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Catégorie : Dopage Page 21 of 26

L’équipe CSC est-elle plus propre?

On pourrait dire que La Flamme Rouge commence ce soir son bilan de la saison 2007 en revenant sur la saison de l’équipe CSC. Rappelons en premier lieu que l’équipe CSC s’est targuée, au début de la saison, d’avoir mis sur pied le programme anti-dopage le plus strict et le plus sérieux de toutes les équipes du ProTour. Suivi par une équipe médicale indépendante, on précisait que l’encadrement même de la CSC ne pouvait en aucune manière influencer le programme anti-dopage mis en place. Puis il y a eu l’affaire Bjarne Riis lorsque ce dernier, cédant à la pression de ses anciens équipiers – dont Zabel – qui passaient aux aveux quant aux pratiques dopantes chez T-Mobile en 1996, a avoué s’être bien dopé à l’EPO pour gagner le Tour la même année. On ne devait plus revoir Riis officiellement sur une course ProTour au volant d’une voiture CSC. Alors, quel bilan pour les coureurs de l’équipe? En fait, "un bilan plus que positif":http://www.cyclingnews.com/news.php?id=news/2007/oct07/oct29news2 (sans jeu de mots): 1- une étape de Paris-Nice (Alexandr Kolobnev) 2- une victoire d’étape et le général du Critérium International (Jens Voigt) 3- victoire sur Paris-Roubaix (O’Grady) 4- une victoire d’étape (Kurt-Asle Arvesen) et la deuxième place du général au Giro (Andy Schleck) 5- prologue du Tour de Suisse (Cancellara) 6- prologue (Cancellara), troisième étape (Cancellara) et 4e place au général (Sastre) du Tour de France 7- 2 étapes (Kurt-Asle Arvesen et Matti Breschel) et le général (Kurt-Asle Arvesen ) du Tour du Danemark 8- victoire au clm (Jens Voigt) et au général (Jens Voigt) du Tour d’Allemagne 9- champion du monde du clm à Stuttgart (Cancellara) 10- 4e place de la course sur route des Mondiaux de Stuttgart (Franck Schleck) La CSC a-t-elle moins gagné en 2007 que par les années précédentes ? Elle n’a certes pas remporté de grands tours comme en 2006 sur le Giro avec Ivan Basso. Mais elle a continué de performer à peu près au même niveau. Certaines choses ne changent pas dans le cyclisme, en dépit de l’instauration de programmes anti-dopage au sein même des équipes: les coureurs français ou étrangers dans des équipes françaises gagnent peu au niveau ProTour, et les coureurs d’ailleurs continuent de gagner régulièrement. On vous avoue qu’on s’y perd un peu. Quel bilan tirer de tout ca?

Enfin, le passeport biologique

L’UCI accouche enfin d’une mesure intéressante dans la lutte contre le dopage: l’événement est assez rare pour qu’on le souligne ce soir! En effet, l’UCI a annoncé aujourd’hui qu’à partir de l’an prochain, un passeport biologique sera instauré pour l’ensemble des coureurs élite. Quelle bonne nouvelle! On généralise en effet le suivi longitudinal imposé depuis des années aux coureurs Français. Le passeport biologique contiendra des informations personnelles sur chaque coureur tant au niveau hématologique et stéroïdien. Il permettra de dresser un profil physiologique de chaque coureur, permettant d’établir une norme individuelle quant à cinq paramètres mesurés: hématocrite, hémoglobine, réticulocytes (jeunes globules rouges), hémoglobine plasmatique libre et un index de stimulation obtenu par une équation entre l’hémoglobine et les réticulocytes. Ce passeport individuel sera établi à partir d’au moins 10 contrôles sanguins et 4 urinaires par année et par coureur, possiblement davantage. Ces contrôles auront lieu à la fois lors de compétitions comme en période d’entrainement (contrôles inopinés). Fait intéressant, un coureur pourra être interdit de compétition (mais pas officiellement positif comme c’est actuellement le cas lors d’un taux d’hématocrite supérieur à 50%) même si ses paramètres sanguins sont à l’intérieur des normes fixées. L’interdit de compétition sera donc variable d’un coureur à l’autre et non arbitraire (50% et plus pour l’hématocrite) comme c’est le cas actuellement. Concrètement, cela signifie qu’un coureur présentant un taux d’hématocrite de 47% en juin alors que sa moyenne entre janvier et mai était de 40% pourra être interdit de compétition. Terminons en mentionnant que le passeport biologique devrait commencer à être efficace pour le prochain Tour de France puisque cela fera six mois qu’on suivra les coureurs. On commencera donc à avoir une meilleure idée de leurs paramètres physiologiques "normaux". Seul danger, espérons que les coureurs ne s’arrangeront pas pour maintenir dès janvier leurs paramètres physiologiques à un niveau plafond afin d’être tranquille… Un coureur pourrait en effet déduire qu’il lui suffit de présenter un taux d’hématocrite de 49% dès janvier pour être tranquille par la suite, à la condition de maintenir ce taux durant le reste de l’année. Cette situation n’est pas impossible, Geneviève Jeanson ayant récemment avoué s’être dopée "à l’année" durant sa carrière.

Que se passe-t-il à l’AMA?

Ce soir, La Flamme Rouge vous propose de faire le point sur ce qui se passe actuellement à "l’Agence Mondiale Antidopage":http://www.wada-ama.org/fr/ (AMA). Ce ne sont pas de bonnes nouvelles… *Contexte*: Un nouveau président de l’AMA devra être choisi lors de la conférence mondiale antidopage les 15, 16 et 17 novembre prochain à Madrid. L’actuel président, le Canadien Richard "Dick" Pound, à la tête de l’agence depuis sa création en 1999, est en effet arrivé au terme des mandats prévus par "les statuts de l’agence":http://www.wada-ama.org/rtecontent/document/constitutive_instrument_foundation_Fr.pdf. Il faut également savoir qu’il est prévu dans les statuts de l’AMA une règle d’alternance, son président devant tour à tour être issu du Mouvement olympique (milieu sportif), puis des autorités publiques (gouvernements). Pound appartenant au Mouvement olympique (ancien nageur), il était donc prévu que la présidence incombe désormais à une personnalité des autorités publiques. *Acte 1*: Le Français Jean-François Lamour, double-champion olympique de sabre (Los Angeles 1984 et Séoul 1988) mais aussi ancien ministre des sports en France, s’est positionné depuis plusieurs mois comme candidat sérieux pour la succession de Pound. Il était, jusque récemment, le seul candidat en lice. Sa candidature était très sérieuse, l’homme étant à la fois issu du Mouvement olympique et des autorités publiques, un atout de taille selon nous pour le poste de président de l’AMA. *Acte 2*: Lors d’une réunion du comité éxécutif de l’AMA fin septembre, un candidat surprise s’est pointé: l’ancien ministre des finances australien, un certain "John Fahey":http://en.wikipedia.org/wiki/John_Fahey_%28politician%29, totalement inconnu du monde du sport voire de la lutte contre le dopage. D’ou sort-il? Quel est son background? Quelle est son expérience dans les affaires du sport? Nous l’ignorons. *Acte 3*: Le comité éxécutif de l’AMA a récemment décidé de changer la donne et de ne pas attendre l’élection prévue en novembre à Madrid mais bien d’imposer une primaire (premier suffrage) devant les seuls représentants des autorités publiques siégeant au Conseil de Fondation. Le milieu sportif s’est donc vu écarté du processus. Lamour s’est opposé à la tenue de cette primaire, estimant qu’elle contrevenait au statut de l’AMA. Dans sa réponse, Pound a signifié à Lamour que malheureusement, rien dans les statuts de l’AMA ne pouvait s’opposer à la tenue d’une telle primaire. *Acte 4*: Lamour a estimé n’avoir aucune chance dans cette primaire face à ce qu’il appelle le monde anglo-saxon et sa vision particulière de la lutte contre le dopage, sachant bien qu’un bloc constitué des représentants des États-Unis, de la Nouvelle-Zélande et de l’Afrique du Sud voterait en faveur de l’Australien John Fahey. Au lieu d’aller au casse-pipe, Lamour a donc décidé non seulement de se retirer de la course à la présidence, mais aussi de remettre sa démission comme actuel vice-président de l’AMA. *Acte 5 (à venir)*: Désormais seul candidat, l’Australien Fahey devrait logiquement être élu sans problème à la présidence de l’AMA lors de la conférence de Madrid en novembre prochain. *Que conclure de tout ca?* Plusieurs choses très inquiétantes. Il faut tout d’abord comprendre que Lamour incarnait la position européenne contre le dopage, une position volontariste, entreprenante et donc dérangeante pour les autorités du sport. Il faut se rappeler que la France fut le premier pays à adopter le suivi longitudinal et qu’ASO a déjà clairement pris position pour une lutte contre le dopage dans le cyclisme plus agressive. Cette position dérange visiblement de nombreuses organisations influentes dans le sport dont le Comité International Olympique qui auraient tous une vision nettement plus permissive voire utilitariste du dopage, vision qualifiée "d’anglo-saxonne" par Lamour. En gros, le message de ces organisations serait "il faut lutter contre le dopage certes, mais jamais au point de mettre en péril l’image, l’économie et le développement du sport". Visiblement, la réputation de Lamour et les positions qu’il aurait pu adopter en tant que président de l’AMA inquiétaient. Pour le contrer, on lui a présenté un candidat surprise et on lui a imposé une primaire inattendue. Avec beaucoup de lucidité, Lamour a préféré se retirer tout en offrant aux pays européens de créer leur propre AMA européenne. Il faudra voir si ce souhait se transformera en réalité dans les prochains mois. Ces récents événements pourraient également jetter un doute sur les positions même de Dick Pound, un homme qui n’a pourtant pas la langue de bois et qui a milité, ces dernières années, pour une lutte efficace contre le dopage, dérangeant beaucoup dans le monde du sport, notamment l’UCI et Lance Armstrong. Pound aurait-il dû défendre plus fermement la candidature de Lamour? La vérité, c’est que Pound ne peut probablement pas faire grand chose. Le choix du prochain président ne dépend pas de lui mais bien du Conseil de Fondation. Il ne pouvait probablement pas modifier les statuts de l’AMA pour empêcher la tenue d’une primaire. Et déjà, de nombreux observateurs évoquent que le départ de Pound est une occasion rêvée pour tout ceux que l’AMA dérange afin d’affaiblir cette institution qui menace la survie même du sport professionnel. Les lobbys seraient très, très puissants… Pour Jean Pitallier, président de la Fédération Française de Cyclisme, la situation serait même pire: regrettant le retrait de la candidature de Lamour, un homme qui avait une vision très engagée dans la lutte contre le dopage, il affirme qu’il est possible qu’Hein Verbruggen soit celui qui, en coulisse, aie fomenté les récents événements afin d’éliminer Lamour et d’affaiblir l’AMA. Ancien président de l’UCI, Hein Verbruggen demeure l’actuel président de la puissante AGFIS (Association Générale des Fédérations Internationales de Sport) et à ce titre, aurait pu influencer le cours des choses. Rappelons que Verbruggen a toujours eu des positions très laxistes envers le dopage dans le cyclisme, se souciant d’abord et avant tout de préserver l’image et les revenus tirés du sport. La création du ProTour n’en est-elle pas la preuve incontestable? Cette position est aujourd’hui reprise par son successeur, Pat McQuaid. Enfin, comment ne pas penser que la guerre ouverte entre l’UCI et les organisateurs des trois grands tours, surtout ASO, ne soit pas liée à ces manoeuvres autour de l’élection du nouveau président de l’AMA? Sous Dick Pound, l’AMA a souvent été sur la même longueur d’onde que les organisateurs des trois grands tours, en particulier ASO, en matière de lutte contre le dopage. Cette collaboration ne manquait pas d’affaiblir l’UCI et de la décrédibiliser. Il est possible que l’UCI tente actuellement de profiter de la fin de mandat de Dick Pound afin de reprendre la main en s’assurant que le nouveau président sera plus proche de ses intérêts. Il est donc possible que l’UCI et indirectement le CIO aient fait le calcul qu’en portant l’Australien Fahey à la tête de l’AMA, cela serve ses intérêts tout en contribuant à isoler les organisateurs des trois grands tours, en particulier ASO qui ne pourrait plus compter autant dans l’avenir sur la collaboration de l’AMA pour lutter contre le dopage durant ses épreuves. Ne pouvant rivaliser sur le terrain, l’UCI aurait en quelque sorte porté la guerre qui l’oppose aux organisateurs des trois grands tours dans le monde de la politique du sport, usant de tous les moyens possibles pour éliminer les partenaires de ces organisateurs. Bref, tout cela sent très, très mauvais et nous sommes probablement en présence d’authentiques jeux en coulisse de très haut niveau. Au fond, deux visions s’affrontent: celle, européenne, qui souhaite prendre le taureau par les cornes dans la lutte contre le dopage, une vision qu’incarnait Lamour; l’autre, plus anglo-saxonne (bien qu’on doute que le Canada soutienne cette approche, ses positions contre le dopage étant sévères), qui milite pour un certain laxisme dans la lutte contre le dopage, estimant qu’il vaut mieux préserver avant tout l’image et l’économie du sport. Les récents événements montrent sans l’ombre d’un doute que les lobbys de la deuxième vision sont très puissants et surtout prêts à tout pour s’assurer que l’AMA ne leur mène plus dans l’avenir la vie aussi dure qu’au cours des dernières années.

DiLuca suspendu!

On apprend ce matin que l’Italien Danilo DiLuca, l’actuel meneur du classement ProTour avec une seule épreuve encore à disputer, le Tour de Lombardie samedi prochain, vient d’être suspendu trois mois par le Comité national olympique italien (Coni) pour son implication avérée dans l’affaire "Oil for Drug", cette affaire de traffic de produits dopants dans l’entourage d’un médecin italien, le Dr. Carlo Santuccione. La question: la suspension est-elle immédiate et DiLuca sera-t-il du même coup déclassé du ProTour? Rappelons que DiLuca est le vainqueur du Giro cette année. Chose certaine, cette suspension ne va pas aider l’UCI à crédibiliser son ProTour, le potentiel vainqueur 2007 étant désormais entaché par une affaire de dopage bien réelle. Mais nous sommes d’avis que l’UCI récolte là le fruit de son laxisme dans le dossier du dopage au cours des dernières années. Ce n’est que justice! Et bravo au Coni pour son courage d’aller au bout de l’affaire.

Quelques brèves

1 – Le dopage, ce n’est pas que dans le cyclisme. L’actuel cas Marion Jones, en athlétisme, fait grand bruit aux États-Unis. La triple médaillée d’or aux JO se verra retirer ses médailles par le CIO. "Le peuple américain découvre avec stupeur l’ampleur du dopage dans le sport":http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3242,36-964308@51-960817,0.html. Même Lance Armstrong subirait les contre-coups de l’affaire Jones, les soupçons de dopage pesant sur lui revenant à l’avant-scène de l’actualité. 2 – Oscar Pereiro sera officiellement déclaré vainqueur du Tour de France 2006 lundi prochain à Paris lors d’une cérémonie en présence du directeur du Tour, Christian Prudhomme. Enfin, on peut rayer de nos mémoires l’existence même de Floyd Landis. 3 – Tour de France toujours: le parcours 2008 sera dévoilé le 25 octobre prochain. Chose certaine, l’épreuve débutera à Brest, en Bretagne, par une étape en ligne et non un prologue. En tout, trois étapes sont prévues en Bretagne avant de probablement mettre le cap vers le sud et les Pyrénées qui, croit-on, seront franchies avant les Alpes. Dans les Alpes, à prévoir le retour d’une arrivée à l’Alpe d’Huez. Pourquoi supprimer ainsi le traditionnel prologue du premier jour? Pour les organisateurs, il s’agit de créer le suspense et d’ouvrir au maximum la course. Dans les faits, il faut déjà s’épouvanter des risques de chute que comportera cette première étape. Sans aucune équipe pour contrôler la course, tout le monde va croire en ses chances. Bonjour les risques dans les 5 derniers kms! Espérons seulement que les organisateurs feront en sorte de choisir un tracé très large et sans trop de virages! 4 – Sébastien Joly, c’est ce coureur français qui a dû interrompre sa carrière il y a quelques mois suite à la découverte d’un cancer. Bonne nouvelle, "les traitements se sont bien déroulés et Sébastien serait sur la voie de la guérison":http://www.cyclismag.com/article.php?sid=3685#ancre4. Ce dernier envisage un retour dans le peloton en février prochain, pour le début de saison. On lui souhaite de revenir au plus vite en pleine forme afin de reprendre sa place. 5 – Équipe Astana. L’actuel manager, le Suisse Biver, écoeuré de toutes les affaires de dopage qui ont rongé l’équipe en 2007, va très certainement se retirer pour faire place à une "nouvelle administration" dont l’homme clé serait nul autre que… Johan Bruyneel. Ce dernier amènerait dans ses bagages Alberto Contador ainsi que Levi Leipheimer. Comme quoi, rien ne change dans le vélo… D’autres scandales de dopage à prévoir chez Astana en 2008? 6 – Intéressant reportage de VéloClub intitulé "Quand les organisateurs font la loi":http://www.velo-club.net/article?sid=41480. 7 – "Paris-Tours":http://www.letour.fr/, c’est ce week-end. Plus tard cette semaine, une présentation de la course et de ses favoris sera disponible ici.

Schumacher s’enlise

On vous parlait du récent 3e des Mondiaux de Stuttgart, le jeune Allemand Stefan Schumacher, dont 2 contrôles sanguins fin septembre avaient révélé des paramètres sanguins anormaux. Nous vous avions fait part de nos réserves quant à la raison annoncée – par ses médecins et ceux de l’UCI – pour expliquer ces anormalités et ainsi lui laisser prendre le départ des Championnats du monde: diarrhée. Dans le contexte actuel du cyclisme, nous avions jugée la situation louche. "Schumacher semble s’enliser par ces nouveaux événements. Si l’accident de voiture relève du fait divers, les traces de dopage trouvées dans son sang sont plus inquiétantes":http://www.cyclingnews.com/news.php?id=news/2007/oct07/oct09news2. Affaire à suivre! Surtout qu’un tribunal allemand vient d’annoncer qu’il va enquêter sur les paramètres sanguins anormaux du coureur, estimant que ce n’est pas aux médecins de Schumacher d’expliquer la situation en raison d’un évident conflit d’intérêt. Voilà un autre coureur pris dans les mailles de la justice!

L’UCI corrompue?

C’est inquiétant, mais pas vraiment surprenant: "selon le président de la Fédération Française de Cyclisme (FFC) Jean Pitallier, la corruption ronge l’UCI":http://www.cyclingnews.com/news.php?id=news/2007/oct07/oct05news2. C’est du moins les conclusions qu’il a pu tirer de sa récente participation au congrès de l’UCI la semaine dernière à Stuttgart. Selon Pitallier, Hein Verbruggen, l’ancien président de l’UCI, tirerait encore les ficelles de l’organisation en coulisses. Les seuls buts de l’UCI avec notamment le ProTour seraient financiers, c’est à dire de faire de l’argent. On imagine d’ici que le modèle que tente de faire appliquer Verbruggen est celui du CIO de Samaranch il y a quelques années. Car que sont devenus les JO depuis Atlanta sinon une monstrueuse machine à fric? À l’opposé, on se rappelera des propos censés d’ASO il y a quelques années lorsqu’ils ont lutté contre la tendance au gigantisme du Tour de France. Les mesures furent concrètes: limitation du nombre de coureurs admis, limitation du nombres de véhicules, limitation du nombre de maillots distinctifs, limitation du nombre d’accréditations, reprise et promotion d’un certain nombre d’autres courses au calendrier dont la Flèche Wallonne, Liège-Bastogne-Liège et le Tour de l’Avenir, etc. *Pitallier: un homme crédible* Jean Pitallier ne nous a certes pas habitué à la langue de bois depuis le début de son mandat. En ce sens, nous respectons l’homme et le président qui continue d’entreprendre des réformes contre le dopage qui vont dans le bon sens. Le suivi longitudinal en place en France en est un bon exemple. Jean Pitallier est donc probablement crédible et ses propos doivent être pris au sérieux. La FFC continue par ailleurs d’appuyer sans réserve les organisateurs des trois grands tours dans l’établissement d’un nouveau calendrier de course. Quant à Pat McQuaid, c’est pathétique: "après s’être prostitué devant le nouveau champion du monde Bettini sur le podium des Mondiaux dimanche dernier":http://veloptimum.net/velonouvelles/7/ART/10oct/Sport24_6.html, il déclare: _Everybody has the opportunity to express their disagreement. The UCI is a democratic institution. But far too often this right is twisted into an act of insubordination. This has consequences on the stability of the entire movement. This is why insubordination cannot be tolerated._ On est mort de rire.

La cuvée 2007 des licenciés

L’heure du bilan de fin de saison approche et on peut d’ors et déjà affirmer que la saison 2007 aura été catastrophique pour le cyclisme professionnel et en particulier pour l’UCI. Après un Tour de France très difficile, il n’y a eu aucun répit pour l’instance dirigeante du cyclisme puisque les Championnats du monde ont été particulièrement chargés en affaires diverses. Et ca continue puisque l’actuel leader du ProTour, l’Italien Danilo DiLuca, est convoqué le 16 octobre prochain devant un juge du Comité national olympique italien (Coni) pour son application présumée dans l’affaire "Oil for drug". Rappelons que l’affaire "Oil for drug" est ce présumé réseau de traffic d’EPO tournant autour du médecin italien Carlo Santuccione, installé près de Pescara sur l’Adriatique. La saison 2008 ne s’annonce déjà guère mieux! La bataille est déjà commencée pour la constitution du simple calendrier de courses de la saison. L’affaire espagnole Puerto pourrait encore nous réserver quelques surprises. La dissension a gagné le peloton pro avec, d’un côté, les équipes françaises et allemandes qui osent hurler haut et fort qu’il y en a marre, une position avec laquelle on est bien d’accord, et de l’autre le reste des groupes sportifs qui gagnent plus régulièrement et qui donc protègent leurs méthodes, la Quick Step de Bettini en tête. En guise de conclusion à ce texte, voici la liste des coureurs licenciés en 2007 pour dopage ou implication dans des affaires de dopage: Ivan Basso Michael Rasmussen Alexandre Vinokourov Andrey Kashechkin Iban Mayo Diez Cristian Moreni Tyler Hamilton Sergej Gontschar Patrik Sinkewitz Matthias Kessler Eddy Mazzoleni Gerhard Trampusch Lorenzo Bernucci Joerg Jaksche Ajoutons à cette liste le cas d’Erik Zabel qui aurait dû être licencié par l’équipe Milram après ses aveux de dopage à l’EPO en 1996. On ne comprends pas pourquoi le ProTour l’a toléré en son sein alors que d’autres coureurs ont été exclus pour les mêmes motifs. Deux poids deux mesures… Il est pas beau, le cyclisme?

Que penser du cas Schumacher?

L’Allemand Stefan Schumacher a terminé 3e des récents Mondiaux qui se déroulaient en… Allemagne. La pression devait être forte sur l’équipe nationale pour générer un résultat intéressant, surtout dans le contexte général de cette épreuve sous haute suspicion. "On apprend ce matin que Schumacher présentait des variations anormales de ses paramètres sanguins lors de deux tests fait fin septembre":http://www.cyclingnews.com/news.php?id=news/2007/oct07/oct02news, l’un le 25 par l’Agence anti-dopage allemande et l’autre trois jours plus tard par… l’UCI. D’autres tests auraient été demandés dans les jours suivants pour vérifier la situation. On apprend que la Fédé allemande et… l’UCI ont classé le cas Schumacher, la variation anormale des paramètres sanguins étant apparemment dûs à… une diarrhée. Mouais, pourquoi pas? C’est probablement possible, bien qu’on aimerait entendre un spécialiste du dopage sanguin à ce propos et qu’on aimerait savoir de quels paramètres il s’agit. Mais c’est quand même un peu louche. Surtout considérant que dans toute l’histoire du cyclisme depuis un siècle, les problèmes de nature intestinale sont de très loin la raison la plus fréquemment évoquée pour justifier un abandon dans une course, question de camoufler certaines choses. Indispositions très souvent temporaires, les problèmes intestinaux permettent en effet aux coureurs qui ont quelque chose à cacher de reprendre leur métier – voire la victoire – rapidement sans soulever de soupçons. L’UCI aurait également de nombreuses raisons pour tenter d’étouffer une nouvelle affaire qui serait tout simplement catastrophique pour elle et pour le cyclisme en général, surtout après une saison 2007 très difficile sur le plan du dopage, tant au Giro que sur le Tour et les Mondiaux. Qui plus est, Schumacher est supposé incarner le renouveau du cyclisme et l’avenir du vélo allemand… Encore une fois, La Flamme Rouge ne dit pas que Schumacher était dopé lors de ces Mondiaux. On tente simplement de porter à votre attention une situation anormale à nos yeux et d’éveiller votre sens critique. On espère que l’AMA et l’UCI auront placé ce coureur sur une liste de coureurs suspects. Si Schumacher était pris positif dans les prochains mois, on saura à quoi s’en tenir pour son résultat lors de ces Mondiaux. Plus que jamais, il convient d’être vigilants!

La dynepo

La nouvelle tombe ce matin sur les fils de presse: "les labos anti-dopage auraient trouvé des traces évidentes de Dynepo dans les urines de plusieurs coureurs du Tour de France 2007, dont Rasmussen":http://www.lequipe.fr/Cyclisme/breves2007/20070928_082618Dev.html. Les _critères de positivité_ imposés par l’AMA seraient inadaptés à cette nouvelle molécule du marché pharmacologique, donc les labos ne peuvent déclarer positifs ces coureurs. Rappelons que la Dynepo est une nouvelle EPO disponible sur le marché depuis quelques mois. Produite à partir de cellules de peau humaine, on l’appelle aussi EPO biosimilaire. Le test actuel de dépistage de l’EPO ne permet pas d’identifier clairement la Dynepo selon les normes établies, bien que le chercheur puisse être absolument sûr de sa présence dans les urines. Comme quoi il convient toujours d’être extrèmement prudent dans la lutte contre le dopage qui, loin d’être gagnée, doit demeurer un combat de tous les instants. Les coureurs et le milieu ont toujours une longueur d’avance… Un petit commentaire, M. McQuaid? Changement de mentalité chez la plus jeune génération ? Plutôt changement de produits et de méthodes…

Ne jamais être complices

Les téléspectateurs de Radio-Canada ont pu suivre le deuxième reportage sur Geneviève Jeanson ce soir. On ne saurait davantage inviter tous les lecteurs de La Flamme Rouge – qu’ils soient au Canada, en Europe ou ailleurs dans le monde – à visionner ces deux reportages sur une athlète de haut niveau qui s’est dopée à l’EPO de 16 à 23 ans. Au delà de ses aveux qui ont surpris beaucoup de monde, on peut comprendre, grâce à ces reportages, la facilité des athlètes à contourner les contrôles mais aussi l’engrenage dans lequel ces derniers se retrouvent bien souvent. "Le premier reportage est disponible ici":http://www.radio-canada.ca/sports/cyclisme/2007/09/20/008-jeanson22h.shtml. "Le second reportage est disponible ici":http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#idMedia=0&urlMedia=/Medianet/2007/CBFT/EnqueteCombo200709272100.asx. De ce soir, on retiendra quelques éléments: 1 – _C’est tellement facile_. Voilà quels ont été les propos de Mme Jeanson à la question posée par le journaliste à savoir comment elle se procurait de l’EPO et si elle craignait les contrôles anti-dopage. _T’as juste à arrêter cinq jours avant_. Il convient de ne jamais l’oublier selon nous et de ne jamais croire quiconque qui affirme que le sport est propre puisque malgré un nombre grandissant de contrôles, peu d’athlètes se font prendre. Plusieurs lecteurs de La Flamme Rouge pourront par ailleurs penser que nous tenons des propos assez durs sur le cyclisme professionnel. Nous tenons à les rassurer: la réalité est probablement beaucoup plus dure que nos propos. Encore une fois, le milieu est si prompt et content d’exploiter la naiveté du public! Nous demeurons convaincus, en cette fin de saison, que loin d’être en déclin comme l’UCI l’affirme, le dopage demeure extrèmement répandu chez les cyclistes professionnels et que d’autres scandales ne manqueront pas d’éclater en 2008. 2 – Les responsabilités dans cette histoire. Elles sont selon nous partagées. Mme Jeanson est certes responsable, mais il conviendra de ne jamais oublier que son entraineur André Aubut tout particulièrement mais aussi le Dr. Duquette ainsi que ses parents ont aussi de larges responsabilités dans ce scandale. 3 – Mme Jeanson n’a jamais fait allusion à d’autres produits dopants que l’EPO. C’est selon nous une grosse lacune du reportage: ne jamais avoir posé la question à Mme Jeanson quant à l’usage de d’autres produits dopants comme les hormones de croissance, toujours indétectables, ou la testostérone. Nous rappelerons également ici la liste des produits interdits trouvés dans le coffre de la voiture de Raimondas Rumsas à la fin du Tour 2003, simplement pour remettre le cyclisme masculin en perspective avec le cyclisme féminin: 3 flasks of Actovegin (dérivé de sang de veau) 1 flask of Norditropin penset 24 (hormones de croissance) 1 flask of TAD 600 1 flask of solvent for Norditropin 1 injection of Actrapid Novolet (insuline) 1 box of Spascupreel 1 box of albumine humaine 20 % 1 box of Ubichinon Compositum (co-enzyme Q) 2 boxes of Thyreoida Compositum (hormone extracts) 3 boxes of Testis Compositum (hormone extracts) 2 ampoules of Coffeinum (caffeine) 1 ampoule of Celestone (anti-inflammatoires) 1 ampoule of Benexol B12 5000 (vitamines) 3 ampoules of Ketonal 3 flasks of Kenacort retard (corticoides) 1 box of Toco 500 (vitamine E) 1 bottle of sodium chloride 0.9 3 capsules of No Spa Forte 15 capsules of Durvitan (caffeine) 10 ampoules and one tablet of Pentohexal 300 (vasodilateur) 1 box and three tablets of MAG 2 (magnesium) 12 capsules of Ozothine 15 capsules of Optalidon 2 packets of Eurythrox 50 2 boxes of Immunoferon (immuno-stimulants) 2 boxes of Trofalgon 1 box of Androderm (testosterone) 6 capsules and one ampoule of Alphalipon (improves nervous functions) 2 tablets of Stilnox 4 capsules of Oltramp 30 tablets of Bentelan (corticoides) 30 tablets and 4 ampoules of Voltaren (anti-inflammatoires) 3 tablets of Praxilen 1 tablet of Cafiaspirina (caffeine et aspirine) 1 ampoule of sterile water and one flask of Haes-Steril 1 flask of Geref (enhances production of endogenous HG) 4 – Le journaliste conclut son reportage en évoquant les responsabilités dans cette histoire. Il suggerait que le public, la société seraient également responsables via la soif de records, de victoires, d’émotions qui les caractérisent. Si nous rejoignons le journaliste sur ce point, nous tenons à réaffirmer notre engagement, à La Flamme Rouge, à ne jamais être complices du dopage dans le cyclisme, un sport que nous adorons pourtant. Nous continuerons sans relâche à dénoncer les performances douteuses, à condamner les tricheurs et surtout à nourir nos lecteurs d’analyses et d’opinions sérieuses et nuancées afin d’en faire des observateurs éclairés du cyclisme professionnel. Nous l’avons fait à Hamilton, suite à l’exclusion de Mme Jeanson et en dépit de nos détracteurs. Le temps nous a donné raison. Nous continuerons à dénoncer de la même manière Lance Armstrong, Alberto Contador, Johan Bruyneel, Bjarne Riis et tous les autres tricheurs de ce sport. Tout ceci dans le but que nos lecteurs ne soient jamais, eux-aussi, des complices d’un système qu’il convient plus que jamais de dénoncer. Suite demain avec les Mondiaux, car Dieu qu’il y a des choses à dire, c’est le foutoir complet là-bas!

Le cas Ullrich s’alourdit

On sait que Jan Ullrich parlera un jour – lorsque le public allemand sera prêt selon ses dires – quant à l’affaire Puerto dont il est, avec Ivan Basso, l’un des principaux acteurs. On peut désormais penser qu’Ullrich parlera à coeur ouvert de son dopage, "le parquet de Bonn ayant mis à jour des preuves quant aux transactions monétaires que le coureur allemand aurait fait avec le Dr. Fuentes":http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=800002&sid=8214833&cKey=1189692668000. Le service normal sur La Flamme Rouge sera perturbé jusqu’au samedi 22 septembre. Nous essaierons de mettre à jour le site de temps en temps tout de même. La Flamme Rouge se déplace en Europe pour des réunions professionnelles de même que pour s’entrainer un peu du côté de Bourg d’Oisans.

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