Record de l’heure live!

C’est aujourd’hui que Jens Voigt s’attaque au record de l’heure depuis la piste de Grenchen en Suisse.

Normalement, il devrait battre la marque de 49,700 kms d’Ondrej Sosenka. Le règlement UCI lui permet en effet d’utiliser un vélo de poursuite avec guidon de triathlète et roues pleines, et ne l’oblige donc plus à rouler sur un vélo traditionnel “à la Merckx”.

Cet équipement lui procure évidemment un gros avantage sur la position classique.

On pourra suivre la tentative en direct dès 13h, heure du Québec, via quelques sites dont Cycling TV. On peut aussi tenter de voir la tentative via les liens disponibles sur Cyclingfans.com.

L‘Équipe consacre également plusieurs articles intéressants sur l’histoire du record de l’heure à ce jour.

Équipe canadienne aux Mondiaux: la sélection

Cyclisme Canada a émis son communiqué annonçant la sélection canadienne en vue des Mondiaux.

Svein Tuft se concentrera uniquement sur le chrono et ne participera donc pas à la course sur route. Rappelons que Tuft a déjà terminé 2e du chrono des Mondiaux, c‘était en 2008 derrière l’Allemand Bert Grabsch.

Pour la course sur route, on aura Christian Meier (ce n’est pas une surprise), Mike Woods et Ryan Anderson. Pour ce dernier, ce n’est pas une surprise non plus, ayant très bien performé au récent Tour de l’Alberta. La sélection de Mike Woods est davantage une surprise, mais une belle surprise et un choix pleinement justifié puisque l’athlète d’Ottawa s’est illustré à la fois sur le GP de Québec et de Montréal.

Guillaume Boivin a été désigné réserviste.

Il faut croire de cette sélection que des coureurs comme Ryder Hesjedal voire Hugo Houle ont probablement décliné les invitations en raison de conflit avec leur calendrier de course, voire pour des raisons personnelles (désir de mettre un terme à leur campagne 2014?).

Une phrase du communiqué de Cyclisme Canada me fait cependant sourciller:

En outre, sur la base de l’évaluation du niveau actuel de performance de nos athlètes par les entraîneurs nationaux, Cyclisme Canada a choisi de ne pas remplir toutes les positions disponibles.”

J’imagine mal en effet qu’il était impossible de trouver des candidatures de choix parmi les coureurs de premier plan évoluant au Canada et ce, tant pour la route que pour le chrono.

Et le communiqué ne précise pas ce qu’il en est de la sélection canadienne pour la catégorie U23.

Le Tour de l’actualité

Ca fait longtemps qu’on n’a pas proposé un petit Tour de l’actualité…

1 – Vuelta. Ce fut l’histoire d’un seul homme, Alberto Contador, qui a survolé ce Tour d’Espagne. Contador aura réussi à frapper l’imaginaire collectif puisque personne ne l’attendait à ce niveau après son abandon sur le Tour de France, victime d’une fracture au tibia. Il remporte le général et le maillot blanc du combiné (aux points), et claque deux étapes, les deux étapes reine.

C’est Oleg Tinkoff qui va être content. Et Specialized.

Sinon, on retiendra de cette Vuelta les quatre victoires d‘étapes du sprinter John Degenkolb, les deux victoires d‘étape de Nacer Bouhanni là encore au sprint, ainsi que la révélation Fabio Aru, vainqueur de deux étapes en montagne et s’inscrivant dans la lignée des purs grimpeurs.

Il faut également souligner la victoire d‘étape du Canadien Ryder Hesjedal qui, outre de sauver sa saison, a fait taire les rumeurs à propos de l’usage d’un moteur dans son vélo sur la 7e étape.

Pour le reste, on sentait bien que Chris Froome montait en puissance sur la fin de cette Vuelta et qu’au contraire, Valverde et Rodriguez baissaient. Dans le cas de Valverde, on peut penser que c‘était normal compte tenu de la saison bien remplie qu’il a connu. Rappelons qu’il terminait en avril dernier premier de la Flèche Wallonne et 2e de Liège-Bastogne-Liège et qu’il a aussi terminé 4e du Tour de France…

2 – Vuelta bis. Il convient de souligner la performance du Québécois Guillaume Boivin qui a terminé ce Tour d’Espagne. Ainsi, il devient le 4e Québécois de l’histoire à compléter l’un des trois grands tours en cyclisme, après Gianni Vignaduzzi (Vuelta 1994), Dominique Rollin (Vuelta 2012, Giro 2013) et David Veilleux (Tour de France 2013).

Cet accomplissement survient cependant à un moment difficile pour Boivin puisque son contrat avec l‘équipe Cannondale, qui fusionnera avec Garmin à la fin de la saison, n’a pas été renouvelé.

Boivin se retrouve donc sur le difficile chemin des transferts, un chemin qui, rappelons-le, avait été fatal l’an dernier à Dominique Rollin.

La nouvelle équipe Bora-Argon 18 pourrait-elle voir en Boivin un bon ambassadeur de ses vélos au Canada?

Chose certaine, je suis d’avis que les coureurs québécois évoluant au niveau World Tour auraient intérêt à imiter le parcours de… David Veilleux lorsqu’il évoluait chez Europcar. David avait eu l’immense mérite de s’illustrer lorsqu’il le pouvait, de saisir les occasions, notamment en conduisant une longue échappée sur l‘épreuve mythique de Paris-Roubaix, ou en remportant la Roue Tourangelle, la Mi-Août bretonne ou les Trois Vallées Varésines.

Chez les pros, les directives d‘équipe sont souvent contraignantes, mais je pense qu’il faut aussi savoir saisir les occasions pour se montrer, sous peine d’avoir des difficultés à trouver de nouveaux contrats. Les situations particulières de certains pros comme Jérome Pineau (pour Sylvain Chavanel), dont leur contrat semble lié à celui d’un coureur plus en vue, sont rares. Et c’est un peu la situation en 2015 de Dominique Rollin dont le retour chez les pros semble liée à Nacer Bouhanni, dont il sera l’un de ses poissons-pilote à l’approche des arrivées.

3 – Record de l’heure. C’est demain que l’Allemand Jens Voigt s’attaquera au record de l’heure sur une piste en Suisse (Grenchen). Si la tentative est un réel essai de Voigt, je suis convaincu qu’elle sert aussi de test grandeur nature à une autre tentative à venir celle-là. soit celle de Fabian Cancellara en 2015. Et Cancellara présente d’autres garanties d’une performance de très haut niveau que Voigt, même si ce garçon, certes dans la quarantaine, est aussi un gros moteur.

4 – Mondiaux. On attend encore le communiqué officiel de la sélection des coureurs canadiens qui iront à Ponferrada en Espagne d’ici deux semaines. Guillaume Boivin ne ferait pas partie de cette sélection de 3 coureurs pour la course sur route.

On peut cependant élaborer quelques hypothèses. Svein Tuft serait le choix logique pour prendre la place canadienne en vue du chrono.

Pour la course sur route, il est probable que Christian Meier, en vue sur les GP de Québec et Montréal, fasse partie de la sélection. Svein Tuft également. Resterait une place. Si Boivin n’y est pas (le parcours a peut-être été jugé trop dur pour ses qualités, essentiellement de sprinter), si Antoine Duchesne n’y est pas (blessure au genou), le choix devrait logiquement se faire entre Hugo Houle, dont la condition est en hausse depuis le Tour de l’Alberta, et Ryder Hesjedal, qui a claqué une victoire d‘étape sur la Vuelta. Je pense que Hesjedal a les meilleures chances d’une sélection compte tenu du profil du parcours de Ponferrada… s’il ne la décline pas d’avance!

5 – Mondiaux bis. On a un autre indice que c’est vraiment la guerre entre Wiggins et Froome. La sélection britannique annonce Wiggins seulement pour le chrono, et Froome pour la course sur route. Je comprends mal comment Froome, en bonne condition au sortir de la Vuelta, peut justifier le choix de se priver d’un garçon comme Wiggins, lui aussi en grande condition. Il me semble qu’il a tout à gagner: Wiggins peut brouiller les cartes, par exemple en partant tôt dans la course. Froome se serait-il inspiré de l’exemple de l’an dernier sur les Mondiaux, alors que la confusion avait régné dans le final avec Valverde et Rodriguez, pour rejeter Wiggins?

6 – Mondiaux bis bis. L‘équipe de France de ces Mondiaux a été annoncée par Bernard Bourreau qui était des GP de Québec et Montréal le week-end dernier. Comme lui, je trouve cette équipe intéressante, avec comme leaders désignés Romain Bardet et Tony Gallopin, deux excellents choix.

On ne peut cependant s’empêcher de sourire face à la situation à l‘égard de la FDJ.com. Bourreau a choisi de sélectionner Nacer Bouhanni, un autre excellent choix vu les perfs du coureur sur la Vuelta et sa capacité à passer les petites bosses. Hormis Bouhanni et son fidèle équipier Soupe, aucun autre coureur de la FDJ n’a été retenu, pas même Thibault Pinot.

Rappelons que Madiot a mis sur la touche Bouhanni pour cette fin de saison, n’ayant pas apprécié certaines déclarations du coureur qui a signé chez Cofidis pour 2015. Et que Bernard Bourreau a publiquement affirmé ne pas avoir apprécié le geste de Madiot.

Bref, pas sûr que l’ambiance est au beau fixe ces jours-ci au sein de ce joli monde!

7 - LE défi. Alberto Contador s’est récemment exprimé sur un défi colossal qu’il aimerait entreprendre, celui de gagner les trois grands tours durant une seule saison.

Personne n’a jamais réalisé pareil exploit qui signifie d‘être au top pendant… 9 semaines et 63 étapes.

On imagine facilement qu’il faudrait vraiment une grosse santé (…) pour réaliser pareil exploit de nos jours.

GP de Montréal: la victoire d’une équipe

Simon Gerrans est entré dans l’histoire des GP cyclistes de Québec et Montréal hier en devenant le premier coureur à réussir le doublé. Il s’est en effet imposé à Montréal deux jours après l’avoir fait à Québec.

Mais est-ce bien Simon Gerrans qui a gagné hier sur le Mont Royal?

Selon moi, c’est plutôt l‘équipe Orica-GreenEdge au complet!

Rarement en effet avons-nous vu un tel travail d‘équipe, limpide, précis, efficace, imparable et parfait.

Le final de la course devrait être vu dans toutes les écoles de cyclisme!

Le film de la course

Un scénario classique, comme à Québec cette année, avec une échappée matinale qui est reprise dans le final. Mention très bien au coureur slovène de la Lampre, Jan Polanc, qui fut le dernier à résister, surprenant de résistance sur un circuit difficile qui comportait 17 ascensions de la côte Camilien Houde, excusez un peu.

Mention très bien également au Canadien Ryan Roth qui a su représenter le Canada dans cette échappée matinale.

Tout s’est joué dans le dernier tour, d’abord sur l’impulsion des Lampre qui, au début de la dernière ascension de Camilien Houde, avait encore Polanc devant. C‘était donc un moment surprenant de voir un autre Lampre prendre la conduite du peloton derrière pour assurer un train rapide.

De toute évidence, il était clair que Polanc était cuit devant. Rui Costa avait donc demandé à son équipe de rouler dans la bosse, pour préparer son attaque.

À 700m du sommet, Costa a donc attaqué, lâchant un moment Gerrans qui est revenu sur le haut grâce à un bel effort.

Dans la descente, le petit groupe ainsi sorti comptait quelques unités, au sein desquels Gerrans était isolé.

Leçon #1: lâchés, vous ne devez jamais abandonner. C’est ainsi que les équipiers Orica-GreenEdge se sont battus pour prendre leur place dans le groupe de chasse derrière. Au profit de la jonction juste avant la côte de la Polytechnique, ils étaient alors 5 avec Gerrans, un avantage considérable pour le champion d’Australie. Aucune autre équipe n‘était alors aussi bien représentée à l’avant que les Orica-GreenEdge.

Lecon #2: contrôler la course. C’est ainsi que dans la côte Polytechnique puis après, ce sont les Orica-GreenEdge qui ont contrôlé la course, cadenassant le peloton. Costa a bien essayé de s’enfuir sur Édouard Montpetit comme Sagan l’avait fait l’an dernier, mais les Orica veillaient cette année au grain.

Leçon #3: amener le sprint. Travail parfait des Orica dans les 3 derniers kms, tous devant à amener Gerrans dans un fauteuil. La cohésion était belle à voir! À l’entrée du dernier km, Gerrans avait encore 3 équipiers devant lui. C‘était pratiquement impossible pour les autres coureurs de même songer battre l‘équipe australienne aujourd’hui.

Bref, Gerrans avait certes les jambes pour sprinter dans les derniers 400m, mais son équipe a accompli 90% du travail pour lui permettre de gagner. J’adore pareille leçon qui montre qu’au niveau professionnel, le cyclisme est un sport individuel qui se court en équipe.

Costa termine 2e, Gallopin, que je n’attendais pas à ce niveau en cette fin de saison, 3e. Mention très bien également au Canadien Mike Woods qui a été présent dans le final, montrant à tous qu’il était à l’aise sur un tel circuit. Âgé de 27 ans, Woods en a-t-il fait suffisamment hier pour s’attirer un contrat World Tour l’an prochain? Je le verrais bien rejoindre les autres Canadiens Tuft et Meier chez Orica-GreenEdge!

GP de Québec: dans la légende, sa dernière ligne droite!

Vous savez ce qui est en passe d’entrer dans la légende du GP cycliste de Québec?

Réponse: sa dernière ligne droite!

Quelle ligne droite! Faux-plat ascendant, souvent vent de face.

Aujourd’hui, ce fut au tour de Tom Dumoulin de s’y casser les dents (parlez-en aussi à Tejay Van Garderen!), comme Sagan en 2012 et 2013, comme d’autres avant lui qui ont fait l’erreur de démarrer trop tôt dans cette dernière pente. Le vidéo du final est ici.

Je m’y suis aussi cassé les dents l’an dernier sur La Québécoise: sous la Porte St-Louis, on croit que c’est bon, qu’on y est.

Et bien non. C’est encore long, ça monte encore et il y a ce maudit vent de face pour vous compliquer l’existence.

Mais pas pour Simon Gerrans (Orica GreenEdge) qui, de toute évidence, a compris depuis longtemps que pour gagner à Québec, il faut savoir négocier intelligemment ce dernier droit.

Gerrans a remporté aujourd’hui pour la 2e fois de sa carrière le Grand Prix cycliste de Québec, au terme d’un sprint parfaitement maitrisé et aussi grâce au travail de son équipe dans les derniers hectomètres, il faut le dire. Car ca n’a pas loupé: l’homme en forme Tom Dumoulin (Giant-Shimano) a lancé son sprint un peu trop tôt et est venu buter contre ce vent et cette pente (qui n’a l’air de rien) à quelques mètres de la ligne.

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Gerrans a quant à lui su attendre, attendre et attendre encore dans cette dernière ligne droite, sachant que sprinter vent de face, on trouve ça souvent très long, de surcroit dans un faux-plat ascendant. Il a doublé Dumoulin dans les derniers 50m.

La victoire donc d’un coureur d’expérience au sommet de son art, ça ne fait aucun doute.

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Dumoulin est 2e, Navardauskas est 3e, Impey 4e et Van Avermaet 5e. Tous des coureurs que j’avais identifié dans ma présentation des favoris avant-hier!

La journée en photos

Accrédité sur l‘épreuve avec mon photographe (un grand merci à l’organisation du GP, encore une fois irréprochable de rigueur et de précision… et louangée par tous les Européens à qui j’ai pu parler), j’ai passé la journée à arpenter l‘épreuve afin de vous communiquer un peu de mon expérience. Récit d’une belle journée.

Réunion de la presse avant-course. C’est parti pour une journée de travail intéressante.

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Tôt ce matin, on s’affaire déjà sur la ligne départ-arrivée.

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Direction l’hôtel Delta, où logent les coureurs puisque le Château Frontenac procède actuellement à des rénovations. À notre arrivée, les Giant-Shimano sont en plein briefing de course.

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Les vélos Canyon des Katusha sont prêts pour la journée. J’aime bien ces vélos Canyon, deux fois de suite vélo de l’année (2013 et 2014) selon Vélo Magazine, et le meilleur rapport qualité-poids-prix du marché. Seul hic, le modèle d’affaire de Canyon est la vente directe, malheureusement non disponible au Canada.

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Dernier massage pour Egor Silin avant une bonne journée de travail.

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Présentation des équipes. Louis Bertrand est au travail et de bonne humeur!

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J’aime bien Rui Costa, un coureur au tempérament agressif en course, mais très sympathique par ailleurs, disponible pour les amateurs de cyclisme, resplendissant dans son maillot de champion du monde.

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Dans le resplendissant…

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Il faut saluer l’initiative du GP de Québec de faire participer de jeunes cyclistes en herbe à la présentation des coureurs (ils s’occupent des vélos des coureurs pendant que ces derniers sont sur le podium, une belle idée). Ces jeunes peuvent ainsi avoir brièvement accès aux coureurs, une expérience marquante qu’ils n’oublieront pas de sitôt.

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Sur la ligne de départ, certaines stars du Tour 2014: Bardet, Gallopin, Peraud. On devine Gerrans sur la droite.

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Fin prêt!

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Dès le premier tour, l‘échappée matinale se dessine avec 4 coureurs dont Arashiro chez Europcar.

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Derrière, le peloton musarde solide, et l‘échappée comptera plus de 9 minutes d’avance dès le 3e tour.

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Beau temps pour Messieurs les coureurs. C‘était pas gagné d’avance si on pense à la météo de la veille.

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Le Québécois Antoine Duchesne, confortable en ce début de course dans le peloton. Il devra ensuite abandonner vers le 8e tour malheureusement en raison de douleurs à un genou qu’il traine depuis un moment déjà. On lui souhaite de se retrouver au plus vite.

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Durant ces premiers tours, c’est le calme plat derrière l‘échappée… et même dans la zone ravito…

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… alors on en profite pour faire des photos.

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Vers le 6e tour, ça y est, la BMC et d’autres commence à mettre en route.

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L‘échappée reprise vers le 8e tour, les tentatives furent nombreuses mais toutes sans succès. Ici, dans la côte des Glacis.

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Le rythme alors imposé fait des victimes. Après avoir contrôlé le peloton durant la première partie de course, le Canadien Christian Meier abandonne et livre ses impressions.

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C’est l’arrivée. À 150m de la ligne, on ne voyait que Dumoulin!

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Mais l’expérience parle et Gerrans débouche alors pour remonter le néerlandais dans les derniers 50m. C’est ce qu’on appelle se faire moucher sur la ligne.

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Une fois cette ligne franchie, certains coureurs sont au bord d‘être malade, comme ici Chris Sutton qui mettra de longues minutes à relever la tête.

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Les coureurs de l‘équipe canadienne n’ont pas démérité, Woods se permettant même d‘être à l’attaque dans le dernier tour. Chapeau, car tous les coureurs de l‘équipe sont à l’arrivée!

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Sitôt l’arrivée, Hugo Houle est assailli par les journalistes du Québec, et c’est tant mieux. Mal placé au pied de la côte de la Montagne, il n’a pu remonter suffisamment par la suite. Chez les pros, l’erreur est fatale.

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Conférence de presse d’après course. Gerrans avouera avoir les Mondiaux en point de mire, tout en étant conscient qu’il lui est difficile de situer sa condition physique actuelle pour deux raisons: d’une part, il estime courir sur les “vapeurs” après une saison chargée, et d’autre part certains de ses adversaires aux Mondiaux seront passés par… la Vuelta. Mais ça fait toujours du bien de gagner!

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Mes remerciements à mon photographe Alain Bouchard pour les clichés.

L’actualité du GP de Québec

Petit tour des nouvelles entourant le monde du cyclisme et du GP de Québec.

1 – Astana, le doute. On a appris hier via l’UCI que Valentin Iglinsky a été piqué positif à l’EPO lors du récent ENECO Tour en août dernier. Du coup, son équipe Astana, au sein de laquelle évolue également son frère aîné mieux connu, Maxim, vainqueur surprise de Liège-Bastogne-Liège 2012, l’a immédiatement congédié.

Voilà une nouvelle histoire de dopage dans le cyclisme, après les histoires pas claires ayant touché Kreuziger et Horner plus tôt cette saison.

Cette histoire est surtout malheureuse en ce sens qu’elle touche l‘équipe Astana, une équipe qui a beaucoup gagné en 2014 et notamment le Tour avec Vicenzo Nibali. C’est aussi une équipe dirigée par Alexandr Vinokourov, qui traine de grosses casseroles côté dopage avec son implication présumée dans l’Affaire Puerto, puis un contrôle positif aux transfusions homologues.

Alors forcément, on a un doute quant à l‘équipe Astana. Officiellement, on assure que Valentin Iglinsky aurait agi seul, bien évidemment.

2 – Quelques erreurs se sont glissées dans ma présentation des favoris des grands prix de Québec et Montréal. Certaines de ces erreurs découlent du fait que je n’avais pas en ma possession la liste finale des engagés. Ainsi, Maxim Iglinsky chez Astana et Giovanni Visconti chez Movistar ne sont pas des partants. Mon texte a été mis à jour à mesure que les informations me parvenaient. Merci aux lecteurs vigilants m’ayant fait part des imprécisions.

3 – Jean-Christophe Peraud. Le coureur d’AG2R-La Mondiale, 2e du Tour en juillet, un garçon que j’aime beaucoup pour sa simplicité et son ancrage bien dans la réalité, avoue ne pas savoir s’il sera des prochains Mondiaux au sein de l‘équipe de France. Il avoue aussi une certaine usure suite à sa saison, et une préparation moins franche depuis un mois. Quoi de plus normal après avoir été sur la brèche des semaines durant, et notamment sur le Tour ou il a dû bruler beaucoup de cartouches? Du coup, il n’aura pas de grandes ambitions sur les GP de Québec et Montréal, et on le comprend.

4 – Le parcours. Onze tours à faire, sur un circuit modifié par rapport aux années précédentes en raison des travaux en cours sur la côte Gilmour qui descend des Plaines d’Abraham au boul. Champlain. Du coup, les coureurs iront chercher la côte de l‘Église à Sillery cette année, rallongeant le parcours qui comporte désormais 18,1 km.

Cette modification signifie que les difficultés, moins nombreuses, reviennent aussi moins vite. On aura donc place à davantage de récupération, notamment sur la Grande Allée vers Sillery et sur le boul. Champlain en direction du Vieux-Québec. Voilà qui favorisera les échappées, ainsi que les sprinters.

5 – À la télé. Syntonisez TVA Sports pour suivre la course entre 10h30 et 16h30 vendredi. La course sera rediffusée samedi sur le réseau TVA entre 14 et 16h.

6 – LA question des profanes du vélo: est-ce pour être plus aérodynamique que les cyclistes se rasent les jambes?

La réponse: non, c’est en raison des massages, plus confortables sur une peau lisse en raison de l’usage des pommades. Les massages sont vitaux pour la récupération musculaire.

Les cyclistes se rasent aussi les jambes en raison des chutes, car les risques d’infection sont moindres lorsqu’il n’y a pas de poils.

L’aérodynamisme serait toutefois une autre bonne raison de se raser les jambes selon de récents travaux qui ne manquent pas de susciter l’intérêt: ainsi, on aurait montré des gains variant entre 50 et 82 secondes sur un chrono de 40 bornes chez les cyclistes ayant les jambes rasées. Ce n’est pas négligeable!

LA vraie question à poser aux cyclistes: jusqu’où vous rasez-vous?!

GP de Québec et Montréal: les coureurs à surveiller

La liste des engagés des GP de Québec et Montréal est connue, on peut donc analyser les coureurs qui, logiquement, seront à surveiller. Si le cyclisme n’est pas une science exacte, la prépondérance de la condition physique dans ce sport fait en sorte qu’il est possible de “prédire” quels sont les coureurs qui devraient être devant à jouer la gagne. La liste est longue et les courses seront très ouvertes, donc ca sera intéressant et ca sera aussi une affaire d’initiative… Petit tour d’horizon, dans le désordre.

Rui Costa. On a peu vu le champion du monde récemment, et sa saison a été mi-figue, mi-raisin. Je suis convaincu qu’une victoire à Québec et/ou Montréal sauverait sa saison, et serait très positif pour sa préparation en vue de la défense de son titre aux Mondiaux prochainement. Outre Nibali, Costa est un des coureurs “majeurs” ayant fait l’impasse sur la Vuelta contrairement à beaucoup d’autres, il doit se/nous rassurer quant à sa condition.

Chris Horner. Prévu sur la Vuelta pour y défendre son titre, une condition en hausse, et vlan! exclu pour une affaire de taux de cortisol effondré, son équipe Lampre souscrivant aux règles du Mouvement pour un cyclisme crédible. Horner est probablement en très bonne condition physique et motivé de ne pas en rester là… Chez Lampre, on aura donc deux leaders.

Jesus Herrada – Le coureur de la Movistar est le récent vainqueur de la 5e étape du Tour du Poitou-Charentes.

Kevin Reza – Le coureur Europcar fait une bonne saison, et a été vu à son avantage en août. Je crois qu’il sera protégé au sein de l‘équipe française au sein de laquelle évolue le Québécois Antoine Duchesne, partageant ce rôle avec Cyril Gauthier.

Cyril Gauthier – Cet autre coureur Europcar a l’expérience des courses à Québec et Montréal et vient de terminer 4e du GP de Plouay. Attention à lui!

Simon Gerrans – Un autre coureur qui aime les courses sur circuit. Le vainqueur du GP de Québec 2012 a l’expérience des épreuves québécoises et vient de terminer 3e de Vattenfall Classic en août. Ayant peu gagné cette saison, et ayant notamment passé au travers du Tour de France notamment en raison d’une chute tôt dans l‘épreuve, il est certainement motivé à se reprendre et à préparer ses Mondiaux.

Daril Impey – Outre Gerrans, Orica-Green Edge dispose en Impey un autre coureur en grande forme, récent vainqueur du Tour de l’Alberta avec à la clef une victoire d‘étape. Et au sein de la formation australienne, il ne faudra pas négliger Simon Yates, un très bon grimpeur capable de belles choses à Montréal, ainsi que Michael Albasini, une valeur sûre.

Tom Dumoulin - Le coureur Giant-Shimano a lui aussi été vu à son avantage en Alberta récemment, terminant 2e du général.

Ramunas Navardauskas – Le coureur Garmin a fait quelques belles places sur le récent Tour de l’Alberta, terminant deux fois 2e d’une étape, une fois 3e avec, à la clef, la 4e place du général. Il est en forme et dur au mal. Je le vois bien placé sur les épreuves québécoises.

Tom Danielson – Comment exclure cet excellent grimpeur qui possède désormais un gros capital expérience? Le coureur Garmin a un bon coup à jouer surtout à Montréal.

Sep VanMarcke – Un vrai flahute, sur au mal, puissant, et en vue sur le récent Tour de l’Alberta. Il peut causer la surprise, surtout à Québec.

Bauke Mollema – Comment exclure de cette liste un coureur de son talent?

Arthur Vichot – J’aime ce coureur français qui affectionne tout particulièrement les courses sur circuit. Deuxième du GP de Québec l’an dernier, il vient de terminer 3e du GP de Plouay récemment et est un homme de l’automne.

Tejay Van Garderen – 5e du Tour, vainqueur du US Pro Cycling Challenge en août, le coureur américain de la BMC fait une bonne fin de saison. On ne peut l’exclure de cette liste, et le GP de Montréal lui convient mieux.

Greg Van Avermaet – J’aime particulièrement le coureur BMC, pétri de classe, mais qui gagne trop peu. Il est probablement le coureur le plus titré sur les épreuves québécoises: 2e du GP de Québec en 2012, 3e du GP de Québec et 4e du GP de Montréal l’an dernier! Affectionnant lui aussi les courses sur circuit, il aime courir au Québec et a prouvé que les parcours lui conviennent bien.

Les Astana – Jacob Fulgsang, Borut Bozic, Janez Brajkovic, Enrico Gasparotto, Fredrik Kessiakoff. OUF!

Les coureurs que je n’attends pas devant

La plupart des coureurs AG2R – La Mondiale, déjà auteurs d’une très grosse saison 2014. Ils sont forcément un peu fatigués je suppose (quoi de plus normal), notamment Perraud et Bardet. Le Québécois Hugo Houle, en regain de forme lors du Tour de l’Alberta après quelques problèmes début août, sera forcément motivé de courir à domicile.

Les Tinkoff-Saxo. L‘équipe n’est pas venue au Québec avec son équipe “A”, sauf peut-être Michael Rogers. Il a cependant déjà rempli son contrat en 2014!

Les Omega Pharma Quick Step. Sauf peut-être Jan Bakelands.

Les Trek Factory Racing. Je n’attends ni Frank Schleck – contrat rempli cette saison avec sa prestation sur le Tour, et il a déjà signé son contrat pour 2015 – ni Stein Devolder.

Team Sky. À part Geraint Thomas, je ne vois pas, bien qu’un Edvald Boasson Hagen n’est jamais à sous-estimer.

Les Lotto-Belisol. La présence de Tony Gallopin, auteur d’un excellent Tour de France, est certes intéressante, mais je ne les vois pas devant. Jelle Vanendert aurait pourtant une saison à sauver!

Les Cannondale. Les coureurs y sont-ils sereins en ce moment, avec ce qui arrive à l‘équipe et forcément les renégociations de contrat qui s’en suivent? Pas sûr…

Les coureurs canadiens

Outre Hugo Houle, Antoine Duchesne et Christian Meier qui courent avec leur formation World Tour respective, une équipe du Canada sera présente sur les deux courses, avec des coureurs intéressants.

J’aime beaucoup Bruno Langlois, un vrai guerrier imprévisible en course, dur au mal, capable de tout.

Ryan Anderson sera à surveiller, il a terminé 5e du général du Tour de l’Alberta, excusez-un-peu.

Deux coureurs de la région d’Ottawa seront aussi d’un grand intérêt personnel, car ils me font souffrir le martyr dans le Parc de la Gatineau quant ils sont là: Mike Woods, un très gros moteur, et le jeune Matteo Dal-Cin. Woods, un redoutable grimpeur, pourrait faire quelque chose à Montréal. Dal-Cin est là pour apprendre.

Enfin, il sera intéressant de voir ce que Pierrick Naud, lui aussi un excellent talent, pourra faire à ce niveau de compétition, surtout dans le final.

Présent à Québec

Je serai présent à Québec pour suivre la course live! N’hésitez pas à venir me trouver si l’occasion se présente.

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