David Drouin positif

Capture d’écran 2017-04-29 à 19.49.36C’est un coup dur pour le cyclisme québécois: le jeune espoir David Drouin, 21 ans, qui s’est révélé l’an dernier avec une 10e place sur le Tour de Beauce et une participation aux deux épreuves WorldTour du Québec, a été trouvé positif au RAD-140, un agent anabolisant qui serait, selon certains sites, plus efficace que la testostérone pour bâtir du muscle.

L‘échantillon B a confirmé le contrôle positif.

Sa nouvelle équipe Silber a évidemment mis fin au contrat sans délai, et on les comprend.

Le principal intéressé se dit dévasté, on le comprend, et ne pas savoir comment une telle substance a pu se retrouver dans son organisme.

Le problème, c’est que la substance était dans son organisme…

Difficile donc de voir clair dans cette histoire. Drouin ira s’expliquer très prochainement devant le CCES, qui entendra ses explications avant de prononcer la sentence. Il risque quatre ans de suspension, ce qui serait un frein important à sa carrière émergente.

Je rappelle que les cyclistes de haut niveau ne nous ont pas habitué, ces deux dernières décennies, à leur faire confiance. Les explications vaseuses à des contrôles positifs sont légions dans le sport, malheureusement. Comment dans ce contexte croire Drouin?

La musculature très développée de l’athlète n’aide en rien, car on pourrait croire que le RAD-140 a été efficace à bâtir cette masse musculaire, surtout durant l’intersaison. Des doses infinitésimales auraient été retrouvées dans son organisme: justement, la beauté du RAD-140, c’est qu’il en faut très peu.

Si Drouin dit la vérité en affirmant ne pas savoir comment une telle substance a pu se retrouver dans son organisme, alors il s’agirait probablement de contamination croisée. L’erreur aurait été grossière pour un coureur pro, même jeune: il ne faut jamais faire confiance aux poudres de protéines et autres suppléments, le risque de contamination à des produits interdits étant réel. N’importe quel entraineur digne de ce nom avise généralement ses athlètes dès le moment qu’il commence à travailler avec lui.

Bref, wait and see, mais je vous avoue être pour le moment très déçu de cette nouvelle histoire qui, une fois de plus, fait beaucoup de tort au sport cycliste.

Hampsten et le Gavia – Giro 1988

Le départ du Giro sera donné dans exactement une semaine, cette course fantastique notamment en raison de la passion que l‘épreuve suscite chez les tifosi.

L’histoire du Giro est truffée d‘étapes de légende, et l’une d’entre elles est certainement l‘étape du Gavia sur le Giro 1988, Giro remporté par l’Américain Andy Hampsten.

Étape mythique car le Gavia avait été escaladé sous la neige cette année-là depuis Ponte di Legno, par des températures très froides. La plupart des coureurs en course ce jour-là décrivent l‘étape comme la plus difficile qu’ils ont eu à affronter en carrière.

Grâce à sa performance sur cette étape, Andy Hampsten a pu devenir le premier Américain, et le seul à ce jour, à avoir remporté le Giro. Aujourd’hui, les noms du Gavia et d’Hampsten sont indissociables, comme celui d’Anquetil et Poulidor sur le Puy-de-Dome, de Jean-François Bernard ou de Tom Simpson sur le Ventoux, de Charly Gaul dans la Chartreuse, de Bernard Thévenet à Pra-Loup, voire de Marco Pantani et le Mortirolo.

Le Gavia lui-même n’est pas une simple affaire. Pour l’avoir découvert en course sur La Campionissimo en 2015, je confirme: aie! Même à l’entrainement quelques jours plus tard, ce col m’avait fait souffrir grandement, car on ne se hisse pas au sommet du Gavia, long de 25km depuis Bormio, sans y laisser pas mal de jus.

Tout a été écrit sur cette étape lors du Giro 1988? Si j’ai beaucoup lu sur le sujet, j’ai trouvé ce long reportage couplée de beaucoup de citations des principaux coureurs en course ce jour-là, incluant le vainqueur de l‘étape Érik Breukink, très intéressant. À ne pas manquer pour revivre cette étape mythique et se mettre dans l’ambiance du Tour d’Italie.

On pourra également découvrir l’ascension du Gavia avec ces vidéos de Col Collective, très bien faits. L’un présente l’ascension par Ponte di Legno, celle empruntée par les coureurs du Giro 1988, l’autre par le versant Bormio, que j’ai aussi fait en 2015. Je pense que le côté Ponte di Legno est un peu plus difficile.

Vivement que j’y retourne!!! (c’est dans les cartons).

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Je file un mauvais coton…

Les saisons se succèdent mais ne se ressemblent pas toujours.

Le départ l’an dernier de ma saison avait été plutôt très bien, retrouvant vite d’excellentes sensations sur le vélo.

Cette année, c’est tout le contraire. Souvent enrhumé, je galère de kleenex en kleenex, planté complet à chaque séance d’entrainement où je traine ma misère, les sensations en vrac. À des années lumières de mes dernières années.

Et puis, l’ambiance vélo est plutôt morose ces temps-ci, non?

Y’a d’abord la mort de Michele Scarponi, un des clowns du peloton, un mec bien, apprécié de tous, père de deux petits garçons de 6 ans. Fauché par un camion à la sortie de son village, sa vie s’est arrêtée net fret, that’s it, end of the story. Ca me fout un de ces cafards… Les images de ses funérailles hier n’arrangent rien, et ce sont des coureurs brisés comme Fabio Aru, Alexandre Vinokourov ou Davide Cassani qu’on a pu voir autour de son cercueil.

Y’a également la mort d’un cycliste de 32 ans sur une piste cyclable près de chez moi hier matin, au bas d’une petite descente succédée d’un virage assez serré. Le cycliste se serait retrouvé dans la rivière des Outaouais. Aie.

Y’a ensuite ma propre équipe cycliste, peu épargnée par la malchance en ce début de saison: trois chutes en trois courses, dont deux se sont soldées par des plâtres et des fractures, ainsi qu’une sévère commotion. Huit semaines d’arrêt de travail, c’est vraiment pas la joie pour une course le dimanche. Prompt rétablissement à mes coéquipiers(ères) Caroline et Erwan…

Y’a aussi cette agression à l’entrainement de Yoann Offredo survenue récemment, le coureur ayant eu des démêlées avec un automobiliste frustré. Si le déroulement des événements n’est pas très clair, ça fait quand même peur de constater que le coureur s’est fait battre à coup de manche à balai et ce, jusqu’au sang. Mais dans quel monde vivons-nous?

J’ai l’impression que la violence envers les cyclistes augmente avec la popularité grandissante du sport cycliste: si de plus en plus d’automobilistes sont aussi cyclistes et font donc attention à ceux qui roulent à vélo sur les routes, les autres automobilistes sont de plus en plus écoeurés de la présence de tous ces cyclistes partout sur les chaussées. Du coup, la patience est vite épuisée et des scènes disgracieuses surviennent de plus en plus souvent. Je n’emprunte plus certaines routes rurales de l’Outaouais, trop peur de ces fous furieux au volant de “pick-up” (camions) Ford F150 Triton V12 Supercharge avec des rétroviseurs surdimensionnés et une paire de fausses couilles (c’est tout ce qu’ils ont) qui pendouillent derrière (comble du mauvais goût) qui nous frôlent avec plaisir, espérant nous faire peur: c’est réussi. Que voulez-vous, je n’ai pas une tonne de tôle autour de moi pour me protéger d’un impact…

Et puis, il y a la menace des textos au volant… Si ceux qui textent peuvent se retrouver dans la voie de gauche en situation de face-à-face, ils peuvent aussi se retrouver à droite dans le bas côté de la route, précisément là où évoluent souvent les cyclistes…

Enfin, il y a cette nouvelle à Montréal de la fermeture tout l‘été du Circuit Gilles Villeneuve, seul endroit près de l‘île de Montréal où les cyclistes de performance peuvent s’entrainer en sécurité (le circuit du Mont Royal et Camilien Houde est une autre paire de manche à cet effet). Comme plusieurs, je déplore le manque de consultation auprès de la communauté sportive, le manque de considération. Comme l’a bien écrit un chroniqueur du journal La Presse, le problème #1, c’est que les cyclistes qui utilisent le CGV ne rapportent pas d’argent… du moins pas directement. Ils en rapportent pourtant beaucoup en se maintenant en bonne santé, et donc en utilisant beaucoup moins les services de santé de la province, tout en polluant moins également. Ca aussi, ça compte…

Vraiment, sale temps pour le cyclisme en ce moment, et pour moi. Il ne reste plus qu‘à continuer de faire le métier, en espérant des jours meilleurs… tout en n’oubliant pas ceux qui nous ont quitté tragiquement.

GranFondo Mont Tremblant: de nouveau au départ!

Capture d’écran 2017-04-25 à 21.25.44Je participais, à l’automne 2013, à la première édition du GranFondo Mont Tremblant et j’avais publié ce reportage sur La Flamme Rouge, enchanté de mon expérience.

Que de chemin parcouru depuis pour cette organisation qui, année après année, a reçu prix et distinctions pour la qualité de son accueil. L’an dernier, vous étiez presque 2000 participants sur l‘épreuve, wow!

Depuis quelques années, le GranFondo Mont Tremblant a lieu fin mai, et la 5e édition aura lieu le 27 mai prochain.

Après 3 ans d’absence dû à un conflit avec un autre événement qui me tient à coeur, je redécouvrirai cette année le GranFondo Mont Tremblant lors de sa 5 édition, m‘étant inscrit sur le grand parcours de 160 kilomètres. Tant qu‘à faire, autant maximiser le plaisir!

La formule offerte reste assez unique dans le genre, les réjouissances commençant dès le vendredi soir, la veille de l‘épreuve, par un cocktail et soirée d’accueil dans la microbrasserie La Diable, située au coeur du village, au pied des pentes. Le défi pour moi sera de rester raisonnable à l‘égard du programme qui m’attend le lendemain matin…

Plus tôt le vendredi (17h30), vous pouvez même vous joindre à quelques pointures du cyclisme québécois – François Parisien, Charly et Maxime Vives – ainsi que l’acteur Sébastien Delorme pour un petit 30 kms d’initiation à rouler en peloton. Sympa pour se dégourdir les jambes si vous venez de loin!

Plusieurs parcours sont disponibles sur le GranFondo lui-même, question de satisfaire tout le monde: 160 kms pour les plus entrainés(ées), 125 kms (le plus populaire), 80 kms voire le mollo-fondo de 45 kms, pour une première expérience dans le genre.

L’inscription inclut bien entendu les ravitaillements durant l‘épreuve, un vêtement technique (souvent une veste sans manche, pratique tôt le matin) et le repas au terme de votre fondo. La sécurité n’est pas négligée bien entendu, avec voitures et motos d’encadrement des pelotons, dépannage technique, premiers soins, et une voiture-balai en cas de pépin, que tout le monde voudra éviter…

Pour l’aspect sportif, chaque participant est muni d’une puce de chronométrage, et des tronçons sont aussi chronométrés permettant un classement alternatif amical si jamais Strava ne vous suffisait pas. Personnellement, je n’irai pas faire la course ce week-end là, mais plutôt accumuler les kilomètres en préparation de mes prochains objectifs comme la Coupe des Amériques, plus tard en juin.

Pourquoi participer au GranFondo Mont Tremblant?

J’ai fait beaucoup, beaucoup de cyclosportives depuis 30 ans en Europe surtout et, depuis quelques années, au Québec et aux États-Unis, y compris 10 fois la Marmotte, une Haute Route, un Marathon des Dolomites, une Campionnissimo, la Grand Bo, la Galibier, l’Arvan Villard, et j’en passe.

Le GranFondo Mont Tremblant se distingue de toutes les cyclosportives sur quelques points.

D’une part, le lieu, qui rassemble et concentre en un point unique, le village de Mont Tremblant au pied des pentes, tous les participants. Cela crée dès le vendredi soir une excellente ambiance “vélo”, bon enfant, ou la bonne humeur règne, notamment autour du village-départ et ses exposants. C’est toujours agréable et en ce sens, le GranFondo Mont Tremblant rejoint certaines grandes cyclos comme La Marmotte et son site d’arrivée à l’Alpe d’Huez, en peut-être plus sympathique.

D’autre part, pour la qualité de cette organisation où rien n’est laissé au hasard. À l‘écoute chaque année de la rétroaction des participants, l’organisation a su, au fil du temps, apporter une attention particulière aux petits détails. Le résultat aujourd’hui est une organisation rodée, sympathique, chaleureuse, ou on frise la perfection dans la gestion d’un événement de masse.

Enfin, pour la qualité des parcours proposés, qui demeurent accessibles tout en posant un réel défi de par la distance (pour le long parcours) et, surtout, le dénivelé offert.

Je salive déjà à l’idée de me refaire quelques merguez en étant au… 7e ciel dès le vendredi soir! Évidemment que je vous raconterai tout tout tout…

David Gaudu, l’espoir français

La présence au sein des premières positions du jeune David Gaudu mercredi dernier dans le Mur de Huy sur la Flèche Wallonne a piqué davantage ma curiosité et j’ai voulu en savoir plus sur ce néo-pro.

Ben dit donc, la France pourrait tenir là un futur grand champion.

D’abord, le chiffre: 92.

C’est la valeur de sa VO2max, telle qu’estimée par l’entraineur de son équipe FDJ, Frédéric Grappe. Du jamais vu selon lui!

Ensuite, le gabarit: 1m73, pour 53 kilos.

Je fais 1m73 pour 62 kilos, je commence le jeûne dès demain matin!

Autrement dit, format grimpeur, c’est certain. À 53 kilos toutefois, la puissance chez les pros risque de lui manquer un peu, mais à 20 ans, il a tout le temps devant lui pour se développer.

Enfin, peut-être le plus important, un mental à toute épreuve, aucun complexe, une excellente confiance en lui. Il l’a d’ailleurs prouvé dans le Mur de Huy, étant le premier à accélérer l’allure dans les derniers mètres avant l’arrivée.

Le palmarès chez les amateurs confirme également toutes ces qualités: vainqueur l’an dernier de la Course de la paix, du Tour de l’avenir, 3e du Championnat de France, il semble plutôt taillé pour les courses par étapes où la montagne a une belle part des étapes.

Cette année, outre sa présence devant dans les derniers hectomètres de la Flèche Wallonne, il s’est également distingué sur le Tour de Catalogne où il a réussi à suivre Froome et Valverde dans certaines ascensions.

À 20 ans, le plus difficile sera de le faire progresser doucement au niveau professionnel, sans le cramer. Faisons confiance à Marc Madiot et Fred Grappe pour ne pas passer à côté d’un si grand talent, peut-être le plus intéressant – mais dans un autre registre – depuis Bernard Hinault.

Gaudu est au départ aujourd’hui du Tour de Romandie – une de mes épreuves préférées du calendrier – dans les rue d’Aigle, siège de l’UCI. Après le prologue du jour, la 1ere et la 4e étape devrait lui permettre de s’exprimer, avec des arrivées en altitude de Champéry et Leysin. À surveiller de près!

Alejandro, en mémoire de Michele

C’est tout le petit monde du cyclisme professionnel qui a été secoué par la disparition tragique ce week-end de Michele Scarponi, le sympathique coureur italien qui roulait pour l‘équipe Astana.

Scarponi venait de s’imposer sur une étape du Tour des Alpes (l’ancien Tour du Trentin) plus tôt dans la semaine, et préparait son Giro. Il était le père de jumeaux, deux petits garçons qui n’ont probablement pas encore 10 ans.

Moi, ça me fout un cafard…

C’est en ce sens que la victoire d’Alejandro Valverde sur la Doyenne hier m’a redonné le moral, ce dernier ayant promis que s’il s’imposait, tous ses prix iraient à la famille de son ami Michele. À l’arrivée, il a rajouté ceux de la Flèche Wallonne.

Valverde entretenait une amitié avec Scarponi, et le coureur était très ému en évoquant sa mémoire à l’arrivée (voir ci-bas).

Sinon, la course hier a été longue à se décanter, peu de mouvement des favoris survenant avant la côte de la Redoute. C’est surtout dans la côte de St-Nicolas que les choses ont bougé, parfaitement maîtrisées cependant par les Movistar qui auront su jouer leur carte avec brio, plaçant Valverde en position de gagner dans la dernière ascension vers la ligne.

Le reste n‘était que formalité, l’aisance avec laquelle Valverde est allé chercher cette victoire laissant tout simplement pantois.

Mention très bien également à Dan Martin, qui a au moins osé défier Valverde dans les derniers hectomètres, à Tim Wellens qui a attaqué dans le final, à Romain Bardet excellent 6e, et au Canadien Mike Woods, excellent 9e d’une telle course. Payez-vous ses données Strava de l‘épreuve: impressionnant!!!

Sans titre.

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