Le temps des belles paroles

Je publie aujourd’hui une nouvelle contribution de Marc Kluszczynski à propos du récent congrès de l’Agence Mondiale Antidopage en Pologne, et où la présidence est passée de l’Anglais Craig Reedie au Polonais Witold Banka.

L’AMA va-t-elle dans la bonne direction? Réponse ci-bas!

Pour les institutions antidopage et sportives, la fin de saison est le meilleur moment pour se repositionner de manière forte contre l’inégalité dans le sport et la triche sous toutes ses formes, alors que les compétitions de 2019 nous ont offert un spectacle contraire. Passons en revue les déclarations des faux-culs ayant participé à la 5ème conférence mondiale de l’AMA sur le dopage dans le sport qui a eu lieu à Katowice (Pologne) du 5 au 7 novembre. Cette conférence a coïncidé avec la 3èmerévision du Code Mondial antidopage qui sera en vigueur dès 2021.

C’est tout d’abord Craig Reedie, président de l’AMA, qui a pris la parole. Reedie souligne, à l’occasion du 20ème anniversaire de la création de l’agence, les progrès réalisés dans la lutte antidopage : « L’AMA continue d’écouter, d’apprendre et d’affiner ses stratégies ». Ce sont des paroles malheureuses, car ces mots signifient que l’AMA n’agit toujours pas après 20 ans d’existence ! Reedie laissera sa place à Witold Banka, actuel ministre des sports et du tourisme en Pologne. On se souviendra de la compromission de Reedie avec les russes, et de ses décisions maladroites qui ont mené l’AMA à se faire berner : les 2262 échantillons de la RUSADA remis à l’AMA avec trois mois de retard en janvier 2019 ont en fait été trafiqués. Mais l’AMA a toujours un temps de retard, par exemple en décidant d’enquêter sur les athlètes du NOP d’Alberto Salazar, alors que l’USADA le juge inutile.

Puis c’est Thomas Bach, grand ami de Poutine, qui s’autofélicite. Il encourage les institutions à lutter contre l’entourage des sportifs les poussant à se doper (médecins, entraîneurs), tout en reconnaissant que c’est impossible. A-t-il pensé soudainement au sport russe ? le président du CIO (qui finance l’AMA à 50%) annonce que le test de détection du dopage sanguin à long terme (plusieurs mois) est au point. Il est basé sur des modifications génétiques, mais il ne pourra pas être utilisé aux JO de Tokyo. Rien de plus spectaculaire (le mot « génétique » classe le bonhomme dans le haut niveau de compétence…), mais simple effet de manche! Bach ne parle même de la nouvelle méthode de prélèvement (DBS ou dried blood spot) qui, elle, représente une réelle avancée et a déjà été utilisée par Antidoping Swiss. Il s’agit de prélever cinq gouttes de sang et de les déposer sur une matrice sèche. La conservation à température ambiante, le faible volume prélevé, le transport facilité, la moindre dégradation représentent un réel avantage. Le DBS sera utilisé pour les JO de 2022 à Pékin.

Witold Banka et le président polonais Andrzej Duda glorifient le sport rendu propre grâce à l’AMA. Leurs paroles sont sans substance et complètement à l’opposé de la réalité. Dans ce genre de réunion, tout le beau monde adopte un sourire de circonstance et de réussite, ce qui permet l’auto-maintien au poste de responsabilité (?). Toutes les difficultés et échecs passent à la trappe. Banka déclare même : « Le futur de la nouvelle lutte antidopage commence aujourd’hui ». La future présidence de Banka ne laisse pas présager du meilleur. Banka, qui continuera à soutenir le CIO, avait été choisi par rapport à la ministre norvégienne de la jeunesse, de l’égalité et de l’insertion sociale Linda Helleland, partisane d’une indépendance totale de l’AMA vis-à-vis du CIO. Bach en profite pour faire un don public de 10 millions de dollars à l’AMA (qui servira à la réanalyse d’échantillons) et Banka, avec un budget de 40 millions de dollars, appellent les Etats à soutenir l’AMA. Après 5 années d’une crise russe non réglée, Banka, le polonais, héritera de ce dossier !  Mais Bach veillera.

En Russie, la situation devient de plus en plus confuse. Yuri Ganous, directeur de la RUSADA, rend responsable les autorités russes dont le ministre des sports Pavel Kolobkov, du trafiquage des données des 2262 échantillons. Mais Vladimir Poutine prétend que son pays lutte contre le dopage. Qui ment ? Banka se prononcera-t-il pour une nouvelle suspension de l’agence russe que Reedie avait réintégré en septembre 2018 sous les critiques des 18 agences nationales les plus importantes ? Le CIO ne bannira pas la Russie des JO 2020, les JO de Rio lui ayant suffi. Après le temps des belles paroles, on saura très vite si Banka agit.

Raymond Poulidor (1936-2019)

La France, le Tour de France et tout le monde du cyclisme pleurent aujourd’hui le décès de Raymond Poulidor, « Poupou », peut-être le champion cycliste le plus apprécié de tous, et de toutes les époques. Sans lui, le cyclisme et le Tour ne seront jamais plus exactement les mêmes. Il était sans aucun doute le héros populaire du cyclisme, incarnait plus que tout autre les racines profondes de notre sport, et l’esprit bon enfant mais volontaire et résilient qui doit l’accompagner. Salut Champion! Amis retrouvés, Jacques et lui doivent en rigoler un coup là haut!

Affaire Sky-Freeman: le point avec Marc Kluszczynski

Comme d’hab, c’est souvent des années plus tard que les secrets d’une équipe qui « marchait fort » sont révélées au grand jour; ce fut le cas de l’US Postal, c’est maintenant le tour de l’équipe Sky, aujourd’hui Ineos.

Vous êtes plusieurs à vous interroger sur l’Affaire Freeman, du nom du médecin de l’équipe qui, au début des années 2010, a importé des produits dopants, dont de la testostérone, pour très certainement en faire profiter les coureurs Sky.

Je vous propose aujourd’hui le point sur cette affaire, grâce à notre collaborateur occasionnel Marc Kluszczynski, fin connaisseur du dopage dans le cyclisme. Merci Marc de cette nouvelle contribution!

Freeman, un fusible?

La belle histoire de l’équipe Sky, pour laquelle son directeur sportif nous expliquait avec une belle hypocrisie la raison des gains marginaux, s’est fissurée en 2016 quand les hackers russes Fancy Bears révélaient les AUT (autorisations d’usage à des fins thérapeutiques) dont Bradley Wiggins avait bénéficié. Ce n’était pas les matelas, oreillers, boissons à l’hydroxybutyrate (cétone), ou encore les entraîneurs issus du milieu de la natation, qui avaient fait gagner le TdF 2012 à Bradley Wiggins, mais bien des injections de corticoïdes officiellement octroyées pour traiter un asthme. Le Dr Richard Freeman (médecin de l’équipe Sky et de la fédération anglaise entre 2009 et 2015) avait commandé entre 2010 et 2013 55 ampoules d’acétonide de triamcinolone. Wiggins ne serait pas le seul à les avoir utilisés dans l’équipe ; on a parlé de Richie Porte et de Chris Froome (affaire de la prednisolone, au Tour de Romandie en 2014) et certains coureurs de la Sky devant perdre 5 à 6 kg en trois semaines avant les grands Tours, rien de mieux que les corticoïdes. Avant son interdiction par l’UCI en 2019, d’autres médicaments étaient aussi utilisés comme le tramadol, un analgésique opioïde. Un ex de la Sky, le Canadien Michael Barry, l’avait révélé dans son livre « Shadow on the road » en 2014. Les injections de récupération étaient aussi pratiquées dans l’équipe, après leur interdiction en mai 2011.

Sky se situait donc dans la zone grise du règlement, et elle n’était pas la seule dans le World Tour. Dave Brailsford, directeur sportif, avait même engagé dès 2011 des médecins véreux, comme Geert Leinders, spécialiste du dopage sanguin chez Rabobank et Fabio Bartalucci, spécialiste des intra- veineuses de récupération. Brailsford avait pourtant juré en 2010 de n’engager que des médecins extérieurs au cyclisme. Après l’affaire des Fancy Bears, l’UKADA commencera à enquêter sur Sky et découvrira qu’un mystérieux paquet (jiffy bag) avait été livré d’Angleterre à Bradley Wiggins avant la dernière étape du Critérium du DL 2011. Le paquet fut amené directement par Simon Cope, cadre entraîneur de la fédération britannique de cyclisme et remis directement au médecin de Sky, le Dr Freeman. A partir de ce moment, les contradictions vont se succéder : Cope prétendait avoir amené une paire de pédales (!). Pourquoi les remettre à un médecin ? Brailsford devra s’expliquer devant les députés de la Chambre du Parlement et inventa l’explication du Fluimucil, mais ce médicament était en vente libre en France. Pourquoi alors l’avoir apporté d’Angleterre ? L’UKADA n’arrivera pas à identifier le mystérieux colis. Après 10 semaines d’enquête, Wiggins, triomphant après l’ajournement des auditions, déclarait, provocateur : « Jamais personne ne découvrira la nature de mon colis ».

Mais l’UKADA ne lâchait pas le morceau. Le Tribunal Britannique chargé des questions médicales (UKGMT) s’empara de l’affaire après la découverte par l’agence antidopage en mars 2017, de la livraison de 30 patchs de testostérone (Testogel) commandés par Freeman à la société Fit4Sport en juin 2011. En début d’année, les mensonges du médecin se succédaient : Freeman soutenait ne pas les avoir commandés, et invoquait une erreur de livraison du fabricant et les avoir renvoyés, les traces de la commande ayant disparu suite au vol de son ordinateur. Les nombreux ajournements et reprises des auditions (les audiences de février 2019 avaient été repoussées à novembre) nous faisaient craindre que l’on se dirigeait vers une nouvelle affaire Puerto. Freeman finira par avouer ses mensonges en novembre : il reconnaîtra avoir commandé lui-même les patchs de testostérone, sous la contrainte de Shane Sutton, directeur technique et entraîneur à la fédération qui en faisait usage pour traiter une dysfonction érectile ! Mais Sutton réfutera l’affirmation.

Bien sûr, le Testogel n’était pas destiné à un coureur, pas plus que les ampoules de triamcinolone dont Brailsford avait déclaré les utiliser pour traiter des douleurs au genou. Chez Sky, on doperait donc l’encadrement, mais pas les coureurs ! Cet encadrement doit commencer à trembler, car Freeman craque : il avait déjà avoué le 5 mars devant la Commission d’enquête du Parlement britannique que les « marginal gains » consistaient en fait à contourner la loi antidopage et à utiliser au mieux ses failles : abus d’AUT, injections de récupération indétectables, utilisation de médicaments de la zone grise (dont la L-thyroxine). En serait-il de même pour la testostérone en microdoses ? Le puzzle commence à se mettre en place : Wiggins, grand admirateur de Lance Armstrong, se tenait au courant grâce au texan, des « découvertes » d’Alberto Salazar, entraîneur au NOP (Nike Oregon Project), récemment suspendu 4 ans par l’USADA. Salazar est un spécialiste de la zone grise. L’entraîneur à succès avait déterminé la dose minimale de testostérone sur un de ses fils, Alex, pour rester invisible au contrôle. L’usage de L-carnitine à haute dose en IV que Bradley Wiggins avait testé, venait des expérimentations d’Alberto Salazar sur un de ses entraîneurs adjoints, Steve Magness. Les similitudes entre la Sky 2010-2019 et le NOP de Salazar sont de plus en plus grandes. Tous deux ont vraisemblablement franchi la ligne rouge avec la testostérone.

Freeman apparaît de plus en plus comme un fruit mûr qui ne veut plus tomber seul (le General Medical Council veut le radier de l’Ordre des médecins). Et L’UKADA, sous la pression de la Commission d’enquête du Parlement, ne veut pas apparaître comme une agence antidopage incompétente, qui n’a rien vu depuis 2010, année de la création de la Sky. Freeman pourrait être aussi condamner pour dopage ; il a déjà reconnu qu’il avait menti sur les 18 des 22 points concernant la commande de Testogel.  Seul manque la reconnaissance que les patchs pouvaient être destinés à un cycliste. On peut raisonnablement penser que le « jiffy bag » amené à Wiggins pour la dernière étape du DL 2011 contenait ces patchs de testostérone. Chacun jouera la montre, mais Bradley Wiggins s’en tirera-t-il cette fois ? Les audiences se succéderont jusqu’au 20 décembre, avec des ajournements attendus. L’UKADA peut agir jusqu’en juin 2021 ; après cette date, le délai de prescription sera dépassé.

Vlog #4 d’Adam Roberge

Toujours intéressant, notamment la première partie sur l’entrainement d’Adam, ce jeune coureur québécois de 22 ans, excellent contre-la-montre, et qui progresse d’année en année.

De bonnes nouvelles pour la lutte contre le dopage

C’est un combat permanent, ingrat, de tous les instants: la lutte contre le dopage dans le sport. C’est cher aussi.

Ce putain de dopage qui continue de voler les athlètes propres, au profit de ceux qui trichent.

Mais de bonnes nouvelles pointent à l’horizon.

C’est Thomas Bach, président du CIO, qui en a fait l’annonce récemment, en ouverture de la 5e conférence internationale sur le dopage dans le sport, organisée par l’AMA et qui se déroule à Katowice en Pologne.

Bach a en effet annoncé qu’une méthode de détection du dopage faisant appel aux gènes pourrait être mise en place d’ici les JO 2020 de Tokyo.

En gros, il y a approximativement 21 000 gênes dans le corps humain. Lorsque soumis à un produit dopant ou une transfusion sanguine, certains de ces gênes réagissent en « s’activant ». Si on détecte cette activation possible que par l’apport de produits exogènes ou de transfusions, on peut ainsi prouver qu’il y a eu dopage.

On veut donc détecter les modifications dans la « signature génétique » des athlètes.

L’avantage immense de cette méthode est que ces gênes demeurent activés pendant des mois après une prise de produits dopants ou une transfusion, permettant de ne laisser aucun répit aux tricheurs. On pourra donc savoir plus tard si vous étiez dopé ou non.

Évidemment, on peut supposer qu’une réforme juridique s’imposera si ce système de détection est avalisé, les fameux « délais de prescription » étant à revoir complètement…

L’autre bonne nouvelle est les progrès qui se font sur une nouvelle forme de détection, appelée « dried blood spot testing » ou DBS. Il s’agit simplement de pouvoir détecter le dopage à partir d’un très petit échantillon de sang séché, au lieu d’avoir recours, comme en ce moment, à des échantillons urinaires et sanguins conséquents, qui posent d’ailleurs des enjeux lors du transport et de l’entreposage.

On pense bientôt pouvoir faire l’équivalent par une simple petite prise d’une gouttelette de sang, par exemple comme les diabétiques le font pour tester leur niveau d’insuline.

Le gros avantage d’une telle méthode est évidemment la réduction drastique des coûts associés à la détection du dopage, permettant de multiplier énormément le nombre de tests réalisés, la rapidité de ces tests et simplifiant l’entreposage.

Pour le DBS, on parle d’une méthode de détection en place pour les JO d’hiver de 2022 à Beijing.

On peut rêver, dans quelques années, que chaque coureur participant à une épreuve cycliste, même maitre, doive donner un petit échantillon de sang, question de permettre aux instances de vérifier aléatoirement parmi les participants le niveau de dopage. Ca enverrait un signal fort aux tricheurs, qui n’auraient plus de répit.

Bref, voilà des nouvelles encourageantes et La Flamme Rouge suivra le dossier de près!

Réforme des catégories Maitres: des précision de la FQSC

La FQSC a communiqué avec moi hier pour porter à mon attention des informations additionnelles entourant ce projet de réforme des catégories Maitres en cyclisme sur route pour la saison prochaine. Je vous partage ces éléments d’information aujourd’hui.

D’une part, Cyclisme Canada n’aurait avisé la FQSC que récemment à propos de ces changements. L’annonce faite vendredi dernier par la FQSC à l’ACVQ est donc la première étape d’une plus vaste campagne d’information qui se poursuivra à la mi-novembre par de probables discussions à la commission d’orientation, de même que par des informations partagées à l’ensemble des coureurs probablement via le bulletin électronique mensuel Sprint.

Le report de l’âge pour devenir Maitre de 30 à 35 ans a été introduit cette année en cyclo-cross et en cyclisme sur piste. Pour 2020, c’est donc le vélo sur route et le vélo de montagne qui s’aligne sur ce changement.

Les effectifs des coureurs Maitres en 2019 distribués selon la réforme montrent deux conclusions principales, déjà évoquées dans mon article précédent:

  1. La catégorie des Maitres 4 diminuerait assez significativement puisqu’on ne parle plus des 60 ans et plus, mais bien des 65 ans et plus
  2. Les catégories M1 (35-44) et M2 (45-54) auraient des tailles plus proches l’une de l’autre que cette année, la majorité des coureurs Maitres se concentrant entre 40 et 49 ans. Avec la réforme, cette vaste catégorie de coureurs dans la quarantaine est scindée en deux: les 40-44 ans se retrouvent du côté des M1, et les 45-49 ans du côté des M2. En 2019, ils couraient essentiellement ensemble.

Notons enfin qu’un peu plus de 55 coureurs âgés entre 30 et 34 ans se retrouveront en 2020 chez les Séniors plutôt que chez les Maitres, réduisant d’autant la taille du peloton M1. Chez les femmes, on parle de moins de 10 coureuses.

En terminant, un merci tout particulier à Pierre Dumais pour son commentaire laissé sur l’article précédant, et qui nous rappelait que jusqu’en 1992, les catégories Maitres commençaient effectivement à 35 ans. Le passage aux 30 ans et plus aurait été faite pour satisfaire le vélo de montagne. Plus de 25 ans plus tard, on revient donc en arrière!

Nouvelle réforme des catégories Maitres annoncée

La Fédération québécoise des sports cyclistes (FQSC) a informé l’Association des cyclistes vétérans du Québec (ACVQ) vendredi dernier d’une importante réforme des catégories Maîtres qui sera en vigueur dès la saison prochaine.

Apparemment, la nouvelle a pris un peu tout le monde par surprise et curieusement, aucun communiqué précisant la réforme n’était à ma connaissance disponible sur le site de la FQSC ces deux derniers jours. Bizarre comme façon de faire.

L’élément clé de la réforme: les catégories Maitres commenceront dorénavant à 35 ans, et non plus 30 ans.

Les coureurs entre 30 et 34 ans seront donc désormais tenus de courir chez les Séniors, ou il existe deux catégories, les Séniors 1-2 (élite) et les Séniors 3.

Chez les hommes Maitres, les catégories deviennent les 35-44 ans (M1), les 45-54 ans (M2), les 55-64 ans (M3) et les 65 ans et plus (M4). Les critères de force (subjectifs) mis en place avec la réforme précédente demeurent, permettant par exemple à un excellent coureur âgé entre 45 et 54 ans de courir en M1 s’il le souhaite.

Chez les femmes Maitres, deux catégories: 35-44 ans et 45 ans et plus.

Évidemment, certaines épreuves particulières comme les Championnats canadiens continueront de considérer des catégories particulières, strictement basées sur l’âge dans ce cas. De ce côté-là, pas de changement.

Les impacts

Le premier impact de cette réforme est évidemment du côté de l’ACVQ qui perd de nombreux coureurs puisque les 30-34 ans seront désormais considérés comme Séniors en 2020. Le budget en souffrira, c’est clair.

Les plus gros pelotons à la FQSC étant ceux des M1 et M2, on peut penser que la redistribution des coureurs de 30-34 ans vers les catégories Séniors équilibrera un peu la taille des divers pelotons, et donc la compétition. De tous les pelotons, c’est peut-être le peloton des Séniors 3 qui profitera le plus de cette réforme.

Autre impact, celui sur la taille des pelotons M3 et M4 (50 ans et plus), qui prennent souvent le départ des courses ensemble: il s’agira dorénavant des 55 ans et plus. Ils seront moins nombreux, c’est clair.

Enfin, il est évident que cette réforme aura des effets sur certaines équipes Maitres et Séniors, surtout celles disposant de plusieurs coureurs de 30-34 ans, ces équipes  devant revoir leurs effectifs et leurs objectifs.

Une bonne réforme?

Le principe de base de la réforme, soit de faire débuter les catégories Maitres à 35 ans au lieu de 30 ans, me parait une très bonne chose.

Il est clair pour moi qu’une majorité de coureurs d’expérience de 30 à 34 ans disposent encore de la force et du temps pour courir chez les Seniors. Voyez chez les pros: nombreux sont les coureurs du début de la trentaine à être les grands leaders d’équipe et à gagner les plus grandes courses pro du calendrier.

Le début de la trentaine est une période aujourd’hui charnière de la vie, souvent associée à la stabilisation de la vie professionnelle et à la fondation d’une famille. Si la situation des coureurs de 30 à 34 ans peut être hétérogène (et ils auront le choix de courir Séniors 1-2 ou Séniors 3), elle l’est probablement moins à partir de 35 ans, ou nombre de coureurs ont désormais des enfants. Le temps d’entrainement diminue, à mesure qu’augmentent les obligations familiales.

La réforme présente également l’avantage de la cohérence avec ce qu’on voit souvent ailleurs dans d’autres sports, voire même avec la série UCI World GranFondo (Championnats du monde des Maitres) ou les catégories Maitres commencent à 35 ans.

La suite

Les membres de l’ACVQ pourront débattre de la réforme lors de la prochaine Assemblée générale, à venir prochainement. Idée comme ca: l’ACVQ pourrait en profiter pour réformer son nom également! Pourquoi le mot « vétérans »? On pourrait mettre à jour le nom pour Association des cyclistes Maitres du Québec (ACMQ) ou Association québécoise des cyclistes Maitres (AQCM).

Cette réforme ne devrait pas par ailleurs créer de difficultés majeures à la reprise, sinon de voir des pelotons Seniors un peu plus gros, et des pelotons M3 et M4 un peu plus petit. Le reste n’est que redistribution, et je pense personnellement qu’on gagnera en homogénéité avec ces changements. Ce qui n’empêchera pas par ailleurs les plus costauds des M2, âgés entre 45 et 54 ans, de continuer de courir chez les M1.

2020 était l’année de mon passage chez les M3, je prenais un coup de vieux. Grâce à cette réforme, je reste M2 en 2020 et le coup de vieux est repoussé de 5 ans!

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