Tous les jours, la passion du cyclisme

 

Auteur/autrice : Laurent Page 2 of 347

Le Tour de l’actualité

Pas mal de nouvelles récentes dans le monde du cyclisme… surtout depuis deux ans! Mais bon, limitons-nous et (re)commençons petit!

1 – LBL: MVDP peut-il gagner LBL

Ca a fait couler pas mal d’encre ces derniers jours, et devant la démonstration de Pogi, ben j’ai lu pas mal de conneries sur ce chapitre.

MVDP peut-il gagner LBL ? Oui. Mais pour ca, il faudrait qu’il consacre une préparation spécifique. Pour l’heure, le gus s’est amené sur la course alors qu’il était sur la brèche depuis les Mondiaux de cyclo-cross, puis Milan SanRemo et acteur du final, puis la gagne sur le Ronde, puis la gagne sur l’Enfer du Nord, excusez-du-peu.

Pour moi, la question n’est pas de savoir si MVDP peut gagner LBL; pour moi, la question est veut-il y sacrifier tout le reste?

2 – LBL : la Maison du cyclisme

La Maison du cyclisme a été inaugurée le 19 avril dernier du côté de Remouchamps, au pied de La Redoute, et en présence de légendes du sport, Eddy Merckx et Bernard Hinault en tête.

Rappelons que Merckx demeure l’unique vainqueur de… cinq LBL, et qu’Hinault a écrit une page de la légende du cyclisme en gagnant l’épreuve sous la neige en 1980.

Musée du cyclisme, l’endroit relate les plus belles heures de notre sport, et vaudra donc un arrêt lors de votre prochaine visite du côté de La Redoute.

Pour en savoir plus, je vous propose l’excellent petit vidéo de Philippe Gilbert à l’occasion de l’inauguration. Bien fait!

3 – Tour de Romandie: le prologue

Un prologue très spécial hier car… très court, 2.3 petits kilomètres, du côté de Payerne.

Tu te demandes pourquoi un tel prologue, aussi court chez les professionnels? 2.3 kms! En exagérant un peu, tu peux presque le faire en apnée…

Ceci étant, victoire de Maikel Zijlaard pour l’équipe suisse Tudor. Voilà qui est très bien, et qui réjouira forcément un certain… Fabian Cancellara, qui n’a jamais caché ses ambitions de doucement faire de Tudor une équipe World Tour de premier plan.

Mention très bien à un Julian Alaphilippe, excellent 3e. Ca fait plaisir! On verra si le coureur français pourra confirmer lors des prochaines étapes, ce qui serait un sacré soulagement. Il a assez galéré comme ca, on lui souhaite vraiment d’en décrocher enfin quelques belles.

Dorian Godon, je vous en parlais dans mon article sur le cyclisme français, excellent 4e, la preuve que le cyclisme français rayonne ces jours-ci.

Pour le reste, difficile de tirer des conclusions avec un prologue de 2.3 kilomètres…

4 – Tour de Romandie – les favoris

Y’a du beau monde en Romandie, et ca sera riche d’enseignement pour le Giro.

Deux super-favoris selon moi, le vainqueur sortant Adam Yates chez une équipe très puissante UAE, ainsi que… le revenant Egan Bernal, qu’on a vu à son avantage sur LBL. Attention au coureur colombien, Cyrille Guimard en a aussi fait son favori pour la gagne, il est manifestement en bonne condition et il a faim de victoire!

Beaucoup d’outsiders seront à surveiller de près, pour certains Giro en tête: Juan Ayuso, Brandon McNulty et Pavel Sivakov chez UAE (abondance de biens nuit…), Julian Alaphilippe et Fausto Masnada chez Soudal Quick Step, Giulio Ciccone et Tao Geoghegan Hart the Trek-Lidl, Alexandr Vlasov et Jai Hindley chez Bora-Hansgrohe, Simon Yates chez Jayco-Alula, Lenny Martinez chez Groupama-FDJ, Guillaume Martin chez Cofidis, Enric Mas chez Movistar, Richard Carapaz et Rigoberto Uran chez EF Education Easy Post, voire Louis Meintjes chez Intermarché-Wanty.

Ca se jouera jeudi avec l’arrivée en haut de la bosse des Marécottes, puis sur le chrono de 15 bornes vendredi du côté d’Oron, et enfin le lendemain samedi prochain, l’étape-reine, 150 bornes vers Leysin et une arrivée en altitude.

5 – Valverde, 43 balais pour El Bala

Le vieillissant champion espagnol a de la suite dans les idées: il s’est recyclé, une fois la retraite du cyclisme professionnel sur route, dans les épreuves de gravel bike et il atomise tout ce qui passe. Vivement qu’on le voit aux States sur la Belgium Waffle et autres pour donner l’heure juste au Peter Stetina, Adam Roberge et autres!

Valverde vient de gagner l’épreuve gravel UCI La Innomable en Espagne, haut la main comme toujours.

6 – Time XPro 12 SL

87 grammes par pédale, c’est la pédale la plus légère au monde: la nouvelle Time XPro 12 SL.

Je suis un fan et un fidèle de Time depuis de nombreuses années, appréciant la technicité des produits, ainsi que la légèreté.

Le hic: prix rébarbatif. Plus de 400$/euros. Ouch.

Rappelons que Time a été racheté par Sram il y a quelques années, et que des évolutions étaient attendues depuis un moment du coté des pédales. Pas de révolution, juste des petits ajustements par rapport aux versions antérieures, déjà excellentes.

Roulements céramique, axe titane, trois réglages du « Q-factor », 3 réglages de la résistance du ressort de déclenchement, grande surface d’appui, tout y est.

7 – Colnago

La mythique compagnie italienne a eu de très beaux jours dans les années 1990, équipant alors la prestigieuse équipe Mapei. Les vélos de Michele Bartoli, Johan Musseuw et les autres coureurs de l’équipe faisaient alors envie.

Après un long passage à vide et une absence totale du World Tour, Colnago s’est repositionnée il y a quelques années avec l’équipe UAE de Tadej Pogacar, avec les succès qu’on sait.

Du coup, la compagnie italienne est passée à la caisse, son chiffre d’affaire étant en très nette progression depuis trois ans (x3!).

Ca pose la question: est-il possible de se maintenir dans le marché du vélo de route très haut de gamme sans une présence en WorldTour aujourd’hui?

Perso, je pense que non. L’exemple de Campagnolo est éloquent, la prestigieuse compagnie italienne est totalement absente du WorldTour cette année pour la première fois, et ses parts de marché ne cessent de décliner.

À l’inverse, Trek, Cannondale, Giant, Pinarello, Specialized, BMC, Factor, Cervélo, Canyon, Bianchi, Willier, Merida, Look et Scott, notamment, continuent d’être les grands leaders du marché, fort d’une omniprésence au plus haut niveau.

Pas le choix selon moi aujourd’hui: le WorldTour, ou tu régresses au niveau international. Sur les micro-marché, je conviens que la situation peut être différente.

Cyclistes ordinaires et cols de légende

EXCEPTIONNEL vidéo récent, alors que les grandes cyclosportives de montagne approchent à grands pas. Ne manquez pas ca, installez-vous confortablement et savourez.

On se reconnaitra tous dans ce vidéo!

Galibier, je n’en ai pas encore terminé avec toi…

Le beau printemps des coureurs français

Liège-Bastogne-Liège disputée hier marque la fin de la saison des Classiques, et l’entrée dans la deuxième phase du calendrier cycliste professionnel, soit le temps des grands tours.

En effet, on enchaine sous peu avec la Romandie, puis le Giro, le Dauphiné, la Suisse, et le Tour.

Si les épouvantails que sont Tadej Pogacar et Mathieu Van Der Poel ont régné en maitres absolus de ces Classiques (Tadej termine 3e à SanRemo, 1er sur les Strade Bianche et gagne hier à Liège, Mathieu remporte le Ronde, Paris-Roubaix, le GP E3 et fait 2e de Gent-Wevelgem) en l’absence de Wout Van Aert (presque) le seul à pouvoir donner la réplique, les coureurs français ont été impressionnants durant ce dernier mois, et il faut s’en réjouir.

Tour à tour, les Benoit Cosnefroy, Valentin Madouas, Christophe Laporte, Aurélien et Valentin Paret-Peintre, Paul Lapeira, Guillaume Martin, Romain Grégoire, Quentin Pacher, Kevin Vauquelin, Dorian Godon, Clément Champoussin et hier Romain Bardet, très bon 2e de cette Doyenne, ont pu obtenir des places d’honneur sur des courses majeures au cours du dernier mois.

Beau tir groupé pour le cyclisme français!

Et surtout, pas l’oeuvre d’un seul coureur: cette diversité laisse penser qu’il y a actuellement en France une profondeur de talents. On pourrait penser que la suite n’en sera que meilleure, notamment pour chasser des victoires d’étape sur les grands tours dès cette saison.

Excellent 2e hier, Romain Bardet nous a fait plaisir: entreprenant, osant l’attaque, il a fait la course jusqu’au bout, et sa place vaut quasiment une victoire derrière l’extra-terrestre Pogacar, coureur pour lequel je suis toujours aussi incapable d’expliquer une telle domination. Pogi hier, c’est le plus grand écart à l’arrivée depuis Bernard Hinault en 1981 sous la neige!

Je n’ai pas compris non plus pourquoi Mathieu n’était pas dans la roue de Pogi au pied de la Redoute, sachant que le gus d’UAE avait annoncé vouloir attaquer à ce moment précis de la course. Sûr qu’il n’avait pas les jambes pour suivre, mais au moins il aurait pu essayer. Au lieu de ca, VDP naviguait 20 coureurs derrière, on ne sait trop pourquoi.

Pidcock et le vainqueur de la Flèche, le cadavérique Williams, n’ont pu réellement peser sur la course dans le final.

Quoi qu’il en soit, j’ai bien aimé ce sommaire totalement décalé de Cycling Highlights.

Bref, le cyclisme français a de quoi se réjouir selon moi. Reste plus qu’à retrouver un Alaphilippe actuellement un peu à la dérive (mais c’est pas la faute à Marion), et ca sera complet pour la suite. Alaphilippe serait d’ailleurs actuellement en négociation avec Total Énergie (ou Cofidis?!) pour l’an prochain, et on le comprend après les déclarations malheureuses d’un Patrick Lefevere toujours aussi insipide, et de plus en plus ringard dans le cyclisme moderne, notamment par des propos déplacés envers le cyclisme féminin.

Pour le reste, ben vous m’avez manqué, lecteurs de La Flamme Rouge. Après de (très) longs mois de pause, La Flamme Rouge reprend un peu du service, tout simplement parce que j’en ai marre du désert d’information critique que nous offre actuellement la sphère média – que ce soit sites officiels, vlog ou vidéos YouTube, Instagram et j’en passe. Il y a deux ans, je me sentais perdu dans cet univers qui a beaucoup évolué, ne sachant plus quelle était ma valeur ajoutée… qui m’apparait plus claire aujourd’hui, toujours bien modestement. Si l’univers du ski de fond est désormais un centre d’intérêt très important dans ma vie, le cyclisme demeure, et demeurera toujours, une passion bien ancrée chez moi. C’est que je ne peux pas m’empêcher d’être sur le bout de ma chaise lorsque les coureurs abordent le Vieux Quaremont, ou entrent sur le Carrefour de l’Arbre!

Je compte sur vous pour la qualité de vos commentaires, question de continuer de faire de ce site une référence crédible dans le monde du cyclisme. Soyons articulés, respectueux de l’avis d’autrui, constructifs, et passionnés comme ces… 21 dernières années!

Liège-Bastogne-Liège: Un monument hors du commun

Magique Classique Alex Harvey!

Si la Gatineau Loppet est le plus grand événement de ski de fond au Canada, la Classique Alex Harvey clôture de bien belle façon la saison chaque année, une semaine après le beau 20km skate du Parc de la Mauricie.

La Classique Alex Harvey a en effet un petit « je ne sais quoi » qui rend l’expérience tellement agréable!

Les « race trails » du Mont Sainte-Anne peut-être, ou la présence de tous(tes) les meilleurs(es) fondeurs(euses) du Canada, Antoine Cyr, Olivier Léveillé, Catherine Steward-Jones et Lyliane Gagnon en tête.

Samedi dernier, Antoine n’a pas manqué l’occasion de rappeler qu’il est actuellement le #1 au pays, remportant le 50km devant ses coéquipiers du CNEPH et un excellent Alex Harvey finalement 5e, à quelques secondes seulement. Le meilleur fondeur de l’histoire du Canada est encore sacrément en forme!

Pour Antoine Cyr, cela clôture une saison solide, ponctuée de résultats constants et d’une belle 4e place au sprint à Drammen il y a un mois. Au pied d’un premier podium en Coupe du Monde! Antoine termine également 10e du classement général de la Coupe du Monde 2023-2024, voilà qui situe le niveau qui est le sien aujourd’hui. Ces résultats lui donneront confiance pour la suite, et seront propices à passer un été serein sachant que cette dernière saison servira assurément de tremplin pour la suite.

Outre Cyr, l’équipe canadienne a connu une excellente saison, avec parfois des résultats inattendus, par exemple le titre de championne du monde de Sonjaa Schmidt en sprint U23 lors des Mondiaux de Planica.

L’équipe canadienne ajoutait un autre titre lors de ces mêmes Mondiaux sur le relais mixte, notamment grâce à un dernier tronçon d’une Liliane Gagnon en feu. Électrisant!

Cette même Liliane Gagnon s’offrait un top-10 (9e) en Coupe du Monde sur le 20km skate de Goms en Suisse. Visiblement en nette progression, la jeune athlète de la région de Québec est la relève du ski de fond canadien, avec Schmidt et… Samuel Picard. Ce dernier, un vrai guerrier dur au mal, a connu toute une saison nationale, et à seulement 18 ans il incarne déjà de beaux espoirs pour les prochaines années.

Les doutes de la saison sont du côté de Catherine Steward-Jones et Olivier Léveillé, deux skieurs bourrés de talent mais qui ont connu une saison en demi-teinte. Dans leur cas, ils pourront compter sur le CNEPH et leurs excellents entraineurs pour remettre tout à plat au cours des prochaines semaines, tirer les leçons de ce qui a bien et moins bien fonctionné au cours des 12 derniers mois, et repartir en vue de la prochaine saison.

Quoi qu’il en soit, avec les succès des fondeurs américains en Coupe du Monde, Jessie Diggins et Gus Schumacher en tête, c’est tout le ski de fond nord-américain qui est sur une bonne lancée actuellement, alors qu’en Norvège c’est crise sur crise derrière l’épouvantail Klaebo, meilleur fondeur au monde. Les audiences télé sont en chute, les sponsors débarquent, le calendrier se voit chamboulé dans le mauvais sens, l’absence des fondeurs russes engendre une perte d’intérêt, etc.

Malgré tout, on a déjà hâte à la prochaine saison! En attendant, ce sera retour sur les skis-roue pour tout le monde d’ici peu.

Kikkan Randall: True inspiration

Le phénomène Nordhagen

Joergen Nordhagen.

Retenez bien ce nom!

Le jeune (19 ans tout juste) prodige norvégien a remporté le titre mondial au 20km style libre des Mondiaux U23 et Junior de ski de fond hier à Planica, en Slovénie. Dans la catégorie des juniors.

Avec la manière puisqu’il termine plus de deux minutes devant son plus proche poursuivant.

Payez-vous les images de sa course, absolument parfaite. Au passage, il faudra montrer à Nordhagen à faire du offset, il n’a pas utilisé cette technique de toute la course!

On s’est régalé de son style fluide, constant, léger, presque sans effort. Pas loin de la perfection sur ski. Watch, and learn.

Nordhagen le cycliste

Si je vous parle de Nordhagen, c’est surtout que le jeune phénomène est avant tout… cycliste pro!

Vainqueur l’an dernier de la Course de la Paix, l’équipe Visma-Lease a Bike a vite fait de le faire signer dans son équipe de développement cette saison, avec le plan de le faire passer en WorldTour en 2025.

Le voilà donc équipier de Wout Van Aert, Jonas Vingegaard et Sepp Kuss, pour ne nommer qu’eux.

Excellent grimpeur et rouleur, Nordhagen a le potentiel de devenir un redoutable coureur de courses par étape. À 19 ans, son potentiel semble encore illimité.

Dire qu’il fait du ski de fond « pour son plaisir » ! De quoi écoeurer tous ses adversaires.

Beaucoup (trop) d’enjeux dans le ski de fond…

Je me passionne pour le ski de fond depuis quelques années déjà et je continue d’avoir bien du mal à saisir ce sport au plus haut niveau.

Les enjeux semblent en effet s’accumuler depuis des mois voire des années, plombant cette discipline merveilleuse.

Audience en chute libre

D’après ce que je peux lire, les audiences télé du ski de fond sont en chute libre, même en Norvège. Selon une récente étude de la télé norvégienne NRK, raportée par l’excellent site engagé ski-nordique.net, c’est -41% (presque la moitié!) du public télé du ski de fond qui a été perdu depuis six ans.

Ouch!

Évidemment, l’exclusion des fondeurs russes, et donc de l’intérêt du public de ce pays, explique en partie la dégringolade, mais pas que. Ca dérape de partout, et le public ne s’y retrouve plus, même dans les pays scandinaves, ou les sponsors lâchent l’équipe nationale et force à des choix difficiles. Klaebo lui-même s’entraine désormais hors équipe nationale, faute d’un budget conséquent pour accueillir tout le monde comme l’an dernier.

Distances harmonisées

La FIS a harmonisé les distances hommes-femmes en Coupe du Monde cette année, mais en s’alignant sur le standard… féminin. Ainsi, le mythique skiathlon masculin, traditionnellement de 30 km, n’en comporte désormais plus que 20. Idem pour les épreuves de relais, ou encore les 15km hommes, désormais des 10kms. Chez les hommes, 10km c’est à peine plus de 25min d’effort… un peu léger je trouve.

Il fallait selon moi faire l’inverse: aligner les femmes sur les distances des hommes. Elles en sont largement capables, et cela aurait eu le mérite de préserver une certaine tradition en ski de fond, c’est à dire les références au passé glorieux de la discipline. En WorldLoppet, les femmes font bien les 50km comme les hommes…

Sur ce coup-là, je n’ai pas compris la FIS.

Absence des fondeurs russes

Tout le monde est contre la guerre en Ukraine, il ne va sans dire.

Ceci étant, que les sportifs russes soient admis dans un vaste spectre de disciplines sportives mais pas en ski de fond nuit considérablement au sport lui-même depuis deux ans.

Seuls les fondeurs russes, Bolshunov en tête, ont actuellement la puissance pour rivaliser avec les Norvégiens, de loin supérieurs au reste du peloton. Sans Russes au départ, quel intérêt pour le sport? Les 12 premières places de chaque épreuve sont dominées par les fondeurs norvégiens, à quelques exceptions près… qui cette année s’appelle surtout Andrew Musgrave.

Chez les femmes, on se prive également d’un beau spectacle avec les Nepryaeva, Stepanova et la jeune prodige Faleeva.

On pourrait admettre les fondeurs russes à mon sens, en les obligeant par exemple à courir avec des vêtements d’une équipe neutre, en blanc par exemple, symbole de paix.

Compliqué de suivre les Coupes du monde sur Internet

Lueur d’espoir au Canada fin novembre dernier, avec la retransmission de la 1ere et de la 2e épreuve de Coupe du Monde en direct sur YouTube (Ruka et Gallivare). Les deux suivantes, rien, à la surprise de tout le monde (Trondheim par exemple, qu’on trouve depuis sur YouTube).

Par chance, c’est de retour pour le Tour de Ski, et je ne rate aucune épreuve, me permettant notamment de suivre les progrès de notre skieur local, Antoine Cyr.

Il serait vraiment génial que les amateurs canadiens de ski de fond puissent suivre plus régulièrement les Coupes du Monde voire les autres événements majeurs de la saison en direct, et pouvoir ainsi soutenir nos athlètes présents, les Antoine Cyr, Olivier Léveillé et Katherine Steward-Jones en premier lieu.

Le bordel du fluor

Pour ajouter de la complexité, première année sans fluor en ski de fond: un joyeux bordel selon moi, et pas nécessaire du tout!

Il faut désormais tester les skis pour le plus haut niveau, et mettre en place des protocoles de fartage contrôlés pour les épreuves nationales au niveau inférieur, compléxifiant le sport à outrance. Ceux qui ont préparé cette transition ont un avantage, et les différences de glisse sont parfois frappantes. Dommage, car cela nuit encore à l’attractivité du ski de fond pour le public qui ne s’y retrouve plus.

Des athlètes capricieux

Venant du monde du cyclisme, habitué de voir des coureurs pros repartir ensanglantés après les pires chutes car en vélo, on n’abandonne tout simplement jamais, je trouve les fondeurs de la Coupe du Monde un peu capricieux voire irrespectueux envers leur sport, en particulier les Norvégiens.

Fait un peu trop froid, comme à Ruka en 2022? Les Norvégiens déclarent forfaits pour « préserver leur santé ». Bon, d’accord. Séance de manucure pour tous alors?

On a un petit rhume? Forfait. 10 des 15 fondeurs mondiaux sont absents du Tour de Ski cette année, Klaebo, Krueger, Nyskanen et Jouve en tête. On abandonne à gogo, la dernière en date Ebba Andersson après les trois premières étapes du Tour de ski. Vraiment dommage. Pourtant, z’ont pas 6h à passer sur un vélo pendant trois semaines, les épreuves sont habituellement moins d’une heure tous les deux jours à tout casser…

Je trouve ca un peu léger, pour tout vous dire.

Les traditions non respectées

On apprend hier que le mythique Holmenkollen 50km serait retiré du calendrier FIS en 2025. Impensable!

Imaginez une saison cycliste sans un Tour des Flandres… n’importe quoi!

Ben en ski de fond depuis quelques années, c’est un peu n’importe quoi. On fait fi des traditions, on bafoue le calendrier et la compétitivité du sport, et tout dégringole, les sponsors et les audiences en point d’orgue. Désolant de voir ce si beau sport péricliter.

Les stars du peloton sont elles-mêmes outrées. Andrew Musgrave a déclaré « Ne pas faire le 50km d’Oslo est la chose la plus idiote qui soit jamais arrivée dans l’histoire du ski de fond. » (rapporté par ski-nordique.net). Frida Karlson ainsi que son petit copain, chanceux celui-là, ont également exprimé leur frustration en public face à la décision concernant l’Holmenkollen, grande fête populaire du ski de fond norvégien.

Une situation déplorable.

Compliqué le ski de fond, même au Québec!

Le ski de fond, je trouve ca compliqué même au Québec. Quel défi que les inscriptions aux courses!

En cyclisme, très simple: tu achètes en début d’année une licence FQSC, option UCI, et basta. Les inscriptions aux courses se terminent habituellement 48h avant l’épreuve, tu peux souvent t’inscrire sur place, tu présentes la-dite licence FQSC, on te remet ton dossard et tu prends le départ. Simple.

En ski de fond, c’est le merdier.

Tu as besoin d’une licence Nordiq Canada, pour laquelle tu dois obligatoirement donner le nom d’un entraineur affilé, ainsi que d’un club/équipe affilié(e). Recommandé, une licence FIS. Tu peux alors courir? Non! Au Québec, tu as aussi besoin d’une licence Ski de Fond Québec… flute.

Et les inscriptions se terminent souvent des plombes avant l’épreuve, faut quasiment prendre un(e) adjoint(e) administratif pour gérer ce bordel si tu cours souvent… pas l’fun.

Je ne vous parle même pas du protocole de fartage sans fluor cette année. Juste pour comprendre ce que tu dois faire, ca prend trois doctorats d’État.

Me semble qu’on pourrait simplifier, rendre ce merveilleux sport plus accessible.

Une seule licence, tu présentes le truc le matin, on te remet un dossard et basta. Pas plus compliqué que ca. Surtout pour les mass start. Mais même pour les poursuites.

Le fluor ? Pour 98% du peloton amateur, ca ne changera strictement rien d’être ou non sur du fluor. En Coupe du Monde je comprends, mais pour le reste… L’environnement? Oui, très toxique le fluor. Je comprends. Mais j’ai cherché, je n’ai trouvé aucune étude crédible pour le moment sur les effets des fondeurs sur les pistes de ski, à cause des skis fartés au fluor.

Bref, c’est parfois compliqué le ski de fond je trouve. Mais je persiste et signe, un très beau sport que j’adore pratiquer… de plus en plus vite.

J’oubliais: inscrivez-vous à la Gatineau Loppet! Ca sera génial cette année encore.

Bientôt la Coupe du Monde de ski de fond 23-24, sur fond de crise

Ca commence le 24 novembre prochain du côté de Ruka en Finlande, pour une nouvelle saison de Coupe du Monde de ski de fond.

J’ai très hâte!

Trois jours de course à Ruka, des sprints en classique le premier jour, le lendemain un 10km classique et enfin un 20km style libre le dernier jour.

Douze autres étapes seront au programme, soit:

2 décembre – Gallivare (Suède) – 10km style libre

9-10 décembre – Ostersund (Suède) – sprints classique et 10km style libre

15-16-17 décembre – Trondheim (Norvège) – sprints style libre – 20km skiathlon – 10km classique

30 décembre au 7 janvier – Tour de ski à Toblach, Davos et Val di Fiemme. La spectaculaire ascension de la piste de ski alpin aura lieu lors de la dernière étape, le 7 janvier prochain.

19-20 janvier – Oberhof (Allemagne) – sprints et 20km classique (mass start)

27-28 janvier – Goms (Suisse) – sprints et 20km style libre (mass start)

9 au 13 février – Canmore (Canada) – 10km et sprints style libre, 20km et sprints classique

17-18 février – Minneapolis (USA) – sprints et 10km style libre

2-3 mars – Lahti (Finlande) – 20km classique et sprints style libre

10 mars – Oslo (Norvège) – 50km classique (mass start)

12 mars – Drammen (Norvège) – sprints classique

15-17 mars – Falun (Suède) – sprints et 10km classique, 20km style libre

Trois épreuves par relais, toujours spectaculaires, auront lieu cette saison, soit à Gallivare, Oberhof et Lahti, tant chez les hommes que chez les femmes.

Le relais mixte aura lieu à Goms le 26 janvier, à la fois en classique et en style libre.

Le ski de fond en crise?

Il sera très intéressant de suivre l’équipe canadienne cette saison, qui poursuit actuellement sa préparation du côté de Davos.

Le gatinois Antoine Cyr est désormais « à maturité » et vise à capitaliser sur une excellente saison 2022-2023. Souvent plus fort en classique qu’en style libre, il faudra surtout le surveiller lors des épreuves de 10, 15 ou 20km dans ce style. Et son mentor est un certain Alex Harvey, jamais inutile pour profiter de l’expérience du fondeur le plus titré au Canada!

À ses côtés, il faudra aussi surveiller la progression du talentueux Olivier Léveillé, plus jeune mais qui progresse chaque saison. Je suis de ceux qui croient que personne ne connait vraiment ses limites, pas même lui!

L’équipe pourra aussi compter sur le solide Graham Ritchie, pas mal d’expérience en Coupe du Monde, mais aussi sur la machine Rémi Drolet, sur Xavier McKeever, sur Pierre Grall-Johnson et sur l’autre sherbrookois de l’équipe à côté de Léveillé, soit Léo Grandbois.

Chez les femmes, l’équipe sera amenée par Katherine Stewart-Jones, elle aussi ayant obtenu d’excellents résultats en Coupe du Monde l’an dernier. On attend logiquement plus cette saison.

On surveillera attentivement la progression de la jeune Liliane Gagnon et des autres talents comme Jasmine Lyons, Sasha Masson ou encore Jasmine Drolet, la soeur de l’autre. Dans la famille, la VO2max est plutôt bonne…

Côté adversaires, l’équipe archi-dominante côté hommes c’est évidemment l’équipe de Norvège, amenée par Johanes Hosflot Klaebo et Simen Hegstad Krueger. Je l’ai déjà écrit, le plus dur pour un fondeur norvégien, c’est de se hisser sur l’équipe nationale. Et on surveillera la progression cette saison du jeune prodige Iver Tildheim Andersen, déjà auteur d’une belle perf sur le difficile Holmenkollen 50km skate en mars dernier.

À l’occasion, Italiens (Pellegrino, De Fabiani), Français (Jouve, Lapalus, Parisse, Chanavat, Lapierre, Chappaz), Suédois (Poromaa, Halfvarsson) et Allemands (Moch) voire Anglais (Musgrave) sont capables de briller face à l’armada norvégienne.

Chez les femmes, les Suédoises (Karlson, Andersson, Ribom, Dahlqvist, Sundling) dominent actuellement un peloton qui semble tout de même plus homogène que chez les hommes. En effet, Américaines (Diggins, Brennan, Kern, Swirbul), Finlandaises (Niskanen, Parmakoski), Suissesses (Faehndrich) et Allemandes (Hennig, Gimmler, Fink) ne sont jamais très loin.

De leur côté, les Novégiennes sont toujours en « reconstruction » après la retraite, il y a deux ans, de la super-championne Therese Johaug, et miseront sur les Kalvaa, Oestberg et les soeurs Weng en attendant que Helene Marie Fossesholm remplisse enfin les attentes logées en elle il y a quelques années.

Tout n’est par ailleurs pas au beau fixe dans le ski de fond ces temps-ci.

D’une part, hommes et femmes skient désormais sur les mêmes distances, une décision controversée de la FIS compte tenu par exemple du légendaire 30km skiathlon, aujourd’hui disparu. C’est Simen Hegstad Krueger qui est le plus déçu!

D’autre part, les fondeurs russes ont cette saison encore été totalement bannis de la Coupe du Monde de ski de fond, une décision qui ne fait pas l’unanimité et qui montre à quel point les hauts dirigeants du sport sont noyautés par les scandinaves, très entiers dans leur principe.

Nombre d’athlètes russes peuvent en effet prendre part à des compétitions internationales dans de nombreuses disciplines, mais pas en ski de fond. Compte tenu que les fondeurs russes sont bien souvent les seuls à pouvoir vraiment rivaliser avec les fondeurs scandinaves – norvégiens chez les hommes, suédoises et norvégiennes chez les femmes – le ski de fond se prive là d’un spectacle intéressant, susceptible d’attirer l’intérêt du public.

Pour tout vous dire, je suis de ceux qui m’ennuie d’Alexandr Bolshunov.

Sans les fondeurs russes cette saison, on risque fort de voir la saison 2022-2023 se répéter sur plusieurs épreuves ou on enregistrait à l’arrivée 11 fondeurs norvégiens aux… 12 premières places.

Cette décision malheureuse a des impacts même en Norvège, ou les sponsors désertent désormais le sport pour investir ailleurs, notamment en biathlon qui a le vent dans les voiles. Le bugdet de l’équipe norvégienne de ski de fond a été sérieusement amputé à l’inter-saison, du coup Klaebo a décidé d’oeuvrer hors équipe nationale, pour permettre à d’autres fondeurs ayant moins de moyens de pouvoir rejoindre la Coupe du Monde.

On ne reverra plus Hans Christer Holund en compétition, le spectaculaire fondeur norvégien de longue distance ayant pris sa retraite après une saison longue de 14 ans.

Enfin, l’interdiction du fluor en compétition cette saison risque de créer un joyeux bordel.

Déjà, c’est le cas dans les premières compétitions de biathlon où des écarts entre nations au niveau du fartage sont désormais stratosphériques, l’avantage étant une fois de plus aux fondeurs scandinaves qui ont les moyens financiers et techniques de tester les nouveaux farts, donc de continuer d’être efficaces en course. Derrière, pour les autres nations, c’est la galère, et les différences de glisse sont flagrantes, presque gênantes.

Bref, même si j’ai vraiment très hâte à cette nouvelle saison de ski de fond en Coupe du Monde, je suis en même temps très inquiet pour l’avenir de cette si belle discipline, compte tenu des enjeux actuels dans le sport. Le ski de fond international ne peut pas se permettre une autre saison d’archi-dominance de la Norvège, cette année avec le fartage comme avantage supplémentaire.

On sera vite fixé avec Ruka dans deux semaines.

Que du Jumbo-Visma!

Alors que la fin de saison arrive vite, je m’interroge encore sur les performances dont j’ai pu être le témoin sur les trois grands tours de l’année.

Ca se résume à « que du Jumbo-Visma »!

L’équipe néerlandaise a remporté les trois grands tours avec Roglic en Italie, Vingegaard en France et Kuss en Espagne.

Du jamais vu.

Et souvent, avec une facilité déconcertante. J’ai encore les images du chrono de St-Gervais en tête. Ce jour-là, y’avait Vingegaard et les autres, Pogi compris.

Plus encore, Sepp Kuss, un coureur que j’aime bien, a fait le triplé cette saison: 14e au Giro, 12e au Tour et 1er sur la Vuelta. 63 jours de course au plus haut niveau. Fort vous dites?! Sepp Kuss, une grosse grosse santé en tout cas!

Parlant triplé, outre les trois grands tours, la Jumbo termine aux trois premières places de cette Vuelta.

Certains ont récemment crié au dopage mécanique; je n’en crois rien, même si ca demeure possible.

Mais le recours à des formes de dopage sanguin modernes, récentes et indétectables pour le moment, je le crois plus que possible.

Si j’écris moins sur La Flamme Rouge depuis plusieurs mois en raison d’une charge de travail professionnelle stratosphérique, je continue de suivre l’actualité cycliste et de me poser des questions. Et j’apprécie les échanges que je peux avoir avec de nombreux autres suiveurs passionnés du cyclisme, dont Marc Kluszczynski. Je diffuse aujourd’hui un premier article de plusieurs qu’il m’a gentiment fait parvenir, et le remercie chaudement de ces nouvelles contributions.

Vuelta : les Jeux du Cycle (par Marc Kluszczynski)

Au moment où Olav Kooij écrasait la concurrence sur le Tour de Grande-Bretagne avec quatre victoires d’affilée grâce à un Wout van Aert équipier de luxe, l’hydre à trois têtes (pour l’instant) de la Jumbo-Visma planait sur la Vuelta.

Trois têtes ?

Peut-être davantage, selon la réponse un tant soit peu provocatrice de Primoz Roglič à un journaliste de la RTBF après la 8ème étape (Xorret de Cati). Alors qu’il s’aligne sur son 3ème grand Tour cette année, l’américain Sepp Kuss devenait leader malgré lui. Après un démarrage qui lui fera prendre 20 m d’un coup, il avait dû attendre ses deux leaders, Roglič et Vingegaard. Le grimpeur de Durango, pas vraiment spécialiste des CLM plats, étonnera même lors de la 10ème étape, un CLM individuel de 26 km à Valladolid avec juste une petite côte de 100 m de dénivelé. Il finira 13ème à 1 min 29 du vainqueur Filippo Ganna et pas si loin de Vingegaard, 10ème à 1 min 18. Des consignes d’équipe (garder le maillot amarillo) peuvent-elles expliquer cette performance ? Lors du Giro en mai, sur le CLM plat de la 1ère étape, Kuss avait terminé 68ème. Mais la Vuelta nous réserve souvent des performances étonnantes. Cette année, elle pourrait être le feu d’artifice d’une saison que l’on qualifierait de Jeux du Cycle.

Avec la bénédiction de l’ubiquitaire David Lappartient et de l’agence indépendante (?) ITA, créée et payée par le CIO, il n’y a pas eu de contrôle positif en World Tour l’année dernière. Cette année, on n’a qu’à se mettre sous la dent un contrôle positif chez… Jumbo-Visma, avec un diurétique retrouvé chez Michel Hessmann le 14 juin : qu’avait -t-il à éliminer 15 jours avant le Tour de France? Alors que Jumbo-Visma n’a jamais été aussi dominatrice, l’équipe hollandaise va gagner les trois grands Tours pour la 1èrefois dans l’histoire du cyclisme moderne.

 Avec ses trois grands tours en une saison, Sepp Kuss fait un triplé peu commun et réalisé à ce jour par trois espagnols, Eduardo Chozas (en 1991, 6, 10 et 11ème sur les trois grands tours), Alejandro Valverde (3, 6 et 12ème en 2016) et Carlos Sastre (8, 20 et 7ème en 2010). Mais il se pourrait bien que la police allemande, ayant perquisitionné au domicile d’Hessmann, détienne les clés dans cette mascarade à laquelle on assiste depuis trois ans.

Deux triplés et des miettes

Outre la victoire sur les trois grands tours, l’équipe Jumbo-Visma assurera le triplé sur le podium de cette Vuelta, un triplé acquis lors de 13ème étape du Tourmalet. Il faut remonter à la Flèche Wallonne 1994 et Paris-Roubaix 1996 pour observer une telle domination avec la Gewiss- Ballan de Moreno Argentin, Giorgio Furlan et Evgueni Berzin (préparée à l’EPO par le Dr Michele Ferrari) et la Mapei de Johan Musseuw, Gianluca Bortolami et Andrea Tafi. On assistera à un 2ème triplé sur une étape par l’équipe néerlandaise lors de la 17ème étape de l’Angliru (12,4 km à 9,8% de moyenne, avec des passages à 24%). Malgré la victoire de Jonas Vingegaard la veille, dédiée à Nathan Van Hooydonck accidenté (victime d’un malaise cardiaque lorsque l’on sait que de nouveaux produits dopants – certaines hémoglobines de synthèse – peuvent être responsables de troubles cardiaques, voire d’infarctus), les positions resteront figées avec la victoire finale de Sepp Kuss devant Vingegaard et Roglic.

Le patron de la Jumbo, Richard Plugge, expliquera cette domination de ses huit coureurs par la diététique et l’entraînement en altitude pratiqué à un niveau jamais atteint en cyclisme. Il balaiera les insinuations de dopage mécanique lancées par Jérôme Pineau, directeur de la défunte équipe B&B Hôtel. Ce qui fait passer les autres équipes au rang d’amateurs alors qu’elles s’entraînent aussi sérieusement que la Jumbo-Visma. Les espagnols devront se contenter des 4, 5 et 6èmes places avec Juan Ayuso (à 3 min 44), Mikel Landa (à 4 min 03) et Enric Mas (à 4 min 14) alors qu’ils brillent toujours sur leur Tour national. Jamais un grand Tour n’a jamais été aussi énervant ! La critique est interdite, l’omerta omniprésente, et Remco Evenepoel en est réduit au rôle de bouffon des rois (sifflés par une partie du public à l’arrivée de la 20ème étape), avec son beau maillot à pois bleu, alors qu’il a perdu 27 min dans le Tourmalet. Le World Tour se rapproche de la Formule I et des sports spectacles.

L’Aigle de Tolède (1928-2023)

Frédérico Bahamontès n’est plus.

L’Aigle de Tolède.

Le premier grand grimpeur de l’histoire du cyclisme, vainqueur du Tour de France 1959 et aussi à six reprises de son grand prix de la montagne.

À l’aise dans les ascensions, il ne l’était pas dans les descentes.

Le Tour de France 2023 est retourné sur le Puy de Dôme ; Bahamontès y forgea sa victoire sur le Tour 1959 en étant brillant ce jour là, un chrono de 13 bornes se terminant au sommet. Charly Gaul est à 1min26, Henri Anglade à 3min, Roger Rivière à 3min37 et un certain Jacques Anquetil à 3min41.

La photo nous montre Bahamontès à l’oeuvre en montagne sur le Tour 1963, flanqué de Jacques Anquetil et Raymond Poulidor.

Son petit-fils Mathieu a été sacré champion du monde de cyclisme sur route dimanche dernier à Glascow, dans ce qui restera peut-être comme la plus difficile course cycliste des 10 dernières années.

Immensément populaire dans sa ville de Tolède, premier espagnol vainqueur du Tour, Bahamontès était un géant du cyclisme.

« Ca dépasse le sport »

À ne pas manquer, ce vidéo sur le virage Thibault Pinot dans le Petit Ballon. Ceux qui connaissent l’endroit pour y être passé en vélo apprécierons surtout l’ampleur de la foule.

Dément!

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