L’Éroica 2014: un pro, un amateur, 135 kms au coeur de la Toscane

Magnifique!

 

L’Eroica 2014 – One Pro One amateur gone for 135km in the heart of Tuscany from le coq sportif on Vimeo.

Marinoni – le film autour du record

On présentera, dans le cadre des Rencontres internationales du Documentaire de Montréal en novembre prochain, un film sur M. Marinoni, réalisé par Tony Girardin. Le film s’intitule Marinoni: The Fire in the Frame.

Deux représentations sont actuellement à l’horaire, soit le 21 novembre à 20h15 à l’Excentris, et le 22 novembre 15h à l’Université Concordia.

Le film de 87 minutes raconte les 60 jours passés avec M. Marinoni avant son record de l’heure établi en 2012 dans la catégorie des 75 ans et plus. Un authentique exploit.

Voilà l’occasion d’en découvrir un peu plus sur ce grand champion cycliste qui est aussi devenu une légende au Québec, notamment grâce à son industrie de cycles. Un homme que je connais peu, mais qui impressionne rapidement par sa simplicité et son sens de la réalité concrète.

Un hommage bien mérité.

La bande annonce est ici.

Tour de France 2015: l’analyse

Le parcours du Tour de France 2015 a été présenté plus tôt aujourd’hui par Christian Prudhomme, directeur du Tour, depuis le Palais des Congrès de Paris.

map_routeUn Tour de France qui me surprend d’abord à un égard: la longueur des étapes.

En effet, le Tour 2015 comporte seulement… une étape de plus de 200 bornes! (deux étapes comportent respectivement 200 et 201 kms).

En comparaison, le Tour 2014 en comptait quatre, et le Tour 1987, il y a environ 25 ans, pas moins de dix!

Plus encore, deux étapes du Tour 2015 comportent à peine plus de 100 kms, soit les deux dernières: la première, de montagne, se terminera en altitude à l’Alpe d’Huez et constitue, en quelque sorte, un parfait remake de l‘étape du Tour 2011 gagnée par Pierre Rolland et où Alberto Contador et Andy Schleck avaient assuré le spectacle, se lançant à l’offensive tôt dans la course. La deuxième est celle de l’arrivée à Paris.

Rappelons que sur certains Tours, notamment dans les années 1980, on proposait souvent aux coureurs deux étapes dans la même journée, souvent une étape en ligne le matin suivi du chrono par équipe l’après-midi. L‘étape en ligne du matin tournait souvent autour de 100 bornes (mais pas en montagne bien sûr).

Avec des étapes aussi courtes, la distance totale du Tour 2015 est de 3 344 kms. Le Tour 1987 en comptait…4 231, il est vrai sur un plus grand nombre d‘étapes (25 au lieu de 21).

Cette révision à la baisse du nombre de kilomètres des étapes est assurément une volonté d’ouvrir la course en incitant à l’attaque, et bien sûr de lutter indirectement contre le dopage.

Un Tour explosif!

Sinon, un seul mot me vient en tête pour qualifier ce Tour de France 2015: explosif!

Explosif par la distance réduite des étapes d’abord, comme je viens de l’expliquer.

Explosif ensuite par la variété des genres proposés: un court chrono individuel (14 bornes, presque un prologue!) le premier jour, deux arrivées en haut de murs en première semaine (Huy et le mur de Bretagne), des pavés, un chrono par équipe sur 28 bornes, et enfin de la montagne, mais toujours sur des étapes assez courtes, le plus souvent sans grande succession d’ascensions toute la journée.

Voilà un Tour qui pourrait être difficile à contrôler pour un maillot jaune, ou qui pourrait se traduire par de nombreux maillots jaunes différents.

Chose certaine, les favoris devront se dévoiler tôt dans la course, notamment lors de la 3e étape et son arrivée au sommet du mur de Huy, juge de paix de la Flèche Wallonne en avril. Ils devront aussi répondre présents au mur de Bretagne le samedi suivant, et au chrono par équipe du dimanche avant le premier jour de repos.

Sinon, j’aime bien cette année la traversée proposée des deux grandes chaines montagneuses, les Pyrenées et les Alpes, qu’on n’a pas escamoté.

Trois étapes sont réservées aux Pyrenées, la première se terminant en haut du col du Soudet, à la Pierre-Saint-Martin. Cette étape donnera assurément lieu à une course de côte parmi les favoris.

On enchainera ensuite avec l‘étape Pau-Cauterets, presque un classique, avec enchainement Aspin-Tourmalet avant une courte ascension finale vers Cauterets. 188 bornes qui feront des écarts après 10 jours de course.

La troisième étape des Pyrénées se termine en haut du Plateau de Beille, une ascension souvent empruntée ces 15 dernières années, après les cols du Portet d’Aspet, de la Core, et de Lers. 195 bornes tout de même!

Quatre belles étapes sont également réservées aux Alpes, la première proposant dans son final le col d’Allos avant la montée sur Pra-Loup, théâtre de la chute de Merckx sur le Tour 1975 alors que Thévenet l’avait torpillé à cet endroit précis.

L‘étape Gap-Saint-Jean de Maurienne propose quant à elle l’ascension du Glandon, côté Allemond, dans son final, puis les lacets de Montvernier (affectueusement appelés “le stationnement à étage” par mes potes québécois), courts mais pentus, juste avant l’arrivée. Intéressant spectacle en perspective!

Les deux dernières étapes avant celle de Paris seront assurément les plus intéressantes considérant qu’on est en fin de Tour et que les organismes sont donc fatigués. L‘étape du vendredi vers La Toussuire est très intéressante, avec en début d‘étape l’ascension du col de Chaussy. On attaque ensuite la Croix de Fer (à quant son retour dans la Marmotte?), puis le Mollard avant d’entreprendre la montée finale vers la station de La Toussuire. J’aime!

Enfin, la très courte étape de l’Alpe d’Huez pourrait de nouveau être le théâtre d’une course à rebondissement, comme en 2011. Le Galibier, redoutable s’il en est sur son versant Valloire, est toujours impitoyable pour les coureurs avec moins de force, particulièrement dans ses huit derniers kilomètres. Seul hic, vaut mieux affronter la longue descente vers Bourg d’Oisans dans un petit groupe, le vent soufflant souvent de face à cet endroit, et limitant les chances d’un coureur isolé seul en tête de rallier le pied de l’Alpe d’Huez solo (ou alors au prix d’un effort taxant pour la suite).

Bref, ce Tour est résolument “moderne” par la longueur moyenne de ses étapes, et novateur en ce sens qu’il propose encore un parcours remodelé, dépourvu d’une structure “imposée” telle qu’on pouvait le voir auparavant (prologue, chrono par équipe en début de Tour, long chrono individuel à la fin de la première semaine, etc.).

Mon seul regret, c’est l’absence d’une autre grande discipline du cyclisme, le chrono en côte. Avec un Tour comportant si peu de kilomètres contre-la-montre, il me semble que l’occasion eut été belle d’y placer un chrono en côte, pourquoi pas en fin de 2e semaine, en arrivant dans les Alpes?

VeloWire

Comme d’hab, l’excellent site velowire.com de l’ami Thomas Vergouwen avait mis en plein dans le mile, révélant le parcours presque parfaitement quelques jours avant, sur la base d’articles de journaux locaux, d’information sur les réservations d’hôtels, etc. Un travail de moine, exigeant de rigueur, qu’il convient de saluer ici. Bravo!

L‘étape du Tour

Ce sera le dimanche 19 juillet prochain, entre Saint-Jean-de-Maurienne et La Toussuire. Une belle étape, et qui ressemble beaucoup à une cyclo existante que j’ai déjà faite, l’Arvan-Villard. La vallée de la Maurienne est un excellent choix pour y passer des vacances, étant très bien située entre d’un côté des cols comme la Croix de Fer, le Galibier ou le Glandon, de l’autre la Madeleine.

Le peloton 2015

En cette fin de saison, il est intéressant de regarder les principaux transferts pour mieux comprendre la composition du peloton 2015.

Côté équipes, quelques changements à souligner:

1 – Astana: sa licence WorldTour sera-t-elle renouvelée par l’UCI suite aux trois affaires récentes de dopage? La question est importante, notamment pour Vicenzo Nibali et Fabio Aru.

2 – Cannondale-Slipstream. L‘équipe italienne Cannondale fusionne avec Garmin-Sharp. Pour les coureurs, cela signifie une seule équipe alors qu’avant il y en avait deux, donc des mises à pied. Dans ce contexte, le Québécois Guillaume Boivin n’a pas vu son contrat renouvelé, et espère se relancer l’an prochain aux États-Unis au sein de l‘équipe Optum. Cela signifie également qu’une licence WorldTour, dont le nombre est limité à 18, est disponible, possiblement attribuable à MTN-Qubeka.

3 – Plusieurs équipes changeront partiellement ou totalement de nom en 2015. Ainsi, l‘équipe NetApp-Endura devient Bora-Argon18, l‘équipe Giant-Shimano devient Giant-Alpecin (une marque allemande de shampoing), l‘équipe Lotto-Belisol devient Lotto-Soudal, l‘équipe Omega Pharma-Quick Step devient Etixx-Quick Step et l‘équipe Belkin devient De Lotto-BrandLoyalty.

Côté coureurs, voici les principaux transferts.

Peter Sagan (et son frère Juraj), de Cannondale à Tinkoff-Saxo.

Ivan Basso, de Cannondale à Tinkoff-Saxo.

Robert Kiserlovski, de Trek à Tinkoff-Saxo.

Alessandro De Marchi, de Cannondale à BMC.

Bauke Mollema, de Belkin à Trek.

Lars Boom, de Belkin à Astana.

Rein Taaramae, de Cofidis à Astana.

Luis Leon Sanchez, de CajaRural à Astana.

Dario Cataldo, de Sky à Astana.

David Malacarne, de OmegaPharma – Quick Step à Astana.

Jan Bakelants, de Omega Pharma-Quick Step à AG2R – La Mondiale.

Johan Van Summeren, de Garmin-Sharp à AG2R – La Mondiale.

Lars-Peter Nordhaug, de Belkin à Sky.

Nicolas Roche, de Tinkoff-Saxo à Sky.

Wout Poels, de OmegaPharma – Quick Step à Sky.

Leopold Konig, de NetApp à Sky.

Elia Viviani, de Cannondale à Sky.

Maxime Bouet, de AG2R – La Mondiale à Omega Pharma – Quick Step.

Tyler Farrar, de Garmin-Sharp à MTN Qubeka.

Edvald Boasson Hagen, de Sky à MTN Qubeka.

Theo Bos, de Belkin à MTN Qubeka.

Kevin Reza, d’Europcar à FDJ.com.

Jérome Coppel, de Cofidis à IAM Cycling.

Dominik Nerz, de BMC à Bora-Argon18.

Bjorn Thurau, d’Europcar à Bora-Argon18.

Matt Goss, d’Orica Green Edge à Bora-Argon18.

Nacer Bouhanni, de FDJ.com à Cofidis.

Dominique Rollin, de retraite à Cofidis.

Steve Chainel, de FDJ.com à Cofidis.

Tiago Machado, de NetApp à Katusha.

Thomas de Gendt, d’Omega Pharma – Quick Step à Lotto-Soudal.

George Bennett, de Cannondale à DeLottoBrandLoyaly.

Sans l’ombre d’un doute, les équipes Tinkoff-Saxo, Sky, Astana, MTN Qubeka, Bora-Argon18 et Cofidis ont été les plus actives au cours des derniers mois. Tinkoff-Saxo renforce sa présence sur les courses d’un jour en réalisant le transfert de l’année, celui de Peter Sagan. Astana et Sky renforcent également leur effectif pour les Classiques, en recrutant des hommes s’y étant distingués. Enfin, Cofidis montre ses intentions de revenir au premier plan par un recrutement de choix, celui de Nacer Bouhanni, qui devrait logiquement permettre à l‘équipe de lever souvent les bras en 2015.

Les incertains

Janez Brajkovic (Astana). Frédéric Kessiakoff (Astana). Enrico Gasparotto (Astana). Francesco Gavazzi (Astana). Jack Bobridge (Belkin). Oscar Gatto (Cannondale). Christophe Kern (Europcar). Nick Nuyens (Garmin-Sharp). Thomas Dekker (Garmin-Sharp). Ruben Plaza (Movistar). Francisco Ventoso (Movistar). Gert Steegmans (Omega Pharma-Quick Step). Christophe LeMevel (Cofidis).

Les retraités

Andy Schleck. Thor Hushovd. Cadel Evans. David Millar. Nicki Sorensen. Jens Voigt. Karsten Kroon. Danilo Hondo. Sébastien Hinault. Thomas Lovkvist. Jeff Louder. Benjamin Day.

Les Canadiens

Antoine Duchesne (Europcar) et Hugo Houle (AG2R – La Mondiale) conservent leur poste au sein de leur formation française. Dominique Rollin fait son grand retour chez les pros, en passant chez Cofidis où son rôle sera clairement d’amener les sprints de Bouhanni. Guillaume Boivin retourne courir aux États-Unis.

Ryder Hesjedal reste chez Cannondale-Slipstream, et Svein Tuft ainsi que Christian Meier chez les Australiens d’Orica Green Edge.

Le nouveau code mondial antidopage

La saison cycliste 2015 sera intéressante en ce sens qu’elle se déroulera sous le code mondial antidopage, version 2015, qui entrera en vigueur au 1er janvier prochain. Rappel – commenté – des modifications importantes telles qu’actuellement sur la version provisoire 2.0 de ce nouveau code.

1 – La sanction pour une première offense aux règles antidopage passe de 2 à 4 ans. De quoi faire réfléchir un peu plus les tricheurs car quatre ans, c’est long dans une carrière… Et surtout, cette mesure va dans le sens d‘études scientifiques récentes démontrant que les effets de prises de stéroides, par exemple, dureraient beaucoup plus longtemps qu’anticipé, donc procurant aux athlètes des avantages bien plus longtemps que sur une période de deux ans.

Une telle mesure a également le potentiel de priver un athlète piqué positif à des Jeux Olympiques de participer aux suivants. L’introduction de la “règle d’Osaka” est donc implicite au nouveau code antidopage.

2 – Le délai de prescription passe de 8 à 14 ans dans le cas de traffic ou d’administration de produits dopants, et de 8 à 10 ans dans le cas d’usage. En clair, les échantillons prélevés pourront être conservés pendant 10 ans pour être possiblement re-testés. On pourra ainsi tester les échantillons du vainqueur du Tour 2015 en… 2025!

Il manque toujours à cette règle des indications claires quant aux conséquences sportives et surtout économiques (si l’athlète est retraité) d’un contrôle positif plus tard dans le temps.

3 – Les athlètes retraités voulant effectuer un retour à la compétition devront donner un pré-avis de 6 mois, ceci afin de permettre aux instances de tester ces athlètes avant leur reprise des compétitions. Tout à fait normal et une excellente disposition. Rappelons que Lance Armstrong avait promis, lors de son 2e retour, d’ouvrir ses livres, ce qu’il n’a évidemment jamais fait par la suite.

4 – En cas de dopage de plusieurs athlètes d’une même équipe, une enquête sur le personnel d’encadrement sera désormais obligatoire. À la lumière de l’Affaire Astana des derniers jours, voilà qui sera utile!

5 – Un accent plus marqué est donné aux activités de prévention. Ce n’est jamais inutile.

Astana: je suis très déçu.

L’histoire tourne à la blague.

Je vous avoue que je ris jaune.

On apprend qu’un troisième cas de dopage a été constaté au sein de l‘équipe kazakh Astana, après les deux premiers touchant les frères Iglinskiy.

En effet, le jeune Ilya Davidenok, 22 ans, membre de l‘équipe “réserve” (l’anti-chambre des pros) d’Astana, s’est en effet fait prendre aux… stéroïdes anabolisants. Les deux premiers cas étaient à l’EPO.

Avouez que ça commence à faire beaucoup et le cocktail de produits est presque complet!

Voilà qui nous prouve hors de tout doute que malgré ce qu’on veut bien nous faire croire (le renouveau du cyclisme, l’arrivée d’une “nouvelle génération”, les sceptiques des calculs indirects de puissance), le dopage est encore bien présent dans le peloton professionnel. Plus que jamais, la vigilance est de mise.

L’UCI commence (enfin!) à réagir et une rencontre entre Alexandr Vinokourov, manager général de l‘équipe mais aussi multi-récidiviste en matière de dopage faut-il le rappeler, et Brian Cookson, président de l’UCI, est prévue très prochainement. Clairement, l’UCI laisse entendre que le renouvellement de la licence World Tour de l‘équipe du vainqueur du Tour de France 2014, l’Italien Vicenzo Nibali, est en jeu. C’est peu de le dire!

Voilà qui me déçoit et me fâche au plus haut point. Putain, on en est encore là dans le cyclisme pro?

Premièrement, comment peut-on encore tolérer Alexandr Vinokourov dans le milieu? Il refuse systématiquement de répondre aux questions qui fâchent, notamment au sujet de ses contrôles positifs ou de ses liens avec l’Affaire Puerto… Comment un tel individu peut-il être un manager crédible d’une équipe cycliste professionnelle?

Deuxièmement, comment faire désormais confiance à l‘équipe Astana, voire à Vicenzo Nibali qui côtoie 300 jours par année cet encadrement? Même si les trois coureurs (trois, ça fait quand même beaucoup) contrôlés positifs ont agi seuls, ça signifie que les coureurs Astana n’ont strictement aucun scrupule et qu’ils ne sont aucunement encadrés par l‘équipe. Mais où diable sont les médecins d‘équipe chargés de contrôler les coureurs à l’interne? Occupés à les piquer?

J’en ai vraiment plein le cul de telles nouvelles dans le cyclisme pro, qui plus est touchant – encore, mais cette fois-ci indirectement – le vainqueur du Tour de France.

De la proposition Vélolibrius

Nouveau cette année dans le paysage Internet, le site Vélolibrius s’est montré, au cours des derniers mois, particulièrement critique envers la Fédération Québécoise des Sports Cyclistes (FQSC) ainsi que l’Association des Cyclistes Vétérans du Québec (ACVQ), notamment au sujet de la refonte, cette année, des catégories de coureurs.

D’entrée, je ne vous le cacherai pas: le ton Vélolibrius, parfois, m’irrite. Une situation très certainement liée au choix des mots. Si on veut provoquer voire susciter des réactions tranchées, c’est réussi! J’ai notamment regretté, en silence, la démission de Stéphane LeBeau de la présidence de l’ACVQ en mai dernier à la suite de malheureux événements survenus lors du GP de St-Raymond. Certains textes de Vélolibrius ont pu contribuer à envenimer la situation et Stéphane a également fait l’objet d’attaques personnelles déplacées sur certains médias sociaux. Dans ce contexte, comme j’ai compris son geste!

D’autres diront que le site a le mérite d’amorcer des réflexions. Probablement.

Dans ce contexte, Vélolibrius a récemment publié une lettre ouverte invitant les coureurs Maitres du Québec à réfléchir sur les liens qu’entretiennent l’ACVQ et la FQSC. Rappelons ici que la prochaine Assemblée générale de l’ACVQ aura lieu le 16 novembre prochain.

Je vous avouerai franchement ne pas me sentir assez informé pour poser un jugement complet sur l’ensemble des enjeux soulevés par cette lettre ouverte.

Mais je me pose quelques questions de gros bons sens.

La première, c’est à propos de la nature même du problème: c’est quoi, en fait, le problème intolérable?

Ma compréhension, c’est que les membres ACVQ serait en “surplus de contribution” par rapport à la FQSC. En clair, cela veut dire que les coureurs Maitres paieraient trop cher leur adhésion, centralisée par la FQSC.

À mon sens, si tel est le cas, le “surplus de cotisation” n’est pas très important (Vélolibrius l’a lui-même estimé à 15$ annuellement), pas assez en tout cas pour s’en formaliser de trop, surtout dans le contexte où nombre d’entre nous coureurs Maitres - j’en suis – roulent sur des vélos à 4000$ et plus et vont annuellement en camp d’entrainement printanier à l’extérieur du pays.

C’est d’autant surprenant que plus loin dans la lettre, Vélolibrius suggère comme solution d’augmenter la contribution annuelle à l’ACVQ – dans l’hypothèse qu’elle serait redevenue indépendante de la FQSC – pour combler la perte éventuelle de membres suite à l’abandon de la perception des adhésions obligatoires par la FQSC!

La deuxième question que je me pose, c’est justement à propos de l’indépendance de l’ACVQ. En clair, la proposition Vélolibrius porte essentiellement sur ce point, rendre l’ACVQ indépendante de la FQSC, car la situation actuelle serait problématique. Ainsi, on pourrait investir dans la “compétition Maitre”, voire dans la relève des Maitres, ou encore dans un fonds d’aide pour les “organisateurs de courses spécifiquement pour les Maitres“.

Là, j’avoue être hésitant. Juste l’expression “organisateurs de courses spécifiquement pour les Maitres“ me fait peur!

En gros, on va pouvoir, par cette indépendance, créer nos courses Maitres, nos organisations? En clair, durant les week-ends de juin prochain, les coureurs Maitres iront courir à Saint-Machin, et les autres catégories ailleurs dans la province?

Personnellement, je suis sceptique quant à l’idée de diviser les forces, surtout compte tenu de la nouvelle politique de la Sureté du Québec qui facturera dorénavant ses prestations lors d‘événements, ce qui ne rendra pas leur mise sur pied plus facile, ni plus simple.

Pour moi, le cyclisme au Québec est un petit milieu et dans ce contexte, il convient de se serrer tous ensemble les coudes. Si un organisateur se décarcasse pour organiser un événement, est-il logique de n’y voir que quelques catégories y participer et pas les autres, sous prétexte que les autres relèvent d’une autre “fédé” ou “association”?

On appelle ça des économies d‘échelle. Au fond, ce qui est compliqué, c’est de faire partir le premier peloton. Après, tout est en place: en faire partir 7-8 autres, c’est plus facile. Le chronométrage est en place, la sécurité est en place, tout est là. Et la communauté cycliste a plaisir à se retrouver, à se saluer lors des événements!

Pris autrement, quelles garanties avons-nous que la sécurité et les autres prestations seraient mieux assurées sur des événements exclusivement ACVQ, plutôt que sous l‘égide de la FQSC, alors que les moyens seraient divisés?

Par ailleurs, Vélolibrius justifie cette indépendance notamment pour “préparer la relève Maitre”.

J’avoue ne pas très bien comprendre. Je vois mal comment on pourra “préparer la relève” pour les Maitres de 50 à 59 ans. La simple juxtaposition des mots “Maitres” et “relève” apparait incongrue!

La vaste majorité de ces coureurs de 50 à 59 ans ne sont-ils pas d’ex Maitres 40-49 ans, eux mêmes pour un bon nombre d’ex Maitres 30-39 ans, plusieurs d’entre eux d’ex coureurs séniors?

Pour moi, le cyclisme est une pyramide et un des moyens les plus efficaces pour préparer la “relève Maitre”, c’est probablement de s’assurer que la masse critique de coureurs cadets, juniors, séniors 1-2 et 3-4, est là. Ces coureurs séniors ne passeront pas tous pro! Plusieurs continueront d’assouvir leur passion en devenant des coureurs Maitres, et les exemples sont nombreux dans le passé (j’en suis). Que ma cotisation annuelle FQSC-ACVQ soit un peu plus importante (on parle de 15$, c’est ca?) pour moi coureur Maitre afin de donner plus de moyens à la FQSC dans la réalisation de son mandat, j’y vois une forme de contribution à la vitalité et au développement de tout le cyclisme au Québec. Et une certaine garantie de voir encore du monde dans mon peloton Maitre au cours des prochaines années!

Les tarifs de nos courses régionales en Outaouais, notamment du côté d’Ottawa, servent justement aussi à soutenir, via des bourses, les jeunes talents émergents, outre de développer la condition des coureurs de la région, coureurs Maitres compris. Mes frais de courses sont légèrement majorés pour cela: la belle affaire! Je les paie avec enthousiasme, fier des prestations nationales de coureurs comme Jean-Sébastien Perron, Matteo Dal-Cin ou encore Mike Woods qui ont bénéficié de ces bourses découlant directement de la communauté des coureurs cyclistes d’Ottawa-Gatineau.

Le développement du cyclosport est également un probable bon vecteur de développement du peloton Maitre, certains voulant poursuivre leurs nouvelles expériences sur les cyclosportives dans des courses formelles (j’en ai chaque année la preuve, mon équipe cycliste recevant de telles demandes de la part de cyclosportifs). La FQSC a fait des efforts louables dans ce sens au cours des dernières années.

Bref, pour conclure, la lettre ouverte de Vélolibrius présente clairement une option: le droit à la libre concurrence auprès de la FQSC. Je ne suis pas convaincu que dans le contexte actuel, le développement du cyclisme sur route au Québec sortirait gagnant en poursuivant une telle voie suggérant la division. Et non, je ne suis pas fédéraliste!

Je termine en regrettant amèrement la présence, dans la lettre ouverte de Vélolibrius, d’une citation d’Alexis Carrel portant sur la “qualité des hommes”. Démographe ayant travaillé à l’INED à Paris dans le passé, je suis bien placé pour savoir que le leg de M. Carrel est particulièrement controversé, ayant notamment adhéré au parti fasciste Parti Populaire Français durant les années de la Deuxième guerre mondiale, et étant connu pour ses positions en faveur de l’eugénisme qui, à l‘époque comme aujourd’hui, demeure difficile à cautionner.

J’ai plutôt tendance à me dissocier avec vigueur d’un tel individu et de ses thèses pour le peu condamnables. La citation est malheureuse selon moi.

Si la vigueur d’une association ne peut être réduite au simple nombre de ses membres on est d’accord, une association bien née ne saurait non plus “choisir” ses membres sur la base de leur “qualité”.

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