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Haute Route Alpes: pour être au départ

Suite à mon article sur la Haute Route Alpes publié hier, vous êtes nombreux à me poser diverses questions, surtout sur ma préparation et ce qu’il faut pour terminer une telle épreuve. Je vous répond aujourd’hui.

Le premier investissement, c’est évidemment l’argent. La Haute Route Alpes, c’est sept étapes, sept jours, impliquant une grosse logistique. Dans ce contexte, les frais d’inscriptions sont en conséquence. Prévoir 2 000 euros environ, puis un autre montant selon votre formule d’hébergement. La mienne, en hôtel « premier prix », m’a couté 800 euros supplémentaires. À cela s’ajoute bien sûr, pour nous coureurs québécois, le billet d’avion et les frais connexes.

À noter que sur la Haute Route, les repas du soir ne sont pas compris. C’est la seule chose à mes yeux qui s’ajoute aux frais de la semaine.

La préparation

Ma préparation physique a débuté en septembre 2021, mais je disposais d’un gros capital après plus de 30 ans de vélo intensif. Mes ambitions sur cette Haute Route étant plus élevées que de simplement finir l’épreuve, je me suis préparé assidûment et un participant voulant simplement se rendre au bout pourrait faire moins.

À noter que des délais d’élimination sont prévus sur la Haute Route, il faut donc un certain niveau pour entrer dans le classement. Environ une centaine de concurrents ont pris le départ pour être DNF au fil des étapes.

Ma préparation a inclus beaucoup de travail en musculation au gym, que ce soit en gainage ou en squats et autres exercices spécifiques. Outre le gym, mon automne et hiver s’est passé sur deux planches, en ski de fond, ou j’ai engrangé quelques 3500 kms, et beaucoup d’intensité (en technique libre seulement).

La récup a été planifiée sous forme de micro-coupures tout au long des 10 derniers mois. Celle du début avril dernier, entre la fin de la saison de ski de fond et le début du vélo, a été un peu plus longue (deux semaines).

Mon entrainement cycliste s’est fait selon une formule « inversée », ne débutant pas par de longues sorties en endurance. Fort d’une grosse saison de ski de fond, mon endurance était déjà au point, si bien que des intervalles courts ont meublé mon mois d’avril et de mai dernier, dès la reprise du vélo.

Durant cette période, j’ai notamment dû rebâtir ma puissance musculaire spécifique au vélo car sans home-trainer l’hiver dernier elle avait diminué puisque les jambes travaillent différemment en ski de fond.

Les longues sorties sur le vélo ont été réalisées essentiellement fin mai et en juin dernier, à la faveur du beau temps. Plusieurs sorties de 200 bornes, au travers d’un entrainement « polarisé ».

Du travail spécifique était au programme du mois de juillet, avec acclimatation à la chaleur intense. Pour moi, cela voulait dire des séjours à Whiteface près de Lake Placid, pour travailler le coup de pédale spécifique de la montagne. J’ai enchainé les ascensions, parfois deux par jour, et travaillé dans la grosse chaleur.

Le coup de pédale nécessaire dans les cols étant très spécifique, pour moi c’est un passage obligé pour nous cyclistes d’ici que d’aller à Whiteface ou dans la région du Vermont, où on trouvera des parcours comme celui des « Six Gaps » propices à ce travail.

J’ai peaufiné ma préparation finale par deux semaines dans la région de Nice juste avant la Haute Route, à grimper des cols en intensité (David attestera!), mais aussi en gérant du mieux possible le repos. Sur la Haute Route, il est crucial d’y arriver avec beaucoup de fraicheur, sous peine de passer une très mauvaise semaine.

Comme tout le monde, j’ai connu des revers, des moments difficiles. Ma préparation a régulièrement été perturbée par mon travail professionnel, très exigeant cette année. Il faut savoir maintenir le cap, et parfois serrer les dents. Il faut aussi savoir écouter son corps.

Ma Haute Route

Une première étape très difficile, 185 bornes et plus de 7h sur le vélo. Les 50 bornes de faux plats ascendants pour remonter la vallée de la Vésubie ont été très taxants pour beaucoup de participants, dont moi. Ca roulait très vite! J’ai payé le rythme élevé des premiers pelotons dans le premier col de cette Haute Route, le col de St-Martin. La Lombarde (2350m d’altitude) par la suite a été un long calvaire, surtout les 3 derniers kms, pentus. Le dernier tronçon chronométré de l’étape, long de 21 km vers Cuneo et accidenté, a été avalé à plus de 45 km/h dans la roue de quatre coureurs russes déchainés. Hallucinant!!

Une bonne 2e étape, mais le col d’Agnel, toit de cette Haute Route (2750m d’altitude) a été un très gros morceau, les 9 derniers kms étant à 10% de moyenne. L’Izoard bien.

Une bonne et belle 3e étape vers les Deux Alpes, en terrain connu avec Lautaret, Sarenne et l’ascension finale. Et de belles descentes rapides avec Maxime, notamment du Lautaret!

Le moment difficile de ma Haute Route est survenu dans la 4e étape, très difficile et longue (155km, Glandon, Madeleine, montée finale vers la station de Méribel). Sévèrement refroidi dans la descente des Deux Alpes, le moteur a eu bien du mal à démarrer dans le Glandon à 8h le matin, un col que je connais pourtant par coeur. Lâché, seul, démoralisé, l’étape me paraissait insurmontable et j’ai pensé à l’abandon pur et simple. Mais un kilomètre à la fois, la tête admirant les paysages grandioses du Glandon, je suis arrivé en haut. Retapé par le ravito, grosse descente du Glandon avec Maxime, la Madeleine s’est curieusement très bien passée dans la chaleur retrouvée. Grosse descente du col jusque Moutiers, et j’étais le plus fort de mon groupe dans Méribel, en profitant pour aider mes amis au prise avec diverses petites défaillances. Comme quoi les choses peuvent changer sur une seule étape!

5e étape de 10 kms, le chrono de la Loze (départ dans la station de Méribel), qui en a surpris plus d’un par ses pentes très irrégulières. Largement « overgeared » (34-29, il m’aurait fallu un 34-32 au minimum), j’ai perdu du temps à m’arracher à 40 de cadence dans certains passages à plus de 20%. Pour moi, 49 minutes de souffrance extrême!

6e étape magnifique, par delà les cols de Tra, le Cormet de Roseland depuis Bourg St-Maurice (c’est long!) et le Signal de Bisane / Saisies dans le final. Et encore une belle descente des Saisies avec Maxime!

7e étape la tête dans le guidon, la plus courte (99 kms) et celle avec le moins de dénivelé (2400m). J’ai tout donné dans le col de l’Épine et le col de la Croix-Fry, pour terminer sur le bord des crampes après le passage aux Aravis. Cuit sur la ligne!

En dehors du vélo

La vie en dehors du vélo est à la fois simple et compliquée sur la Haute Route.

Elle se résume chaque jour à: lever (habituellement 5h30 du matin), déjeuner, préparatifs, descendre les bagages dans le lobby de l’hôtel, se rendre au départ, donner le sac à dos et le race bag au service-course, vérifier la pression des pneus, l’étape sur le vélo, arrivée, repas d’après course, massage, retour à l’hôtel, monter les bagages, douche, lavage des vêtements, sieste, vérifier le vélo, souper (19h), finaliser les préparatifs du lendemain selon la météo, dodo à 21h30.

À noter que vos nuits seront probablement variables: des bonnes, et des (très) mauvaises. Jamais compris pourquoi!

Le matos

Un élément TRÈS important, votre sécurité en dépendant.

Lancé à plus de 80 km/h dans les descentes de cols composées de lacets parfois serrés et de précipices, il faut que la machine, notamment les freins, soit impeccable.

Boyaux neufs, patins de frein neufs, des roues parfaitement alignées, révision complète avant le départ, je ne peux remercier davantage l’équipe chez Marinoni pour leur excellent travail avec mon vélo et ce, depuis des années.

Équipé en Campagnolo Super-Record et roues Bora Ultra 35 à boyaux, Paolo Marinoni et Raoul m’avaient optimisé la machine fort de leur savoir-faire unique au Québec, me permettant de me concentrer ailleurs. Ils ont même poussé le professionnalisme à me recommander un changement de guidon avant le départ, une inspection de leur part ayant montré que celui installé sur mon vélo pouvait présenter un trait de fracture. Je n’ai pas hésité.

Sincèrement, merci Paolo et Raoul pour votre travail si pro. Vous êtes simplement les meilleurs et j’ai pensé à vous dans de nombreuses descentes.

Les amis, le soutien

Préparer une Haute Route, faire une Haute Route, ca implique évidemment bien du monde autour de nous. Vous avez besoin d’eux!

Perso, je suis reconnaissant à mon équipe cycliste, le Siboire-CCS de Sherbrooke, avec Stéphane, Maxime, Étienne, P-O et tous les autres, pour leur amitié et leur accueil. Ils m’ont motivé à ne rien lâcher, à me dépasser, ils m’ont insufflé une nouvelle motivation cette saison, sans toujours le savoir. J’aurais aimé rouler plus souvent avec eux ces dernières semaines, mais on va se reprendre!

Mes enfants, ma famille, mon frère cycliste lui aussi et compagnon de la première heure dans tous ces cols, étaient évidemment derrière moi. Après l’étape, c’est un réconfort.

Mes partenaires locaux d’entrainement, Martin, Erwan, Brass, Francis, G&J, Ludo, Éric, Oli, en particulier, avec qui j’ai partagé de nombreux kilomètres à l’entrainement, que ce soit à vélo ou sur mes skis. Ils te poussent aussi, toujours dans une ambiance tellement positive.

Sans oublier Rossi ces derniers mois.

Je n’oublie pas la meilleure physiothérapeute du monde, Stéphanie, qui m’a souvent permis un rapide retour à l’entrainement, suite à des petits bobos pour l’extrémiste que je suis. Sans elle, mon chemin vers la Haute Route aurait été nettement plus compliqué.

Et mes partners sur ce voyage et cette Haute Route, Martin, David et Fredo. Une équipe de choc, certes évoluant à divers niveaux, mais au sein de laquelle je savais que personne ne lâcherait jamais, et qu’ils avaient eux-aussi pris le départ pour terminer cette Haute Route, quoi qu’il advienne. Ils ont animé mes soirées, on a ri, on s’est entraidé, on s’est soutenu toute la semaine.

Maxime aussi, rencontré sur cette Haute Route et que je n’oublierai jamais. Tout un cycliste ce Maxime, gros moteur qui m’a souvent surpris. Polytechnicien, travaillant à Stanford en Californie, nous avons connecté vélo et en dehors du vélo. Salut Max!!!

Tous sont aujourd’hui des « Haute Route finishers ». Ils ont tout mon respect éternel. Je n’oublierai jamais l’émotion entre chacun d’eux et moi à l’arrivée samedi dernier. On l’a fait!

Ce n’était pas gagné d’avance, je pense notamment au sympathique Patrick Merle, contraint à l’abandon après avoir été victime d’une chute causé par un autre coureur dans la descente du premier col, le premier jour. Patrick était très déçu, et nous aussi pour lui.

David, un Ricard et ca repart! (je ne pouvais pas terminer cet article autrement). Comme ca, tout est nickel chrome…

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Quelques vidéos d’intérêt

43 Commentaires

  1. VOLPER Daniel

    Chapeau bas ! Félicitations pour avoir bien terminé cette semaine infernale.
    Merci pour le récit et de ne pas avoir manqué d’expliquer combien une grande (intensive) et méticuleuse préparation est indispensable.
    3500km de ski de fond représentent beaucoup de temps, c.a.d. des sacrifices dans l’emploi de son temps.
    En revanche, lorsque tu passes la dernière ligne d’arrivée, tu n’as pas de remords, car tu sais que tu as fait tout le possible nécessaire pour réussir.
    Bravo et merci encore pour toutes les chroniques en cours d’année.

  2. marius

    Merci pour cette expérience vécue de l’intérieur.
    Bien que les descentes soient neutralisées en temps, j’imagine que les pelotons lâchaient les freins pour ne pas voir revenir des coureurs lâchés. Tout cela au milieu des touristes et autres camping car. C’est le seul point dérangeant, surtout pour des descentes relativement étroite comme le Glandon ou La Madeleine.
    En tout cas, bravo d’avoir réussi ton défi.

    • Désolé, mais si c’est le seul point qui te dérange… on ne peut plus rien faire pour toi 😉

      Pour avoir vu passé la Haute Route, la sécurité me semble être à un bon niveau. Fin août, il y a beaucoup moins de touristes et de camping car.

      Le plus dangereux me semblant les derniers, parfois accrochés aux portières des voitures sous la complicité et la bienveillance de l’organisateur. « We can be Heroes, just for one day » because business is business. We did it because we felt it our duty.

      • Ils doivent probablement se dire que « Où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir »

    • Allez Marius !

      Pour un budget inférieur à 50 euros tu peux venir faire 215 km avec 5400 m de dénivelé pour moins de 50 € le 16 juillet 2023 sur le BRA avec une organisation 100% bénévole à la hauteur de ta passion pour le vélo.

      « Y a ce qui faut sur les tables, c’est pas les ravitos de la Marmotte ou de l’étape du tour et pour 1/4 du prix. »

      • marius

        Je ne manquerai pas d’étudier cette proposition de BRA 🤗. Je suis moi-même friand de défis jugés inutiles par la bienséance, alors que c’est justement parce qu’ils sont inutiles, qu’ils sont indispensables.

      • Edgard Allan Poe

        Quelques précisions quand même Eric…puisque j’ai couru la Marmotte pour la 1ère fois de ma vie en 2022.
        Les ravitos : perso, si je fais un arrêt au stand, c’est dans le but de trouver du carburant. Sur la Marmotte, des barres de qualité – je ne cite pas la marque – de la boisson isotonique, et pour le reste les choses que l’on trouve habituellement : bananes, coca, gateaux salés – un intérêt pour moi-, chocolat, pain d’épice…etc. Je suis passé au pire dans les 100 premiers, donc les tables étaient achalandées. Je ne sais pas pour la suite. Anecdote : le ravito du Galibier était assuré par l’armée !
        Evidemment, j’ai des copains qui cherchent le « vrai ravito », façon ardéchoise : saucisson, gros rouge, paté…etc. Pas vu sur la Marmotte !
        L’inscription, c’était 110 balles cette année. Hors de prix pour la prestation. Hors de prix pour moi.

      • marius

        @EAP, Je n’ai jamais fait la Marmotte. l’étape du Tour oui, cette année et il y a 19 ans.Cela reste un must. Je sais, 125€.
        Mais pour ce prix, zéro voitures et ceux qui ont la chance et aussi le niveau de partir dans le premier sas, ont réellement la même expérience qu’une course Pro. Évidemment, la tête de course se fait ravitailler à la volée par des assistants, alors que c’est forbiden (enfin je crois).
        Après en partant comme moi, avec un dossard à 5 chiffres, les descentes ressemblent à un gymkhana où il faut avoir 2 paires de yeux supplémentaires.
        Sinon, une cyclo historique à prix d’amis avec zéro voitures sur 90% du parcours, pour le tiers du prix.
        J’ai nommé la Fausto Coppi. Et en plus, vous avez un maillot qui a lui seul coûte plus cher que l’engagement.

      • Le commentaire entre guillemets n’est pas de moi. J’ai mis un lien en ligne d’un cycliste blogueur (le blog de Veloblan mais il n’est pour l’instant pas encore publié par la modération.

        J’aime bien son approche et sa pratique du vélo même si elle est très différente de la mienne.

        Perso, je suis incapable de parler de la Marmotte car cela fait trop longtemps que je n’ai pas participé.

        J’ai fait 5 Marmottes de 99 à 2004. J’en garde un bon souvenir. Mais c’était franchement une autre époque, sans TO et, de mémoire, des inscriptions inférieures à 100 francs. Je ne me rappelle pas m’être arrêté aux ravitaillements, ou alors très très brièvement pour ravitailler en eauou en Overstim.😅
        Les barres de qualité étaient déjà dans mes poches…

        Le BRA, c’est encore autre chose…. Avec de vrais repas. Si tu ne te moderes pas, tu pèses plus lourd sur la balance après qu’avant. 😂
        Les cyclistes sont dotés d’une puce qui leur permet de connaître leurs temps sur les différentes ascensions mais il n’y a pas de classement. Ce n’est pas une course… Même s’il n’est pas trop difficile de trouver quelques cyclosportifs qui y viennent pour s’entraîner, la convivialité, et rouler avec les poches plates😉

      • Quelques étapes du Tour aussi, Pau-Loudenviel en 1997, Grenoble les 2 Alpes 1998 et ma dernière en 2002 avec Aime ,Cluse. A l’époque, l’iscripition était beaucoup moins cher et le syndicat des Moniteurs des ESF nous offrait cuissard et maillot et hébergeait les moniteurs à l’hôtel.

        C’est vrai que c’est à faire au moins une fois.

        En 2002, j’avais également un dossard à 5 chiffres. Un peu énervé car je m’étais dépouillé pour faire du mieux sur celle de Grenoble Les 2 Alpes (en passant par la Croix de Fer et le Galibier). J’ai mis un autocollant blanc sur ma plaque de cadre. Je suis par conséquent parti avec les 500 premiers avec des cyclistes dont certains étaient très loin d’être des virtuoses car ils étaient simplement invités par leurs entreprises, sponsors de l’épreuve.

        J’ai terminé dans les 150 premiers (106 sur la ligne d’arrivée et un peu plus loin au chrono avec la puce).
        Je n’avais pas de quoi être fier car certains copains avaient marché 20 minutes dans le Cormet de Roseland.

        Là je me suis dit que les cyclosportives c’était un peu quand même de la merde.

        Bon… Je crois qu’aujourd’hui il y a un savant système de sas mais j’ai passé l’âge de me dépouiller aussi longtemps et mes priorités sont ailleurs.

      • Salut !
        Voilà une belle cyclosportive avec des km, du dénivelé et des cols mythiques.
        Je n’en avais jamais entendu parler avant de lire les commentaires de cet article.
        Très intéressant!
        Comme j’habite en Suisse, j’envisage de la faire en 2023.

        Yannick Cattin

      • marius

        C’est une randonnée cyclo touristique. Déjà 50 éditions. Pas de chrono, routes ouvertes, participants et ravitos conviviaux.
        Oui, pourquoi pas.

  3. Laurent aurait pu briller sur la La Transju MARATHON SKI TOUR !

    La Haute Route, son prix d’inscription excessif qui ne comprend meme pas l’hébergement et ses iniquités, une manifestation (je n’ose plus employer le mot course ou compétition) définitivement pas à la hauteur d’une si belle préparation et d’un si beau vélo…

    Félicitations quand même. En sport, le plus important et la valeur universelle n’est pas forcément le résultat mais c’est plutôt tout le chemin parcouru pour atteindre ses objectifs.

    • Félicitations quand même. En sport, le plus important et la valeur universelle ne sont pas forcément le résultat mais c’est plutôt tout le chemin parcouru pour atteindre ses objectifs.

  4. Edgar Allan Poe

    La route fermée sur la Marmotte ? Non, Marius. Sauf peut-être sur la montée matinale de la Croix de fer au sortir d’Allemond où nous occupions toute la route. La descente du Glandon était neutralisée en vertu de cette circulation d’ailleurs. Je n’étais certes pas dans les 10 premiers, mais pas très loin non plus.
    Je suis parti dans le premier sas, mais je ne comprends pas pourquoi une telle différence d’horaires imposée entre les sas.
    Pour le gymkhana dans les descentes, le pire est l’Ardéchoise où les circuits sont concentriques. Tout le monde se retrouve dans les 50 derniers kms. Beaucoup de cyclos anticipent aussi l’heure de départ officiel et il faut les doubler sur des routes étroites. Idem pour la floppée de VIP qui partent dans le 1er sas des 300 premiers et qu’il faut dépasser dans les 2 ou 3 premiers kms, certains étant entourés d’une cour qui les filme. C’est très dangereux. Je la déteste, mais elle est à côté de chez moi, et paradoxalement, elle m’a bien réussi cette année.
    Dans la montée du dernier col à 30 bornes de l’arrivée, j’estime avoir gueulé « à droite SVP » entre 500 et 600 fois, la canicule aggravant les comportements inadéquats.
    Faut être un peu con, hein , parfois pour faire du vélo, (n’est ce pas Laurent) ?
    Bon…j’en redemande. Très con !

    • Sur l’Etape du Tour, la route est privatisée. Je pense que c’est ce que voulait dire Marius.

      Pour l’organisation des sas, j’ai laissé un commentaire plus haut. 😉

      • marius

        Même avec des descentes privatisées, on n’a pas la même expérience en partant dans le premier ou deuxième sas, que dans le 10ieme. Il y a tellement de vélos dans le ventre mou du peloton, que dans le Galibier, il y avait souvent 3 vélos de front, avec des coureurs incapables de garder la ligne et qui coupaient inutilement l’intérieur du virage.
        Cela provoque des chutes, j’en ai vu deux, une dans le Télégraphe et une dans La Croix de Fer.
        Je préfère les raids en solitaire .

    • marius

      EAP, tu roules trop vite 😉.
      Les participants que tu as doublés à l’ardéchoise, sont sans doute ceux qui faisaient l’AVM, L’Ardechoise Vélo Marathon. Généralement, ils se font rejoindre dans le col de Lalouvesc, voir avant.
      Merci aux subventions de la région qui permettent un prix contenu de l’engagement. Sans cela, ce serait sans doute le double.

      • Il rattrape également les cyclotouristes qui roulent complètement pépéres et qui n’imaginent pas la vitesse à laquelle les meilleurs coursiers arrivent en pleine descente !

      • Les cyclotouristes qui font sur plusieurs jours…

    • Xavier B

      Bonjour à toutes et tous ! Voilà longtemps que je n’ai pas apporté ma pierre à l’édifice des commentaires, ce qui ne m’empêche cependant pas de vous lire toujours avec un grand intérêt.
      EAP : oui cette Ardéchoise en pleine alerte canicule a été comment dire…dantesque ? dangereuse ? dans Lalouvesc c’était à la limite d’une déambulation de zombies parfois : cyclos par dizaines qui poussent leur vélo, qui « titubent » en roulant, ou en train de chercher un coin d’ombre pour s’allonger, et puis aussi les malaises : types hagards soutenus par leurs copains… ! Tu as sans doute comme moi entendu retentir la sirène des pompiers, et vu passer les motos d’assistance médicale… Bref, cela ressemblait plus à une hécatombe qu’à une cyclo par endroits… Et les comportements inadéquats se retrouvent aussi en descente, sans parler du manque d’aisance/confiance technique de certains ; j’ai une roue libre silencieuse, et je me suis aussi surpris à parfois gueuler « gauche! », à bloquer ma roue arrière à deux reprises… Ma bonne étoile m’a tenu sur mes roues ! À l’arrivée, je me disais que l’année prochaine ce sera sans moi. Et maintenant je suis en train de me convaincre que ce n’était pas si terrible, et que finalement je remettrai bien le couvert (même si je pense plutôt à la Favorite à Yverdon pas loin de chez moi en « compensation »)… Comment l’as-tu écrit ? « Très con » ? 😉

      • Edgar Allan Poe

        Hello Xavier,
        Je n’avais pas vu ta réponse.
        Personnellement, j’aime bien la chaleur sur mon vélo. Je pense avoir été favorisé par les conditions météo, de fait.
        J’ai peut être moins vu de scènes dantesques que tu n’en as vues, même si c’était déjà pas mal.
        J’ai mis 5H21 pour faire la Volcanique. Un de mes voisins a mis 10H42, pile le double ! Et le dernier a un temps de 12:53…🥵🥵🥵pour le coup, l’exposition à la chaleur a du être bien pire que pour moi. Respect !

      • Xavier B

        Wow sacré temps EAP ! C’est un temps qui sent la première place sur une certaine catégorie, non 😉 ? En effet, tu as ainsi pu éviter les plus grosses chaleurs.
        J’ai roulé presque deux fois moins vite que toi et ai terminé mes Boutières en plus de 7h30, profitant des paysages et animations aux ravitos, etc. Ambiance tourisme – c’est la première fois que je venais en Ardèche.
        C’est d’ailleurs sans doute la raison (ma petite vitesse) pour laquelle j’ai plus été « témoin » de défaillances que toi. Fort heureusement, moi non plus je ne souffre pas trop de la chaleur sur le vélo, ni en général d’ailleurs. On peut même dire que j’aime ça ! Après tout j’ai vécu – et roulé – trois ans en Catalogne avant de m’installer dans le Jura Suisse… Allez assez raconté ma vie ! Bonne journée et belle semaine

  5. Edgard Allan Poe

    J’imaginais quand même que dans les 1800 € d’inscription était intégré l’hebergement.
    Donc, on est sur un ticket d’entrée à 3000 balles la semaine.
    Au final, je serais le premier à courir ce genre d’épreuves si elles étaient d’un abord plus commun.
    Ce que je crains, par contre, c’est que ce type d’organisations ne prenne le dessus sur les organisations plus classiques des fédérations. En plus, une course de vélo crée quelques nuisances sur la circulation, nuisances de moins en moins tolérées, générant en contrepartie quelques excès chez les automobilistes excédés. Et surtout, il est très difficile pour les organisateurs d’obtenir l’accord des préfectures pour mettre leurs épreuves en place.
    Je crains qu’il ne reste plus vraiment de place dans les années à venir pour les organisations fédérales, de clubs, celles accessibles à tous et qui constituent pour le coup de réelles compétitions.
    Je précise que je ne mets nullement en doute le niveau athlétique d’un grand nombre de participants à cette Haute Route, et remercie Laurent pour son témoignage.

    • « Je crains, par contre, c’est que ce type d’organisations ne prenne le dessus sur les organisations plus classiques des fédérations. »

      Mais c’est déjà le cas.

      En Oisans, si tu veux organiser une manifestation cycliste associative, il faut attendre les dates de la Marmotte et de l’éventuelle Etape du Tour qui sont prioritaires.
      Puis les organisations associatives n’arrivent pas à lutter à armes égales face aux officines privées.

  6. Edgar Allan Poe

    Laurent, Marius, j’ai un problème avec le concept « Be a pro for a day ».
    Personnellement, pour avoir couru quelques cyclos dans ma vie, comme ce dernier week-end la Vaujany, qui affiche effectivement « Be a pro for a day » dans ses flyers et autres communications, je ne vois pas vraiment la différence avec une course classique. A un détail près, car à la Vaujany, j’ai été ravitaillé par les bénévoles aux ravitos qui me tendaient des barres, gels, verre d’eau/coca et bidons de boisson isotonique sans que j’ai à m’arrêter.
    Pour le reste, où est la différence ? La route n’est pas fermée aux voitures. Il n’y a pas de voitures suiveuses qui dépannent en cas de crevaison ou de problème mécanique, sauf une voiture Mavic mais qui était plutôt en fin de course et servait à l’ensemble des participants.
    Franchement, en dehors d’avoir été survolé par un drône sur la dernière montée et de passer sous des arches publicitaires en haut des cols, je ne me suis pas senti a pro for a day!
    We can be Heroes…just for one day ?

    • 600 × 1899 € + la commission des villes étapes ou 15000 × 125€… et là encore des commissions de divers organismes publics… Possiblement tu peux être un héros mais encore plus sûrement un dindon😉

      Mais libre à chacun de croire « Be a pro for a day » dans le monde du sport business. Le problème est bien que ce type d’épreuves vient progressivement remplacer celles des clubs associatifs qui n’ont ni la puissance financière, ni l’entregent.

      Sinon, bien évidemment bravo à toi, à Laurent, à Marius et à tous les autres participants qui ne trichent pas avec eux même ou les autres…. car les parcours des cyclosportives sont impressionnants et tous les participants et encore + les meilleurs au scratch ou dans les catégories d’âge sont de bons sportifs, voir très très bons.

      • Je crois que David Bowie l’a écrit à Berlin en observant les amoureux qui se faisaient prendre en photo devant le mur qui venait de tomber.

        https://youtu.be/lXgkuM2NhYI

      • marius

        J’avais lu un article qui relatait que le bénéfice d’ASO pour une étape du Tour était d’un million d’Euros. L’Ardechoise et la Fausto Coppi ( je parle de ce que je connais ) sont à but non lucratif.
        Alors oui, ASO fait gagner de l’argent aux villes étapes, enfin, aux logeurs et restaurants. Mais on peut se poser la question.
        Est-ce juste de donner de l’argent public à une organisation à but non lucratif ? Après tout, cela profite à seulement 15000 adultes, pas de jeunes (interdit aux -18 ans). Cela ne passe pas à la télé non plus, au contraire du Tour de France. Beaucoup de riverains sont privés de liberté, le jour de la course.
        ASO organise également les courses du Roc d’Azur.
        L’essentiel du parcours est privé, donc il faut demander l’autorisation à chaque propriétaire.
        ASO y arrive moyennant soulte et/ou entretien des chemins ou espace naturel. Le VTT de masse, il n’y a rien de pire pour raviner, voir détruire des chemins.

      • nikko

        Eric, la chanson Heroes date de 1977, bien avant la chute du mur.

      • Merci Nikko pour cette précision.

        « David Bowie a écrit cette chanson quand il habitait Berlin, en voyant des amoureux s’embrasser contre le mur qui a coupé Berlin en deux après la deuxième guerre mondiale, le mur de la honte. Leur amour était un pied de nez à la haine . »

  7. marius

    Il faut lire est-ce juste de donner de l’argent public à des organisations à but lucratif

    • Cela rempli les hôtels et met en lumière une région mais c’est difficilement entendable pour une fonction publique en déliquescence par manque de budget.

      Et pour ASO, les services de la Police nationale sont à mon avis offerts, tout comme les services de la voiries et ceux du Service Départemental d’Incendie et de Secours.

  8. Steph

    @EAP : « Donc, on est sur un ticket d’entrée à 3000 balles la semaine »

    Du coup le concept serait plutôt au final « Be a pro for a pay ».

    • Sans les repas du soir 🤗…

      • Et c’est le tarif low-cost🤔

      • Et le bilan carbone d’une Haute Route ?

        Il faut malheureusement faire un lien entre la répartition des revenus et le changement climatique dont les premiers effets ne sont plus pour demain mais pour aujourd’hui.

        Très clairement, et j’en fais partie, nous jouissons aujourd’hui de nos loisirs au détriment de nos enfants et petits enfants.

        Éteindre la lumière et trier nos déchets ne suffiront pas à les sauver.

        Je ne vois qu’une certaine forme de modestie dans tous les domaines (c’est plus supportable que le terme sobriété). Ce ci sans aucune forme de leçon à donner car nous avons tous à balayer devant notre porte.

        Juste une prise de conscience….

  9. Edgar Allan Poe

    Je me permets de répondre à Xavier B, car je ne peux plus le faire dans le fil de discussion.
    Je suis parti pour les 176 kms avec deux bidons et une petite bouteille d’eau que j’ai jetée à un ravito. Soit environ 1.7 litres de liquide. Et encore, sachant que la petite bouteille mal refermée s’est partiellement vidée dans mes poches dorsales…
    Sur mes deux derniers adversaires, l’un a été ravitaillé 2 fois par un jeune de son club (son frère) qui roulait quelques centaines de mètres à ses cotés et lui donnait deux bidons. L’autre s’est arrêté auprès d’un gars qu’il connaissait sur le bord.
    C’est normal, le règlement est respecté me semble-t-il, et si je le pouvais, je ferais pareil. Mais sur l’Ardéchoise à 40°C, dans le dernier col qui est un four, ça crée une grosse inéquité !
    Je n’ai dû mon salut qu’aux faits que je ne boive pas beaucoup, habituellement, et qu’un cyclo qui s’est accroché à ma roue dans un moment de récup ait bien voulu me donner quasiment l’équivalent d’un bidon d’eau que j’ai versé dans l’un de mes deux bidons vides…
    Au vu de l’affluence sur les ravitos d’une telle cyclo populairesportive (10.000 participants cette année, environ), aux parcours concentriques, c’est à minima 3 à 5 minutes perdues sur un concurrent qui continue de rouler …

    • Xavier B

      C’est très juste. D’ailleurs, cela illustre le (grand) défi de faire cohabiter, sur ce type d’événement, la perspective « course » – la tienne – et la perspective « tourisme » – plutôt la mienne en l’occurrence…
      Pour finir ce hors sujet – toutes mes excuses à Laurent et aux autres contributeurs – peut-être verras-tu passer sur une certaine application orange une demande émanant d’un certain Xavier B… en Suisse. C’est bien de moi qu’il s’agira alors. Bonne soirée !

      • Edgard Allan Poe

        Demande validée.
        Par contre, je suis parfois fugace sur cette appli, adepte de l’adage « pour vivre heureux, vivons caché » !!!

  10. rouelibre

    Bonjour,
    Apparemment un cas positif à l’EPO sur la HR Huez de juin 2022 :
    https://www.3bikes.fr/2022/09/02/cyclosport-le-vainqueur-de-la-haute-route-alpe-dhuez-2022-suspendu-pour-dopage-a-lepo/
    Je n’arrive toujours pas à comprendre ce genre de pratique.
    Guillaume

  11. Bonjour,
    Les grands cols des Alpes françaises sont certes un must que beaucoup de cyclistes ont envie de faire au moins une fois dans leur vie, mais j’aimerais partager avec vous mon intérêt pour une région de Suisse nommée Valais. Dans cette partie du pays, de grands cols alpins sont également accessibles sans parler des multiples ascensions réalisables par des chemins peu fréquentés et où les paysages sont absolument splendides.
    Pour imager un peu mieux mes propos, je poste le lien vers la cyclosportive appelée Tour des Stations qui propose un Ultrafondo de 242 km et 8848 m de D+ (https://tourdesstations.ch/course/#parcours).
    Et ce n’est qu’un échantillon de ce qu’il est possible de gravir dans la région.
    Que vous soyez intéressé par la région ou pour participer à la cyclo, n’hésitez pas à me contacter.
    Yannick Cattin – Ultrafondo Tour des Stations Finischer 2022

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