Tous les jours, la passion du cyclisme

 

Auteur/autrice : Laurent Page 321 of 354

Perras remporte la Classique Louis-Garneau

Dominique Perras a remporté hier la 56e édition de la Classique Louis Garneau, anciennement appelé Québec-Montréal, la plus vieille et la plus longue course cycliste en Amérique du Nord. Sa première édition avait en effet eu lieu en 1931 et ses 260 kms représente toujours un défi de taille, même pour les meilleurs coureurs. Pour l’élite du cyclisme québécois, il faut remporter cette course puisqu’elle fait directement entrer le coureur dans l’histoire – modeste peut-être mais combien intéressante – du cyclisme québécois.

Champion canadien en 2003 sur le difficile parcours d’Hamilton, Perras, de l’équipe américaine Ofoto, inscrit donc son nom au palmarès de l’épreuve après une deuxième place en 2002. On est ravi de cette victoire de Dominique, un excellent coureur qui la méritait amplement. Dominique est parti en échappée dans un petit groupe avec environ 80 kms à faire dans la course. Le peloton, décidé de ne pas faire de cadeau, roulait derrière à pleine vapeur (entre 55 et 60km/h) pour revenir. Voyant la jonction imminente, Perras repartait de plus belle, emportant avec lui Mathieu Toulouse qu’il déposait dans le mur à 15% situé à 4 km de l’arrivée. Victoire de la plus belle façon donc pour Perras puisqu’en solitaire!

Au passage, Perras établissait un nouveau record pour l’épreuve puisque son temps, de 4h58minutes, est 2 minutes de mieux que Peter Mazur (champion du monde junior du clm en 2000) en 2002. Le peloton bénéficiait d’un léger vent de dos, vent qui était, sur les derniers 80 kms de la course, du côté droit, ne manquant pas de créer une belle bordure à gauche de la route!

Terminons en mentionnant bien humblement que La Flamme Rouge était de la course, et a terminé dans le 1er peloton, à environ 2 minutes de Perras. On doit d’ailleurs à ce dernier une fière chandelle puisqu’on s’est retrouvé, à environ 90 kms de l’arrivée, dans la pampa après être descendu aux voitures ravitailler. Le peloton ayant soudainement accéléré (dans une zone de ravito, c’est discutable côté fair-play…), nous éprouvions alors bien du mal à ré-intégrer le peloton, 150m devant, malgré notre vitesse de 55 km/h. C’est alors que Perras, juste derrière nous, nous a dit de prendre sa roue, qu’on allait remonter. Petit coup d’accélérateur, 60-62 km/h pendant une minute (et l’agonie qui accompagnait cette vitesse pour moi!) et c’était fait. Impressionnant! L’effort fut sans conséquence pour Dominique qui attaquait 10 bornes plus loin, mais dommageable pour moi puisque les premiers points de crampes apparurent presqu’aussitôt!

Les résultats de la course sont à suivre bientôt. Nous profitons de l’occasion pour remercier publiquement l’organisateur Louis Garneau d’avoir repris cette course en main, et d’en faire un aussi bel événement. Parce que cette Classique est un concentré – unique en Amérique du Nord – de l’essence même du cyclisme par sa distance, sa géographie (ville à ville) et son parcours historique (le Chemin du Roy). Trop souvent chez nous en effet le cyclisme est-il réduit à des critériums cadrant davantage avec le sport-spectacle qu’avec ce qu’il est fondamentalement. Pour La Flamme Rouge en tout cas, on puise, en s’alignant au départ d’une telle course, une motivation énorme d’enfin pouvoir en découdre sur une véritable grande course qui implique autre chose qu’une séance de musculation sur 60 bornes!

Quoi qu’il en soit, 200 coureurs étaient au départ hier matin, un succès énorme pour tout le cyclisme québécois. Des photos du départ sont disponibles ici, sur le site Veloptimum de notre confrère Guy Maguire qui nous a fait le plaisir de venir nous saluer hier matin dans l’aire de départ.

Classica San Sebastian

Répétition générale avant la course sur route des JO la semaine prochaine, la 24e édition de la Classica San Sebastian sera courue demain sur un parcours difficile et long de 227 kms. Au menu, les ascensions des cols de Orio (1,5 km avec un pourcentage moyen de 4,7%), de Garate (3 km, 7,3 %), d’Azkarate (5 km, 6,5 %), d’Udana (8 km, 3,6 %), de Jaizkibel (8 km, 5,7 %) et de Gurutze (2,8 km, 5 %). D’habitude, c’est dans le Jaizkibel que la course se décide, les bons descendeurs pouvant cependant se refaire dans la descente technique juste après la montée s’ils basculent pas trop loin de la tête.

Les favoris : Valverde (fort de son succès sur le Tour de Burgos), Bettini (vainqueur sortant), Astarloa, Freire (à domicile), Ullrich, Rebellin.

Les outsiders : Merckx, Di Luca, Basso, Dekker, Scarponi, Casagrande, Totschnig, Karpets, Mercado.

Sera intéressant à surveiller : Cunego.

Les absents : Armstrong, Mayo, Hamilton.

Pour la petite histoire, la Classica fut la première course professionnelle de Lance Armstrong, en 1992 (quelques jours après les JO de Barcelone). Il termina dernier, sous un déluge, se promettant cependant de revenir gagner. Ce qu’il fit en 1995.

Millar : l’addition est salée

La fédération britannique de cyclisme a rendu avant-hier sa décision concernant le cas de David Millar. Rappelons que Millar était passé aux aveux peu avant le Tour de France et que selon les normes UCI, des aveux sont passibles des mêmes sanctions d’un test positif.

Millar écope donc de :

– 2 ans de suspension (retour à la compétition prévu le 6 aoôt 2006)
– d’une amende de 1300 euros
– d’une disqualification à la Vuelta 2001
– d’une disqualification au Dauphiné 2003
– d’une disqualification de son titre de champion du monde du clm acquis à Hamilton l’an dernier

On juge l’addition très salée et on regrettera le traitement qu’on a offert à David Millar. La suspension nous apparaît particulièrement lourde, même si Millar, âgé de 27 ans, pourrait prétendre encore réaliser de belles choses dans le cyclisme dans deux ans, soit à 29 ans. Connaissant l’individu, il y a fort à parier qu’il annoncera sa retraite sportive tout simplement et se consacrera à autre chose, possiblement l’éducation des jeunes athlètes à propos du dopage.

Selon nous, il serait grand temps que les instances dirigeantes du cyclisme fasse la distinction entre contrôles positifs et aveux. Car si le dopage devrait être sévèrement puni (plus qu’il ne l’est actuellement), le passage aux aveux devrait être encouragé, notamment en prononçant des « circonstances atténuantes » lors des sanctions prononcées. Il faut en effet beaucoup de courage pour « étaler » la vérité et la sanction de Millar n’incitera aucun autre professionnel à parler de la culture du milieu lors des enquêtes, qui continueront donc de piétiner. L’omerta doit être brisée dans ce milieu, et l’UCI vient de rater une belle occasion de démontrer sa compassion envers des coureurs cyclistes qui ont les couilles de déballer ce qu’ils savent du dopage.

On annonce par ailleurs que Massimiliano Lelli, également coureur chez Cofidis, a été récemment placé en garde à vue dans les suites de l’affaire. À suivre…

Et on se perd carrément en conjectures à l’égard des apparentes fausses signatures dans le cas des procès-verbaux de Cedric Vasseur…

Ca recrute tout azimut!

La saison des transferts est ouverte depuis le début du Tour et à ce chapitre, c’est sans conteste Discovery qui est l’équipe la plus agressive. Voyez un peu: après avoir signé Popovytch, voilà que Axel Merckx, Danilo Di Luca et Levi Leipheimer sont en contacts avancés. Et on apprend ce matin que Sylvain Chavanel a également recu des offres de l’équipe américaine. Préparerait-on l’après Armstrong? Le recrutement de Popovytch pourrait le laisser sous entendre.

Côté Belgique, la nouvelle équipe Omega Pharma-Lotto a déjà mis sous contrat Van Petegem et McEwen. Cette nouvelle équipe émerge de la fusion de Lotto et de Bodysol-Brustor. Henk Vogels et Tom Steels pourraient les rejoindre sous peu sous ces nouvelles couleurs.

En Italie, on annonce que Liguigas fera un retour dans le peloton et que Garzelli a été approché pour être le leader de l’équipe qui aurait déjà signé avec Dario Cioni.

Chose certaine, on peut d’ors et déjà prévoir pas mal de changements puisque le nouveau et très critiqué UCI Pro Tour se met en place l’an prochain. Cette semaine sur La Flamme Rouge, nous vous proposerons d’ailleurs une critique du livre de Daniel Baal, Dans les coulisses du Tour, et parleront de ce nouveau circuit.

Beaucoup de changements, encore une fois!

Nouveau leader en François Bérubé dans notre pool de cyclisme ! Pointé en… 25e place à notre dernière mise à jour, François a marqué… 320 points (!!!) lors du Tour de France et des Championnats nationaux, lui permettant une telle remontée. Le tout sans Lance Armstrong dans son équipe, excusez un peu ! Il avait cependant Thomas Voeckler, Andreas Kloden, Francisco Mancebo, Carlos Sastre, Jan Ullrich et Erik Zabel.

La 2e place va à une bonne amie, Natalie Dagenais, ce qui nous fait rudement plaisir. Pointée 9e au dernier classement, la perf de Lance Armstrong lui aura permis un beau rapproché au général.

On croyait bien que Nicolas Fournier allait se maintenir un moment au sommet, il n’en fut rien vu la perf « décevante » de Jan Ullrich au Tour.

Avec 220 pts marqués sur le Tour, tous ceux qui l’ont choisi ont fait la bonne opération. Parmi les autres coureurs ayant engrangé un max de points durant la Grande Boucle, on note Kloden (94 pts), Basso (77 pts), McEwen (68 pts), Ullrich (66 pts), Voeckler (62 pts), Hushovd (58 pts), Azevedo (41 pts), Zabel (40 pts) et Boonen (32 pts).

La Flamme Rouge n’a pour sa part pas amélioré son classement, étant resté exactement à la même place après le Tour ! Aie aie aie.

Le classement :

* François Bérubé 688
* Natalie Dagenais 676
* Nicolas Fournier 659
* Chris North 593
* Robert Mayer 568
* Arianne Levasseur 548
* Réjean Asselin 544
* Pierre Beaudoin 541
* Paul Courtemanche 531
* Didier Mangin 529
* Cest Raoul 528
* Jean-P. Wauthier 500
* Lysanne Fratelli 500
* Raphaël Watbled 487
* Cyclick 481
* Dominique Paget 475
* René Rellier 471
* Éric Lehoux 460
* Marie-C. Grégoire 454
* Stéphane Tremblay 450
* Roger Filion 439
* Marc-Antoine Martel 428
* Étienne Gagnon 422
* Simon Lemay 418
* Alain Levasseur 407
* Sébastien Bosvieux 397
* Stéphane Martel 392
* Patrice Beaulieu 375
* Francis Lemay 374
* Tomas Marchetti 366
* Louis Potvin 365
* Luc Langevin 357
* Ronald Martel 354
* Éric Lepage 348
* Laurent Martel 348
* François Gaudreau 344
* Daniel Boivin 340
* Antoine Lord 334
* Marc Beaulieu 334
* Réjean Miousse 330
* Alain Potvin 322
* Maxime Caron 308
* Sylvain Lépine 274
* Alain Dauphin 212
* Luc Ostiguy 146

Les positions se fixent désormais, et ceux n’étant pas parmi les 20 premiers à ce stade-ci auront du mal à jouer le podium à la fin de l’année. Il reste toutefois pas mal de points à grapiller, notamment sur les 3 Coupes du monde du mois d’aoôt, lors des JO et sur la Vuelta, sans oublier les Mondiaux en octobre. Si certains ont déjà perdu le pool, personne ne l’a encore gagné !

Pour ceux désirant voir le détail des points de leur équipe, un fichier
est téléchargeable ici.

Merci de me signaler les erreurs, le cas échéant.

L.A. Confidentiel

laconfidentiel.gifFort de nos lectures intensives depuis une dizaine d’années sur le dopage dans le milieu du cyclisme, nous croyions en savoir un rayon sur ce sujet ; malgré cela, les auteurs Pierre Ballester et David Walsh réussissent à nous surprendre encore plus avec un livre, L.A. Confidentiel – Les secrets de Lance Armstrong – , qui nous éclaire de façon éloquente sur les dessous du cyclisme, en particulier de Lance Armstrong et son équipe.

Journalistes d’enquête aux méthodes similaires à celles du populaire cinéaste Michael Moore, les auteurs ont interviewé une impressionnante liste de personnes qui ont gravité dans l’univers d’Armstrong et son équipe ces dernières années et qui ont accepté de parler de ce qu’elles ont vu et entendu. Pas dêanalyses sanguines positives, pas dêaveux du principal intéressé, pas de preuves formelles de dopage et donc pas dêaccusations dans ce bouquin, mais plutôt un sacré étalage de faits vérifiables très troublants – et très convaincants – sur les pratiques et les performances d’Armstrong et de son équipe. Lêimpression générale qui se dégage du livre est quêArmstrong se positionne exactement comme Virenque le faisait face au dopage : du moment quêil nêest pas pris positif, que peut-on lui reprocher ? Il respecte les balises UCI. Le reste ne nous regarde pas…

Pourquoi est-il question dêArmstrong dans ce livre, et pas des autres ? Les auteurs justifient ainsi cette enquête approfondie, qui leur aura pris 3 ans de travail : « Miracle médical, cancérologues dubitatifs, mystère d’un contrôle positif qui tourne court, démêlés avec la justice française, performances physiologiquement inexplicables, mensonges avérés, vérités dissimulées, entourage sportif sulfureux, le tout dans une discipline sportive constamment écornée par l’actualité… Quel que soit l’angle d’attaque, surgissent immanquablement un problème, une question. (…) … le malaise était trop fort. Refuser d’enquêter aurait été une offense à notre métier. (…) Peut-être vous demanderez-vous pourquoi Armstrong plutôt qu’un autre, car ce n’est pas le seul champion controversé. Les réponses sont multiples, mais l’une d’elles est déterminante : si l’on ne peut croire en l’histoire d’un sportif de haut niveau qui a survécu à un cancer avant de devenir un espoir pour tous les malades qui en sont atteints, en qui croire alors ? Car après le Tour 1998, qui a vu le cyclisme toucher le fond, Lance Armstrong est devenu sa caution morale, pratiquement sa dernière chance. Depuis bien des années, il s’est même autoproclamé hérault de la lutte anti-dopage, distribuant cartons rouges et bons points. »

Nul doute que dans la foulée des récents événements sportifs et extra-sportifs sur le Tour de France, le bouquin nêa rien perdu de son actualité !

Le livre transpire la crédibilité tant on sent le souci, chez les auteurs, de présenter des faits vérifiables, d’exposer la situation sans toutefois attaquer l’homme lui-même. C’est ainsi qu’il n’est nullement question, dans ce livre, de la vie privée d’Armstrong, de son divorce, de ses enfants voire de ses revenus ou de ses sponsors. Non, le livre ne verse pas dans la facilité, dans les accusations gratuites et personnelles. C’est bien pour ça qu’il est aussi convaincant. Tout au plus peut-on déplorer certains passages, toutefois très rares au cours des 374 pages que compte ce livre, qui nous ont gêné en ce sens qu’on dépassait la simple présentation des faits pour glisser vers le jugement de valeur envers Armstrong.

Les faits les plus convaincants viennent des révélations de quelques personnes clefs de l’ex-entourage du champion, en particulier d’Emma O’Reilly, son soigneur et masseur de 1996 à 2000, dêEddy Coyle, physiologiste à lêUniversité du Texas et qui réalisé les tests sur Armstrong pendant plus de dix ans, et d’Antoine Vayer, diplômé du professorat de sport et analyste scientifique des performances en cyclisme. Voici quelques exemples éloquents de ce que vous apprendrez dans ce livre :

1 – affaire US Postal sur le Tour 2000. Armstrong a toujours nié avoir su ce qu’était l’Actovegin, ayant même déclaré qu’il avait dô chercher sur Yahoo! dans internet pour en apprendre plus. Ce produit était pourtant le deuxième sur la liste de 126 produits – à lêépoque licite – remis par le médecin de l’US Postal à la société du Tour juste avant que ne s’élance le Tour 2000…

2 – sur le Tour 2001, la liste de médicaments licites de l’US Postal remis à la société du Tour comportait… 119 produits différents, pour… 790 boîtes! Il s’agit du double de la consommation des équipes françaises, et d’un tiers de plus que les équipes italiennes… De telles quantités ne répondent, selon tous les médecins consultés, à aucune logique thérapeutique.

3 – selon le physiologiste Eddy Coyle, Armstrong a perdu tout au plus 4 kg lors de son traitement contre le cancer, et non 10 comme Carmichael et lui aiment à dire. Sa VO2max, de 82, et sa capacité respiratoire, de 5,9 litres, n’ont pas bougé non plus avant et après son cancer. La seule chose qui ait varié de façon importante selon lui, c’est l’efficacité de son pédalage (mechanical efficiency). Or, si le truc résidait à tourner plus vite les jambes, tout le monde s’y serait mis, et depuis longtemps, selon Greg LeMond, présent lors dêune présentation du Pr. Coyle. Car que se passe-t-il lorsqu’on tourne plus vite les jambes? On crée la dette d’oxygène, et vite. Lorsque Greg LeMond appris à ce physiologiste qu’Armstrong travaillait avec le Dr. Ferrari, Coyle eut ces mots « ça me rend malade » et « jêai envie de vomir »…

4 – Antoine Vayer a validé un modèle qui lui permet de prédire, avec une marge dêerreur de moins de 5%, les temps que feront les cyclistes sur des clm ou des ascensions de cols grâce à des calculs complexes tenant compte, entre autre, de la puissance développée, de la VO2max du coureur, de son poids total (corps et vélo), des conditions atmosphériques, de la condition de la route, etc, sous lêhypothèse que ces coureurs sont hautement motivés et feront lêépreuve « à bloc ». Selon lui, aucun être humain ne peut normalement produire 400 watts à la fin dêune étape comportant 3 ascensions majeures, dont la dernière est dêune durée dêau moins 20 minutes. Selon Vayer, il y a un « hit-parade » des coureurs cyclistes : « il y a le club des 380-400 watts, auquel appartiennent une trentaine de coureurs professionnels, et pour lesquels on peut déjà sêinterroger… mais bon, ça reste dans le domaine du possible. À 400 watts, cêest le top ten. Ensuite, le groupe des 420-450 watts, voire 470-480 watts, que Lance Armstrong maîtrise complètement. En 1997, on a obtenu 494 watts avec Ullrich dans la montée dêArcalis… ». Les récentes analyses de Vayer nous montrent quêArmstrong progresse encore, malgré les années qui passent…

5 – lors de son ascension victorieuse à Hautacam en 2000, Armstrong a généré une puissance moyenne de 457 watts, après 200 bornes de course. Cela équivaut à la force requise pour soulever alternativement dêune jambe puis de lêautre, et à hauteur de 1 mètre, un sac de 45kg attaché à chacun de ses pieds pendant 36 minutes 25 secondes (son temps dêascension), soit 2175 fois de suite sans aucune faiblesse… Impressionnant.

6 – utile à notre débat sur le taux dêhématocrite de Geneviève Jeanson à Hamilton : « Sêappuyant sur les expérimentations avec 42 sportifs de haut niveau et sur les extrapolations qui en découlent, Laurent Schmitt (professeur de physiologie) est formel : les variations des taux dêhématocrite vont de 2 à 3 points. On peut pousser à 4 pour prendre une marge de sécurité. Mais quoi quêil en soit, les athlètes ne peuvent pas avancer lêutilisation dêune chambre hypoxique pour expliquer quêils ont gagné 5 ou 6 points de taux dêhématocrite. Ce nêest pas possible ».

Précisons enfin quêune fois lêenquête terminée, les auteurs ont cherché à connaître la réaction de Lance Armstrong, et ont directement pris contact avec lui pour lui permettre de sêexpliquer. Armstrong nêa jamais répondu, comme son agent Bill Stapleton, une attitude qui lui valu dêêtre débouté dans sa récente tentative dêinclure un message écrit dans le livre. Notons que les auteurs, fair-play, ont rapporté pour chacun des sujets traités dans le livre les prises de position dêArmstrong dont ils avaient connaissance, par souci dêhonnêteté.

Bref, L.A. Confidentiel ne permet pas de conclure que le champion américain ou son équipe se dopent, loin de là. Mais il ébranle sérieusement le profane qui y perdra, au passage, énormément dêillusions. Le connaisseur nêest pas négligé non plus car hormis lêélément de surprise qui nêest plus là, les liens quêon peut faire avec divers événements des 10 dernières années dans le cyclisme nous permettent de comprendre bien des choses.

Conséquemment, il sêagit dêun ouvrage de référence incontournable pour celui qui a le désir et la volonté de poser un regard juste sur le cyclisme et sur un de ses grands champions, tout comme Secret Défonce dêErwan Manthéour ou Massacre à la chaîne de Willy Voet.

Armstrong pris dans la justice italienne?

On apprend aujourd’hui que Simeoni a été interrogé à la brigade antistupéfiants des carabiniers (NAS) de Florence dans le cadre de l’incident de course qui l’a opposé à l’Américain vendredi dernier.

La justice italienne se réserve le droit, à la suite de cette audition, d’ouvrir une procédure judiciaire à l’encontre d’Armstrong pour fraude sportive, violence privée et intimidation de témoin. Simeoni est en effet toujours un témoin important du procès Ferrari, toujours en cours en Italie.

Armstrong peut se payer de bons avocats, mais voilà une histoire intéressante puisqu’elle oppose David et Goliath!

Enfin, la réponse !

Depuis 3 semaines, on cherchait désespérement à savoir ou était et ce que faisait l’équipe US Postal dans les 3 semaines entre la fin du Dauphiné Libéré et le départ du Tour de France. Durant cette période en effet, Lance Armstrong et son équipe sont curieusement complètement disparus de l’actualité cycliste, aucun journaliste, à notre connaissance, ne faisant de reportage sur eux. Seul Johan Bruyneel accorda une ou deux entrevues vers le 24 juin, dont une à un journal espagnol. Tout au plus sait-on qu’Armstrong a fait un très court séjour aux États-Unis vers le 15 juin pour annoncer son nouveau sponsor, Discovery. Après cette conférence de presse, plus rien.

La réponse est venue du magazine Cycle Sport hier puisqu’on y rapporte qu’Armstrong était en fait en Suisse, dans la station alpine de St-Moritz (1,800m d’altitude), « s’oxygénant » un max avant la Grande Boucle. C’est le coureur Georg Totschning (qui n’a pas fait un mauvais Tour de France non plus…) qui rapporte l’information, ayant roulé avec l’Américain autour de la station.

Une information extrèmement intéressante lorsqu’on sait que St-Moritz est, depuis fort longtemps, le lieu privilégié ou travaille le Dr. Ferrari, ce dernier étant d’ailleurs présent parmi les quelques invités du champion américain lors de ses célébrations de la victoire dimanche soir dernier…

C’est surement ce qui a manqué à Jan Ullrich pour être dans le coup sur le Tour: un petit stage d’oxygénation à St-Moritz pour prendre l’air de la montagne…

La saga VDB

Diverses nouvelles ce matin dans le monde du cyclisme :

1 – L’Équipe publie l’analyse d’Éric Boyer, cet ancien coureur pro qui fut équipier de Greg LeMond en 1990 chez Z lors de la 3e victoire de l’Américain. On est généralement d’accord avec lui, sauf sur la critique concernant la passivité de l’équipe T-Mobile. Il est bien dommage que Boyer n’ait pas vu ou dit que lorsque T-Mobile attaquait, c’est deux équipes, CSC et US Postal, qui leur courraient après! La faute est donc davantage sur CSC qui s’est contenté d’assurer la 2e place de Basso plutôt que d’essayer d’aller chercher la 1ere.

2 – Sur Cyclismag, on publie une courte entrevue avec Simeoni, qui nous apprend notamment que Nardello fut véhément à son encontre lorsqu’il fut repris par le peloton vendredi matin dernier, et que Paolo Bettini l’a au contraire soutenu par des mots d’encouragements. Cela laisse sous entendre que Paolo serait peut-être énervé par la domination d’Armstrong…

3 – Gros problème chez Franck Vandenbroucke hier puisqu’il semble avoir pété les plombs une nouvelle fois. Une dispute familiale avec sa conjointe italienne Sarah aurait nécessité l’intervention de la police, VDB ayant utilisé un fusil de chasse pour tirer en l’air! Il aurait également menacé de se suicider. Rien ne va plus pour ce coureur, récemment en brouille avec GianCarlo Ferreti en raison de sa non-participation au Tour du Portugal. Au delà du fait que son contrat ne sera assurément pas renouvellé chez Fassa Bortolo à la fin de l’année, c’est la santé mentale de cet homme qui inquiète franchement. L’internement en psychiatrie n’est plus très loin (si ce n’est pas déjà fait) et c’est probablement la fin – bien triste – de la carrière d’un coureur pourtant perclu de talent. Franck demeure en effet à ce jour le seul coureur à avoir passé la Redoute sur la plaque dans L-B-L en 1999. Quel gâchis incroyable!

4 – On attend toujours les sanctions dans le cas de l’affaire Millar, son titre de champion du monde du clm acquis à Hamilton en octobre dernier étant également dans la balance. Récemment licencié de Cofidis, Millar risque 2 ans de suspension, ce qui serait dramatique pour ce coureur. On aime cependant le repenti sincère de David qui a toute notre estime pour avoir osé parler. Car David n’est pas différent des autres, il a simplement avoué. Il souhaite travailler dans l’avenir auprès des jeunes coureurs pour leur éviter ce qu’il a connu depuis 2001.

Les analyses commencent!

Devant la domination d’Armstrong et de son équipe, il est à prévoir que les articles cherchant à analyser – scientifiquement on l’espère – les performances enregistrées sur ce Tour de France vont se faire nombreux. Pour preuve, en voici déjà quelques uns, dont un en particulier qu’il faut absolument lire (il est d’Antoine Vayer et a été publié ce matin dans Libération).

Libération qui est d’ailleurs assez acerbe ce matin dans ses commentaires sur le Tour 2004 et son vainqueur. Extrait de l’un des articles, disponible ici : « Le suiveur polit depuis six ans ses verres et n’y voit goutte. Il s’incline devant la force de l’instinct et la puissance des sornettes. Il va comme chaque année chez son marchand d’ironie acheter ses fameuses lunettes de la clairvoyance et tombe dans le panneau avec délice. »

Plus encore, c’est toute la presse qui est assez dure avec la démonstration de juillet, comme le rapporte ce matin L’Équipe.

Enfin, on vous reproduit ici un article publié ce matin sur AFP qui nous apparaît très intéressant puisqu’il dresse le bilan du Tour, équipe par équipe :

« Deux équipes, US Postal et Rabobank, ont bouclé le Tour de France cycliste 2004 au complet, dimanche à Paris, où 147 coureurs (sur 188) ont été classés. Avec 41 abandons, cette 91e édition se situe dans la norme de ces dernières années, légèrement en-deçà du Tour du Centenaire (51 abandons sur 198 coureurs).

A l’heure du bilan, les satisfactions et les déceptions, équipe par équipe (dans l’ordre du classement des gains):

US Postal: carton plein. Armstrong a gagné cinq étapes et le classement final, ainsi que le contre-la-montre par équipes avec ses hommes. Les « postiers », outrageusement dominateurs, n’ont jamais paru aussi forts.

T-Mobile: la victoire au classement par équipes et la présence de deux coureurs (Kloeden 2e, Ullrich 4e) en haut du tableau n’effacent pas la déception globale. Ullrich, autour de qui était bâti le groupe, a failli.

CSC: une seule victoire d’étape mais une présence de tous les jours avec, pour finir, le podium pour Basso. A l’exemple de Voigt, le groupe de Riis a pesé sur la course même s’il a objectivement contribué à aider Armstrong.

Quick Step: une réussite quasi-idéale avec quatre succès d’étape au total et le maillot de meilleur grimpeur pour Virenque. Boonen s’est affirmé et Bettini s’est dévoué en équipier de luxe.

Baléares: à défaut du succès d’étape approché par Garcia Acosta, la formation espagnole s’est satisfaite du maillot blanc de Karpets. Mancebo, esseulé après l’abandon de Menchov, a accroché une place d’honneur (6e).

Lotto: deux étapes et le maillot vert du classement par points ont récompensé McEwen dans les sprints. L’équipe belge a déploré le contrôle antidopage positif de Brandt.

Cofidis: entreprenante malgré ses malheurs de tous ordres, l’équipe française a touché au but. O’Grady (très près de gagner une deuxième fois) et Moncoutié lui ont apporté les succès d’étape espérés.

Crédit Agricole: Moreau, en léger recul, est resté le premier Français au classement (12e). Hushovd, en progression sensible, a gagné une étape et a espéré jusqu’au bout le maillot vert.

AG2R: le groupe français a baissé de pied après un début flamboyant marqué par les sprints victorieux de Kirsipuu et de Nazon. Goubert (20e) a longtemps accompagné les meilleurs en montagne.

Fassa Bortolo: la déception de l’abandon de Petacchi a été compensée par trois victoires d’étape (Cancellara, Pozzato, A. Gonzalez). Flecha, souvent à l’avant, n’a pu trouver l’ouverture.

Gerolsteiner: Hondo seulement placé dans les sprints massifs, l’équipe allemande a surtout valu par la présence de Totschnig (7e) dans les étapes de montagne.

Rabobank: omniprésente, la formation néerlandaise a échoué dans sa quête d’étapes malgré les tentatives répétées de Rasmussen en montagne, Kroon et Lotz en plaine.

Fdjeux.com: les années se suivent sans se ressembler pour l’équipe française. Les efforts de Casar et de Mengin n’ont pu contrebalancer l’abandon de McGee et les problèmes de santé de Cooke.

La Boulangère: les dix jours en jaune de Voeckler ont emballé le public. L’aventure du champion de France a apporté une heureuse touche de fraîcheur à la course.

Phonak: l’équipe suisse a explosé en vol avec l’abandon de Hamilton, son chef de file. Pereiro (10e) et Jalabert, malchanceux, ont apporté de maigres satisfactions par rapport aux ambitions de départ.

Euskaltel: le jour et la nuit à un an d’écart. Dans le sillage de Mayo et de Zubeldia (abandon), un Tour à oublier pour la formation basque malgré les essais de Martinez et Landaluze.

Domina Vacanze: Scarponi a éprouvé la dureté du Tour, Simeoni celle d’Armstrong. Cipollini a abandonné en catimini et quatre coureurs seulement ont rallié l’arrivée.

Saeco: très loin de son niveau du Giro, le groupe italien a peiné à l’image de son grimpeur Simoni (17e), qui a entrepris toutefois un long raid dans la grande étape des Alpes.

Alessio: Caucchioli a manqué de peu d’entrer dans le Top-10 (11e). Pour le reste, la formation italienne est restée le plus souvent dans l’ombre avec des coureurs vieillissants.

Liberty: en panne sèche, l’équipe espagnole a souffert à l’exemple de son chef de file Heras (abandon). Mais elle a gardé un comportement honorable et digne.

RAGT: la plus modeste des formations en lice s’est battue pour ramener le maximum de coureurs à Paris (huit sur neuf). Calzati et Martin se sont signalés. »

À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire…

La Flamme Rouge est de retour après une petite absence pour raisons familiales. Merci à tous de vos nombreux commentaires passionnants!

Lance Armstrong est donc entré directement dans l’Histoire du cyclisme hier en étant le premier être humain à s’imposer 6 fois – consécutives, excusez un peu – dans le Tour de France. Mieux qu’Anquetil, mieux que Merckx, mieux qu’Hinault et mieux qu’Indurain. Mais hormis ce dernier, le palmarès du champion américain ne soutient pas la comparaison avec les 3 premiers, sachons s’en souvenir.

Contrairement à sa 5e victoire cependant, sa 6e ne nous laisse aucun goôt. Acquise sans une attaque (Armstrong n’a jamais été seul sur ce Tour, sauf dans les CLM), acquise avec une facilité déconcertante (ses… 6 victoires d’étape dont 3 au sprint en attestant sans conteste), acquise sans panache aucun mais plutôt avec arrogance (l’épisode Simeoni de vendredi dernier en dit très long sur ce point, nous y reviendrons plus tard), acquise sans devoir se battre, acquise au sein d’une équipe surprenament puissante (6 Postiers parmi les 16 premiers du dernier clm samedi, du jamais vu!!!), c’est une victoire sans saveur, et qui soulève même beaucoup de questions. Au passage, il établit d’ailleurs la 2e moyenne la plus rapide de l’histoire (40,553 km/h), 2003 restant le Tour du record (40,940 km/h).

Les scientifiques chercheront assurement, dans les prochains jours, semaines et mois, à comprendre comment Lance Armstrong peut-il vieillir et devenir de plus en plus fort, qui plus est après un cancer. Il s’agit probablement du seul cas à pouvoir être documenté de l’histoire de la médecine. Les articles visant à mieux comprendre ses méthodes seront très certainement nombreux dans les prochains mois, étant donné l’étendue des surprises des trois dernières semaines :

– un surprenant retour en super-forme pour Armstrong, 3 semaines après avoir été battu par plusieurs coureurs sur le Dauphiné
– un clm par équipe qui plaçait l’US Postal à une longueur d’avance de toutes les autres équipes
– une performance sans équivoque dans les Pyrénées
– une dernière semaine exempte de fatigue, avec 3 victoires de suite, soit à Villars de Lans, l’Alpe d’Huez et le Grand Bornand
– une sortie surprenante vendredi dernier en début d’étape, pour « écoeurer » le pauvre Simeoni, alors dans les profondeurs du classement. Le problème d’Armstrong ? Simeoni a parlé dans le procès Ferrari en Italie, dénoncant les pratiques de ce médecin et confirmant que ce dernier lui a bel et bien prescrit toutes sortes de cures, dont celle à l’EPO bien sôr. Armstrong a donc voulu l’empêcher de faire quoi que ce soit, de la même façon qu’avec Christophe Bassons en 1999. Une attitude qui nous a profondément choqué, et qui en dit long sur l’Américain qui déclarait « Simeoni n’a pas de respect pour le sport qui le paie« . Pardon, Lance ?
– une nouvelle victoire deux jours plus tard, sur le dernier clm, alors que les Postiers placaient 6 coureurs parmi les 16 premiers (Superman Landis 4e!), une preuve sans conteste de l’état de fraicheur de cette équipe après 3 semaines de courses, dont 2 à contrôler le peloton.

La Flamme Rouge suivra donc avec intérêt les prochains articles qui verront le jour quant à ces performances impressionnantes. Et on commencera par une analyse-critique de L.A. Confidentiel cette semaine (on vous la gardait au chaud pour l’après-Tour!).

Quoi qu’il en soit, certaines rumeurs sont entendues ces jours-ci quant à la poursuite de la 7e victoire l’an prochain. Elles nous font bien rire, car nous n’en croyons rien : Lance Armstrong sera bel et bien au départ du Tour l’an prochain. D’une part, il aime trop cette course, et il est parfaitement conscient de ce qu’elle peut lui apporter. D’autre part, le nouveau sponsor Discovery ne voudra pas se passer de la pub que pourrait lui apporter une 7e victoire consécutive : les yeux du monde entier seront rivés sur Armstrong l’an prochain, épiant ses moindres gestes.

Que retiendrons-nous de ce Tour de France ? Un podium innatendu, surtout dans le cas de Kloden. Il fait cependant plaisir de voir ce coureur retrouvé, ses performances de néo-pro ayant démontré qu’il avait les aptitudes pour le plus haut niveau (victoire sur Paris-Nice, vice-champion olympique en 2000). Basso répond à l’heure, c’est le seul des autres favoris à avoir complètement assumé ses responsabilités. Ullrich 4e, on cherche encore à comprendre ce qui a bien pu se passer après le Tour de Suisse et surtout dans les Pyrénées. On l’a entendu évoquer un petit rhume… Chose certaine, pour Ullrich, on regrettera bien longtemps son choix de l’hiver dernier, alors qu’il refusait la perche que lui tendait Bjarne Riis de le rejoindre chez CSC. Ullrich aurait bénéficié de la « préparation » CSC qui réussit bien aux ex-champions vieillissants, pour preuve Jalabert en 2001 et 2002 (deux maillots à pois!), Hamilton (4e du Tour l’an dernier, avec une clavicule felée) et Basso cette année.

Pour les autres, il faudra revoir entièrement la copie. Si Hamilton n’a pas eu de chance, tout comme Mayo, carton rouge à Heras dont on ne connaît pas les raisons de son abandon. Manolo Saiz, le connaissant, ne doit pas être content…

Pour les classements connexes, Virenque aura réussi son pari, c’est-à-dire à entrer lui aussi dans l’Histoire du cyclisme comme le seul homme à s’être imposé 7 fois dans le classement du meilleur grimpeur, devançant ainsi Bahamontès et Van Impe. On sera sévère : c’est une tache dans l’histoire. On regrettera fortement que depuis 10 ans, le maillot à pois ne lui ait pas été davantage contesté. Pantani s’en désintéressait, et Virenque est seul à sprinter en haut des cols depuis fort longtemps.

Le vert va à McEwen, et c’est là que la plus belle lutte pris lieu. Hushovd, O’Grady et même Zabel ont pu prétendre à remporter le prix. Quant à Boonen, il lui aura manqué une constance qui viendra avec l’âge et l’expérience.

Karpets s’impose chez les jeunes devant deux Français, Casar et Voeckler. Doit-on y voir une lueur d’espoir pour le cyclisme français ? On ne le croit pas, aucun de ces coureurs n’ayant véritablement démontré de réelles aptitudes pour devenir champion. Ce qui plaît cependant, c’est leur esprit de battant, de guerrier. Sans Voeckler, en particulier, ce Tour aurait été d’une tristesse…

Les révélations de ce Tour : Kloden, Basso, Boonen, Voeckler, Azavedo, Landis (celui-là, on lui recommande fortement de se trouver une équipe au sein de laquelle il serait leader incontesté en 2005 et de se lancer à la conquête du Tour!), Karpets, Hushovd.

Les déceptions de ce Tour : Hamilton, Mayo, Ullrich, Heras, Sevilla, Botero, Simoni, Chavanel, Zabel, Nozal, Boogerd, Kroon, Dekker, Verbrugghe, Gonzales de Galdeano.

Les fuites sur le parcours du prochain Tour : Noirmoutier, Challans, Bayeux, Rouen, Nancy, Lunéville, Colmar, Montbéliard, Courchevel, Alpe d’Huez, Toulon, Pau, Bordeaux, Clermont-Ferrand et Châteauroux.

On entame la saison lucrative des critériums d’après Tour en Europe de l’Ouest. C’est en effet le temps de monayer les performances du Tour (c’est pour ca aussi qu’il est important de se montrer en juillet…). Des coureurs comme Armstrong, Virenque, Basso, Voeckler, Moreau, Casar, Goubert, Nazon ou Moncoutié pourront passer à la caisse et exiger des sommes très importantes pour courir. D’autres, comme Chavanel, Halgand, Robin, qu’on a peu vu en juillet, seront moins en demande.

Attention à l’influence des médias américains!

Merci à tous nos lecteurs pour vos commentaires. On distingue clairement trois groupes, les pro-Armstrong, ceux qui en ont marre de le voir ainsi dominer outrageusement et ceux qui se posent des questions. Dans ce débat, on vous rappelle que La Flamme Rouge n’est pas pour ou contre Armstrong, comme nous n’étions pas pour ou contre Jeanson ou d’autres. Encore une fois, nous sommes pro-vérité, et rejoignons donc en quelque sorte le 3e groupe.

Durant ce Tour, plusieurs commentaires ont mis l’emphase sur le fait que l’US Postal roulait pour un seul homme afin d’expliquer les performances surprenantes. Cela nous donne l’occasion de revenir sur un élément important, celui de dénoncer le matraquage sans pareil de certains médias, OLN tout particulièrement, à l’endroit d’Armstrong et de son équipe. Depuis 3 semaines, on est franchement très décu de la performance de Phil Liggett et Paul Sherwen qui nous ont prouvé hors de tout doute, par leurs commentaires, être entièrement acquis à l’Américain. Hier encore, les glissements furent nombreux, trahissant ce qui nous apparaît comme un nécessaire devoir d’objectivité de la part de ceux qui décrivent la course. Liggett, en particulier, nous semble en avoir beaucoup, beaucoup perdu depuis quelques années.

Tout cela pour dire qu’il faut se méfier des « paquets bonbons » véhiculés par certains médias quant à la préparation de l’US Postal. « Very hard work« , « My Tour begins October 1st« , « At US Postal, it is all for one« , « Too much leaders is not a good thing« , « I am the one who spent the most time checking the route and training« , etc. À force de se les faire répéter, on vient à croire ces formules toutes préparées et vides de sens et c’est très dangereux.

Ces médias sont-ils allés voir comment Ullrich, Hamilton, Mayo, Virenque, ou d’autres se sont préparés de la même façon qu’ils ont suivi Armstrong ces derniers mois? Non, bien évidemment. Très objectivement, beaucoup d’autres équipes apparaissent à nos yeux avoir fait strictement pareil, voire peut-être mieux. N’oublions pas que nous parlons du niveau professionnel ici! Ce qui est certain, c’est que l’US Postal n’est pas la seule équipe à préparer méticuleusement le Tour.

Là ou une différence existe, c’est plutôt quant à la tactique de course des équipes lors des étapes. Et les meilleurs à ce jeu ne sont pas forcément l’US Postal, loin de là. On y reviendra très prochainement.

Enfin, sachons également prendre du recul : aucune équipe n’a jamais autant dominé un Tour de France. On pourra même se surprendre du travail de l’US Postal ces jours derniers, Landis en particulier, puisque Armstrong avait le maillot jaune : c’était donc aux autres de l’attaquer, d’assurer le tempo dans le but de lâcher l’Américain. Rappelez-vous l’ère Indurain : Miguel, une fois le maillot jaune sur les épaules, se contentait de suivre en montagne et c’était normal, il était devant ses rivaux au général. On voyait les Banesto rouler avec Miguel que si un adversaire dangereux au général (souvent Chiappucci ou Pantani, voire Rominger) s’était échappé.

Aujourd’hui, l’US Postal assure le train très tôt dans l’étape, même s’il n’y a personne de dangereux pour Armstrong devant. Et le train est si soutenu que les autres favoris ne peuvent rien faire ! Devant une telle tactique qui, pour être répétée à chaque jour, nécessite à l’évidence une équipe extraordinaire, on peut se poser des questions!

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