Bardet, sympathique champion

Gilbert Bessin (1948-2020)

Parce que ca fait du bien!

Armstrong: « ma vérité », ou sa bullshit?

La chaine ESPN diffusera les 25 mai et 1er juin prochain deux parties d’une seule émission avec Lance Armstrong, qui affirme vouloir y témoigner de « sa vérité ».

Le preview est ici, et ci-bas suite à cet article.

Armstrong y affirmerait s’être dopé avant son cancer de 1997, soit dès 1992 au sein de l’équipe Motorola. On sait par ailleurs que son ex-coéquipier Stephen Swart avait effectivement déclaré qu’Armstrong se dopait dès 1992 au sein de la même équipe, soit un an avant de devenir champion du monde à Oslo.

Je suis de ceux qui pensent que ces deux émissions seront encore un ramassis de conneries et surtout, surtout de demi-vérités. Armstrong n’a jamais tout dit, et distille tranquillement l’information depuis quelques années, comme pour faire durer le plaisir et surtout, pour faire souffrir le plus longtemps possible ceux de son entourage qui ont toujours dit la vérité.

Comme Betsy Andreu, qui a toujours affirmé avoir entendu Armstrong donner la liste des produits dopants dont il usait à ses médecins, sur son lit d’hôpital alors qu’il venait de découvrir souffrir d’un cancer. Betsy Andreu savait qu’Armstrong se dopait depuis fort longtemps lors de son cancer en 1997, et elle a toujours dit la vérité à ce sujet, pour moi c’est évident.

Ceux qui ont déjà vu le film affirment y voir un Armstrong fidèle à lui-même, soit une chose dissociant ses actions de sa personne. Le propre des « bully » – j’en connais un paquet dans ma région – qui ne savent se valoriser qu’en descendant les autres, quitte à user de tous les moyens possibles tant légaux qu’illégaux, tant moraux qu’immoraux, pour parvenir à leurs fins.

Lance Armstrong, une personne qui s’est construite dans la haine et la brutalité. Je trouve personnellement qu’on y consacre trop d’attention, l’oubli et l’indifférence étant tout ce qu’il mérite aujourd’hui.

Personnellement, je ne regarderai pas. L’oubli et l’indifférence.

Prochaine question.

L’entrainement de Peter Sagan

Sept semaines de travail acharné sur mon vélo afin de regagner des watts perdus par une grosse saison de ski de fond qui ne fait pas travailler les jambes de la même manière que sur un vélo.

Et la satisfaction de voir qu’à la lumière de l’entrainement « de reprise » de Peter Sagan, mon entrainement est dans le vrai, entre séances anaérobies, séances muscu, et sorties d’endurance de base où le respect d’une plage cardiaque basse est primordiale.

L’entrainement de Peter Sagan, c’est ici.

Plus je vieillis, plus je priorise la polarisation de l’entrainement. Et m’inspire du graphique de Guy Thibault pour construire mes séances.

Et tant qu’à être sur le thème entrainement, voici la pain cave de notre coureur local ici dans la région d’Ottawa-Gatineau, Matteo Dal-Cin, un coureur sympathique que j’ai plaisir à retrouver pour des entrainements dans le Parc de la Gatineau.

La lutte contre le dopage en temps de coronavirus…

Nouvelle contribution aujourd’hui de Marc Kluszczynski sur La Flamme Rouge, qui nous parle de la lutte contre le dopage en ces temps de coronavirus, y compris au Canada.

Il n’est pas le seul à se poser des questions, parmi eux des coureurs pro comme Romain Bardet.

Si la pandémie de printemps a eu pour effet de stopper toutes les compétitions (Science & Vie – SV  N°180), il n’en a sûrement pas été de même pour le dopage, d’autant plus que la plupart des agences antidopage annonçaient une réduction de leur activité.

L’AFLD reconnaissait récemment « rouler au pas » en raison du confinement strict imposé à la population. Mobilisés sur le front du Covid-19 à l’hôpital et en ville, on avait compris que les préleveurs de l’AFLD avaient une marge très réduite, en raison d’un stock de masques proche de zéro, des mesures de distanciation sociale et des réductions des déplacements. Certaines agences, comme l’AFLD, choisissaient alors la méthode Coué (méthode d’auto-persuasion inventée par le pharmacien Coué au XIXème siècle) pour garder bonne figure. Se mettant à la place des éventuels tricheurs, elle avait fini par penser « A quoi bon se doper quand on n’a plus de compétition à préparer ?».

Avec le report des JO de Tokyo 2020 à juillet 2021, World Athletics ne prendra pas en compte les performances qualificatives réalisées avant décembre ; le but est de décourager la dope, mais durant ces huit mois, comment les athlètes vont-ils se préparer ? La directrice de l’UKADA, Nicole Sapstead, reconnaissait aussi que les contrôles antidopage étaient fortement réduits en Angleterre et mettait en garde ceux qui seraient tentés. L’UKADA ne tarderait pas à les confondre grâce à la dénonciation (ou contrôle intelligent) d’usage admis en Angleterre, l’obligation de localisation ou encore le passeport sanguin. C’était la même chose en Allemagne, aux USA et au Kenya. L’AIU admettait aussi avoir stoppé ses contrôles inopinés dans plus de 100 pays. En Russie et au Canada, l’antidopage était également au point mort. Pour la Russie, et le Kenya, ces annonces sonnent comme une catastrophe et une aubaine pour les entraîneurs et agents de coureurs n’ayant jamais pu couper avec le dopage.

Comme les mises en garde de toute sorte n’ont jamais été efficaces en prévention (les « experts médiatiques » le savent-ils ?), on pouvait donc sans trop se tromper supposer que certains sportifs véreux allaient profiter de cette période pour se refaire (ou se faire) la cerise avec l’arsenal habituel (EPO, stéroïdes ou hGH) comme on l’écrivait dans SV N°180. On pouvait alors lire sur Internet la litanie des mises en garde des grands spécialistes de l’antidopage : médecins, entraîneurs et l’AMA.

Dans son blog du 14 mars, le Dr. Jean-Pierre de Mondenart (JPdM) avertissait sur les dangers de l’utilisation des AINS et de la cortisone pendant la pandémie car ils aggraveraient les symptômes de l’infection au coronavirus. D’après JPdM, ces substances sont massivement utilisées en milieu sportif, et il est donc important pour lui de relayer l’information. Jean-Claude Vollmer, de la cellule marathon à la Fédération Française d’Athlétisme (FFA), pense qu’il serait stupide de se doper pendant le confinement car « quand on ne sait pas pourquoi on se dope, cela ne sert à rien, se doper pour 2H de home-trainer ou 1 H de footing ne sert à rien ». Vollmer élimine la question avec légèreté.

Witold Banka, nouveau président insipide de l’AMA à la solde (au sens propre!) du CIO, réplique à ceux qui s’inquiètent de la réduction ou de l’absence des contrôles, que l’agence dispose d’autres armes (localisation, filage de l’athlète, analyse des résultats à la reprise). Reste à savoir si le paysage sportif des compétitions va être chamboulé ou pas à la reprise. Pierre Sallet, le chantre antidopage de Spé 15, écrit que le dopage s’organise par rapport à la compétition et que l’usage de dopants est donc inutile pendant le confinement.

Avec les mises en garde des spécialistes sur le danger d’un dopage pendant le confinement et l’auto-persuasion des responsables, il n’y aurait donc plus de dopage pendant la pandémie. Christophe Bassons, qui vient de quitter professionnellement le domaine de la lutte antidopage, est le seul à imaginer un dopage possible avec les stéroïdes, et avec l’EPO. À juste raison ! On suppose une action à long terme pour les anabolisants et, faut-il le rappeler, la durée de vie d’un globule rouge est de 120 jours. Avec la levée progessive du confinement en France dès le 11 mai, et le TdF au départ programmé le 29 août (Giro en octobre et Vuelta en novembre ?), on peut d’ores et déjà clamer bien fort que le confinement aura vaincu le dopage…

La Gimenez remis en question

La formule d’entrainement par intervalles « Gimenez » a eu beaucoup de succès depuis 15-20 ans ici au Québec comme en Europe.

J’ai toujours eu des doutes sur cette formule et je ne l’ai jamais adopté pour cette raison. Trop difficile de bien calibrer la minute d’intensité, et surtout les quatre minutes qui suivent qui doivent être une récupération partielle.

J’ai toujours préféré des intervalles purs: une minute à bloc, full gaz, suivi d’une récupération d’une durée variable, selon la condition. Et cette récupération en zone vraiment facile, juste tourner les jambes sans pression.

Guy Thibault vient en quelque sorte de confirmer ce que je pensais de la formule Gimenez par cet article sur son excellent site Nature-humaine. La Gimenez, y’a mieux. J’en étais convaincu depuis fort longtemps!

Dixit Guy: « La Gimenez est une formule qui n’est pas inintéressante, mais elle jouit bizarrement d’une popularité qui met dans l’ombre des tas d’autres formules au moins aussi pertinentes. Des simulations informatiques effectuées par mon collègue Jérémy Briand, champion canadien de triathlon olympique 2019, indiquent qu’avec des périodes de « récupération » à 65 % de la PAM entre les minutes à 100 %PAM, exécuter cette séance est aussi difficile que d’égaliser son record sur un test continu de 45 minutes. »

Je sais pas vous, mais égaler son record sur 45 minutes chaque semaine, voire deux fois par semaine, hum…

Je ne fais jamais de pub pour quiconque sur La Flamme Rouge, mais j’aime beaucoup l’application de Guy Thibault et Bruno Langlois intitulée 1-2-3 Go! Couplée au fameux graphique de Guy (ci-bas), je n’ai jamais eu besoin d’autre chose pour bien planifier mes intervalles. Le plus difficile? Bien estimer sa Puissance Maximale Aérobie (PAM): mon expérience me confirme qu’elle varie selon les périodes, et qu’il convient de l’évaluer périodiquement afin de s’assurer de bien calibrer ses séances d’intervalles.

Et à 49 ans, je continue de progresser, résultats à l’appui. Merci Guy!

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