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Une Haute Route qui perd de la hauteur?

C’est la plus longue et la plus difficile cyclosportive au monde : la Haute Route Alpes

Sept jours. Sept étapes. Plus de 800 kms. Et plus de 21 000m de dénivelé. 

Six grandes étapes de montagne, et un chrono (en ascension bien sûr).

Reprise par la société Ironman, la Haute Route a aujourd’hui un peu plus de 10 ans. 

J’avais participé à la 2e édition, en 2012. J’avais beaucoup aimé. 

Je viens de terminer l’édition 2022, la première à s’élancer de Nice pour remonter vers le Nord et Mégève. 

J’ai encore aimé le caractère sportif et le défi, j’ai moins aimé l’organisation pour plusieurs raisons. 

Survol, question de vous partager mon expérience au cas où vous voudriez, vous aussi, tenter cette grande aventure dans les prochaines années.  

Niveau en hausse

Si j’ai retrouvé bien des points communs entre 2012 et 2022, le niveau et l’homogénéïté du peloton est aujourd’hui plus élevé, et le parcours de cette édition 2022 était particulièrement difficile. 

Plus de 35 nationalités représentées au départ. Beaucoup d’Anglais, évidemment. Mais aussi des Belges, des Allemands, des Français, des Américains, des Canadiens (une bonne vingtaine!), des Australiens, des Néo-Zélandais, des Brésiliens, des Italiens et, mondialisation du cyclisme, même des cyclistes chinois ou de Singapour.  

Mais oubliez l’ambiance cyclo bon enfant : ca roule fort, tout le temps. Le moindre replat dans un col, ça relance. Pas de cadeaux, et vous pouvez être sûr que ça accélérera sous la flamme rouge pour aller chercher l’arrivée. 

Et à l’arrivée, les participants ont les yeux rivés sur le classement, manifestement, c’est très important. 

Devant pour les trois premiers, voire les 10 premiers, c’est le niveau professionnel. C’était vraiment impressionnant de les voir dans le (très) difficile chrono du col de la Loze : 33min pour le grand vainqueur, Luca Vergallito. Superman Lopez n’aurait pas fait mieux! 

Le bien

La Haute Route Alpes, c’est cher certes mais l’infrastructure offerte est au point, bien rodée. 

D’abord, le transport des bagages d’hôtels en hôtels, presque tous les jours. Les bagages offerts pour cela sont corrects, le système efficace. 

Le sac à dos que vous laissez au départ et reprenez à l’arrivée, 160 kms plus loin, est bien pratique pour rapidement se remettre au sec après une étape difficile. 

Il y a aussi ce « race bag » qui n’était pas disponible en 2012 : un sac utile qui vous est mis à disposition à mi-parcours, durant l’étape, habituellement en haut d’un col. De quoi se mettre au sec et au chaud avant de plonger dans la descente. Et en temps de pluie, un réel must.

L’assistance technique Mavic est également bien présente et rodée, les voitures et motos en nombre suffisant. 

Le personnel et les bénévoles de la Haute Route, efficaces et souriants. 

Les ravitos bien organisés, variés.

Également absents en 2012, les massages gratuits, d’une durée d’environ 20-25min,  offerts tous les jours à l’arrivée sans grande attente grâce à une armada de masseurs(euses), sont un vrai plus lorsqu’on doit encaisser jour après jour le régime « cols à bloc ». 

Et surtout, la neutralisation des descentes, ce qui n’était pas le cas en 2012. Le plus souvent, le chrono arrête en haut des cols, pour n’être relancé que plus loin, une fois la descente terminée. Un vrai plus côté sécurité, et l’anarchie règne également moins aux ravitos au sommet des cols puisque les participants peuvent prendre leur temps. 

Le moins bien

Plusieurs aspects m’ont été cependant très désagréables. 

D’abord la présence des tours opérators, qui créent deux catégories de participants. Il y a nous, coureurs de la Haute Route, et eux, cyclistes clients des tours opérators, un peu en marge. 

Les tours opérators proposent leurs hôtels, leurs ravitos, leurs infrastructures. 

Ils proposeront par exemple de ravitailler « au vol » leurs clients à des endroits différents des ravitos officiels Haute Route, au risque de faire tomber d’autres concurrents : pas tout le monde qui a l’habitude de ramasser un bidon à 30 à l’heure… 

Certains cols étaient interdits aux véhicules d’assistance, comme le col de Sarenne. Cela n’a pas empêché plusieurs véhicules de Tours opérators de contourner la règle et de desservir leurs clients dans ce col. Nous n’étions pas tous à la même enseigne… 

Le pire, c’est que nombre de clients des Tours opérators ne participent pas aux « départs neutralisés » des débuts d’étape. Par exemple, l’étape reliant Les Deux Alpes à Méribel comportait plus de 30 kilomètres neutralisés en début d’étape, question d’assurer une descente des Deux Alpes sécuritaire à un peloton de plus de 300 coureurs. 

Le départ du chrono était donné à Allemond, 30 bornes plus loin. 

À 7h du matin, descendre les Deux Alpes en procession derrière une voiture « tête de course », c’est très frais, voire froid. Je suis arrivé au départ du chrono assez gelé, pas simple pour être à bloc un kilomètre plus loin dans le Glandon. 

Une soixantaine de « clients » attendaient 200m avant le départ du chrono, à Allemond, amenés là par leurs Tours opérators… Pas de descente glaciale pour eux, pas de procession de 30 kms avant le départ du chrono, une heure de plus au chaud pour prolonger la récup avant l’étape… 

Si on cumule les sept étapes, les coureurs Haute Route auront fait un peu plus de 800 kms, les clients des Tours operators 100 km de moins… frustrant, car ils partagent le même classement. 

Mais le plus douteux est certainement la présence de… mercenaires sur cette Haute Route. 

Certains coureurs, très forts, sont en effet « engagés » sur l’épreuve par d’autres participants afin de leur servir de « gregario » durant toute la semaine. 

Celui qui paye peut ainsi s’affranchir de bidons sur son vélo, ne prendra pas un cm de vent de la semaine, pourra être assisté pour les vêtements et les ravitaillements, voire se faire pousser dans les cols les plus pentus, au besoin (je l’ai vu de mes yeux durant la dernière étape). 

On déplorera enfin quelques choix douteux sur cette édition 2022, comme l’arrivée à Cuneo qui ne présentait aucun intérêt car trop loin des grands cols. 

Certains choix d’hôtels, situés loin du village d’arrivée, m’ont fait rager, notamment celui de Briançon. Mon hôtel était situé tout en haut dans la vieille ville fortifiée, au sommet d’une rampe d’un km à 10%… pas top lorsque tu es épuisé de l’étape et que tu as tes bagages à remonter… Le comble était le garage à vélo, situé 400m plus loin que l’hôtel!

On déplorera également certains choix pour le chronomètre, comme celui de le laisser courir en haut du col de Sarenne, pourtant le lieu d’un ravito. Résultat, personne ne s’est arrêté à ce ravito puisque le chrono tournait encore, et un coureur est évidemment allé à la faute dans la mauvaise descente juste après, nécessitant une évacuation par hélico. Dommage, et vraiment dangereux pour la sécurité de tous. 

Conclusion

La Haute Route Alpes, c’est avant tout un grand défi, celui d’enchainer sept jours de haute montagne sur un vélo. Perso, c’est ma chance, pour le modeste cycliste que je suis, de m’approcher un peu de ce que peut vivre un coureur pro sur un grand tour. Pour beaucoup, l’intérêt sera là. 

Ceci étant, j’ai trouvé sur cette édition de la Haute Route des dérives désagréables, propres à remettre en question la nature même de l’épreuve et l’égalité des chances entre participants, pour ceux voulant jouer une place au classement général. Il conviendra d’être vigilant dans les prochaines années, et de mieux encadrer les diverses formules permettant de s’inscrire à cette épreuve.

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Haute Route Alpes: pour être au départ

54 Commentaires

  1. Adrien

    Bref, c’est une compèt qui n’en est pas une pour des MAMILs aisés et qui veulent se donner l’air de pros.

  2. marius

    Merci Laurent pour ce retour honnête et sans complaisance. Certains auraient brossé un portrait plus flatteur, histoire de se prouver qu’ils ont fait le bon choix.
    Je comprends ta déception par rapport à l’édition 2012. L’expérience de la Haute était bien différente et me faisait rêver. Je suis tombé de ma chaise en lisant ce retour d’expérience. Je comprends mieux le tarif plutôt salé, car les propriétaires de la licence IronMan, ne sont pas des philanthropes. Les Tour Operator existent aussi à l’Etape du Tour, où l’on voit fleurir les tentes des ravitaillements privatisées, en plein milieu d’un col. Mais lorsque j’apprends que certains coureurs ont des avantages, départ différé, porteurs d’eau, ce n’est plus du vélo. De là, à supposer que certains abusent de la pharmacie.
    Vraiment dommage cette dérive ou l’on peut tout faire, sous prétexte que l’on a de l’argent. C’est le prix de l’internationalisation du vélo et d’un nouveau public qui impose ses règles. On retrouve le même phénomène pour gravir l’Everest, en achetant son sommet sous oxygène, porteurs et cordes fixes. La convivialité semble s’être perdue également. Je vous donne un scoop. Il existe encore une course à étapes dans les Alpes, où le défi sportif est réel, le niveau des premiers, international (course UCI) et l’ambiance bonne enfant. C’est la Transmaurienne VTT en Haute Maurienne. 5 jours de courses, 9000 ou 6000m D+ au choix et seulement 250€ de frais d’engagement en mode compétition. Un seul bémol, le niveau en descente est très élevé mais à la portée d’un vététiste expérimenté et le parcours empreinte beaucoup de GR, pas roulant. J’ai participé à la 6000 D+ , terminé épuisé, mais heureux de l’avoir fait.

  3. Steph

    @Laurent :  » Il conviendra d’être vigilant dans les prochaines années, et de mieux encadrer les diverses formules permettant de s’inscrire à cette épreuve »

    Finalement, vu ce que tu nous rapporte et comme l’avait suggéré Eric, une formule « avec finitions » ne ferait pas tâche…… enfin… si, mais … bref…
    😊 –>[ ]

  4. marius

    Une petite bio du vainqueur de la Haute Route 2022.
    Luca Vergallito, italien né le 14 septembre 1997.
    1m90 pour 67 kg
    Coach sportif, entraîneur, technicien de la performance, étudie aussi.
    A couru entre 2015 et 2017, pas de victoires ni de podiums. Du triathlon et de l’athlétisme.
    Écume et remporte des cyclosportives en 2021,
    tel que la Fausto Coppi,
    N’est pas en reste en 2022.
    Remporte le GFNY World Shampion Race 100miles à New-york. Pour ne pas dire champion du monde de cyclosportives. Remporte aussi la GF Sestrieres.
    Des stats en athlétisme, mais cela ne me parle pas.
    2010 sur 600m. 1’46,26’´
    2011 sur 2000m 6’19,27’´
    2012 sur 1000m. 2’51,36’´

    • Edgard Allan Poe

      Merci Marius. Ce genre de profil n’est pas inédit parmi les dominateurs des cyclosportives. Et il m’interroge.
      Des gars somme toute avec des performances assez proches de celles du commun des mortels – j’exagère un peu – et puis qui, soudainement, parfois après quelques années de latence, débarquent sur ce type d’epreuves et écrasent la concurrence.
      Je dois leur reconnaitre certaines circonstances : on peut imaginer qu’auparavant ils ne disposaient peut-etre pas des conditions optimales pour se préparer. Tout le monde n’a pas un job permettant de s’entraîner convenablement, à minima.
      Mais d’un autre coté, je peux citer Raphael Addy, qui nous met 18 minutes (!!!) à l’Alpin Bike 2021, une semaine avant de gagner la Marmotte avec 12 minutes sur le 2ème. On connait la fin !

    • Il a bien fait de choisir le vélo car ses performances en course à pied sont très moyennes, voir très médiocre pour un cycliste de ce niveau.

      Étonnant…

      • marius

        Performances décevantes en course à pied ?
        Même pour un gamin de 13-15 ans ?

      • Loïc L

        2.50 au 1000m en cadet….mediocre?!

      • Je n’avais pas pris en compte l’âge Marius (je ne le connaissais pas). Par conséquent, je modère mon propos car je ne connais pas suffisamment les valeurs de cette performance pour cet âge.

        En tapant record 100 m sur mon moteur de recherche, j’ai trouvé :

        Le record est de 2min11s96 chez les hommes et de 2min28s98 chez les femmes.

        Chez les Juniors, 2min18s53.
        En Cadets, sur 800 m 1min43s37 et sur 1500 m 3min33s72.
        Chez les minimes, 2min30s16 pour 1000m.

      • En tapant 1000 m

      • @Loïc L,

        Je me répète mais je n’avais pas la notion de son age.
        Et ce qui est médiocre pour un cycliste dont le niveau en grimpée est supérieur à celui de nombreux pros ne l’est évidemment pas pour le commun des mortels.

        Je précise que, sans grande expérience athlétique, j’ai fait 2min55s sur 1000 m pour un concours de la fonction publique et que j’en étais très satisfait.
        Mais je n’ai jamais eu le niveau de gagner une cyclosportive. Je n’ai également jamais eu le niveau à vélo qu’avait pourtant déjà à 15 ans, Geoffrey Bouchard, Nans Peters ou Colin Savioz alors que j’ai toujours été bien plus fort à vélo qu’en course à pied.

        Alors même si je ne suis pas un grand spécialiste de l’athlétisme, je ne suis pas impressionné par le niveau en course à pieds à 15 ans d’un cyclosportif aussi fort à vélo à l’age adulte.

        Je me répète à nouveau en écrivant que je ne suis pas spécialiste de la course à pieds mais vous m’auriez dit qu’il courait le 1000 m en 2min40s à 15 ans que j’aurais probablement été moins surpris.

      • Nous parlons tout de même d’un cyclo qui fait le chrono du col de la Loze en 33min après une semaine de course !!!

      • loic L

        Mon com n’a pas franchi la modération, je réécris donc que 2.50 au 1000m en cadet est très bon temps.

      • loic L

        Désolé Laurent, j’ai ecrit avant de rafraîchir la page des commentaires, tu peux supprimer mon com sir la modération ! Sincères excuses.

      • M’ouais,

        Chez les minimes, 2min30s16 pour 1000m, c’est le record !

        C’est toujours pareil, tout est question de relativité.
        Mais puisquetu insistes, c’est également une question d’approximation, 2min52, ce n’est pas 2min50.

        Cela fait 22 secondes de + que le record de la catégorie d’âge inférieur. Et cela fait combien en % ?

      • 24,44 % !

        Au delà de 10%, je suis désolé, ce n’est pas glorieux.

      • Petite erreur d’inattention.

        22÷150… Cela fait quand même + de 15 % !

        Donc médiocre 😉

      • Presque 15 % 😅

  5. Edgard Allan Poe

    Merci, j’attendais ton retour sur cette épreuve. Et maintenant, avec cette belle photo, je saurai mettre une tête sur tes propos, et devrais être en capacité de te reconnaître avec cette belle tenue LFR qui rappelle celle de l’équipe Trek, et surtout avec ce vélo italiano !
    Concernant le niveau des participants, il peut être parfois très élevé avec, par ex, Raphael Addy (suspendu depuis la Marmotte 2021), ou l’autrichien Kirchmair, vainqueur de la Marmotte, de l’étape du tour et de la Marmotte du Valais, tout ça en 2022. A noter qu’il a mis 11 minutes à Reichenbach sur cette dernière épreuve avant que ce dernier ne termine 7ème du tour de l’Ain, une semaine plus tard. Idem pour un cycliste comme Ruffaut qui était sur cette Haute Route.
    La vitesse…effectivement, c’est disons…très sport. Sur la Marmotte, dans la montée initiale de la Croix de fer, coté Allemond, j’étais bien sur les portions à 8-10% mais souffrait le martyr sur les « replats » à 5-6% où ça relançait à bloc. Comme dans une course en 1ère ou 2ème caté. Comme clez les pros, le niveau des premiers dans les cyclos est monté et en plus, il est relativement homogène.
    Et encore, la Haute Route n’est pas à proprement parler une épreuve de masse où là, les différences sont parfois encore plus conséquentes. Par ex, j’ai couru l’Ardéchoise en 5H21. Un voisin l’a faite en 10H42. Pile le double. A plus de 38°C, je vous dis pas l’état du pauvre cyclo !
    D’où partait le chrono du col de la Loze ? De la station de Meribel ?
    Se faire apporter un sac de vetements de rechange ou simplement un imper était impossible à la Marmotte qui se termine à l’Alpe d’Huez et oblige donc tous les concurrents à redescendre à Bg d’Oisans quelles que soient les conditions météo. La flotte à 1800 mètres d’altitude, même en plein été, après 6 à 10 heures d’effort…sans plus ! Pour 110 balles d’inscription la journée, c’est minable.
    Les tours operator : je les ai aussi vus à la Marmotte. Leurs tables de ravitaillement occupaient parfois le double de la surface de celles des organisateurs. Je n’ai jamais vu un seul concurrent se ravitailler avec les tour operator, j’imagine qu’ils étaient derrière moi, mais je n’ai jamais pu, même en tendant un bras tremblant, obtenir un bidon ou une musette que j’imagine bien remplie tant qualitativement que quantitativement.
    Plus le temps passe et plus « les différences de traitement » entre cyclistes sur ces épreuves sont béantes : l’histoire des grégarios est certes surprenante, mais j’ai vu la même chose à la Megève-Mont Blanc. Ce qui a généré un départ hyper rapide, les grégarios se rangeant sur le bord de la route quelques kms plus loin. Idem pour les ravitos en course assurés par des voitures de suiveurs « personnels ». J’interdirai ce genre de chose avec mise hors course, si j’étais organisateur.
    La rampe de Briançon…un souvenir pour moi aussi : je l’ai montée en Junior, sans savoir à l’avance qu’il fallait la monter pour franchir la ligne d’arrivée, après 120 bornes dans les montagnes et un chrono par équipe de 20 kms le matin. Avec 42/25 à l’époque. Plein cagnard, bien sûr!
    La descente de Sarenne en mode course…je n’ose imaginer ! Pourtant, je ne crache pas sur une bonne partie de manivelles en descente. Mais là, sur les 5 premiers kms, toute sortie est définitive ! Dimanche, dans une cyclo, nous étions un groupe de 5 au moment d’aborder la descente de la Croix de Fer, côté St-Sorlin d’Arves. NOus sommes descendus au maximum de la vitesse possible au regard du fait que nous avons croisé beaucoup de voitures. A mi-descente, au replat, nous étions 15…!

  6. Claudio

    Rendu à ce niveau d’inégalités, ne serait-il pas préférable d’imposer une formule par équipe et des règles de ravitaillement?

    • marius

      Les cyclosportives sont une catégorie fourre-tout du cyclisme. Corrigez moi si je me trompe, elles ne permettent pas de gagner des points UCI, contrairement à la Transmaurienne VTT par exemple.
      Donc, ces courses regroupent le ventre mou du peloton cycliste, ou l’ambition est de finir. Ensuite d’anciens coureurs de tous niveaux, qui préfèrent rouler sur de beaux parcours, plutôt que des vire-vire. Et pour finir, l’élite des cyclo sportifs constituée, d’excellents coureurs qui n’ont plus la possibilité de faire des courses U23 par équipes professionnalisés.

    • marius

      A la base, les cyclosportives sont des courses individuelles ou seule l’assistance entre concurrents est autorisée. Mais avec des ravitaillements privés, des gregaris, porteurs d’eau, on est tout simplement hors règlement. Pour les etcétéra comme moi, cela ne change rien, mais chez d’autres, cela pose un vrai problème d’équité sportive.
      Sachant cela, chacun se fera sa propre opinion de savoir si cela vaut la peine.
      Comme le dit bokefr, why not.

      • Si l’équitée, n’est pas préservée, autant le faire entre copains et avec une saccoche 😅

  7. bokehfr

    Merci pour ce retour d’expérience sans langue de bois.
    Je voulais m’engager sur cette épreuve en 2023 dans le but de me mettre dans la peau d’un pro. Pas d’objectif de chrono, ni de place. L’histoire de vivre un tour amateur dans une région que j’apprécie particulièrement.

    • Ben j’espère qu’après ce retour d’expérience, tu trouveras une meilleure idée pour dépenser 2000 euros…

      • Et comme dit Steph, la saccoche ne viendra pas plus déranger l’aérodynamique que l’aérofrein de 15x10cm plastifié sur le guidon qui fait office de dossard.

      • marius

        Dans l’excellent trimestriel 200, il y avait un article sur l’aérodynamique des vélos en configuration cyclotouriste avec bagages, avec passage en soufflerie.
        Un sac de cintre, façon sac de matelot, ne consomme que 3W à 30 Km/h.
        Au contraire des sacoches de fourche, placées à l’avant de chaque côté. 20 W à 30 km/h.
        Une tenue hiver ample, consomme 28W de plus qu’un ensemble été.

      • Intéressant…

        Je ne pense pas que bokehfr soit doté de saccoche de fourche 😉

        Et au passage, bravo pour avoir terminé la Transmaurienne (si j’ai bien compris).

      • marius

        Merci Éric. Au moins sur la Transmaurienne, on ne peut pas acheter de la puissance sur les multiples raidars, ou de l’adresse en descente. Quelque soit le matos, le poireau que je suis, reste un poireau 😅. S’il y avait des VIPS « Haute Route » je ne vois pas en quoi leurs grégaris auraient pu les soulager. Ah si, en enlevant les pierres des singles tracks avant leur passage. Ou alors porter le VTT dans quelques rares passages. «  Allons Édouard, un peu de nerf bon sang, vous me ralentissez « . 😉
        « Portez-moi, il y a une rivière à traverser et je ne souhaite pas avoir les pieds mouillés. Ces chaussures, sur mesure sont en cuir de Kangourou. C’est très fragile. « . 😅
        Il y avait des juniors féminines brésiliennes. Elles ont disparus après la première étape.

      • Steph

        Misère ! pourvu qu’on ne les retrouve pas dans une enduro glauque des faubourgs de Caracas…

      • 😂👍

  8. Félicitations Laurent !

    Félicitations pour avoir donné le meilleur de toi même chaque jour pendant une semaine.

    Félicitations pour avoir couru dans un esprit sportif sans compromis avec l’honneur et, comme dirait Steph, dans le respect de ton amour propre.

    Félicitations pour être descendu des 2 Alpes sans avoir eu recours à un taxi. D’avoir fait la totalité du parcours, y compris les départs fictifs, qui font partie intégrante de toute course cycliste pour un coureur qui se respecte.

    Félicitations pour avoir respecté les réglements, ne pas avoir bénéficié d’une voiture suiveuse ou d’un ravitaillement dans le col de Sarenne alors que c’était interdit.

    Félicitations de ne pas avoir soudoyé un mercenaire pour te pousser (faut vraiment être dépourvu de dignité!!!) ou pour te porter tes affaires.

    Félicitations pour avoir respecté la sécurité et l’esprit sportif des autres concurrents en n’ayant pas eu recours à des ravitaillements qui ne respectaient pas l’équité sportive.

    Les TO sont une vraie plaie pour le sport cycliste. Sur les courses, ils spéculent sur les inscriptions, sur les meilleurs places pour les hotels et bafouent l’équité sportive le jour de la course).
    En dehors des courses, ils polluent l’atmosphère dans les grands cols comme le Stelvio et mettent en danger les autres cyclistes par leurs manœuvres souvent hasardeuses et même par leur simple présence.

    Et enfin honte aux organisateurs de la Haute Route qui pour des raisons bassement mercantiles (et alors qu’ils pratiquent pourtant déjà des tarifs excessifs) sont incapables de faire respecter un minimum d’équité sportive et pas même leur propre règlement.

    D’un point de vue plu général, comme EAP, je pense que les organisateurs ne devraient plus tolérer de voiture suiveuses sur les courses. Plus en 2022…

    Par ailleurs, monter le sac d’affaires chaudes de chaque coureur pour une arrivée en altitude est un minimum auquel devrait s’astreindre tout organisateur de course cycliste.

  9. Steph

    Tiens une petite digression en voyant la photo de Laurent :
    « Nan mais allo quoi ! C’est comme si t’as un vélo aéro à 5000 boules et tu viens y coller un aérofrein de 15x10cm plastifié sur le guidon ? »
    C’est hélas la règle maintenant sur la plupart des cyclosportives et je n’en vois pas l’intérêt à part pour le business des photographes afin qu’ils puissent t’identifier et te proposer le cliché souvenir à 50 balles ensuite par mail. Vu que pour le chrono/classement il y a généralement une puce…

    • Edgar Allan Poe

      Même réflexion que toi Steph. Certains « petits malins » plaquent cette.. plaque de dossard sur le tube de direction. L’inconvénient est que 9 fois sur 10, la puce collée au verso de la plaque ne joue pas son rôle et le coureur n’est pas visible dans les radars.
      La solution la plus efficace reste le transpondeur sur le cadre ou la tige de selle et éventuellement le dossard dans le dos.
      Certains organisateurs ont leur propre photographe, pro ou amateur. C’est un plus. Mais on les compte sur les doigts de la main.
      50 balles la photo, c’est le majeur uniquement🖕

  10. stef33

    super photo !

  11. noirvélo

    Laurent , j’aime beaucoup ton vélo , un « Bottecchia » (original lorsqu’on voit l’offre en général!) vélo italien , pas de freins à disques , pas de dérailleurs électriques (ou j’me trompe ? ) , tout Campa Record ou Super Record ? et de très belles et efficaces roues Bora , que du super bon sans être bêtement « tendance » … Très bon choix ! et bravo pour ta performance , oublie certaines « péripéties » qui vont de toutes façons se développer avec le temps … Garde ton esprit sportif et honnête (je ne doute pas !) et profite de la montagne et de ses paysages , la compet , tu en profites uniquement lorsque tout le monde est à armes égales … et là , apparemment ce n’est pas le cas !

    • Wolber

      Oui, oui très chouette vélo, ( un pur velo de course tout simplement) et cette tenue qui ressemble à celle de Giocatelli/Androni . Ça a de la gueule. ( en plus d être visible)

      Clap de fin cette année pour Alaphillippe. Rien compris à la chute . Trop incliné, roue de devant, goudron …???

  12. Bokehfr

    Eric, chacun dépense son argent comme il le souhaite.
    Et je viens de traverser les Alpes avec des copains et avec des sacoches. Pas des saccoches de fourches mais 1 devant et 1 derrière.

    • Steph

      Du moment que tout monde était consentant…

    • Bokehfr, dépense ton argent comme il te convient, dans les valeurs sportives auxquelles tu aspires.

      Et pour les saccoches, j’avais juste deviné que tu étais plus bike-packing carte bleue que cyclo-campeur 😉

      N’y vois rien de désobligeant, je suis moi même bike packing carte bleue (ce qui d’ailleurs ne m’empêche pas d’avoir le plus grand respect pour les cyclo-campeurs).

      PS : Merci Steph pour l’éclat de rire permanent à chaque lecture de tes commentaires.

    • noirvélo

      Super , j’aime l’esprit !!!

  13. Robin

    Pourquoi ne pas organiser une traversée des Alpes entre potes qui partagent valeurs et état d’esprit?! Si tu veux te tirer la bourre en étant léger il y a même des boites qui te facilite le transit des bagages
    On a fait Annecy Nice par la Finestre cet été. Bonheur

    • Avec un tel niveau d’inéquité, la Haute Route n’est plus une compétition.

      Alors effectivement, une traversée d’une partie des Alpes (pour la traversée des Alpes toute entière, il faudrait plusieurs semaines) entre potes qui partagent valeurs et état d’esprit, répondrait plus aux valeurs sportives qui animent la majorité des cyclistes.

      l y a également de nombreux clubs qui organisent le même type de parcours que sur la Haute Route d’hôtels en hôtels avec car et remorque pour faire suivre les affaires. 9 jours de vélo pour moins de 1000 euros pour le club des CTG en ce moment même entre l’Oberland et le Mont Rose…
      La seule compensation demandée, c’est de donner un peu de son temps pour faire vivre le club en étant bénévole quelques jours par ans.

      Ces clubs…. qui font vivre le vélo en organisant des courses ou des randos accessibles à (presque) toutes les bourses et où le talent et l’esprit sportif ne s’achètent pas.

  14. Wolber

    Aaah EAP, cette raison n est jamais très loin… 😂. En considérant l étape toute plate ( de ce que j ai vu en résumé) je n ais pas retenu cette hypothèse

    • Edgard Allan Poe

      Wolber, j’avais oublié cette expression. Mais mercredi, à la fin d’une sortie « régénerescence » (un truc de vieux, tu peux pas comprendre🤣), je rencontre deux jeunes coureurs élite, 20 ans chacun, qui m’ayant reconnu, ont fait demi-tour pour faire 20 bornes avec moi. L’un deux m’apprend la chute d’Alaphilippe. Je lui dis « dans quelles circonstances ? Il regardait devant ou tournait la tête dans tous les sens ? « .
      « Plein phare, il était plein phare comme d’habitude ! » m’ont ils répondu.
      OK, les gars…
      Hyper sympa, ces jeunes. Très gentils d’accompagner le vieux, qu’ils connaissent depuis les rands des cadets. Mais du coup, ma moyenne a pris 2 km/h 🥵🥵 sur 500 mètres de dénivelé…
      Pas de preuves, donc pas d’accusation péremptoire…mais de la distance…de la distance…

  15. Edgar Allan Poe

    Toujours perspicace Marius !
    Difficile de déterminer la cause précise.
    Je me hasarderais presque à dire qu’il s’agit d’un problème de dérailleur arrière, comme lorsque l’on tombe plusieurs vitesses d’un coup en même temps qu’on met un gros coup de puissance sur la pédale du côté intérieur du virage… en ajoutant un angle d’inclinaison du champion français qui me semble un peu limite!
    Bizarre que d’autres qui ont suivi une trajectoire quasi similaire n’aient pas été au sol.
    Evenpoel a aussi dévissé de la roue avant peu de temps après si je me souviens bien.
    Il faut parfois se poser la question de la qualité des pneus/boyaux. Et celle du gonflage aussi.
    Contador, en fin de carrière, a fait de beaux soleils. On a dit qu’il demandait un gonflage à 10 kgs à son mécano.
    Une année, au Giro, les AG2R ont du menacer de se mettre en grève et de quitter la course pour qu’on leur change enfin leurs boyaux. Je crois que c’est l’année où Péraud s’étale à l’entrée d’un rond point alors qu’il est en tête de peloton. Je dirais 2016. L’équipe avait pour sponsor Vredestein qui voulait se lancer dans le vélo. Une catastrophe, dixit des coureurs de l’équipe.
    Enfin, les fabricants rivalisent entre eux en jouant notamment sur le poids, et certains limitent à mon sens beaucoup trop la largeur de la bande de roulement. Encore un effet contre productif des disques : pour assurer une tenue de route stable au freinage, il faut des pneus plus larges 26-28-30…32). Donc, des jantes plus larges aussi. Tout cela pèse au final et il faut bien essayer de (re)gagner un peu de poids…

    Enfin, les

    • Wolber

      , Il me semble bien que Bardet était aussi tombé , cette même année ds un virage au Dauphiné.
      Il faudrait ajoute que chez Ag2r , on a souvent essuyé les plâtres côté matériel.

  16. Edgar Allan Poe

    Pas évident, Steph, quand même. Du moins, vu de l’écran de mon téléphone.
    Avec les vélos « d’aujourd’hui », c’est quasiment impossible de toucher la pédale dans un virage, à moins d’y mettre un angle de malade…!
    Ça pourrait aussi être un décrochage sur le bord d’une plaque d’égout, mais je n’en vois pas à cet endroit précis.
    À minima, il y a un manque de maîtrise.
    Au fond de moi, je penche pour la théorie de mes jeunes amis. L’Andorran, « dans le milieu des coursiers », y’en a pas beaucoup qui y croient…
    Même pas un jeu de vélo de ta part ? Je suis déçu 🤣

    • marius

      J’ai regardé 3 millions de fois la vidéo et j’ai les yeux qui piquent. Il décroche de l’arrière, sans doute sur une bande blanche ou un défaut de chaussée.
      Et aussi parce qu’il pédale, donc, couple moteur sur la roue arrière.
      Il a plus d’angle que ces petits camarades.
      Si les routes du Sud de l’Espagne sont comme celles de Sicile, alors le goudron est très compacte, lisse, avec un aspect parfois vitrifié en ville.
      Autrement dit, une patinoire. Il a eu beaucoup de chance de ne pas se faire un col du Fémur.
      Bon rétablissement à lui.

    • Steph

      En visionnant image par image sur écran 15″ c’est vraiment ce qu’il me semble. Il fait l’extérieur donc avec beaucoup de vitesse et d’angle et son pied intérieur (droit) arrive en bas quand on voit un petit sursaut qui entraine la chute.
      Après c’est peu être moins clair que je ne l’affirme.
      Bon le résultat est le même : 🤕

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