Etixx-Quick Step sauve son week-end!

C‘était le début de la saison des Classiques belges ce week-end avec la tenue, samedi, du Het Nieuswblad et dimanche, de Kuurne-Bruxelles-Kuurne. Et quel week-end de course! Ca faisait du bien de retrouver des noms mythiques comme le Oude Kwaremont, le Kruisberg, le Mur de Grammont ou encore le Taaienberg (ou côte “Tom Boonen”!).

Et on n’a pas été déçu du week-end!

Samedi, on a eu droit à un final incroyable avec un Ian Stannard chez Sky pris en souricière avec pas moins de trois Etixx-Quick Step, soit Vandenbergh, Terpstra et Boonen, rien que ca.

À 20 kilomètres de l’arrivée, nous étions probablement nombreux à penser que la course était pliée. Il était cependant surprenant de voir les trois coureurs Etixx relayer, la prudence ayant plutôt recommandé qu’un d’entre eux – Boonen évidemment – se réserve pour les derniers hectomètres. Première erreur.

À 4 km de la ligne, accélération de Boonen. Stannard semble réagir avec un gros temps de retard, mais hausse son rythme et revient doucement, au train. Premier gros doute chez les Etixx: ça sera pas facile de se débarrasser du rouleur anglais, visiblement surpuissant.

Au contact avec Boonen, c’est Terpstra qui a démarré, logiquement. Stannard réagit cette fois plus rapidement, amenant avec lui Vandenbergh. Boonen, à ce moment, a visiblement du mal à suivre.

À la reprise de Terpstra, coup de génie de Stannard: c’est lui qui accélère en tête! Là, fallait être très costaud. Vandenbergh essaie d’entamer la poursuite, et explose très rapidement, laissant à Terpstra le soin de boucher le trou, un trou que Boonen, visiblement cuit, ne parviendra jamais à boucher.

Aux 500m, Terpstra et Stannard, le tenant du titre, vont de toute évidence se disputer la victoire au sprint. Et là, gourde monumentale de Terpstra qui passe! Deuxième grave erreur. Il avait Boonen juste derrière à quelques secondes à peine! Ce fut la chance de Stannard, qui était visiblement fatigué: il a pu prendre la roue – de justesse – de Terpstra et l’ajuster dans les tous derniers mètres.

Y’en a qui ont dû se faire remonter les bretelles le soir à l’hôtel chez les Etixx-Quick Step.

La formation belge a eu un sursaut d’orgueil hier sur Kuurne en plaçant Cavendish pour la victoire finale. Ouf… la Belgique peut respirer, même si c’est encore un… anglais qui a gagné…

On a assisté hier à un beau sprint, avec outre Cavendish, les Kristoff, Viviani et… Bouhanni qui étaient tous présents pour l’emballage final. Je pense que Dominique Rollin, 61e de la course à tout juste 4 secondes du vainqueur et de Bouhanni, a pu bien faire son travail pour son sprinter, prouvant aussi au passage qu’il a la condition après un an d’absence du peloton. De bonne augure pour la suite et notamment Paris-Nice qui pointe doucement son nez.

À noter le bel effort de Philippe Gilbert dans les derniers hectomètres, parti seul pour la gagne. Il fallait de la force pour résister aussi longtemps au paquet en pleine préparation pour le sprint. Attention au champion belge sur le prochain Milan San Remo s’il continue comme ça.

Bref, un bien beau week-end d’ouverture des Classiques de la saison. Il ne manquait que les Trek Factory Racing!

Sports Life Stories – Chris Froome

Astana dans les cordes

On apprenait hier que l’UCI a recommandé à la commission des licences que l‘équipe Astana se voit retirer sa licence WorldTour.

Cette recommandation fait suite aux résultats de l’audit exigé par l’UCI lors de l’octroi, à l’automne dernier, de la dite-licence. Cet audit a été mené de façon indépendante par l’Institut des Sports de l’Université de Lausanne.

Le rapport final conclurait qu’un important décalage existe entre les politiques et structures annoncées par l‘équipe Astana sur le papier, et la réalité. Ben voyons! (et l’UCI ferait peut-être bien d‘étendre l’exercice à toutes les équipes, nous aurions assurément d’autres conclusions du genre).

Le rapport final présenterait également de nombreux éléments troublants touchant des coureurs et du personnel d’encadrement dans le contexte de l’enquête de Padoue, une vaste enquête sur le dopage dans le sport menée en Italie.

Enfin, l’UCI déplore que le manager général de l‘équipe Astana, Alexandre Vinokourov, ait catégoriquement refusé d’aller s’expliquer devant la commission indépendante de réforme du cyclisme (CIRC).

Pour moi, il s’agit évidemment d’une bonne nouvelle: j’estime que non, l‘équipe Astana ne devrait pas avoir de licence WorldTour, ne serait-ce que parce qu’elle est dirigée par un multirécidiviste en matière de dopage. Comment, dans ce contexte, faire confiance à cet homme qui a triché toute sa carrière? Le cyclisme n’a tout simplement plus les moyens de tolérer de tels individus en son sein, pour des raisons évidentes de crédibilité. Les 5 affaires de dopage à la fin de l’an dernier ainsi que d’autres performances troublantes ces dernières années, je pense notamment aux victoires-surprise en 2012 d’Enrico Gasparotto sur l’Amstel suivi, quelques jours plus tard, de celle de Maxim Iglinski sur Liège-Bastogne-Liège, laissent trop de doutes.

Vicenzo Nibali? Malheureusement, je pense que ce coureur n‘évolue pas dans la bonne équipe. Rien ne nous permet par ailleurs d’entretenir des soupçons à son endroit pour le moment, sa progression de carrière ayant été bien logique et ses puissances développées estimées demeurant du domaine du possible, même si c’est parfois limite.

Le Crique (1957-2015)

Aujourd’hui, La Flamme Rouge a le plaisir et l’honneur de publier un texte-hommage à Claude Criquielion, écrit par mon ami Raphael Watbled du site Vélochronique. Raphael a une plume magnifique, et nous régale de cet hommage subtil (il faut être attentif), sensible, et vrai. C’est pas compliqué, il y a une touche de Blondin chez Raf!

Que le grand Crique me croque… (par Raphael Watbled)

Le grand Crique, le lion de Wallonie, est mort.

À 58 ans, entre deux âges, quand une nouvelle génération d’amateurs de cyclisme a pris le bord des routes sans vraiment connaître – ou de loin – ce nom qui craque et qui rugit à la fois, et que la précédente passe ses souvenirs au petit moulin de la nostalgie, à 58 ans donc, Claude Criquielion est mort. Un infarctus du cerveau pour un champion bien en jambes mais aux méninges efficaces ; une mocheté d’accident vasculaire cérébral, comme on dit. Un champion qu’on nous ôte, pour un petit bouchon dans la tête. Faites-le-nous renaître, notre grand Crique. Renaissez-le-moi. Renais, Claudy, renais.

Renaix. 1988. L’instant dramatique (au sens littéraire, théâtral, du mot) où Criquielion vint croquer l’asphalte à pleine bouche, projeté dans la balustrade par Steve Bauer, cet instant dramatique qui le priva du titre de champion du monde sur le circuit de Renaix, pas si loin de chez lui, et surtout à quelques mètres de la ligne d’arrivée qu’il s’apprêtait à franchir très probablement en vainqueur grâce à un dépassement logiquement imparable, cet instant dramatique de quelques secondes que les archives vidéo proposent en abondance a suffi, à lui seul, à réduire sa carrière à cette pathétique image de héros malgré soi frappé par une défaite aussi cruelle qu’injuste.

Ce jour-là, le coup de coude fatal de Bauer permit de graver dans la mémoire collective le faciès défait et regimbant de Criquielion, franchissant la ligne à pied, tenant son vélo d’une main et jetant au néant ses vaines réclamations de l’autre. Ralenti par la chute de sa victime, Bauer s’était laissé supplanter par Maurizio Fondriest, alors jeune inconnu, trop heureux de profiter d’une situation qui le condamnait pourtant à la troisième place une seconde plus tôt ; une victoire certes peu enviable mais qui permit au moins de ne pas à avoir à destituer Bauer s’il avait réussi à l’emporter après avoir balancé le vainqueur légitime ; le Canadien fut déclassé de sa deuxième place, mais Criquielion entra pour toujours dans la légende des battus poignants.

Et pourtant, qu’il est injuste de ne garder que sa défaite de Renaix pour premier souvenir ! L’évocation en boucle de cette chute historique à l’occasion de son décès ce 18 février 2015 montre à quel point notre mémoire engraissée de sensationnalisme pratique les meilleurs raccourcis vers le scandale.

Car des sensations, la carrière de Criquielion en fut riche par ailleurs. Frappé du même syndrome que Laurent Fignon, qui pouvait se plaindre d’être pour toujours « celui qui a perdu le Tour de France 1989 pour huit secondes » alors qu’il l’avait gagné deux fois auparavant, Criquielion aurait imposé un autre souvenir à la chronique cycliste s’il avait pu être champion du monde postérieurement à l’accident de Renaix : il aurait traîné l’étiquette du héros revanchard et vengé. Mais il l’a été antérieurement. Car enfin, accessoirement, que le grand Crique me croque s’il n’a pas été champion du monde à Barcelone en 1984, quatre ans plus tôt.

Que le grand Crique me croque s’il n’a pas gagné le Tour des Flandres (1987), la Flèche Wallonne (1985 et 1989), la Classique de Saint-Sébastien (1983), le Tour de Romandie (1986) et le Midi Libre (1986 et 1988).

Que le grand Crique me croque s’il n’a pas cumulé une trentaine de top-10 sur un panel de moins de dix classiques et semi-classiques dont il fut un des meilleurs spécialistes mondiaux des années 1980.

Que le grand Crique me croque s’il n’a pas terminé sept fois dans le top-10 d’un Grand Tour, avec un podium en Espagne (3e en 1980).

Avec son sourcil garni qui assombrissait un peu plus un regard déjà ténébreux mais néanmoins gentil, Criquielion pédalait avec une ténacité que son humilité a rendue plus discrète que celle d’autres champions plus disposés au vedetarriat. Mais il fut bien l’un des plus beaux guerriers de sa génération, et l’un des meilleurs Belges du cyclisme moderne, a fortiori l’un des plus grands Wallons.

Que le grand Crique me croque s’il ne fut pas le premier Wallon à remporter le Tour des Flandres, la course aux monts pavés qui s’est invariablement refusée aux Belges de Wallonie. Cette année-là, en 1987, il était déjà au sommet de sa gloire, mais le Tour des Flandres n’était pas de ces courses pour lesquelles on le croyait le mieux profilé. Deux places d’honneur obtenues les deux années précédentes, dont une avec le maillot de champion de monde sur les épaules, l’avaient convaincu qu’il y avait peut-être ses chances. Il y gagna donc en solitaire, une minute devant ses poursuivants.

Bon grimpeur et excellent puncheur, il semblait davantage taillé pour les classiques non pavées, et il s’était rangé parmi les meilleurs spécialistes de la Flèche Wallonne, qu’il remporta deux fois, et de Liège-Bastogne-Liège, celle d’entre toutes qui manquent le plus durement à son palmarès : souvent très bien placé, et plusieurs fois sur le podium, il trouva sur la Doyenne, en la personne de Moreno Argentin, une bête noire propre à hanter son histoire personnelle. Il y fut battu quatre fois par l’Italien, en 1985, 1986, 1987 et 1991. C’est qu’Argentin et Criquielion ont comme entrelacé leurs destins sur ce dyptique de la Flèche Wallonne et de Liège-Bastogne-Liège : ils y ont partagé cinq fois les podiums, dont quatre fois les deux premières places, avec un avantage de 3 à 1 pour l’Italien. Leurs duels se répétaient parfois la même saison : Criquielion battit Argentin dans la Flèche Wallonne 1985 (avec le maillot arc-en-ciel sur le dos) mais fut battu à Liège ; en 1991, Argentin réalisa le doublé en s’offrant Criquielion chaque fois comme dauphin…

En 1987, dix jours après son Tour des Flandres victorieux, Criquielion termina 2e de la Flèche derrière Leclercq, le mercredi 15 avril, et fut à un sourcil de conclure son printemps en gagnant Liège-Bastogne-Liège le dimanche 19 avril, jour de Pâques. Seul avec Stephen Roche à quelques centaines de mètres de l’arrivée, il s’apprêtait à disputer une victoire de prestige à l’Irlandais quand l’entente qui les avait unis comme échappés se métamorphosa en duel stationnaire : leur sur-place digne des pistards offrit à l’un de leurs poursuivants un boulevard pour fondre sur eux et les crucifier sur la ligne d’arrivée : Moreno Argentin, toujours lui, infligea aux deux cadors une humiliation qui leur valut ce titre dans L’Équipe, et que Criquielion rappelait avec un sourire amusé vingt ans après : « Argentin sonne les cloches ». Les cloches de Pâques sonnent et trébuchent, trébuchent et sonnent. On sait ce que fut la suite de la saison 1987 pour Roche, à qui ce Liège-Bastogne-Liège ne manqua pas trop mais lui fit quand même rater l’occasion d’un quarté magique, avec le Giro, le Tour et le Mondial.

Pugnace et combatif, Criquielion avait aussi quelques réserves inexplorées. On ne saura jamais s’il n’était pas capable, en forçant un peu son destin, de s’affranchir de son domaine d’expertise qu’étaient les classiques pour construire sur les Grands Tours un palmarès plus solide que celui, déjà fort élégant, qu’il forgea. Ses capacités de grimpeur, sans le placer parmi les grands spécialistes de la haute montagne, lui auraient peut-être permis, avec une préparation plus ciblée et un calendrier de compétitions d’avant-Tour moins fourni, de viser davantage de places d’honneur et peut-être de disputer un podium du Tour. Celui obtenu sur la Vuelta en 1980, sa 9e place acquise sur son premier Tour en 1979, ses accessits nombreux et sa 5e place en 1986, sont autant d’indices qui démontrent une polyvalence qu’il sous-estimait peut-être lui-même. Ses victoires au Tour de Romandie ou au Midi Libre le classèrent de toute façon parmi les champions les plus complets de son époque.

Le grand Crique, le lion de Wallonie, est mort.

Très populaire en Belgique, Criquielion était un gentil, un serein, un de ces types apaisants, au sourire malicieux et tendre, sombre mais bienveillant. Comme directeur sportif, c’était bien davantage un calme qu’un tonitruant. Ses obsèques se sont tenues ce mercredi 25 février, et que le grand Crique me croque si ce n’est pas un grand champion qu’on nous a ôté…

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Objectif Tokyo 2020 pour Cyclisme Canada

Louis Barbeau, directeur général de la FQSC, nous avait dit en janvier dernier lors de l’entrevue publié avec lui qu’on attendait de Cyclisme Canada une vision, un plan pour soutenir le développement de cyclistes sur route au Canada.

Ce plan – ou une partie du plan puisqu’il ne concerne que les U19 et U23 – a été dévoilé en début de semaine par Cyclisme Canada.

Inspiré de l’expérience d’autres pays, ce plan mise sur les jeunes coureurs et la piste comme leviers pour développer, à plus long terme, une génération de coureurs d‘élite canadiens, avec pour objectif les JO de Tokyo en 2020 et l’intégration progressive du WorldTour.

Ce plan propose quelques objectifs très clairs, et datés:

2015-16: le Canada parmi les 12 meilleures nations aux Mondiaux de cyclisme sur piste (poursuite en moins de 4:06). Sept coureurs dans le programme.

2016-17: le Canada parmi les 8 meilleures nations aux Mondiaux de cyclisme sur piste (poursuite en moins de 4:03) + signature d’un premier coureur au sein d’une équipe  WorldTour. Entre 8 et 10 coureurs dans le programme.

2017-18: le Canada parmi les 6 meilleures nations aux Mondiaux de cyclisme sur piste (poursuite en moins de 4:00) + signature d’un deuxième coureur au sein d’une équipe WorldTour. Entre 10 et 12 coureurs dans le programme.

L’accession au programme se fera sur la base de critères sportifs et discrétionnaires, en collaboration avec les entraineurs.

Pour arriver aux objectifs, le plan propose également une structure d’encadrement ainsi qu’un calendrier de courses (piste et route) pour les U23 et les U19.

Deux entraineurs ont été retenus en plus d’une équipe de soutien (félicitations au passage à mon ami Shawn Marshall pour le poste de mécano). L’un d’eux est Ian Melvin, qui a travaillé à l’Institut des sports d’Australie et développé des cyclistes qui évoluent aujourd’hui dans des équipes pro comme BMC, Tinkoff-Saxo ou encore Orica-Green Edge.

L’autre, c’est Luc Arseneau qui travaille depuis presque 20 ans avec Cyclisme Canada.

Ce plan est évidemment un pas dans la bonne direction. Espérons que les autorités cyclistes canadiennes pourront aussi oeuvrer au cours des prochains mois/années à favoriser le développement d’une série nationale de courses, ainsi que davantage d’infrastructures d’entrainement. Cela sous-tend évidemment la recherche de sponsors d’envergure, l’argent demeurant le nerf de la guerre ici comme ailleurs.

D’intéressants vidéos: le modèle Canyon et la cime de la Bonette

Deux vidéos intéressants à partager avec vous aujourd’hui.

Canyon

J’aime beaucoup ces vélos Canyon, malheureusement non disponibles en Amérique du Nord pour le moment. Je parle en connaissance de cause, ayant parlé à plusieurs reprises à des utilisateurs de vélos Canyon, tous très satisfaits du rendement de leur engin.

J’aime également beaucoup ce concept de vente directe.

Rappelons enfin que les vélos Canyon ont remporté plusieurs fois ces dernières années le prix “vélo de l’année” du magazine Le Cycle.

Grâce à ce petit vidéo produit par Vélo101, découvrez l’usine Canyon en Allemagne et ses concepts uniques.

La cime de la Bonette

Col collective nous revient cette fois avec ce beau petit vidéo-reportage sur l’ascension de la cime de la Bonette depuis Jausiers. Pour moi, cela évoque un grand souvenir (ce sera pareil probablement pour Yves, Pascale et Martin), celui d’avoir gravi ce col lors de la 6e étape de la Haute Route 2012 entre Risoul et Auron (le reportage est ici – pensée également à mon ami Patrick, il comprendra). Le décor est fabuleux, l’effort, sur les tous derniers kilomètres, est difficile, et je ne vous parle pas de la descente qui s’en est suivi, absolument géniale! Si d’autres aventures m’attendent cette année (et je ferai des reportages sur ce site), la cime de la Bonette reste gravée dans ma mémoire.

Complément d’info sur deux dossiers récents: l’eau de Malartic et le début de saison

Plusieurs débats intéressants ont pris place sur La Flamme Rouge au cours des dernières semaines et je vous en remercie. Merci surtout de toujours exprimer vos opinions sur la base de l‘échange d’idées, sans attaquer les personnes: c’est important.

Je reviens ce soir sur deux dossiers récents: l’eau de Malartic et le début de saisons chez les pros.

L’eau de Malartic

J’exprimais il y a quelques semaines mon opinion quant à l’affaire de dopage d’un jeune coureur junior lors du Tour de l’Abitibi. Sa famille et lui ont réussi à soulever un doute raisonnable parmi les instances en montrant que la source de la contamination venait possiblement de l’eau de Malartic, le coureur ayant été le seul à s’y approvisionner peu de temps avant le départ de l‘étape.

Je mentionnais que je croyais cette source de contamination possible. Je disais même que cela entrainait un risque pour chacun de nous coureurs, un cas similaire à celui du jeune coureur junior ne pouvant être exclut. Il y a donc danger.

Pour preuve, je porte à votre attention cette étude réalisée entre 2006 et 2010 à plusieurs endroits du fleuve St-Laurent et qui démontre clairement la présence de nombreuses substances – analgésiques/anti-inflammatoires, antibiotiques, hormones, etc. – en concentration trop élevée dans les eaux usées.

De tels substances dans les eaux usées veut donc aussi dire un risque de présence dans l’eau traitée en cas de dysfonctionnement des systèmes de filtration/traitement, voire lorsque ce traitement est volontairement réduit au minimum. Certains filtres utilisés ne sont peut-être pas non plus très efficaces à détruire toutes ces substances chimiques.

Comment dans ce contexte exclure un risque de contamination? Je vous rappelle que les quantités du produit masquant retrouvées dans l’organisme du jeune coureur étaient infinitésimales.

Merci à un lecteur, Yves, pour le lien.

Le début de saison chez les pros

Plusieurs d’entre vous ont exprimé hier leur surprise de voir les grands leaders être autant en forme dès le tout début de la saison.

Voilà quelques saisons que ça dure, trois ou quatre, d’abord chez Sky, maintenant parmi les grandes formations dont Tinkoff-Saxo ou Movistar. Déjà en 2014, Contador terminait à la même époque de l’année 2e du Tour de l’Algarve (victoire lors de la 4e étape) et remportait le Tour du Pays Basque, alors que Froome gagnait l’an dernier dès le Tour d’Oman en février.

Sachez que je partage votre surprise.

Surtout considérant la manière: ces grands grimpeurs passent bien souvent un temps impressionnant en danseuse, moulinant sans jamais toxiner et ce, dès les toutes premières courses, révélant une fois de plus une préparation déjà fort avancée.

Il y a une époque pas si lointaine ou les grands leaders reprenaient la compétition en mars, terminant loin derrière dans un premier temps et “bâtissant” leur forme progressivement pour arriver en grande condition juste à temps pour leur objectif, que ce soit le Giro, le Tour ou la Vuelta.

Aujourd’hui, on voit un Alberto Contador ou un Chris Froome dominer outrageusement dès le 20 février dans des cols difficiles, comme s’ils étaient déjà à presque 100% de leurs moyens.

Surprenant! Surtout car cela suppose qu’il va falloir “rester” en grande condition des mois durant.

Aussi, je suis d’accord avec plusieurs d’entre vous, notamment Alain39: je crois que les protocoles de dopage ont malheureusement été adaptés au passeport biologique.

Ce dernier mesurant les variations soudaines ou inattendues dans certains paramètres physiologiques, le but est donc de limiter ces variations potentielles. Avant, on était à 42 d’hématocrite en début de saison, et on le faisait augmenter à 55 pour le Tour (avant la détection de l’EPO). Avec le passeport biologique en place, c’est aujourd’hui très mauvais de faire apparaitre de telles variations.

Aujourd’hui donc, avec le passeport biologique et les micro-doses, on vise plutôt à maintenir ce taux d’hématocrite à 49% tout le temps. Du coup, on a une bonne giclette toute l’année et on ne fait apparaitre aucune variation dans les paramètres qui apparaissent donc plus naturels!

La question qui demeure pour moi assez nébuleuse: assiste-t-on à un cyclisme à deux vitesses? Ca, je n’en suis pas sûr, les performances des coureurs français – plus surveillés que les autres très certainement – étant ces dernières années bien meilleures qu’avant. Beaucoup d‘équipes ne sont probablement pas au niveau des très grandes formations du peloton visant la gagne sur le Tour, mais les différences me paraissent moindres qu’il y a 10 ou 15 ans.

Fouillez nos archives!