Tous les jours, la passion du cyclisme

Gino Mäder (1997-2023)

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Marc Madiot

19 Commentaires

  1. Edgar Allan Poe

    C’est terrible. Hier, l’E21 a fait une capsule sur des supporters de ce coureur qui l’attendaient en haut du dernier col avec le brin de chauvinisme sympa qui anime tous les fans de vélo. Quelques minutes après, on apprenait sa grave chute.
    J’imagine leur désarroi.
    On a toujours beaucoup d’empathie pour ces victimes quand on pédale un peu, qui plus est sur des courses. Je crois que j’en ai beaucoup plus depuis que j’ai failli laisser ma motricité 5 mètres en dessous d’un virage suite à un accrochage à 4 à grande vitesse. Ce virage n’était nullement signalé par les organisateurs.
    Idem pour les coureurs du tour de Suisse hier.
    Chaque tracé de course devrait être effectué par des coursiers au préalable car ils sont les seuls en capacité de juger de la dangerosité effective d’un virage ou de la route.
    Et les choses ne s’améliorent pas. À titre d’exemple, j’ai couru la Megève Mont Blanc 2022 où nous empruntions deux fois une descente pitoyable sur laquelle il y avait « des escaliers » où la chaussée était enfoncée de 30 cm par endroit, au centre même de la route. J’ai refait cette cyclo dimanche dernier, et c’était du même acabit : les cols montés sur des « billards » très bien bitumés, et les descentes sur des routes secondaires, de véritables chemins de chèvre avec des trous, du gravier.
    Cette course a pourtant connu un mort par le passé.
    Certes, elle a encore le mérite d’exister, c’est bien de nos jours, et de proposer un super terrain de jeu. Mais la sécurité avant tout, Merde !
    À noter qu’un GPS qui lit le parcours préalablement enregistré propose une solution de nature à améliorer notoirement la sécurité.

    • Xavier B

      Salut EAP. Oui tu as raison, l’émotion est grande en effet, pour moi aussi. Et je peux imaginer pour la communauté cycliste suisse – la mienne – dans son ensemble également. Et sans doute au-delà des frontières… La sortie club, demain, sera, sans doute, moins enjouée qu’à l’accoutumée… Gino Mäder n’était pas un quidam en helvetie.
      La sécurité à vélo est un vaste, mais alors très vaste sujet, que ce soit en course, en randonnée, ou au quotidien, en agglomération comme en rase campagne : état des routes et aménagements divers et variés, signalisations, et aussi l’état du matériel cycliste, l’équipement – et ses caractéristiques, formes et couleurs – , les comportements des individus aussi – cyclistes, automobilistes, piétons, cavaliers, etc. – …. Vaste sujet donc, qui requiert attention, prévention, mise à jour et éducation permanentes ; on n’a qu’une vie… Et elle est précieuse…
      Comme toi, et beaucoup, j’ai été témoin de situation de danger(s) aux multiples facteurs que j’évoque, lors de rassemblements cyclistes, de compétition ou non. Un drame comme aujourd’hui est une bien douloureuse piqûre de rappel pour celles et ceux qui en ont besoin…
      Ah… J’ai le cœur bien lourd….

    • jmax

      La route était parfaite avec de larges virages bien dégagés mais forcément, les coureurs vont bien plus vite avec Bardet dépassant les 100 km/h. A ces vitesses, il faut peu de choses pour décrocher.

    • plasthmatic

      Sébastien,

      Même si je souscris totalement à ce que tu écris ci-dessus, je crois que, si ça se trouve, rien de tout ça n’explique la terrible sortie de route de Gino Mäder (et celle de Magnus Sheffield).
      J’ai peur que le facteur principal ait été sa volonté de recoller pour le général, autrement dit la prise de risque inhérente (et si compréhensible) pour la course devant, dans une descente ultra-rapide par nature, devenue ultra-dangereuse pour la compétition. Il avait été distancé de l’autre côté.

      Pour la Time-Megève, deux choses :
      – ça n’a donc pas changé : on grimpe sur le lisse, on descend sur le moche. Ceci à part, ‘mes Time-Megève’ étaient toujours extrêmement bien organisées. Bons souvenirs, même celle où, malade, je ne m’étais pas amusé.
      – la sortie, avec bascule d’une hauteur effrayante, de ce pauvre coureur, un suisse (encore) prénommé Martin, s’était produite peu avant mon passage, entre Flumet et le pied des Saisies par Crest-Voland. On nous hurlait : ‘chute grave, chute grave’. Je revois encore le vélo contre le parapet, le coureur n’était plus là. Dix minutes plus tard, on attaquait le col en longeant le terrain de la propriété dans laquelle il avait fini sa chute, où était posé l’hélicoptère. Pas besoin d’une grande réflexion pour avoir compris. Une semaine plus tard, un jeune espoir (Astana je crois) faisait la même, mais lui avait eu beaucoup de chance : un arbre l’avait arrêté. Ce Martin était un papa, ça compte aussi.

      Bon, le sujet est ailleurs. Le sujet, c’est : Gino Mäder, 26 ans.
      Putain c’est pas vrai.

      PS : Je crois qu’il ne sert à rien d’hurler contre les fautifs. Pas sûr qu’il y en ait.

      Bonnes courses à venir, Sébastien.
      Et gaffe à tes fesses, dans la meute, dans les descentes.

  2. La chute et le drame sont inhérents au sport cycliste mais il n’y a pas de volonté de limiter ces risques au niveau professionnel et les organisateurs de courses amateurs ou cyclosportives suivent bêtement le schéma des professionnels (sauf si les préfectures leurs imposent de nouvelles règles suite à un drame comme pour la Marmotte).

    Car si l’on avait jugé l’arrivée de l’étape au sommet au lieu d’en bas de la descente, Gino MADER serait toujours en vie. Ce n’est pas un problème de compétence mais bien un problème de volonté car l’évidence saute aux yeux. L’on privilégie le spectacle au détriment de la sécurité.

  3. noirvélo

    Encore sous le choc , comme tout le monde je me pose des questions , mais à quoi bon ? C’est fait , malheureusement , définitivement … c’est ce qu’il y a de terrible , aucun retour en arrière . Pourquoi ? Bêtement , j’analyse , je me dis il n’a pas maitrisé à 100% le virage qu’il prend à 100 à l’heure , erreur de trajectoire , frein à disque un peu trop brutal ? Evidemment quand on aime pas les disques , on s’attaque à ce qui vous arrange , qu’est ce que ça change ? , demain dans le « Parc des Ballons des Vosges  » , un petit col , un Steige ou un Urbeis , la mauvaise voiture dans une bonne et honnête trajectoire et moi une demi seconde de plaisir à passer à coté d’un sublime panorama à 60 à l’heure … Et au final , à quoi bon ? il n’y a pas (encore!) de boîte noire , le « beau Gino  » emmènera tous ses secrets , ses dernières craintes , ses ultimes fatigues , sa dernière frayeur … Nous on a un présent lourd à comprendre dans son drame , sa famille et ses amis , déjà des souvenirs à gérer dans les larmes … Repose en paix , Gino .

  4. le cycliste en basquet

    Une question tout de même : le jeu en vaut il la chandelle……on comprends dès lors le sorte de pacte de non agression qu’ avaient « signé » l’ an passé POG et VIING aprés s’ étre un peu « allumés » lors d’ une descente d’ un col Pyrénnéen. (vous saurez me dire ou ? )
    Une autre question aussi, au niveau cyclosportif, les participants ne sont ils pas considérés comme en randonnée individuelle auquel cas ils devraient s’ enquérir de l’ état des routes par exemple…adopter une vitesse raisonnable qui puisse (autre exemple) parer à la sortie d’ un troupeau de vaches au détour d’ un virage…….
    Bon cela n’ a pas trop à voir avec la trés haute comp., mais,….. dans tout les cas, se laisser une marge……de manoeuvre; mais mon cas est celui de quelque un qui n’ est même plus un cyclo touriste.
    Pour ce qui est des accidents liés au trafic routier, c’ est encore autre chose…….ce que l’ on nomme ou nommera les « homicides routiers ».
    Très triste actualité tout de même……..mais la vie doit continuer, comme le cirque qui n’ aréte pas ses représentations, même en cas d’ accident.

    • plasthmatic

      Mica,

      Ne commets pas, s’il te plaît, la faute de lire ce qui suit comme ironie, boutade, provocation, contradiction, etc …
      Déjà parce que ta question est si bonne qu’on se la pose tous, forcément.

      Ma réponse à ta question est une question :

      La vie en vaut-elle la chandelle ?

      Ma réponse est : oui.

      Autre question, un peu corollaire :

      La sécurité (passion moderne) en vaut-elle la chandelle ?

      Ma réponse est : non.
      Ou encore : oui …
      Avec tous les degrés d’un extrême à l’autre.

      Les coureurs prennent des risques, toujours, quand les circonstances se présentent. Toujours, mais plus ou moins selon les individus. Et il n’y pas de règle ou de limite meilleure qu’une autre, enfin je crois. Gino Mäder aura probablement pris son risque.
      Note, Mica, que cette dernière phrase peut sonner comme une consolation. Non, pas question ! Et note encore que refuser la consolation ne conduit pas mécaniquement au regret …

      Comment dire : je vois souvent le besoin, souvent immédiat, de consolation (autre passion si moderne) comme une insulte … c’est plus fort que moi, comme on dit.

      Putain, c’est pas vrai.
      Et c’est tout.

      Steph ? Noirvélo ? Eric ? Les autres ?

      Bon, je fais silence, je me sens à deux doigts de l’indécence, si ce n’est déjà fait.

      • le cycliste en basquet

        Oui : le silence…….comme pour l’ ouvrier tombé du toit, ou celui enfoui dans la tranchée qu’ il étayait ……
        Le vélo ressemble à la vie………

      • Steph

        plasthmatic, je ressens comme toi, en effet, qu’il vaut mieux se taire que de ne rien dire.

        Alors juste deux aphorismes, témoins de mon humeur :

        Quand on défie la mort on ne gagne qu’en perdant définitivement.
        [Elsa Triolet]

        Et après tout, se tuer jeune permet de profiter de la mort.
        [Pierre Desproges]

        Nous avons tous, de par nos caractères et nos histoires de vie, un rapport, une distance à la mort qui nous font évaluer et encaisser ce genre d’événement très différemment. Disons que j’ai mon opinion mais je le garde pour moi…

  5. Yvon

    Un ami motard à qui je parlais du décès d’un autre motard m’a répondu il est mort tue par sa passion c’était son choix. Vu mon âge il aurait pu être mon petit fils, je pense au malheur de sa famille.
    Si elle peut lire vos écrits elle en appréciera la profondeur votre pensée et votre humanité . Mon neveu fait le 600 de Paris Brest et je n’ai pas l’esprit tranquille.

  6. le cycliste en basquet

    Pensées et silence aussi pour Bjorg Lambrecht……..à 22 ans.

  7. Un exemple de la responsabilité des organisateurs :
    L’arrivée à Morzine au lieu de Joux plane pour le TdF ou l’Etape du Tour.
    Les années et les drames passent et rien ne change.

    • le cycliste en basquet

      Oui Eric, je pensais exactement aux arrivées en descente type Morzine et il y en aurait beaucoup d’ autres…….Genre Izoard Briançon dans les Pyrennées il y aurait des exemples………et cette année au TDF le pays Basque avec un peloton de 180 coureurs……descentes compliquées très certainement.
      Maintenant ces descentes juste avant les arrivées nous ont souvent provoqué le grand frisson, sans oublier l’ effet traveling, toujours spectaculaire à la télé.)
      On ne va pas pouvoir tout « édulcorer » ( déja la météo pose de plus en plus de problémes semble t’ il)
      Des drames dans les descentes il y en a toujours eus .
      Quel sport quand même ! ou il y a tout!
      Gino est un ange ……..à jamais 26 ans……

    • marius

      Je suis de ton avis Éric.
      Il ne faut pas se mentir, les descentes à tombeau ouvert, donnent des images spectaculaires. Il n’y a qu’à voir les commentaires dithyrambiques des suiveurs et les rediffusions.
      Le pire, certains diffuseurs font un Top 50 des plus belles chutes. Je trouve cela inconvenant, car cela normalise les chutes et les douleurs physiques et psychiques des coureurs. Voir pour les téléspectateurs « on s’est fait chier, y’a pas eu de chutes, d’accidents ou de sortie de routes » .
      Donc, les arrivées en descente sont au service du spectacle. Marc Madiot dit qu’aujourd’hui les coureurs professionnels exercent un métier, plus qu’une passion ou un art de vivre. Et moi cela me gêne de voir ces coureurs prendre des risques au delà des limites, pour servir au final, mon plaisir de téléspectateur. C’est un peu comme dans les années 80 ou les descentes à skis des faces Nord étaient médiatisés. Combien de skieurs sont morts car ils devaient honorer un contrat ?
      Le champion du monde de F1 Niki Lauda, expliquait qu’il était près à prendre des risques, mais pas tous les risques. Ce n’est pas le cas dans le vélo.
      Alors oui, ASO impose que les routes du Tour de France soient parfaites (sur le dos des contribuables français des départements traversés) mais cela contribue à aller encore plus vite.
      Au contraire, cette année au Tour d’Italie, la descente critiquée du col de La Croix de Cœur en Suisse, étroite, pentue et glissante à cause de la pluie, a forcé les coureurs à être très prudents.
      Je serai d’avis que les organisateurs se posent une question simple sur une descente précédant directement l’arrivée.
      Quelles sont les conséquences si un coureur chute à grande vitesse ?

  8. marius

    Cet accident tragique, un de plus, nous montre combien les cyclistes, hommes ou femmes, évoluent tels des funambules mais sans filet de protection.
    J’ai une pensée également pour
    Annefleur Kalvenhaar, 20 ans lorsqu’elle perdit la vie le 23 août 2014, en bas d’une vilaine passerelle des XC Eliminator à Méribel. Jeudi 15 juin 2023 dans cette descente raide mais large, il y a eu un miracle et une issue fatale malheureusement logique, même avec un casque. Comme un alpiniste qui dévisse sur une pente raide de neige.
    Le prix à payer pour exercer sa passion est bien lourd, pour un sport Pro soit-disant encadré et réglementé….pour sûr, pour la hauteur des chaussettes.
    On ne peut pas se cacher derrière la fatalité « c’est un sport dangereux, comme l’alpinisme » sauf que la montagne est imprévisible, les règles changent sans préavis.
    Je préfère lire c’est un sport d’ange heureux.
    Gino Mäder l’est définitivement.

    • le cycliste en basquet

      Tu as raison Marius, mais comment ne pas penser aussi à Jean Pierre Monséré décédé à 21 ans avec le maillot arc en ciel, à Andrei Kiviliev,
      Fabio Casartelli………..trop longue la liste et pas besoin de Wikipédia pour se souvenir.

    • marius

      Ce qu’il y a de bien avec Thibaut Pinot, c’est qu’il est sans filtre. Il dit les choses comme elles sont, alors que d’autres coureurs auraient eu un discours plus politique. C’est la bonne manière de répondre, surtout lorsque l’on critique à juste titre, l’excès de visibilité des chutes dans les résumés. Eurosport de son côté a supprimé l’accès à la rediffusion de l’étape Suisse ou Gino Mäder perdit la vie.

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