Tous les jours, la passion du cyclisme

 

Auteur/autrice : Laurent Page 20 of 354

Bardet, le tweet qui fait réagir

Un récent tweet de Romain Bardet, auteur d’un beau Tour de Lombardie (8e), fait réagir le monde du cyclisme professionnel ces jours-ci.

Quand je vois ces images du Tour d’Emilie, une de mes courses préférées, je n’ai pas l’impression d’avoir monté le même versant de San Luca ces années-là (pour la faire simple 2 bornes à 10 %), c’était du moto GP cette année ?

Romain bardet

C’est vrai que les accélérations d’Evenepoel et de Roglic dans l’ascension finale étaient très impressionnantes.

https://www.youtube.com/watch?v=yRT8VQ4WgAM

C’est assez rare qu’un coureur pro en activité ose ainsi se poser des questions publiquement.

Du coup, ils sont nombreux à réagir.

Un bon résumé des réactions est disponible ici, dans cet article publié par le journal français Ouest-France. Warren Barguil, Maxime Bouet, Guillaume Martin y confient leurs impressions personnelles.

C’est vrai que globalement cette saison, les watts sont repartis à la hausse, les moyennes aussi. Les calculs de puissance de Vayer et Portoleau vont dans le même sens, notamment sur la récente Vuelta où Roglic a quand même épinglé quelques perfs assez exceptionnelles.

Je suis assez d’accord avec le fait d’être prudent et de ne pas attribuer tous les progrès en watts au dopage; certains viennent certainement de vélos au meilleur rendement, du développement de la science de l’entrainement, des progrès en nutrition et préparation physique générale, de l’usage plus répandu des stages en altitude, des micro-coupures permettant aussi des conditions physiques plus stables à de haut niveau, etc.

Mais on ne peut pas exclure non plus le recours à de nouvelles formes de dopage pour autant! Certains faits troublants ont été observés cette saison. Et beaucoup de très jeunes coureurs affichent une précocité surprenante.

Du coup, je vous ai souvent écrit depuis ces derniers mois que je me pose aussi des questions devant certaines performances ou certaines séries de succès, notamment celle de l’équipe Bahrain-Victorious cette saison. Ca a commencé avec la 2e place de Caruso sur le dernier Giro.

Avec Marc Kluszczynski, fin observateur du cyclisme, on a essayé de faire le tour de la question des nouvelles formes de dopage, dans une série de deux articles diffusés récemment sur La Flamme Rouge. C’est ici et ici.

Marc Kluszczynski a lui-aussi réagi au récent tweet de Romain Bardet, et il revient sur la situation en se posant la question suivante: comment parler de dopage dans le cyclisme?

Je diffuse aujourd’hui son texte, en le remerciant de cette nouvelle contribution pour La Flamme Rouge.

Le dopage est un sujet difficile. Quel cycliste se dope ? Tous les cyclistes sont-ils dopés ? Faut-il attendre un cas positif pour écrire sur le sujet ? 

On peut tout de suite éliminer ce dernier choix, considérant qu’un cycliste comme Lance Armstrong n’a jamais été contrôlé (officiellement) positif. Il n’est pas le seul ! Tous les cyclistes du World Tour ne sont certainement pas tous des tricheurs.  Par exemple, l’irlandais Dan Martin (ISN) vient de prendre sa retraite. Il déclare partir la tête haute, comprenons qu’il n’a jamais cédé au dopage, malgré son passage chez UAE Emirates en 2018 et 2019. Sa dernière année n’aura été marquée que par une victoire d’étape au Giro. Son meilleur résultat sur un Grand Tour a été une 4ème place à la Vuelta 2020.  On se souvient aussi de sa victoire en 2013 à Liège-Bastogne-Liège et de sa chute dans le dernier virage l’année d’après alors qu’il était encore bien placé pour la victoire. Mais Dan Martin n’en dira pas plus sur le dopage, l’omerta étant encore de mise dans le peloton. 

Cette année, devant les performances de certains, en forme de février à octobre, certains pro français encore en exercice ont osé parler. Leur propos rassure sur la manière de traiter le sujet sur la Flamme Rouge. S’ils nous lisent, merci à eux pour leurs déclarations sans équivoques. 

David Gaudu (GFC) déclarait le 8 octobre avant le Tour de Lombardie : « Cela roule beaucoup plus vite qu’avant dans le peloton ! Avec le niveau stratosphérique de Primož Roglič, il faut battre ses records tous les jours sur toutes les arrivées un peu difficiles. C’est une année où cela roule vraiment très très vite ». Quand on pense que le gars a été orienté vers le saut à skis dans sa jeunesse, cherchez l’erreur ! 

Alexis Vuilllermoz (TotalEnergies), de retour dans le peloton suite à sa chute du CLM du Tour de Suisse, parlait d’une reprise délicate au Tour d’Emilie Romagne « Formule I ». 

Sur la même course, Romain Bardet (DSM) comparait la montée de San Luca (2 km à 10%) à une compétition de Moto GP cette année tant la vitesse atteinte par Roglič (Jumbo Visma) vainqueur au général, était élevée.

Il faut donc continuer à écrire sur le dopage alimenté par les soupçons apportés par les surhommes du vélo. Merci à eux aussi : ils se tirent une balle dans le pied !

Pogacar, le nouveau Merckx c’est lui!

Le Tour des Émirats arabes unis (février)

Tirreno-Adriatico (mars)

Liège-Bastogne-Liège (avril)

Le Tour de Slovénie (juin)

Le Tour de France, avec trois victoires d’étape, le classement du meilleur grimpeur et du meilleur jeune (juillet)

Et maintenant, le Tour de Lombardie (octobre)

Ha oui, et au passage plusieurs belles places sur des grandes courses, notamment la médaille de bronze lors de la course sur route des Jeux olympiques (juillet).

Il vient d’avoir… 23 ans.

Tadej Pogacar a fait une saison « à la Merckx« , c’est à dire en gagnant de février à octobre.

Fort, très fort.

Pogacar, c’est bien lui le nouveau Merckx.

Deux Monuments dans la même saison, en plus du Tour de France. Seuls Fausto Coppi et Eddy Merckx avant lui avaient réalisé pareil exploit. Ouf.

Pensez-y deux minutes: être capable après un début de saison chargé et après avoir épinglé le Tour de se remotiver, de refaire des sacrifices à l’entrainement pour revenir en grande forme et s’imposer lors de la dernière grande course de la saison, en octobre… Beaucoup d’autres coureurs ont déjà (dans le passé) et auraient dit après le Tour « à l’an prochain ».

Sa course samedi en Lombardie a été limpide: il est sorti sur un contre en répondant à Vicenzo Nibali qui a mis le feu aux poudres au début de la dernière difficulté du jour. L’accélération de Pogo a été foudroyante, personne n’a pu suivre. Il y avait pourtant du beau monde avec lui à ce moment, notamment Roglic, Alaphilippe, Woods et Yates.

Jusque là, la course avait été rapide, et tout le monde commençait à être dans le dur.

Seul un très surprenant Fausto Masnada est parvenu à rentrer sur le champion slovène seul devant, au prix d’une belle poursuite notamment dans la descente juste après.

Masnada était sur des routes qu’il connait par coeur, ce qui l’a aidé à rentrer.

Le duo n’a plus été revu et Pogacar n’a pas eu de mal à disposer de l’Italien dans le sprint. Une formalité.

Ce qui pose une question: la Deceuninck a-t-elle jouée la bonne carte samedi? Celle d’Alaphilippe ne leur aurait-elle pas permis de nourrir d’autres espoirs?

Remco Evenepoel, lui, n’était pas dans un grand jour et a déclaré à l’arrivée avoir eu une panne de jambes de cinq minutes au plus mauvais moment. Bizarre quand même.

Mention très bien quand même à Masnada, un homme de l’automne, qui a réussi à rester au contact de Pogo dans la dernière petite bosse du Colle Aperto à quatre kilomètres de l’arrivée. C’était noir de monde dans cette ascension, le cyclisme italien à son meilleur!

Bref, Pogo va passer un très bel hiver, serein. Ses adversaires, moins: je suis sûr qu’il y en a plusieurs qui se demandent aujourd’hui comment on pourra battre le champion slovène l’an prochain!

https://www.youtube.com/watch?v=KZ5kV5Z4pGs

Revoilà El bala

Incroyable mais vrai: quelques semaines après sa violente chute sur la Vuelta, AleJet Valverde, 41 balais, termine 5e du Tour de Lombardie.

Je n’en reviens pas de ce type. Quelle motivation!

Woods 9e

… et dernier du sprint au sein du premier groupe de chasse derrière Pogo et Masnada.

Mike Woods était fort samedi, aucun doute là-dessus: il a été un des seuls à notamment pouvoir répondre aux relances d’un Romain Bardet bien en jambes dans les derniers kilomètres.

Mais il n’a pas pu aller chercher la 3e place. Sûr qu’Alaf, Valverde ou encore Roglic sont plus rapides que lui au sprint.

La saison de Mike Woods aura été à cette image: beaucoup de belles places, mais peu de podiums.

Deux victoires, une étape du Tour de Romandie et une autre sur le Tour des Alpes Maritimes et du Var en début de saison.

On retiendra un mot de sa saison 2021, qui donne espoir pour 2022: constant.

Mike Woods a été constant en 2021. Il est désormais capable de toujours faire le final de toutes les courses difficiles et accidentées avec les meilleurs cyclistes du monde dans ce registre.

Il faut maintenant qu’il trouve comment gagner.

Il ne dispose pas du sprint comme arme. Il va falloir trouver autre chose.

Perso, je pense qu’il peut marquer les esprits et se constituer un beau palmarès en étant plus spécifique sur les étapes et courses d’un jour qu’il choisit pour jouer la gagne: ca lui prend des arrivées en altitude, c’est aussi simple que cela.

Les grands tours en regorgent.

On se souviendra tous de sa 2e place sur l’étape-reine du Tour de Suisse, une 2e place crève-coeur car il était le plus fort ce jour-là.

Lombardie: Roglic-Evenepoel, le match

115e édition du Tour de Lombardie demain samedi.

La « course aux feuilles mortes »!

Et la course de Fausto Coppi, quintuple vainqueur et jamais égalé. Vicenzo Nibali est le coureur encore en activité le plus titré sur ce Monument, avec deux victoires. Une troisième victoire samedi lui permettrait de faire jeu égal avec Henri Pelissier, Costante Girardengo, Gaetano Belloni, Gino Bartali, Sean Kelly et Damiano Cunego, plus près de nous.

C’est dire si s’imposer plusieurs fois sur cette course de fin de saison est difficile. À la difficulté du parcours, il faut savoir entretenir sa motivation et gérer sa fatigue au terme d’une longue saison.

Au menu de Messieurs les coureurs, 239 kilomètres entre Côme et Bergame.

4400 mètres de dénivelé!

Les coureurs attaqueront par le traditionnel pèlerinage à la Madonna des Ghisallo, patronne universelle des cyclistes.

Suivront une succession de belles ascensions jusqu’au Passo di Ganda où la course devrait se jouer.

Le défi, c’est que le sommet de cette dernière bosse, qui comporte des rampes à 15% dans son final, se situe à… 32 kms de l’arrivée. Ceux qui basculeront avec une petite minute de retard en haut pourront encore espérer rentrer sur la tête de course si ca collabore bien.

Pour les grimpeurs, il faudra donc bien gérer ces 30 derniers kilomètres. Ne pas partir seul est probablement une bonne idée.

Et les trois derniers kilomètres sont en descente, très roulants.

Ca sera assurément un final compliqué!

Surtout que côté météo, on annonce des averses de pluie. Les descentes pourraient être dangereuses, surtout que les coureurs y prendront des risques avec des écarts probablement peu importants au sommet des bosses.

Départ à 10h20 heure de Côme, 4h20 du matin heure du Québec.

20 000 euros au vainqueur.

Les favoris

Deux archi-favoris: Remco Evenepoel et Primoz Roglic.

Remco Evenepoel est en très grande condition, sa récente victoire sur la Coppa Bernocchi acquise après 40 bornes solo sous la pluie ne laissant aucun doute.

En voilà un qui ne faudra pas laisser partir dans le Passo di Ganda voire dans l’ascension précédente car il est capable de résister solo au retour de ses poursuivants.

Son équipe Deceuninck dispose d’une véritable armada: Alaf, Devenyns, Almeida surtout, très fort en ce moment, ainsi que Masnada.

Je pense que Remco a besoin d’une victoire en Lombardie pour clore la polémique qui fait rage en Belgique sur la stratégie de l’équipe nationale sur les Mondiaux. Eddy Merckx, Remco lui-même en ont rajouté cette semaine, ce n’est pas bon.

Et il voudra également « effacer » sa chute survenue en 2020 sur la même course.

Ses équipiers Alaf et Almeida peuvent aussi s’imposer c’est clair. Faudra voir comment la Deceuninck orchestrera sa course d’équipe, surtout pour éviter de nouvelles polémiques!

Leur adversaire principal sera Primoz Roglic, littéralement impérial mercredi sur Milan-Turin. Les autres avaient l’air de cadets! Vraiment très, très fort. Il faudra voir si un certain Jonas Vingegaard pourra l’aider.

Parmi les autres favoris, Adam Yates chez Ineos, lui aussi très fort sur Milan-Turin. Ineos aligne également Gianni Moscon, auteur d’un grand Paris-Roubaix.

Tadej Pogacar semble encore en progression et il devrait être dans le coup samedi après une 4e place mercredi.

Mike Woods sera lui aussi à surveiller. Les ascensions lui conviennent, mais peut-être moins le final car si ca devait arriver au sein d’une petite échappée royale, on sait tous que le sprint n’est pas la première qualité du coureur canadien.

Côté français, trois coureurs à surveiller: David Gaudu d’abord, Thibault Pinot ensuite, et enfin Benoit Cosnefroy. Guillaume Martin semble un peu juste.

Vlasov, Ulissi, Valverde – incroyable 10e de Milan-Turin – peuvent aussi prétendre au podium samedi.

D’autres bons coureurs sont au départ: Nibali bien sûr, son coéquipier Mollema vainqueur en 2019, Majka, Powless, Pozzovivo, Quintana et Lutsenko.

Les Canadiens

Outre Mike Woods, pas d’autres coureurs canadiens au départ, mais la liste finale des partants n’était pas encore disponible au moment d’écrire ces lignes.

Les femmes

Pas de Giro di Lombardia chez les femmes, du moins pour l’instant.

Et à propos de cyclisme féminin, ce beau vidéo « The Run Up » tourné à l’approche du récent Paris-Roubaix.

Milan-Turin

C’est ici, pour ceux qui auraient manqué ce beau final. Commentaires en portugais, je sais, mais c’est mieux que rien!

https://youtu.be/ZUanBzEXOe0

Petite salope

Quelques mots, échangés il y a des années au départ des courses.

Une fraternité dans l’effort, le cyclisme étant un sport si dur.

Le respect, toujours.

La Flamme Rouge, aussi. Ca rapproche parfois, malgré la distance physique entre nous.

Puis la vie qui te sépare, mais pas si différente au fond pour lui et moi.

Des enfants à s’occuper, une carrière. Métro, boulôt, dodo. Les années passent.

Survient la tuile. La vie est rarement un long fleuve tranquille. Surtout en vieillissant.

Tu espères le mieux, discrètement. Quelques mois plus tard, t’es heureux d’apprendre que l’enjeu est maîtrisé. Tu as certes gardé le silence, mais tu es fier de voir qu’une fois de plus, un coureur cycliste a montré de quel bois il était fait.

Après tout, nous sommes de sacrés gaillards.

De nouveau, t’es admiratif de ses exploits, de sa passion pour le cyclisme. De très bons résultats cette saison. Je suppose que souffrir sur un vélo n’est pas grand chose quant on a traversé l’enfer.

L’enfer se représente.

Petite salope.

Alors le compte-rendu de Milan-Turin attendra un peu. Jamais été là pour faire de l’audimat, encore moins du cash.

Aucun doute, la petite salope sera vaincue, car elle est seule: lui ne l’est pas.

Ce n’est qu’une question de temps, de patience: porter l’attaque au bon moment.

Sait pas à qui elle a à faire, cette petite salope: le gars est un teigneux, dans le bon sens du terme. Capable de rouler 250 bornes solo, pour les bonnes raisons.

Et de repartir le lendemain.

Lâchera jamais l’affaire.

Aujourd’hui, je pense à lui.

Prompt rétablissement, champ.

Demain, la route ne sera que plus belle.

J’aime Milan-Turin!

C’est la plus vieille course cycliste du monde: première édition en 1876!

10h09min de selle pour parcourir 150 bornes à l’époque. Le vainqueur s’appelait Paolo Magretti. Comique, ce coureur est aujourd’hui mieux connu pour ses travaux scientifiques dans le domaine de l’entomologie!

Traditionnellement courue au printemps, une semaine avant Milan San-Remo, le premier « Monument » de la saison, Milan-Turin se dispute à l’automne depuis 1987.

Avec le Tour du Piémont et le Tour de Lombardie, cette course fait partie du « Trittico di Autunno« , le triptyque de l’automne en Italie.

Le parcours a changé au fil des ans. Souvent disputée dans le vélodrome « Fausto Coppi » de Milan niché sur le Corso Casale, l’arrivée est aujourd’hui située au terme de l’ascension de la Superga, cette basilique sur les hauteurs de Turin, au terme d’une double ascension de cette rampe d’un peu plus de cinq kilomètres.

Torino, la ville de la compagnie Fiat!

Milan Turin est organisée par RCS, l’équivalent italien d’A.S.O. en France et propriétaire du Giro, des Strade Bianche, du Tour de Lombardie, de Tirreno-Adriatico et de Milan San-Remo.

Pour la petite histoire, Eddy Merckx n’a jamais remporté Milan-Turin, terminant 4e de sa seule participation, en 1973. On dit du Cannibale qu’il a tout gagné, mais pas la plus vieille course cycliste du monde en tout cas!

Par contre, le Canadien Mike Woods, présent au départ aujourd’hui, a lui gagné Milan Turin en 2019. Il avait également terminé 2e en 2016, preuve que cette classique lui réussit plutôt bien en raison de ses qualités de puncheur.

Le parcours

190 bornes, les 165 premiers presque tout plat pour ensuite attaquer deux ascensions de Superga sur les hauteurs de Turin. Ca se joue toujours là, entre puncheurs capables de générer beaucoup, beaucoup de watts sur quelques minutes.

Les favoris

Du très beau monde au départ, en mode « répétition générale » avant le Tour de Lombardie samedi, beaucoup plus difficile.

La Deceuninck débarque avec Alaphilippe, qui fait sa rentrée après les Mondiaux il y a deux semaines, ainsi qu’Almeida et Masnada.

Primoz Roglic, récent vainqueur du Giro dell’ Emilia, se pose aussi en grand favori de l’épreuve, et il est bien entouré chez Jumbo-Visma avec Sepp Kuss et George Bennett entre autre.

Mike Woods chez Israel Start-Up Nation a un bon coup à jouer. Il a prouvé sur le Tour de Grande-Bretagne qu’il est capable de suivre Alaf dans ses accélérations. Récent 3e du Giro Dell’ Emilia, il est fort et reposé en ce moment.

Tadej Pogacar voudra aussi répondre présent et faire des efforts afin de peaufiner sa condition en vue de samedi prochain. Il peut compter autour de lui sur les Hirschi, Ulissi, Polanc et Majka, une très forte équipe UAE Team Emirates capable de répondre à la WolfPack Deceuninck.

Sinon, on a d’autres coureurs intéressants à surveiller.

Vlasov et surtout Lutsenko chez Astana.

Les Français Guillaume Martin et surtout, Thibault Pinot qui est motivé en cette fin de saison. Pinot devrait être dans le coup demain dans la dernière ascension de Superga en vue de l’arrivée.

Chez Ineos, on a du beau monde aussi, notamment Geoghegan vu devant il y a deux jours en Italie, mais aussi Sivakov et Adam Yates.

Enfin, n’oublions pas Bauke Mollema et Vicenzo Nibali, très motivés en cette fin de saison. Nibali vient de gagner avec émotion son Tour de Sicile, preuve d’une bonne condition physique.

Et ce diable d’AleJet Valverde qui est de retour aux affaires après sa lourde chute lors de la 7e étape de la Vuelta. Incroyable ce type!!!

Petit Tour de l’actualité

1 – Remco Evenepoel

Le jeune prodige belge a gagné hier la Coppa Bernocchi, après 40 bornes solo dans le final et sous la flotte.

Il y a des signes qui ne trompent pas.

Evenepoel est en très grande forme et il sera un client toute la semaine en Italie.

Il sera le favori #1 sur le Tour de Lombardie samedi prochain.

Au coeur d’une controverse en Belgique quant aux récents Mondiaux, il est très certainement revanchard et veut prouver par ses résultats son point essentiel: il estime qu’il était le plus fort des Mondiaux, et que l’équipe de Belgique aurait dû être à son service, pas à celui de Wout Van Aert.

2 – La semaine italienne

Semaine chargée en Italie, avec aujourd’hui les Tre Valli Varesine, une course gagnée par le Québécois David Veilleux il y a quelques années rappelons-le.

Mercredi, Milan-Turin avec le champion du monde Alaf, ainsi que Mike Woods, Primoz Roglic, Tadej Pogacar, pour ne nommer que ceux-là.

Jeudi, le Gran Piemonte.

Et samedi, le Tour de Lombardie, 5e et dernier grand monument de la saison. Du beau monde au départ.

Les Deceuninck seront très difficiles à battre sur les prochaines épreuves italiennes, ils pourront compter, outre un Evenepoel en grande condition, sur le champion du monde Alaphilippe, sur Joao Almeida, sur Drys Devenyns, ainsi que sur Fausto Masnada, 3e hier de la Coppa Bernocchi et un homme toujours en forme et motivé en fin de saison.

3 – Thibault Pinot

Le grand retour!

Il a terminé 5e de la Coppa Bernocchi, de quoi signer son retour aux affaires du cyclisme professionnel et lui laisser croire en ses chances pour un beau Tour de Lombardie samedi prochain.

On est content de revoir ce coureur de talent être de retour au premier plan.

4 – Les gants à Roubaix

Je vous parlais de l’importance de porter des gants en course, surtout sur des épreuves comme Paris-Roubaix où les risques de chute sont importants et les surfaces particulièrement dangereuses pour les mains.

Sans le savoir, certains commentateurs de la télé anglaise en ont parlé dimanche.

Et la guidoline de Lizzie Deignan ne laissait aucun doute sur cet enjeu après la course des femmes samedi.

5 – Deceuninck et les crevaisons

Ca me surprend: silence radio sur les raisons derrière les multiples crevaisons des coureurs de la Deceuninck-Quick Step dimanche.

Lampearts, trois crevaisons.

Asgreen, au moins une crevaison.

D’autres coureurs de la formation ont aussi crevé.

Cette formation utilise des pneus avec chambres à air latex.

C’est vous qui voyez, mais j’ai ma petite idée sur les raisons de toutes ces crevaisons. Et chez Deceuninck, motus et bouche cousue, on ne veut pas nuire aux sponsors.

Et fait intéressant, les deux vainqueurs de Paris-Roubaix (hommes et femmes) roulaient sur des tubeless ce week-end. Colbrelli avait chaussé des tubeless de 30mm de section et Deignan était en mono-plateau de 52 dents, avec une cassette 12 vitesses derriere.

Des choix logiques selon moi, compte tenu de la nature du tracé de Paris-Roubaix.

6 – Les visages de Paris-Roubaix

C’est ici, toujours intéressant de voir à quel point les coureurs ont souffert dimanche dernier.

7 – Paris-Roubaix avec Israel Start-Up Nation

C’est ici, beau petit vidéo avec notamment Guillaume Boivin. On sent toute sa déception à l’arrivée, lui qui avait des jambes exceptionnelles dans le final.

8 – Record d’audience

France Télévision a signé un nouveau record d’audience dimanche dernier avec Paris-Roubaix: 2,8 millions de téléspectateurs!

L’effet Jaja, ou l’effet Marion?!

Chose certaine, la popularité du cyclisme se confirme, et pourtant au même moment le nombre de coureurs licenciés continue de diminuer.

Dans le monde d’aujourd’hui, nous ne sommes plus à un paradoxe près…

9 – Record de l’heure féminin

Comment passer sous silence que le record de l’heure chez les femmes vient d’être battu le 30 septembre dernier par Joscelin Lowden, avec 48,405 kms parcourus.

48,4 km/h de moyenne! Ouf!

Lowden s’est préparée de nombreux mois pour cette tentative et estimait à l’arrivée avoir géré sa course de façon conservatrice, suggérant qu’elle pourrait rouler plus vite encore dans l’avenir.

Les 49 km/h sont peut-être atteignables sous peu par les femmes, voire de briser la marque mythique des 50 km/h!

Le record masculin est détenu depuis 2019 par Victor Campenaerts avec 55,089 km dans l’heure.

Colbrelli, Boivin: au bout de l’enfer, leur paradis!

Quel dimanche de cyclisme!

Et ca n’a pas loupé: ce Paris-Roubaix restera gravé dans bien des mémoires, en particulier celles des amateurs de cyclisme au Québec.

Ca s’est joué à la pédale, le travail d’équipe étant réduit à peu de chose hier dans ces conditions climatiques.

Et quelle course incroyable de Guillaume Boivin!

Il nous aura tenu en haleine longtemps!

C’est pas compliqué: il pouvait gagner hier, aucun doute là-dessus. Très impressionnant, il répondait du tac au tac à chacune des accélérations du pourtant très remuant Mathieu Van Der Poel – je répète, Mathieu Van Der Poel! – dans le final.

Saleté de chute dans le secteur de Camphin-en-Pévèle, à 19 km de l’arrivée.

Sans cette chute, aucune raison de croire que Guillaume n’aurait pas pu rester avec son petit groupe Colbrelli-MVDP-Vermeersch qui a repris Moscon dans le secteur suivant du Carrefour de l’Arbre, et qui a joué la gagne sur le vélodrome.

Quoi qu’il en soit, c’est physiquement l’état de grâce pour Guillaume en ce moment. Des jambes de feu. Mais le principal est probablement ailleurs, dans la tête: avec une telle perf, le déclic s’opère. Avant, tu pensais faire partie des meilleurs; aujourd’hui, tu l’as fait. La confiance de Guillaume sera durablement renforcée et ca, ca fait une grosse différence.

Et pour nous, un réel plaisir et une fierté aussi de voir le maillot de champion canadien devant sur Paris-Roubaix, de quoi nous laisser de belles images dans la tête cet hiver!

L’Enfer du Nord sourit aux néophytes

Édition exceptionnelle hier, car les trois coureurs sur le podium en étaient tous à leur… premier Paris-Roubaix!!

Colbrelli a fait une course très juste, portant ses efforts aux bons moments, et s’économisant lorsqu’il le fallait, notamment dans les dix derniers kilomètres. Avec des jambes exceptionnelles en ce moment on le savait, il était le favori pour remporter ce sprint sur la piste de Roubaix, et il a su concrétiser.

Outre Guillaume Boivin, la révélation de l’épreuve c’est assurément le jeune Florian Vermeersch, 22 ans, déjà 3e du chrono U23 des récents Mondiaux (ne pas confondre avec Gianni Vermeersch chez Alpecin-Fenix).

Lui aussi en était à sa première participation, et il a passé la journée devant! Il a également été très impressionnant dans le sprint, Colbrelli ne le remontant que dans les 25 derniers mètres. Vermeersch s’offre au passage Mathieu Van Der Poel sur la ligne, excusez-du-peu.

Ce dernier se « contente » de la 3e place et sa déception était palpable tout juste après l’arrivée. Je suis d’avis que MVDP en a trop fait dans les 15 derniers kilomètres, et qu’il a mal négocié son sprint une fois sur la piste de Roubaix: il fallait laisser Colbrelli devant! Tu ne veux jamais amener un bon sprinter dans ta roue sur une piste.

Chapeau quand même à MVDP hier, grand animateur de la course qu’il a lancée loin de l’arrivée, dans la traversée d’Arenberg. Fort, très fort. MVDP s’accordera désormais une pause, tout comme Wout Van Aert d’ailleurs, avant de reprendre les courses de cyclo-cross en décembre prochain.

Mention très bien également à Gianni Moscon hier, très fort dans le final avant de chuter sur les pavés, je pense en raison d’une pression trop forte des pneumatiques sur le nouveau vélo pris en rechange suite à sa crevaison. Et oui, il faut aussi penser à ca!

Mention très bien aussi au Français Christophe Laporte, excellent 6e chez Cofidis.

Deceuninck, l’échec

Le fait peut-être le plus marquant hier a été la déconfiture presque complète de l’équipe belge Deceuninck, pourtant en surnombre jusqu’à l’entrée de la Trouée d’Arenberg.

Dans leur cas, la course s’est déroulée en deux temps: parfaite jusque Arenberg, l’hécatombe après. Exit les Asgreen, Stybar, Declercq, Sénéchal, tous à la trappe.

Seul Yves Lampaerts a pu sauver les meubles, terminant finalement 5e après s’être bien battu pour revenir de pépins mécaniques.

Pour la Deceuninck qui court habituellement sur des pneus, des enjeux à ce niveau hier? Chose certaine, les pneus dotés de chambres à air à l’intérieur sont plus sujets à des « chocs pincement » lorsqu’on les roule à basse pression, ce qui était nécessaire hier sur de tels pavés gras.

Quant à l’autre grand favori Wout Van Aert, une course à l’image de celle de ses Mondiaux: il a subi. Manifestement, Wout semble fatigué en cette fin de saison, comme s’il n’avait jamais récupéré de son Tour de France époustouflant en troisième semaine. Il a également été esseulé bien rapidement, même s’il avait deux hommes dans l’échappée devant: ca ne lui aura finalement servi à rien.

À noter que Hugo Houle n’a pas terminé et que Ben Perry est arrivé hors délai, fixés hier à 29min.

Paris-Roubaix femmes

Là encore, une course intéressante, bien qu’elle ait été pliée assez rapidement, Lizzie Deignan y allant d’un sacré numéro en solitaire.

82 kms seule devant!

Le rapproché de Marianne Vos dans le final aura été vain, elle est partie trop tard en poursuite. L’Italienne Borghini a complété le succès pour l’équipe Trek-Segafredo, avec une 3e place.

La Canadienne Alison Jackson termine 24e à un peu plus de six minutes.

J’ai été surpris par Deignan samedi: la seule à avoir disputé Paris-Roubaix sans… gants! Je n’ai vu aucun homme, et aucune autre femme oser ce pari.

Sans gants, une chute peut être catastrophique pour les paumes de main, un endroit compliqué à guérir et très handicapant pour la suite de la course, si jamais vous pouvez repartir.

Mike Woods 3e

Week-end faste pour le cyclisme canadien puisque Mike Woods a terminé 3e samedi du Giro Dell Emilia, remporté par Primoz Roglic devant Joao Almeida.

À la 5e place, un certain Remco Evenepoel.

Mike Woods prouve hors de tout doute qu’il est en excellente condition, et ca va nous faire une semaine très intéressante, avec Milan-Turin mercredi suivi du Tour de Lombardie samedi prochain, sur un parcours redessiné. Woods sera l’un des favoris de ces deux épreuves, mais la concurrence sera vive.

Pas tout à fait finie, cette saison!

Paris-Roubaix: ca sera très ouvert et… dantesque!

Ne manquez pas ca ce week-end: Paris-Roubaix!

La Reine des Classiques. L’Enfer du Nord. Le vélo à son meilleur, dans son côté « tragédie grecque ».

En effet, tout peut arriver sur cette course: même en tête à quelques hectomètres de l’arrivée, tu n’as jamais course gagnée. Crevaisons, pépins mécaniques, chutes, défaillances, l’histoire de cette course est jonchée de drames et donc d’exploits aussi.

118e édition de Paris-Roubaix ce dimanche chez les hommes, 1ere édition chez les femmes samedi.

Ca s’annonce dantesque sur les deux épreuves, avec de la pluie et du vent, beaucoup de vent, mais orienté favorablement par rapport à la progression des coureurs. Toujours ça de gagné!

La pluie, ca entretient un pavé glissant. Dimanche, il faudra voir l’impact sur les secteurs pavés qu’aura eu la course des femmes la veille, avec pas mal de véhicules de course y circulant.

30 secteurs pavés à affronter chez les hommes, 17 chez les femmes, pour un total de 258 kilomètres dans le premier cas, 116 dans le second.

Les secteurs névralgiques sont toujours les mêmes: la trouée d’Arenberg au km 163, moment où la course se lance vraiment pour les favoris. Orchies, Mont-en-Pévèle, Templeuve, le Carrefour de l’Arbre où la course s’est jouée si souvent, à 25 kms de l’arrivée.

Le sprint sur le vélodrome n’est jamais simple non plus, surtout pour ceux qui n’ont jamais fait de piste. Et un sprint après 258 bornes et 30 secteurs pavés, ca réserve souvent des surprises!

Bref, l’intérêt de Paris-Roubaix, au-delà de son côté spectaculaire, c’est qu’il s’agit d’une course où la sélection se fait autant par l’avant que par l’arrière. Toujours très imprévisible!

Les favoris

Ils sont très, très nombreux cette année à pouvoir rêver s’imposer à Roubaix.

En premier lieu, Wout Van Aert bien sûr, qui aura à coeur de prendre sa revanche après son échec aux Mondiaux. Il a la Jumbo-Visma à son seul service, et il a aussi la pression.

En deuxième lieu, Mathieu Van Der Poel, son éternel rival, qui découvre Paris-Roubaix pour la première fois. Gageons que ces deux-là se marqueront une nouvelle fois à la culotte. Mathieu a affirmé hier croire en ses chances de victoire, il est là pour faire la course et je suis convaincu qu’il n’aura pas peur de lancer les hostilités de loin. Sa formation Alpecin-Fenix est également à son service.

La Deceuninck débarque en force également, avec pas moins de… quatre coureurs qui peuvent aspirer à la victoire! Asgreen, Lampaerts, Sénéchal et surtout, Stybar, auteur d’un grand Mondial la semaine dernière et spécialiste du cyclo-cross comme Wout et Mathieu, ne seront pas là pour faire de la figuration. C’est l’équipe à battre samedi, aucun doute là-dessus.

Derrière, on a une foule d’autres grosses pointures pour la gagne.

Par exemple, Dylan Van Baarle, 2e des Mondiaux il y a une semaine, et dont la formation Ineos présente de bons équipiers pour le néerlandais, comme Michal Kwiatlowski.

Attention, attention à Nils Politt chez Bora-Hansgrohe, deuxième de l’épreuve en 2019 derrière Philippe Gilbert. On l’a vu devant à attaquer à plusieurs reprises sur les récents Mondiaux. Logiquement, il sera dans le coup au Carrefour de l’Arbre dimanche, sauf pépin mécanique ou chute bien sûr.

Michael Valgren est le leader chez EF. Fort lui aussi en ce moment.

Chez Bahrain-Victorious, on misera Colbrelli ou Mohoric, deux coureurs pouvant facilement jouer la gagne dimanche. Colbrelli a l’avantage d’avoir une jolie pointe de vitesse.

Chez Trek-Segafredo, bien sûr Stuyven 4e des Mondiaux, mais aussi le jeune américain Quinn Simmons, qui voue une véritable dévotion à Paris-Roubaix. Forcément, ca joue sur la motivation!

La Groupama-FDJ comptera sur Kung et Demare, qui présente une belle pointe de vitesse si jamais il devait atteindre le vélodrome au sein d’un petit groupe disputant la gagne. Motivée, la Groupama-FDJ, chaque fois qu’elle se pointe sur Paris-Roubaix: Marc Madiot, son manager, ne vit que pour cette course!! (double vainqueur aussi).

On a d’autres coureurs à surveiller: Christophe Laporte chez Cofidis, Giacomo Nizzolo chez Qhubeka, avec son coéquipier Victor Campenaerts, le sympathique carnassier Taco Van Der Hoorn aussi chez Intermarché, pas un manche sur ce genre de parcours, ou encore Matteo Trentin.

Peter Sagan? Je n’y crois toujours pas.

Enfin, comment oublier le Québécois Guillaume Boivin, qui sera leader d’Israel Start-Up Nation dimanche. Auteur d’une remarquable saison 2021, champion canadien en Beauce il y a deux semaines, 17e des Mondiaux, il peut légitimement croire en ses chances dimanche d’un top-5. Il faut y croire!!!

Deux autres coureurs canadiens au départ, pour Astana-PremierTech: Hugo Houle et Ben Perry.

Boyaux, pneus ou tubeless?

Parmi les autres enjeux de la course, le matos.

Paris-Roubaix met à l’épreuve les mécaniques et s’il pleut comme prévu, il sera très intéressant de suivre la fréquence des crevaisons, et la capacité des équipes à les changer efficacement.

Pour des raisons commerciales, le peloton est passé sur freins à disque, toutefois moins faciles à changer rapidement. Mathieu Van Der Poel a perdu le récent Primus GP sur crevaison de la roue avant qui a pris trop de temps à changer, alors qu’avec un frein à mâchoire traditionnel et un déblocage rapide, il aurait pu revenir rapidement dans le groupe de tête.

On va voir ce que ca va donner dimanche!

Et on assiste également à une guerre entre le traditionnel boyau, le pneu (notamment chez Deceuninck) et le tubeless dans le peloton. Laquelle de ces trois options sera la plus fiable dimanche sur les pavés et sous la flotte?

Suspension avant

Ce n’est pas nouveau: on cherche à donner aux coureurs un peu plus de confort en intégrant aux vélos une suspension avant.

Greg Lemond et son équipe Z avaient monté des suspensions avant Rock Shox sur leurs vélos pour Paris-Roubaix au début des années 1990 dans ce but.

Samedi et dimanche, plusieurs coureurs équipés par Specialized utiliseront la suspension Future Shock 2.0 avec 20mm de débattement, une suspension située au dessus du tube de direction, juste en dessous de la potence. Le système peut facilement se barrer en tournant une clé située au sommet de la potence. Très astucieux! et probablement un réel avantage.

Pour les autres, on se repliera sur la tradition: la double guidoline! Une solution qu’adopte par ailleurs Julian Alaphilippe à l’année sur son vélo.

Le Tour de l’actualité

Avant de passer demain à une analyse de Paris-Roubaix qui sera disputé samedi chez les femmes et dimanche chez les hommes (et probablement sous la pluie), petit Tour de l’actualité des nouvelles récentes.

1 – RMC Sport

À ne manquer sous aucun prétexte, le dernier kilomètre des Mondiaux dimanche dernier tel que vécu en direct sur la radio RMC en France. Magnifique!!!

2 – Guillaume Boivin

Une entrevue vidéo de près de 25 minutes avec Guillaume Boivin, diffusée par RDS hier. Guillaume sera un des coureurs à surveiller dimanche dans l’Enfer du Nord.

3 – Mike Woods, les regrets

Plusieurs d’entre vous se sont posés la même question: pourquoi Mike Woods n’était-il pas sur les Mondiaux dimanche dernier?

C’est son choix, il convient de le respecter, mais vu la course de Guillaume, on se dit tout de même, avec deux Canadiens dans le final, ca aurait donné quoi?! Beaucoup de possibilités de briller en tout cas, ca c’est certain.

4 – Philippe Gilbert

Le dernier vainqueur de Paris-Roubaix devrait être au départ dimanche, mais personne ne croit trop en ses chances étant donné sa saison 2021. À 39 ans, le champion belge prépare sa sortie, et en ce sens vient d’être élu à la Commission des athlètes de l’UCI.

5 – Gordon Fraser

L’ex coureur pro canadien Gordon Fraser, surnommé « Flash Gordon » durant sa carrière en référence à sa pointe de vitesse, vient d’être nommé directeur sportif chez Israel Start-Up Nation. L’ancrage canadien de l’équipe se renforce doucement.

6 – 1,56

En million de téléspectateurs français qui ont regardé la course sur route des Mondiaux dimanche dernier, avec des pointes à trois millions notamment à l’arrivée. Ouf! Trois millions, c’est 40% de la population du Québec… et il faut ajouter à cela les autres audiences, notamment ceux qui suivaient la course sur Eurosport.

La popularité du cyclisme demeure en France.

7 – Chaudière

Elle s’appelle Bjorn Thurau, oui le fils de Dietrich. Bjorn, 33 ans, a été suspendu… près de 10 ans par l’agence antidopage allemande pour de multiples infractions liées au dopage. Dix ans de ses résultats ont également été effacés des tablettes.

Ca a le mérite d’envoyer un rappel…

8 – 95 grammes

C’est le poids de la nouvelle selle chez Selle Italia, la SLR Boost Tekno Superflow. Du très beau matos.

9 – Barguil, la guigne

Fracture du bassin pour le coureur breton, les suites d’une chute à l’entrainement du côté de Marseille. C’est dommage, on avait vu le breton à un bon niveau ces dernières semaines, et il aurait probablement pu bien faire sur les dernières classiques italiennes de fin de saison.

10 – Transferts

Ca bouge encore du côté des transferts en prévision de la saison prochaine. On fera bientôt le point sur ce sujet.

11 – Paris-Roubaix, la présentation

On fera le point demain à propos de l’Enfer du Nord samedi pour les femmes, dimanche pour les hommes. Ca s’annonce assez dantesque, avec de la pluie et des températures fraiches propres à durcir les courses.

Deux courses qui s’annoncent d’ors et déjà très, très ouvertes et compétitives. Ca promet!!!

Le Tour de l’actualité en cyclisme féminin

Ca bouge dans le cyclisme féminin en ce moment, c’est le temps pour un premier Tour de l’actualité dans ce registre.

1 – Alison Jackson 6e chez les élites aux Mondiaux

La nouvelle championne canadienne Alison Jackson a fait une sacrée course samedi dernier dans les Flandres pour terminer 6e au final.

Avec ce résultat, elle a peut-être donné une belle inspiration à l’équipe canadienne qui poursuivait le lendemain avec cette excellente 17e place de Guillaume Boivin.

Jackson sautait sur tout ce qui bougeait dans le final, ne faisant aucun doute qu’elle était parmi les filles les plus fortes ce jour-là. Gênée dans son sprint à 150-200m de la ligne, sans cet incident Jackson pouvait croire à un podium selon moi, par exemple la 3e place. Il s’en est probablement fallu de peu.

Alison Jackson sera normalement au départ du premier Paris-Roubaix féminin samedi prochain du côté de Denain. Aucun doute qu’elle peut elle-aussi, comme Guillaume, y faire une grande performance, et cela rehausse l’intérêt de la course pour les fans canadiens et québécois bien sûr.

Quand tu as des jambes de feu, il faut en profiter!

2 – Course femmes U23

L’absence d’une course chez les U23 femmes a fait couler beaucoup d’encre ces derniers jours. Les femmes réclament l’organisation d’une telle course, avec raison.

Le président reconduit de l’UCI (il n’avait pas d’adversaire contre lui pour cette élection), David Lappartient, a laissé entendre que l’idée était explorée, mais que cette course U23 se déroulerait « dans un premier temps » avec celle des élites.

Je partage totalement l’opinion d’Alison Jackson sur ce point: très mauvaise idée! Elle a twitté:

Non, merci! Cela signifie que chaque nation sera mise sous pression pour créer deux équipes : trois coureurs élite et trois coureurs U23 ? Cela enlève les places de course Elite, mais ne donne pas non plus aux moins de 23 ans une chance équitable. Faites-en une course à part entière.

Alison jackson sur twitter

On a tous vécu ce genre de course, où diverses catés courent ensemble: ca fausse tout, certains(es) coureurs(es) pouvant alors profiter de la course des coureurs(es) plus matures pour distancer leurs adversaires.

Un cyclisme féminin vraiment à la hauteur du cyclisme masculin passe forcément par un Mondial U23 chez les femmes aussi. On ne veut pas d’un cyclisme féminin au rabais, point final.

3 – Zoe Backstedt

Avec la victoire de la fille de Magnus Backstedt, vainqueur de Paris-Roubaix 2004, chez les juniors samedi dernier lors de la course sur route (elle a aussi terminé 2e du chrono), on a encore eu la preuve qu’en cyclisme plus que dans n’importe quel autre sport, « bon sang ne saurait mentir« .

Surtout que son autre fille, Elynor, est actuellement professionnelle chez Trek-Segafredo!

En vélo, sans les gênes te donnant naturellement un bon moteur, t’a beau t’entrainer comme une bête, ca n’arrivera pas.

4 – Retraite de Karol-Ann Canuel

La Québécoise domiciliée à Gatineau vivait ses derniers Mondiaux, et a pu remplir parfaitement ses responsabilités d’équipière d’Alison Jackson grâce à une belle condition physique.

Elle termine 31e de l’exigente course sur route, moins d’une minute derrière l’Italienne vainqueure.

Surtout, la tête haute. Ca s’appelle réussir sa sortie.

Il y a des coureurs(es) qui ne gagnent pas souvent au plus haut niveau, mais qui sont respectés(ées) de tous(tes) dans le peloton. Canuel est de celles-là.

5 – Paris-Roubaix féminin

117 kilomètres à parcourir pour cette toute première édition de Paris-Roubaix féminin samedi prochain. Départ 13h35, soit 9h35 heure du Québec.

17 secteurs pavés à franchir, dont certains célèbres comme Orchies, Mons-en-Pévèle ou le Carrefour de l’Arbre, où la course des hommes s’est souvent jouée.

Et surtout, l’arrivée sur le vélodrome de Roubaix, avec ce sprint toujours si particulier à négocier!

On va se régaler!

Paris-Roubaix, c’est une course intéressante parce que c’est autant une sélection par l’arrière (chutes, crevaisons, etc.) que par l’avant. Et ca convient à un type de coureurs(es) assez précis, puissants(es) et capables d’enrouler de gros braquets.

Une fille comme la championne italienne Elisa Longo-Borghini devrait jouer la gagne. Beaucoup d’autres seront à surveiller, comme Lotte Kopecky, Marlen Reusser, Annemiek Van Vleuten, Ellen Van Dijk, la nouvelle championne du monde Elisa Balsamo, Marianne Vos, ou encore Cecilie Uttrup Ludwig.

6 – Tour de France féminin 2022

Rappelons au passage que ce premier Paris-Roubaix chez les femmes précède de quelques mois le retour du Tour de France féminin, prévu pour 2022.

Les détails de l’épreuve seront connus le 14 octobre prochain, en même temps que sera dévoilé en banlieue parisienne le parcours du Tour de France chez les hommes. Et en attendant, toutes les rumeurs à ce sujet sur le toujours très exhaustif site Velowire.

7 – Une équipe féminine Cofidis avec Gabrielle Pilote-Fortin

De plus en plus d’équipes professionnelles se dotent d’une équipe féminine et Cofidis vient d’embrayer à ce chapitre.

Les Trek-Segafredo, Jumbo-Visma, Movistar, FDJ, Team DSM, Team BikeExchange, Arkea, Lotto-Soudal, Rally Cycling, sont déjà dans le peloton féminin depuis un moment.

La création d’une formation Cofidis chez les femmes en 2022 a été récemment annoncée et l’effectif, majoritairement français, comportera la Québécoise Gabrielle Pilote-Fortin.

Je pense que la création d’équipes hommes-femmes avec un même sponsor est un modèle porteur, notamment en raison des économies d’échelle, et d’un système susceptible d’accélérer le développement du cyclisme féminin, les équipes femmes pouvant alors bénéficier plus facilement du professionnalisme et de l’expérience des équipes masculines.

Espérons que d’autres sponsors présents en WorldTour chez les hommes emboiteront le pas.

8 – Patrick Lefevere has been?

Patrick Lefevere est un manager d’équipe très respecté. L’homme derrière la Deceuninck QuickStep sait mener des champions, sait tirer le maximum d’une équipe de compétition où les égos sont parfois bien présents, et sait aussi durer dans le sport professionnel.

Ses récentes déclarations sur la perspective d’une équipe féminine Deceuninck manquaient cependant de classe. Il a notamment affirmé qu’il s’intéresserait au cyclisme féminin quant il y aurait suffisamment de bonnes coureures, et qu’il n’était pas un « centre social ».

Insultant pour le moins!

Chez certains, les mentalités sont longues à changer. Et les femmes doivent non seulement s’employer à appuyer (fort) sur les pédales, mais aussi à investir de l’énergie à lutter contre les préjugés.

Pour preuve, on pourra regarder cet extrait d’une discussion entre Jeannie Longo, Marc Madiot et Laurent Fignon qui remonte au milieu des années 1980. Avec nos yeux d’aujourd’hui, c’est surréaliste!

Et on mesure d’où le cyclisme féminin est parti, et le chemin parcouru depuis quatre décennies.

9 – Maghalie Rochette en forme

La spécialiste du cyclo-cross vient de remporter les deux épreuves élite de cyclocross de Rochester aux États-Unis le week-end dernier.

Rochette continue sa préparation en vue des épreuves de la Coupe du Monde plus tard cette saison. Ca commence en octobre aux États-Unis avec les trois premières manches, Waterloo le 10, Fayetteville le 13 et l’Iowa le 17.

On savait Rochette en forme grâce à sa 2e place acquise lors des récents Championnats canadiens sur route, derrière… Alison Jackson. Le parcours était difficile, révélateur des conditions physiques.

Alaf, à l’instinct!

Ouf, quelle course hier!

On s’en souviendra longtemps. Notamment parce qu’une page de l’histoire du cyclisme s’y est écrit, comme on s’en doutait.

Méga-performance de Julian Alaphilippe. C’EST UN GÉANT!

Pour les livres, « Alaf » est devenu le premier coureur français à conquérir deux fois le titre mondial sur route. C’est le 7e coureur de l’histoire à réaliser l’exploit de défendre avec succès le titre acquis un an plus tôt.

Alaf a surtout gagné avec panache. Solo d’une part, en faisant tout péter à la pédale d’autre part. Pas une victoire à l’économie, ca c’est clair!

Il a surtout couru à l’instinct, faisant même fi des consignes du DTN Thomas Voeckler dans le final.

Il a attaqué plusieurs fois tout seul, c’est son instinct qui a parlé. Mais il m’a fait peur le con.

Thomas voeckler, 26 septembre 2021, journal le monde

Il m’a fait peur à moi-aussi.

Sur ses deux premières attaques à 58 et 49 kms de l’arrivée, j’ai cru à la grosse erreur, surtout qu’il sortait chaque fois isolé. Trop tôt, trop loin, trop de beau monde derrière… Il a eu le mérite de ne pas insister trop longtemps, voyant qu’il ne creusait pas.

Il a remis ca au km 21 (bien assisté à ce moment par un excellent Valentin Madouas), avant de porter la dernière estocade à 17 kms de la ligne. Ces deux dernières attaques étaient parfaites compte tenu du déroulement de la course juste avant. Il était alors clairement le plus fort et gagne un peu de la même façon que sur les Mondiaux 2020.

Remarquable équipe de France, discutable équipe de Belgique…

Selon moi, la victoire d’Alaf hier est aussi celle de toute l’équipe de France, qui a peut-être réalisé la course parfaite, se jouant de l’équipe de Belgique très habilement.

Cosnefroy a mis le feu aux poudres à… 180 kms de l’arrivée, créant du mouvement parmi les formations favorites. Evenepoel n’a pas pu résister à se porter devant sur cette accélération, et entre ce moment et le km 26 où il a finalement rendu les armes, il a prouvé son manque d’expérience au plus haut niveau: rouler comme un dingue devant fonctionne chez les amateurs, pas chez les pros!

Mais respect quand même pour la démonstration d’Evenepoel: quelle force!! C’est hallucinant ce coureur. On entendra beaucoup parler de lui encore, surtout s’il perfectionne ses trajectoires en descente de col et apprend un peu plus les rudiments de la tactique de course chez les professionnels.

Remco devant, les Français ont chaque fois laissé faire, profitant habilement du travail des autres et les laissant user de leurs forces.

Et chaque fois qu’une phase de course se terminait, qui relançait? Les Français! Cosnefroy, Madouas… et Alaphilippe bien sûr. Bien joué!

Les Belges se sont dispersés, surtout Evenepoel: imaginez une minute s’il avait gardé ses forces pour les 20 derniers kilomètres pour épauler Van Aert, plutôt que de se dépenser à amener comme une brute le groupe de tête pendant de nombreux kilomètres (en gros, entre les kms 45 et 26) dans le final? Ca servait à quoi? Éviter un retour du groupe de derrière? On s’en foutait, lâchés une première fois, ces coureurs l’auraient été une seconde fois!

Dans les 15 derniers kms, derrière Alaphilippe parti et les quatre coureurs intercalés, ne restait plus personne pour rouler dans le groupe Van Aert – Colbrelli – Van Der Poel. Un Evenepoel efficace dans ce groupe aurait stimulé la chasse, et aurait probablement incité les deux Italiens (Colbrelli, Nizzolo) qui restaient à ce moment à contribuer avec les deux Belges.

L’autre erreur des Belges, c’est une fois Evenepoel rangé, pourquoi Van Aert n’a-t-il pas marqué à la culotte Alaf? Il savait ce dernier en jambes, il avait attaqué trois fois plus tôt! Et si Van Aert jouait la carte de l’arrivée au sprint, c’était très risqué: Colbrelli était bien présent, et lui aussi disposait d’un équipier (Nizzolo) pour l’amener.

Bref, les Belges, qui n’ont aucun coureur sur le podium – qui l’eu crû avant le départ?! – n’ont qu’eux à blâmer selon moi. Ils ont été bien aveuglés par l’équipe de France qui signe un Mondial collectif exceptionnel. Les Belges ont voulu contrôler la course façon « rouleau compresseur », ca n’a pas fonctionné.

Enfin, on dira encore que Mathieu Van Der Poel était clairement un ton en dessous de son niveau habituel hier, ne pesant en rien sur la course. Dans sa forme habituelle et avec son tempérament d’attaquant, je pense qu’un MVDP n’aurait pas laissé filer Alaf aussi facilement.

Tom Pidcock, lui, nous a tous surpris, étant un actif du final. Lui aussi paye probablement son inexpérience tactique dans ce genre de course chez les pros ainsi que son isolement, l’équipe du Royaume-Uni ayant été décimée tôt dans la course.

Probable révélation de ces Mondiaux, l’Américain Neilson Powless, 25 ans, devant quasiment toute la journée et ne ménageant pas ses efforts. J’ai été soufflé par le niveau du vainqueur plus tôt cette saison de la Classica San Sebastian. Et mine de rien, avec Valgren, les Education First occupent les 3e et 5e places de ces Mondiaux hier!

Guillaume Boivin, une course de ouf!

Pour les fans de cyclisme canadiens et québécois, on se souviendra longtemps de ces Mondiaux en raison de l’exceptionnelle 17e place de Guillaume Boivin qui confirme ainsi son excellente saison 2021.

En gros, notre nouveau champion canadien termine dans le premier groupe de chasse derrière l’échappée avant qu’Alaf n’en sorte. Imaginez le niveau!

Je n’en revenais pas de voir un maillot canadien présent dans ce final si difficile, après une course si usante. Sur une telle course, tu peux pas mentir sur ton niveau.

Des coureurs comme Roglic, Pogacar, Mollema, Almeida, Matthews, Sagan, même Cosnefroy terminent derrière Guillaume à l’arrivée.

Très fort. Très inspirant.

Guillaume Boivin s’alignera sur Paris-Roubaix la semaine prochaine, avec sa condition actuelle il peut tout faire sur cette course, il faut y croire. Solide coureur, rapide au sprint, endurant, et probable coureur protégé chez Israel-Start Up Nations, un grand résultat n’est pas loin!!!

Petite mention moins bien au public des Flandres

Ca s’entendait à la télé: en échappée dans le final, Alaf a souvent fait l’objet de huées du public très nombreux massé sur le bord de la route, et qui a contribué bien évidemment à mettre l’ambiance de la journée.

On peut comprendre: le public flamand était venu voir la victoire d’un coureur belge bien sûr, et flamand de préférence on peut supposer.

Après l’arrivée et devant les journalistes, Alaf a eu ces mots intelligents qui ont rapidement mis un terme à la situation sans provoquer de controverse, lui qui court pour une équipe belge. Une autre victoire d’Alaf hier!

Beaucoup de supporters qui étaient pour la Belgique et pour Wout Van Aert, dans le dernier tour, me demandaient de ralentir, ils n’avaient pas des mots très sympas. Je tiens à les remercier, car ca m’a donné envie d’appuyer encore plus fort.

Julian alaphilippe

Et toc!

Paris-Roubaix, la suite

Un autre beau week-end de courses professionnelles nous attend la semaine prochaine, avec le 2 octobre la première édition de Paris-Roubaix féminin, ca sera super-intéressant de voir comment le peloton féminin négociera les divers secteurs pavés.

Le 2 octobre également, le difficile Giro dell’Emilia pour les coureurs qui n’iront pas à Paris-Roubaix. Je pense qu’on y verra notamment Mike Woods.

Dimanche 3 octobre, la Reine des Classiques, 118e édition de Paris-Roubaix. Un autre très grand rendez-vous de la saison cycliste, et une course qui marque toujours.

Wout, toute la Flandre t’attend!

Ca s’annonce dantesque… et imprévisible, d’où l’intérêt.

Installez-vous confortablement dimanche matin (départ à 10h25 d’Anvers, soit 4h25 du matin heure du Québec) pour suivre ce qui sera peut-être la plus belle course sur route de la saison 2021.

Les Championnats du monde!

Au bout des 268 kilomètres de cette course qui se dispute dans l’un des hauts-lieux du cyclisme, la Flandre, le maillot irisé tend les bras au vainqueur. Le maillot irisé… le 2e le plus convoité en cyclisme après le maillot jaune (et c’est discutable!).

Je peux vous dire qu’il y a un paquet de coureurs qui sont motivés.

La foule, les fans passionnés de vélo, et qui devraient être nombreux sur le bord des routes, donneront encore plus d’énergie aux coureurs qui savent que dimanche, ils écriront une nouvelle page de la légende du cyclisme.

Ca devrait être une course de mouvement, pas une sélection par l’arrière. Le parcours est difficile, mais pas trop difficile. Les attaques devraient se succéder à un bon rythme dans les derniers 60-80 kms, après la toujours hautement probable échappée matinale.

Cette échappée matinale pourrait contenir des coureurs canadiens, certains ayant intérêt à se montrer comme Nickolas Zukowsky ou Pier-André Côté.

Ca sera compliqué dans le final, car une échappée avec une bonne composition de coureurs pourrait aller au bout. Pour les favoris, il ne s’agira donc pas d’attendre au dernier moment, mais bien de se dévoiler au « bon » moment.

Une échappée royale dans le final n’est pas à exclure.

Beaucoup d’équipes nationales ont de belles cartes à jouer.

La météo s’annonce clémente, un temps variable, des vents assez légers et une température agréable (23 degrés).

Van Aert, la pancarte

Un archi-favori, Wout Van Aert, déjà 2e du chrono derrière le spécialiste Ganna dimanche dernier, ne laissant aucun doute sur sa condition physique actuelle.

Van Aert a cependant la pression: il joue à domicile, sur ses routes d’entrainement, et la Belgique attend avec impatience le successeur de Philippe Gilbert. Son équipe belge, puissante, capable de contrôler la course, est en principe à son service.

Les grands champions ont la capacité de se sublimer lors des grands événements dit-on. Wout, à toi de jouer!

Six équipes avec le poids de la course

Soit l’équipe de Belgique, des Pays-Bas, de la France, de la Slovénie, de l’Italie et du… Danemark.

Ces équipes partent toutes à huit coureurs, la France avec neuf même en raison d’Alaphilippe, le champion sortant.

Chez les Belges, Remco Evenepoel sera un beau joker derrière le leader Van Aert. Très en forme, souvent imprévisible, je demande à voir comment Van Aert et lui orchestreront leur collaboration. Je ne serais pas surpris que Remco devance Van Aert dans une échappée et tente ainsi sa chance.

Les Pays-Bas ont deux cartes à jouer: Mathieu Van Der Poel bien sûr, et Bauke Mollema.

Van Der Poel – Van Aert, un nouveau match!

Ces deux-là se tirent la bourre depuis qu’ils ont 12 ans, et gageons que l’un sera attentif à l’autre dimanche. Mathieu est cependant un peu plus dans l’incertitude au niveau de sa condition: comment son dos réagira-t-il après 240 kilomètres de course intense?

Et ce diable de Bauke Mollema, un coureur de l’automne, a une résistance peu commune et une bonne science de la course. Attention à lui… en attendant le Tour de Lombardie, sa course de prédilection (avec la Classica San Sebastian).

La France jouera Alaphilippe bien sûr, le champion sortant. Sa giclette dans les bosses (ca va gicler dans les bosses…) pourrait faire très mal dimanche. Récent vainqueur de la Primus Classic, Sénéchal est une belle carte à jouer aussi, le gars est solide sur les Classiques. Sans oublier Benoit Cosnefroy bien sûr, très, très fort ces dernières semaines. Un vrai joker pour l’équipe de France, et il disposera d’une certaine marge de manoeuvre dimanche.

Chez les Slovènes, la condition de Pogacar est en hausse, et tu dois te méfier d’un coureur qui a gagné le dernier Liège-Bastogne-Liège, de surcroit au sprint face à Alaf.

Récent vainqueur de la Vuelta, Roglic peut tout faire et nous a gardé dans l’inconnu depuis son sacre à St-Jacques de Compostelle.

Mohoric l’arrogant et fier sera probablement le premier slovène à se dévoiler dans le final dimanche. Dans une bonne échappée, il peut aller loin.

L’équipe italienne présente aussi de très bons coureurs susceptibles de jouer la gagne, en premier lieu Sonny Colbrelli, intenable en ce moment. Nous ramènera-t-il le maillot à pois et le maillot vert à Paris lors du prochain Tour de France?! En attendant, le récent champion d’Europe aura à coeur de refaire son numéro de Trente derrière Evenepoel, mais avec Van Aert cette fois.

Les Italiens ont aussi Nizzolo, Moscon et surtout Trentin au départ, de beaux jokers.

Les Danois ont… trois hommes en forme, de quoi y croire: Michael Valgren, récent vainqueur de la Coppa Sabatini et du Giro Della Toscana, Kasper Asgreen et Magnus Cort Nielsen. Normalement, chaque coup dans le final contiendra un coureur danois.

Au fait, méchante relève au sein du cyclisme danois: les nouveaux champions du monde U23 et juniors sont danois, Johan Price-Pejtersen et Gustav Wang, excusez-du-peu…

Les outsiders

Au moment d’écrire ces lignes, la liste finale des partants dimanche n’était pas encore disponible.

Mais on peut quand même élaborer un peu.

Un coureur à surveiller de près, c’est le Portugais Joao Almeida. Il était très fort sur le très récent Tour du Luxembourg, qu’il a gagné.

Comment ne pas compter parmi les outsiders l’Anglais Thomas Pidcock, un autre grand talent du cyclisme actuel, toujours prêt à répondre à ses « potes » de cyclo-cross que sont Mathieu et Wout?

Le Suisse Marc Hirschi a montré récemment des signes de grande forme.

Peter Sagan, je n’y crois pas.

Ni aux Espagnols, ni aux Polonais, ni aux Colombiens.

Michael Matthews, peut-être. Il est rapide au sprint et encaisse les longues courses.

L’équipe canadienne

Six coureurs au départ!

Les cartes Duchesne, Houle et Boivin sont excellentes. Houle et Boivin, en particulier, peuvent croire en leurs chances de participer au final de la course et partant de là, tout est possible pour un top-10.

Ben Perry est aussi au départ.

Pour les deux jeunes coureurs Zuko et Côté, le but sera probablement de se montrer. Il ne faut pas hésiter!

Suivre la course

Espérons que le live!channel de l’UCI sur YouTube fonctionnera mieux que lors des épreuves chrono de ces Championnats du monde.

Sinon, les plateformes habituelles. Évidemment, un petit plus pour la RTBF… pour l’ambiance, la saveur locale et… l’accent!

Mondiaux 2025 au Rwanda… en attendant Montréal?

C’est une excellente nouvelle selon moi: le Rwanda (Kigali) accueillera les Championnats du monde de cyclisme sur route en 2025, une première pour le continent africain.

Jusqu’ici, l’anneau noir représentant le continent africain sur le maillot de champion du monde était plus pâle que les quatre autres… il était temps.

Le choix est logique, le Tour du Rwanda montant en puissance depuis plus d’une décennie maintenant. Le choix de l’Afrique sub-saharienne est excellent.

Rappelons que pour 2026, Montréal s’est portée candidate et je pense que ses chances sont plus qu’excellentes.

L’UCI et les vélos de gravelle (vélo de route tout-terrain)

L’UCI a également annoncé la mise sur pied d’un circuit de courses de vélos de gravelle, appelé « Série Mondiale Gravel UCI », série qui proposera des épreuves de qualification pour le Championnats du monde de vélos de gravelle, une première. Les détails sont encore à être annoncés.

Autrement dit, le format en gravelle est un peu le même que pour la série UCI GranFondo pour la route, dont une des épreuves de qualification se déroule à Victoriaville lors du Vélo.Victo.Fest. Rappelons également que l’organisation de Victoriaville s’est portée candidate pour obtenir les Championnats du monde GranFondo en 2026.

Pour les organisateurs de courses de vélos de gravelle du Canada et du Québec, c’est l’occasion de s’assurer que l’UCI pourrait adjoindre leur épreuve dans ce nouveau calendrier officiel…

Et ce n’est pas tout: l’UCI plancherait sur la même formule pour le… fat bike! (vélos à pneus surdimensionnés, surtout utilisés l’hiver sur neige).

Contre-la-montre relais mixte

Pour ceux qui l’aurait manqué, c’est ici.

https://www.youtube.com/watch?v=TYh9apUQgiI

Et la suite?

Elle s’appelle Paris-Roubaix le 3 octobre et le Tour de Lombardie le 9 octobre prochain. La saison n’est pas terminée, ô que non!

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