Tous les jours, la passion du cyclisme

 

Auteur/autrice : Laurent Page 3 of 350

Le Tour: stupéfiant!

Le tour du Tour:

1 – 39min et des poussières. C’est le temps d’ascension de Tadej Pogacar sur le Plateau de Beille, explosant de plus de 3min30 le record à ce jour détenu par un certain Marco Pantani à la grande époque (1998).

Pourtant, le Tour est retourné cinq fois sur le Plateau de Beille entre la première fois en 1998 et l’étape dimanche. Personne n’avait pu faire mieux jusqu’ici que « le Pirate », pas même Contador.

Pogacar a établi ce record vent de face également.

On est à 7 watts par kilo pendant 40min et presque 7,4 watts par kilo sur les 23 dernières minutes. Stupéfiant. Pantani à plus de 3min30. Un cadet.

Chose certaine, il s’agit fort probablement de la performance la plus remarquable de toute l’histoire du vélo sur une ascension de 40min. Plus fort encore que Riis et Hautacam en 1996, alors que le Danois évoluait à un taux d’hématocrite dépassant les 60%.

Face à une telle perf, tout le monde y va de son analyse. Les « main stream », UAE Team Emirates en premier lieu mais aussi tous les médias qui gagnent leur vie avec le monde du vélo, parlent des gains en alimentation, rendement, pneumatiques, aérodynamisme, toute la panoplie déjà usée par Lance Armstrong et « Road to Paris », c’est sur YouTube servez-vous. Si vous voulez y croire… perso, je trouve que ca tourne comme un vieux disque usé, jeté en pâture aux jeunes fans qui ne connaissent pas l’histoire du vélo.

D’autres dénoncent carrément l’usage du dopage, mais sans preuve aucune, je trouve que c’est une voie difficilement soutenable.

Perso, je préfère la jouer mitigée: bravo Pogi, mais je me garde une petite gêne, détestant me faire prendre pour une valise. Il y a quand même peu de chances qu’une telle perf après 200 bornes sur l’étape et deux semaines de course à fond les balais avec une victoire d’étape la veille au Plat d’Adet ait été acquise à l’eau claire.

Surtout qu’UAE, c’est l’équipe d’un certain Mauro Gianetti, trois jours de coma et 12 jours de soins intensifs quand même dans un hosto de Suisse en 1998 pour avoir consommé, alors coureur, un produit révolutionnaire à l’époque, les perfluorocarbures (PFC). Remarquez que l’histoire a eu du bon, du coup la plupart des coureurs pro ont pris peur d’y laisser leur peau et les PFC n’ont plus tellement progressé dans le peloton après cet épisode.

2 – Vélos. Le record de Pogi en raison du vélo? Pas sûr du tout! La meilleure analyse est ici, et on y remarquera que le vélo de Pantani en alu en 1998 était un peu plus léger que celui de Pogacar dimanche. À moins de 30km/h de moyenne dans une ascension mais dans une pente de 8%, le poids du vélo fait une différence. Ne vous laissez pas entuber par les déclarations fumistes de certains quant à l’efficacité des vélos actuels, du moins pas dans les cols en deçà de 25km/h et par des pentes à plus de 8% de moyenne.

3 – Manivelles. Je sais pas vous, mais je suis absolument convaincu que Pogacar a perdu son sprint face à Vingegaard au Lioran en raison de manivelles trop courtes le limitant assez considérablement dans l’exercice de l’emballage final.

Payez-vous les images attentivement, il me semble que c’est évident. Pogacar n’a aucun bras de levier avec ses manivelles de 165mm, il semble complètement avoir les jambes autour du cou, sans puissance aucune.

4 – Pogi, course gagnée? Bien sûr que non! Il peut arriver tant de choses sur le Tour, des pépins mécaniques, des bordures, la Covid-19, etc. Mais sur la condition physique oui, on voit mal qui peut battre Pogacar. Sauf pépin, le Slovène réalisera le doublé Giro-Tour dimanche prochain à Nice.

5 – Encore trois étapes critiques. Soit vendredi, samedi et dimanche prochain.

Vendredi, la Cime de la Bonette (c’est long!) puis l’ascension finale sur Isola 2000, juste en dessous du col de la Lombarde, une tuerie celui-là. Une étape courte (144 km) mais très difficile.

Samedi autour de Nice, pas simple non plus même si on n’est pas en haute montagne comme la veille: Braus, Turini, Comialne et Couillole, ca monte et ca descend toute la journée sur 133 bornes.

Dimanche le chrono final depuis Monaco, on attaque direct la montée vers La Turbie puis le col d’Èze, on plonge ensuite sur Nice et la Promenade des Anglais. 34 kilomètres, mais seulement une petite 20aine pour réellement faire une différence.

6 – Les pois. Pogacar, mais c’est un accessit.

7 – Le maillot blanc. Remco, facile.

8 – Le maillot vert. Biniam parce qu’il ne reste plus beaucoup d’arrivées au sprint, peut-être juste aujourd’hui à Nîmes et c’est tout.

9 – Débridée. Ne perdez rien des prochaines étapes, ca va être quelque chose car nombreuses sont les équipes qui ont été mouchées jusqu’ici sur le Tour, puisque Girmay et Pogacar ont trois victoires d’étape chacun, et Philipsen deux, total 8 étapes à seulement trois coureurs. Les débuts d’étape pour prendre la bonne vont être animés dans les trois prochains jours, c’est moi qui vous le dit!

Le point sur le Tour

Retour au service normal sur La Flamme Rouge après quelques jours de grande perturbation en raison d’un déplacement sur l’Europe, que voulez-vous j’avais envie de manger quelques profiteroles.

On reprend par le point sur le Tour de France.

1 – Le Lioran. L’étape parfaite pour tous les baroudeurs du peloton! On risque d’assister à un début d’étape un peu fou aujourd’hui, car ils seront nombreux voulant se glisser dans la bonne du jour. Casse-pattes, l’étape sera en effet difficile à contrôler, piégeuse, et imprévisible.

Je pense que les Canadiens Hugo Houle et surtout Derek Gee ont un bon coup à jouer aujourd’hui, mais ils auront fort à faire face à la concurrence qui voudra aussi tenter sa chance, par exemple les Mathieu Van Der Poel et toutes les équipes qui n’ont pas encore gagné sur ce Tour, et qui ne jouent pas le général.

Ca va être intéressant! Ne manquez pas ca.

2 – Pogacar le plus fort? Pas sûr! Si le Slovène a été tranchant jusqu’ici, son attaque dans le Galibier étant supersonique, je dois dire que Jonas Vingegaard m’impressionne par sa capacité à résister avec si peu de jours de course dans les jambes. Le « Vinge » progresse doucement, et le plan de match de la Jumbo-Lease a bike est certainement de jouer la dernière semaine, question de donner à leur leader le temps de monter en pression encore un peu.

Chose certaine, Pogacar pourrait avoir bien du mal à contenir le coureur danois. Si jamais ca devait être serré jusqu’à la toute fin, pourrions-nous assister à un final comme sur le Tour 1989 lors du dernier chrono autour de Nice?

Première réponse le week-end prochain dans les Pyrénées!

3 – Remco. Fort, mais il montre quelques limites en haute montagne face aux deux extra-terrestres que sont Pogacar et Vingegaard. Pour Remco, les étapes pyrénéennes du week-end prochain seront capitales dans sa capacité à terminer ou non sur le podium de ce Tour de France. Pour la gagne, oubliez ca.

4 – Primoz. Sympathique Primoz, et s’il plie, il résiste aussi, se bat tous les jour. J’aime! Je le vois 3e à Nice dans deux semaines, devant Remco. Mais pas les moyens d’aller rivaliser avec Pogi et Vinge.

5 – Une étape pour rien. Comprenez-moi bien: il faut de tout sur un Tour de France, et les étapes de transition, souvent promises aux sprinters, font partie de l’histoire de la course. Mais hier, c’était presque triste: un parcours tout plat, même les coureurs avaient choisi de ne pas faire la course, roulant à un train de sénateur sur les premiers 50 kms. Du coup, il fallait entendre Thomas, Laurent, Alexandre, Marion et Frank « meubler » l’antenne, bien fait et bien joué!

La solution? Peut-être de placer sur ce type d’étape un peu de relief en début d’étape au moins pour donner des ambitions aux coureurs voulant tenter des échappées, quitte à finir avec un parcours plat.

C’est Jasper Philipsen qui ne sera pas d’accord!

6 – Les chemins blancs. Par contre, quelle belle étape autour de Troyes dimanche avec ces 14 secteurs de « chemins blancs » qui ont donné aux coureurs du Tour un terrain pour faire la course.

Je dois avouer qu’outre Pogacar, le coureur qui m’a impressionné le plus sur cette étape dantesque a été le Canadien Derek Gee. J’ai regardé l’étape en intégrale et il a été de tous les coups – ou presque – sur les premiers 50 kilomètres, question de s’assurer de sortir avec « la bonne » du jour.

Mission accomplie.

Il était encore le plus volontaire dans le final, et notamment pour mener la chasse derrière l’excellent Jasper Stuyven qui a du métier sur ce genre de parcours. Pour Gee, il fallait pouvoir générer les watts, et il l’a fait.

Surtout, sa gestion du dernier kilomètre a été parfaite, conduisant son sprint parfaitement, ni trop tôt, ni trop tard. Battu par plus fort que lui (Anthony Turgis), il n’y a aucun regret à avoir, il faut simplement savoir se remobiliser pour une autre étape.

Je suis très confiant que Gee ira chercher la gagne sur ce Tour de France!

7 – Biniam et le maillot vert. Quelle belle histoire! Biniam a déjà deux victoires d’étape derrière la cravate, et ses sprints sont tranchants, sans ambiguïté, et surtout très propres. En vert, peut-il le ramener à Nice dans deux semaines? Je pense que oui, jouable, et la menace viendra de Philipsen principalement, qui a gagné hier.

Biniam passe mieux la montagne que Philipsen aussi.

8 – FilmOn. Je vous disais que pour moi, la seule option pour regarder le Tour c’est France Télévision, fan que je suis des commentaires pertinents de Laurent, de Yohan, de Thomas, et des interventions instruites de Frank. Une sacré belle équipe! L’application FilmOn que j’utilisais ces dernières années ne diffuse cependant plus France2 et France3. Du coup, le VPN est aujourd’hui la meilleure solution pour regarder le Tour sur France Télévision.

Ou alors vous vous déplacez en France!

9 – The Move. C’est le podcast de Lance Armstrong, avec George Hincapie. Insupportable. Pour ajouter à l’insulte, Bradley Wiggins, méconnaissable, vient de s’ajouter à la bande de loosers qui s’y croient vraiment. Pathétique.

Le Tour du petit bonheur

Y’a pas à dire, on se sent bien à regarder le Tour de France depuis son départ de Florence.

Que du bonheur, pourrait-on dire!

Reste pu qu’à Jaja de nous gagner une étape et notre bonheur sera complet.

Merde, c’est vrai, Jaja a arrêté…

Victoire d’étape et maillot jaune de Bardet le premier jour… et à son dernier Tour. Une belle histoire.

Vauquelin – 23 ans – qui remet la sauce « cocorico » sur la 2e étape, les Français n’en espéraient pas tant. Et les coureurs français qui confirment ainsi leur belle saison, je vous en parlais au sortir du printemps.

L’Érythrée et tout le cyclisme africain était à la fête le lendemain sur la 3e étape avec la belle victoire d’étape de Biniam Girmay, le sympathique coureur de la non-moins sympathique équipe Intermarché-Wanty, une affaire presque de famille.

Une première pour l’Afrique sub-saharienne sur le Tour.

Beau spectacle de lendemain sur les pentes du Galibier, et la victoire de Tadej qui s’est lancé le pari fou de doubler Giro-Tour cette année. À quelque part, on veut tous le voir réussir, et il est tellement plus « naturel » à l’écran que « Vinge » que chacune de ses victoires nous donne l’impression qu’on gagne tous avec lui. Tadej en jaune, les UAE qui contrôlent, presque rassurant, comme si l’univers le voulait ainsi.

Et aujourd’hui, l’histoire demeure en marche avec « le Cav » qui efface Eddy Merckx des livres d’histoire en devenant le coureur avec le plus grand nombre de victoires d’étape sur le Tour, soit 35. Le Cav qui était lâché par Lefevère et son WolfPack fin 2022 et qui revenait sur le Tour l’an dernier comme coureur Astana, mais sans pouvoir y lever les bras. Il a eu raison d’insister.

Le Cav qui vomissait sa vie sur la 1ere étape il y a quelques jours.

Alors, le meilleur sprinter de l’histoire du Tour, le Cav?

Peter Sagan a remporté 7 maillots verts à Paris, Zabel six, et le Cav deux seulement.

Mais le Cav a 35 victoires d’étape au sprint…

C’est comme Marco Pantani: pas un seul maillot à pois, mais personne ne saurait lui contester le titre de meilleur grimpeur de l’histoire récente du cyclisme.

Le maillot vert, le maillot à pois couronnent-ils vraiment les meilleurs sprinters et grimpeurs? J’en ai personnellement toujours douté!

Quoi qu’il en soit, c’est un Tour différent cette année, comme si quelqu’un avait écrit un script « feel good » qui se déroule tous les jours sous nos yeux.

Et très peu de chutes…

Gaudu et la Groupama-FDJ, je comprends pas

Vous avez compris quelque chose à la stratégie de la Groupama-FDJ dans le Lautaret vous?

Moi, j’ai pas pigé un broc!

Tu as vent de face dans le Lautaret, comme d’hab. T’es sur le Tour, t’as trois coureurs Groupama-FDJ dans une échappée de 17 qui s’élance à l’assaut du dernier col du jour, si on compte l’enchainement Lautaret-Galibier comme un seul col.

Et parmi les trois coureurs que tu as devant, un s’appelle David Gaudu, que plusieurs voient sur le podium du Tour un jour. Un leader.

Tu fais quoi?

Me semble que tu fais rouler deux gars avec d’autres coureurs de l’échappée au moins jusqu’en haut du Lautaret, puis seulement tu dis à Gaudu de forcer le rythme. Ainsi, tu donnes une chance à l’échappée d’aller plus loin, même si tu sais que les UAE derrière ont embrayé.

Vent de face dans le Lautaret, tu veux monter avec un groupe et prendre des relais.

Au lieu de ca, Gaudu a flingué l’échappée, foutu un joyeux bordel, ca s’est désuni, puis c’est Lazkano, pas plus fou que Gaudu, qui a répondu pour lui dire « si tu joues à ca avec moi, ben je flingue aussi ».

Gaudu seul bien souvent face au vent du Lautaret, c’était n’importe quoi selon moi.

Du coup tout le monde s’est éparpillé, tout le monde a tiré des cartouches en l’air, et l’échappée était pliée dans les premiers hectomètres du Galibier. Là, tu te dis que la Groupama-FDJ a raté une belle occasion de briller un peu plus en haute montagne.

Gaudu repris certes, c’était plus que probable, mais à trois kilomètres du sommet du Galibier, pas au Lautaret…

Sur le Tour, tu te dois de bien jouer tes cartes.

Bardet, tout le monde est content!

On a rarement vu victoire sur le Tour de France faire autant l’unanimité!

Avec Romain Bardet vainqueur d’étape et maillot jaune, à son 11e et dernier Tour de France, tout le monde est content.

Qui plus est, la victoire a été acquise grâce à un bel élan de solidarité: il fallait voir s’employer son coéquipier Frank Van Den Broek dans les 10 derniers kilomètres, trop heureux de jouer le collectif et d’être acteur d’une si belle histoire.

Derrière, la chasse m’est apparue comme bien désorganisée, tantôt la Jumbo Lease a Bike, tantôt Lidl-Trek, tantôt Ineos, trop peu UAE, bref, c’était pas clair pour qui ont roulait derrière. Je demeure convaincu que les Movistar ont raté une belle occasion avec Aranburu… qui était probablement le seul à pouvoir rivaliser avec Pedersen.

Pour le reste, tous les favoris – ou presque – ont terminé dans le premier paquet, à une poignée de secondes du vainqueur du jour. Rien n’est joué, mais les organismes ont certainement souffert hier.

À noter la présence, dans ce premier groupe, d’un certain Derek Gee…

Le grand perdant du jour s’appelle sans l’ombre d’un doute la FDJ de Marc Madiot: Gaudu à la trappe, de même que Lenny Martinez, 29 minutes dans la vue tous les deux. De quoi revoir les priorités, et se poser de sérieuses questions sur la préparation de ces deux-là au cours du dernier mois. Pas normal…

Bardet, supporte pas la pression

Drôle de coureur que ce Romain Bardet.

Sympathique, mais pas plus qu’il ne faut, sa 2e place sur le Tour 2016 puis, l’année suivante, sa 3e place au général, ont été, au final, des cadeaux empoisonnés. Comme si à partir de 2018, promu grand leader de l’AG2R-La Mondiale de l’époque, ce fut le début de la fin.

Supportait pas la pression je pense, M. Bardet. Ca existe, et ce n’est pas une honte, loin s’en faut.

Bardet, c’est le coureur qui brille quant il n’a pas de pression pour bien faire, sauf peut-être sur ce Mondial 2018 qu’il termine 2e derrière Alessandro Valverde et devant un certain Michael Woods.

Pour le reste, c’est le type qui marche bien lorsqu’il n’y a pas d’attente, pas de « aujourd’hui je dois bien faire », comme si le poids des responsabilités le bloquait alors qu’il est évidemment capable de les assumer.

Bardet prendra sa retraite l’an prochain au lendemain du Critérium du Dauphiné.

En attendant, il fait un bien beau maillot jaune, et il pourrait s’avérer plus coriace que prévu à le rendre!

Un Tour plus ouvert qu’il n’y parait!

On y est !

Le Tour de France s’élance aujourd’hui de Florence en Italie.

Un Tour plus ouvert qu’il n’y parait.

Depuis des semaines, tout le monde parle de Pogacar comme l’épouvantail de ce Tour. Marc Madiot lui-même a déclaré que le Tour pourrait être plié après les quatre premières étapes, il est vrai difficile avec le redoutable Galibier à franchir lors de la 4e étape.

Sauf que.

Sauf que Pogacar, il a eu la Covid-19 il y a 10 jours. À ce niveau, l’équipe UAE ne va pas s’étendre sur le sujet, mais il pourrait y avoir eu du dégât. On sera vite fixé.

Idem pour Vingegaard: si son équipe a pris la décision de lui faire prendre le départ, c’est certainement qu’elle a eu des garanties à l’entrainement. « Vinge » n’est peut-être pas à 100%, mais il n’en est peut-être pas très loin. Chez Jumbo-Lease a Bike, on mise assurément sur la 3e semaine, sachant que Vinge est frais et probablement encore en progression.

Mais surtout, c’est la profondeur du plateau de ce Tour de France qui le rend si exceptionnel: c’est pas compliqué, ils sont tous là! Toutes les plus grandes stars du peloton international est au départ.

Sauf peut-être cinq coureurs de premier plan, Julian Alaphilippe, Benoit Cosnefroy, Sepp Kuss, Filippo Ganna et Ben O’Connor. Comique, les deux premiers misent sur le titre olympique plus tard en juillet. Manque de chance, ils sont tous deux français, donc il faudra s’entendre… Sepp Kuss a eu la Covid sur le Dauphiné, un maux qui court actuellement dans le peloton, et qui pourrait être un invité surprise de ce Tour.

Pour le reste, ils sont tous là: outre Pogi et Vinge, Van Der Poel le champion du monde, Van Aert, Roglic, Evenepoel, Pidcock, Hindley, Carapaz, Bernal, Thomas, Gaudu, Mas, Bardet, Almeida, Ayuso, Rodriguez, les frères Yates, Jorgenson, on fait difficilement mieux!

Du coup, je suis d’avis qu’on pourrait avoir des surprises sur les trois prochaines semaines, car tout ce beau monde va créer du mouvement. Si l’équipe UAE Team Emirates a très certainement la capacité de bien maîtriser la course si Pogacar devait s’emparer tôt du maillot jaune, il y a beaucoup d’équipes avec des intérêts pour ce classement général: Jumbo bien sûr, Ineos, Bora-Red Bull, Soudal Quick Step, Groupama, EF Education, Movistar, Cofidis et Team DSM.

J’aime bien la position « sans pression » de Remco Evenepoel, qui découvre cette année le Tour. Il n’a rien à perdre, aucune pression si ce n’est celle d’un leader d’une grande formation cycliste, et peut se permettre de prendre des initiatives puisque personne ne sait s’il pourra tenir pendant trois semaines, et notamment en haute montagne dans les Alpes en dernière semaine.

Dans ce contexte, bien difficile de vous donner un pronostic pour le podium, outre Pogacar et Vingegaard! Primoz Roglic? J’aimerais vous dire que j’y crois cette année, mais « l’autre » slovène est tellement malchanceux sur le Tour, notamment avec les chutes, que je me garde une petite gêne!

Les chasseurs d’étape

Plusieurs équipes débarquent avec comme seul intérêt celui de gagner des étapes.

On pense évidemment en premier lieu à Israel-Premier Tech, l’équipe des trois coureurs canadiens engagés sur ce Tour: les vétérans Hugo Houle et Guillaume Boivin, ainsi que Derek Gee qui découvre le Tour à 26 ans.

Je suis de ceux qui croient que Gee pourrait être une des révélations de ce Tour de France. Wait and see, mais je le sens bien.

Alpecin-Deceuninck voudra aussi jouer les étapes et les sprints avec leurs deux grands leaders Van Der Poel et Philipsen. L’équipe trouvera sur son chemin les Lidl-Trek, les Bahrain-Victorious, les Jayco-Alula et Astana pour leur tirer la bourre.

Le journal du Tour

D’autres nouvelles d’intérêt à l’amorce de ce Tour de France.

1 – 3600m de dénivelé pour la première étape de ce Tour, du costaud et un record pour une première étape. On entre rapidement dans le vif du sujet!

2 – 90 000 euros pour être ville départ du Tour, et 130 000 euros pour être ville d’arrivée. Le gigantisme, ca donne ca.

3 – Plusieurs équipes y vont d’un maillot spécial sur ce Tour: Jumbo, Alpecin, Cofidis par exemple, mais surtout Bora-Hansgrohe qui introduit un nouveau sponsor iconique, Red Bull.

4 – L’étape reine? Peut-être le chrono du dernier jour autour de Nice. Un chrono le dernier jour peut influencer la course dès la première étape, et on se rappellera 1989…

5 – Oreillettes: on vous en parle depuis des années, et enfin, l’UCI va tester des alternatives dans les prochaines semaines, notamment des oreillettes unidirectionnelles ne permettant pas aux coureurs de communiquer avec les directeurs sportifs, ainsi qu’un nombre limité d’oreillettes, par exemple à seuls deux coureurs de l’équipe. Ca ne sera pas encore pour ce Tour, mais ca va dans la bonne direction pour retrouver un cyclisme moins robotisé et moins… dangereux.

6 – Suivre le Tour à la télé depuis le Québec. Pour moi, le bon plan c’est de toujours suivre le Tour via France Télévision et les Alexandre Pasteur, Nicolas Geay, Laurent Jalabert, Marion Rousse, Frank Ferrand, Thomas Voeckler et Yoann Offredo. J’utilise l’application FilmOn qui permet un abonnement mensuel pour regarder le Tour en direct. Seul pépin, on ne peut pas enregistrer les étapes.

7 – Jumbo-Lease a bike disposera d’une « van technique » sur ce Tour de France, question d’avoir de nombreuses informations en direct sur les coureurs et les conditions de course, notamment météo. Cette van, une première, vise à mieux informer les directeurs sportifs « en direct » de la course, ceci afin d’anticiper au mieux.

Des vidéos intéressants

Quelques vidéos ont retenu mon attention ces derniers jours.

D’une part, ce vidéo présentant Hugo Houle, vidéo produit dans le cadre de la série « Le rêve olympique » par la Société Radio-Canada. Très touchant par moment, authentique, ce vidéo nous permet de découvrir qui est Hugo, sa vie, ses rêves, ses succès aussi. J’ai beaucoup aimé.

Par ailleurs, Netflix diffusait hier 11 juin la série II « Au coeur du peloton » mettant en scène quelques uns des meilleurs cyclistes professionnels au monde.

Cette année, Tadej Pogacar est de la série, tout comme Julian Alaphilippe et Thibault Pinot, qui a pris sa retraite au terme de la dernière saison.

Images chocs parce qu’intimes, vie des équipes « derrière la caméra », la deuxième série promet, fort du succès de la première série diffusée l’an dernier. Ca fait partie de re-dorer l’image du cyclisme professionnel, qui souffre parfois de bien des soupçons.

Pour les fans de Tadej, les vidéos produits par UAE Team Emirates sont à regarder, même si désormais, presque toutes les équipes pro font des vidéos similaires afin de rejoindre leur public.

Sinon, pour ceux qui ne l’auraient pas vu, Road to Résilience par l’équipe Jumbo-Lease a Bike.

Extraordinaire Derek Gee!

Alexandr Vlasov 6e à 2min06 de Primoz Roglic, vainqueur de ce Dauphiné Libéré.

Remco Evenepoel, 7e à 2min25.

Giulio Ciccone, 8e à 2min54.

Mikel Landa, 10e à 4min13.

David Gaudu, Marc Soler, Guillaume Martin, Warren Barguil sont à plus de 10min.

Devant tout ce beau monde et 3e de ce Dauphiné, le Canadien originaire d’Ottawa-Gatineau, Derek Gee, 36 petites secondes derrière Primoz.

Extraordinaire!

Pas eu telle performance d’un coureur canadien depuis un moment, et Derek Gee s’inscrit désormais dans la foulée de Steve Bauer et Mike Woods avec les plus belles performances « ever » du cyclisme canadien.

Et à trois semaines du départ du Tour de France, ca donne le droit de rêver!

Avec une telle performance, Gee ne peut plus être écarté de la sélection de l’équipe Israel-Premier Tech pour le Tour. Non seulement une sélection, mais également un statut de coureur protégé, sinon LE leader de l’équipe, faute de mieux.

Surtout, Gee progresse, c’est évident, et on imagine mal à ce stade-ci ses véritables limites, surtout en haute montagne. Il s’accroche chaque fois un peu plus loin, et est capable d’accélérer dans le dernier kilomètre des arrivées en altitude pour suivre les tous meilleurs.

Jusqu’où ira-t-il ?!

Bref, Derek Gee, c’est la meilleure nouvelle pour le cyclisme canadien, et je me répète. À 26 ans, il progressera encore un peu, et je suis d’avis qu’il est capable d’une place dans les dix premiers du Tour une fois à Nice fin juillet. S’il gère bien les trois prochaines semaines, s’il récupère adéquatement et s’il loge peut-être un petit camp d’entrainement en altitude, je pense que la grande condition n’est plus très loin.

La suite va être (très) intéressante!

Toujours impressionnant, ce Galibier

Chaque mois de mai, on déneige le col du Galibier (2 642m) à l’aide d’équipements adéquats pour cette opération délicate, ceci afin de permettre l’ouverture du col et, souvent, que le Tour de France y passe en juillet.

Les images sont toujours spectaculaires et nous rappelle que la haute montagne n’a rien d’équivalent. Caracoler à ces altitudes sur un vélo durant les mois d’été demeure un exercice difficile, ne l’oublions pas, et qu’on peut faire notamment grâce à ces personnes qui assurent notre sécurité.

Et la Marmotte qui pointe son nez bientôt…

Grandiose Tour de Beauce!

La 36e édition – 36e ! – du Tour de Beauce s’élance mercredi prochain le 12 juin, pour cinq étapes et se conclura dimanche le 16 dans le centre-ville de Saint-Georges.

Après les perturbations de la pandémie, ce fleuron du cyclisme nord-américain revient en force cette année, et il faut s’en réjouir. Le Tour de Beauce est une épreuve phare, permettant à de jeunes coureurs prometteurs de s’illustrer, de se faire remarquer au plus haut niveau, et donc d’avoir des opportunités pour développer leur carrière aux étages supérieurs.

Le Tour de Beauce est la plus ancienne course internationale pour Élites hommes en Amérique du Nord.

Louis Barbeau, directeur général de la fédération quebecoise des sports cyclistes

On est ravi de voir la mythique étape du Mont Mégantic revenir cette année encore, et cette étape aura lieu vendredi prochain le 14 juin. Gagner au sommet du Mont Mégantic, ben ca équivaut à remporter l’étape de l’Alpe d’Huez sur le Tour de France, et la montagne estrienne a couronné de nombreux coureurs prestigieux au fil des ans. Et pour la petite histoire, plusieurs coureurs de la région de l’Outaouais y ont fait bonne figure ces dernières années en remportant cette étape, je pense à Carlson Miles l’an dernier, ainsi qu’à Mateo Dal-Cin il y a quelques années, sans oublier Mike Woods et son ascension exceptionnelle après avoir chuté au pied (un signe du destin?!) au milieu des années 2010.

Un beau plateau au départ

Au menu de Messieurs les coureurs, 725 kilomètres répartis en cinq étapes dont un critérium le quatrième jour, situé dans la ville de Québec comme à l’habitude des dernières éditions.

En l’absence d’un chrono (pourquoi?), la troisième étape vers le Mont Mégantic apparait comme le passage critique de l’épreuve, les écarts pouvant être grands au sommet de la montagne.

On annonce près de 150 coureurs au départ de ce Tour de Beauce, répartis en 21 équipes.

Pour la petite histoire, les rumeurs indiquent que Bruno Langlois – le Bruno Langlois! – prendra le départ de son… 23e Tour de Beauce. Mieux que Sylvain Chavanel et ses… 18 participations au Tour de France!

L’organisation annonce parmi les coureurs à surveiller les Carlson Miles, Arthur Liardet, les québécois Félix Bouchard, Laurent Gervais, David Drouin, William Goodfellow et Francis Izquerdo Bernier, un excellent fondeur celui-là puisque vu à des places de prestige sur plusieurs épreuves de ski de fond cet hiver, et notamment l’American Birkebeiner au Wisconsin. Je le sais, j’y étais!

Parmi les coureurs étrangers à garder à l’oeil, les Conn McDunphy, George Radcliffe, Blayde Blas, Hugo Lutz-Atkinson mais aussi Thomas Peyroton-Dartet et Guillaume Soula, annoncés sur l’épreuve. Ce sont tous des coureurs avec un bon niveau en cyclisme.

J’espère être sur le Mont Mégantic le vendredi pour voir ce spectacle, toujours une belle sortie aller-retour de 200 bornes depuis Sherbrooke pour aller virer au sommet de la montagne. De quoi préparer les grandes cyclosportives alpestres qui s’en viennent vite désormais!

Gee confirme, en attendant le Tour

Ce n’est pas si souvent qu’un coureur canadien s’impose en World Tour.

Ces douze dernières années, il y a eu bien sûr Ryder Hesjedal sur le Giro 2012 et sur une étape de la Vuelta 2014, David Veilleux sur les Trois Vallées Varésines en 2012 et une étape du Dauphiné en 2013, Hugo Houle sur une étape du Tour de France 2022, et les victoires de Mike Woods: une étape sur la Vuelta 2018, Milan-Turin 2019, une étape du Tour de Romandie 2021, la Route d’Occitanie 2022 et 2023, ainsi qu’une étape du Tour de France l’an dernier.

Hier, Derek Gee a ajouté son nom à ce palmarès en remportant la 3e étape du Dauphiné Libéré grâce à une solide double-accélération à quelques hectomètres de la ligne.

Sa première accélération lui a permis de se dégager avec le coureur français Romain Grégoire. Du coup, je pensais alors que Gee avait course perdue.

Et bien non: Gee en a remis une deuxième couche, après une ou deux respirations dans la roue du coureur français. Magnifique!

Y’a pas à dire, c’est le plus fort qui a gagné hier.

Gee confirme enfin son excellent Giro 2023, où il avait été très offensif et où il était allé chercher pas moins de… quatre places de deuxième sur une étape.

Cette performance l’an dernier avait été suffisante pour que son équipe Israel-Premier Tech lui fasse signer un contrat jusqu’en… 2028. Ses dirigeants savent qu’ils tiennent là l’avenir du cyclisme canadien en World Tour.

Le Tour en point de mire

Pour Gee, cette victoire tombe à pic. Âgé de 26 ans, il arrive à pleine maturité et cette victoire boostera sa confiance en lui, à quelques semaines du départ du Tour de France, LE grand rendez-vous de l’année. Gageons que Gee bénéficiera de quelques bons de sortie au sein de son équipe pour tenter d’aller chercher la gagne.

De toute façon, Israel-Premier Tech n’a pas vraiment de leader pour le classement général ni sur ce Dauphiné, ni pour le Tour. Chris Froome agonise et traine sa misère, lâché tous les jours sur ce Dauphiné. Mike Woods est dans la région d’Ottawa-Gatineau actuellement, prévu sur la Vuelta plutôt que sur le Tour.

La controverse a frappé l’équipe ces derniers jours avec des rumeurs de mésententes entre Woods et Froome. Ragots ou faits avérés? Difficile de dire, l’équipe et les coureurs démentent, mais ce n’est pas le genre de truc qu’on veut débattre en public non plus.

Quoi qu’il en soit, Gee a répondu de la plus belle manière qui soit hier permettant de détourner l’attention sur du vrai positif au sein de son équipe, porte aujourd’hui le maillot jaune de leader et qui sait jusqu’où il peut aller? Personne ne semble connaître ses réelles limites…

Derek Gee? La meilleure nouvelle pour le cyclisme canadien depuis des lunes.

Le cyclisme canadien en a bien besoin…

Du beau monde sur le Dauphiné

Le plateau du Critérium du Dauphiné Libéré qui commence ce dimanche est ma foi bien plus intéressant que celui du récent Giro.

Et la course est d’un intérêt particulier en prévision du prochain Tour de France qui débute fin juin, car certains coureurs présents sur ce Dauphiné y font une rentrée capitale.

En premier lieu Primoz Roglic au sein de sa nouvelle équipe Bora-Hansgrohe. Pris dans la chute du Tour du Pays Basque, le coureur de 34 ans voudra faire le point sur sa condition physique, et se testera probablement sur le chrono de 34 kilomètres lors de la 4e étape, puis en montagne le week-end prochain.

Il sera également épaulé par une bonne équipe avec Jay Hindley et Alexandr Vlasov comme coéquipiers, tous deux aussi vu comme des coureurs de premier plan pour le prochain Tour de France.

Outre Roglic, l’autre intérêt de ce Dauphiné, c’est évidemment Remco Evenepoel, lui aussi en rentrée et lui aussi qui voudra se tester, notamment sur le chrono. Evenepoel a consenti à de gros entrainements au cours des trois dernières semaines, et pour lui, il est temps de livrer la marchandise sur un grand tour. Il a la pression.

Roglic-Evenepoel, le match de ce Dauphiné!

Il faudra également suivre nombre d’autres coureurs pouvant jouer un rôle important en juillet.

Je pense à Mikel Landa, coéquipier d’Evenepoel, et surtout Sepp Kuss, vainqueur l’an dernier de la Vuelta. Si jamais Jonas Vingegaard (actuellement à l’entraînement du côté de Tignes) ne pouvait participer au Tour, Kuss serait probablement le leader remplaçant de la Jumbo-Lease a Bike en juillet. Il doit rassurer, et surtout gagner la confiance de ses coéquipiers. Son chantier sur ce Dauphiné est de limiter la casse sur le chrono, pour ensuite viser faire la différence lors des deux arrivées en altitude.

Kuss sera épaulé par Jorgenson sur ce Dauphiné, lui aussi intéressant à suivre car on ne connait pas vraiment ses limites.

Chez UAE, équipe d’un certain Pogacar, on surveillera Juan Ayuso, Pavel Sivakov et Marc Soler, tous les trois pouvant prétendre être sur l’équipe pour le Tour.

Surprenant, on annonce Chris Froome au départ de ce Dauphiné pour Israel-Premier Tech. Vous y croyez vous?

Je surveillerai aussi les performances de Warren Barguil, Giulio Ciccone, Tao Geoghegan, Rémi Cavagna, David Gaudu, Valentin Madouas, Guillaume Martin, Rigoberto Uran ainsi que Fred Wright la semaine prochaine.

À noter qu’Antonio Tiberi, récent 5e du Giro, est annoncé au départ de ce Dauphiné. Grosse santé!!

Les étapes

L’intérêt pour ce Dauphiné sera d’abord et avant tout la 4e étape chrono sur 34 kilomètres, le premier gros test qui établira clairement les forces en présence.

Les trois dernières étapes en montagne seront les autres véritables tests de ce Dauphiné, surtout les arrivées au Collet d’Allevard et à Samoens lors des deux dernières étapes le week-end prochain.

Un Dauphiné ouvert cette année!

Julien Gagné, à l’aventure comme D’Artagnan!

Il arbore la moustache, comme les mousquetaires du temps de Louis XIV.

L’oeil romantique, la tignasse au vent, sans complexe aucun et dans une certaine désinvolture que lui donne assurément l’assurance d’un talent cycliste confirmé, il part à l’aventure comme D’Artagnan le faisait en son époque.

Et l’aventure pour Julien, ca veut dire 100 bornes d’échappée solo – là où il y a de la gêne il n’y a pas de plaisir! – pour aller gagner avec presque trois minutes d’avance sur son dauphin un certain… Nikki Terpstra la récente course de gravel bike Locos à Hico au Texas.

Et sur la même course, deux autres mousquetaires de sa patrie terminent respectivement 3e et 8e, soit Adam Roberge et Alexis Cartier.

Une compagnie autoproclamée « la Poutine Mafia »!

Bref, plus motivé que jamais, Julien Gagné poursuit ses rêves, roule toujours et gagne! On fait le point avec lui, à quelques jours du Unbound Gravel Race, peut-être la plus prestigieuse course de gravel aux États-Unis et qui verra à son départ outre les habitués, des certains Daniel Oss, Nicholas Roche, Greg Van Avermaet et même le champion du monde en titre, Matej Mohoric, qui y sera en pensant à sa prochaine participation au… Tour de France.

La Flamme Rouge: Julien, ta première grande victoire sur une course de gravel au Texas!

Julien Gagné: Oui, content, une belle étape de franchie! Ca prouve qu’en gravel je peux tirer mon épingle du jeu parmi les meilleurs du moment, et je m’impose en solitaire après une échappée qui a duré 100 kilomètres. Un peu ma signature!

LFR: Avant la Locos, tu as également eu d’excellents résultats, très constants.

Julien: J’ai une bonne saison oui. Ma première course a été au Texas, la Valley of Tears, ou je termine 6e après une chute durant la course. Un peu plus tard, sur la Mid-South en Oklahoma, je suis mal positionné à l’entrée d’un single tract, et je ne peux faire mieux qu’une 9e place. L’expérience de gravel qui rentre! Enfin, j’ai terminé 4e à la Belgium Waffle Ride en Utah, sur cette course j’avais de très bonnes jambes mais il m’a manqué un peu de confiance pour partir de loin en solo.

LFR: Tu as aussi pris le départ de la fameuse Rasputitsa.

Julien: Quelle journée! Je casse ma chaine dès le départ des élites à 8h. On m’en remet une, mais trop courte et je ne peux pas passer les vitesses les plus faciles. Je prends le second départ à 8h30, je vise faire un bon entrainement, je me retrouve rapidement solo et comme ca, je réalise le 3e meilleur temps de la journée! Dommage que je n’étais pas dans le peloton des élites mais bien tout seul devant le 2e peloton du jour.

LFR: Quels sont tes prochains objectifs?

Julien: Certainement la première édition de la Bromont Gravelooza, prévue le 8 juin prochain, un parcours de 140 kilomètres en Estrie, ma région. La course est notamment organisée par le Centre National de Cyclisme de Bromont, alors c’est l’fun de voir le vélo gravel se développer au Québec. Ensuite ce sera les Canadiens à Calgary mi-juin, puis la Belgium Waffle Ride en Caroline du Nord les 21 et 22 juin.

LFR: Des chances de te voir en Outaouais lors de la Big Red à Greenville-sur-la-Rouge?

Julien: À voir Laurent, je n’ai jamais fait cet événement, mais on m’en a parlé en bien.

LFR: Et la Unbound en fin de semaine prochaine?

Julien: Ca n’a pas fonctionné cette année, vraiment dommage car je suis en bonne condition en ce moment. Je me suis pris un peu tard, c’est aussi un budget mais c’est définitivement une course qui est à mon programme l’an prochain, un beau 320 kilomètres, le genre de truc que j’aime beaucoup et sur lequel je peux bien faire.

LFR: Tu t’es converti au gravel bike après une carrière en cyclisme sur route.

Julien: Oui, pour moi désormais c’est du gravel bike à temps plein, et je trouve ca plus l’fun, en gravel tu es dans la nature, dans des prairies, je préfère ca désormais à me faire frôler par des voitures pendant 250 kilomètres à l’entrainement.

LFR: En course, c’est très différent de la route?

Julien: En gravel, c’est plus honnête dans le sens que ca se joue vraiment à la pédale, tu peux vraiment exprimer le moteur que tu as. Le gravel, c’est souvent plus diesel que la route. Autre point, tu ne peux pas vraiment te cacher comme sur la route, et puis il y a moins de stratégie en gravel. Enfin, je trouve ca généralement plus ludique, tu as plus de pilotage à gérer, le temps passe vite même si les vitesses moyennes sont généralement moins élevées que sur la route.

LFR: Tu roules avec une équipe cette saison?

Julien: J’ai la chance de pouvoir compter sur la boutique Qui Roule à Sherbrooke, notamment leurs vélos Trek. Et puis, d’autres partenaires de la région de Sherbrooke m’aident également, comme la microbrasserie Siboire et la compagnie Fino, qui aide les compagnies à mieux servir leurs clients.

LFR: Tes partenaires s’appellent aussi Adam Roberge et Alexis Cartier…

Julien: Oui, on n’est pas vraiment dans la même équipe mais on voyage ensemble le plus souvent possible, on s’aide, on partage la logistique lorsque nous sommes sur des courses à l’étranger, ca aide beaucoup. Et puis, ca divise aussi la facture!

LFR: Un pour tous et tous pour un…

Julien: C’est exactement ca!!!

LFR: Ce passage au gravel a entrainé un changement dans ton entrainement?

Julien: Disons que j’évolue. Aujourd’hui, je fais moins de très haute intensité comme de l’anaérobie, que je réserve en course seulement. Je fais davantage de zone 1 et de zone 2, ainsi que pas mal de volume. Ca été spécial la semaine dernière, 41h de vélo! (le Strava de Julien est ici).

LFR: De la musculation?

Julien: J’aimerais en intégrer davantage, l’an prochain j’espère pour bien faire cette transition. Je fais cependant du core, du gainage.

LFR: Et tu avais préparé ta saison comment?

Julien: Juste du home-trainer cet hiver Laurent, souvent deux séances par jour, matin et soir avec Zwift. Un peu de fat bike dans le Mont Bellevue à Sherbrooke aussi, pour prendre l’air. Je n’ai pas fait de camp d’entrainement, la saison de gravel commençait tôt.

LFR: Tu as modifié ta position sur le vélo pour passer au gravel?

Julien: Peu d’ajustement en fait. Je roule sur un vélo un peu plus grand, et j’ai adopté une position un peu plus moderne disons, guidon assez étroit et position peut-être un peu plus avancée. La prochaine étape est de réviser la longueur des manivelles, la tendance est d’aller actuellement vers du plus court, comme sur la route.

LFR: Ce sont des gros budgets maintenant le vélo…

Julien: À qui le dis-tu! Mais je veux continuer de mettre l’emphase sur le gravel en 2024 et plus encore en 2025, car je crois pouvoir y faire de très belles choses. Il faut trouver les moyens de poursuivre, de performer encore mieux sur les grands événements du calendrier, car le moteur est là et ne demande que ca. Comme souvent, les moyens financiers sont cruciaux!

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