Tous les jours, la passion du cyclisme

 

Auteur/autrice : Laurent Page 2 of 323

Les « guêpes jaunes » sur la Vuelta

Dans ce contexte (difficile) du confinement, on apprécie particulièrement ces vidéos tournés « de l’intérieur ». Cette fois-ci, la Jumbo-Visma sur la récente Vuelta (49min).

Julien Gagné : « intégrer la planète vélo »

J’étais un peu en retard dans les nouvelles. Autrement dit, elle m’avait échappé celle-là : mon ami Julien Gagné, avec qui j’ai partagé une grosse sortie cet été entre Sherbrooke et le Mont Mégantic – avec Julien, c’est toujours des grosses sorties – courra en Division Nationale 1 (DN1) en France la saison prochaine, avec l’Espoir cycliste Saint-Étienne Loire (ECSEL). 

Alors j’ai voulu rattraper tout ça. 

LFR : Julien, ça y est, tu cours en DN1 l’an prochain en France.

Julien Gagné : oui, très heureux! Les choses ont commencé à bouger pour moi en septembre dernier, à travers diverses personnes dont des gens dans l’entourage de cette équipe de la Loire, mais aussi d’Israel Start-Up Nation. J’ai aussi fait des démarches personnelles. Bref, ça a fini par aboutir et je suis reconnaissant de cette opportunité. 

LFR : tu devais avoir quelques tests physiques cet automne également? 

JG : oui Laurent, mais la Covid-19 est venue tout compliquer. Du coup, j’ai échangé mes fichiers d’entrainement avec certains entraineurs proches d’équipes World Tour et on m’a confirmé que j’avais un niveau et un volume d’entrainement très proche de celui qu’on observe chez les coureurs de ce circuit. Ce qu’il me manque, c’est l’expérience de course en Europe et c’est précisément ce qu’ECSEL va me permettre d’acquérir. 

LFR : tu pars quand?

JG : probablement quelque part vers la mi-janvier, ça dépendra du premier camp d’entrainement de l’équipe et de l’évolution de la situation sanitaire bien sûr. Ces dernières années, le camp d’entrainement de l’équipe avait lieu au Portugal mais la Covid-19 vient tout compliquer cette année. La France est actuellement confinée, je crois que tout ça se mettra en place plus tard. Pas un problème dans mon cas, je suis facilement mobilisable rapidement. 

LFR : tu connais un peu ce qui t’attend là-bas?

JG : pas encore beaucoup. Je partagerai probablement un appartement dans la ville de St-Étienne, pas très loin de Lyon et près du Parc naturel régional du Pilat, possiblement avec d’autres coureurs étrangers de l’équipe. L’équipe a engagé un nouveau membre du staff, Clément Ceyret, avec qui je suis déjà en contact pour la suite. J’anticipe un camp d’entrainement, puis un calendrier de courses bien rempli car il y a beaucoup de courses possibles au niveau DN1 en France. 

LFR : le niveau va être relevé, ca c’est sûr.

JG : je le pense oui. Le peloton a davantage de profondeur qu’au Québec même si nous avons d’excellents coureurs ici aussi. J’aurai besoin d’une période d’adaptation c’est certain, mais j’arrive aussi avec un certain bagage et surtout, je suis en santé après mon opération subie en début d’année. Les Provinciaux en septembre passé ont prouvé que je suis de nouveau pleinement opérationnel, donc j’ai confiance. 

LFR : on dirait que l’horizon s’éclaircit un peu en ce moment pour l’élite d’ici : Premier Tech investit avec Astana, Israel Start-Up Nation a un petit volet canadien aussi, des recrutements sont envisageables à ce niveau et feront de la place juste en dessous, toi tu pars courir en France, ce sont de bonnes vibrations ca!

JG : oui, je suis d’accord avec toi. Les coureurs élite ici ont traversé une sale période, moi y compris avec mes ennuis santé. Mais soudainement, il y a de quoi être optimiste pour l’avenir. Maintenant, c’est à nous et à moi de jouer et d’avoir des résultats. 

LFR : tu comptes poursuivre tes études en graphisme? 

JG : j’en étais à débuter des stages en entreprise, ça sera forcément plus compliqué en étant en France. Je pars avec mon laptop certain, on verra ce qui est possible de faire. 

LFR : comment va l’entrainement?

JG : très bien, je suis en pause! Je suis dans ma coupure de deux semaines, après une saison 2020 où j’ai peu couru, Covid-19 oblige, mais où j’ai beaucoup roulé. Je pense que cette pause est nécessaire pour refaire du jus car l’an prochain, j’anticipe aussi une grosse saison de vélo. By the way, je garde un excellent souvenir de notre sortie sur Mégantic, tu avais bien roulé toi aussi cette fois-là. Confidence, y’en a pas beaucoup qui tiennent ainsi dans ma roue sur cette distance et sur ce dénivelé!

LFR : tu t’engages à nous faire vivre ta saison en DN1 de l’intérieur et en exclusivité sur La Flamme Rouge?

JG : certain! Ou plutôt, « c’est pas faux! » 😉

(crédit photo: Sébastien Hue)

De bonnes nouvelles pour le cyclisme canadien et québécois

Certains diront « enfin »!

J’en suis.

Le cyclisme sur route au Canada souffre depuis des années. Je l’ai souvent écrit sur ces pages: une génération est actuellement sacrifiée. Derrière Mike Woods, Hugo Houle, Antoine Duchesne, Guillaume Boivin voire James Piccoli, c’est plus difficile.

Beaucoup de courses élite ont disparu au cours des dernières années au Canada et aux États-Unis.

Une chance que quelques jeunes coureurs canadiens ont pu compter sur l’équipe Rally pour poursuivre leur développement. D’autres n’ont pas eu cette chance.

La première bonne nouvelle, c’est l’investissement plus important que porte Premier Tech dans l’équipe kazakhe Astana.

Premier Tech était déjà sponsor de l’équipe depuis quelques années, voilà que la compagnie de Rivière-du-Loup monte d’un cran. Cette compagnie se spécialise essentiellement dans trois grands domaines, soit l’horticulture et l’agriculture durables, les équipements industriels de manutention, d’emballage et d’outils informatiques d’optimisation, ainsi que les technologies environnementales comme l’assainissement et le recyclage de l’eau ou encore les sels de déglaçage. Elle a commencé par l’exploitation de tourbières dans les années 1920 au Québec.

Il faut dire que Premier Tech a manifestement le sens du sport: l’amphithéâtre de Rivière-du-Loup porte le nom de Premier Tech, et la compagnie soutient également d’autres athlètes comme Laurence Côté ou Charles-Philibert Thiboutot en athlétisme. Il convient de saluer la vision et l’engagement de cette compagnie.

Et l’arrivée d’un investissement supplémentaire de Premier Tech ne se fait pas seule: Steve Bauer se joint également à l’équipe, lui qui était disponible suite à l’arrêt de l’équipe CCC.

Bauer a évidemment un gros bagage du cyclisme de haut niveau, et plusieurs références à titre de directeur sportif, notamment avec son expérience acquise du temps de SpiderTech. Il faudra voir ce qui adviendra de l’équipe actuelle de directeurs sportifs qui comprend notamment le bien connu (et éternel, comme Patrick Lefevere) Giuseppe Martinelli, Dmitriy Fofonov, Bruno Cenghialta, Dmitri Sedoun, Stefano Zanini, Alexandr Shefer et Sergey Yakovlev.

Manifestement, l’influence canadienne au sein de l’équipe Astana est en hausse pour 2021, et Premier Tech a déjà exprimé son souhait que davantage de cyclistes canadiens intègrent l’équipe. Une excellente nouvelle pour la relève d’ici, et il existe de sérieux candidats.

La présence d’Israel Start-Up Nation avec un staff/coureurs (pro-) québécois-canadien renforcé en 2021 (Adam et Saldanha pour l’encadrement, Woods, Boivin, Piccoli chez les coureurs) créera possiblement une énergie positive pour tout le cyclisme canadien, et une saine compétition pour signer les jeunes talents d’ici comme Zukowski, Côté ou d’autres. Et ceux qui signeront à l’échelon supérieur feront de la place au sein d’équipes de développement pour d’autres jeunes talents d’ici.

Autre bonne nouvelle, Premier Tech et Astana annonce la création d’un programme de développement pour les enfants voulant essayer le sport cycliste, question de préparer la relève à la fois au Canada et au Kazakhstan.

Seule ombre au tableau, mais ce n’est pas nouveau, la présence bien sûr comme manager général d’Alexandre Vinokourov, qui traine un lourd passé dans le cyclisme. L’équipe Astana a connu de nombreux cas de dopage entre le moment de sa création en 2007 et 2015. Depuis, force est d’admettre que ça s’est calmé et que l’équipe évolue plus sereinement à ce chapitre. Les allégations d’une collaboration entre Jakob Fuglsang et Michele Ferrari en début d’année ne sont pas allées plus loin auprès de l’UCI. Espérons que tout cela est de l’histoire ancienne.

Vlasov, quelle suite?

Une des stars montantes de l’équipe Astana cette année était certainement Alexandr Vlasov, 24 ans, 3e du Tour de Lombardie et 5e de Tirreno-Adriatico avant de terminer 11e de la récente Vuelta.

Vlasov a encore un an à son contrat chez Astana, mais chercherait à intégrer dès 2021 l’équipe Ineos. Si son départ se confirme, cela pourrait changer des choses chez Astana en libérant une masse salariale pour d’autres recrutements.

Et pour Ineos, en faire de nouveau une super-puissance du cyclisme, voyez un peu: Egan Bernal, Geraint Thomas, Richard Carapaz, Tao Geoghegan, Adam Yates, Daniel Martinez, Richie Porte, Pavel Sivakov, potentiellement donc Alexandr Vlasov en plus des Jonathan Castroviejo, Rohan Dennis, Filippo Ganna, Michal Kwiatkowski, Gianni Moscon, Luke Rowe et Ivan Sosa, et j’en passe. OUF!!! Masse salariale stratosphérique.

Le Tour de l’Abitibi?

Radio-Canada rapporte que les villes d’Amos, de Rouyn-Noranda et de Val- d’Or se sont entendues pour assurer l’hôte du Tour de l’Abitibi pour les… six prochaines années (jusqu’en 2026).

Fait peut-être plus important encore, des ententes de contributions financières ont été signées elles-aussi jusqu’en 2026.

Ouf! Véritable fleuron du cyclisme québécois et canadien, le Tour de l’Abitibi fait un grand pas afin d’assurer sa survie à plus long terme, ce qui n’est pas un mince exploit dans le contexte actuel de la pandémie de Covid-19. Cette épreuve est souvent considérée comme le « Tour de France » des coureurs juniors à travers le monde.

Et à son palmarès, des coureurs comme Alex Stieda, Bobby Julich, Tyler Farrar, Taylor Phinney, Lachlan Morton, Adrien Costa ou, plus récemment, Brandon McNulty. Sans oublier les Québécois Guillaume Belzile et David Veilleux bien sûr. Beaucoup de beau monde!

Le Tour de l’Abitibi, depuis 1969 révélateur de talents.

Cyclocross: GP Leuven

Ca s’est passé ce week-end du côté de Louvain (Leuven).

En attendant de revoir en course Wout Van Aert et Mathieu Van der Poel début décembre.

The Wolfpack sur le Tour

L’aventure de l’équipe Deceuninck Quick Step sur le dernier Tour de France. Un beau vidéo de l’intérieur de la course.

Flashback Friday

Parce que cyclo-cross l’automne, c’est bien (à la télé).

Et que dans le domaine, on ne fait pas vraiment mieux que Namur. L’essence du cyclo-cross.

Attention aux suppléments

90%.

Neuf athlètes amateurs sur dix consommeraient des suppléments alimentaires.

Poudres de protéines, shakes de récupération, vitamines, BCAA, remèdes homéopathiques, probiotiques, brûleurs de gras, autres produits dont l’industrie vante les propriétés dynamisantes pour l’exercice physique: force, tolérance aux lactates, VO2 max, etc.

Ces produits ne sont pas sans danger.

On apprenait la semaine dernière qu’un coureur maitre de 47 ans en Irlande a été contrôlé positif à de nombreuses substances dopantes, et condamné à une suspension de quatre ans.

On a retrouvé dans ses échantillons les substances suivantes: « epioxandrolone, oxandrolone, 18-noroxandrolone, boldenone et boldenone metabolite(s) ».

God knows what this is all about!

Raison évoquée du dit-cycliste: consommation de plusieurs suppléments alimentaires, certains ayant été achetés aux États-Unis via Internet.

D’autres cas de contaminations croisées sont bien connus.

Ces cas malheureux nous rappelle que nous sommes responsables des produits qu’on peut retrouver dans notre corps.

En qu’en matière de suppléments alimentaires, l’extrême prudence est de mise si vous faites de la compétition.

La recommandation des autorités en la matière est simple: ne consommez rien.

De toute façon, pour la vaste majorité des produits dont on nous vante les mérites à grands coups de « testimonials » sur Internet, les effets ne sont pas prouvés scientifiquement. Toutes mes lectures sur le sujet pointent dans une même direction: si vous avez une alimentation équilibrée, pas besoin de suppléments. Ils présentent parfois des effets indésirables, parfois graves.

L’étude la plus sérieuse que j’ai trouvé est cette thèse de doctorat déposée en 2017 à l’Université de Lorraine.

Bref, ces suppléments, c’est le plus souvent du flan. Autrement dit… du vent.

Si vous tenez quand même à utiliser ces suppléments alimentaires, sachez qu’il existe quelques ressources vous permettant de limiter les risques de contamination avec des produits strictement interdits par le code mondial antidopage.

Je pense au label « Certified for Sport » de la NSF aux États-Unis. Les produits portant cette étiquette présentent des risques très réduits de contamination, sans le garantir de façon absolue. Bref, vous réduisez quand même le risque considérablement de vous faire piquer au contrôle.

Le Centre canadien d’éthique sur le sport présente aussi une page intéressante sur son site Internet à propos des suppléments.

En France, la Société française de nutrition du sport (SFNS) propose également une page listant les produits énergétiques ayant reçu la norme « AFNOR » qui garantit l’absence de produits interdits. Parmi ces produits, tous ceux que j’utilise depuis la fin des années 1990: Overstim’s. Serious stuff.

Je ne prends aucun risque dans ce domaine. J’y reviendrai.

Autre ressource très intéressante, le site de l’IRBMS, soit l’Institut de recherche du bien-être, de la médecine et du sport-santé. Vraiment un site avec de nombreuses informations crédibles, dans une grande variété de sujets. On y retrouve plusieurs pages dédiées aux suppléments, notamment celle-ci à propos de l’intérêt des BCAA (rapport final payant). Conclusion de l’étude:

Les recommandations de consommation proposées par les fabricants de supplément alimentaire BCAA sont très souvent excessives et ne respectent que rarement les apports nutritionnels conseillés, même pour les sportifs à haut niveau de performance. Ainsi, des produits « hors norme nutritionnelle » sont en vente libre!

IRBMS, dossier spécial BCAA, 2019

Ou cette page plus générale sur les compléments alimentaires. Selon l’IRBMS, 15% de ces compléments contiendraient des substances dopantes ou dangereuses pour la santé présente et future. De quoi faire réfléchir un peu!

Enfin, vous avez toujours le site GlobalDro pour vérifier si un médicament ou une substance est autorisée ou non selon le code mondial anti-dopage, mais ce site ne contient pas d’information reliée aux suppléments alimentaires.

Une alimentation équilibrée

Pour des conseils dans ce domaine lorsque vous êtes sportif intense, j’aime beaucoup le site diététiquesportive.com que je consulte depuis un bon moment déjà.

J’aime bien leurs fiches consacrées à certains aliments plus précis: spiruline, rhodiola, etc. On voudrait juste que le site soit plus fréquemment alimenté! (sans jeu de mots…)

Et la page des compléments alimentaires est particulièrement intéressante dans le contexte de cet article.

Le cannabis

Légal au Canada, il demeure sur la liste des produits « interdits » de l’Agence mondiale anti-dopage (AMA). Il convient donc de faire attention avec l’usage du cannabis, qui est considéré comme une substance « à seuil », c’est à dire qu’il ne faut pas dépasser une certaine concentration de cannabinoïdes, faute d’être positif.

Fait intéressant toutefois, le CBD (cannabidiol) ne fait plus partie des substances interdites par l’AMA. Soyez toutefois prudent dans sa consommation, les produits de CBD n’étant généralement pas exempts de THC, ce dernier étant toujours interdit au-delà d’un certain seuil.

Les produits pour les allergies saisonnières

C’est un eldorado du dopage chez les coureurs cyclistes maitres selon moi, l’usage de pompes type « Ventolin » étant très répandu. Rien de tel qu’un peloton cycliste pour y trouver une grosse concentration d’asthmatiques sur papier!

Il existe pourtant des solutions.

Souffrant d’allergies saisonnières en croissance chaque saison depuis dix ans (l’année 2020 ne fut pas de tout repos à ce sujet), j’en sais quelque chose.

Mon médecin et moi avons trouvé une solution propre: le Montelukast. Famille d’un nom à coucher dehors: un antagoniste des récepteurs des leucotriènes. Commercialisé par Merck (c’était prédestiné!) sous le nom de Singulair. Officiellement autorisé par la législation anti-dopage, sans autorisation à usage thérapeutique (AUT).

Je n’utilise donc pas de pompes, rien. Juste ce médoc autorisé, pour lequel je suis tranquille à 100%.

Mais je vous ai menti: pas à l’eau claire. En fait le reste, c’est du riesling…

Le Ronde, de l’intérieur

Ne manquez pas ces vidéos, vraiment génial.

De quoi passer un bon moment, nous qui sommes passionnés de cyclisme.

Le Ronde Van Vlaanderen de l’intérieur.

Toute la passion du cyclisme belge, comme si vous y étiez, au coeur de l’événement. La logistique de la course, et toute l’énergie de ceux qui sont là pour soutenir les coureurs, de ceux qui se passionnent pour la course et les coureurs, du tenancier de café au commentateur télé, en passant par les officiels de course.

Un vrai régal.

Et l’occasion de voir ce qui est souvent moins vu, par exemple la perf monstrueuse – et ainsi accueillie par plusieurs directeurs sportifs durant la course – de Mathieu Van Der Poel l’an dernier (2019), lui qui a été victime d’une grosse chute puis qui est revenu au premier plan par la suite, pour terminer finalement 4e de la course.

Monstrueux.

Mais la réaction du paternel, elle, est plus décalée et mesurée. Chez les Van Der Poel, les attentes sont grandes.

Enfin peu importe, ces vidéos sont un réel bonheur.

Toute la passion du cyclisme!

2018, c’est ici.

2017, c’est ici.

2016, c’est ici.

2014, c’est ici.

Roglic: cette fois, il a tenu!

Lorsque Carthy et Carapaz ont mis les gaz à un peu plus de trois kilomètres de la ligne hier, on a tous retenu notre souffle: alors isolé, Roglic allait-il tenir?

Ben il a résisté cette fois. L’étape de demain étant en principe une formalité, il tient probablement sa victoire sur un grand tour en 2020. Pas le Tour de France, mais la Vuelta fera bien l’affaire.

Un doublé probable d’ailleurs, après sa victoire l’an dernier sur la même course.

Les secondes engrangées sur le chrono plus tôt dans la semaine se sont avérées très précieuses hier pour Roglic dans ces trois derniers kilomètres. Je pense que si le slovène a joué les bonifs à l’arrivée de l’étape vendredi, c’est la preuve qu’il n’était vraiment pas tranquille pour cette dernière arrivée en altitude de la course.

Il pourra très bientôt souffler… et se reposer, deux podiums (1er et 2e) sur les grands tours en trois mois, un Liège-Bastogne-Liège, ouf, il a beaucoup donné en cette courte saison.

Le podium est normalement fixé, Roglic, Carapaz et le surprenant Carthy, 26 ans, sans grand résultat probant jusqu’ici chez les professionnels où il évolue depuis 2013.

Carapaz, laissé-pour-compte par Ineos?

Je sais pas vous, mais je trouve qu’Ineos n’a pas suffisamment encadré Richard Carapaz sur cette Vuelta.

On ne peut rien reprocher au coureur équatorien, il s’est très bien battu, sans équipe ou presque. Encore hier, il a bien joué son va-tout dans les derniers hectomètres de l’étape.

Carapaz est le vainqueur du Giro 2019, donc un protagoniste sérieux à la victoire finale sur la Vuelta cette année et vous l’envoyez sur l’épreuve avec très peu d’équipiers capables de lui filer un bon coup de main, surtout en montagne.

Pas sérieux, Ineos!

Chris Froome n’a pas été l’ombre de lui-même, et c’était pas les Amador, Golas, Rivera, Van Baarle et Wurf qui allaient casser la baraque en montagne. Sosa aurait pu faire plus, mais il s’est complètement loupé, ne répondant pas aux attentes placées en lui.

Ceux qui peuvent se mordre les doigts sur cette fin de Vuelta, c’est Ineos selon moi: avec une autre équipe, c’est peut-être Carapaz qui serait en rouge aujourd’hui.

Les jeunes en 2020, l’explication

Les jeunes coureurs ont marché fort cette saison, particulièrement sur les grands tours. Ce fut une surprise.

J’aime bien l’explication avancée par Alain Gallopin: les coureurs plus âgés auraient très mal gérés cette courte saison, courant trop en août dernier, et trop rapidement sur des conditions physiques pas optimales après des mois de préparation perturbée en mai, juin et juillet due à la Covid.

Autrement dit, ils ont voulu mettre les bouchées double en août, et ça n’a pas suivi derrière.

Exemple: Vicenzo Nibali. Présent le 1er aout sur les Strade Bianche, il embrayait sur le Gran Trittico Lombardo le 3, puis Milan-Turin le 5, Milan SanRemo le 8, le Gran Piemonte le 12, le Tour de Lombardie le 15, le Giro dell’Emilia le 18, puis les Championnats nationaux d’Italie le 23. Il rajoutait enfin Tirreno-Adriatico du 7 au 14 septembre et s’est présenté au départ du Giro dell’ Appennino le 19, à la course sur route des Mondiaux le 27, puis a attaqué le Giro le 3 octobre.

Cramé.

Au lieu de ca, Tao Geoghegan a fait la Route d’Occitanie du 1er au 4 août, puis a abandonné le Tour de l’Ain (7 au 9 août), a abandonné le Tour de Lombardie et le Giro dell Émilia les 15 et 18, s’est aligné sur Tirreno début septembre et puis basta! Que le Giro le 3 octobre par la suite. Pas de Mondiaux, pas d’autres courses.

On a vu le résultat.

Le truc des jeunes coureurs en 2020, ce serait ça: plus de fraicheur. Dans un cyclisme aujourd’hui très homogène, c’est peut-être ça la carte à jouer dorénavant pour briller, surtout sur les courses par étape: jouer la fraicheur.

Gaudu fait oublier Pinot?

Avec deux belles victoires d’étape en montagne, David Gaudu chez FDJ a fait oublier Thibault Pinot en cette fin de saison.

Il faudra voir l’an prochain comment se distribueront les responsabilité chez Madiot, Gaudu étant en net progrès. Le Français termine également deuxième du classement du meilleur jeune, derrière Enric Mas.

Je suis content pour lui.

Guillaume Martin, la récompense

Un autre qui s’est récompensé de tous ses efforts cette saison, c’est Guillaume Martin qui ramène à Madrid le maillot de meilleur grimpeur.

Voilà assurément de quoi bâtir sa confiance en prévision de la prochaine saison. Âgé de 27 ans, un âge souvent présenté comme l’âge de la maturité en cyclisme professionnel, Martin entre dans ses belles années je pense. On reparlera de lui j’en suis sûr la prochaine saison.

Education First, un grand succès

Très belle Vuelta pour l’équipe américaine de Mike Woods et Hugh Carthy, avec au final trois victoires d’étape (Woods, Carthy et Cort Nielsen) et une troisième place au général.

Mike Woods peut être satisfait de son Tour d’Espagne je pense, une victoire d’étape, de belles perfs en montagne, et un équipier solide pour Carthy. L’année prochaine, ce sera toutefois pour Israel Start-Up Nation de… Dan Martin!

Movistar, triste bilan?

La Vuelta pour les équipes espagnoles, c’est important.

Et la plus importante d’entre elles, Movistar, n’était pas venu faire de la figuration.

Bilan, une victoire d’étape avec Marc Soler tôt dans la course, une 5e place au général avec Enric Mas et Alejandro Valverde qui termine 10e, à 40 ans.

La Movistar raffle quand même le classement par équipe, toujours important pour cette équipe. Mince consolation selon moi.

Un examen de conscience est probablement dû pour l’équipe durant l’intersaison. Mas semble montrer ses limites, Valverde ne sera pas éternel pour la gagne c’est évident, Betancur tu ne peux pas miser sur lui, seul Marc Soler, à 26 ans, semble être une vraie garantie pour les prochaines années.

Ca va prendre du renfort…

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Vendée Globe: l’esprit premier du Tour

Une fois tous les quatre ans, La Flamme Rouge vous présente un sujet complètement différent du cyclisme: celui du Vendée Globe.

L’Everest des mers.

Le tour du monde à la voile en solitaire, sans escale et sans assistance.

Ça démarre ce dimanche 8 novembre 13h02 des Sables d’Olonne.

Il y a de l’esprit des premiers Tours de France dans le Vendée Globe d’aujourd’hui. Celui d’une incroyable aventure humaine, dans des conditions extrêmes. L’homme contre la nature.

Les croisés du Tour de France en sont à leur quatrième station. Ils descendent en pleine nuit à toute allure et en roue libre sur Landerneau. C’est la seule ville, depuis le départ, où l’on n’entende aucun bruit. Il est deux heures et demie du matin. Landerneau dort. Il fait froid. Châteaulin dort. À Quimper, toute la Cornouailles est aux fenêtres.

C’est malheureux, dit un Breton qu’emballe le spectacle, on casque deux cent mille balles à un cheval pour deux minutes et demie, et on donne des briques à des hommes qui en font plus que des chevaux!

Albert Londres, Tour de france, tour de souffrance (1924)

Cette 9e édition du Vendée Globe s’annonce passionnante. Record de participants, 33 skippers, dont six femmes (aucune sur l’édition précédente). Une grosse compétition!

Record à battre, 74 jours et 3h de mer.

Le record devrait être battu, comme sur chacune des éditions jusqu’à maintenant. Notamment grâce à la présence de nombreux « foilers » dans la flotte (19 sur 33 bateaux), ces bateaux équipés de lames en carbone permettant de lifter la coque, et donc de gagner de 15 à 20% en puissance (vitesse).

Aujourd’hui, ces bateaux de la classe IMOCA équipés de foils atteignent 35 noeuds, soit presque 70 km/h!! Le confort à bord est cependant inversement proportionnel à la vitesse…

Outre un bateau performant, la gagne sur le Vendée Globe dépend de plusieurs autres éléments: la fiabilité du bateau d’abord, car il faut qu’il tienne sans avarie majeure pendant 3 mois de mer. L’expérience du skipper ensuite, et ses capacités de bien comprendre la météo, car il faut pouvoir choisir les meilleures trajectoires entre anticyclones, creux barométriques et autres dépressions des océans. Le routage a d’ailleurs bien changé depuis les premières éditions du Vendée Globe, les skippers cherchant des gros vents permettant à leurs foilers d’exprimer toute leur puissance.

Il faut aussi un gros mental pour supporter 75 jours de mer en solitaire, dans des contrées inhospitalières. Pas de la petite bière que de se retrouver solo par gros temps dans les mers du Sud, quelque part entre l’Australie et le cap Horn, à plusieurs heures d’avion de la moindre âme.

Le grand favori s’appelle Jérémie Beyou sur Charal, un bateau ultra-moderne, foiler de dernière génération, et ayant été beaucoup testé au cours des deux dernières années. Beyou et son bateau ont gagné plusieurs courses de prépa, ils sont prêts.

Le joker-mystère s’appelle l’inusable et original Alex Thompson sur Hugo Boss, lui aussi un bateau tout neuf, probablement le plus moderne et le plus secret de toute la flotte. Habitacle complètement fermé, Thompson navigue sa Formule 1 des mers grâce aux multiples systèmes électroniques embarqués, à des caméras gyroscopiques (incluant des caméras thermiques et infrarouges!) autour du bateau, et même à l’intelligence artificielle qui est à bord! Sorti toutefois tardivement des docks, le bateau n’a pas pu être beaucoup testé et son talon d’Achille est sa fiabilité. Sur une telle course, ca pourrait ne pas pardonner. Thompson pourra opposer à cela sa grande expérience du Vendée Globe, en étant à sa 4e participation. Un vétéran.

Quatre autres skippers seront à surveiller de près: Charlie Dalin sur Apivia, lui aussi un foiler de dernière génération. Sébastien Simon sur Arkea-Paprec, Armel Tripon sur le magnifique L’Occitane et Thomas Ruyant sur LinkedOut sont aussi de sérieux prétendants à la victoire finale. Ils évoluent tous sur des foilers ultra-performants.

Chez les femmes, l’expérimentée Sam Davies sur Initiatives Coeur pourrait créer une belle surprise. Rappelons qu’Ellen McArthur avait terminé 2e du Vendée Globe en 2000-2001.

Le vent de fraicheur du Vendée Globe cette année vient de la très sympathique néophyte Clarisse Cremer sur Banque populaire, qui présente un parcours intéressant depuis cinq ans. Elle manie aussi bien l’art de la navigation que celui des… médias sociaux, deux arts qu’elle joue à fond, et elle pourrait surprendre car elle a du chien en plus d’avoir bénéficié dans sa préparation des derniers mois de tout le soutien et l’expérience d’Armel Le Cléac’h, dernier vainqueur du Vendée Globe (2016-2017). On espère que Jimmy sera à bord de Banque populaire pour ce Vendée Globe!!!

Pour suivre la course, on consulte le site web ou on télécharge l’app Vendée Globe sur son téléphone. Position des bateaux en temps réel!

Ca sera passionnant. Et comme dirait Clarisse, on souhaite à tous les skippers « une bonne nav! »

Pour plonger dans la course et l’ambiance, je vous recommande ces quelques vidéos.

Vuelta: le plus probable c’est…

… une victoire de Primoz Roglic dimanche à Madrid!

Ceci étant, rien n’est encore joué. La lutte pour la 2e place est possiblement celle qui sera la plus chaude samedi.

Trois coureurs ne sont séparés que de 47 secondes, et il reste une arrivée en altitude samedi. Tout peut arriver pour ces trois-là.

Mais c’est pour aller chercher la 1ere place que ca sera probablement le plus compliqué.

Priorité de Roglic sur Carapaz: 39 secondes. Sur Carthy, 47.

De quoi voir venir pour Roglic, lui qui n’a perdu que dix petites secondes au sommet de l’Angliru, une ascension autrement plus difficile que celle de samedi prochain vers la station de ski de Covatilla.

Roglic dispose également de trois équipiers capables de l’épauler efficacement lorsque ca grimpe: Gesink, Bennett et Kuss. Il présente la meilleure équipe.

Bref, je vois mal, à ce stade-ci de la course, comment il peut être battu désormais.

Mais c’est Primoz Roglic: capable du meilleur, comme du pire. Nous avons tous les images de son effondrement surprise sur les pentes de la Planche des Belles-Filles lors du récent Tour de France.

Je pense toutefois que Roglic et la Jumbo-Visma ne veulent pas revivre ces moments et feront tout ce qu’il faut pour éviter ca samedi. Et puis, la Planche, c’était un chrono, samedi c’est une étape en peloton. Pas la même chose.

Carapaz-Carthy, le match

Huit secondes entre Carapaz et Carthy, c’est probablement là que la lutte sera la plus féroce. Une deuxième place sur un grand tour est en jeu!

Et c’est peut-être… le Canadien Mike Woods qui tient la clé de cette 2e place.

Carapaz est isolé en montagne sur cette Vuelta, on l’a souvent vu au cours des dernières étapes.

La logique voudrait que Woods durcisse le rythme au pied de la Covatilla samedi question de faire le forcing pour Carthy. Ce n’est pas à Roglic d’attaquer, ses Jumbo et lui peuvent se permettre de simplement contrôler derrière.

Fort d’une excellente condition en ce moment, 2e hier de l’étape, Woods pourrait ainsi préparer le terrain pour une accélération de Carthy qui, rappelons-le, a lâché à la pédale Carapaz sur les pentes de l’Angliru. Aller chercher huit secondes, c’est jouable. Carthy peut y croire.

Les autres classements

C’est plié: Roglic pour le vert des points, Guillaume Martin pour le classement de la montagne et Mas pour le blanc du meilleur jeune.

La Movistar est en tête du classement par équipe, un peu plus de huit minutes de priorité sur la Jumbo-Visma. Rien n’est encore fait, mais ca sent quand même bon pour l’équipe espagnole. Ca sera le prix de consolation, Mas n’étant pas parvenu à livrer la marchandise attendue sur ces trois semaines.

Wellens, il avait étudié

Woods 2e hier de l’étape, c’est dommage car une belle occasion de victoire manquée.

Ce qui est clair hier, c’est que c’est le plus studieux qui a gagné l’étape. Les 400 derniers mètres étaient composés de nombreux virages assez serrés et il est apparu très clair, même live à la télé, qu’il fallait aborder ces derniers 400m en tête.

Et il est évident, sur sa réaction lors de l’accélération de Marc Soler, que Tim Wellens le savait parfaitement, donc qu’il connaissait ou avait étudié ces derniers mètres de l’étape. Je pense que Mike a également fait une petite erreur de… braquet, il semblait un peu plus gros que Wellens dans les 125 derniers mètres, l’empêchant d’accélérer comme son rival.

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