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Port du masque obligatoire à vélo?

La mesure a été annoncée discrètement: le port du masque est désormais obligatoire au Québec lors de sorties à vélo si l’on fait partie d’un petit groupe, limité à un maximum de huit cyclistes.

La mesure a de quoi surprendre puisque l’activité se déroule en plein air, à bonne vitesse et que par défaut, les cyclistes ne peuvent se « coller » l’un à l’autre pour des raisons évidentes de sécurité et de… largeur du guidon.

Même la Fédération québécoise des sports cyclistes a été prise au dépourvu par la mesure entrée en vigueur jeudi dernier, et a fait des représentations auprès des autorités compétentes avec comme objectif ultime un assouplissement de la mesure. On attend toujours des nouvelles.

Reste à savoir si la mesure sera strictement appliquée par les forces de l’ordre.

Selon moi, les priorités sont ailleurs: avec le beau temps, les parcs sont pris d’assaut, les groupes s’y multiplient avec, bien souvent, des mesures sanitaires élémentaires bafouées. C’est là qu’il faut agir si on se fie au gros bon sens, plutôt qu’au sein d’un groupe de quatre cyclistes évoluant à 35 km/h sur une route de campagne, en file indienne et donc forcément distants l’un de l’autre.

Le port du masque peut-il affecter la qualité de l’entrainement à vélo?

L’article publié en novembre dernier sur le site Nature humaine de Guy Thibault nous permet d’en savoir plus sur cette question.

Dans tous les cas, le port du masque lors de la pratique cycliste peut entrainer une gêne respiratoire.

À intensités faible ou modérée toutefois, cette gêne ne se traduit pas forcément par un impact significatif sur le débit ventilatoire, la fréquence cardiaque ou les performances générales.

À intensité plus élevée, les choses se gâtent. Les performances peuvent être réduites, et l’inconfort est grandissant.

En attendant d’autres nouvelles officielles, je conseille la prudence, tout en espérant que les autorités feront preuve de jugement dans l’application des directive. Il m’apparait plus judicieux de concentrer les efforts là où ça paye le plus: les parcs, les rues piétonnes dans les grands centre-villes, voire les lieux publics comme les centres de services divers, sont probablement des endroits où les interventions auront le plus grand impact sur la santé publique.

100 kms de vélo sur la neige

Question d’amuser un peu nos lecteurs français, voici un petit video de moins de six minutes réalisé par Adam Roberge, coureur pro québécois, témoignant de son 100 kms de vélo sur la neige réalisé cet hiver par une température de -20 degrés Celsius.

Vous avez bien lu: -20 degrés Celsius.

Comme quoi, le vélo au Québec, c’est 365 jours par année!!!

Adam en profite pour nous parler de la différence entre la pratique naïve et la pratique délibérée. À l’aube d’une nouvelle saison de vélo sur route, cela pourra en inspirer certains afin de franchir de nouveaux paliers.

Je remercie Adam d’avoir porté ce vidéo à mon attention.

Le cheminement de Geneviève Jeanson

Je trouve la démarche très intéressante, utile. Admirable même.

Geneviève Jeanson a fait parvenir hier une lettre à l’UCI exprimant ses inquiétudes quant aux sanctions réservées à Patrick Van Gansen, l’ex-manager de l’équipe féminine Health Mate convaincu d’harcèlement physique et psychologique envers plusieurs coureuses.

Le cas avait fait du bruit: onze femmes ont rapporté des comportements inappropriés, et quatre plaintes formelles ont été logées auprès de la Commission d’éthique de l’UCI.

Van Gansen a été condamné par la Commission de discipline de l’UCI à un peu moins de trois ans de suspension, rétroactive, soit du 16 avril 2020 au 31 décembre 2022.

Jeanson trouve la sanction insuffisante. Je suis parfaitement d’accord avec elle.

Elle évoque, à titre de comparaison, qu’un(e) athlète pris pour dopage aujourd’hui écope de quatre ans de suspension, et d’une suspension à vie en cas de récidive. Elle mentionne également que dans la société civile, une agression sexuelle est passible d’une peine de prison. Bons points.

Difficile de trouver une personne mieux placée et plus crédible qu’elle pour témoigner des effets dévastateurs que peuvent avoir des entraineurs abuseurs sur de jeunes athlètes.

Et son initiative arrive à un très bon moment, alors que le Ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports tient en France sa 2e convention nationale de prévention des violences dans le sport.

Des cas isolés? Détrompez-vous: les chiffres sont effarants. En France seulement, 407 affaires de violences sexuelles dans le sport au cours de la dernière année, mettant en cause 445 personnes et 48 fédérations sportives. Le cas de Sarah Abitbol est probablement le plus médiatique.

On attend toujours une décision de la Commission de discipline de l’UCI dans le dossier d’harcèlement sexuel opposant Marion Sicot et Mark Bracke. La Commission d’éthique de l’UCI a déjà statué que le code d’éthique avait bel et bien été enfreint par Bracke.

Au Canada et au Québec, Natation artistique Canada est actuellement même au coeur d’un gros scandale d’abus psychologiques de la part d’entraineurs envers plusieurs athlètes. Même l’ex-olympienne Sylvie Fréchette s’en est mêlée.

Faut que ca cesse. Et vite. Vivement cette plate-forme pour les lanceurs d’alerte, promise par l’UCI.

La réhabilitation de Jeanson

Je trouve le geste de Geneviève Jeanson admirable car il témoigne d’une volonté de contribuer aujourd’hui concrètement à prévenir ce genre de comportements totalement inacceptables et extrêmement préjudiciables pour les jeunes sportifs(ves).

Et de s’assurer que les abuseurs sont sanctionnés de façon appropriée. Devons-nous rappeler ici qu’André Aubut, son ex-entraineur, a récidivé depuis sur d’autres femmes?

Ce qui n’est pas pleinement compris se répète, dit-on.

Geneviève Jeanson aurait pu rester loin de tout ça.

En ce sens, son geste est courageux aussi, car il implique de se replonger dans un chapitre de sa vie certainement toujours douloureux pour elle. Sa lettre est manifeste en ce sens:

The abuse that I endured by my coach damaged me. I never thought I would be good at anything else, or be able to function in a normal society. I sought professional help in 2008, and stayed in therapy until 2019. I can proudly say that I am now living a healthy and happy life, but not all young women cyclists have the same opportunities to heal that I had: most will suffer in silence for the rest of their lives.

(…)

It took me 7 years to touch a bike after I was suspended and I retired. I will never know what would have become of my life if I would have had an enriching and healthy career. I’m still bitter about that. Can you believe that it took a failed EPO test and a 10 year suspension to save my life? That suspension allowed me to escape from the imprisonment of my abuser. 

Let’s not have that happen to other riders.

Genevieve jeanson

De toute évidence, Geneviève Jeanson a beaucoup cheminé depuis ses aveux en 2007. C’est tout à son honneur.

Lance Armstrong ne peut (toujours) pas en dire autant.

Julien Gagné: le meilleur est à venir!

Julien Gagné a rejoint depuis la mi-février son équipe St-Étienne Loire Ecsel. Il participait dimanche dernier à la classique DN1 Annemasse-Bellegarde, une des plus anciennes courses du calendrier national français puisque sa première édition remonte à… 1914!

J’ai pu prendre des nouvelles de mon ami Julien tout récemment, alors qu’il rentrait d’une sortie de 150 bornes de récup le lendemain de la classique.

La Flamme Rouge: pas trop rincé Julien?

Julien Gagné: non Laurent, ca va pas mal du tout. On voulait faire un gros bloc d’entraînement alors on a fait plus long aujourd’hui, après la course d’hier. Des bons kilomètres en banque!

LFR: Comment s’est passé Annemasse-Bellegarde pour toi?

JG: Disons simplement que je me la suis donné difficile! On m’avait prévenu: 25 kms après le départ, virage serré puis une belle bosse, il fallait être devant à ce moment. J’y suis arrivé 2e du paquet! Et à partir de là, j’ai couvert les tentatives d’échappée pour mon équipe. J’en ai un peu trop fait: j’ai couvert toutes les tentatives d’échappée pendant plus de 100 kms!! Je voyais que j’avais de bonnes jambes, j’étais agressif, mais j’ai été aussi un peu impatient probablement. Je connais encore mal les coureurs en DN1, ainsi que les équipes et les maillots. J’ai bien dû faire 40 attaques à plus de 650 watts! C’était bien, car ca enlevait de la pression à mes coéquipiers, mais ces efforts intenses et répétés m’ont fatigué et dans le final, les 15 derniers kms, la force me manquait un peu. J’ai tout de même terminé avec le 1er peloton, un peu plus d’une minute derrière le vainqueur. Somme toute, satisfait, une expérience positive qui me prouve que j’ai ma place au sein du peloton DN1, et que le meilleur est à venir.

LFR: tu trouves ca comment, les courses en DN1 en France?

JG: dimanche dernier, c’était ma 2e course à ce niveau. Le plus frappant, c’est la profondeur du peloton. En sénior 1-2 au Québec, t’a quand même un nombre plus limité de coureurs qui peuvent jouer la gagne. Ici, tu es 200 au départ, et du lot, 120 sont des costauds. L’an passé au Québec, je pouvais m’échapper et rester devant un bon moment; ici je m’échappe, d’autres s’échappent, mais ca revient après quelques kilomètres parce qu’il reste beaucoup de très bons coureurs derrière. Ca attaque tout le temps. Vraiment une autre dynamique.

LFR: le placement est important aussi, comme la tactique.

JG: oui, le placement surtout. En France, les routes sont différentes: beaucoup de virages, des rétrécissements, du mobilier urbain, des ronds-points, des dos d’âne, parfois des passages pavés, il y a beaucoup de pièges. Connaître les parcours aide beaucoup et je dois m’adapter à tout ca en course. Sinon, la tactique, c’est surtout de rester groupés nous les coureurs de l’équipe dans les phases critiques, et de se parler pour coordonner nos actions.

LFR: tu trouves tes marques au sein de ta nouvelle équipe?

JG: tout à fait! J’ai été bien accueilli ici, tout le monde est gentil et attentif avec moi, j’ai de la chance. Mon appartement est confortable, bien situé pour aller rouler. Je m’ennuie un peu du Québec et de mes amis par moment, mais globalement, tout se passe très bien. La nourriture est très bonne, on trouve de très bons produits dans les épiceries, mais tout est en petites quantités. Je m’ennuie des quantités qu’on trouve au Costco!

LFR: t’as pu découvrir ta région d’adoption à l’entrainement?

JG: oui, la variété des parcours disponibles m’a frappé, on trouve beaucoup de très beaux parcours, de beaux paysages et c’est diversifié dépendemment de la direction que tu prends le matin. J’ai roulé jusqu’ici dans les monts du Lyonnais, dans la région du Beaujolais, pas mal de bosses qui s’enchainent sans arrêt, c’est quasiment de la moyenne montagne tout le temps. J’ai aussi pu découvrir l’Ardèche, les monts du Pilat et la belle vallée du Forez.

LFR: on a eu peur pour toi, avec l’accident du 17 mars dernier au sein de ton équipe.

JG: oui, un événement vraiment malheureux, un groupe de jeunes coureurs s’est fait renverser par une voiture. Globalement les automobilistes sont courtois avec les cyclistes ici, et je pense que l’accident était un événement assez isolé. La pandémie a un impact aussi: on remarque qu’il faut éviter de rouler juste avant le couvre-feu, les automobilistes sont alors stressés de rentrer chez eux à temps, et ca peut devenir explosif.

LFR: et la condition?

JG: somme toute assez bonne. C’est sûr que l’absence de courses en 2020 parait, je me suis beaucoup entrainé mais c’est pas tout à fait pareil. Il faut que je me ré-habitue aux efforts de très haute intensité. J’y travaille.

LFR: connais-tu la suite de ton programme?

JG: avec la Covid-19 et la troisième vague ici en France, tout est plus compliqué, et il y a pas mal d’annulation de courses, donc c’est difficile de prévoir la suite de mon mois d’avril. Normalement, je devrais avoir une course le lundi de Pâques, après on verra selon la pandémie. Il y a 17 coureurs dans l’équipe, et l’équipe vise à donner la chance à chacun, selon les parcours.

LFR: à quand un retour au Québec?

JG: avec la pandémie et les quarantaines imposées, pas pour tout de suite ca c’est certain. L’équipe a un projet de retourner peut-être sur le prochain Tour de Beauce, prévu cette année en septembre. C’est probablement à ce moment que je pourrais retourner au Québec, pas avant.

LFR: merci Julien! Et à bientôt.

« La discipline de route n’existe plus à Cyclisme Canada » – Hugo Houle

Il faut saluer ce matin l’engagement d’Hugo Houle à défendre l’avenir du cyclisme sur route au Canada et à dénoncer Cyclisme Canada qui se traine lamentablement les pieds dans ce registre depuis des années.

J’ai quand même un devoir en tant que coureur cycliste professionnel sur route de me battre un peu pour la relève et pour les jeunes au Québec qui nous voient performer. Il y a un gros écart maintenant pour la suite. Je ne sais pas si on peut faire quelque chose pour les (ndlr Cyclisme Canada) faire changer d’idées.

Hugo Houle – La Presse plus du 20 novembre 2020

L’article est publié dans La Presse Plus via le journaliste Simon Drouin aujourd’hui.

Je me réjouis de cette prise de position d’un cycliste phare au Canada. Bravo Hugo! Bien dit!

Ca fait des mois, des années que je dénonce la situation du cyclisme sur route au Canada sur La Flamme Rouge. J’ai publié plusieurs articles (et notamment avec des athlètes de la relève qui payent le gros prix de cette situation, notamment Adam Roberge ou Julien Gagné), j’en ai discuté avec plusieurs personnes, certaines influentes dans le milieu du cyclisme ici au pays.

C’est pas compliqué, il ne reste presque plus rien. Exit nombre de courses, dont le Tour du Saguenay ou Québec-Montréal. Exit de vraies équipes élite comme il en existe en DN1 en France. Même les coureurs pro souffrent, les propos d’Hugo à propos des conditions dans lesquelles nos meilleurs athlètes dont aussi Mike Woods doivent performer aux Mondiaux sont effarantes. Quant on sait qu’à ce niveau ca se joue à rien du tout, nos Canadiens méritent eux-aussi des médailles pour atteindre ce niveau de résultats.

Plus encore, la crise se fait sentir à tous les échelons du cyclisme sur route: on ne peut pas dire que le calendrier des courses Maitre s’est étoffé ces dernières années. Beaucoup de courses ont disparu, dont des monuments comme la Coupe des Amériques ou le GP OBC du Parc de la Gatineau.

Certes, nos fédérations ne sont pas coupables de tous les maux. Parfois, les conjonctures sont difficiles. La Covid-19 n’arrange rien pour trouver des sous.

Mais bordel, même si tu n’es pas responsable des causes, tu te grouilles le cul deux fois plus pour trouver des solutions, surtout si c’est ca ta job!!!

Côté Cyclisme Canada, rien (ou si peu). Tout pour la piste, le BMX ou le paracyclisme. Rien contre ces disciplines, mais on peux-tu svp aussi regarder la route, LA discipline phare en cyclisme?

C’est quand même assez bizarre qu’une fédération nationale ne mette aucun programme de développement pour le cyclisme sur route, qui est probablement le sport pour lequel il y a le plus de licenciés. Pour moi, c’est un gros manque de respect.

Hugo houle, la presse plus du 20 novembre 2020

Même au niveau pro, le top du top, ca fait dur. Houle rapporte que sans des contributions spontanées souvent motivées par la pitié, le Canada n’aurait pas d’équipe aux Mondiaux.

Rappelons que la participation canadienne au Tour de l’Avenir s’est étiolée à presque rien depuis 10 ans, et si une équipe a été envoyée en 2019 c’est aussi grâce à des contributions autres que celle de Cyclisme Canada qui est restée les bras croisés tout ce temps. Sans expérience à ce niveau, comment permettre à nos meilleurs espoirs d’acquérir le niveau pour passer pro et une réelle opportunité de se faire remarquer?

Cyclisme Canada – La réponse

Évidemment, Cyclisme Canada se défend de se trainer les pieds. Par souci de professionnalisme, je vous donne le lien et vous invite à lire la réponse de la fédé canadienne ici (au bas de l’article).

Pour moi, c’est clair: du pipeau. L’expression me vient d’Hugo.

On annonce toutefois un programme pour la route qui verrait bientôt le jour. Wait and see.

Je ne comprends pas Cyclisme Canada. Si t’es responsable du développement du cyclisme et que ca va mal pour des raisons que tu ne contrôle pas, ben tu fais quelque chose.

Pourquoi ne pas avoir organisé des « états généraux » sur le cyclisme sur route réunissant les acteurs principaux et tous les niveaux de la discipline? Le malade ne va pas bien? On réunit tous les spécialistes autour de lui et on échafaude un plan d’intervention complet.

Cyclisme Canada a-t-il été en contact avec des compagnies comme Premier Tech depuis 10 ans? Il en existe certainement d’autres.

Si le programme de financement « À nous le podium » limite tant le champ d’action, quelles démarches Cyclisme Canada a-t-il fait auprès des gouvernements pour porter cette situation à leur attention?

Chris Westwood, cité comme représentant de Cyclisme Canada dans l’article, mentionne que « Hugo Houle ne connait pas tout ce qui se passe derrière la scène « .

Certes. Nous non plus. Mais un peu plus de transparence de la part de Cyclisme Canada ne ferait pas de tort non plus… Je demeure convaincu qu’il y a aussi des guerres de clocher derrière tout ca, comme c’est si souvent le cas avec les fédérations sportives. Je sais de quoi je parle, croyez-moi.

Enfin bref, je salue la prise de position d’Hugo Houle aujourd’hui, elle fait du bien et c’est en effet un des rôles de nos tous meilleurs coureurs cyclistes professionnels, celui de défendre le sport. Espérons que d’autres coureurs pourront dénoncer dans les prochaines semaines la situation déplorable actuellement du cyclisme sur route au Canada.

Et s’assoir avec Cyclisme Canada pour trouver des solutions.

Une chance, quelques bonnes nouvelles nous sont parvenues plus tôt cette semaine pour le plus haut niveau avec l’investissement de Premier Tech dans l’équipe Astana.

Un nouveau momentun? Possible oui. Y’a probablement des occasions à saisir en ce moment pour les acteurs du cyclisme au Canada.

De bonnes nouvelles pour le cyclisme canadien et québécois

Certains diront « enfin »!

J’en suis.

Le cyclisme sur route au Canada souffre depuis des années. Je l’ai souvent écrit sur ces pages: une génération est actuellement sacrifiée. Derrière Mike Woods, Hugo Houle, Antoine Duchesne, Guillaume Boivin voire James Piccoli, c’est plus difficile.

Beaucoup de courses élite ont disparu au cours des dernières années au Canada et aux États-Unis.

Une chance que quelques jeunes coureurs canadiens ont pu compter sur l’équipe Rally pour poursuivre leur développement. D’autres n’ont pas eu cette chance.

La première bonne nouvelle, c’est l’investissement plus important que porte Premier Tech dans l’équipe kazakhe Astana.

Premier Tech était déjà sponsor de l’équipe depuis quelques années, voilà que la compagnie de Rivière-du-Loup monte d’un cran. Cette compagnie se spécialise essentiellement dans trois grands domaines, soit l’horticulture et l’agriculture durables, les équipements industriels de manutention, d’emballage et d’outils informatiques d’optimisation, ainsi que les technologies environnementales comme l’assainissement et le recyclage de l’eau ou encore les sels de déglaçage. Elle a commencé par l’exploitation de tourbières dans les années 1920 au Québec.

Il faut dire que Premier Tech a manifestement le sens du sport: l’amphithéâtre de Rivière-du-Loup porte le nom de Premier Tech, et la compagnie soutient également d’autres athlètes comme Laurence Côté ou Charles-Philibert Thiboutot en athlétisme. Il convient de saluer la vision et l’engagement de cette compagnie.

Et l’arrivée d’un investissement supplémentaire de Premier Tech ne se fait pas seule: Steve Bauer se joint également à l’équipe, lui qui était disponible suite à l’arrêt de l’équipe CCC.

Bauer a évidemment un gros bagage du cyclisme de haut niveau, et plusieurs références à titre de directeur sportif, notamment avec son expérience acquise du temps de SpiderTech. Il faudra voir ce qui adviendra de l’équipe actuelle de directeurs sportifs qui comprend notamment le bien connu (et éternel, comme Patrick Lefevere) Giuseppe Martinelli, Dmitriy Fofonov, Bruno Cenghialta, Dmitri Sedoun, Stefano Zanini, Alexandr Shefer et Sergey Yakovlev.

Manifestement, l’influence canadienne au sein de l’équipe Astana est en hausse pour 2021, et Premier Tech a déjà exprimé son souhait que davantage de cyclistes canadiens intègrent l’équipe. Une excellente nouvelle pour la relève d’ici, et il existe de sérieux candidats.

La présence d’Israel Start-Up Nation avec un staff/coureurs (pro-) québécois-canadien renforcé en 2021 (Adam et Saldanha pour l’encadrement, Woods, Boivin, Piccoli chez les coureurs) créera possiblement une énergie positive pour tout le cyclisme canadien, et une saine compétition pour signer les jeunes talents d’ici comme Zukowski, Côté ou d’autres. Et ceux qui signeront à l’échelon supérieur feront de la place au sein d’équipes de développement pour d’autres jeunes talents d’ici.

Autre bonne nouvelle, Premier Tech et Astana annonce la création d’un programme de développement pour les enfants voulant essayer le sport cycliste, question de préparer la relève à la fois au Canada et au Kazakhstan.

Seule ombre au tableau, mais ce n’est pas nouveau, la présence bien sûr comme manager général d’Alexandre Vinokourov, qui traine un lourd passé dans le cyclisme. L’équipe Astana a connu de nombreux cas de dopage entre le moment de sa création en 2007 et 2015. Depuis, force est d’admettre que ça s’est calmé et que l’équipe évolue plus sereinement à ce chapitre. Les allégations d’une collaboration entre Jakob Fuglsang et Michele Ferrari en début d’année ne sont pas allées plus loin auprès de l’UCI. Espérons que tout cela est de l’histoire ancienne.

Vlasov, quelle suite?

Une des stars montantes de l’équipe Astana cette année était certainement Alexandr Vlasov, 24 ans, 3e du Tour de Lombardie et 5e de Tirreno-Adriatico avant de terminer 11e de la récente Vuelta.

Vlasov a encore un an à son contrat chez Astana, mais chercherait à intégrer dès 2021 l’équipe Ineos. Si son départ se confirme, cela pourrait changer des choses chez Astana en libérant une masse salariale pour d’autres recrutements.

Et pour Ineos, en faire de nouveau une super-puissance du cyclisme, voyez un peu: Egan Bernal, Geraint Thomas, Richard Carapaz, Tao Geoghegan, Adam Yates, Daniel Martinez, Richie Porte, Pavel Sivakov, potentiellement donc Alexandr Vlasov en plus des Jonathan Castroviejo, Rohan Dennis, Filippo Ganna, Michal Kwiatkowski, Gianni Moscon, Luke Rowe et Ivan Sosa, et j’en passe. OUF!!! Masse salariale stratosphérique.

Le Tour de l’Abitibi?

Radio-Canada rapporte que les villes d’Amos, de Rouyn-Noranda et de Val- d’Or se sont entendues pour assurer l’hôte du Tour de l’Abitibi pour les… six prochaines années (jusqu’en 2026).

Fait peut-être plus important encore, des ententes de contributions financières ont été signées elles-aussi jusqu’en 2026.

Ouf! Véritable fleuron du cyclisme québécois et canadien, le Tour de l’Abitibi fait un grand pas afin d’assurer sa survie à plus long terme, ce qui n’est pas un mince exploit dans le contexte actuel de la pandémie de Covid-19. Cette épreuve est souvent considérée comme le « Tour de France » des coureurs juniors à travers le monde.

Et à son palmarès, des coureurs comme Alex Stieda, Bobby Julich, Tyler Farrar, Taylor Phinney, Lachlan Morton, Adrien Costa ou, plus récemment, Brandon McNulty. Sans oublier les Québécois Guillaume Belzile et David Veilleux bien sûr. Beaucoup de beau monde!

Le Tour de l’Abitibi, depuis 1969 révélateur de talents.

404 kms, 5000m de dénivelé, à 34 de moyenne! (solo)

La saison 2020 de cyclisme a été bien étrange: privés de courses ou d’événements, plusieurs d’entre nous nous sommes tournés vers d’autres objectifs, souvent extrêmes.

Par exemple, la mode du « everesting » n’a jamais été aussi présente que cette saison. Encore le week-end dernier du côté de Québec!

Plusieurs d’entre vous vous êtes battus contre vous-mêmes, simplement pour réaliser le truc.

D’autres s’attaquaient à un chrono, un temps à battre. Plus difficile.

C’est le cas d’Adam Roberge, récent champion du Québec dans le chrono, et qui vient de battre le record du Défi Bonneville 404.

404 kms à parcourir, 5 000m de dénivelé, réalisés à un peu plus de 34 de moyenne solo, excusez un peu.

Watts moyens sur toute la durée, 271 watts! Aie.

Adam a réalisé ce défi sur son vélo de chrono, près de 12h de selle dans cette position. Faut le faire.

Le récit de son défi est ici.

Demain, présentation du Giro.

Et après-demain, de la Doyenne, qui se disputera ce dimanche, sous la flotte. Défaillances garanties!

Provinciaux de Baie Comeau: « je me suis rassuré » (Julien Gagné)

Les Championnats provinciaux sur route au Québec se sont déroulés il y a 10 jours à Baie Comeau, sur la Côte Nord.

De l’avis de plusieurs, l’événement a été un succès, fort d’un comité organisateur rodé qui avait pensé à tout.

Mais à plus de 8h de route de Montréal, c’est clair que l’éloignement allait avoir un impact sur la taille des pelotons. En cette année spéciale Covid-19, c’était peut-être moins un enjeu!

19 coureurs M1 au départ de la course sur route, 17 chez les M2, des catégories qui habituellement regroupent des pelotons beaucoup plus importants: 108 participants M2 l’an dernier à Contrecoeur.

Le peloton Sénior 1-2 était cependant beaucoup plus important: 66 coureurs au départ.

Et parmi eux, Julien Gagné, que je vous présentais il y a quelques semaines. Pour moi, il est un des gros gros talents actuels en cyclisme au Québec. J’ai vu (et subi) Julien à l’oeuvre, ça arrache!

Pour son retour en compétition après deux ans d’absence dû à une opération à l’artère iliaque, Julien s’est rassuré: avec une 3e place au contre-la-montre, une 2e place dans la course sur route et une 4e place au critérium, il est le coureur ayant affiché la plus belle constance de ces Provinciaux, étant toujours devant.

« Je n’avais pas vraiment préparé le chrono, n’ayant roulé que le dernier mois sur un vélo de TT. La position spécifique, avec un angle plus fermé au niveau de la hanche, est un défi, mais ça s’est bien passé, je m’étais dit avant l’épreuve qu’un top-10 serait bien et je termine 3e derrière un spécialiste comme Adam Roberge et Tristan Jussaume, qui a réalisé un beau chrono. Ca m’a donné confiance pour la suite. »

Le parcours de la course sur route le dimanche n’était pas très sélectif, avec comme seule bosse une rampe d’environ 400m qu’il était possible de passer sur la plaque.

« J’aurais préféré un parcours plus exigeant c’est vrai, mais il faut savoir s’adapter! J’avais d’excellentes sensations durant cette course sur route. Ça a beaucoup attaqué en début de course, et je pouvais aller chercher les échappées car j’avais de la force. À mi-course, on est parti en contre à quatre coureurs derrière deux coureurs devant, et on est rapidement revenu sur eux. J’ai assumé beaucoup de travail devant par la suite, et on s’est retrouvé seulement deux à quelques kilomètres de la ligne, Alexis (Cartier) et moi. Je n’ai pas pu me défaire de lui dans le dernier tour! Il était fort lui aussi et il m’a battu au sprint, qui est un élément plus faible chez moi, je suis davantage un grimpeur. Alexis a bien joué sur le plan tactique, et moi je me suis rassuré, après une longue période sans pouvoir courir, d’abord en raison de mon opération, puis à cause de la Covid-19. »

Troisième course en trois jours, le critérium le lundi s’est terminé sous la pluie pour les Séniors 1-2, ce qui peut être dangereux compte tenu que le parcours était urbain.

« Avec les nombreux coins, la pluie, les plaques d’égout et la peinture sur la chaussée, le critérium était plus dangereux en effet. J’ai préféré m’échapper pour limiter les risques, on s’est retrouvé à quatre devant, après un effort de quelques 12 secondes à plus de 1000 watts pour moi. C’était satisfaisant de voir que je récupérais super-bien de ces efforts moi qui, il y a deux ans, sentait une de mes jambes engourdir après ce type d’effort violent. J’ai pas mal travaillé en tête de l’échappée pour se rendre à l’arrivée, et c’est une nouvelle fois arrivé au sprint. Malgré ma 4e place, j’étais super-satisfait de mon week-end, j’ai montré une belle constance parmi les séniors 1-2, j’ai été acteur de chaque course, je termine avec d’excellentes sensations surtout et ca, ca me rassure pour la suite. »

Quelle suite? Le but est d’intégrer une équipe professionnelle aux États-Unis ou en Europe. La France, en particulier, intéresse Julien: « les parcours me conviennent mieux, plus sélectifs et montagneux« .

Avec une VO2max de plus de 85, aucun doute là-dessus!!!

Et le prochain rendez-vous des coureurs sur route de la FQSC, c’est le GP des Mairies à Contrecoeur sur la rive-sud de Montréal dimanche prochain. Un nouveau parcours est proposé. Devrait y avoir du monde!  Vous devez vous inscrire avant vendredi 18h.

Woods: la revanche

On ne saura jamais vraiment pourquoi Mike Woods n’a pas été retenu dans l’équipe EF du Tour de France. Vaughters lui a préféré Uran, Martinez et Higuita comme coureurs protégés, et des coureurs comme Van Garderen ou Carthy comme équipiers. Vous les avez vu sur le Tour, Van Garderen ou Carthy vous? Pas moi!

Woods quittera en fin de saison EF pour rejoindre Israel Start-Up Nation. Ça fait probablement partie de l’équation.

Alors que le Tour bat son plein, Woods a eu hier la plus belle réaction d’orgueil en s’adjugeant la 3e étape de Tirreno-Adriatico. Il a déposé Rafal Majka sur une attaque tranchante à quelques mètres de la ligne, une arrivée en ascension.

La victoire d’un homme fort! Son geste de victoire en disait long sur sa hargne hier pour gagner la course.

Surtout, Woods avait largué à la régulière dans l’avant-dernière difficulté de l’étape Jakob Fuglsang, Geraint Thomas, Sergio Henao, Simon Yates ou encore Alexandr Vlasov, excusez-un-peu. D’autres avaient décroché plus tôt, comme Nibali ou Froome. C’est dire s’il y a du beau monde… et que Woods est en excellente condition.

Au général, Woods s’installe en tête du classement, mais rien n’est joué: tous les favoris sont encore à moins d’une minute du leader.

Et il reste fort à faire: deux étapes de montagne aujourd’hui et demain, et un chrono le dernier jour sur la 8e étape, long de 10 bornes.

Quoi qu’il en soit, il est clair que Mike Woods présente une excellente condition physique, probablement en hausse: de quoi se réjouir pour les prochains Mondiaux à la fin du mois en Italie!

Canadiens sur le Tour: que de rebondissements!

Parfois, le cyclisme pro est difficile à suivre et à comprendre!

Hugo Houle d’abord positif à la Covid-19, mais asymptomatique. Puis deux contrôles négatifs, puis des tests plus poussés qui révèlent que son organisme n’a très probablement combattu aucun virus récemment.

Du coup, Houle est autorisé à courir. Prévu sur le Giro, pour aider son ami Fuglsang. Puis, il y a 24h, rebondissement: il épaulera Lopez sur le Tour qui part samedi de Nice!

Pour Houle, c’est évidemment une bonne nouvelle: tu ne dis pas non au Tour de France, LA course cycliste des courses cyclistes, la plus reconnue du public également.

Pour Houle, ce sera un 2e Tour de France en carrière. Il avait terminé 91e l’an dernier. Pourrait-on lui donner l’occasion de jouer sa carte personnelle sur une étape? S’il sera là pour épauler Lopez, on ne sait jamais, au profit d’une bonne échappée, un bon résultat est possible.

Mike Woods

Ma surprise des dernières 24h a été d’apprendre que Mike Woods ne sera pas au départ du Tour cette année. Apparemment, la décision a été prise il y a un mois. Surprenant, d’autant plus que Woods envoyait des signaux d’une excellente condition physique, ayant gagné la dernière étape du Tour virtuel sur le Mont Ventoux il y a quelques semaines…

Bref, pour tout vous dire, je ne comprends pas Education First de se priver des services du Canadien. On mise Uran, on mise Martinez, oui bien sûr. Higuita, Bettiol, on est d’accord. Mais Van Garderen? Neilson Powless, aucune expérience du Tour, 23 ans? Hugh Carthy? Lui aussi un premier départ sur le Tour… Jens Kekeuleire? Sans grand résultat cette saison…

Woods affirme que sa décision de quitter l’équipe pour Israel Start-Up Nation n’est pour rien dans sa non-sélection. Personnellement, je n’en suis pas si sûr. Il n’est pas prévu non plus sur le Giro, et personne ne parle de la Vuelta… pour l’instant, c’est Tirreno puis les Classiques comme LBL. Un peu mince tout ca…

Bref, à mes yeux c’est louche. Je ne l’explique pas celle-là! Et c’est bien dommage pour les fans de cyclisme canadien.

Antoine Duchesne

On attend la confirmation du line-up de la FDJ sur le Tour, mais à priori Antoine n’en serait pas.

On sait également qu’aucun Canadien ne fait partie de l’équipe du Tour pour Israel Start-Up Nation. Vraiment déçu pour Guillaume Boivin.

La liste des partants du Tour qui est la plus à jour est probablement celle-ci. À noter que chez Jumbo-Visma, Tom Dumoulin devrait à priori porter le dossard 21, et pas Roglic…

GBC 500: l’autre folle journée de Bruno Langlois

Ca se répète: après la folle journée de Bruno Langlois sur le Tour de Beauce 2019, voici la folle journée du bonhomme sur le Gravel BackPacking Challenge 500, samedi dernier.

Un chiffre: 18h44. Temps officiel, avec les (quelques) arrêts. Plus d’une heure avant le 2e. 17h30 sur le vélo, 29 de moyenne. Je souhaite bien du plaisir à ceux qui voudront s’attaquer à ce temps de référence l’an prochain! 

Bruno a partagé avec moi son expérience du GBC 500.

LFR: Bru, comique, le journal local Reflet du lac a d’abord annoncé le 2e de l’épreuve comme le gagnant.

BL: oui! J’suis arrivé 1h15 après lui, mais comme j’étais aussi parti 3h après lui, tu fais le compte… en fait, j’suis parti le dernier et j’ai remonté tous les participants un à un, sauf deux.

LFR: t’as attaqué l’événement dans quel état d’esprit?

BL: man, je n’avais jamais fait ca 500 km de gravel! Je savais pas trop à quoi m’attendre, c’est sûr que tu penses toujours à exploser, aux crampes… mais j’étais décidé à faire ça « one shot », straight from start to finish. Ça c’est finalement assez bien passé dans mon cas.

LFR: t’as roulé aux watts?

BL: pantoute. Au feeling, compte tenu de la distance à tenir. J’me suis mis dans un mode « contre-la-montre », mais sans taper dedans, jamais dans la douleur. Je montais les bosses facile, et je relançais l’allure derrière, en roulant vite sur les sections de plat, de faux-plat, les descentes aussi. Mon baromètre, c’était de ne jamais être essoufflé.

LFR: doit s’en passer des choses en 17h de bike!

BL: hey boy oui! j’ai fini détruit, les genoux surtout, sur les 100 derniers kilomètres ils me faisaient vraiment mal, pis je comprends pas trop pourquoi, j’ai jamais mal aux genoux. Sur les 50 derniers kilomètres, c’était comme un coup de poignard dans les genoux sur chaque coup de pédale. Ça me coûte probablement mon objectif, celui de tenir 30 de moyenne.

Mais à part ça, mon défi a vraiment bien été, pas de manque d’énergie, pas de crevaison, pas de chute. J’ai juste halluciné un peu par moment j’pense, je voyais plein de lapins blancs partout, j’pense qu’il y en avait des vrais dans la gang!!

500 kms c’est long, alors pour pas me décourager j’avais pas mis les kilomètres sur l’écran de mon compteur, c’était le gps qui était sous mes yeux. J’ai roulé, roulé, roulé, de 10h le matin à 3h30 du matin 19 heures plus tard, c’était difficile mais l’fun aussi. Tu vis des choses en solitaire. À un moment, la nuit, t’es vraiment seul au monde, c’est des sensations spéciales… pis là d’un coup, pu de batteries sur ma lampe de devant! Ça te ramène vite dans le concret!!! Le powerpack a pas trop rechargé la lampe, qui s’est mis en mode « économie », man, j’voyais « fuck all » et dans des routes de gravel, c’est comme important de prendre la bonne ligne. Failli frapper un porc-épic d’ailleurs, ouch, ça aurait pas été beau comme chute ça. Ça peut être gros, un porc-épic!

Par moment, peine nuit, y’avait de la brume en plus, c’était hallucinant, pis soudainement une silhouette humaine apparait sur le bord de la route, dans la noirceur… tu freakes un peu… c’était un épouvantail! Ca a marché…

J’me suis aussi fait insulter par un automobiliste en plein milieu de la nuit, alors que j’avais pas vu un humain depuis plus d’une heure… ordinaire mettons. Mais j’ai eu pleins de beaux moments, j’ai vu des étoiles filantes, j’me souviens du km 353, seul au monde, tu entres dans un état second avec la fatigue aussi.

LFR: tu avais préparé l’événement?

BL: non Laurent, aucune préparation physique spéciale. J’me tiens juste en bonne forme.

LFR: j’ai vu que l’épreuve était organisée comme les tous premiers Tours de France, avec des points de contrôle.

BL: exact! On avait des « check points » à rencontrer, chaque fois il fallait prendre une photo d’une affiche et l’envoyer par texto à l’organisation qui nous contrôlait ainsi. Sauf que des fois, tu trouvais pas l’affiche très facilement! J’étais en mode « against the clock » tout le temps, alors les check points, je voulais y rester le moins de temps possible. Aye, à l’un deux, on m’a offert bien gentiment un sac de savon, mais tu veux que je fasse quoi avec ton sac de savon à ce moment de ma vie?!

Une autre fois, la gentille dame voulait absolument me faire un smoke meat dans les règles de l’art, tout le kit… pis son grille-pain saute devant moi. Madame, j’va l’prendre comme ça votre smoke meat, faut vraiment que j’y aille là!!!

Tu peux aussi t’arrêter dans des dépanneurs. J’y ai acheté un sac de noix à un moment, j’étais écoeuré de manger sucré. Bonne idée!!! Aie, sur le sac de noix, j’ai pris 2km/h de moyenne, ça m’a remis su’l’ piton.

Pis une autre fois, le gars devant moi à la caisse du dépanneur commande pleins de gratteux, ça finit pu ses affaires, pis moi j’suis ben pressé, alors j’ai mangé ce que je voulais acheter derrière lui, pis j’avais pu rien à présenter au caissier une fois rendu mon tour. J’l’ai payé, pis salut, je suis en mode course moi.

LFR: bru, j’pense que t’a aimé ça…

BL: oui. Super belle organisation. Le staff était cool, l’accueil sympathique, une bonne ambiance, pis les gens t’encouragent. C’est vraiment un beau challenge dans une autre atmosphère que celle que je connais bien sur les courses sur route. Mais comme j’ai écrit sur mon Strava: #pastropsouventmettons

Le matos

Vélo Parlee Chebacco

Pneus Ultra Dynamico 42 de section (tubeless, neufs, avec liquide stan’s – zéro crevaison). Selon Bruno, le meilleur compromis est probablement des pneus de 38mm de section, compte tenu du parcours.

53-39, 11-34 (trop gros!)

2 compteurs Garmin (au cas où l’un deux fait défaut), parcours gps téléchargé

Cellulaire, un powerpack pour recharger

Lampe frontale, feux arrière. Une lampe de rechange est probablement une bonne idée…

5 cartouches de CO2, 3 chambres à air, beaucoup de bouffe (trop!), vêtements adaptés.

La mode gravel

Excellent court petit article (en anglais) sur l’actuelle mode « gravel bike ». Je rejoins les opinions qui y sont exprimées: le gravel séduit pour son côté plus « nature » qu’en cyclisme sur route, et plus « accessible techniquement » que le Mtb. L’idée de découvrir de nouvelles routes, de nouveaux points de vue, parfois des routes en forêt, attire aussi.

Et si vous voulez pousser l’expérience gravel au maximum, vous pouvez toujours vous inspirer du petit video ci-bas. Le Forest Gump du gravel, c’est lui!

Le GCB 500, ce week-end

Au moment où vous lirez ces lignes, ils pédaleront sur les routes de terre de l’Estrie, au coeur de ma région natale.

Le 1er (à ma connaissance) Gravel BackPacking Challenge 500, c’est ce week-end depuis Magog, près de Sherbrooke.

Au menu des participants, 500 kms à couvrir solo ou en duo, autonomie complète, 85% chemin de terre et 15% routes bitumées, 6 500m de dénivelé, temps maximum alloué 7 jours. La très vaste majorité des participants couvriront la distance en moins de temps que les 168 heures permises.

Cet événement s’inscrit totalement dans la mode actuelle au Québec, celle du « gravel bike » qui a décidément la cote.

On dirait qu’il y a des cycles (c’est le cas de le dire): y’a 10 ans, c’était le cyclisme sur route qui était en pleine explosion, le mtb étant alors moribond. Puis le mtb a rapidement gagné en popularité, fort de tous ces centres de pratique qui se sont développés rapidement au Québec. Les usagers y voyaient également une façon de fuir la tension existante sur la route avec les automobilistes. Enfin plus récemment encore, je dirais depuis 2-3 ans, le gravel bike explose, les usagers ayant du plaisir à rouler sur des routes de terre peu fréquentées, à moindre vitesse, et dans un esprit il est vrai moins « snob » que celui de la route et moins « technique » que celui du mtb.

Les 200 premiers kilomètres du Challenge 500 seront éprouvants pour les participants, avec de belles montées à travers la région du lac Memphrémagog. La fin du parcours sera moins difficile.

Fait intéressant et signe des temps actuels, les vélos électriques sont permis sur l’événement! (du moins une catégorie leur est réservée)

La moitié des lecteurs de ce site étant en France, je me demande si le « gravel bike » est aussi en explosion de l’autre côté de l’Atlantique? L’offre de routes de terre étant probablement moins importante en France, le concept est peut-être moins pertinent en France qu’au Québec… Amis(es) lecteurs(trices) français(es), n’hésitez pas à nous instruire en laissant un commentaire à cet article!

Le « vainqueur » de l’édition 2020, ou du moins celui ou celle qui bouclera la distance le plus rapidement?  Je mise sur Bruno Langlois. La députée fédérale libérale et ex-championne cycliste Lyne Bessette est également de la partie, question de garder la forme, même si la politique peut aussi être un sport extrême…

Gageons que comme ds tous les autres événements « extrêmes » du genre, le temps établi cette année pour boucler ces 500 kms deviendra une référence à battre l’an prochain, si l’événement perdure.

Quoi qu’il en soit, aux participants, n’hésitez pas à nous raconter votre expérience une fois l’épreuve terminée!

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