route. J’y reviendrai très prochainement pour vous parler justement de nouvelles initiatives locales qui sont à saluer.

Pourtant, du côté des fédés, il y aurait tant à faire si on veut être un peu créatif.

Pas les idées qui me manquent en tout cas, en premier lieu du côté d’initiatives inter-catégories et inter-disciplinaires pour favoriser la participation d’équipes organisées, voire mixtes (H-F).

L’usage d’outils modernes façon Velon, pourquoi pas?

Et une réforme du calendrier?

Des « trous » existent en effet dans le calendrier de la saison durant des belles périodes de l’année où la météo est clémente et habituellement agréable (la météo est un facteur très important pour la participation des coureurs maitres qui ont le choix d’une offre en croissance parmi les autres disciplines du vélo, comme le gravel). Les changements climatiques ont retardé l’arrivée du printemps au Québec, et ont aussi fait des automnes plus beaux, plus chauds, et souvent plus longs.

Organiser une course cycliste fin-avril au Québec comporte de plus en plus de risques au niveau climatique, surtout avec des départs à 9h du mat’. Août, septembre sont sous-exploités…

Il neigeait ce matin à Gatineau.

Chose certaine, c’est loin d’être mort, le cyclisme sur route. Mais je vois un gros chantier au Québec au cours des prochaines années pour le réformer/bonifier. On parle des catégories et de l’hétérogénéité de certaines?

Soirée Siboire: Sherbrooke, ville de vélo

Il se passe de quoi à Sherbrooke côté vélo.

C’est Pierre-Olivier qui l’a dit hier en introduction à cette soirée conférence « Parlons Vélo » au Siboire Dépôt avec les invités Guy Thibault et Guillaume Boivin: la vision, c’est de faire de la ville de Sherbrooke une ville vélo.

Peut pas être plus clair.

Beaucoup de choses encore à venir dans les prochains mois!

Et c’est une bonne partie du gratin du vélo au Québec qui était présent hier au Siboire: on était venu de Gatineau certes, mais aussi de Bromont, de Drummondville, de Montréal, et de bien d’autres endroits au Québec et ailleurs (la Virginie par exemple) pour écouter Guy et Guillaume.

Très belle soirée, fort intéressante.

Autant pendant, qu’après!

Guy Thibault nous a d’abord servi un condensé des derniers développements en matière d’entrainement par intervalles. C’est toujours intéressant d’en apprendre davantage sur les formules qui donnent les meilleurs résultats, et notamment ce fameux 12x30sec full gas avec 4min de récup entre les intervalles. Formule « Gibala » pour ceux qui veulent en savoir plus!

Intéressant aussi de savoir qu’on peut faire des séances d’intervalles tout le temps, même à faibles intensités en mode récup.

Évidemment, il a été question avec Guy d’entrainement polarisé, la formule « à la mode » actuellement.

De la tyrannie du FTP aussi, comme celle des lactates. Une bonne idée, d’ailleurs, les lactates dans le sang au départ d’un chrono…

Ce fut ensuite le tour de Guillaume Boivin qui est évidemment revenu sur son Paris-Roubaix d’anthologie il y a quelques semaines avec son équipe Israel Start-Up Nation.

C’était « gooooood »….

Roule aux watts, Guillaume? Pas du tout.

L’important au bout du compte, c’est pas les watts, mais bien la vitesse. Parce que quand vient le temps de t’accrocher à la roue de Mathieu Van Der Poel, ben tu t’en fous des watts: faut juste que tu trouves le moyen de rester dans la roue de Mathieu!

Guillaume boivin, 23 novembre 2021

Sept gels à l’heure sur une course comme Paris-Roubaix, l’alimentation en course chez les pros n’est pas forcément celle qu’on croit…

53 psi dans les pneus de 30mm de section pour Guillaume sur Paris-Roubaix cette année, disputé sous la flotte.

Maudite chute…

Le plus dur pour un coureur québécois en WorldTour en Europe? L’exil, loin de sa famille.

Le secret du succès des jeunes pros en Europe actuellement, comme Pogacar ou Evenepoel? Pas facile à déterminer avec certitude, mais ces coureurs s’entrainent très bien depuis des années déjà, la science de l’entrainement ayant beaucoup progressé.

Et oui, on perd encore beaucoup de très bons athlètes en cyclisme au Québec, faute de bien pouvoir les développer et de leur offrir des opportunités de se faire valoir au plus haut niveau.

Oui, le développement du gravel du côté de l’UCI et des Fédés, c’est une bonne chose.

Enfin, ce qui fait la différence chez les pros? Selon Guillaume, la fraicheur au départ d’une course.

Certainement vrai en amateur aussi!

Petite salope

Quelques mots, échangés il y a des années au départ des courses.

Une fraternité dans l’effort, le cyclisme étant un sport si dur.

Le respect, toujours.

La Flamme Rouge, aussi. Ca rapproche parfois, malgré la distance physique entre nous.

Puis la vie qui te sépare, mais pas si différente au fond pour lui et moi.

Des enfants à s’occuper, une carrière. Métro, boulôt, dodo. Les années passent.

Survient la tuile. La vie est rarement un long fleuve tranquille. Surtout en vieillissant.

Tu espères le mieux, discrètement. Quelques mois plus tard, t’es heureux d’apprendre que l’enjeu est maîtrisé. Tu as certes gardé le silence, mais tu es fier de voir qu’une fois de plus, un coureur cycliste a montré de quel bois il était fait.

Après tout, nous sommes de sacrés gaillards.

De nouveau, t’es admiratif de ses exploits, de sa passion pour le cyclisme. De très bons résultats cette saison. Je suppose que souffrir sur un vélo n’est pas grand chose quant on a traversé l’enfer.

L’enfer se représente.

Petite salope.

Alors le compte-rendu de Milan-Turin attendra un peu. Jamais été là pour faire de l’audimat, encore moins du cash.

Aucun doute, la petite salope sera vaincue, car elle est seule: lui ne l’est pas.

Ce n’est qu’une question de temps, de patience: porter l’attaque au bon moment.

Sait pas à qui elle a à faire, cette petite salope: le gars est un teigneux, dans le bon sens du terme. Capable de rouler 250 bornes solo, pour les bonnes raisons.

Et de repartir le lendemain.

Lâchera jamais l’affaire.

Aujourd’hui, je pense à lui.

Prompt rétablissement, champ.

Demain, la route ne sera que plus belle.

L’actualité des Mondiaux 2021

Petit Tour de l’actualité des Mondiaux 2021 dans les Flandres, qui débuteront la semaine prochaine.

1 – Championnats d’Europe

Pour ceux qui auraient manqué la course, où pour la revoir, c’est ici.

2 – Mathieu Van Der Poel

Confirmé, prochain test sur le Grand Prix de Denain le 21 septembre prochain, cinq jours avant l’épreuve sur route des Mondiaux.

Nous savons tous que si MVDP prend le départ des Mondiaux, ce ne sera pas pour faire de la figuration, surtout si Wout Van Aert est donné favori!

3 – Équipe canadienne

La sélection canadienne a été annoncée et au niveau élite, ca fait plaisir.

Six coureurs au départ, dont le nouveau champion canadien Guillaume Boivin qui peut croire en ses chances d’aller loin dans la course.

Idem pour Hugo Houle et Antoine Duchesne, qui sont en forme. Espérons qu’ils auront pu régler leur différent survenu lors des Canadiens.

Ben Perry est également de la partie.

La présence à leurs côtés de deux jeunes coureurs québécois, Pier-André Côté et Nicolas Zukowsky, fait vraiment plaisir, car ces coureurs pourront vivre une expérience qui les fera progresser… voire leur permettra de se montrer au plus haut niveau. Je ne serais pas surpris de voir l’un d’eux en échappée tôt dans la course, par exemple dans l’échappée matinale. Zuko sort du Tour de Grande-Bretagne et Coté court actuellement le Tour du Luxembourg après quelques bons résultats en France au mois d’août.

Chez les femmes, un choix logique: Canuel, Kirchmann et la nouvelle championne canadienne Jackson.

Chez les U23, une seule place pour l’épreuve sur route, occupée par Raphael Parisella, qui était notamment sur le Tour de l’Avenir.

La surprise vient de la sélection junior qui se passera des services du nouveau champion canadien, Jérome Gauthier. Je ne la comprends pas celle-là!

4 – Premier Tech

Évidemment, les amateurs de cyclisme canadiens et québécois ont hâte de connaitre la suite pour le sponsor Premier Tech et Hugo Houle, en partance d’Astana pour incompatibilité des objectifs à long terme.

Selon Simon Drouin dans La Presse, quatre options possibles: Rally, Qhubeka, Israel Start-Up Nation ou encore TeamBikeExchange.

Rally serait un « long shot » selon moi: l’équipe est américaine certes, mais ne dispose actuellement pas de licence WorldTour. C’est probablement l’écueil le plus important pour cette option, car la prochaine opportunité d’obtenir une telle licence, c’est 2023 chez les équipes masculines. Et Rally ne sera pas tout seul sur les rangs, par exemple possiblement Alpecin-Fenix de Mathieu Van Der Poel, et la norvégienne Uno-X.

Mais Rally a des ambitions, notamment avec l’équipe féminine: une licence WorldTour en 2022 sera revendiquée.

Qhubeka, ca peut être intéressant car il y a beaucoup à faire et l’effectif de coureurs est bon, même si Fabio Aru prend sa retraite. L’infrastructure de l’équipe n’est peut-être cependant pas à la hauteur des autres.

Israel Start-Up Nation est évidemment le meilleur « fit », car l’équipe a déjà un certain profil canadien. Son manager, Sylvan Adam, ne serait certainement pas opposé à l’augmenter encore davantage, et si l’équipe pouvait développer une grosse composante « canadienne », ca serait génial puisque cela représenterait également des débouchés pour nos jeunes coureurs de la relève. Et pourquoi ne pas poursuivre davantage avec une équipe féminine, et une équipe de la relève comme il en existe en Europe, par exemple sur le pôle Chambéry Cyclisme Formation? Pour le long terme, c’est gagnant.

L’option australienne TeamBikeExchange est également intéressante, sur le papier l’équipe est plus forte que Qhubeka, et la culture australienne n’est pas très éloignée de la nord-américaine, facilitant les choses. Jakob Fuglsang, actuel leader chez Astana, est également annoncé chez TeamBikeExchange la saison prochaine et on sait qu’Hugo et lui s’entendent bien.

5 – Tour du Luxembourg

Plusieurs coureurs continuent de peaufiner leur condition en vue des Mondiaux sur le Tour du Luxembourg, qui est parti hier.

Le portugais Joao Almeida a remporté la première étape, lui qui a également été vu devant sur les récents Championnats d’Europe. Solide coureur, dur au mal, il sera une force à surveiller lors des Mondiaux, j’en suis sûr.

Un autre coureur qui monte en puissance, comme tous les mois de septembre au cours des dernières années, c’est Bauke Mollema, 2e de l’étape hier. Lui aussi a été vu devant à Trente dimanche dernier, et il est évident qu’il s’agira d’un allié précieux pour MVDP lors des Mondiaux, voire un leader de rechange pour l’équipe des Pays-Bas.

Je suis par contre surpris de voir Benoit Cosnefroy présent sur ce Tour du Luxembourg, lui qui a beaucoup fait d’efforts – avec d’excellents résultats – au cours du mois d’août et sur les récents Championnats d’Europe. Il faut lui faire confiance je suppose, ainsi qu’à ses entraineurs!

6 – Parcours de la course sur route des Mondiaux

Chez les élites, 268 kilomètres et 2600m de dénivelé tout de même, avec pas moins de 42 côtes à gravir dans la journée. Aucune côte célèbre du Tour des Flandres cependant, apparemment pour des questions d’argent.

Neuf des côtes répertoriées sont placées dans les 40 derniers kms. Ca sera très casse-pattes, une course d’usure donc ou une importante sélection par l’arrière surviendra puisqu’il n’y a pas beaucoup de portions significatives sur le plat, permettant de récupérer un peu. Les bosses se succèdent à une cadence infernale.

Parmi les plus difficiles, le Moskesstraat, au début du circuit flandrien que les coureurs emprunteront deux fois: environ 500m de long, 8% de moyenne et un passage à 18%. Le genre de truc qui laisse toujours des traces.

7 – Vidéos

En marge de ces Mondiaux, l’organisation a produit une belle série de vidéos sur l’histoire des Championnats du monde de cyclisme.

Parmi les plus intéressants, ceux-ci sur Yvonne Reynders, une championne cycliste méconnue et pourtant gigantesque dans l’histoire du cyclisme féminin, l’émotion de Julian Alaphilippe, ou le toujours tellement sympathique et authentique Greg LeMond. J’adore ce type!

Et pour revivre un grand moment pour le cyclisme nord-américain, sa victoire sur les Mondiaux 1983 où il a fait un sacré numéro, le vidéo de la course est ci-bas (1h52min).

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