Tous les jours, la passion du cyclisme

 

Auteur/autrice : Laurent Page 25 of 354

Suivre le Tour: les bons plans

Pas question de manquer quoi que ce soit du Tour qui débute samedi!

Voici mes bons plans, y compris les étapes à surveiller de près, et pourquoi.

À la télé

En France, France Télévision bien sûr: on fait difficilement mieux!

L’intégrale des étapes y sera disponible: du premier au dernier kilomètre, sur toutes les étapes.

Le duo Jalabert-Voeckler (moto1), excellent selon moi, est de retour, encadré par Alexandre Pasteur. En complément, les Yoann Offredo, Nicolas Geay (moto2), Frank Ferrand et Marion Rousse un peu plus tard, tout juste remise de son accouchement.

Le Vélo Club de Laurent Luyat est également de retour cette année immédiatement après l’arrivée.

Audience record en 2020!

EuroSport diffuse également, avec notamment Les rois de la pédale. J’aime nettement moins. L’équipe est composée de Guillaume Di Grazia, Jacky Durand et Steve Chainel.

Au Québec, et jusqu’en 2023, c’est seulement sur Internet, via FloBikes, une compagnie américaine basée au Texas. C’est vous qui voyez… Chose certaine, cette situation fait des mécontents; je vous invite à consulter cet article du journal Le Devoir publié en septembre dernier.

Perso, je la joue différemment. J’utilise l’application FilmOn qui me permet, via un abonnement d’un mois, d’avoir France2 et France3 sur mon ordinateur, ma tablette ou mon téléphone si je suis en déplacement. Très pratique, pour la qualité et les moyens intégraux de France Télévision. Moyennant un petit supplément, je peux même enregistrer online la diffusion pour la regarder plus tard.

Sinon, pour du Live!Stream gratuit, vous avez Tiz.cycling, que j’ai beaucoup utilisé ce printemps pour les Classiques ainsi que pour le Giro. Ca marche habituellement assez bien, surtout les liens qui proposent des stream en basse résolution.

D’autres voudront utiliser des VPN et ainsi avoir directement accès au live! de télévisions ailleurs dans le monde en contournant le geocodage. Ca peut être pratique pour regarder le Tour dans votre langue maternelle.

Enfin, nombre de sites proposent des live! par texto, comme CyclingNews.

N’hésitez pas à partager avec nous vos bons plans pour suivre le Tour en direct à la télé, pour le bénéfice de tous.

À la radio

Une radio: RMC. Parce que Cyrille Guimard. Tous les jours dès 14h, jusque 18h. Très pratique lorsque vous êtes dans votre bagnole au Québec, et que vous ne voulez pas tirer trop de votre LTE. Une très belle équipe là-aussi, qui savent de quoi ils parlent.

Les applications

Celle du Tour, bien sûr. Du direct, toutes les infos sur les étapes, les coureurs, les classements. Bien fait, mais la pub en plus.

EuroSport dispose aussi d’une app dédiée au Tour. Je n’ai pas testé.

Sinon, le site officiel du Tour est assez bien fait et simple.

Les podcasts

Sur YouTube, ils sont très nombreux à proposer des vidéos quotidiennement.

Lance Armstrong a son émission The Move, avec George Hincapie et Johan Bruyneel. C’est vous qui voyez.

Mieux, les vidéos quotidiens de Chris Horner, qui tiennent solidement la route. J’apprécie particulièrement le gars pour sa description de la tactique de course et sa franchise lorsque les coureurs merdent (ce qu’il appelle les « knucklehead »!).

Au Québec, vous avez Radio Bidon qui propose des podcasts également. Bien faits.

Les étapes clé

Les deux premières, bien sûr.

C’est le début du Tour, tous les maillots sont à prendre, tous les coureurs sont frais, les enjeux sont colossaux, et une équipe qui gagne tôt sur le Tour, c’est toujours très bien.

Et du coup, tout le monde est nerveux et c’est souvent chutes à gogo. Chaque année, des favoris pour le classement général y laissent leurs espoirs.

Cette année en Bretagne, ce sera peut-être pire encore. Du vent, des petites routes, des changements de direction et beaucoup, beaucoup de belles bosses sur ces deux premières étapes. Et puis, le Mur de Bretagne (ou côte de Ménéhiez pour les locaux), escaladée deux fois lors de la 2e étape, c’est l’Alpe d’Huez bretonne!

À surveiller, l’équipe Alpecin-Fenix de Mathieu Van Der Poel qui voudra marquer l’histoire en conquérant le maillot jaune en ce début de Tour. Son grand rival Wout Van Aert s’en mêlera probablement! Et pour les favoris du Tour, il faudra surtout savoir ne pas le perdre sur ces routes.

Regardez bien le peloton cette année: plus que jamais auparavant, je crois qu’on verra un peloton très organisé, chaque équipe restant ensemble, protégeant leur leader. Les Ineos avec les Ineos, les Jumbo avec les Jumbo, les UAE avec les UAE, etc. Ca ne sera pas un peloton multicolore, mais bien en forme de mosaïque!

Les étapes 3 et 4 sont promises aux sprinters, surtout qu’ils auront patienté deux jours avant d’entrer en action. Hugo Houle se glissera peut-être dans une échappée sur ces étapes, mais pour lui ce ne seront pas les meilleures occasions de briller selon moi.

Le chrono de 27 bornes sur la 5e étape est le premier rendez-vous des favoris, et on saura au soir de l’étape qui sont les hommes en forme. Les grimpeurs peuvent facilement y perdre deux minutes. Roglic et Thomas devront frapper un grand coup, et on verra comment Pogacar et Carapaz résistent.

6e étape, sprinters.

7e étape, la plus longue du Tour, 247 kms, et un beau final accidenté, pour vrais puncheurs, type Alaf. Une échappée aura du mal à aller au bout en ce sens que les puncheurs sortiront forts en fin d’étape.

Les deux étapes suivantes dans les Alpes sont évidemment de grands rendez-vous pour le classement général. L’enchainement Mont Saxonnex-Romme-Colombière est difficile, pour l’avoir déjà fait plusieurs fois sur la Grand Bo.

Je pense surtout que c’est sur Tignes que certains chercheront vraiment à créer de gros écarts. Primoz Roglic connait parfaitement cette montée, il sera quasiment le « régional de l’étape ». Et la première arrivée à plus de 2000m d’altitude! C’est ici que Mike Woods devra être costaud également: une première occasion pour lui.

Étape 10 vers Valence, c’est celle que je choisirais si j’étais Hugo Houle. Lendemain du premier jour de repos, veille d’une étape redoutable et redoutée pour les hommes du classement général, et un parcours roulant mais pas tout plat non plus, 180 kms. Parfait pour se glisser dans une bonne échappée et jouer la gagne!

L’étape 11 est pour moi l’étape reine: deux ascensions du Ventoux, 200 bornes, s’il fait chaud et/ou que le mistral souffle, ca va être terrible. Je ne voudrais pas être un coureur du Tour ce jour-là. L’arrivée étant jugée au terme de la descente sur Malaucène, attention, ca sera très dangereux car les coureurs voudront conserver les écarts créés dans la dernière ascension. Avec la fatigue, la faute dans la descente à haute vitesse se paiera cash. Rappelez-vous la descente du Relais du Mont du Chat sur le Tour 2017, fatale à Richie Porte…

Les 12e et 13e étapes devraient être réservées aux sprinters.

La 14e étape vers Quillan est promise à un baroudeur de métier, on sera en 2e semaine et la fatigue générale sera installée. Un Thomas de Gendt par exemple. Une excellente étape pour voir une échappée aller au bout.

Les 15e, 16e, 17e et 18e étapes se passent dans les Pyrénées, qui ont la part belle cette année.

On monte à plus de 2400m d’altitude lors de la 15e étape vers Andorre-la-Vieille. Si Mike Woods connait bien ces routes, je ne pense pas qu’il s’agisse de la meilleure étape pour lui. Je vois un groupe de favoris au général arriver groupé.

La 16e étape, l’étape pour rien!! Celle-là, je ne la comprends pas. Après le Portet-d’Aspet km 137 sur 164, vous avez 5 bornes de descente et 25 bornes de plat. L’occasion pour des grimpeurs loin au général de briller, mais c’est tout.

Les 17e et 18e étapes présentent une arrivée en altitude, la première à Saint-Lary-Soulan, l’autre à Luz Ardiden.

Les deux plus belles chances pour Mike Woods de remporter son étape sur ce Tour, surtout sur la route de Saint-Lary-Soudan, plus pentue. Pour le reste, la lutte pour le maillot jaune sera à son comble sur ces deux étapes, avec l’arrivée à Paris imminente. Seul bémol, ces deux étapes sont idéales pour appliquer la technique du rouleau-compresseur, et si Ineos ou Jumbo ont le maillot jaune, ca pourrait bien cadenasser la course.

19e étape vers Libourne, dernière chance pour Hugo Houle de briller. Les sprinters n’auront pas été à la fête depuis quatre jours, il sera toutefois difficile de résister à leurs équipes qui voudront s’assurer que ca arrive avec un emballage final.

20e étape, l’autre rendez-vous des rouleurs, un chrono de 28 kms. On sait jamais, si c’est serré au général, ca peut être un gros suspense. Roulant, il faudra de la puissance sur ce contre-la-montre vers Saint-Émilion. Une affaire de spécialiste, parfait pour un pistard comme Geraint Thomas.

21e étape, les Champs-Élysées, dans le cyclisme moderne seuls les sprinters s’y imposent désormais. La dernière échappée à être allé au bout à Paris est peut-être celle de Jeff Pierce en 1987!

Le peloton du Tour 2021

On y est presque: dans quelques jours, le Tour!!!!!

Ce grand moment de l’année cycliste pour les spectateurs que nous sommes, mais aussi pour tous les coureurs au départ. Après tout, le Tour, c’est la plus grande course du monde!

Tous partent avec des ambitions, des rêves, un rôle à jouer. Quelques uns seront exaucés; beaucoup seront déçus.

Certains coureurs ont même rendez-vous avec l’Histoire.

Samedi, les yeux du monde seront sur Mathieu: le premier maillot jaune sur son premier Tour de France, afin d’honorer la mémoire de son grand-père Poupou, adoré de tous les Français et qui n’a jamais porté la précieuse tunique. L’émotion serait immense, et le parcours lui convient.

La deuxième étape représente une autre chance pour lui.

Il y a tant d’autres enjeux, d’autres rêves!

Tour d’horizon de ce peloton 2021, équipe par équipe.

AG2R – Citroen

La formation de Chambéry s’est transformée en une équipe de baroudeurs cette saison, n’ayant plus de visée au général comme les années précédentes avec notamment Romain Bardet, désormais chez DSM.

Chez AG2R, on vise les étapes avec Van Avermaet, Naesen, Peters et Cosnefroy.

L’intérêt sera aussi du côté d’Aurélien Paret-Peintre, qui entreprend son premier Tour. Excellent grimpeur, jusqu’où ira-t-il?

Astana

Une belle équipe avec Fulgsang comme leader. Ce dernier n’aurait pas d’ambitions pour le général, et toute l’équipe devrait donc chasser les étapes.

Avec un tel objectif, les coureurs auront chacun leur chance sur diverses étapes. Le Québécois Hugo Houle pourrait donc avoir la liberté de jouer sa carte personnelle sur une étape, et on lui souhaite. Dans une bonne saison, en forme, 6e de la 6e étape du récent Tour de Suisse, il peut y croire et nous aussi. Allez Hugo!

Aranburu pourrait être un sérieux prétendant au maillot vert, et une étape semble déjà promise à Lutsenko.

Alpecin-Fenix

L’émotion Van Der Poel!

Un maillot jaune sur ses épaules serait un très grand moment dans l’histoire du Tour. Pour son premier Tour de France, jusqu’où le prodige néerlandais ira-t-il? Son objectif de la saison étant la course de VTT (Mtb) des prochains JO, il pourrait toutefois abandonner l’épreuve avant la fin pour se préparer à ce rendez-vous plus tard en juillet.

Sinon, l’équipe a très peu d’expérience sur le Tour, aucun coureur n’en étant à plus de deux participations (incluant 2021). Tim Merlier est rapide dans les sprints, Silvan Dillier est en forme puisqu’il vient de remporter le Championnat de Suisse sur route, et Jasper Philipsen connait une excellente saison.

Une belle équipe de baroudeurs!

Arkea-Samsic

Capable du meilleur comme du pire dans tous les registres!

Pour le général et pour des coups d’éclat en montagne, Warren Barguil, auteur d’un excellent Championnat de France sur route, et Nairo Quintana, tenteront de répondre présents. Ils sont capables de tout, mais aussi de rien.

L’enfant terrible du cyclisme français Nacer Bouhanni est aussi de la partie pour les sprints, et il faudra le surveiller de près. Il n’a peur de rien ni de personne, quitte à faire tomber la moitié du paquet, et n’a également besoin de personne pour se faufiler. Explosif!

Bahrain-Victorious

Là aussi, une équipe de baroudeurs qui est sur une série surprenante – et inexplicable? – de succès tout azimut.

Pello Bilbao et Wout Poels peuvent prétendre à une place dans les 10, ou à des victoires d’étape en montagne.

Poels, en particulier, semblait en net gain de forme récemment.

Sonny Colbrelli est probablement un des prétendants les plus sérieux au maillot vert, en l’absence de Sam Bennett blessé à un genou. Colbrelli devrait batailler avec Sagan et d’autres pour le paletot.

Quant à Mohoric, un sacré baroudeur que celui là. Bon n’importe où! Quant il part, le paquet le revoit difficilement. Un coureur de classe, un des plus beaux sur son vélo.

B&B Hôtels – KTM

11e Tour de France pour Pierre Rolland, un des vétérans de l’épreuve. En vue récemment notamment aux Championnats de France, il est certain qu’on le verra tenter quelque chose sur les étapes de montagne.

Coquard est là pour se mêler aux sprints. Sur un malentendu, ca peut le faire.

Le joker est Cyril Gautier, grand espoir du cyclisme français et successeur attendu de Thomas Voeckler, mais décevant depuis trois ans.

Bora-Hansgrohe

Peter Sagan est en forme, c’est le nouveau champion de Slovaquie. Déjà recordman du maillot vert avec 7 titres, une 8e semble tout-à-fait possible. Il est bien entouré pour y arriver… et ainsi faire oublier son échec de l’an dernier.

Kelderman pourrait jouer dans les 10 premiers du général. Pour Buchmann, je ne suis pas certain, il a déjà couru le Giro cette saison.

Vainqueur de la 2e étape du récent Dauphiné, attention à Lukas Pöstlberger pour la gagne sur une étape.

Cofidis

Christophe Laporte pour les sprints.

Guillaume Martin, en vue aux Championnats de France, pour une belle place au général. Il a encore progressé, c’est évident. C’est un coureur intelligent, conscient de ses limites mais aussi confiant dans ses moyens. S’il y a une ouverture, il la saisira.

Deceuninck – Quick Step

La puissante formation belge débarque avec du bien beau monde sur ce Tour de France, et ainsi jouer la carte des victoires d’étape et des sprints.

Ballerini va vite et pourra batailler avec Sagan.

Mark Cavendish est de la partie également, suite au retrait dernière minute de Sam Bennett. Deuxième au classement du plus grand nombre d’étapes remportées sur le Tour derrière Eddy Merckx, Cav vient d’en claquer une sur le Tour de Belgique et sa confiance est boostée. Faut voir.

Pour le reste, Asgreen est promis à une victoire d’étape, et Alaf nous régalera en essayant d’aller le plus loin possible sans trop compter, fidèle à ses habitudes. Je suis certain qu’il sera motivé par la naissance récente de son fils Nino.

N’oubliez pas les autres! Cattaneo, Morkov, Devenyns (lieutenant d’Alaf) et Declerq, c’est du lourd. Une bien belle équipe pouvant causer la surprise, y compris dans des coups de bordure en première semaine!

EF Education – Nippo

L’alignement final de cette équipe n’a pas encore été complété.

Le leader sera évidemment Rigoberto Uran, auteur d’un surprenant Tour de Suisse où il est apparu en très grande condition, s’octroyant au passage de chrono de l’Oberalppass. Uran sera peut-être la grande surprise de ce Tour au niveau du classement général.

Higuita et Valgren seront aussi présents, et peuvent accompagner Uran très loin.

Groupama – FDJ

L’absence de Thibault Pinot est bien compensée par le binôme David Gaudu et Arnaud Demare.

Demare peut jouer le maillot vert aucun doute là-dessus. C’est un sérieux client pour les Sagan, Colbrelli, Ballerini et Ewan sur ce Tour.

Gaudu perdra du temps dans les chronos, mais ce Tour est suffisamment montagneux pour lui permettre de viser une place dans les 5 à Paris. Il est cette année plus constant, plus solide au contact des meilleurs. Il peut y croire.

Autrement, Valentin Madouas et Stefan Kung sont les meilleures chances de succès d’étape, le premier sur des terrains accidentés, le 2e sur des terrains plus roulants s’il se glisse dans une bonne échappée. Hugo Houle ferait bien de le surveiller, avec Kasper Asgreen: si tu veux sortir avec des gars dans une échappée, autant choisir ces deux-là!!!

Ineos – Grenadier

Les épouvantails de ce Tour de France!

Une équipe fabuleuse, bâtie pour cadenasser la course et viser au moins deux coureurs dans les trois premiers à Paris.

Ils ont pas moins de quatre leaders, dont trois se sont déjà imposés sur un grand tour: Geraint Thomas, Richard Carapaz, Teo Geoghegan, ainsi que Richie Porte, 3e l’an dernier. Ouf!

L’effectif est complété par les solides Michal Kwiatkowski, Dylan Van Baarle, Jonathan Castroviejo et Luke Rowe. Ces derniers ne bénéficieront toutefois d’aucun bon de sortie pour viser des intérêts personnels.

Tout le monde se demande: pour qui Ineos roulera-t-elle? Dans un premier temps, probablement pour le mieux placé du général après la première semaine, propice aux chutes et qui comporte un premier chrono de 27 bornes. Après, pour le mieux placé dans la 3e semaine. Des conflits internes ne sont pas à exclure si plusieurs sont bien placés dans cette 3e semaine, Carapaz, par exemple, n’est pas anglo-saxon…

Intermarché – Wanty – Gobert Matériaux

Une équipe de baroudeurs, mais peut-être sur le papier l’une des plus faibles du paquet.

Objectif? Montrer le maillot. On voudra se glisser tous les jours dans l’échappée matinale.

Jan Bakelants est le plus expérimenté de la troupe puisqu’il amorcera son 6e Tour.

Louis Meintjes a du talent, mais ne connait pas une grande saison.

Israel – StartUp Nation

Leader le Canadien Mike Woods!!!

En forme, en témoigne sa 2e place sur la dernière étape du Tour de Suisse, Mike a tout ce qu’il faut pour faire les 10 premiers à Paris, pas de doute là-dessus. Mais un top-10 représente-t-il un Tour réussi? Pas sûr… une victoire d’étape en montagne aurait plus de retentissement, du moins au Canada.

Pour Mike, le principal danger est cette première semaine et la nervosité du peloton, entrainant des chutes. Ca avait bousillé son premier Tour en 2019. Durant cette première semaine, Mike devra être super-bien protégé par son équipe et son capitaine de route, un certain Chris Froome. S’il passe la première semaine sans encombre, les Alpes seront une première occasion de briller, et briller fort!

Pour le reste, le Québécois Guillaume Boivin est aussi de la partie, et on ne peut être plus content pour lui après des années à manquer le rendez-vous. Résilient, dur au mal, Boivin est un bon sprinter également et pourra épauler ou se faire épauler par Andrei Greipel, l’un des vétérans sur ce Tour.

Lotto-Soudal

Une chance que l’équipe belge peut compter sur Caleb Ewan cette saison, sinon le bilan est maigre!

Ewan sera le principal client dans les sprints, pas de doute là-dessus.

Sinon, l’intéressant Thomas de Gendt est de la partie, lui et ses raids de débile qu’il lance à des plombes de l’arrivée. Une fois parti, en voilà un difficile à rattraper. Quelle machine ce de Gendt!

Philippe Gilbert est aussi de la partie, mais il ne faut pas attendre grand chose du champion belge selon moi.

Movistar

Le doyen du peloton et plus âgé coureur de ce Tour, AleJet Valverde, est au départ et on est ravi. Du punch, il en a encore beaucoup et plusieurs arrivées, notamment lors des deux premières étapes qu’il abordera avec de la fraicheur, lui conviennent.

Valverde se lance sur son… 14e Tour de France!

Sinon, Enric Mas et Miguel Angel Lopez seront les coureurs à qui on demandera une place dans les 10 du général, et Marc Soler pour une belle victoire d’étape en montagne.

Et chez Movistar, on aime aussi briller sur le classement par équipe!

Team Bike Exchange

Esteban Chaves et Simon Yates sont leur deux fers de lance pour le général. Les Australiens compteront aussi sur Michael Matthews pour aller chercher une étape.

Il faudra voir ce que pourra faire Lucas Hamilton sur son premier Tour.

Je ne vois pas trop cette équipe réaliser un grand Tour de France cette année, mais on ne sait jamais.

Team DSM

Là encore, des baroudeurs pour les victoires d’étape, surtout Soren Kragh Andersen et Cees Bol.

Romain Bardet a couru le Giro et est donc absent de ce Tour.

Le vétéran Nicolas Roche entreprend son 10e Tour, et ca ferait plaisir qu’il décroche une première victoire d’étape, enfin.

Jumbo-Visma

L’autre épouvantail de ce Tour, une équipe très solide qui a tout ce qu’il faut, selon moi, pour donner la réplique aux Ineos-Grenadier.

Le leader incontesté est évidemment Primoz Roglic, auteur d’un sacré pari cette saison puisqu’il n’a pas couru depuis Liège-Bastogne-Liège, préférant se préparer pour ce Tour du côté de Tignes, solo (et on espère qu’il a fait des EPIC de Guy Thibault!). On n’a donc aucun repère sur sa condition actuelle, mais le Slovène présente quand même de belles garanties vu son niveau.

Wout Van Aert vient de remporter le Championnat de Belgique, dominant un certain Remco Evenepoel remuant dans le final. Wout sera en forme ascendante sur ce Tour, aucun doute là-dessus.

Le vieillissant Tony Martin – au départ de son 13e Tour! – vient de remporter le chrono du Championnat d’Allemagne, il est aussi au rendez-vous.

Sepp Kuss, Robert Gesink, Steven Kruijswijk, Jonas Vingegaard et Mike Teunissen seront les autres lieutenants de Roglic, tous capables de grandes choses. Aucun de ces coureurs ne pourront jouer leur carte personnelle.

Qhubeka-Assos

Pas sûr du tout quoi attendre de cette équipe!

Victor Campenaerts jouera la carte des chronos et des échappées, c’est clair.

Pour le reste, Simon Clarke est le plus expérimenté, débutant un 6e Tour de France. On jouera la carte des étapes, mais il faudra de la chance pour que ca fonctionne selon moi… et cette équipe en a eu récemment, avec une belle série de succès inattendus sur le Giro.

La preuve que parfois, il suffit d’une bonne ambiance au sein d’une équipe pour créer une spirale de succès.

Total-Énergies

L’équipe a changé de nom et de maillot au soir du récent Championnat de France.

Elle débarque avec Edvald Boasson Hagen sur son 11e Tour, mais ce dernier est inexistant cette saison. Seulement 36e du Championnat de Norvège le week-end dernier, ca n’inspire pas confiance.

Les meilleures cartes pour de belles victoires d’étape sont assurément Pierre Latour et surtout Anthony Turgis, qui a sans aucun doute franchi un pallier cette saison avec notamment une très belle saison des Classiques du printemps il y a quelques semaines.

Trek – Segafredo

Une belle équipe mais personne pour le général.

On visera donc les victoires d’étape dans tous les registres.

Vicenzo Nibali et surtout Bauke Mollema peuvent encore gagner en moyenne montagne.

La puce Kenny Elissonde visera les arrivées en altitude, là où c’est le plus pentu. Pourquoi pas cette étape avec deux ascensions du Mont Ventoux? Y’a une belle affaire à faire pour ce coureur sur cette journée en Provence!

Ailleurs, on comptera sur les solides Mads Pedersen (surtout si la météo est mauvaise!), Jasper Stuyven et Edward Theuns.

UAE-Emirates

L’équipe du dossard #1, Tadej Pogacar, favori de ce Tour de France et vainqueur sortant.

Sauf que.

Sauf que cette année, il aura la pancarte dans le dos. Ca sera moins facile que l’an dernier où on pensait tous qu’il jouait la 2e place.

Pogacar semble prêt, il se baladait sur le récent Tour de Slovénie qu’il a remporté sans peine.

À 22 ans et trois quart, il demeure l’un des plus jeunes coureurs de ce Tour de France et sa maturité en impose beaucoup. C’est assez bluffant de voir le niveau de ce coureur, à un si jeune âge.

Pour l’épauler, une solide formation mais assez inexpérimentée sur le Tour, sauf pour Rui Costa qui prendra le départ de son 10e Tour.

Majka, Formolo, Hirschi, McNulty, De La Cruz, c’est du solide en montagne et sur les étapes accidentées.

Je suis toutefois plus inquiet pour Pogacar sur les étapes exposées au vent, où des coups de bordure seront forcément tentés. Pogacar ne dispose pas dans son équipe d’un solide et imposant rouleur à la Tony Martin ou Wout Van Aert, rompu aux ficelles du métier. Et je suis sûr que les Ineos, les Deceuninck, les Jumbo ont déjà planifié de piéger Pogacar sur certaines routes de la première semaine. L’an dernier, ca avait marché…

Bref, pour Tadej, la première semaine sera cruciale. Une fois installé en haut du classement, s’il y parvient, ca sera plus simple de contrôler la course.

Quelques statistiques

Coureur le plus âgé: Alejandro Valverde (Movistar), 41 ans.

Coureur le plus jeune: Fred Wright (Bahrain-Victorious), 22 ans et 14 jours.

Nation la plus représentée : France, 32 coureurs

Coureurs canadiens: 3 (Woods, Houle, Boivin)

Anciens vainqueurs au départ: 4 (Pogacar, Thomas, Froome, Nibali)

Profil du coureur moyen: 29 ans, 1m80, 69 kilos.

Favoris par maillot

Jaune: Pogacar, Roglic, Thomas, Carapaz

Vert: Sagan, Colbrelli, Demare, Ewan, Aranburu

Blanc: Pogacar

Pois: Gaudu, Majka, Carapaz, Porte, Fulgsang, Uran, Barguil

Championnats canadiens (Maîtres): la reco

Cinq ans jour pour jour, heure pour heure, après ma reconnaissance en 2016 de la jeune Classique des Appalaches, je retrouvais vendredi dernier Alexis Pinard, président du CO du VéloVictoFest et de la Classique, pour reconnaitre le parcours du chrono et de la course sur route des prochains Championnats canadiens, du 3 au 6 septembre prochain et partie intégrante d’une programmation de plusieurs jours intense de vélo.

Autrement dit, début septembre, c’est à Victoriaville que ca se passera!

Alexis me faisait d’ailleurs remarquer vendredi dernier à quel point la région vibre cyclisme: tout à fait vrai puisqu’on remarque rapidement la courtoisie des automobilistes du coin à l’égard de deux cyclistes qui roulaient vendredi dans le centre-ville et dans les rangs avoisinants de la ville.

Mais bon, retour sur les Championnats canadiens puisque c’est l’objet de cet article.

Trois épreuves: le chrono le vendredi, la course sur route le samedi, et le critérium le lundi. Le dimanche? Ca sera la course de la série mondiale GranFondo UCI, rien de moins.

Le chrono

24 km très roulants.

Le départ est situé à l’extérieur de la ville. Les neuf premiers kilomètres sont sur une longue ligne droite, vent de face très probablement. Au terme, deux petites bosses précèdent un virage sur la droite pour une section d’environ deux kilomètres avant un nouveau virage sur la droite pour entreprendre une autre longue ligne droite qui nous ramène vers le centre-ville de Victo.

En clair, ce sera pour coureurs puissants, capables d’enrouler de gros braquets.

Sans nul doute, le chrono se gagnera sur les neuf premiers kilomètres dans le vent, s’il souffle de l’ouest (donc de face à cet endroit). Les neuf derniers sont trop roulants pour faire une grosse différence.

Inutile de vous dire que le réchauffement sera capital et qu’il faudra savoir trouver rapidement un rythme élevé dès le départ. La roue pleine sera un atout pas de doute là-dessus.

À noter que le revêtement est globalement excellent.

Les détails du parcours sont ici.

La course sur route

Un parcours de Championnats! Dur.

Très dur.

Les détails sont ici.

Après une sortie de ville neutralisée, le départ sera donné sur le rang Chicago, au pied de la bosse des « trois tours », célèbre dans le final de la Classique des Appalaches.

Le réchauffement sera là encore capital, car les coureurs devront escalader cette grosse patate dès le km2. Une rampe de 1,2 km avec des passages sur le haut à 13%.

Je vous recommande d’ailleurs des braquets adaptés. Perso, ca serait 36-29 afin de pouvoir grimper assis en début de course.

Une fois la première bosse passée, on rejoint un circuit de 18km qu’il faudra parcourir plusieurs fois, selon la catégorie d’âge bien sûr (détails à venir).

Le circuit débute par deux petits kilomètres en terre battue, mais de très bonne qualité. C’est roulant et ne pose pas de défi ni de danger particuliers.

Virage à droite, on attaque le juge de paix: deux grosses rampes, chacune d’environ un kilomètre, la première avec un passage à 14% et d’autres à 10%, la deuxième un peu plus facile, mais considérant qu’on sera à bloc, ca ne sera pas simple quand même.

Ces bosses sont orientées vent de face en plus, mais on ne devrait pas trop le sentir dans la pente et compte tenu de la faible vitesse.

On pourra ensuite souffler sur une descente de 3,5 kms environ avant un virage à droite à haute vitesse, et une nouvelle rampe parfaite pour des attaques: 800m avec une pente inégale et un petit coup de cul sur la fin, vent de dos. Ouch. La puissance brute parlera.

La suite sera propice à des regroupements si les coureurs travaillent ensemble, deux kilomètres en descente avec beaucoup de dégagement au loin, où on pourra voir les écarts avec les fuyards devant. Nouveau virage à droite, et ca sera deux kilomètres de faux plat ascendant, en prise, avant une dernière descente assez abrupte pour boucler la boucle.

Une fois les boucles complétées, il faudra bien évidemment remonter par l’ascension des trois tours, en sens inverse (mais dans le sens où la bosse était escaladée dans le final de la Classique des Appalaches). Très inégale, la première partie comporte un passage à 18%. Ça sera la dernière grosse difficulté de la course.

Restera ensuite 7 kilomètres très roulants pour rejoindre le centre-ville de Victo et le titre canadien.

Chose certaine, sur un tel parcours, il faudra savoir encaisser les changements de rythme, être endurant, et être un coureur complet. Je suis certain que ce parcours ne couronnera que des vrais costauds dans toutes les catégories.

À noter que pour certains, il faudra savoir enchainer le chrono et la course sur route sur deux jours. Pas forcément simple.

Le GranFondo UCI Masters

Le dimanche, on pourra tenter de se qualifier pour les Championnats du monde UCI Masters de Istocno Sarajevo du 6 au 10 octobre 2021, en terminant dans le premier 20% de sa catégorie d’âge sur la course proposée.

Et quelle course!

131 kms, 1700m de dénivelé, les détails sont ici. Il faudra l’avoir dans la tête celle-là.

Ce qui est intéressant – et différent de la course sur route des Championnats canadiens – c’est que le premier 20%, c’est quand même accessible et cela veut dire que même lâché du premier peloton, votre course continue…

L’originalité: le Gravel Gros Big

Pas de Classique des Appalaches format « classique » cette année, pandémie de Covid-19 oblige, mais plutôt un événement gravel, plus simple à gérer car n’impliquant pas de départ de masse d’un gros peloton.

Le GGB est né!

L’épreuve proposera un parcours de 129 kms composé de 75% de routes de gravel, et un dénivelé total de plus de 2400 mètres. Un beau défi, surtout si vous le faites en (petite) gang. Cadre enchanteur, surprises au fil des kilomètres, et le Mont Arthabaska!

On bénéficie de tarifs réduits si on s’inscrit avant le 15 juillet.

La course s’inscrit dans une série d’événements gravel cet été, du gravel bike qui se développe dans ce contexte pandémique car exempt du concept d’un peloton cycliste.

Ainsi, on a le 7 août le Big Red Gravel Run (Grenville-sur-la-rouge), le 14 août le Gravel Backpacking Challenge (Magog), le 21 août le Grinduro Canada dans Charlevoix, et les 100 à B7 le 26 septembre.

Beaucoup d’autres événements gravel plus « informels » sont également organisés et popularisés au moyen de Facebook notamment.

Mention d’indépendance

Je souligne en terminant que cet article n’a pas été rédigé à la demande de qui que ce soit, mais est bel et bien de ma seule initiative. Personne, Alexis encore moins, ne m’a demandé quoi que ce soit. Je ne bénéficie pas non plus d’aucun tarif réduit ou préférentiel si je m’inscris à l’un ou l’autre de ces événements.

J’ai écrit cet article parce que c’est ma façon de soutenir le cyclisme sur route au Québec, qui en a bien besoin ces temps-ci. D’ailleurs, dans quelques jours, je reviendrai avec un article complet consacré à ce thème, dans la foulée de ce cri du coeur de Gilles Besner récemment.

Le Tour de France et les Championnats nationaux

Et bien sûr, la couverture du Tour de France, qui s’élance samedi prochain de Brest, débutera sous très peu sur ce site, et pour tout le mois de juillet. Je reviendrai également sur les Championnats nationaux, et notamment cette belle victoire de Rémi Cavagna hier à Épinal.

Je me suis fait rincé par le CCS-Siboire!

21h45 hier soir. Le serveur à l’accueil: « vous venez rejoindre la gang de cyclistes?« 

Moi: oui, c’est à cause de mon polo du Giro d’Italia que vous savez que je suis un cycliste?

Non, pas remarqué ton polo, c’est parce que tu es maigre comme un cycliste…

C’est ainsi que ma soirée au Siboire Dépôt de Sherbrooke a débuté hier soir.

Une belle soirée! Et qui concluait une belle sortie d’entrainement avec le Club Cycliste de Sherbrooke – Siboire.

Ca se résume en quelques mots: les gars m’ont rincé.

Enfin six. Six gars. Beaucoup plus était au départ. Mais ces six gars, ce sont des machines!

74km, 1000 de dénivelé, 38 de moyenne.

Ca a commencé au km2! Petit faux plat, déjà 375 watts, en file indienne dans un bon vent de trois quart face. Ben voyons donc, dans quoi je me suis embarqué?

Passage à Rock Forest, la bosse km5, plus de 400 watts pour m’accrocher. Déjà, des coureurs explosent. On est sept à rejoindre le chemin Sainte-Catherine deux kilomètres plus haut. Personne ne reviendra.

Je sais déjà que je suis en sursis à ce rythme. Et mon ami Julien n’est même pas là!!!

Dans quoi me suis-je embarqué?!

Chemin Dunant, long faux plat ascendant de cinq kilomètres. À un kilomètre du sommet, je saute. Just insane speed, insane watts.

Ô surprise! Un coureur devant se relève, le plus grand de tous.

Pas le choix: j’en remet une couche, question de ne pas le faire attendre de trop. À bloc. Je ne peux pas abandonner comme ca.

Ce coureur, c’est Pierre-Olivier Boily. Qui d’autre ?!

P-O me ramène pronto. Un bon relais à 43 km/h et on recolle au groupe qui a aussi levé un peu le pied. Dans sa roue, je me dis que des relais de Filippo Ganna, ca doit ressembler à ca… En tout cas, merci P-O, merci les gars!

North Hatley. Charmant, North Hatley. Sauf sur un vélo, après déjà de nombreux efforts intenses, parce qu’à North Hatley, tu sais que pour t’en sortir, va falloir grimper.

Longtemps.

Je me refais larguer dans le long faux plat après le pied plus pentu de la bosse, les gars – Stéphane, Pierre-Olivier, Étienne, Maxime, Anthony et Jérome – sont juste trop forts pour moi et je manque de rythme de course.

Nouvelle surprise: ils lèvent le pied. Deux reviennent me chercher.

Pas le choix: j’appuie plus fort sur les pédales.

Ca repart sur la plongée de 15km sur Ayer’s Cliff, qui se fera à plus de 42 de moyenne. Quelques KOM au passage, question de se faire plaisir.

À Ayer’s Cliff, ca se complique, car je sais qu’il faudra remonter vers Katevale, une longue ascension irrégulière de 2.5 km. Sympa, plusieurs coureurs décident de rouler plus doucement dans la montée et restent avec moi, car je suis déjà émoussé.

Sur le haut, forte poussette inattendue, c’est Pierre-Olivier qui me fait basculer, j’accroche Maxime et Stéphane qui relancent et c’est de nouveau plein pot jusque Katevale. Nice!

Le retour depuis Katevale vers Sherbrooke, je connais. Dans ma tête, c’est décidé, plus question maintenant de décrocher du groupe. À 46 de moyenne je ne peux pas relayer certes, et Ganna a repris du service, mais je tiens ma position en queue de notre petit groupe. Pas de crampes, c’est déjà ca. Des voitures nous gênent, pas assez vite pour nous!

Sur les vingt derniers kilomètres, la vitesse ne descendra plus en deçà de 45 de moyenne. Aie.

Mais putain, ca fait du bien!!!

Vous êtes costauds les gars!

La sortie d’entrainement s’est terminé par une bière du Siboire – la 18 juillet 1853, magnifique bière d’été – offerte par Pierre-Olivier, dans le stationnement au lieu de départ. Excellente ambiance!

On a donc prolongé un peu plus tard en soirée au Siboire Dépôt, question de renouer avec des amis de longue date, Jean-Seb et Alex. On a bu tes shooters P-O, merci!

Le CCS-Siboire? Une sacrée belle équipe, des gars super-sympathiques et super-costauds qui n’étaient pas obligés de m’attendre. On est parti à sept, on est rentré à sept. Je ne l’oublierai pas. Un merci tout spécial à Stéphane pour son accueil et à Pierre-Olivier pour son travail de gregario à mon égard hier soir!

Les gars, on remet ça mercredi prochain certain. 100 bornes cette fois, et je sais que ca roulera au moins aussi vite. Parfait!

Tour de France: littérature

N’oublie pas qu’on écrit avec un dictionnaire et une corbeille à papier. Tout le reste n’est que litres et ratures.

Antoine Blondin

C’est en relisant du Blondin et en buvant hier soir (un hommage…) que l’idée de cet article m’est (re)venue.

Ca fait un moment que je n’ai pas traité de litres et ratures. Proprement scandaleux, je sais.

À l’approche du Tour, il était de coutume, à une certaine époque, de voir apparaitre en librairie nombre de nouveaux ouvrages dédiés au cyclisme. C’est comme ca, le monde de l’édition aime les coïncidences.

Jeune, à ma descente de l’avion début juillet, je me ruais dans les librairies à la recherche de ces ouvrages sur le vélo. Pas d’Internet, pas de YouTube ni de Facebook du Tour, seule possibilité pour apprendre, les revues et les livres cyclistes, qu’on trouvait très peu au Québec.

Aujourd’hui, à l’ère du numérique, le bédouin du Sinaï connait probablement le vainqueur d’étape du jour avant nous, alors qu’il vérifie la valeur de ses stock options à Wall Street.

Le numérique a du bon.

Pour ceux qui aiment encore les livres, dont je suis (ce qui trahit mon âge), pour ceux qui sont encore capables de se concentrer plus longtemps que pour trois paragraphes de six lignes (ce qui trahit encore mon âge), certains ouvrages viennent de paraitre à l’approche du Grand Départ.

Survol.

Les champions bretons du Tour de France – Jean Paul Ollivier

Côté timing, on fait difficilement mieux, à quelques jours désormais du Grand Départ de Brest.

Terre de vélo, la Bretagne a produit d’innombrables champions cyclistes depuis des décennies, de Lucien Petit-Breton à Warren Barguil, en passant par Louison Bobet et Bernard Hinault.

Outre les champions cyclistes, le livre écrit par « l’historien du Tour de France » décline également les villes-étape de Bretagne, au fil des 107 éditions jusqu’ici du Tour.

De quoi passer un bon moment en préparant son Grand Départ!

Dans la roue du chef – Alan Murchison

Original! Chef récompensé au Guide Michelin, lui-même champion cycliste et duathlète, champion d’Europe et du monde du sprint dans la discipline et à de multiples occasions au cours des dernières années, l’auteur vous propose 70 recettes adaptées à la pratique du cyclisme, incluant comment faire vos propres barres énergétiques et vos smoothies de récup. Un ouvrage également très bien imagé.

Le gars sait de quoi il parle.

Topoguide – Nicolas Geay

Le guide technique de 20 cols qui ont marqué l’histoire du Tour de France.

Outre le profil des ascensions, on y trouve aussi, et c’est d’intérêt, des recommandations braquets et bons plans (notamment comment enchainer avec une autre ascension du secteur, question de faire durer le plaisir…), ainsi qu’un petit avis d’un cycliste pro qui connait bien l’ascension (Thibault Pinot, Alberto Contador sont de l’ouvrage).

À l’heure des GPS ultra-précis et connectés, l’étude des profils des ascensions est moins d’actualité certes, mais les conseils braquets eux le demeurent. Quoi qu’avec 12 vitesses et deux plateaux à l’avant, vous avez de quoi voir venir!

Le guide du vélo au féminin – Louise Roussel

Pas forcément cycliste assidue, l’auteure a produit un ouvrage qui s’intéresse à une foule de chose pertinente pour la femme cycliste: conseils matos et mécanique, conseils techniques, tranches de vie de femmes cyclistes inspirantes (pas forcément des coureuses), le tout savamment bien illustré, un beau cadeau selon moi pour votre conjointe pratiquante.

Cyclosport – Entretenez votre vélo comme un pro – Luke Edwardes Evans

Pas un ouvrage aride de mécanique vélo fait pour ingénieurs patentés, avec croquis Autocad. Mais plutôt un ouvrage bien illustré qui s’attache à vulgariser l’entretien d’un vélo que chacun d’entre nous peut – et doit – faire, peu importe la marque du matériel. Conseils de nettoyage, d’entretien quotidien (beaucoup négligent cet aspect de notre pratique!), outils, vérifications à faire en cas de chute, pneus, freins, identifier les composantes usées à remplacer, une foule de chapitres utiles. On a même prévu un chapitre sur l’électronique et le numérique!

Grands crimes et petite reine – Olivia Dupuy

Un roman de fiction, ambiance vélo. L’histoire d’un meurtre qui va impliquer l’univers des courses et sponsors cyclistes. Pour se divertir tout en restant proche du milieu.

Bonne lecture à tous! Quant à Antoine Blondin, espérons qu’il me prêtera, d’où il est, un peu de son inspiration au cours des prochaines semaines… le rosé ne suffira pas j’en ai bien peur.

https://www.youtube.com/watch?v=FSzzPzP6ASw

Le Tour de l’actualité

1 – Tour de Suisse. Mike Woods nous a fait vivre un beau dimanche matin, en attaquant à environ deux kilomètres du sommet du Gothard sur la dernière étape de l’épreuve suisse.

Super costaud, Mike!

J’y ai d’abord cru, moins lorsque j’ai vu Gino Mader – un autre Bahrain-Victorious!!! – rentrer sur le coureur d’Ottawa à la faveur de la descente sur Andermatt.

Et malheureusement, le dernier kilomètre de Woods a été assez désastreux. Il a amené en tête, première erreur, il a lancé le sprint de très loin, deuxième erreur, et comble de tout, il s’écarte à 150m de la ligne comme pour faciliter le travail à Mader qui n’en revenait tout simplement pas d’un pareil cadeau! Mader n’a même pas eu besoin de lever le cul de la selle, et regarde Woods en le passant comme pour dire « trop gentil Mike, merci! ».

Après 160 kms de course cependant, moins facile de rester bien lucide que pour moi devant mon écran. Chapeau à Mike Woods, une bien belle étape… mais on y croit tellement qu’on est déçu pour lui de voir une possible grande victoire d’étape lui échapper pour si peu.

2 – Tour de Suisse bis. Encore un Bahrain-Victorious vainqueur hier, Gino Mader, 24 ans, un coureur auteur d’un week-end assez exceptionnel en Suisse puisqu’il avait déjà terminé 3e du chrono samedi sur l’Oberalppass derrière Uran et Alaf, excusez-du-peu. Impressionnant.

Je n’ai pas d’explication, à part qu’on le savait en bonne condition puisqu’il avait gagné, trois semaines avant, la 6e étape du Giro. La Bahrain ces jours-ci, c’est simplement spectaculaire.

3 – Tour de Suisse encore. Victoire finale de l’Équatorien chez Ineos, Richard Carapaz.

Mine de rien, les Ineos depuis quelques semaines, c’est aussi assez impressionnant: triplé sur le Tour de Catalogne, le Tour de Romandie, le Giro d’Italia, le Critérium du Dauphiné, maintenant le Tour de Suisse… y’a pas à dire, la sélection pour le Tour de France va être compliquée!

Vous avez comme possible coureurs Geraint Thomas, Richie Porte, Richard Carapaz, Rohan Dennis, Pavel Sivakov, Tao Geoghegan, Eddie Dunbar (impressionnant hier sur le Gothard!), Michal Kwiatkowski, Jonathan Castroviejo, Filippo Ganna, Daniel Martinez, Gianni Moscon, Luke Rowe et Adam Yates!!! Aie.

Ils ont la capacité d’appliquer la méthode « rouleau compresseur » sur le prochain Tour, aucun doute là-dessus. J’ai vraiment hâte de voir la sélection finale… et il y aura des déçus, ca c’est clair.

4 – Tour de Suisse fin. Parmi les enseignements de ce Tour de Suisse, l’excellente condition de Rigoberto Uran, auteur d’une belle victoire sur le chrono samedi. À deux semaines du départ du Tour, de très belle augure pour pimenter la Grande Boucle et pour son équipe EF.

Julian Alaphilippe m’a également surpris avec sa 2e place sur ce chrono samedi, après une bonne semaine de course dans les jambes. S’il est reparti à la maison pour la naissance de son premier enfant, on devrait le voir en excellente condition sur le Tour, et ca c’est une bonne nouvelle car Alaf anime toujours la course.

Mike Woods a également prouvé qu’on peut lui faire confiance en vue de l’épreuve phare du cyclisme. Une belle victoire d’étape sur le Tour serait tellement bien pour le cyclisme canadien…

Jacob Fuglsang, 3e en Suisse, m’a également paru en très nette hausse, et son timing semble excellent en vue d’être très fort sur la 3e semaine du Tour. Il monte en pression et demeure un coureur de grande classe.

Pierre Latour termine 11e du général pour Total Direct Énergie, bien.

Et Hugo Houle 30e du général, avec une belle 6e place sur la 6e étape. Hugo est aussi un coureur qui apporte désormais beaucoup de garanties, et je pense qu’il sera bien sur le prochain Tour, étant quasiment un incontournable gregorio pour son équipe Astana et son leader Fuglsang.

5 – Tour de Slovénie. Aucune surprise, victoire au général de Tadej Pogacar qui ne pouvait pas moins, à deux semaines du Tour.

Magnanime, Pogacar a même permis à son équipier Ulissi de remporter la 4e étape, avec sa bénédiction.

Pogacar a survolé une édition qui, pour lui, ne comportait pas de grosse opposition. Mais il envoie un signal clair à ses adversaires de juillet: il faudra compter sur lui et son équipe UAE Team Emirates.

6 – Tour de Belgique. La rédemption pour Remco Evenepoel qui s’octroie une victoire au général, question de tout de suite reprendre confiance en ses moyens après un cuisant échec sur le récent Giro, où rien n’allait pour lui.

Remco a essentiellement forgé sa victoire dans le chrono, ainsi que sur la première étape où il a pu terminer légèrement détaché du paquet, avec deux autres coureurs.

Voilà Remco remis en selle, et prêt je pense pour une belle seconde partie de la saison. Dans l’immédiat, ce sera les Championnats de Belgique chrono et route, avant une préparation finale en vue des Jeux Olympiques. Sur ces Championnats de Belgique, ca sera un sacré client.

7 – La Route d’Occitanie. Je ne trouve pas grand chose à dire au niveau des enseignements en vue de la suite immédiate de la saison cycliste. Vos commentaires bienvenus!

8 – Leogang. On ne savait plus où donner de la tête ce week-end tellement il y avait des courses d’intérêt! En VTT (Mtb), c’était la Coupe du Monde de Leogang en Autriche.

Nouvelle victoire de la jeune prodige française qui fait décidément beaucoup d’ombre à Pauline Ferrand-Prevost, Loana Lecomte, 21 ans. Rien ne l’arrête depuis le début de la saison, et elle semble si facile partout! La France tient là une favorite #1 pour l’or olympique dans quelques semaines.

Chez les hommes, c’est le suisse Fluckinger qui s’est imposé.

9 – VTT encore. Le Scott Spark 2022, une tuerie! Quel vélo extraordinaire, avec une esthétique unique.

10 – Pirelli P Zero Race TLR SL. Peut-être le meilleur pneu tubeless qui soit?

11 – Entrainement polarisé. Un article de suivi sera disponible au cours des prochaines semaines, question de répondre à certaines de vos questions, et d’approfondir certaines choses, en collaboration avec Guy je le souhaite. Plusieurs autres articles orientés « pratiquants » sont également dans les cartons.

Entraînement polarisé vs « sweetspot »: le débat éclairé, avec Guy Thibault

Lequel est le mieux? Le programme d’entraînement polarisé, ou le programme « sweetspot », autrement dit, « au seuil »?

Le débat fait rage depuis que Dylan Johnson, ce jeune coach présent sur YouTube et que j’aime beaucoup en raison de son approche scientifique, a remis en question les programmes d’entraînement « sweetspot » proposés par des plateformes très populaires comme TrainerRoad ou Zwift.

Évidemment, TrainerRoad a répliqué en diffusant cette vidéo qui présente selon moi davantage de limites, notamment celle de ne critiquer qu’une seule étude, au lieu de s’en remettre à plusieurs comme le fait toujours Johnson dans ses vidéos.

Enfin peu importe, ce qui est sûr, c’est que le débat divise actuellement.

D’un côté, l’entraînement « sweetspot », essentiellement en zone 2 (selon une nomenclature en trois zones seulement) que certains appellent péjorativement la zone « Maîtres », sous-entendu que beaucoup de sportifs, notamment vieillissants, adoptent spontanément cette formule, rechignant aux efforts violents qu’impose un entraînement dit « polarisé ».

La zone sweetspot, c’est en effet cette zone certes inconfortable, mais pas extrêmement intense, située entre 75 et 85% de votre fréquence cardiaque maximale. En gros, ça lamine à petit feu car le but est d’accroitre la capacité de résistance long terme à la fatigue.

Certains programmes sur des plateformes populaires d’entraînement proposent jusqu’à cinq séances par semaine de sweetspot, et presqu’aucune à des intensités élevées ou très élevées, par exemple à VO2max ou à puissance supérieures. Épuisant, cinq séances sweetspot dans une semaine!

Le polarisé, c’est différent et assez simple: zone 3 environ 20% du temps lors de séances d’intervalles le plus souvent courts, le reste (environ 80%) en zone 1, molto piano. À son époque, Geneviève Jeanson s’entrainait déjà en polarisé.

Perso, j’ai adopté le polarisé depuis quelques années avec d’excellents résultats. Si je ne m’interdis pas une sortie « sweetspot » de temps en temps, fini pour moi ces longues sorties d’équipe à jouer à qui pisse le plus loin. Mes « testo rides » sont désormais solo, lors de séances d’intervalles courts bien structurés, et sur divers terrains pour pratiquer techniquement aussi: en danseuse, assis, etc. Le reste, ben du mollo discipliné, mais pas trop mollo non plus! J’y reviendrai.

Des études scientifiques récentes indiquent que cette formule polarisée est meilleure pour progresser que la formule « sweetspot ». Et, surprise: pour progresser partout, même en endurance!

Cette formule est également la plus rentable pour les athlètes amateurs qui ne disposent pas, comme les pros, de 20 voire 25 heures d’entrainement par semaine, ce qui permet de tout travailler à la fois: zone 1, zone 2 et zone 3.

Des partenaires d’entraînement proches ont des résultats encore plus spectaculaires que les miens avec le polarisé, en combinant muscu spécifique et entraînement par intervalles courts (EPIC): une condition physique excellente, en dépit d’un faible nombre d’heures d’entraînement par semaine (souvent moins que six).

J’ai voulu faire le point sur la question de l’entraînement polarisé versus le sweetspot, pour nous cyclistes amateurs.

Mais je ne suis pas un expert en sciences du sport.

Alors j’ai fait appel à un expert. L’un des meilleurs à mes yeux, reconnu internationalement: Guy Thibault.

Guy est un lecteur de La Flamme Rouge depuis longtemps, et a généreusement accepté de collaborer. Je l’en remercie.

Si Guy se passe de présentation, je le rappelle quand même: docteur en physiologie de l’exercice, directeur des sciences du sport à l’Institut national du sport du Québec et professeur associé à l’École de kinésiologie et des sciences de l’activité physique de l’Université de Montréal, Guy a mené de nombreuses recherches dans le domaine des sciences de l’entraînement depuis quatre décennies. Et publié de nombreux livres grand public également (Renaud-Bray, Decitre), ayant comme moi la vulgarisation à cœur.

Il est aussi le créateur de l’application 3-2-1 Go! qui dicte toutes mes séances d’intervalles depuis plusieurs années. En d’autres mots, Guy me fait souffrir! Et ça paye… Son graphique de planification des intervalles fait également école.

Guy est enfin l’auteur du site Nature-Humaine, très utile pour nous sportifs d’endurance.

Façon « Le moine et le philosophe », discussion entre le profane et l’expert au sujet de l’entraînement polarisé.

La Flamme Rouge: Guy, sweetspot ou polarisé?

Guy Thibault: Depuis longtemps Laurent, les scientifiques du sport cherchent à établir les intensités optimales des périodes d’effort lors de séances d’intervalles qui mèneraient vers les meilleurs améliorations des déterminants de performance en cyclisme comme dans d’autres sports d’endurance.

La réalité, c’est qu’il n’y a actuellement pas de consensus absolu sur ces séances, ni sur l’orchestration de ces séances dans une semaine d’entraînement. Les recherches récentes (depuis 2015 environ) pointent cependant vers la conclusion que l’entraînement polarisé améliore davantage les performances que l’entraînement au seuil, ou « sweetspot ».

LFR: Le polarisé donne-t-il de meilleurs résultats pour toutes les filières en cyclisme?

GT: C’est un des résultats les plus surprenants des recherches scientifiques récentes. Celles-ci indiquent en effet qu’un entraînement polarisé comprenant des séances où l’intensité des fractions d’effort est très élevée s’accompagne très rapidement d’améliorations importantes non seulement de la capacité anaérobie, mais également du VO2max, de la puissance aérobie maximale et même… de l’endurance!

On ne comprend pas parfaitement pourquoi, mais des recherches sont en cours pour y voir plus clair.

LFR: En polarisé, 20% du temps environ est consacré aux intervalles courts à haute ou très haute intensité. Je fais souvent des séances de quelques fractions d’effort de 30 secondes, selon ton application 3-2-1 Go. La science a-t-elle identifié des séances plus efficaces que d’autres?

GT: Pas vraiment Laurent. Seule certitude que la science nous apporte, il est de loin préférable d’engranger un grand nombre d’intervalles courts à forte intensité, plutôt que quelques intervalles longs à intensité moindre, par exemple à 75-80% de la PAM (puissance aérobie maximale).

De récentes recherches tout à fait fascinantes montrent même que les effets bénéfiques des fractions d’effort de seulement 10 secondes sont les mêmes que ceux induits par des fractions d’effort de 30 secondes. Certains y verront des liens avec le fameux Tabata.

En d’autres mots, du court, voire du très court, c’est très payant. Le but, c’est toujours d’accumuler un grand volume de travail à très haute intensité et pour cela, le décomposer en de nombreux intervalles courts entrecoupés de périodes de récupération est le meilleur moyen.

LFR: Un des défis du polarisé, c’est aussi de bien calibrer le 80% du temps passé en « zone 1 ». Pourrait-on y perdre son temps?

GT: Tout à fait Laurent! On sait qu’en deçà d’environ 50% de la PAM, les gains sont à peu près nuls, peu importe la durée. Pour être bénéfique, certains suggèrent que cette fraction de 80% du temps d’entraînement passée à faible intensité dans le modèle polarisé doit probablement se faire entre 55 et 75% de la PAM. Autrement dit, il y a quand même une intensité minimale requise pour tout ce temps passé en zone « 1 ».

J’irais même plus loin, simplement pour t’illustrer que davantage de travaux sont nécessaires pour bien comprendre: le 80% du temps en zone « 1 » est-il vraiment nécessaire?! On n’a pas encore vraiment testé d’autres modèles d’entraînement polarisé et des formules plus efficaces que le 80:20 existent peut-être.

LFR: Les besoins énergétiques, notamment en alimentation, sont-ils différents si on adopte un entraînement polarisé?

GT: À ma connaissance, il n’y a probablement pas de grandes différences ici, le polarisé ne nécessite pas d’adopter une alimentation différente des autres modèles d’entraînement. Chose intéressante cependant, les séances d’intervalles courts comporteraient des effets anorexiques. Je m’explique.

De retour d’une séance composée de pointes à haute ou très haute intensité, on ne ressent généralement pas la faim. Le corps continue cependant de « brûler » de l’énergie. Ainsi, certaines recherches suggèrent-elles qu’il est moins difficile de perdre du poids si l’on met l’accent sur des séances d’entraînement par intervalles où l’intensité des répétitions est très élevée. 

LFR: C’est tout à fait ça Guy! Je n’ai jamais faim de retour de ces séances difficiles. Et je remarque que je récupère vite de ces séances.

GT: Je ne suis pas surpris Laurent! Des études nouvelles portent sur ce qu’on appelle les analyses métabolimiques. En gros, on analyse les urines d’athlètes 24h après divers types de séances pour vérifier les effets concrets sur divers marqueurs biologiques du corps.

Trouvailles? Les déchets sont généralement plus présents après des séances sweetspot, même 24h après. En d’autres mots, le sweetspot, ça magane!! On récupère mieux des intervalles courts, même s’ils sont faits à très hautes intensités (parfois même plus de 175% de la PAM).

LFR: La PAM, justement, ou « puissance aérobie maximale ». Je préfère de loin calibrer mes intervalles sur ce concept plutôt que sur celui, actuellement populaire, du « FTP », ou « Functional Threashold Power ».

GT: Et tu as raison! Le FTP, c’est un peu une « aberration commerciale » selon moi (et selon plusieurs autres entraineurs chevronnés). En réalité, le FTP n’est pas un seuil proprement dit. Vaut mieux une mesure sur une période brève; la PAM c’est la puissance moyenne critique sur seulement cinq minutes, selon moi plus utile pour calibrer des séances d’intervalles à très haute intensité.

En plus, le FTP, c’est très difficile à mesurer: quel athlète veut se soumettre à un protocole où il (elle) aura à rouler une heure à bloc? C’est un record de l’heure! La PAM, ça se mesure beaucoup mieux et plus rapidement, notamment en laboratoire, même si ça reste un cinq minutes très difficile.

Dans l’avenir (on y travaille à l’INS Québec), on élaborera les séances d’entraînement à partir de la « signature » de l’athlète, c’est-à-dire sa propre courbe des puissances critiques pour des durées de tests maximaux allant de quelques secondes à plusieurs minutes. Cette courbe diffère pour des athlètes d’un même niveau, et reflète leurs qualités physiques : VO2max, capacité anaérobie et endurance. On personnalisera ainsi bien mieux qu’en ne se basant que sur la PAM ou le FTP.

LFR: Très intéressant! Et pourtant, des plateformes populaires continuent d’offrir des programmes composés de beaucoup de séances « sweetspot » par semaine, sur la base du FTP.

GT: En effet. C’est peut-être parce que ces outils reposent sur des modèles de l’entraînement par intervalles qui sont imparfaits, et que peu d’entraîneurs maîtrisent à ce jour l’art de la programmation de séances comprenant des fractions d’effort d’intensité très élevée. Personnellement, je préconise certaines séances d’entraînement composées de 120 fractions d’effort de 15 secondes seulement!

Si plusieurs valorisent depuis longtemps l’entraînement sweetspot, c’est surtout parce qu’ils croient que c’est la meilleure façon de repousser le FTP, ce seuil qui n’en est pas un, vers le haut. Trop souvent, ce sont des séances où les fractions d’effort sont plutôt longues et trop peu nombreuses. Elles demandent beaucoup de motivation et peuvent générer une grande fatigue mentale tout autant que physique.

LFR: Wow. Le polarisé, c’est vraiment très différent et très intéressant par rapport à des séances de type Gimenez ou autres « Over-Under »!

GT: Le « over-under » Laurent, je ne trouve pas ça intéressant pour bâtir la condition physique d’un athlète : beaucoup trop difficile et épuisant mentalement et physiquement. Le but des périodes de récupération lors de séances d’intervalles, c’est justement de récupérer pour pouvoir enchaîner les répétitions sans baisser l’intensité. Il faut donc vraiment récupérer, à très, très faible intensité. Avec la formule « over-under » c’est impossible, car on travaille trop fort lors des récup.

Les over-under, c’est du très spécifique, utile pour un athlète déjà dans une très grande condition physique, par exemple un coureur qui voudrait bien performer sur des critériums comme les Mardis cyclistes de Lachine, ou il y a beaucoup de relances avec pics de puissance, suivies de périodes moins intenses certes, mais où il faut être capable de tenir une intensité élevée quand même, le tout sur une heure environ.

LFR: En conclusion Guy, il reste beaucoup de questions sans réponse dans le monde de la science du sport, mais on peut quand même affirmer aujourd’hui qu’avec du polarisé, on ne se trompe pas: on profite de gains plus intéressants qu’avec la formule « sweetspot ».

GT: Oui Laurent.

Mais si l’entraînement polarisé semble meilleur que l’entraînement au seuil, ce n’est peut-être pas parce qu’il est polarisé! C’est peut-être parce qu’il comprend des séances où les répétitions sont nombreuses et d’intensité élevée ou très élevée. Il faudra mener d’autres recherches pour mieux cerner la meilleure approche. Qui sait? elle pourrait être une répartition différente, par exemple 50-50 au lieu de 80-20!

En attendant, si je crois que toutes les intensités d’effort supérieures à 75 % de la PAM sont utiles, il faut préférer les séances comprenant un grand nombre de courtes répétitions à haute ou très haute intensité.

LFR: Merci Guy, et j’y retourne demain avec 24x30sec en côte!

Le Tour de Slovénie

L’épreuve s’est élancée hier, et comporte cinq étapes.

L’intérêt?

C’est beau, la Slovénie.

Mais le réel intérêt de notre point de vue, c’est évidemment Tadej Pogacar!

Primoz Roglic, lui, a décidé de ne plus courir d’ici le départ du Tour, et se prépare solo du côté de Tignes actuellement, en altitude évidemment.

L’équipe UAE Team Emirates est manifestement, par son alignement en Slovénie, en répétition générale en vue du très prochain Tour de France.

Outre Pogacar, on y retrouve les Majka, Ulissi, Trentin, Polanc, Oliveira. On soude le groupe.

L’opposition viendra de trois autres équipes WorldTour: BikeExchange avec Kangert, Astana avec Felline et Bahrain-Victorious, avec Mohoric et Haussler.

Remarquez hier, c’est (encore!) la Bahrain-Victorious qui a débloqué son compteur sur l’épreuve avec la victoire au sprint de l’Allemand Phil Bauhaus. Décidément, on n’arrête plus cette équipe!

Une foule d’autres équipes continentales pro sont de la partie, notamment Bardiana et Androni-Giocattoli, mais des équipes avec moins de profondeur. Des équipes espagnoles, polonaises, anglaises, danoises, russes, slovaques, et slovènes aussi.

L’étape de samedi est celle à surveiller, avec une arrivée au terme d’une ascension. Pogacar s’y testera. On le dit motivé à enfin remporter son tour national.

Dommage cependant que ce Tour de Slovénie ne comporte aucun chrono… et gageons que les organisateurs reverront peut-être la copie en prévision de 2022 si des coureurs comme Pogacar ou Roglic veulent en faire une épreuve de prépa régulière en vue du Tour.

Intraitable MVDP!

Mathieu Van Der Poel: RE-BANG!

D’autres questions?!

Deuxième victoire d’étape consécutive pour le champion des Pays-Bas hier sur la 3e étape du Tour de Suisse. On n’avait pas vu ca depuis… depuis Marc Padun sur le Dauphiné en fin de semaine dernière en fait!

Ceci étant, magnifique de maitrise à l’approche de la ligne hier, MVDP. Il n’a pas hésité à lancer le sprint le premier, juste avant les 250 mètres, c’était super-bien vu face à la concurrence, surtout face à Julian Alaphilippe qui était avec lui.

Le sprint était en léger faux plat ascendant: un Alaphilippe est toujours très dangereux sur un tel terrain, car très explosif. En partant le premier de loin, MVDP défaisait les plans d’Alaf, en plus de lui imposer un long sprint. Alaf n’est jamais revenu. Vraiment bien joué.

Ceci étant, la question: combien de temps MVDP peut-il tenir le maillot jaune de leader de l’épreuve, conquis hier?

Ca sera déjà plus difficile aujourd’hui avec un final compliqué, et son équipe Alpecin-Fenix a désormais le poids de la course. Les Ineos, les Deceuninck, les Bora avec Schachmann qui me parait vraiment très bien, les Israel Start-Up Nation avec Woods devant avant-hier, voire les Astana, tout ce beau monde n’hésitera pas à profiter du travail des Alpecin avant de les attaquer dans le final.

Chose certaine, c’est peut-être la première fois que MVDP doit défendre un maillot de leader sur une course par étape importante à l’approche de la montagne. On sera vite fixé sur ses moyens sur ce terrain particulier, un terrain qu’il retrouvera forcément sur le prochain Tour de France qui part dans moins de trois semaines rappelons-le.

J’ai personnellement bien hâte de voir. Avec MVDP, c’est parfois tout ou rien, et ca sera peut-être rien demain dans le final?

Alaphilippe se diperse-t-il?

Certains lecteurs estiment qu’Alaf se disperse peut-être trop un peu tôt dans le final, et que certaines cartouches lui manquent peut-être pour l’emballage final.

Je ne crois pas.

Il essaie, c’est tout. Il attaque. MVDP fait pareil! Mathieu a les jambes pour conclure, Alaf pour le moment n’est pas capable de rivaliser avec le Néerlandais. Mais on ne peut pas lui reprocher de tenter des choses, d’animer la course, de vouloir sortir du paquet.

Les Canadiens

Je trouve ce Tour de Suisse intéressant aussi pour les coureurs canadiens qui y participent.

J’étais inquiet pour Mike Woods suite à un chrono moyen le week-end dernier. Mike nous a rassuré en étant un acteur du final des deux dernières étapes, étant avec Alaf et les autres dans les coups.

Je suis certain que Mike sera devant sur les étapes à venir, surtout vendredi et dimanche prochain. Il tentera quelque chose, j’en suis convaincu.

Zuko et Matteo ont offert aussi de beaux moments sur la 2e étape, étant échappés devant avec deux autres coureurs. Ils se sont malheureusement faits distancer dans une descente de col sous la pluie, qui prouve que ces descentes sont décidément un exercice bien particulier. Perso, je préfère les savoir encore en course aujourd’hui plutôt qu’à l’hôpital avant-hier… et je pense que Rally voudra encore se montrer cette semaine pour justifier leur invitation.

Tour de Suisse, 2e étape

Mathieu Van Der Poel: BANG!

Des questions?

https://www.youtube.com/watch?v=ocdTqi-mmBU&t=6325s

Le Tour de l’actualité

1 – Bahrain-Victorious. Y’a pas à dire, cette équipe a trouvé, depuis quelques semaines, la bonne carburation.

Gino Mader et Damiano Caruso remportent chacun une victoire d’étape sur le récent Giro, avec Caruso qui signe une 2e place derrière Bernal.

On ne les avait pas vu venir.

Tu as maintenant Mark Padun, 24 ans, vainqueur « back to back » de deux étapes de montagne sur le Dauphiné.

Jusque cette semaine, Padun, y’avait que sa mère qui le connaissait.

Surprenant.

Je n’ai pas d’explications. Molto forte, tout simplement.

Padun sort au train de sa roue Richie Porte et Sepp Kuss samedi dernier sur les pentes de La Plagne. Ouf.

On peut simplement dire que les talents de grimpeur de Padun ont déjà été notés: chez les amateurs, il a ramené les maillots de meilleur grimpeur des prestigieuses courses Giro Della Friuli Venezia Giulia (2015) et du Tour du Val d’Aoste (2016). Pour le reste, je ne sais pas.

Padun espère en avoir assez fait pour être retenu par son équipe sur le prochain Tour de France. C’est un minimum!!!

2 – Dauphiné. On attendait Geraint Thomas, c’est finalement Richie Porte, 36 ans, qui s’impose, sa première grande victoire depuis le Tour de Suisse 2018.

Porte a également terminé 3e du Tour l’an dernier.

Chez Ineos-Grenadier, on doit se poser des questions: qui, de Geraint Thomas, Richie Porte, Richard Carapaz ou Tao Geoghegan doit être le leader de l’équipe sur le Tour?

Quod abundat non vitiat. Ou « Abondance de biens ne nuit pas », dit-on. Ce qui ne veut strictement rien dire, mais l’effet reste le même…

À mon avis, plusieurs partiront avec un statut de coureur « protégé » et l’équipe s’ajustera en fonction des circonstances de course.

Et à ce petit jeu, parfois le mieux servi c’est celui qui passe le premier à l’offensive…

3 – Arkea-Samsic, le coup de gueule. Celui d’Yvon Ledanois, pas du tout satisfait de la performance de ses coureurs sur ce Dauphiné, en premier lieu très certainement Nairo Quintana et Warren Barguil.

Quintana termine 18e à presque 5 minutes, Barguil est 38e à plus d’une demi-heure!

Encore que, le général n’est pas tout: si on les avait vu tenter quelque chose, être devant, être acteurs. Rien du tout.

Le Tour de France approche vite, pas rassurant!

4 – Tour de Suisse. On est ravi en Suisse, les deux premières places de la première étape hier, un chrono de 11 kilomètres, sont occupées par des coureurs… suisses. Ils ont le même prénom en plus, facile à retenir!

Stefan Kung 1er, Stefan Bissegger 2e.

L’intérêt est ailleurs.

Des favoris, on note la belle perf de Julian Alaphilippe, excellent 5e hier et qui traduit donc une belle condition après une coupure au terme de la saison des Classiques. De bonne augure pour la suite.

Maximilan Schachmann, 11e, signe aussi une perf digne de mention selon moi; c’est un excellent grimpeur.

Carapaz (15e), Dumoulin (16e), Van der Poel (25e), Sivakov (40e), Uran (41e) sont à moins de 50 secondes.

Moins bon pour Fuglsang, Soler, Hirschi ou encore – et surtout – Mike Woods, « seulement » 128e de ce chrono à 1min19 du vainqueur. Aie. Je suis inquiet pour la suite, espérons que Mike nous rassurera plus tard cette semaine.

5 – Suisse, la suite. Ca se jouera certainement vendredi, samedi et dimanche prochain avec trois belles étapes en montagne autour d’Andermatt.

Vendredi, 130 petits kilomètres mais le Gothard en intro, puis dans le final deux belles ascensions.

Samedi, un chrono de 23 bornes autour d’Andermatt, une ascension de l’Oberalpass, 700m de dénivelé quand même, puis sa descente. Molto bene!

Et dimanche, 160 kms avec, dans le final, le Gothard de nouveau, versant Airolo. Ce sera le festival des photographes, toujours une occasion de photos très spectaculaires ce Gothard, une ascension en pavés!

D’ailleurs, je vous recommande fortement, si vous le pouvez, de faire une fois dans votre vie la sortie « Giants of Switzerland »: la Furka, le Nufenen et le Gothard depuis Andermatt. Absolument indescriptible. Dur. Magnifique. Inoubliable. One true game changer.

6 – Hugo Houle. C’est le meilleur des coureurs canadiens hier sur le Tour de Suisse, et c’est très bien.

Houle est en reprise après une coupure suite aux Classiques.

Fait intéressant, plusieurs coureurs canadiens ont pris hier le départ du Tour de Suisse: outre Houle, on note Guillaume Boivin, James Piccoli et Mike Woods chez Israel Start-Up Nation, ainsi que Mateo Dal-Cin, Nickolas Zukowsky et Rob Britton pour Rally Cycling.

On verra ce qu’ils peuvent faire cette semaine, c’est une occasion en or pour les coureurs de Rally Cycling de se mettre en évidence. Zuko en particulier.

7 – Thibault Pinot. Le Vosgien a disparu de la planète vélo. Même sur Strava!

Inquiétant.

Les dernières nouvelles nous viennent de Marc Madiot en mai dernier: pas de Tour de France, pas de JO, pas de Vuelta, la seule priorité est de guérir ce sacrum qui le fait tant souffrir dès qu’il monte en puissance.

Prompt rétablissement à Thibault. Triste cette affaire qui dure.

La FDJ se tourne désormais vers David Gaudu, auteur d’un honnête Dauphiné, pour faire briller les couleurs de l’équipe française en juillet.

8 – Unbound Gravel. Méga-battage publicitaire autour de l’ex- Dirty Kanza ces derniers jours, en particulier sur le site CyclingNews.

Y’a pas à dire, le Gravel Bike séduit en Amérique, peut-être plus qu’en Europe. Il y a peut-être aussi davantage de routes de « gravel » de ce côté-ci de l’Atlantique.

Ma région, l’Outaouais, est bien pourvue en route de gravel.

Au final, Laurens Ten Dam, l’ancien coureur pro chez Rabobank, SunWeb puis CCC, a été battu par un ex-pro également, Ian Boswell, moins connu celui-là mais qui a quand même séjourné chez Sky (2013 à 2017) puis chez Kathusha (2018-2019) avant de ne pas voir son contrat renouvelé.

Aucun coureur canadien dans les 20 premiers.

9 – Tour de Suisse féminin. J’aime le cyclisme féminin, la compétition y est également très féroce.

Fait intéressant, la championne de VTT Yolanda Neff participait à ce Tour de Suisse féminin remporté par Lizzie Deignan.

Ca frotte dans le peloton féminin: ce vidéo est saisissant!

Rouler sous la canicule

43 degrés.

C’était la température affichée au thermomètre en Alsace durant cette dernière semaine de juin 2019. Pascal en sait quelque chose!

La cyclosportive L’Alsacienne n’a pas eu l’autorisation d’organiser le grand parcours de 160 bornes compte tenu de la canicule extrême; les participants ont tous été rebasculés sur l’épreuve de 125 bornes.

Ce fut quand même une sacré épreuve. Perso j’ai bien préformé, mais j’en ai bavé dans le final!

Cyclisme et canicule, incompatible compte tenu de l’intensité de notre sport?

Non.

On annonce très chaud au Québec au cours des prochains jours.

Vous pouvez rouler quant il fait très chaud. Soyez simplement intelligents, adaptez votre pratique!

Nous avons tous des tolérances variables à la chaleur. Perso, je supporte mieux que la moyenne, probablement en raison d’un degré permanent d’affutage élevé.

Autrement dit, je suis maigre. Pas pour mon bien.

Comme pour le froid, on peut aussi s’acclimater à la chaleur: quelques sorties, et ça va nettement mieux.

Voici quelques trucs pour vous permettre de rouler par temps très chaud, une situation que j’affectionne particulièrement.

Tôt le matin

Pour des longues sorties, pensez à partir plus tôt le matin, lorsque le temps est plus frais: départ à 8h, voire 7h. On peut ainsi engranger deux ou trois heures de temps de selle par temps plus frais avant de commencer à souffrir de la chaleur qui augmente vraiment dès 10h le matin. Un autre avantage de ces départs matinaux est que le vent est souvent quasi-inexistant à ces heures!

Écourtez vos sorties

Si canicule il y a, avez-vous vraiment besoin de prévoir une sortie de 5h ou plus? Écourtez si possible! Il y a une grande différence entre rouler 5h par 27 degrés versus par 32 degrés Celsius… Adaptez vos séances, on laisse beaucoup d’énergie dans les vents du printemps au Québec, mais aussi dans les grosses canicules. Au besoin, rabattez-vous sur des séances plus courtes, mais plus intenses. Vous vous en remettrez plus rapidement, et elles seront plus bénéfiques pour votre condition générale.

Maillot ouvert

Ouvrez votre maillot! Je me surprend de croiser plein de cyclistes avec maillots à fermeture centrale, mais je vois très rarement ces maillots ouverts au complet. Une fermeture centrale, ça sert à ça: ouvrir! Particulièrement utile dans les ascensions, où on respire mieux avec un maillot complètement ouvert par temps très chaud. S’il fait vraiment très chaud, gardez-le ouvert en tout temps, ça fait du bien dans la descente…

Sous-maillots

Un maillot lycra plein de sueur qui vous colle à la peau, pas top pour évacuer la chaleur, ca fait effet « wetsuit ». Je préfère l’option d’un sous-maillot en mesh très léger, qui empêche le maillot de coller à la peau et qui créé une circulation d’air bénéfique pour thermoréguler la température corporelle. Même par temps très chaud, deux couches valent parfois mieux qu’une! Les Touaregs l’ont compris depuis des générations…

De l’ombre

Choisissez vos parcours! Je n’hésite pas à programmer des intervalles par temps caniculaire, mais j’adapte: 1) si je ne me sens pas bien durant le réchauffement, je coupe et 2) je choisis mes endroits à l’ombre. Un exemple? Pour les cyclistes de Gatineau, les chemins Musie et Ojai (mes ascensions de prédilection depuis quelques années), très ombragés et agréables même lorsqu’il fait très chaud, offrent de quoi bien travailler à l’ombre. Et ces deux ascensions sont situées à quelques kilomètres seulement d’un point d’eau facilement accessible, celui du Centre des visiteurs d’Old Chelsea. Le bon plan ! Même si vous sortez d’Ojai détruit et déshydraté après 6 ascensions, votre bonheur n’est qu’à 5 petites minutes de distance… l’agonie n’est jamais longue.

Des points d’eau

Choisissez des parcours avec plusieurs points d’eau en cours de route. Par temps caniculaire, l’arrêt à la source de Wakefield, par exemple, pour les cyclistes de la région de Gatineau, est très indiqué. Une autre source se situe sur le chemin Montée Paiement, une fois complétée l’ascension du Lac Létourneau via le McGregor. Le bon plan de parcours pour ravitailler régulièrement et à peu de frais, pour ainsi ne pas souffrir de déshydratation.

Aspergez vous!

Ne négligez pas les effets de vous asperger à l’eau claire par temps très chaud, ce n’est pas pour rien qu’on voit nombre de coureurs pro s’asperger ainsi dans les longs cols (parfois avec l’aide du public qui leur tend des bouteilles d’eau qu’ils se vident sur la tête). J’ai adopté cette pratique il y a plusieurs années, et ça fait vraiment du bien. Un quart de bidon sur la tête, qui ruisselle ensuite vers le bas, excellente douche rafraichissante, surtout si la descente arrive bientôt.

Limitez la zone 5

Les efforts maximaux peuvent être difficiles par temps caniculaire, les énergies pouvant être moindres, et les nausées plus fréquentes. Adaptez votre entrainement! Vos sensations au départ, durant les 15-20 premières minutes, doivent guider la suite. Si elles sont mauvaises, n’hésitez pas à changer le plan de match. 6x2min en zone 4 peuvent aisément être modifiées pour faire 3 ou 4×5-6min en zone 3. Ca demeurera payant, et votre acclimatation à la canicule sera préservée. La prochaine sortie n’en sera que meilleure.

Hydratez-vous avant l’effort

Mon expérience personnelle m’indique que l’hydratation avant l’effort est fondamentale par temps très chaud. Par temps frais, not so much, vous avez droit à l’erreur. Mais si vous partez pour un gros entrainement par 40 degrés avec un déficit hydrique, ça risque d’être rapidement la galère si ça roule vite. Soignez votre hydratation dans les 24h précédant vos entrainements par temps caniculaire.

Augmentez votre apport énergétique

Par temps très chaud, vos repères traditionnels ne sont plus les bons, à intensité égale bien sûr. Vous consommez un bidon par 40 kms d’ordinaire? Probablement plus le bon ratio par temps très chaud. Vous n’avez besoin que d’une barre énergétique par 80 kms d’ordinaire? Là encore, ce n’est plus valable par temps très chaud. Vos pertes hydriques sont beaucoup plus importantes, il faut modifier vos repères en conséquence. Dans le doute, buvez, buvez, buvez encore. Sur le long terme, le gagnant ce sera vous!

La dérive cardiaque

Pas d’affolement si vos pulsations cardiaques sont un peu différentes par temps très chaud, c’est normal. Celles-ci sont souvent plus élevées, pour un même effort. Le corps travaille en double: pour soutenir l’effort et pour évacuer la chaleur qui s’accumule vite. Encore une fois, la bonne pratique dans ces conditions est de soit réduire l’intensité, soit de réduire la durée de ces intensités.

Le corps s’adaptera

Quoi qu’il en soit, le corps humain est capable de s’adapter aux efforts par chaleur extrême, aucun doute là-dessus. Mes 10 jours en Alsace en 2019 par canicule extrême, à faire de gros efforts dans les cols, a été très concluante sur ce point; après quelques jours, rouler par 40 degrés voire plus n’était plus un problème, malgré que cela rendait quand même les sorties plus difficiles. Évidemment, la prise d’altitude aide souvent en montagne, une situation inexistante dans les autres régions où l’on peut avoir à gérer 35 voire 40 degrés sur toute la sortie.

Soyez à l’écoute de vos sensations! On aura beau dire, nous avons tous une tolérance variable aux froids et aux chaleurs extrêmes.

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