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Cyclistes ordinaires et cols de légende

EXCEPTIONNEL vidéo récent, alors que les grandes cyclosportives de montagne approchent à grands pas. Ne manquez pas ca, installez-vous confortablement et savourez.

On se reconnaitra tous dans ce vidéo!

Galibier, je n’en ai pas encore terminé avec toi…

Une belle Étape du Tour 2023

Ca sera le 9 juillet prochain entre Annemasse près de Genève et Morzine: l’Étape du Tour 2023.

152 kilomètres magnifiques dans le secteur, et six beaux cols à franchir.

152 kilomètres, ca demeure accessible. Grosse différence avec des cyclosportives de plus de 200 bornes.

La première difficulté, toute relative, le col de Saxel, était mon terrain d’entrainement lors de mon année genevoise, il y a fort longtemps il est vrai (1997). Beau petit col roulant et tranquille, parfait pour bien débuter la journée.

Les cols de Cou, de Feu puis de la Jambaz seront aussi des bosses très sympathiques à escalader, rien de trop dur, avant le final difficile de cette cyclosportive.

L’Étape du Tour l’an prochain commencera au km90, avec le col de la Ramaz.

S’en suivra 10 bornes de faux-plats ascendants après la descente, question de rejoindre le pied de Joux Plane qu’on ne présente plus. Le morceau de bravoure de la journée, et c’est là que les jambes de (très) nombreux participants rendront l’âme. Gare à ceux qui n’auront pas fait gaffe à leur alimentation.

Autrement dit, il faudra pouvoir enclencher le turbo sur ces deux dernières ascensions, et ceux qui donneront trop sur les 4 premiers cols plus faciles paieront cash l’addition des kilomètres.

Très beau petit vidéo ci-bas vous permettant de découvrir le parcours. C’est bien fait.

L’Étape du Tour affiche déjà complet, preuve que l’engouement demeure pour cette cyclosportive qui, il est vrai, propose un cadre unique puisque celui des coureurs du Tour de France. Routes fermées!

Et comme prépa finale, quoi de mieux qu’un petit séjour dans les Vosges quelques jours avant?

L’Alsacienne de retour!!

Mon Dieu! que cette nouvelle fait plaisir.

La cyclosportive L’Alsacienne est de retour!

La date à retenir, le 25 juin prochain.

Pour moi, l’une des plus belles cyclosportives qui soit. Des parcours magnifiques, des décors superbes, les Vosges sont si belles et si accueillantes. Difficiles aussi!

Vous ne voulez pas manquer ca, surtout si l’envie de découvrir autre chose que les Alpes ou les Pyrénées sur un vélo vous tente.

Rappelons pour la petite histoire que L’Alsacienne avait été annulée en 2022, et je l’avais déploré. J’avais participé à l’édition 2019, avec un grand bonheur. Mon ami Pascal et sa conjointe Nathalie n’y étaient d’ailleurs pas étranger!

Plus encore, l’organisation m’a personnellement écrit pour m’annoncer la nouvelle, un geste rare et que j’ai apprécié. Merci Michel (et non, rien à voir avec « LE » Michel, de chez « cruel pour Michel« , pour ceux qui suivent de près le monde du vélo…).

L’édition 2023 propose quatre parcours différents, du costaud. Chacun de ces parcours comporte un volet « cyclosport » avec chronomètre et classement, ou un volet « rando-sportive » avec chronomètre aussi, mais sans classement.

Le grand parcours, c’est rien de moins que 195 bornes et 4850m de dénivelé. Oderen, Page, Bussang, montée au Markstein, Bannstein, Firstplan, Petit Ballon, Platzerwatsel, Brammont, mythique route des Crêtes, une sacrée belle virée dans tout le massif des Vosges. Ca va être magnifique, dantesque et légendaire! Au moins aussi difficile qu’une Marmotte selon moi.

Le moyen parcours propose un « petit » 146 kms, et 3800m de dénivelé.

Le petit parcours, c’est 118 bornes et 2750m de dénivelé quand même.

Enfin, on propose un parcours découverte, 70 bornes et 1700m de dénivelé, pour s’assurer qu’il y en aura pour tous les gouts. Cette option propose aux participants un parcours non chronométré et ouvert à tout type de vélo, incluant les vélos électriques. Bref, que du bonheur!

Le village d’accueil, prometteur avec village des exposants, food truck, etc., ce sera du côté du lac de Kruth.

Les tarifs d’inscription, très raisonnables, sont ici.

L’organisation a aussi le souci d’être éco-responsable, une initiative que je salue de plus en plus, le contexte actuel appelant à la responsabilité de tous et chacun par rapport à ces enjeux fondamentaux.

Après 30 ans de vélo intensif, j’ai roulé plusieurs fois sur de nombreuses cyclosportives incluant la Haute Route, la Marmotte, le Marathon des Dolomites, la Grand Bo, la Galibier, et tant d’autres encore. Aussi, je vous prie de me croire: l’Alsacienne, c’est une cyclosportive vraiment magnifique, de celles qui vous marquent durablement.

Profitez-en pour passer une belle semaine dans les Vosges, aux portes de l’Alsace et de la Lorraine (mes origines!), vous ne le regretterez pas. Thibault Pinot ne me contredirait pas sur ce point! Depuis le Québec, c’est simple, un vol (direct) Air Transat Montréal-Bâle Mulhouse et vous y êtes.

Définitivement sur mon radar 2023.

À Michel et toute son organisation, le meilleur des succès en 2023, en espérant pouvoir vous saluer au départ le 25 juin prochain!

Haute Route Alpes: pour être au départ

Suite à mon article sur la Haute Route Alpes publié hier, vous êtes nombreux à me poser diverses questions, surtout sur ma préparation et ce qu’il faut pour terminer une telle épreuve. Je vous répond aujourd’hui.

Le premier investissement, c’est évidemment l’argent. La Haute Route Alpes, c’est sept étapes, sept jours, impliquant une grosse logistique. Dans ce contexte, les frais d’inscriptions sont en conséquence. Prévoir 2 000 euros environ, puis un autre montant selon votre formule d’hébergement. La mienne, en hôtel « premier prix », m’a couté 800 euros supplémentaires. À cela s’ajoute bien sûr, pour nous coureurs québécois, le billet d’avion et les frais connexes.

À noter que sur la Haute Route, les repas du soir ne sont pas compris. C’est la seule chose à mes yeux qui s’ajoute aux frais de la semaine.

La préparation

Ma préparation physique a débuté en septembre 2021, mais je disposais d’un gros capital après plus de 30 ans de vélo intensif. Mes ambitions sur cette Haute Route étant plus élevées que de simplement finir l’épreuve, je me suis préparé assidûment et un participant voulant simplement se rendre au bout pourrait faire moins.

À noter que des délais d’élimination sont prévus sur la Haute Route, il faut donc un certain niveau pour entrer dans le classement. Environ une centaine de concurrents ont pris le départ pour être DNF au fil des étapes.

Ma préparation a inclus beaucoup de travail en musculation au gym, que ce soit en gainage ou en squats et autres exercices spécifiques. Outre le gym, mon automne et hiver s’est passé sur deux planches, en ski de fond, ou j’ai engrangé quelques 3500 kms, et beaucoup d’intensité (en technique libre seulement).

La récup a été planifiée sous forme de micro-coupures tout au long des 10 derniers mois. Celle du début avril dernier, entre la fin de la saison de ski de fond et le début du vélo, a été un peu plus longue (deux semaines).

Mon entrainement cycliste s’est fait selon une formule « inversée », ne débutant pas par de longues sorties en endurance. Fort d’une grosse saison de ski de fond, mon endurance était déjà au point, si bien que des intervalles courts ont meublé mon mois d’avril et de mai dernier, dès la reprise du vélo.

Durant cette période, j’ai notamment dû rebâtir ma puissance musculaire spécifique au vélo car sans home-trainer l’hiver dernier elle avait diminué puisque les jambes travaillent différemment en ski de fond.

Les longues sorties sur le vélo ont été réalisées essentiellement fin mai et en juin dernier, à la faveur du beau temps. Plusieurs sorties de 200 bornes, au travers d’un entrainement « polarisé ».

Du travail spécifique était au programme du mois de juillet, avec acclimatation à la chaleur intense. Pour moi, cela voulait dire des séjours à Whiteface près de Lake Placid, pour travailler le coup de pédale spécifique de la montagne. J’ai enchainé les ascensions, parfois deux par jour, et travaillé dans la grosse chaleur.

Le coup de pédale nécessaire dans les cols étant très spécifique, pour moi c’est un passage obligé pour nous cyclistes d’ici que d’aller à Whiteface ou dans la région du Vermont, où on trouvera des parcours comme celui des « Six Gaps » propices à ce travail.

J’ai peaufiné ma préparation finale par deux semaines dans la région de Nice juste avant la Haute Route, à grimper des cols en intensité (David attestera!), mais aussi en gérant du mieux possible le repos. Sur la Haute Route, il est crucial d’y arriver avec beaucoup de fraicheur, sous peine de passer une très mauvaise semaine.

Comme tout le monde, j’ai connu des revers, des moments difficiles. Ma préparation a régulièrement été perturbée par mon travail professionnel, très exigeant cette année. Il faut savoir maintenir le cap, et parfois serrer les dents. Il faut aussi savoir écouter son corps.

Ma Haute Route

Une première étape très difficile, 185 bornes et plus de 7h sur le vélo. Les 50 bornes de faux plats ascendants pour remonter la vallée de la Vésubie ont été très taxants pour beaucoup de participants, dont moi. Ca roulait très vite! J’ai payé le rythme élevé des premiers pelotons dans le premier col de cette Haute Route, le col de St-Martin. La Lombarde (2350m d’altitude) par la suite a été un long calvaire, surtout les 3 derniers kms, pentus. Le dernier tronçon chronométré de l’étape, long de 21 km vers Cuneo et accidenté, a été avalé à plus de 45 km/h dans la roue de quatre coureurs russes déchainés. Hallucinant!!

Une bonne 2e étape, mais le col d’Agnel, toit de cette Haute Route (2750m d’altitude) a été un très gros morceau, les 9 derniers kms étant à 10% de moyenne. L’Izoard bien.

Une bonne et belle 3e étape vers les Deux Alpes, en terrain connu avec Lautaret, Sarenne et l’ascension finale. Et de belles descentes rapides avec Maxime, notamment du Lautaret!

Le moment difficile de ma Haute Route est survenu dans la 4e étape, très difficile et longue (155km, Glandon, Madeleine, montée finale vers la station de Méribel). Sévèrement refroidi dans la descente des Deux Alpes, le moteur a eu bien du mal à démarrer dans le Glandon à 8h le matin, un col que je connais pourtant par coeur. Lâché, seul, démoralisé, l’étape me paraissait insurmontable et j’ai pensé à l’abandon pur et simple. Mais un kilomètre à la fois, la tête admirant les paysages grandioses du Glandon, je suis arrivé en haut. Retapé par le ravito, grosse descente du Glandon avec Maxime, la Madeleine s’est curieusement très bien passée dans la chaleur retrouvée. Grosse descente du col jusque Moutiers, et j’étais le plus fort de mon groupe dans Méribel, en profitant pour aider mes amis au prise avec diverses petites défaillances. Comme quoi les choses peuvent changer sur une seule étape!

5e étape de 10 kms, le chrono de la Loze (départ dans la station de Méribel), qui en a surpris plus d’un par ses pentes très irrégulières. Largement « overgeared » (34-29, il m’aurait fallu un 34-32 au minimum), j’ai perdu du temps à m’arracher à 40 de cadence dans certains passages à plus de 20%. Pour moi, 49 minutes de souffrance extrême!

6e étape magnifique, par delà les cols de Tra, le Cormet de Roseland depuis Bourg St-Maurice (c’est long!) et le Signal de Bisane / Saisies dans le final. Et encore une belle descente des Saisies avec Maxime!

7e étape la tête dans le guidon, la plus courte (99 kms) et celle avec le moins de dénivelé (2400m). J’ai tout donné dans le col de l’Épine et le col de la Croix-Fry, pour terminer sur le bord des crampes après le passage aux Aravis. Cuit sur la ligne!

En dehors du vélo

La vie en dehors du vélo est à la fois simple et compliquée sur la Haute Route.

Elle se résume chaque jour à: lever (habituellement 5h30 du matin), déjeuner, préparatifs, descendre les bagages dans le lobby de l’hôtel, se rendre au départ, donner le sac à dos et le race bag au service-course, vérifier la pression des pneus, l’étape sur le vélo, arrivée, repas d’après course, massage, retour à l’hôtel, monter les bagages, douche, lavage des vêtements, sieste, vérifier le vélo, souper (19h), finaliser les préparatifs du lendemain selon la météo, dodo à 21h30.

À noter que vos nuits seront probablement variables: des bonnes, et des (très) mauvaises. Jamais compris pourquoi!

Le matos

Un élément TRÈS important, votre sécurité en dépendant.

Lancé à plus de 80 km/h dans les descentes de cols composées de lacets parfois serrés et de précipices, il faut que la machine, notamment les freins, soit impeccable.

Boyaux neufs, patins de frein neufs, des roues parfaitement alignées, révision complète avant le départ, je ne peux remercier davantage l’équipe chez Marinoni pour leur excellent travail avec mon vélo et ce, depuis des années.

Équipé en Campagnolo Super-Record et roues Bora Ultra 35 à boyaux, Paolo Marinoni et Raoul m’avaient optimisé la machine fort de leur savoir-faire unique au Québec, me permettant de me concentrer ailleurs. Ils ont même poussé le professionnalisme à me recommander un changement de guidon avant le départ, une inspection de leur part ayant montré que celui installé sur mon vélo pouvait présenter un trait de fracture. Je n’ai pas hésité.

Sincèrement, merci Paolo et Raoul pour votre travail si pro. Vous êtes simplement les meilleurs et j’ai pensé à vous dans de nombreuses descentes.

Les amis, le soutien

Préparer une Haute Route, faire une Haute Route, ca implique évidemment bien du monde autour de nous. Vous avez besoin d’eux!

Perso, je suis reconnaissant à mon équipe cycliste, le Siboire-CCS de Sherbrooke, avec Stéphane, Maxime, Étienne, P-O et tous les autres, pour leur amitié et leur accueil. Ils m’ont motivé à ne rien lâcher, à me dépasser, ils m’ont insufflé une nouvelle motivation cette saison, sans toujours le savoir. J’aurais aimé rouler plus souvent avec eux ces dernières semaines, mais on va se reprendre!

Mes enfants, ma famille, mon frère cycliste lui aussi et compagnon de la première heure dans tous ces cols, étaient évidemment derrière moi. Après l’étape, c’est un réconfort.

Mes partenaires locaux d’entrainement, Martin, Erwan, Brass, Francis, G&J, Ludo, Éric, Oli, en particulier, avec qui j’ai partagé de nombreux kilomètres à l’entrainement, que ce soit à vélo ou sur mes skis. Ils te poussent aussi, toujours dans une ambiance tellement positive.

Sans oublier Rossi ces derniers mois.

Je n’oublie pas la meilleure physiothérapeute du monde, Stéphanie, qui m’a souvent permis un rapide retour à l’entrainement, suite à des petits bobos pour l’extrémiste que je suis. Sans elle, mon chemin vers la Haute Route aurait été nettement plus compliqué.

Et mes partners sur ce voyage et cette Haute Route, Martin, David et Fredo. Une équipe de choc, certes évoluant à divers niveaux, mais au sein de laquelle je savais que personne ne lâcherait jamais, et qu’ils avaient eux-aussi pris le départ pour terminer cette Haute Route, quoi qu’il advienne. Ils ont animé mes soirées, on a ri, on s’est entraidé, on s’est soutenu toute la semaine.

Maxime aussi, rencontré sur cette Haute Route et que je n’oublierai jamais. Tout un cycliste ce Maxime, gros moteur qui m’a souvent surpris. Polytechnicien, travaillant à Stanford en Californie, nous avons connecté vélo et en dehors du vélo. Salut Max!!!

Tous sont aujourd’hui des « Haute Route finishers ». Ils ont tout mon respect éternel. Je n’oublierai jamais l’émotion entre chacun d’eux et moi à l’arrivée samedi dernier. On l’a fait!

Ce n’était pas gagné d’avance, je pense notamment au sympathique Patrick Merle, contraint à l’abandon après avoir été victime d’une chute causé par un autre coureur dans la descente du premier col, le premier jour. Patrick était très déçu, et nous aussi pour lui.

David, un Ricard et ca repart! (je ne pouvais pas terminer cet article autrement). Comme ca, tout est nickel chrome…

Une Haute Route qui perd de la hauteur?

C’est la plus longue et la plus difficile cyclosportive au monde : la Haute Route Alpes

Sept jours. Sept étapes. Plus de 800 kms. Et plus de 21 000m de dénivelé. 

Six grandes étapes de montagne, et un chrono (en ascension bien sûr).

Reprise par la société Ironman, la Haute Route a aujourd’hui un peu plus de 10 ans. 

J’avais participé à la 2e édition, en 2012. J’avais beaucoup aimé. 

Je viens de terminer l’édition 2022, la première à s’élancer de Nice pour remonter vers le Nord et Mégève. 

J’ai encore aimé le caractère sportif et le défi, j’ai moins aimé l’organisation pour plusieurs raisons. 

Survol, question de vous partager mon expérience au cas où vous voudriez, vous aussi, tenter cette grande aventure dans les prochaines années.  

Niveau en hausse

Si j’ai retrouvé bien des points communs entre 2012 et 2022, le niveau et l’homogénéïté du peloton est aujourd’hui plus élevé, et le parcours de cette édition 2022 était particulièrement difficile. 

Plus de 35 nationalités représentées au départ. Beaucoup d’Anglais, évidemment. Mais aussi des Belges, des Allemands, des Français, des Américains, des Canadiens (une bonne vingtaine!), des Australiens, des Néo-Zélandais, des Brésiliens, des Italiens et, mondialisation du cyclisme, même des cyclistes chinois ou de Singapour.  

Mais oubliez l’ambiance cyclo bon enfant : ca roule fort, tout le temps. Le moindre replat dans un col, ça relance. Pas de cadeaux, et vous pouvez être sûr que ça accélérera sous la flamme rouge pour aller chercher l’arrivée. 

Et à l’arrivée, les participants ont les yeux rivés sur le classement, manifestement, c’est très important. 

Devant pour les trois premiers, voire les 10 premiers, c’est le niveau professionnel. C’était vraiment impressionnant de les voir dans le (très) difficile chrono du col de la Loze : 33min pour le grand vainqueur, Luca Vergallito. Superman Lopez n’aurait pas fait mieux! 

Le bien

La Haute Route Alpes, c’est cher certes mais l’infrastructure offerte est au point, bien rodée. 

D’abord, le transport des bagages d’hôtels en hôtels, presque tous les jours. Les bagages offerts pour cela sont corrects, le système efficace. 

Le sac à dos que vous laissez au départ et reprenez à l’arrivée, 160 kms plus loin, est bien pratique pour rapidement se remettre au sec après une étape difficile. 

Il y a aussi ce « race bag » qui n’était pas disponible en 2012 : un sac utile qui vous est mis à disposition à mi-parcours, durant l’étape, habituellement en haut d’un col. De quoi se mettre au sec et au chaud avant de plonger dans la descente. Et en temps de pluie, un réel must.

L’assistance technique Mavic est également bien présente et rodée, les voitures et motos en nombre suffisant. 

Le personnel et les bénévoles de la Haute Route, efficaces et souriants. 

Les ravitos bien organisés, variés.

Également absents en 2012, les massages gratuits, d’une durée d’environ 20-25min,  offerts tous les jours à l’arrivée sans grande attente grâce à une armada de masseurs(euses), sont un vrai plus lorsqu’on doit encaisser jour après jour le régime « cols à bloc ». 

Et surtout, la neutralisation des descentes, ce qui n’était pas le cas en 2012. Le plus souvent, le chrono arrête en haut des cols, pour n’être relancé que plus loin, une fois la descente terminée. Un vrai plus côté sécurité, et l’anarchie règne également moins aux ravitos au sommet des cols puisque les participants peuvent prendre leur temps. 

Le moins bien

Plusieurs aspects m’ont été cependant très désagréables. 

D’abord la présence des tours opérators, qui créent deux catégories de participants. Il y a nous, coureurs de la Haute Route, et eux, cyclistes clients des tours opérators, un peu en marge. 

Les tours opérators proposent leurs hôtels, leurs ravitos, leurs infrastructures. 

Ils proposeront par exemple de ravitailler « au vol » leurs clients à des endroits différents des ravitos officiels Haute Route, au risque de faire tomber d’autres concurrents : pas tout le monde qui a l’habitude de ramasser un bidon à 30 à l’heure… 

Certains cols étaient interdits aux véhicules d’assistance, comme le col de Sarenne. Cela n’a pas empêché plusieurs véhicules de Tours opérators de contourner la règle et de desservir leurs clients dans ce col. Nous n’étions pas tous à la même enseigne… 

Le pire, c’est que nombre de clients des Tours opérators ne participent pas aux « départs neutralisés » des débuts d’étape. Par exemple, l’étape reliant Les Deux Alpes à Méribel comportait plus de 30 kilomètres neutralisés en début d’étape, question d’assurer une descente des Deux Alpes sécuritaire à un peloton de plus de 300 coureurs. 

Le départ du chrono était donné à Allemond, 30 bornes plus loin. 

À 7h du matin, descendre les Deux Alpes en procession derrière une voiture « tête de course », c’est très frais, voire froid. Je suis arrivé au départ du chrono assez gelé, pas simple pour être à bloc un kilomètre plus loin dans le Glandon. 

Une soixantaine de « clients » attendaient 200m avant le départ du chrono, à Allemond, amenés là par leurs Tours opérators… Pas de descente glaciale pour eux, pas de procession de 30 kms avant le départ du chrono, une heure de plus au chaud pour prolonger la récup avant l’étape… 

Si on cumule les sept étapes, les coureurs Haute Route auront fait un peu plus de 800 kms, les clients des Tours operators 100 km de moins… frustrant, car ils partagent le même classement. 

Mais le plus douteux est certainement la présence de… mercenaires sur cette Haute Route. 

Certains coureurs, très forts, sont en effet « engagés » sur l’épreuve par d’autres participants afin de leur servir de « gregario » durant toute la semaine. 

Celui qui paye peut ainsi s’affranchir de bidons sur son vélo, ne prendra pas un cm de vent de la semaine, pourra être assisté pour les vêtements et les ravitaillements, voire se faire pousser dans les cols les plus pentus, au besoin (je l’ai vu de mes yeux durant la dernière étape). 

On déplorera enfin quelques choix douteux sur cette édition 2022, comme l’arrivée à Cuneo qui ne présentait aucun intérêt car trop loin des grands cols. 

Certains choix d’hôtels, situés loin du village d’arrivée, m’ont fait rager, notamment celui de Briançon. Mon hôtel était situé tout en haut dans la vieille ville fortifiée, au sommet d’une rampe d’un km à 10%… pas top lorsque tu es épuisé de l’étape et que tu as tes bagages à remonter… Le comble était le garage à vélo, situé 400m plus loin que l’hôtel!

On déplorera également certains choix pour le chronomètre, comme celui de le laisser courir en haut du col de Sarenne, pourtant le lieu d’un ravito. Résultat, personne ne s’est arrêté à ce ravito puisque le chrono tournait encore, et un coureur est évidemment allé à la faute dans la mauvaise descente juste après, nécessitant une évacuation par hélico. Dommage, et vraiment dangereux pour la sécurité de tous. 

Conclusion

La Haute Route Alpes, c’est avant tout un grand défi, celui d’enchainer sept jours de haute montagne sur un vélo. Perso, c’est ma chance, pour le modeste cycliste que je suis, de m’approcher un peu de ce que peut vivre un coureur pro sur un grand tour. Pour beaucoup, l’intérêt sera là. 

Ceci étant, j’ai trouvé sur cette édition de la Haute Route des dérives désagréables, propres à remettre en question la nature même de l’épreuve et l’égalité des chances entre participants, pour ceux voulant jouer une place au classement général. Il conviendra d’être vigilant dans les prochaines années, et de mieux encadrer les diverses formules permettant de s’inscrire à cette épreuve.

Primoz et moi…

Après deux semaines de silence, La Flamme Rouge reprend brièvement du service, question de vous tenir informés de la suite.

Je suis en vacances!

Après une année compliquée au bureau, faute du recensement canadien, ces vacances font du bien.

Des vacances cyclistes vous vous en doutez.

Bientôt, un nouvel assault sur la Haute Route Alpes. Avec Loïc, avec David 1 et 2, avec tous(tes) les autres.

Alors je peaufine ma condition et fais le métier. Je ne suis pas très beau en maillot de bain, mais je monte les cols plus vite que jamais.

Avec Primoz. Et j’espère demain avec Tadej sur le Mont Chauve ou le col de Braus.

Putain les mecs, ca fait du bien après trois années privées de grands cols (la faute à la pandémie), de votre France qui est si belle, celle des petits villages perchés, des lacets, de la lavande et des cigales, parfois du cagnard que j’aime aussi, mais chaque jour assurément avec cette Grande Bleue en toile de fond.

J’abuse de Ricard. Pour David, « un Ricard, et ca repart… »

Bref, je suis heureux ici, mais d’un bonheur tout relatif, ne perdant pas de vue qu’il n’y a pas de meilleur endroit au monde que celui ou tous mes amis(es) sont… Je pense à vous, c’est certain, en attendant de vous retrouver.

Et dans une semaine, prise de risques maximum sur la Haute Route Alpes. Un voyage pour, encore une fois, mieux connaître de quoi je suis fait. Si je n’en reviens pas, je serai mort heureux.

Autrement dit, vivre…

Gatineau Loppet: c’est en présentiel

Il faut en profiter, car c’est plus rare depuis 18 mois: l’événement populaire mais aussi l’épreuve chaudement disputée de la Gatineau Loppet aura lieu en présentiel du 18 au 20 février prochain.

44e édition!

En 2021, l’événement avait dû se tenir en mode « virtuel » en raison de la pandémie.

Soyez rassuré: l’organisation ne néglige aucun effort afin d’assurer aux skieurs un événement à la fois magique, et sécuritaire pour tous. Des adaptations sont effectuées pour tenir compte des règles de la santé publique, par exemple par rapport aux sites intérieurs ou à certains événements publics.

Sur les deux grandes distances (50 kms), le parcours dit « linéaire » qui part de Wakefield est maintenu. Davantage d’autobus seront disponibles pour acheminer sécuritairement les fondeurs au départ à P17.

Le choix d’épreuve reste large: outre les deux 50 km (classique et style libre), les participants peuvent s’inscrire aux deux 27 km, au 10 km style libre, au 15 km classique et, pour les plus petits, au 5 et au 2 km classique.

Cette année, la course donnant des points FIS est le 50 km classique.

Plusieurs nouveautés sont également offertes : une course à relais le vendredi soir, course à laquelle participera Alex Harvey, un volet « découverte » pour ceux qui veulent participer à l’événement sans la pression du chronomètre, et une course style libre de 27 km chez les juniors, course sanctionnée permettant d’accumuler des précieux points CPL.

Les inscriptions à tarif préférentiel ont été prolongées jusqu’au 30 janvier prochain. C’est donc le temps de s’inscrire! Vous cliquez ici.

Complément de mon autre article plus tôt cette semaine

Publié dans le journal La Presse, ces deux articles traitant des succès du Centre National d’Entrainement Pierre Harvey (CNEPH) du Mont Sainte-Anne, et du géant que demeure Alex Harvey.

L’Alsacienne: c’est fini…

… et ça me brise le coeur.

La cyclosportive L’Alsacienne était pour moi l’une des plus belles des cyclos en France, que j’avais disputée avec grand bonheur en 2019.

Je m’étais promis d’y retourner rapidement. En fait, j’y serais déjà retourné si ce n’était de la pandémie.

Des parcours et une région vraiment magnifiques au coeur des Vosges.

Une organisation hors pair, une excellente ambiance, différente que sur de nombreuses autres cyclosportives, comme si tout le monde était heureux d’y être et ca transpirait.

La sécurité en course, irréprochable.

Et un vrai défi, par delà les Grand Ballon, Bannstein, Firstplan, Petit Ballon, Platzerwasel, Bramont, Markstein, retour au Grand Ballon pour un final au Molkenrain. Ouf. J’en ai bavé, faisait chaud aussi en 2019, 43 degrés à l’ombre. Le grand parcours avait été annulé, décret préfectoral, en raison de la sévère canicule. Le parcours de 125 bornes m’avait détruit.

Mais à part ca, tout était parfait. À jamais gravé dans ma mémoire, surtout avec la belle semaine passée dans la région avec mes amis Martin, Pascal et Nathalie.

Aux organisateurs, un grand coup de chapeau, merci pour ces cinq très belles éditions, vous pouvez être très fiers du parcours accompli.

Et à tous, je vous recommande fortement les Vosges comme destination cycliste. Des vrais beaux parcours, difficiles, faits de nombreux cols dans la région. Des cols souvent à l’ombre, dans les forêts, avec très peu de circulation automobile, vraiment très agréables. Le Petit Ballon est un enchantement. Le Grand Ballon depuis Cernay aussi.

Et à partir du Québec, l’endroit est facile d’accès via un vol direct entre Montréal et Bâle-Mulhouse (moins de risque de perdre votre vélo que sur un vol avec escale).

On part quand?

The Alt Tour

Version longue.

Briançon – L’Alpe d’Huez

5h03min03.

Le temps de Bernard Hinault et Greg Lemond pour franchir les 163 kilomètres de l’étape Briançon – L’Alpe d’Huez lors du Tour de France 1986.

Une étape reprise à l’identique sur le Tour 2022.

Et sur l’Étape du Tour cyclo.

Vous avez été très nombreux à répondre à l’appel, les inscriptions pour l’Étape du Tour se sont envolées hier en quelques heures à peine. Fou!

De quoi vous mesurer directement avec l’histoire du vélo.

Ca sera très intéressant de voir le temps des tous premiers sur l’Étape du Tour, ainsi que le temps du vainqueur sur le Tour 2022, Tadej Pogacar peut-être!

Une magnifique étape, avec les majestueux Lautaret puis Galibier depuis Briançon, souvent escaladés vent de face.

Puis la belle descente sur Valloire, roulante, et la descente plus technique du Télégraphe.

La vallée entre St-Michel et St-Jean, plus roulante dans ce sens que l’inverse.

Le sauvage col de la Croix de Fer et ses difficiles rampes après St-Sorlin d’Arves.

La plongée casse-pattes vers Allemont, puis la courte vallée vers Bourg d’Oisans avant d’entamer les 21 célèbres lacets de l’Alpe d’Huez.

Pas super-difficile l’Alpe d’Huez, mais après 145 bornes en haute montagne c’est une autre histoire…

Pour revivre cette belle étape du Tour 1986, et dans l’attente de 2022, voici de quoi revivre des grandes heures du cyclisme, avec des animateurs télé de légende.

Septembre à vélo au Québec: de beaux événements pour finir la saison en beauté

La saison cycliste n’est pas terminée!

On trouve de nombreux événements cyclistes au Québec au cours des prochaines semaines qui pourront vous permettre de finir la saison 2021 de vélo en beauté. Et dans plusieurs disciplines: route, gravel, cyclo-cross, mtb. Il y en a pour tous les goûts!

Nouveauté, pour le gravel bike, La Voie Gravelée le 18 septembre prochain, organisée par l’organisation du Tour de Beauce. Départ de Saint-Romain au nord de Lac Mégantic, deux distances offertes (54 et 90 kms), ca s’annonce comme une magnifique épreuve de gravel dans des décors enchanteurs pour cette pratique. Et, sur le long parcours, plus de 1200m de dénivelé…

Autrement dit, l’épreuve idéale pour préparer les 100 à B7, une semaine plus tard. J’y reviens plus bas dans cet article. Merci à mon ami JF pour les infos au sujet de cette nouvelle épreuve gravel au Québec, La Voie Gravelée.

Ca sera chaud le 18 septembre d’ailleurs, avec ce même jour le (nouveau) critérium du Tour de Gatineau, à Aylmer en Outaouais. Un très beau critérium disputé autour de l’institution locale Le British, bien connue dans la région. Ca s’adresse aux amateurs de vitesse et… d’intensité! Les infos sont ici, attention on a une limite d’inscription fixée à 75 coureurs pour les élites et maitres regroupés. L’épreuve est organisée notamment par le club cycliste des Cuisses Or de l’Outaouais, qui oeuvre sans relâche et avec brio à préparer la relève de demain dans le domaine du cyclisme.

Toujours le 18 septembre, on a aussi le Raid du Mont Sainte-Anne, en vélo de montagne. Plusieurs épreuves disponibles, dont un 30km pour les e-bikes. Le MSA, c’est toujours difficile et spectaculaire, juste avec le dénivelé et la vue sur le fleuve St-Laurent.

Enfin, toujours le 18, les 808 Bonneville du côté des Laurentides en cyclisme sur route, qui a l’intérêt de pouvoir se faire en équipe.

Plus près de nous actuellement, les cyclo-cross régionaux à Lévis reprenaient hier soir, et se poursuivront au cours des prochaines semaines. J’ai pu voir l’événement en septembre dernier (2020), les participants semblaient avoir un plaisir fou à se mesurer au parcours situé au pied du centre de ski de Lévis.

Toujours en cyclo-cross, l’épreuve de Sherbrooke aura lieu le 16 octobre prochain, deux semaines avant les Provinciaux de la discipline, prévus à St-Amable le 31 octobre.

Le 10 septembre, le mythique Défi du Parc de la Mauricie, sur le parcours désormais bien connu. À guichet fermé depuis des semaines déjà! Et le même jour, l’élite des coureurs cyclistes sur route seront en Beauce pour les Championnats canadiens Élite.

Outre le 18 septembre, le 26 septembre sera également faste en événements cyclistes au Québec, et tous les amateurs quelle que soit leur discipline de prédilection seront sur leur vélo ce jour-là.

En gravel, on a la désormais mythique « 100 à B7« , superbe épreuve au coeur du paradis du gravel bike au Québec, la région de Bromont en Estrie. Je salue Lyne au passage pour son travail avec son équipe à faire de cette épreuve une référence au Québec, elle qui quitte la politique fédérale ces jours-ci pour se consacrer à d’autres objectifs plus personnels dans l’immédiat.

Toujours le 26, on a en cyclisme sur route l’ascension du col du Nordet Hill Climb près de Mont Tremblant, sur une route toujours agréable – mais difficile – sur un vélo. 65 kms c’est court, mais intense sur cette route!

En vélo de montagne, les Championnats canadiens Master à Baie St-Paul.

Enfin, les cyclosportifs pourront participer ce jour-là au magnifique GranFondo Lac Mégantic, sur un parcours désormais célèbre et avec l’option, sur un des trois parcours proposés, de l’ascension du Mont Mégantic, juge de paix du Tour de Beauce depuis des décennies. 5.3 kilomètres, 9,6% de moyenne.

En terminant, je ne voudrais pas passer sous silence le difficile Bromont Ultra en vélo de montagne le 9 octobre prochain, et dont l’épreuve reine propose un 160 kms avec… 4800m de dénivelé, excusez du peu… Dément! Mais Bromont en Mtb, c’est toujours magnifique.

C’est pas compliqué, je ne sais plus où donner de la tête!

Notes additionnelles

Écrire sur La Flamme Rouge devenant de plus en plus difficile, je précise que cet article ne se veut pas exhaustif des épreuves en cyclisme organisées au cours des prochaines semaines, et que d’autres épreuves peuvent avoir lieu partout au Québec voire au Canada. L’omission de certaines épreuves est soit inconscience de ma personne de leur existence, soit dénudée d’une quelconque intention malveillante.

Je n’ai pas parlé du Tour du silence le 15 septembre prochain, car une manifestation plus qu’une épreuve cycliste au même sens que les autres événements traités dans cet article. N’y voyez aucun mépris svp à l’égard de la cause de la sécurité cycliste, très importante par ailleurs à mes yeux.

Cet article n’est pas rédigé à la solde ou à la demande d’une quelconque organisation, ni de la FQSC, ni de Cyclisme Canada, ni du Parti Libéral du Canada. Cet article émane de mon initiative seule, sur un blog personnel où j’ai droit à l’expression d’opinions personnelles, pourvu qu’elles soient exemptes d’infractions à l’égard du Code criminel ou de la Loi canadienne sur les droits de la personne. Mes mentions légales explicitent par ailleurs l’éthique que je m’impose sur ce site, notamment le respect d’autrui.

La Flamme Rouge est un site totalement indépendant, et n’est pas un site officiel de journalisme professionnel. Je ne suis pas tenu à la même rigueur, même si je m’impose une rigueur importante dans mes propos. C’est une question de crédibilité.

Je n’ai pas pris de chance, je n’ai pas utilisé le mot « automne » dans cet article, pour ne pas m’exposer à la critique de mon usage du mot « automne », même si d’un point de vue météo ou astronomie, la définition est précise.

Je rends également hommage à tous les organisateurs des prochains événements, et vous assure de mon respect le plus total pour vos initiatives à l’égard de tous les cyclistes québécois et d’ailleurs. Merci mille fois de vos efforts à faire vivre le cyclisme ici. Je ne peux pas participer à tous vos événements à la fois, j’ai mes contraintes notamment professionnelles en ces temps de recensement du Canada, mais je salue et vous remercie de vos efforts, et ce sans réserve aucune.

Enfin, je présente évidemment mon respect le plus total aux futurs participants – sans oublier les participantes ou autres personnes de genre non-binaire – de toutes ces épreuves pour leur engagement et leurs efforts durant la journée, toujours inspirant de voir tout ca. Je le dis sincèrement, sans vous tous le cyclisme au Québec et au Canada ne pourrait pas survivre et plus vous êtes nombreux à participer à toutes ces épreuves, plus le cyclisme se porte bien et ca, ça me tient vraiment à coeur.

Marmotte cyclo: le bon plan pour gérer son alimentation

Le 4 septembre prochain aura lieu la Marmotte cyclosportive du côté de Bourg d’Oisans.

D’habitude, c’est le premier samedi de juillet, mais pandémie oblige, des adaptations ont dû être effectuées. Comme l’an dernier.

Nouveauté cette année, la Marmotte Ultra à l’occasion des 40 ans de cette cyclosportive désormais mythique. 40 ans!

La Marmotte Ultra vous propose 225 kilomètres (contre 175 pour la Marmotte), 6300m de dénivelé et deux ascensions de l’Alpe d’Huez. En gros, une fois arrivés à l’Alpe d’Huez, vous repartez pour un tour via la descente du col de Sarenne pour remonter ensuite une 2e fois à l’Alpe.

Dans le genre ultra, il y a aussi le très intéressant Tour des Stations dans le Valais suisse, début août chaque année, créé il y a trois ans et qui propose une épreuve « everesting » avec 8 848m de dénivelé, sur une distance de 250 kms. Vidéo ci-bas.

Après 11 participations à la Marmotte, voici mes bons plans côté gestion de l’alimentation, pour ceux voulant optimiser, sachant que pour moi, c’est environ 7h30 d’effort au menu du jour pour compléter la Marmotte.

Au départ, on part avec deux bidons bien sûr, des barres solides et quelques gels.

Sur une cyclo aussi longue, il est préférable de s’alimenter avec du solide et ce, dès la première heure, par petites portions. Choisissez des barres pas trop sucrées, le phénomène d’écoeurement au sucre pouvant survenir rapidement.

Normalement, les deux bidons seront vides en haut du Glandon, après 1h45 de course, un peu plus pour d’autres. Il faut refaire le plein au ravito. Et deux bidons plein sur le vélo, ca peut descendre plus vite!

Ma bonne pratique est d’arrêter le moins longtemps possible au ravito, pour ne pas avoir d’enjeux de remise en route après. Il est préférable de manger sur le vélo selon moi. Et pour ce faire, la descente du Glandon sur les premiers kilomètres n’est pas top, car rapide, technique et parfois même dangereuse. Il faut notamment veiller à ne pas se faire embarquer par surprise dans les petits virages avant La Chal. Après le passage du petit village, il y a des opportunités de manger plus facilement.

Le moment « plate » (ou chiant) de la Marmotte, c’est la transition St-Jean vers St-Michel de Maurienne, pied du Télégraphe. On y laisse toujours quelques forces, mais c’est le moment de prendre un groupe et de bien s’alimenter.

Perso, je saute toujours le ravito en haut du Télégraphe (toujours très achalandé), mes deux bidons remplis au Glandon me permettant d’aller jusqu’au point de ravitaillement des Verneys 15min plus loin, après la rampe à la sortie de Valloire que je monte ainsi allégé du poids des bidons.

Et aux Verneys, je ne remplis qu’un seul bidon. Pas la peine d’en monter deux dans le Galibier, et un point d’eau existe au passage du col, voire dans le col (Plan Lachat, les Granges). Évidemment, il faut ajuster selon votre vitesse d’ascension.

Au sommet du Galibier, je remplis de nouveau les deux bidons, étant important de se refaire une petite santé dans la longue descente vers Bourg d’Oisans qui suit. Et le poids de deux bidons pleins n’est pas gênant à ce moment de l’épreuve.

J’attaque habituellement les gels peu après le passage du barrage près de la route des Deux Alpes, en prévision du pied de l’Alpe d’Huez qui est difficile. Évidemment, les gels peuvent être consommés avant mais en petite dose selon moi, par exemple pour les 20 minutes avant le passage du Galibier, la pente, l’altitude et les kilomètres dans les jambes durcissant considérablement ce passage.

J’entame l’ascension de l’Alpe avec un seul bidon plein, l’autre étant bu à ce stade.

L’Alpe d’Huez après 160 bornes et deux cols hors caté, c’est toujours un peu au moral. Les gels #2 et #3 seront pris à La Garde, puis à Huez, question de me soutenir jusqu’à l’arrivée. Je termine les poches vides bien sûr (sauf de mes déchets, qu’il ne faut pas jeter sur la route), et vidé à chaque fois!

Bilan habituel pour moi, 7 bidons pour un peu plus de 7h d’effort. Évidemment, j’ajuste selon la chaleur. Vous devrez aussi ajuster en prévision du nombre d’heures de selle prévue dans votre cas.

D’autres petits conseils qui peuvent faire la différence

Pneumatiques neufs (mais rodés sur quelques kms bien sûr). Patins de freins neufs. Roues parfaitement alignées. Braquets adaptés (pour moi, le 34-27 ou 34-29). Toute votre visserie vérifiée avant le départ. Manchettes, veste sans manche dans le maillot, pour les descentes. L’embrocation sur les jambes peut aider à protéger les muscles de la fraicheur voire de l’humidité, en particulier sur le haut des cols. Et ne pas porter de vêtements neufs, surtout un cuissard, ce jour-là, sous peine de vous en souvenir longtemps (je le sais, j’ai fait cette connerie)!

Pour ceux qui prendront le départ de cette Marmotte ou de la Marmotte Ultra, bonnes épreuves, chanceux(ses)!

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