Tous les jours, la passion du cyclisme

 

Mois : juin 2025

À ne pas manquer: Pédale!

Pédale! édité par SO Press qui sont aussi derrière le bien connu magazine So Foot, diffuse une fois l’an un opus cycliste riche en humour et en contenu.

L’édition 2025, sortie il y a quelques jours, ne fait pas exception.

Courrez vous procurer un exemplaire! C’est vraiment excellent.

On y trouve notamment une longue interview intéressante avec Catherine Marsal, la lorraine ayant connu des heures de gloire dans les années 1990 avant de disparaitre, comme plusieurs autres filles de l’époque d’ailleurs (Leontien Van Moorsel par exemple).

On y trouve également une belle entrevue avec Sandy Casar, peut-être le coureur français qui aurait pu succéder à Bernard Hinault au palmarès du Tour de France…

Parlant de Bernard Hinault, on retrouve dans le magazine un article disons… unique et percutant sur le champion breton, que l’on dépeint pas vraiment avantageusement. J’ai adoré l’article, qui rejoint ma position depuis fort longtemps sur Hinault: immense champion cycliste, beaucoup de culot en course, mais comme être humain, je souscris nettement moins.

Pour ceux qui s’intéresse comme moi depuis longtemps au cyclisme, un intéressant reportage « de l’intérieur » sur les Mondiaux de Duitama en Colombie en 1995, Mondiaux remporté par Abraham Olano devant Miguel Indurain et Marco Pantani. La grande époque!

Beaucoup d’autres articles super-intéressants composent cette édition, je pense aussi à cet article revenant sur la formidable équipe Z de Roger Zannier au tournant des années 1990, et qui amena Greg Lemond à son troisième titre sur le Tour de France.

Toujours, tout au long des pages, ce ton décalé, teinté d’humour, un brin irrévérencieux. Ca fait plaisir, ca fait surtout différent du « main stream ».

Enfin, le magazine vient avec un cahier spécial soulignant les 50 ans du maillot à pois sur le Tour de France. Un cahier super-intéressant, où on apprend notamment d’où vient cette idée d’un maillot à pois, bref, le pourquoi du comment.

Vraiment, courrez vous le procurer! Vous passerez un agréable moment à le lire si vous êtes passionnés de cyclisme, et si vous êtes encore capables de lire (de nos jours, c’est pas forcément gagné d’avance pour tout le monde).

L’Alsace et les Vosges, paradis cyclistes

Vus du Québec, les endroits comme Gérone, Malaga, Calpe, Majorque, les Alpes, les Dolomites, ou encore les Pyrénées reviennent souvent comme destinations cyclistes par excellence.

Il y en a pourtant beaucoup d’autres.

Et l’une des plus belles mais moins connue, l’Alsace et les Vosges.

Un endroit exceptionnel pour la pratique du cyclisme.

D’abord, il y a de tout: de la plaine, de la montagne, que ce soit des parcours vallonnés à des cols redoutables classés hors catégorie, comme cette tuerie appelée le col du Haag depuis Saint-Amarin, soit 11 km à pratiquement 15% de moyenne. Je le sais, je l’ai fait, et je peux vous dire que ca se compare au… Mortirolo!

La deuxième partie de l’ascension est d’ailleurs une… piste cyclable (voie verte), façon Loze, mais dans la forêt et à l’ombre. Vraiment bien!

Braquet minimum, 34-29, et plus petit ben c’est encore mieux.

Surveillez bien d’ailleurs, ce col du Haag pourrait bien faire l’objet, d’ici peu, d’un chrono en côte sur un prochain Tour de France!

Surtout, ce qui plait en Alsace et dans les Vosges, c’est l’abondance des circuits possibles: les cols foisonnent dans un rayon de 100km, le long de la célèbre Route des Crêtes qui sillonne l’Alsace du Nord au Sud.

Planche des Belles Filles, Ballon de Servance, Ballon d’Alsace, Grand Ballon, Petit Ballon et son désormais célèbre « virage Thibault Pinot », col Amic, col des Chevrères, col d’Oderen, col de Bussang, col du Page, col du Platzerwasel, col du Calvaire, col du Bonhomme, col du Wettstein, Collet du Linge, col de Bramont, col du Firstplan, col du Hundsruck et j’en passe, la liste est longue!

C’est pas compliqué, vous pouvez facilement y séjourner deux semaines, rouler tous les jours et ne jamais monter deux fois le même col.

Surtout, on apprécie de tous ces cols leur charme indéniable, surtout par temps caniculaire: souvent nichés au coeur de belles forêts, on monte souvent à l’ombre et tranquille, sans circulation automobile, ce qui permet un vrai moment de communion avec le vélo.

Sauf rares exceptions bien sûr, notamment les week-ends sur les grands cols comme celui du Grand Ballon: les motos y sont omniprésentes, et détestables. C’est un problème qui se généralise en Europe, et qui est déjà bien pire ailleurs, par exemple sur le Sella Ronda dans les Dolomites, au Stelvio, ou encore dans certains cols des Alpes françaises.

La solution n’est pas simple, mais déjà des collectivités réfléchissent à cet enjeu devenu problématique devant la hausse des accidents. Le plus probable est qu’on verra, un jour, les cols fermés aux motos avant 11h le matin par exemple, permettant la pratique du cyclisme et de la randonnée pédestre en matinée dans un cadre plus agréable que celui des vapeurs de gasoil.

Pour le reste, les régions de l’Alsace et des Vosges offrent de quoi passer un agréable séjour, entre sorties au coeur des vignobles d’Alsace, des plus beaux villages de France comme Kaysersberg ou Riquewihr, de nombreux vestiges médiévaux, ainsi que de nombreux sites historiques notamment liés à la Première et la Seconde guerre mondiale, les Vosges ayant été le premier champ de bataille de la lutte franco-allemande.

Le bon plan, c’est de privilégier un séjour dans le sud des Vosges, quelque part entre Colmar et Cernay, les options cyclistes y étant nombreuses et l’aéroport de Bâle-Mulhouse étant tout près. Cet aéroport est desservi par des vols directs depuis Montréal, simple et facile, sans risque pour le transport du vélo.

Et quoi de mieux que de joindre à un éventuel séjour en Alsace un petit objectif comme celui de L’Alsacienne cyclo, tout simplement la meilleure cyclosportive en France?

Classée parmi les 5 cyclosportives les plus difficiles de France, L’Alsacienne n’est cependant pas à prendre à la lègère, surtout qu’en Alsace et dans les Vosges, il peut faire très, très chaud. Dans ce contexte, les organisateurs ont eu l’excellente idée de proposer une variété de parcours, permettant à chacun(e) de trouver un objectif à sa mesure.

Affichant complet depuis plusieurs semaines cette année, il faudra cependant réserver tôt (mars-avril) sa participation en 2026!

Pour les autres, le site L’Alsace à vélo offrira de quoi bien planifier son séjour cycliste en Alsace.

Le magazine Sphères

Petites communautés, grandes histoires.

C’est ainsi que se définit le magazine Sphères, mieux connu en France qu’au Québec. On le trouve pourtant dans trois points de vente de la Belle Province, soit le Quai des Brumes (Montréal), La Cohue (Québec) et Les Vraies Richesses (Sherbrooke).

Sphères vient de publier un numéro intitulé « Les cyclistes« , 144 pages de reportages variés, photos grand format à l’appui.

On y trouve un entretien croisé avec Jeannie Longo et Bernard Thévenêt, une entrevue avec la vététiste Myriam Nicole, mais aussi des articles sur la mode Strava et ses dérives, le Keirin au Japon, ainsi que sur les acrobates de de Bouaké, petite ville de Côte d’Ivoire.

Rafraichissant!

Dans un monde de convergence ou les éditions de juin dans nombre de magazines cyclistes sont déprimants avec leur « Spécial montagne » au contenu toujours le même années après années, Sphères nous offre quelque chose de différent qu’on aura aussi plaisir à relire dans quelques années.

Un 20 euros bien placé.

Bataille de la 55 ce jeudi: on entre dans le vif du sujet

Troisième étape de la Bataille de la 55 ce jeudi à Sherbrooke, après une petite trève d’une semaine en raison du GP de Charlevoix, cette année disputé par une météo exécrable. Kudos au passage à toutes et tous les coureurs(es) qui ont affronté ces conditions difficiles le week-end dernier, dimanche matin 3 degrés sous la flotte. Pas top.

La Bataille de la 55 entre dans le vif du sujet: le classement général et le classement par équipe se cristallisent, les favoris se mettent en place, bref, ca se dessine doucement.

On s’inscrit ici.

Au classement général, Francis Brunelle de Felt-Mathias Sport portera jeudi le maillot jaune – une commandite Mill – mais son plus proche rival, le sympathique Merlin Dallaire (Cycles Régis) le talonne de 3 petits points (93 versus 90). Game on comme on dit!

Pas loin derrière avec 80 points, le jeune Jeremy Bouchard du Siboire-Café William voudra se rapprocher c’est certain, et pourra compter sur ses coéquipiers toujours motivés lorsqu’ils courent à domicile.

Au classement par équipe, c’est le Siboire-Café William qui est en tête, suivi de l’équipe Studio Vélo et de Felt-Mathias Sport. Cycles Régis n’est pas loin non plus. Les iBike et Rocket Factory Golden n’ont pas perdu la bataille loin s’en faut, et voudront se replacer dans ce classement en devenir.

En ouverture, on n’oublie pas la course Sport, pour les coureurs(es) qui veulent rouler en course dans un contexte un peu moins compétitif. Le départ est à 18h15, 19h15 pour la course Open.

Et comme d’habitude, l’ambiance et la convivialité seront de mise: hot dog, chips, bières du Siboire offerts, sans oublier l’animation électrisante par votre obligé qui se délecte de ces soirées.

Mesdames, Messieurs les coureurs(es), à vos montures!

Une étape à ne rien comprendre

Ironie du sort: Simon Yates perd le Giro 2018 dans la Finestre lors de la 19e étape, Simon Yates gagne le Giro 2025 dans la Finestre la veille de l’arrivée…

Quelle revanche sur le sort pour le coureur anglais!

Pour le reste, je n’ai rien compris de la tactique des équipes – sauf Visma Lease a Bike bien sûr – samedi dernier.

Et en un mot selon moi: du grand n’importe quoi! À ce niveau de professionnalisme, je suis médusé de voir pareil amateurisme.

En premier lieu des UAE Team Emirates, totalement absents au combat sur la Finestre et dans le final pour filer un coup de main à Del Torro, pauvre jeune laissé bien seul en pâture aux autres équipes.

Ils étaient où, les Majka, McNulty et Adam Yates, des coureurs pourtant d’expérience, rompus aux grands tours, et plutôt très forts?

Je n’ai pas compris. Car avec un ou deux coéquipiers autour de lui, Del Torro aurait probablement sauvé son maillot rose.

Impardonnable, et j’ai même trouvé indécentes les images à l’arrivée d’une équipe satisfaite, jouant la carte de « c’est bien mon garçon, tu t’es bien battu ». Les accolades données par Gianetti vers Del Torro sonnaient tout faux, je suis désolé.

La triste réalité, c’est qu’UAE a totalement merdé samedi, point à la ligne. Impardonnable à ce niveau de professionnalisme, pour une des équipes les plus riches du peloton, sinon LA plus riche.

Remarquez, Del Torro a aussi fait une grosse erreur, celle de ne voir en son principal adversaire que Carapaz, calquant sa course sur ce dernier uniquement. Total, le danger était aussi avec le 3e du général, qu’il a laissé filer sans jamais réagir.

Carton rouge également à Carapaz selon moi, qui n’a pas bien joué ses cartes. Si tu veux lâcher Del Torro, ben tu fais du « stop and go », c’est-à-dire que tu places une mine, si Del Torro suit tu coupes, et tu repars 1min plus tard.

Façon Tadej.

Au lieu de ca, Carapaz a souvent longtemps prolongé son effort après une accélération, emmenant au train un Del Torro trop content de l’aubaine puisque dans la Finestre, ca voulait aussi dire revenir gratis sur Yates devant.

Enfin, je n’ai pas compris la tactique de Derek Gee dans la Finestre, ce dernier roulant en mode contre-la-montre du bas en haut. Une fois rentré sur Del Torro et Carapaz, pourquoi diable rouler pour ces deux-là? Il me semble que tu veux te refaire une santé, et profiter des éventuelles ouvertures plus tard, non? Yates – parti devant – le précédait de toute façon au général, le seul objectif à ce moment n’était-il pas de faire couler Del Torro en s’alliant avec Carapaz et ainsi monter sur le podium?

Gee était certes un ton en dessous des trois autres, c’est clair. Mais comme on ne sait jamais, sur un malentendu ca peut marcher, ben j’aurais joué le malentendu à ce stade de la course…

Quoi qu’il en soit, chapeau bien bas aux Visma Lease a Bike qui, avec un Van Aert parti tôt dans l’étape non au prix d’efforts soutenus, a pu filer un sacré coup de main à Simon Yates. Sommet du Finestre, l’écart était d’environ 1min30 avec le groupe Del Torro, pied de Sestrières quelques kilomètres plus loin c’était presque 4min, merci M. Van Aert la mobylette!

Pour Del Torro, c’est quand même un Giro exceptionnel: grande révélation de la course, meilleur jeune, plusieurs jours en rose, le gars fait presque jeu égal des meilleurs en montagne, bref, de quoi s’assurer, à 21 ans, d’un bel avenir dans le cyclisme pro. On le reverra c’est certain, mais pas sur le Tour de France en juillet. Sage décision d’ailleurs!

Les déceptions

Elles sont quand même nombreuses: Ayuso bien sûr, mais aussi Tiberi qui a sombré en troisième semaine.

Sans parler de Roglic, le poissard du cyclisme.

Et de Pidcock, qui continue de beaucoup parler, mais de ne pas vivre à la hauteur des espérances que lui-même fait naître. Un peu de retenue du coureur anglais serait de mise selon moi. Ineos ne doit pas le regretter.

La suite

Le Dauphiné bien sûr, d’abord et avant tout, toujours une répétition générale de juillet. Et un nouveau match entre Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard.

Puis le Tour de Suisse, plus discret mais excellente préparation aussi à la Grande Boucle.