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Soirée Siboire: Sherbrooke, ville de vélo

Il se passe de quoi à Sherbrooke côté vélo.

C’est Pierre-Olivier qui l’a dit hier en introduction à cette soirée conférence « Parlons Vélo » au Siboire Dépôt avec les invités Guy Thibault et Guillaume Boivin: la vision, c’est de faire de la ville de Sherbrooke une ville vélo.

Peut pas être plus clair.

Beaucoup de choses encore à venir dans les prochains mois!

Et c’est une bonne partie du gratin du vélo au Québec qui était présent hier au Siboire: on était venu de Gatineau certes, mais aussi de Bromont, de Drummondville, de Montréal, et de bien d’autres endroits au Québec et ailleurs (la Virginie par exemple) pour écouter Guy et Guillaume.

Très belle soirée, fort intéressante.

Autant pendant, qu’après!

Guy Thibault nous a d’abord servi un condensé des derniers développements en matière d’entrainement par intervalles. C’est toujours intéressant d’en apprendre davantage sur les formules qui donnent les meilleurs résultats, et notamment ce fameux 12x30sec full gas avec 4min de récup entre les intervalles. Formule « Gibala » pour ceux qui veulent en savoir plus!

Intéressant aussi de savoir qu’on peut faire des séances d’intervalles tout le temps, même à faibles intensités en mode récup.

Évidemment, il a été question avec Guy d’entrainement polarisé, la formule « à la mode » actuellement.

De la tyrannie du FTP aussi, comme celle des lactates. Une bonne idée, d’ailleurs, les lactates dans le sang au départ d’un chrono…

Ce fut ensuite le tour de Guillaume Boivin qui est évidemment revenu sur son Paris-Roubaix d’anthologie il y a quelques semaines avec son équipe Israel Start-Up Nation.

C’était « gooooood »….

Roule aux watts, Guillaume? Pas du tout.

L’important au bout du compte, c’est pas les watts, mais bien la vitesse. Parce que quand vient le temps de t’accrocher à la roue de Mathieu Van Der Poel, ben tu t’en fous des watts: faut juste que tu trouves le moyen de rester dans la roue de Mathieu!

Guillaume boivin, 23 novembre 2021

Sept gels à l’heure sur une course comme Paris-Roubaix, l’alimentation en course chez les pros n’est pas forcément celle qu’on croit…

53 psi dans les pneus de 30mm de section pour Guillaume sur Paris-Roubaix cette année, disputé sous la flotte.

Maudite chute…

Le plus dur pour un coureur québécois en WorldTour en Europe? L’exil, loin de sa famille.

Le secret du succès des jeunes pros en Europe actuellement, comme Pogacar ou Evenepoel? Pas facile à déterminer avec certitude, mais ces coureurs s’entrainent très bien depuis des années déjà, la science de l’entrainement ayant beaucoup progressé.

Et oui, on perd encore beaucoup de très bons athlètes en cyclisme au Québec, faute de bien pouvoir les développer et de leur offrir des opportunités de se faire valoir au plus haut niveau.

Oui, le développement du gravel du côté de l’UCI et des Fédés, c’est une bonne chose.

Enfin, ce qui fait la différence chez les pros? Selon Guillaume, la fraicheur au départ d’une course.

Certainement vrai en amateur aussi!

« En une seule année, ça s’est vraiment accéléré »

La déclaration est récente et nous vient d’Arnaud Démare, qui a évolué en 2021 au coeur du peloton WorldTour.

Il évoque aussi un « peloton à deux vitesses », et ca de quoi faire peur puisqu’on a l’impression, à quelque part, de revivre un mauvais film.

Le coureur français se pose manifestement des questions, et a le courage de les exprimer publiquement à l’occasion de la sortie de son livre « Un an dans ma roue« .

De nombreux coureurs ressentent la même chose que moi.

Arnaud Demare

Surtout, l’info est crédible puisqu’elle nous vient du coeur du peloton pro.

Je me pose aussi des questions plus sérieuses depuis quelques mois devant ce que je vois. D’autres aussi, dont les Antoine Vayer, Marc Kluszczynski et d’autres observateurs éclairés du cyclisme.

2022 pourrait nous apporter quelques réponses. Il faudra voir les performances offertes, les analyses de puissance, les forces en présence et celles qui, au contraire, auront du mal à suivre.

Nous vivons une époque particulière, il faut en être conscient: des jeunes coureurs, 20, 21, 22 ans, qui gagnent les plus grandes courses du monde, habituellement réservées à des coureurs plus matures. Des équipes qui gagnent avec des coureurs modestes, et d’autres qui marquent le pas. Des vitesses en hausse. Des coureurs qui ne courent plus beaucoup, qui s’entrainent dans leur petit coin et qui débarquent soudainement pour gagner. Et des nouveaux produits qui, constamment, débarquent du côté des pharmaceutiques, certains défiant toute imagination.

The Alt Tour

Version longue.

Ils quittent le peloton pro

On ne les reverra plus dans le peloton pro:

Fabio Aru. Un sentiment d’inachevé.

Andrei Greipel. Gagne à être connu.

Tony Martin. L’éternel malchanceux avec un beau palmarès.

Dan Martin. À sa place.

Nicolas Roche. Sous-estimé.

Anna Van Der Breggen. 7 Flèche Wallonne, trois titres mondiaux, deux Giro, le titre olympique en 2016. Need to say more?

Brent Bookwalter. Honnêtes services.

William Bonnet. 17 ans de carrière pro, tout de même.

Mickaël Delage. Loyaux services à la FDJ.

Koen de Kort. L’anonymat.

Ben Gastauer. Un palmarès luxembo-luxembourgeois.

Michał Gołaś. Ła tradition polonaise respectée.

Tejay Van Garderen. On rêvait de mieux.

Mathias Frank. De beaux souvenirs à chérir.

Karol-Ann Canuel. La tête haute.

Jelle Vanendert. Un coup d’éclat.

Eros Capecchi. À la bonne école…

Kévin Reza. A ouvert des portes.

Petr Vakoč. Brisé.

Roman Kreuziger. La grande classe sur un vélo.

Julien Duval. La discrétion.

Trixi Worrack. La Poulidor du peloton féminin.

Micro-coupures et stages d’entrainement

Un coureur WorldTour, c’est actuellement autour de 30 000 kilomètres par an.

Soit presque 100 bornes par jour, six jours sur sept, 52 semaines par an.

C’est leur métier. Ils sont payés pour ca.

Mais ca pose quand même la question: font comment pour récupérer, et pour durer ?

Surtout qu’on apprend hier que UAE Team Emirates est cette semaine sur leur premier camp d’entrainement en prévision de 2022.

Ouf!

Perdent pas de temps eux.

Ca se passe du côté des Émirats Arabes Unis. Toute l’équipe est réunie pour ce premier stage.

Imaginez, Pogacar vient de gagner la Lombardie et pas trop le temps de souffler, il roule déjà sur les routes du désert avec ses équipiers, la saison 2022 en tête. À moins que lui ait bénéficié d’un aménagement particulier, c’est bien possible.

J’ignore de quoi est composé ce camp d’entrainement, et on peut supposer qu’il s’agit davantage d’entretenir les bonnes habitudes que de faire de grosses séances d’intervalles.

C’est la mode actuellement dans le peloton pro: ils sont rarement inactifs, comme pouvaient l’être les pros jusqu’il y a quelques années, qui n’hésitaient souvent pas à observer une coupure complète des semaines durant, de novembre à janvier.

Aujourd’hui, ca roule plus vite partout, sur la moindre course, le niveau est plus homogène, tu ne peux plus te permettre de perdre de la condition physique en observant un arrêt de six ou huit semaines.

Alors les camps d’entrainement se succèdent, jusque quatre au sein de certaines formations d’ici la reprise des courses fin janvier.

Pour récupérer, c’est technique micro-coupures: entre trois et sept jours de break, rarement plus, mais régulièrement durant la saison.

Et on orchestre savamment les séances de « zone 1 » (endurance de base) avec les séances d’intervalles très intenses, en ne manquant évidemment pas d’ajuster l’alimentation en conséquence chaque fois, question d’aussi faire attention aux kilos superflus.

Autrement dit, on ne bouffe pas la même chose lors du 4e camp d’entrainement qu’en octobre lors du premier. On ne bouffe pas la même chose le soir d’une séance d’intervalles dans les cols, que le soir d’une longue sortie relax.

Tout est au millimètre. Optimisé. Un héritage des fameux « marginal gains »?

Il y a un revers de la médaille: la santé mentale. Plusieurs ont du mal à supporter la pression constante, comme s’ils ne pouvaient jamais vraiment débrancher la tête pour vraiment récupérer. Les cas de coureurs fragilisés mentalement se sont multipliés ces dernières années.

Même sur six jours de repos seulement, certains culpabilisent. D’autres y perdent leur passion du cyclisme, qui devient alors un métier, voire une obligation.

Il faudra voir si le cyclisme féminin, en plein essor, sera soumis à pareil régime. J’ai bien peur que oui. Rendez-vous pris pour faire le bilan dans quelques années de ces régimes infernaux.

Wolfpack, bilan de saison

Un très beau Tour 2022

J’aime beaucoup le tracé du prochain Tour de France.

Mais les sprinters ne seront probablement pas d’accord avec moi!

Ce sont en effet ceux qui seront le moins à la fête en juillet prochain, sauf peut-être durant les tous premiers jours de la course.

Pour le reste, on garde la formule actuelle, celle de la mixité des terrains pour permettre une course de rebondissement, celle de peu de kilomètres contre-la-montre pour ne pas « bloquer » la course, celle aussi des étapes courtes et nerveuses, pour inciter les coureurs à passer à l’attaque tôt dans les étapes.

La distance moyenne des étapes en ligne sur la première semaine, 184 kms. En deuxième semaine, 175 kms. En troisième semaine, et excluant la dernière étape de 112 kms à Paris, 160 kms. C’est très certainement une volonté des organisateurs du Tour.

Les étapes

109e édition, du 1er au 24 juillet. 3328 kilomètres, soit la poursuite d’une tendance à la baisse pour le nombre total de kilomètres à parcourir.

Deux chronos sans difficulté, pour purs spécialistes, le premier lors de la 1er étape à Copenhague (13kms) et le deuxième l’avant dernier jour du côté de Rocamadour (40kms).

Pour Filippo Ganna, c’est la chance de sa vie de conquérir le maillot jaune le premier jour. Un maillot jaune dans une carrière, ca compte!

Six étapes de montagne, trois dans les Alpes et trois dans les Pyrénées. La plus longue de ces étapes fait 179 kms, les autres autour de 150 bornes seulement, c’est court, très court.

La 12e étape entre Briançon et l’Alpe d’Huez reprend exactement le parcours de la fameuse étape du Tour 1986, ou Bernard Hinault et Greg Lemond avait franchi la ligne d’arrivée main dans la main (un artifice compte tenu des vives tensions dans l’équipe La Vie Claire à ce moment). Outre le clin d’oeil à l’histoire, ce sera très intéressant de comparer le temps des deux vainqueurs, à 36 ans d’intervalle. Galibier, Croix de Fer, montée de l’Alpe d’Huez, on sera dans l’histoire du Tour et du cyclisme ce jour-là.

Il s’agit assurément de l’étape reine de ce Tour de France, et celle qui sera proposée aux cyclistes amateurs lors de L’Étape du Tour, le 10 juillet prochain. Les inscriptions ouvrent le 18 octobre, préparez-vous!

Reprenant essentiellement les mêmes cols, mais dans un sens et un ordre différents, la Marmotte aura lieu, elle, une semaine avant, soit le dimanche 3 juillet. De quoi passer une belle semaine en Oisans!

Six arrivées en « altitude »: la Super Planche des Belles Filles (7e étape), la montée de l’altiport de Mégève (10e étape), le difficile col du Granon (11e étape), l’Alpe d’Huez (12e étape), Peyragudes (17e étape) et Hautacam (18e étape). La 9e étape vers Chatel Les Portes du Soleil peut également entrer dans cette catégorie selon moi.

Une étape « spéciale », la 5e (155 bornes), avec 20 kms de secteurs pavés à franchir. Une étape toujours redoutée par les grands leaders, ainsi que par les grimpeurs.

Les sprinters se partageront quatre vraies opportunités, sur les étapes #2 (Nyborg), 3 (Sonderborg), 19 (Cahors) et bien sûr les Champs Élysées (21e étape), avec des possibles options sur les étapes #4 (Calais) et 15 (Carcassonne). C’est maigre pour eux.

Au Danemark sur les étapes #2 et #3, le vent pourrait jouer des tours, leur compliquant la tâche.

Les sprinters, une race de coureurs moins populaire de ces temps-ci? Avec eux arrivent les controverses (affaire Groenewegen-Jakobsen, chutes dans le final, etc.). Les organisateurs du Tour ont peut-être voulu limiter les emballages finaux – et les kilomètres les précédant où ca frotte beaucoup – pour ces raisons.

Bref, c’est un Tour 2022 très intéressant selon moi, car des choses pourront survenir presque tous les jours et en ce sens, chaque étape représente une vraie opportunité, et donc un grand intérêt. Les coureurs seront sur la brèche tous les jours, il y a très peu d’étapes « de transition ».

On peut penser que le coureur en jaune au sortir des Alpes aura pris une grosse option sur la victoire finale.

Chose certaine, un coureur comme Mike Woods a de quoi trouver chaussure à son pied, ce ne seront pas les occasions de briller qui vont manquer avec les arrivées en altitude.

Et pourquoi pas rêver d’une belle 5e étape sur les pavés pour Guillaume Boivin?

D’autres coureurs canadiens, dont Hugo Houle, y trouveront leur compte, il y a de belles opportunités pour les baroudeurs sur quelques étapes au final compliqué, avec une dernière patate à escalader à quelques hectomètres de l’arrivée.

Autrement dit, un Tour qui convient très bien aux coureurs canadiens! Et des étapes plus courtes ne seront certainement pas pour leur nuire.

Exit Le Coq Sportif, bienvenue Santini

C’est la compagnie italienne Santini, bien présente dans le vélo depuis des décennies, qui fournira les maillots distinctifs sur le Tour 2022, en remplacement de la compagnie française Le Coq Sportif qui en était responsable depuis quelques années.

Intéressant, l’histoire de chaque maillot sera imprimée sur l’intérieur de chaque pièce, et le nom des coureurs les portant lors de la dernière étape seront imprimés sur le maillot.

Le Tour de France féminin

Nom officiel, le Tour de France Femmes avec Zwift 2022.

On annonce partout la « première édition ». C’est avoir la mémoire courte, un Tour de France féminin ayant existé en… 1955 puis de 1984 à 1989, sans compter les autres expériences dans les années 1990 avec la Grande Boucle Féminine.

Huit étapes, entre le 24 et le 31 juillet. Autrement dit, le Tour de France masculin se termine et le féminin démarre aussi sur les Champs Élysées; les deux courses profiteront donc de la même infrastructure ce jour là.

L’épreuve se concentre par la suite dans l’est de la France, Champagne, Lorraine et Alsace.

Huit étapes en ligne. On regrettera l’absence d’un contre-la-montre.

Le final sera musclé, avec une très belle 7e étape entre Sélestat et le Markstein, par delà les très belles ascensions du Petit Ballon, du Platzerwasel et du Grand Ballon.

La 8e et dernière étape sera jugée au sommet de la Super Planche des Belles Filles, qui couronnera donc la championne 2022.

Mention bien pour cette première édition, la mention « très bien » aurait exigé la présence d’un chrono, qui aurait pu avoir lieu dans la traversée de la Champagne. Dommage, car l’épreuve aurait alors ressemblé davantage au Tour de France qu’on connait.

Le Tour de l’actualité

Beaucoup de choses à couvrir dans ce nouveau Tour de l’actualité: le Tour de France, Premier Tech, Wout Van Aert, Zwift, Dorel, et d’autres nouvelles aussi.

1 – Tour de France 2022

La présentation du parcours du Tour 2022 aura lieu demain depuis la banlieue parisienne. Un moment toujours attendu car en cyclisme, le parcours détermine en partie qui pourra prétendre – ou non – s’imposer sur la course la plus prestigieuse du monde.

Grâce à l’excellent site velowire, on connait déjà les grandes lignes du prochain parcours.

Le Grand Départ du Danemark pour trois étapes, puis un transfert vers le nord de la France.

Une étape qui devrait reprendre quelques secteurs pavés de Paris-Roubaix.

La Lorraine, puis une arrivée à la Planche des Belles Filles, une étape qui devrait être reprise par le Tour féminin.

Une traversée des Alpes avec de belles étapes comme Morzine-Mégève, Albertville-Col de Granon ou encore Briançon-l’Alpe d’Huez qui serait donc de retour sur le Tour après une dernière visite en 2018.

Une traversée via Mende, puis les Pyrénées.

Le dernier chrono pourrait être dans le Lot, dans le secteur de Rocamadour.

Et encore, une volonté probable de dessiner un Tour ouvert, composé de diverses difficultés, permettant à de nombreux coureurs de s’exprimer et propre à susciter des rebondissements.

Réponse jeudi!

2 – Tour de France féminin

Il sera aussi présenté jeudi.

Moins long (8-10 étapes), il devrait toutefois présenter quelques étapes difficiles qui durciront la course.

Le buzz actuel autour de cette épreuve est la nomination comme directrice de la course Marion Rousse, ex-coureure pro, aujourd’hui aux commentaires sur les courses professionnelles présentées par France Télévision et… conjointe de Julian Alaphilippe.

C’est clair qu’elle est une bonne ambassadrice du cyclisme féminin (elle a notamment gagné un titre de championne de France), mais elle présente peu d’expérience de gestion.

Le temps nous dira si A.S.O. a fait le bon pari. Elle pourra toutefois compter sur les conseils de Christian Prudhomme.

3 – Team BikeExchange et Premier Tech

La nouvelle tarde quant à l’annonce d’un nouveau partenariat avec une équipe professionnelle, possiblement en WorldTour.

Ce nouveau partenariat ne se fera pas avec l’Australienne Team BikeExchange.

Apparemment, les équipes Rally, Qhubeka et Israel Start-Up Nation seraient d’autres possibilités. Wait and see, Israel Start-Up Nation étant évidemment un choix intéressant: équipe WorldTour, composante canadienne…

4 – Dorel

La compagnie canadienne vient de se départir de sa division sport, vendue à des intérêts néerlandais.

Exit donc les vélos Cannondale d’une compagnie canadienne. Il faudra voir ce que ca signifiera pour le monde du cyclisme où Cannondale est bien présent, tant en World Tour (EF First) qu’au niveau amateur.

La décision a de quoi surprendre, le monde du cyclisme étant en explosion commerciale actuellement, avec les freins à disque, la popularité croissante du gravel et du fat bike, et le désir des consommateurs de s’équiper pour jouer dehors.

5 – Mondiaux Zwift

La deuxième édition des Mondiaux UCI de home-trainer sur Zwift se déroulera le 26 février prochain.

23 fédérations auront des places pour leurs coureurs licenciés, mais la plate-forme Zwift offrira aussi à sa communauté des chances de se qualifier pour l’épreuve.

Votre chance d’y participer! Les détails sont ici. Sortez les watts!

On n’arrête pas le progrès…

6 – Tadej Pogacar

Réponse de Tadej à un récent article publié sur La Flamme Rouge:

I’m not the new Merckx.

Tadej pogacar

Réponse d’Eddy à Tadej:

I think we are really there this time: you are the new Merckx!

Eddy merckx

7 – Wout Van Aert

Même en vacances, le champion belge n’arrête pas. Il a récemment pris part à une épreuve en… trail (course à pied), les 10-miles d’Anvers.

Avec le cyclo-cross en tête, probablement.

8 – Vélo de route tout-terrain (gravel bike)

Excellent reportage diffusé dans le journal montréalais La Presse le week-end dernier sur l’essor du vélo de route tout-terrain (gravel bike), un reportage signé Simon Drouin.

9 – WolfPack sur Paris-Roubaix

10 – Paris-Roubaix amateur

Si vous avez cette ambition un jour, reportage sur l’expérience d’un cycliste amateur sur cette épreuve, le sympathique Monsieur Phal que je suis depuis plusieurs mois déjà sur YouTube.

11 – Lance Armstrong

Longue entrevue très complaisante avec Lance Armstrong, pour ceux qui ne connaitrait pas le gus et qui voudrait en apprendre plus sur sa vie, version Lance bien sûr.

J’ai écouté une grande partie, pour rester bien informé sur ce sinistre personnage qui continue de vivre dans « sa » réalité, une réalité parallèle au monde du réel. Ce qui est d’ailleurs le propre des psychopathes.

12 – Coupe Québec de cyclo-cross – épreuve de Sherbrooke

Le cyclo-cross a bien repris au Québec cet automne, et la prochaine épreuve c’est ce samedi à Sherbrooke sur un super-parcours situé à quelque pas du Parc Jacques Cartier où l’événement se tenait dans les années précédentes.

Les inscriptions sont ici, vous avez jusque vendredi midi. Inscriptions sur place également disponibles, tarifs majorés.

Tous les détails de l’événement sont ici.

13 – Surprise!

Petit spin ce soir après le boulôt tous les deux Steph, pace confortable?

Partant Laurent!

J’me pointe au rendez-vous, tombe sur P.-O. qui se change dans sa van sur le stationnement, un sourire en coin. Personne d’autre.

J’aurais dû me méfier.

Débaroule Julien. Aie. Qu’est ce que tu fais ici toi?

Puis Maxime.

Étienne. Jérome. Et finalement Steph.

Toute la bande!

J’ai compris, mais trop tard.

Et j’avais certainement pas prévu ca physiquement. Les boys, on est le 12 octobre, on va rouler pépère hein?

Je passe les statistiques de la sortie, des enfants peuvent nous lire.

Ou Antoine Vayer…!

Les seules allures pépère de la ride, réservées à la traversée des villages.

Les rides improvisées sont toujours les meilleures. Ca sentait bon l’automne du côté de Martinville.

Merci les boys pour cette troisième soirée cette saison pour moi… ca a fait sacrément du bien, vous avez eu raison.

M’a surtout donné une bonne dose de motivation pour les prochains mois, question de ne pas être ridicule au printemps prochain… ni sur mes skis cet hiver en croisant P.-O.!

Petit Tour de l’actualité

1 – Remco Evenepoel

Le jeune prodige belge a gagné hier la Coppa Bernocchi, après 40 bornes solo dans le final et sous la flotte.

Il y a des signes qui ne trompent pas.

Evenepoel est en très grande forme et il sera un client toute la semaine en Italie.

Il sera le favori #1 sur le Tour de Lombardie samedi prochain.

Au coeur d’une controverse en Belgique quant aux récents Mondiaux, il est très certainement revanchard et veut prouver par ses résultats son point essentiel: il estime qu’il était le plus fort des Mondiaux, et que l’équipe de Belgique aurait dû être à son service, pas à celui de Wout Van Aert.

2 – La semaine italienne

Semaine chargée en Italie, avec aujourd’hui les Tre Valli Varesine, une course gagnée par le Québécois David Veilleux il y a quelques années rappelons-le.

Mercredi, Milan-Turin avec le champion du monde Alaf, ainsi que Mike Woods, Primoz Roglic, Tadej Pogacar, pour ne nommer que ceux-là.

Jeudi, le Gran Piemonte.

Et samedi, le Tour de Lombardie, 5e et dernier grand monument de la saison. Du beau monde au départ.

Les Deceuninck seront très difficiles à battre sur les prochaines épreuves italiennes, ils pourront compter, outre un Evenepoel en grande condition, sur le champion du monde Alaphilippe, sur Joao Almeida, sur Drys Devenyns, ainsi que sur Fausto Masnada, 3e hier de la Coppa Bernocchi et un homme toujours en forme et motivé en fin de saison.

3 – Thibault Pinot

Le grand retour!

Il a terminé 5e de la Coppa Bernocchi, de quoi signer son retour aux affaires du cyclisme professionnel et lui laisser croire en ses chances pour un beau Tour de Lombardie samedi prochain.

On est content de revoir ce coureur de talent être de retour au premier plan.

4 – Les gants à Roubaix

Je vous parlais de l’importance de porter des gants en course, surtout sur des épreuves comme Paris-Roubaix où les risques de chute sont importants et les surfaces particulièrement dangereuses pour les mains.

Sans le savoir, certains commentateurs de la télé anglaise en ont parlé dimanche.

Et la guidoline de Lizzie Deignan ne laissait aucun doute sur cet enjeu après la course des femmes samedi.

5 – Deceuninck et les crevaisons

Ca me surprend: silence radio sur les raisons derrière les multiples crevaisons des coureurs de la Deceuninck-Quick Step dimanche.

Lampearts, trois crevaisons.

Asgreen, au moins une crevaison.

D’autres coureurs de la formation ont aussi crevé.

Cette formation utilise des pneus avec chambres à air latex.

C’est vous qui voyez, mais j’ai ma petite idée sur les raisons de toutes ces crevaisons. Et chez Deceuninck, motus et bouche cousue, on ne veut pas nuire aux sponsors.

Et fait intéressant, les deux vainqueurs de Paris-Roubaix (hommes et femmes) roulaient sur des tubeless ce week-end. Colbrelli avait chaussé des tubeless de 30mm de section et Deignan était en mono-plateau de 52 dents, avec une cassette 12 vitesses derriere.

Des choix logiques selon moi, compte tenu de la nature du tracé de Paris-Roubaix.

6 – Les visages de Paris-Roubaix

C’est ici, toujours intéressant de voir à quel point les coureurs ont souffert dimanche dernier.

7 – Paris-Roubaix avec Israel Start-Up Nation

C’est ici, beau petit vidéo avec notamment Guillaume Boivin. On sent toute sa déception à l’arrivée, lui qui avait des jambes exceptionnelles dans le final.

8 – Record d’audience

France Télévision a signé un nouveau record d’audience dimanche dernier avec Paris-Roubaix: 2,8 millions de téléspectateurs!

L’effet Jaja, ou l’effet Marion?!

Chose certaine, la popularité du cyclisme se confirme, et pourtant au même moment le nombre de coureurs licenciés continue de diminuer.

Dans le monde d’aujourd’hui, nous ne sommes plus à un paradoxe près…

9 – Record de l’heure féminin

Comment passer sous silence que le record de l’heure chez les femmes vient d’être battu le 30 septembre dernier par Joscelin Lowden, avec 48,405 kms parcourus.

48,4 km/h de moyenne! Ouf!

Lowden s’est préparée de nombreux mois pour cette tentative et estimait à l’arrivée avoir géré sa course de façon conservatrice, suggérant qu’elle pourrait rouler plus vite encore dans l’avenir.

Les 49 km/h sont peut-être atteignables sous peu par les femmes, voire de briser la marque mythique des 50 km/h!

Le record masculin est détenu depuis 2019 par Victor Campenaerts avec 55,089 km dans l’heure.

Le Tour de l’actualité

Avant de passer demain à une analyse de Paris-Roubaix qui sera disputé samedi chez les femmes et dimanche chez les hommes (et probablement sous la pluie), petit Tour de l’actualité des nouvelles récentes.

1 – RMC Sport

À ne manquer sous aucun prétexte, le dernier kilomètre des Mondiaux dimanche dernier tel que vécu en direct sur la radio RMC en France. Magnifique!!!

2 – Guillaume Boivin

Une entrevue vidéo de près de 25 minutes avec Guillaume Boivin, diffusée par RDS hier. Guillaume sera un des coureurs à surveiller dimanche dans l’Enfer du Nord.

3 – Mike Woods, les regrets

Plusieurs d’entre vous se sont posés la même question: pourquoi Mike Woods n’était-il pas sur les Mondiaux dimanche dernier?

C’est son choix, il convient de le respecter, mais vu la course de Guillaume, on se dit tout de même, avec deux Canadiens dans le final, ca aurait donné quoi?! Beaucoup de possibilités de briller en tout cas, ca c’est certain.

4 – Philippe Gilbert

Le dernier vainqueur de Paris-Roubaix devrait être au départ dimanche, mais personne ne croit trop en ses chances étant donné sa saison 2021. À 39 ans, le champion belge prépare sa sortie, et en ce sens vient d’être élu à la Commission des athlètes de l’UCI.

5 – Gordon Fraser

L’ex coureur pro canadien Gordon Fraser, surnommé « Flash Gordon » durant sa carrière en référence à sa pointe de vitesse, vient d’être nommé directeur sportif chez Israel Start-Up Nation. L’ancrage canadien de l’équipe se renforce doucement.

6 – 1,56

En million de téléspectateurs français qui ont regardé la course sur route des Mondiaux dimanche dernier, avec des pointes à trois millions notamment à l’arrivée. Ouf! Trois millions, c’est 40% de la population du Québec… et il faut ajouter à cela les autres audiences, notamment ceux qui suivaient la course sur Eurosport.

La popularité du cyclisme demeure en France.

7 – Chaudière

Elle s’appelle Bjorn Thurau, oui le fils de Dietrich. Bjorn, 33 ans, a été suspendu… près de 10 ans par l’agence antidopage allemande pour de multiples infractions liées au dopage. Dix ans de ses résultats ont également été effacés des tablettes.

Ca a le mérite d’envoyer un rappel…

8 – 95 grammes

C’est le poids de la nouvelle selle chez Selle Italia, la SLR Boost Tekno Superflow. Du très beau matos.

9 – Barguil, la guigne

Fracture du bassin pour le coureur breton, les suites d’une chute à l’entrainement du côté de Marseille. C’est dommage, on avait vu le breton à un bon niveau ces dernières semaines, et il aurait probablement pu bien faire sur les dernières classiques italiennes de fin de saison.

10 – Transferts

Ca bouge encore du côté des transferts en prévision de la saison prochaine. On fera bientôt le point sur ce sujet.

11 – Paris-Roubaix, la présentation

On fera le point demain à propos de l’Enfer du Nord samedi pour les femmes, dimanche pour les hommes. Ca s’annonce assez dantesque, avec de la pluie et des températures fraiches propres à durcir les courses.

Deux courses qui s’annoncent d’ors et déjà très, très ouvertes et compétitives. Ca promet!!!

Le Tour de l’actualité en cyclisme féminin

Ca bouge dans le cyclisme féminin en ce moment, c’est le temps pour un premier Tour de l’actualité dans ce registre.

1 – Alison Jackson 6e chez les élites aux Mondiaux

La nouvelle championne canadienne Alison Jackson a fait une sacrée course samedi dernier dans les Flandres pour terminer 6e au final.

Avec ce résultat, elle a peut-être donné une belle inspiration à l’équipe canadienne qui poursuivait le lendemain avec cette excellente 17e place de Guillaume Boivin.

Jackson sautait sur tout ce qui bougeait dans le final, ne faisant aucun doute qu’elle était parmi les filles les plus fortes ce jour-là. Gênée dans son sprint à 150-200m de la ligne, sans cet incident Jackson pouvait croire à un podium selon moi, par exemple la 3e place. Il s’en est probablement fallu de peu.

Alison Jackson sera normalement au départ du premier Paris-Roubaix féminin samedi prochain du côté de Denain. Aucun doute qu’elle peut elle-aussi, comme Guillaume, y faire une grande performance, et cela rehausse l’intérêt de la course pour les fans canadiens et québécois bien sûr.

Quand tu as des jambes de feu, il faut en profiter!

2 – Course femmes U23

L’absence d’une course chez les U23 femmes a fait couler beaucoup d’encre ces derniers jours. Les femmes réclament l’organisation d’une telle course, avec raison.

Le président reconduit de l’UCI (il n’avait pas d’adversaire contre lui pour cette élection), David Lappartient, a laissé entendre que l’idée était explorée, mais que cette course U23 se déroulerait « dans un premier temps » avec celle des élites.

Je partage totalement l’opinion d’Alison Jackson sur ce point: très mauvaise idée! Elle a twitté:

Non, merci! Cela signifie que chaque nation sera mise sous pression pour créer deux équipes : trois coureurs élite et trois coureurs U23 ? Cela enlève les places de course Elite, mais ne donne pas non plus aux moins de 23 ans une chance équitable. Faites-en une course à part entière.

Alison jackson sur twitter

On a tous vécu ce genre de course, où diverses catés courent ensemble: ca fausse tout, certains(es) coureurs(es) pouvant alors profiter de la course des coureurs(es) plus matures pour distancer leurs adversaires.

Un cyclisme féminin vraiment à la hauteur du cyclisme masculin passe forcément par un Mondial U23 chez les femmes aussi. On ne veut pas d’un cyclisme féminin au rabais, point final.

3 – Zoe Backstedt

Avec la victoire de la fille de Magnus Backstedt, vainqueur de Paris-Roubaix 2004, chez les juniors samedi dernier lors de la course sur route (elle a aussi terminé 2e du chrono), on a encore eu la preuve qu’en cyclisme plus que dans n’importe quel autre sport, « bon sang ne saurait mentir« .

Surtout que son autre fille, Elynor, est actuellement professionnelle chez Trek-Segafredo!

En vélo, sans les gênes te donnant naturellement un bon moteur, t’a beau t’entrainer comme une bête, ca n’arrivera pas.

4 – Retraite de Karol-Ann Canuel

La Québécoise domiciliée à Gatineau vivait ses derniers Mondiaux, et a pu remplir parfaitement ses responsabilités d’équipière d’Alison Jackson grâce à une belle condition physique.

Elle termine 31e de l’exigente course sur route, moins d’une minute derrière l’Italienne vainqueure.

Surtout, la tête haute. Ca s’appelle réussir sa sortie.

Il y a des coureurs(es) qui ne gagnent pas souvent au plus haut niveau, mais qui sont respectés(ées) de tous(tes) dans le peloton. Canuel est de celles-là.

5 – Paris-Roubaix féminin

117 kilomètres à parcourir pour cette toute première édition de Paris-Roubaix féminin samedi prochain. Départ 13h35, soit 9h35 heure du Québec.

17 secteurs pavés à franchir, dont certains célèbres comme Orchies, Mons-en-Pévèle ou le Carrefour de l’Arbre, où la course des hommes s’est souvent jouée.

Et surtout, l’arrivée sur le vélodrome de Roubaix, avec ce sprint toujours si particulier à négocier!

On va se régaler!

Paris-Roubaix, c’est une course intéressante parce que c’est autant une sélection par l’arrière (chutes, crevaisons, etc.) que par l’avant. Et ca convient à un type de coureurs(es) assez précis, puissants(es) et capables d’enrouler de gros braquets.

Une fille comme la championne italienne Elisa Longo-Borghini devrait jouer la gagne. Beaucoup d’autres seront à surveiller, comme Lotte Kopecky, Marlen Reusser, Annemiek Van Vleuten, Ellen Van Dijk, la nouvelle championne du monde Elisa Balsamo, Marianne Vos, ou encore Cecilie Uttrup Ludwig.

6 – Tour de France féminin 2022

Rappelons au passage que ce premier Paris-Roubaix chez les femmes précède de quelques mois le retour du Tour de France féminin, prévu pour 2022.

Les détails de l’épreuve seront connus le 14 octobre prochain, en même temps que sera dévoilé en banlieue parisienne le parcours du Tour de France chez les hommes. Et en attendant, toutes les rumeurs à ce sujet sur le toujours très exhaustif site Velowire.

7 – Une équipe féminine Cofidis avec Gabrielle Pilote-Fortin

De plus en plus d’équipes professionnelles se dotent d’une équipe féminine et Cofidis vient d’embrayer à ce chapitre.

Les Trek-Segafredo, Jumbo-Visma, Movistar, FDJ, Team DSM, Team BikeExchange, Arkea, Lotto-Soudal, Rally Cycling, sont déjà dans le peloton féminin depuis un moment.

La création d’une formation Cofidis chez les femmes en 2022 a été récemment annoncée et l’effectif, majoritairement français, comportera la Québécoise Gabrielle Pilote-Fortin.

Je pense que la création d’équipes hommes-femmes avec un même sponsor est un modèle porteur, notamment en raison des économies d’échelle, et d’un système susceptible d’accélérer le développement du cyclisme féminin, les équipes femmes pouvant alors bénéficier plus facilement du professionnalisme et de l’expérience des équipes masculines.

Espérons que d’autres sponsors présents en WorldTour chez les hommes emboiteront le pas.

8 – Patrick Lefevere has been?

Patrick Lefevere est un manager d’équipe très respecté. L’homme derrière la Deceuninck QuickStep sait mener des champions, sait tirer le maximum d’une équipe de compétition où les égos sont parfois bien présents, et sait aussi durer dans le sport professionnel.

Ses récentes déclarations sur la perspective d’une équipe féminine Deceuninck manquaient cependant de classe. Il a notamment affirmé qu’il s’intéresserait au cyclisme féminin quant il y aurait suffisamment de bonnes coureures, et qu’il n’était pas un « centre social ».

Insultant pour le moins!

Chez certains, les mentalités sont longues à changer. Et les femmes doivent non seulement s’employer à appuyer (fort) sur les pédales, mais aussi à investir de l’énergie à lutter contre les préjugés.

Pour preuve, on pourra regarder cet extrait d’une discussion entre Jeannie Longo, Marc Madiot et Laurent Fignon qui remonte au milieu des années 1980. Avec nos yeux d’aujourd’hui, c’est surréaliste!

Et on mesure d’où le cyclisme féminin est parti, et le chemin parcouru depuis quatre décennies.

9 – Maghalie Rochette en forme

La spécialiste du cyclo-cross vient de remporter les deux épreuves élite de cyclocross de Rochester aux États-Unis le week-end dernier.

Rochette continue sa préparation en vue des épreuves de la Coupe du Monde plus tard cette saison. Ca commence en octobre aux États-Unis avec les trois premières manches, Waterloo le 10, Fayetteville le 13 et l’Iowa le 17.

On savait Rochette en forme grâce à sa 2e place acquise lors des récents Championnats canadiens sur route, derrière… Alison Jackson. Le parcours était difficile, révélateur des conditions physiques.

Le nouveau dopage sanguin (2e partie de 2)

Dans ce deuxième article (de deux – première partie ici) sur l’évolution du dopage sanguin dans le sport, Marc Kluszczynski nous entretient du probable Graal dans ce registre, celui de l’hémoglobine soluble dans le plasma et tirée de vers marins, ainsi que des possibles nouveaux développements plus récents.

Je remercie encore une fois Marc d’avoir permis cet éclairage sur les nouvelles techniques de dopage dans le sport, un dossier pertinent pour tout ceux qui, comme moi, s’interrogent actuellement sur certaines performances offertes en cyclisme professionnel. Sans mettre tout le monde dans le même panier bien sûr.

Où en est le dopage sanguin? par Marc Kluszczynski (partie 2)

Une autre origine possible des hémoglobines est apparue dès les années 2000. Des scientifiques ont alors réussi à extraire l’hémoglobine du ver de terre (Lumbricus terrestris). Cette hémoglobine était toutefois 50 fois plus grosse que l’hémoglobine humaine, donc peu intéressante pour le dopage. 

Dès 2002, Franck Zal, biologiste à Morlaix, s’intéresse au ver des marées basses (Arenicola marina) creusant des sillons sur les plages de Bretagne. Comment ce ver arrive-t-il à survivre plusieurs heures sans pouvoir extraire l’oxygène de l’eau ? En 2008, il parvient enfin à extraire son hémoglobine. Mais ce sera une autre hémoglobine de ver qui sera découverte dans l’affaire Aderlass. C’est que plusieurs groupes pharmaceutiques avaient déjà profité des travaux du Dr Zal.

L’hémoglobine de l’Arenicola marina (M-101 ou Hemo2Life) possède des propriétés impressionnantes : elle n’est pas encapsulée dans un globule rouge et est donc soluble dans le plasma. Elle transporte 40 fois plus d’oxygène que l’hémoglobine humaine (156 atomes d’oxygène contre 4) grâce à sa structure en double hexagone et elle est 250 fois plus petite qu’un globule rouge. Elle est rigoureusement atoxique, n’est pas immunogène, ne provoque pas de vasoconstriction ni d’hypertension artérielle. Elle possède même des propriétés antioxydantes qui lui permettent de prolonger son activité. Lyophilisée en poudre, elle se conserve plusieurs années à température ambiante et s’administre en intraveineuse.

Le produit a une durée de vie courte (demi-vie : 2,5 jours) et disparaît totalement de l’organisme en cinq jours. Le test de détection, qui n’existe que pour M-101, n’est valable que quelques heures. Des microdoses ne seraient détectables qu’entre 4 et 24 heures après l’administration, voire pas du tout selon la quantité utilisée ! 

Hemo2Life est utilisée en thérapeutique pour prolonger la durée de vie d’un organe à transplanter (greffon). L’armée est bien sûr intéressée pour le traitement des blessures de guerre et des hypoxies cérébrales causées par exemple par le souffle d’une explosion. Il y a fort à parier que ces hémoglobines de vers marins soient déjà utilisées en cyclisme, et pas seulement celle du laboratoire français. 

La recherche de nouveaux agents stimulants de l’érythropoïèse reste d’actualité

Le marché mondial du traitement de l’anémie est tellement juteux que les grandes firmes pharmaceutiques rivalisent d’imagination pour créer de nouvelles substances agissant sur l’érythropoïèse.

L’utilisation de l’EPO reste toutefois d’actualité : il existe encore vraisemblablement une bonne centaine de copies d’époétines non approuvées, ou encore de biosimilaires (qui différent de quelques sucres sur la chaîne glycosylée) et pour lesquelles on ne connaît pas la référence amenant à un test positif au contrôle. Leur emploi, on l’a dit, présente un risque de contrôle positif et n’est plus aussi généralisé qu’il y a vingt ou trente ans.

Si l’EPO agit au début de l’érythropoïèse (maturation des réticulocytes), une nouvelle classe d’agents stimulants de l’érythropoïèse agit à la fin en diminuant la prolifération des précurseurs érythroïdes : ce sont les protéines de fusion du récepteur à l’activine II. Elles sont représentées par le luspatercept (Reblozyl) administré en sous-cutané. Il est commercialisé dans le traitement de l’anémie lors de la bêta-thalassémie (malformation génétique de l’hémoglobine).

Des essais de phase II avant commercialisation sont menés actuellement avec le sotatercept (ACE-011) dans le traitement de l’hypertension artérielle pulmonaire. Ces produits sont encore indétectables. Le risque de thrombose, comme avec l’EPO, existe toutefois.

Comment ici ne pas repenser à certaines situations malheureuses étant survenues au début de l’utilisation de l’EPO? Cyclistes devant pédaler la nuit afin de limiter les risques d’accidents cardiaques, vague de décès parmi les cyclistes néerlandais en 1989 et 1990… À la vue de ces situations, la récente et mystérieuse vague de décès parmi les jeunes cyclistes belges et qui s’est arrêtée brutalement en 2018, fait peur.

(Note supplémentaire: Entre 2016 et 2018, sept jeunes coureurs belges sont décédés de problèmes cardiaques, sans pour autant que ces décès aient été attribués directement à une pratique interdite dans le sport. On sait seulement que ce nombre élevé de morts subites ne concorde pas avec les statistiques de morts subites d’origine cardiaque chez les jeunes sportifs (1 à 3 pour 30.000 tous sports confondus.)

Les inhibiteurs de l’HIF-1α-prolylhydroxylase (annoncés en 2006) ne font plus parler d’eux après le cas positif du marcheur français Bertrand Moulinet en 2015 (FG-4592 ou roxadustat). Ces produits, facilement détectables, inhibent la dégradation d’un facteur sécrété en cas d’hypoxie. L’organisme, berné, se met à fabriquer de l’EPO, le tout dans un parfait équilibre physiologique. Y en a-t-il de nouveaux ?

Les mimétiques de l’EPO (hématide d’Affymax, SEStide ou Hemomer d’Aplagen) avaient laissé entrevoir de gros espoirs quant à leur facilité d’utilisation ; sous forme de comprimés, conservés à température ambiante, le SEStide était déjà présent lors des mondiaux d’athlétisme de Berlin en 2019. L’hématide sera retiré de la vente en 2013 suite à des réactions d’hypersensibilité mortelle. 

On peut aussi agir sur l’affinité de l’oxygène pour l’hémoglobine. Dans l’organisme, le 2,3-DPG (diphosphoglycérate) diminue cette affinité. L’oxygène se trouve ainsi relargué plus facilement vers les muscles. L’ITPP (Myo Inositol Trispyrophosphate), en délestant plus facilement que le 2,3-DPG l’oxygène de l’hémoglobine, favorise la sécrétion de l’EPO endogène dans des limites physiologiques. Un cas positif est survenu en hippisme en 2019 !

Des substances à surveiller dans l’avenir

Les plus fortunés et les plus malins ont possiblement accès à des substances en cours d’expérimentation.

GlaxoSmithKline (GSK) étudie la voie enzymatique des DYRK-3. Cette kinase se trouve dans les précurseurs des globules rouges et inhibe l’érythropoïèse. Les inhibiteurs du DYRK-3 (GSK 626616 en phase II) agiront donc en favorisant la production des globules rouges.

Le PBI 1402 (Pro Metic Biosciences Inc) en phase II imite le mode d’action de l’EPO au niveau des cellules souches sanguines, mais possède un mécanisme différent car il ne se lie pas au même récepteur membranaire. Ces deux molécules, actives par voie orale (en comprimé) sont encore en stade d’expérimentation.

En conclusion

La lutte antidopage, et l’AMA, qui doivent mettre au point les tests de détection et les valider, sont probablement actuellement dépassés par la multiplicité des approches structurelles des nouvelles substances agissant sur l’oxygénation musculaire.

La mise au point des tests de détection basée sur des méthodes classiques marque le pas, certains nouveaux produits nécessitant une méthode biotechnologique difficile à mettre au point et très onéreuse.

La lutte contre le dopage n’a jamais été facile.

Et on revient à deux choses, la volonté d’agir, et surtout l’argent, qui demeure plus que jamais le nerf de la guerre. Les budgets annuels des organismes de lutte antidopage sont dérisoires si on compare avec ceux investis ailleurs. Une seule journée en Afghanistan pour les États-Unis coutait deux fois le budget annuel de l’AMA (et ce pendant 20 ans) ! 

Le dopage a (hélas!) certainement encore de beaux jours devant lui.

Le nouveau dopage sanguin

D’étranges colis sur le dernier Tour. L’équipe Bahrain-Victorious perquisitionnée. Des watts en hausse, de retour aux niveaux de l’ère Armstrong.

Des vers marins. De l’hémoglobine. Du plasma, mieux que les globules rouges.

Forcément, je me pose des questions.

J’ai voulu faire le point sur le dopage sanguin, 30 ans après l’arrivée de l’EPO au coeur du peloton pro.

Qui de mieux pour cela que Marc Kluszczynski, un collaborateur fidèle de ce site depuis des années?

Marc a gentiment accepté de m’aider à y voir plus clair sur les nouvelles techniques probables de dopage sanguin. Je lui ai demandé de ne pas m’épargner sur les détails techniques.

Je le remercie chaudement pour sa contribution à ces pages.

L’idée n’est pas d’être négatif face au cyclisme professionnel. Beaucoup de coureurs pro font certainement leur métier dans le respect des règles. Non, ils ne sont pas tous dopés. Et ceux qui le sont, le sont très probablement à échelle variable. Comme dans tout, il y a le comprimé vite avalé en vue de l’arrivée, et la cadillac du dopage sanguin qui implique une lourde logistique sur des mois.

Je veux juste être un observateur éclairé du cyclisme. Être au fait des avancées scientifiques médicales qui peuvent sauver des vies, la création par exemple d’un sang artificiel étant à placer dans ce registre. Mais il y a des effets pervers. L’EPO par exemple a été notamment créée pour venir en aide aux patients cancéreux après les traitements de chimio: noble cause! mais le produit a été détourné pour être utilisé comme dopant.

Premier article d’un dossier en deux temps. Demain, la suite, avec le Graal du dopage sanguin.

Où en est le dopage sanguin? par Marc Kluszczynski

Trente ans après la première utilisation présumée de l’EPO aux mondiaux de ski nordique de Lahti (Finlande) en 1989, le dopage sanguin est-il entré dans une nouvelle ère après la découverte d’hémoglobine lyophilisée (en poudre) dans les mallettes du Dr Mark Schmidt aux mondiaux de Seefeld (Autriche), encore en ski nordique, en février 2019 ? L’affaire Aderlass était lancée. 

Il faut dire que depuis dix ans, les progrès dans la détection de l’EPO sont bien réels et il est de plus en plus risqué de l’utiliser. 

Détectable dès 2000, l’EPO est, depuis, de plus en plus employée en microdoses, décelables que quelques heures. Le passeport sanguin, adopté par la plupart des fédérations internationales (et par l’UCI dès 2008) rendra le dopage sanguin un peu plus difficile, mais encore possible pour des sportifs n’hésitant pas à s’adjoindre le savoir-faire de spécialistes, tel le plus connu d’entre eux, le Dr Michele Ferrari.

Au sein de l’arsenal « classique », il reste aussi actuellement les transfusions sanguines autologues, toujours indétectables depuis leur première utilisation dès 1970 par les coureurs à pied suédois, finlandais et certains cyclistes professionnels des nations dominantes. Ces transfusions ne seront interdites qu’après les JO de Los Angeles 1984, où les cyclistes américains les avaient utilisées. 

Mais la clé aujourd’hui, c’est de pouvoir contourner le passeport sanguin qui se focalise sur les variations des constantes des globules rouges. Les globules rouges contiennent à l’intérieur de leur membrane l’hémoglobine, formée de quatre sous-structures qui, chacune, fixe une molécule d’oxygène grâce à son atome de fer. Il existe aussi une petite quantité d’oxygène dissoute dans le plasma, donc à l’extérieur du globule rouge.

L’idée n’est pas nouvelle : l’industrie pharmaceutique cherche depuis les années 2000 à fabriquer un sang artificiel pour pallier la pénurie des donneurs et aux risques de la transfusion (transmissions de virus). 

Ce fait prend encore davantage d’importance en période de pandémie virale comme celle de la COVID-19.  

Dans l’affaire Aderlass, le procureur en charge de l’affaire, Kai Graber, a parlé d’hémoglobines humaines fabriquées par le laboratoire Merck et sa filiale Sigma-Aldrich : les produits H 7379 et H 0267. 

Il pourrait s’agir de sub-unités d’hémoglobine humaine (qui comporte 4 chaînes protéiques appelées globines). L’hémoglobine humaine réticulée (ou Diaspirin cross linked Hb de Baxter) avait d’ailleurs déjà été utilisée dès 1996 dans les sports d’endurance à la dose de 50 mg/kg. Du point de vue des tricheurs, sa demi-vie de 2 heures était intéressante, malgré des effets indésirables à base de troubles du rythme cardiaque et d’hypertension artérielle. 

Les tricheurs avaient donc déjà compris l’intérêt d’une hémoglobine dissoute dans le plasma : déjouer le passeport biologique puisque cette hémoglobine dans le plasma ne peut pas se fixer à l’intérieur du globule rouge qui en contient déjà.

Ces hémoglobines se présentent sous forme de poudre lyophilisée. Leur conservation est de plusieurs années à température ambiante alors que celle d’une poche de sang est de 7 à 8 semaines à 4°C, sachant que 1% des globules rouges sont détruits chaque jour par hémolyse. 

Ces hémoglobines en poudre se retransforment en hémoglobine fonctionnelle après injection. Les produits H 7379 et H 0267 existent depuis plusieurs années en tant que réactifs chimiques vendus par le laboratoire et ne sont pas très chers. On n’est pas étonné de leur utilisation (probable) dans le sport alors qu’aucune étude sur leur toxicité n’existe !

Il y a vraisemblablement d’autres hémoglobines humaines semi-synthétiques ou modifiées. Le fait de polymériser la molécule évite la formation de dimères néphrotoxiques. Polyheme, une autre hémoglobine humaine polymérisée, avait raté de peu sa commercialisation aux USA en 2009.

Le gros problème de la mise au point des hémoglobines humaines consiste à leur faire diminuer l’affinité pour l’oxygène, pour qu’elles le relarguent dans les tissus. Et à maîtriser l’effet vasoconstricteur qui peut provoquer des infarctus du myocarde. En les polymérisant, cet effet diminue un peu, mais le temps de demi-vie augmente, ce qui facilite leur détection dans les contrôles antidopage. 

Une nouvelle hémoglobine recombinante humaine est-elle actuellement utilisée ? Pas impossible.

Des hémoglobines animales

Il existe aussi des hémoglobines animales (bovines). 

Sigma-Aldrich propose la H 2500, toujours en tant que réactif de biologie. Lors du Tour de France 2003, le danois Michael Rasmussen et l’espagnol Jesus Manzano avaient utilisé l’Oxyglobin (HBOC-301 pour hemoglobin based oxygen carrier) mais avec quels risques pour la santé ! Avec ces produits, on a constaté une augmentation de la pression artérielle pulmonaire et une diminution du volume d’éjection systolique. 

Avec l’Hemopure (HBOC-201), une hémoglobine bovine polymérisée encore vendue en Afrique du Sud, l’effet vasoconstricteur est moindre, mais il y a toujours cet effet d’augmentation des résistances à l’écoulement (synonyme de risque d’infarctus du myocarde ou de thrombose).

Si l’Oxyglobin a disparu dès 2004, les hémoglobines animales ont sûrement progressé depuis en terme d’efficacité et de bonne tolérance.

Lors du Tour de France 2021, des sources crédibles rapportent que des cyclistes de l’équipe Bahraïn Victorious devaient pédaler en pleine nuit sur home-trainer (ce fait explique la descente de police dans la nuit du 14 juillet) comme au temps de l’EPO surdosée. On peut donc soupçonner l’usage de ce type de substances, cette habitude qui ne trompe pas étant nécessaire pour vaincre les résistances à l’écoulement. 

Un autre dopage : les perfluorocarbones

Ces substances formées d’atomes de carbone et de fluor sont toujours en développement et leur usage est toujours envisageable. 

Certaines sont encore utilisées en médecine d’urgence dans les états de choc hypovolémiques, en cas de pénurie de don de sang (le Perftoran russe depuis 2005). Cette recherche intéresse bien sûr l’armée, tout comme celle sur les substituts HBOC. 

Il est connu que Mauro Gianetti, directeur d’UAE Team Emirates, les avait utilisés sur le Tour de Romandie 1998. Atteint d’insuffisance rénale et hépatique, le suisse avait été envoyé aux urgences de l’hôpital de Lausanne. 

Les PFC peuvent véhiculer l’oxygène dans les tissus et disparaissent en 48 heures de l’organisme. L’avantage dans la lutte contre le dopage, c’est qu’elles sont facilement détectables. 

Oxygent a vu son développement stoppé en 2002 pour trop grand nombre d’infarctus en essais de phase III. Le dernier PFC, l’Oxycyte, a vu son développement arrêté en 2014. Il pouvait transporter 5 fois plus d’oxygène que l’hémoglobine humaine, tout en étant constitué de particules 50 fois plus petites qu’un globule rouge. Le développement de ces PFC ne s’est vraisemblablement pas arrêté, bien que leur faible efficacité soit connue (à pression atmosphérique). 

Le milieu sportif reste très probablement à l’affût, mais il existe une meilleure piste pour expliquer la domination de trois équipes sur le dernier Tour de France, le retour de sprinteurs aux premières loges dans les étapes de montagne, et les longs raids solitaires de coureurs dans certaines étapes de montagnes de grands Tours. Ca sera l’objet de l’article de demain, le Graal du dopage sanguin.

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