Radio Bidon #14

C’est la fin de la saison, La Flamme Rouge marque une petite pause, vous aurez remarqué. Fort heureusement, d’autres ne sont pas en pause, dont les sympathiques auteurs de Radio Bidon qui nous proposent leur 14 opus, déjà. Ce mois-ci, aperçu de la saison 2019, les nouveautés proposées par l’UCI, le cyclocross et le nouveau groupe SRAM 12 vitesses eTap qui est dans les cartons.

Bonne écoute!

Le Tour de France 2019

Bientôt, le rhume et la grippe…

L’hiver est à nos portes, et cet hiver est dur, du moins au Québec! Froid intense, neige, grésil, pluie verglaçante, écarts de température, un sacré cocktail chaque année…

Pour nous athlètes, l’hiver peut représenter une période difficile à gérer étant donné l’incidence des virus du rhume et de la grippe. C’est en effet aux mois de janvier, février et mars que ces maladies frappent le plus la population québécoise. Chaque année, on y enregistre des pics de décès, c’est le démographe en moi qui vous écrit.

Et un entrainement intensif affaiblit, du moins dans les premières heures, le système immunitaire, rendant les athlètes plus à risque de contracter de telles infections durant ces mois. Dans ces situations, c’est la galère: rien de pire qu’un rhume ou une grippe à deux ou trois semaines d’un objectif comme une course de ski de fond ou un départ pour un camp d’entrainement cycliste intensif…

Avec de jeunes enfants, c’est parfois pire, l’exposition au risque étant décuplée: un hiver, alors que mes enfants étaient tout jeunes, j’ai eu 7 rhumes en 10 semaines! L’enfer.

Comment s’aider? Quelques éléments peuvent faire une différence.

  1. Prendre de la vitamine D. Ca fonctionne, la vitamine D ayant un effet sur la fonction immunitaire du corps.
  2. Prendre de la vitamine C. C’est un excellent anti-oxydant.
  3. Faire des cures de fer, de temps en temps. Une déficience au niveau du tonus, du pep, de l’envie d’en découdre, une fatigue et une faiblesse générales peuvent être des symptômes d’un niveau de fer trop bas.
  4. Prévoyez toujours une boisson énergétique sur le home-trainer. Trop d’athlètes négligent ce point important. Une boisson énergétique même pour une petite heure d’effort sur le home-trainer peut contribuer à vous garder à l’abri des infections rampantes. Et rappelez-vous: il y a des boissons énergétiques meilleures que d’autres…
  5. Des protéines après l’entrainement. On recommande de consommer des protéines après l’entrainement pour les fonctions musculaires, mais ca restaure également le système immunitaire.
  6. La fenêtre glucidique. Dans les 30 minutes après des intervalles sur le home-trainer, consommez une boisson à base de glucides. Ca restaure le body au complet!
  7. Dormez. On a rien trouvé de mieux que le sommeil pour entretenir le système immunitaire. Plus facile à écrire qu’à faire, les tracas de la vie quotidienne pouvant perturber le sommeil. J’en sais quelque chose ces temps-ci.
  8. En cas d’infection, « slackez »! L’avancée en âge m’a appris une chose, être raisonnable (bien que plusieurs de mes amis vous diraient qu’il n’en est rien dans mon cas!). Vous perdrez davantage à essayer de revenir trop rapidement à votre rythme d’entrainement habituel après un rhume ou une grippe, plutôt que de prendre votre temps. Le truc, c’est d’observer 24h de repos complet de plus lorsque vous sentez que vous pouvez de nouveau « pousser » la machine (votre corps) à bloc après une infection.

Évidemment, se laver fréquemment les mains et conserver une hygiène domestique irréprochable limite bien entendu le risque d’infection, mais ça, vous le saviez déjà.

Vous avez des « trucs » qui fonctionnent sur la base de votre analyse « de terrain »? N’hésitez pas à partager vos expériences, je suis preneur pour « passer l’hiver »!!!

Limite à 6,8kg: à quand la réforme?

Quelques articles portant sur le matos extra-light ont attiré mon attention récemment. Et notamment celui-ci où on rapporte une paire de roues à 887 grammes (FSE). Ouf!

Aujourd’hui, de nombreux cadres et fourches « de série » sont en deçà de un kilo. Je pense au Canyon Ultimate EVO, au Merida Sculptura, au Trek Emonda, au Fuji SL, et plusieurs autres. Usage exclusif bien sûr, pour cyclistes légers uniquement!

Bref, proposer un vélo plus léger que la limite de 6,8 kilos imposée depuis le début des années 2000 par l’UCI est chose aisée aujourd’hui.

Plusieurs articles comme celui-ci montrent que cette limite était sur le point d’être révisée en 2017.

Puis rien. Aucune nouvelle en 2018.

Difficile de comprendre ce qui se passe! Chose certaine, c’est le Word Federation of Sporting Goods Industry qui est responsable de veiller aux intérêts de l’industrie du cycle auprès de l’UCI. Cet organisme a donc beaucoup de poids dans l’éventuelle décision de l’UCI de modifier la règle actuelle.

Je pense en fait qu’il est tout à fait raisonnable de penser que les freins à disque ont freiné les changements à venir. L’industrie s’ajuste actuellement à cette nouvelle technologie, qui augmente légèrement le poids des vélos. Du coup, on a probablement préféré ne rien précipiter, afin de ne pas compromettre l’expansion de ces vélos équipés de freins à disque. Une nouvelle norme trop basse aurait pu donner ce résultat…

Rappelons que la limite a été imposée pour des raisons de sécurité, l’UCI estimant à l’époque qu’en deçà de 6,8 kilos, un vélo n’était pas sécuritaire. Si on change cette limite, laquelle adopter? 6,5 kilos? 6,0 kilos? Aucune limite? Cette dernière solution pourrait amener à des abus des coureurs voulant se donner un avantage face à la concurrence, quitte à une prise de risque maximum.

L’UCI pourrait baser sa limite sur certaines bases. Par exemple, en bas d’un kilo pour l’ensemble cadre-fourche, ça n’apparait pas très raisonnable, surtout chez les pros qui ont une puissance, notamment lors des sprints et sur quelques secondes, très conséquente. Les compagnies proposant de tels ensembles imposent souvent une limite de poids au cycliste voulant rouler sur ce matériel.

Idem pour les roues: en bas de 1200 grammes la paire, on voit mal comment la sécurité n’est pas compromise.

Des freins carbone? Pas sûr non plus que c’est une bonne idée!

Bref, si on compte 1200 grammes pour l’ensemble cadre-fourche, 1200 grammes pour la paire de roues (au mieux), 2000 grammes pour le groupe complet, 500 grammes pour les boyaux/pneus, 1000 grammes pour les périphériques (potence, guidon, guideline, selle, tige de selle, visserie, porte-bidons, déblocages rapides) et 200 grammes pour les pédales, on arrive à 6,1 kilos.

En se donnant un peu de marge (notamment pour des capteurs de puissance, capteurs dont le poids a beaucoup diminué chez certains fabricants au cours des dernières années), une norme autorisant des vélos en World Tour d’un poids situé entre 6,2 et 6,4 kilos m’apparait aujourd’hui réaliste.

À quand la réforme promise? Je voudrais bien le savoir!

Le Tour de France 2019

On dévoilera dans une petite semaine (le 25 octobre prochain) le profil du Tour de France 2019. Il s’agit toujours d’un moment important dans le cyclisme, le Tour étant la plus grande course cycliste du monde et son profil un aspect déterminant pour identifier quel coureur aura des chances de s’imposer, compte tenu de ses caractéristiques.

D’une année à l’autre, je trouve que le secret est de mieux en mieux gardé, de moins en moins  d’information sur le parcours filtrant dans la presse avant le dévoilement officiel.

L’excellent site VeloWire de Thomas Vergouwen demeure toutefois, année après année, la référence pour avoir une idée du Tour avant le Tour.

Ce qui est sûr, c’est un départ de Bruxelles pour souligner le 50e anniversaire de la première victoire sur le Tour d’Eddy Merckx, notre dieu à tous. M. Merckx aura alors 74 ans.

On soulignera également les 100 ans du maillot jaune, revêtu pour la première fois par Eugène Christophe lors de la 11e étape (Grenoble-Genève) du Tour de France 1919. Merckx détient d’ailleurs toujours le record du nombre de jours en jaune: 96! Machine!

D’après les rumeurs, le Tour tirerait ensuite vers l’Est, notamment la Lorraine, et les possibles villes-étape de Nancy et Mulhouse. La Planche des Belles Filles, chère à Nibali et Pinot, serait de nouveau dans les cartons.

On glisserait ensuite vers Saint-Étienne, puis Saint-Flour, puis les Pyrénées avant les Alpes.

Dans les Pyrénées, la ville de Pau est entrevue comme ville-étape. Une arrivée au sommet du Tourmalet pourrait être au programme.

Une fois dans les Alpes, certains annoncent un possible contre-la-montre individuel sur les pentes du Mont Ventoux. Ce serait évidemment grandiose, plus de 30 ans après la victoire monumentale de « Jeff », Jean-François Bernard, au sommet du Géant de Provence (c’était durant le Tour 1987, un des plus beaux selon moi).

La vallée de la Maurienne serait ensuite au programme, et une possible arrivée à Tignes. Un transfert en avion serait ensuite organisé pour une dernière étape en banlieue parisienne (départ de Rambouillet) avant l’arrivée classique sur la plus belle avenue du monde, les Champs-Élysées.

Vivement qu’on découvre tout ça! Et surtout, qu’on découvre le dosage qui sera appliqué entre chronos, arrivées en altitude et disciplines connexes (pavés, terre battue, etc.), entre étapes longues et étapes courtes, entre étapes pour sprinters et étapes pour grimpeurs, et toujours les surprises, les innovations.

Qu’est-ce qu’un Tour moderne?

D’ailleurs, on peut se poser la question suivante: qu’est ce qu’un Tour moderne?

Pour moi, c’est un Tour de France qui marie à la fois tradition et innovation. Plus facile à écrire qu’à réaliser concrètement, il faut en convenir!

Des clins d’oeil au passé, à l’histoire de ce sport et à ce qui a construit la légende du Tour sont nécessaires selon moi. J’aimerais revoir la trilogie de la Chartreuse, le chrono sur le Ventoux, le classique « Glandon, Galibier, Alpe d’Huez » ou l’enchainement « Peyresourde, Aspin, Tourmalet », de grands classiques. Un retour au Puy de Dôme?

En même temps, l’innovation est nécessaire, pour briser la routine. Trouver des cols inédits, ou peu utilisés comme le Mont du Chat en 2017. Comme le col de Sarenne, il y en a tant d’autres. Des pavés, en attendant, bientôt, des chemins de vigne?

Et vivement un Tour sans oreillettes!!!

Les commentaires sur LFR

Merci aux lecteurs vigilants de ce site m’ayant signalé un problème pour voir les commentaires laissés suite à mes articles. La situation a été corrigée, tout le monde devrait pouvoir voir les commentaires laissés sur ce site en réaction aux textes publiés. J’en profite pour vous remercier tous pour la qualité de vos interventions qui font de ce site un site vraiment unique et crédible sur le cyclisme.

Le Tour de l’actualité

1 – Tour de Lombardie. Encore une belle course (très belles photos ici), ponctuée d’un final enlevant! (les 14 derniers kms sont ici). Thibault Pinot s’est offert une bien belle victoire, avec la manière: solo. Il était clairement le plus fort samedi dernier, aucun doute là-dessus. Il a surtout montré une confiance nouvelle, notamment dans les descentes qu’il a abordé avec assurance. Grâce à cette victoire, Pinot conclut une saison faite de hauts et de bas, et capitalise pour l’an prochain. De quoi passer des vacances sereines durant l’inter-saison en tout cas, et Pinot a déjà affirmé vouloir se concentrer sur le Tour de France l’an prochain.

2 – Pinot et le Tour? Thibault Pinot peut-il gagner le Tour de France 2019? 3e en 2014, ses chances de succès l’an prochain repose notamment sur le tracé du Tour, qui devra ne pas comporter trop de chronos (réponse le 25 octobre prochain!). Personnellement, j’ai davantage confiance en Pinot qu’en Bardet pour la suite, le registre de Pinot semblant être plus complet. Mais la pression peut aussi être un élément clé, pas facile de gagner le Tour lorsqu’on est… français!

3 – Vicenzo Nibali. Le champion italien nous a montré tout son tempérament d’attaquant samedi dans le final: à peine repris par le groupe de chasse, il remettait ça pour conclure détaché, 2e derrière Pinot. La hargne! Faudra que je m’en inspire plus souvent…

4 – Tour de Guangxi. C’est la prochaine épreuve WorldTour, ça commence aujourd’hui du côté de la Chine et tout le monde s’en fout. Au mieux, c’est l’occasion pour certains jeunes coureurs de se montrer, et pour d’autres de grappiller quelques points UCI. Le classement UCI de l’année est quant à lui plié, c’est Simon Yates qui l’emporte devant Peter Sagan.

5 – Jérémy Roy. Le coureur Groupama-FDJ a participé samedi à sa dernière course pro, le Tour de Lombardie. L’hommage rendu par son équipe à l’occasion de sa retraite sportive témoigne de la valeur de ce coureur, et de l’estime que lui portent ses équipiers.

6 – Sylvain Chavanel. Idem pour le coureur Direct Énergie, récemment salué pour sa retraite après une carrière assez extraordinaire, notamment sur les épreuves chrono. Chavanel pourrait monter sa propre équipe pro au cours des prochains mois. Le plus difficile est évidemment de trouver le sponsor capable d’investir suffisamment d’argent, et de s’engager à long terme.

7 – Garmin Edge 520 Plus. Une petite critique de ce compteur est disponible ici. Après avoir explosé mon 520 dans une violente chute de VTT au mois d’août, je vous avoue franchement avoir une certaine satisfaction avec ce 520 plus, qui a également baissé de prix cette année. Une bonne affaire, la cartographie ayant été améliorée grandement.

8 – Dopage dans… l’athlétisme. Une vraie farce que ces marathoniens kenyans, pris les uns après les autres pour dopage depuis plusieurs mois. Le dernier – Samuel Kalalei – a été annoncé le 10 octobre dernier, piqué positif en avril dernier sur le marathon de Rotterdam aux Pays-Bas. La liste s’allonge continuellement pour ces coureurs du Kenya, jusqu’à quand cette farce? Si je ne me fais guère plus d’illusions en cyclisme, je dois dire que je suis également très prudent face aux performances offertes en athlétisme, en ski de fond ou en triathlon.

9 – Remco Evenepoel. Il a gagné le chrono des Nations chez les juniors dimanche dernier. Qui d’autre?! Il a mis son dauphin à plus d’une minute… Chez les élites, deux Danois occupent les deux premières places, avec un certain Vicenzo Nibali 8e à près de 3 minutes, moins de 24h après avoir terminé 2e du Tour de Lombardie!

10 – Vandenbroucke is back! Cameron, la fille aînée de Frank Vandenbroucke, fera partie de l’équipe Lotto-Soudal en 2019. Si elle a hérité du talent de son père, ouch! Dans son cas, c’est peut-être le nom qui sera le plus lourd à porter… elle sera, en tout cas, sous les projecteurs.

11 – Campagnolo sans fil. Selon Matos Vélo, ce sera pour 2020, pas avant.

12 – Paris-Tours. Je n’avais pas commenté le récent Paris-Tours. J’ai adoré pour ma part le final, avec notamment ces chemins de vigne qui n’ont apparemment pas fait l’unanimité chez les coureurs et les directeurs sportifs, certains dont Patrick Lefevere ayant estimé que ces chemins n’avaient pas leur place dans le cyclisme. Je ne suis pas d’accord! Et Paris-Roubaix?! Heureusement, Christian Prudhomme et les amateurs de vélo se sont faits entendre.

Chose certaine, Niki Terpstra (directeur sportif Lefevere…) a encore perdu les… pédales dans le final, s’énervant contre le jeune français Benoit Cosnefroy qui était pourtant cuit après avoir fourni un gros effort pour revenir sur le néerlandais et le danois Andersen. Ca a coûté assurément la course à Terpstra tant il semblait fort. À ce niveau, ca manque de professionnalisme…

Légalisation du cannabis: ça demeure interdit dans le sport!

Le Canada légalisera la consommation de cannabis mercredi prochain, soit le 17 octobre.

Le Canada rejoint ainsi quelques pays (Uruguay, Belgique, Pays-Bas, Suisse, Italie, Allemagne, Portugal, Espagne, etc.) et quelques états américains où la possession et/ou la consommation de cannabis en petites doses est légalisé ou toléré.

Pour nous cyclistes, il faut tout de même continuer de faire attention car le cannabis figure toujours sur la liste des produits interdits par l’Agence Mondiale Antidopage. Son effet anti-stress et relaxant la veille de compétitions importantes est essentiellement la cause de cette interdiction.

Pour être sanctionné, un athlète doit dépasser la dose de 15 nanogrammes par millilitre d’urine.

Il s’agit donc de faire preuve de jugement avant de se rouler un « bat » la veille d’une course de la fédé!

Le CCES a publié cette liste de questions & réponses très utile afin de mieux comprendre les risques auxquels on s’expose si on consomme du cannabis alors que coureur licencié sujet à des tests anti-dopage.

Soyez prudents!

Fouillez nos archives!