Le cyclisme anglais dans la tourmente

Décidément, ça ne va pas très bien pour le cyclisme anglais depuis quelques jours.

C’est pourtant un des “success story” des dernières années: “nowhere to be seen“ pendant des années jusqu‘à Robert Millar, le cyclisme anglais a explosé dans les années 2000 pour désormais être certainement l’un de ceux qui engrangent le plus de succès annuellement.

Ca se voit même chez les cyclosportifs: alors qu‘à ma première Marmotte, en 1994, je n’ai entendu parler que néerlandais autour de moi, c’est l’anglais que j’entendais partout en 2014, vingt ans plus tard. Et les anglais ont complètement changé la donne sur ces grandes cyclosportives, instituant le système des “tour operator” leur garantissant hébergement et… inscription à la Marmotte. Chiant pour des individuels comme moi qui aiment réserver indépendamment leur hôtel et qui cherchent à s’inscrire sur ces grandes cyclosportives car tout est booké très rapidement d’une année à l’autre. Anyway.

Pour le cyclisme anglais depuis quelques jours, c’est un peu la data. Voyez un peu.

Il y a d’abord Chris Froome qui a pris un éclat hier sur la 2e étape du Tour de Romandie, il est vrai après une crevaison. Mais avec plus de 17 minutes dans la vue, on ne l’a pas senti particulièrement combatif, lui qui gagnait l‘épreuve en 2014 et terminait 3e l’an dernier.

Il y a ensuite la suspension, puis la démission, de Shane Sutton, directeur technique de British Cycling, sur des allégations de sexisme et de discrimination envers notamment certaines cyclistes féminines évoluant en équipe nationale. Voilà que Emma Pooley a également pris récemment la parole en affirmant que cette prise de conscience devrait aussi être faite par… Dave Brailsford, qui a occupé des postes de direction à British Cycling également.

Cela ressemble à ce qu’a récemment vécu le comité olympique canadien avec Marcel Aubut. Preuve que dans les milieux sportifs d‘élite, le machisme est encore une réalité? Je n’en serais pas surpris, surtout au sein de fédérations émanant de pays où le sport concerné est de tradition.

Enfin, voilà que l’espoir Simon Yates, 23 ans, chez Orica GreenEdge, a été piqué positif sur le dernier Paris-Nice au terbutaline, un produit contre l’asthme. Il avait d’ailleurs terminé à une belle 7e place du général de ce Paris-Nice.

Son équipe Orica Green Edge a toutefois pris l’entière responsabilité de ce contrôle positif, affirmant qu’elle a échoué dans la production d’une autorisation d’usage thérapeutique qui aurait évidemment évité le contrôle positif.

Mouais. N’empêche que cela relancera le débat à savoir pourquoi tant de cyclistes professionnels ont besoin d‘évoluer sous l’effet de broncho-dillatateurs pour performer?

J’ai souffert d’asthme juvénile grave dans ma jeune enfance, exigeant plusieurs transferts en urgence, en ambulance, vers l’hôpital. Depuis environ 5 ans, je souffre d’allergies assez musclées à cette période de l’année en raison de l‘éclosion des feuilles. Je n’ai pourtant jamais consenti à prendre un quelconque broncho-dillatateur et c’est 100% clean que j’ai participé, dimanche dernier, au GP de Ste-Martine même si ma respiration n‘était pas au top.

S’il est évident que les enjeux d’un coureur pro sont autrement plus importants que les miens qui court pour le plaisir, il n’en demeure pas moins qu’un sacré ménage est probablement nécessaire dans toutes ces AUT en circulation. Quoi de mieux en effet comme parade en cas de pépin au contrôle?

Pour revenir au cyclisme britannique, manquerait plus qu’on découvre que des moteurs seraient à l’origine des performances hallucinantes des pistards anglais depuis 10 ans et ce serait la totale! Quelque part, quelqu’un sait.

Cranks and Coffee – Saison 2

Il y a du talent dans ceux qui réalisent ces petits vidéos très sympathiques, soit des coureurs de ma région de Gatineau que je ne connais pas et qui se regroupent sous la bannière “Cranks and Coffee”.

La moitié des nombreux lecteurs de ce site étant en Europe (France, Belgique, Suisse), ils pourront de nouveau apprécier le mélodieux accent québécois… ainsi que notre climat pour le moins peu commode pour les amateurs de vélo que nous sommes.

Je suis le cycliste masqué: l’avis de Marc Kluszczynski et entrevue avec Antoine Vayer

Fin connaisseur du dopage dans le sport, pharmacien, Marc Kluszczynski nous livre aujourd’hui son avis sur le récent livre “Je suis le cycliste masquéqui a suscité beaucoup d’intérêt sur ce site.

Je porte également à votre intérêt cette très récente entrevue avec Antoine Vayer au sujet de ce livre, entrevue réalisée par Alain Gravel dans son émission du matin à Radio-Canada. 13 minutes très intéressantes!

Marc a des doutes sur la réelle existence du cycliste masqué, Antoine nous assure via cette entrevue que ce cycliste masqué pédale bel et bien au sein du peloton au moment où j‘écris ces lignes.

Quoi qu’il en soit, La Flamme Rouge tient à diffuser diverses opinions compte tenu du mystère entourant l’auteur de ce livre, ceci afin de vous permettre de vous forger une opinion plus éclairée. La mienne évolue encore, entre Daniele Bennati et un cycliste virtuel…

Voici l’avis de Marc:

Les chroniques des insiders sont rares mais toujours intéressantes. On connaissait déjà celle du site Cycling Tips « The secret Pro » où tous les mois un pro actuel livre ses états d’âme sur la santé du peloton. Le dopage y est évoqué, mais très prudemment, par le cycliste anglophone (ce pourrait être Dan Martin ou un jeune américain). Ce n’est pas le cas avec le Cycliste masqué écrit en collaboration avec Antoine Vayer. Mais on s’aperçoit vite que le cycliste masqué en connaît trop sur la question. Il fournit des détails trop précis comme l’anecdote figurant dans l’autobiographie de Bradley Wiggins (In pursuit of glory, Orion Books.co.uk, 2008, p 19) révélant que son père transportait ses amphétamines dissimulées dans les couches du jeune Bradley (« Garry smuggled more drugs back into Belgium hiding them in my nappy »). L’anecdote avait été fournie à Vayer par l’auteur de ces lignes en 2012. Il semble donc étonnant qu’un pro en exercice puisse citer des passages d’autobiographie de vainqueur du Tour. Le cycliste masqué connaît même la date à laquelle Bernard Hinault prit la tête d’un mouvement de grève pour protester contre les contrôles antidopage dans les critériums.

On se demande donc très vite si Vayer ne se serait pas glissé lui-même dans la peau d’un cycliste virtuel. D’autres détails trahissent les couplets habituels de Vayer, comme à la page 50, parlant d’Eddy Merckx comme « le vrai roi des Belges, ayant présenté le Dr Michele Ferrari à Lance Armstrong ». Comment un pro en exercice pourrait-il citer de tels détails ? Si les pro du cyclisme font l’histoire, ils ne s’y intéressent pas, et passent encore moins de temps à consulter un site spécialisé dans les affaires de dopage.

Dès la page 33, Chris Froome est critiqué (« On ne fait pas de chevaux de course avec des ânes »). On rappellera à Vayer (et pas au cycliste masqué) que l’anglais a un VO₂ max très élevé (84 à 88 ml/kg/min) connu dès son passage à Aigle au début de sa carrière. Il est donc faux d’affirmer  à la page 176: « Si Froome avait eu un moteur physique si prodigieux, on l’aurait su dès son plus jeune âge ». L’anglais est naturellement accusé de dopage mécanique, les mots employés étant les mêmes que ceux de Vayer dans sa chronique du Monde pendant le TdF. S’il est possible qu’il ait recueilli quelques confidences de cyclistes, celles-ci apparaissent noyées au milieu des chevaux de bataille du chroniqueur, le dopage mécanique (à la page 80, on pourrait croire que tous les pros l’utilisent : « Quand je vais arrêter, je vais enfin me faire mon vélo sans kit moteur intégré », Froome le mutant, les mafias, les arrangements en course…

Le livre en devient finalement pénible à lire, tant les propos sont excessifs ou éculés : le dopage à l’AICAR généralisé (alors que la substance a très vite été détectable) expliquant la maigreur des cyclistes actuels (et chez l’équipe Sky en particulier). On nous ressert le cliché vieillot du cycliste connaissant mieux le Vidal (dictionnaire des médicaments) que son médecin. Malgré cela, le cycliste masqué (ou Vayer) nous présente une nouvelle catégorie de substances : les ersatz de drogues dures, auxquelles appartiendrait la caféine « équivalent de la méthadone en quelque sorte » à la p 140). Un peu plus loin, corticoïdes et tramadol sont cités comme appartenant aux « produits méthadone ». En passant, on précise que le tramadol n’a jamais été vendu sans prescription médicale. On saute au plafond en lisant que « Stilnox et Myolastan seraient prescrits par la direction de l’équipe pour être zen à l’arrivée ». Le Myolastan a été retiré de la vente en France en 2012. Et l’on doute qu’un responsable d’équipe prendrait le risque d’un tel acte criminel ! L’auteur (on ne sait plus qui) parle de nombreuses chutes dans un état second dues à ces benzodiazépines.

Malgré tout ce copier-coller, il est triomphalement écrit à la page 154 : « Les experts, c’est nous ! ». Dans la critique des performances des français, c’est bien Vayer qui parle. La 2e place de JC Péraud au TdF 2014 lui apparaît crédible. Pinot, Bardet, Barguil doivent lui apporter la preuve qu’ils pédalent sans caféine, cortisone et tramadol. L’analyse précise des performances de Thomas Voeckler est sans l’ombre d’un doute celle de Vayer : Voeckler s’est métamorphosé dès 2010 lors de la 12ème étape du Giro. Il est ensuite 4ème du TdF 2011 en développant 6% de puissance en plus sur les derniers cols par rapport à 2004 et son rendement est 10% meilleur en 2011 qu’en 2004.

Seuls Cadel Evans (« j’ai envie d’y croire »), Dan Martin, Greg Van Avermaet, Marcel Kittel, John Degenkolb (« j’y crois ») bénéficient de l’indulgence de l’expert, au contraire d’Alejandro Valverde, qui vient de gagner sa 4e Flèche Wallonne à 36 ans. Tiens, en passant, on apprend que son équipe Movistar travaillerait avec le Dr Ferrari (p 123). Puis à la page 119, le cycliste masqué (?) énumère la liste des médecins dopeurs ! A la page 259, on lit cette étonnante formule de la part d’un pro : « On a notre tableau de Mendeleiev avec des coureurs chimiques voir atomiques ».

De courts chapitres citent ensuite ce qui s’est déjà écrit ailleurs tels les stages en altitude servant d’alibi aux micro transfusions. On apprend l’existence d’une nouvelle méthode d’entraînement, le home-trainer à jeun en hypoxie. Vayer admet une évolution du cyclisme et le recul du dopage nécessite « un ajustement de l’entraînement de la part de l’encadrement, encore trop souvent constitué d’ex-dopés dont le réservoir était rempli d’EPO à rabord ». Mais ce n’est pas le cas chez Sky  et les équipes françaises ! Les nouvelles méthodes d’entraînement profitent à tout le peloton et plus seulement aux leaders. Si ce sont toujours les mêmes ou leurs pions qui dirigent le cyclisme depuis trente ans, Vayer admet que le dopage dorénavant n’est plus obligatoire.

Pour finir un dernier mot, peut-être celui du cycliste masqué qui commence à parler à la page 213, sur les jeunes journalistes spécialisés aux dents longues, qui débutent et traitent de rat certains coureurs sans avoir pédalé eux-mêmes. Beaucoup sont là pour faire de l’audience, et pour l’audimat il n’y a rien de mieux que la polémique et le sensationnel. On pense tout de suite au reportage de Stade 2 à la TV française, sur l’utilisation de moteurs électriques dernière génération et indétectables par l’UCI, sur la Coppi e Bartali et la Strade Bianche de mars. Malgré les accusations incessantes, les pro doivent adopter un discours « lyophilisé », mais repèrent assez rapidement les journalistes qui sont là pour faire le buzz, et ceux qui sont rigoureux.

Le cycliste masqué existe-t-il ? On a vainement cherché. Il n’est pas français, est en fin de carrière, et vient de resigner deux ans pour une équipe pro. Il est passé dans une équipe italienne à ses débuts, a été porteur du maillot jaune au Tour de l’Avenir. Sa carrière en est à sa 12ème année. Il a remporté plusieurs victoires d’étape au TdF. Il a deux enfants et a participé à plus de 20 grands Tours. On a pensé à Filippo Pozzato, Matteo Tosatto ou à Daniele Bennati. Mais à chaque hypothèse, le puzzle ne se referme pas. L’hypothèse d’un cycliste virtuel l’emporte.

Petit tour de l’actualité

1 – Enrhumé. Putain, le GP de Ste-Martine m’est rentré dans le corps de façon surprenante: au prise avec un bon rhume depuis dimanche soir! Et merdeuuu… Voilà qui n’aidera pas ma progression en vue des prochains objectifs.

2 – Dulude. Comment toutefois se plaindre compte tenu des blessures subies par David Dulude dimanche dernier? Ce dernier a eu la gentillesse de laisser un petit commentaire sur ce site hier et on l’en remercie, tout en lui assurant de nos pensées à tous pour un prompt et complet rétablissement.

3 – LBL. Petit retour sur Liège-Bastogne-Liège, une course finalement pas si excitante que ça si vous voulez mon avis. Ca été une sélection par l’arrière, au fil des kilomètres et compte tenu de la météo difficile comme prévue. Il ne s’est pas passé grand chose dans la Redoute, ça s’est joué sur les deux dernières bosses et le plus frais a gagné, Wout Poels, devant Albasini et Costa.

Albasini apparaissait clairement comme le plus costaud dans les derniers kilomètres mais comme il a déclaré à l’arrivée, il a fait une erreur de braquet dans le sprint.

Les Movistar ont bien contrôlé la course plus tôt, mais Valverde n’a pas eu les jambes pour y aller dans le final. Dommage, car il aurait peut-être pu animer la course.

Quatre français terminent avec le premier groupe, soit Warren Barguil, Romain Bardet, Arnold Jeannesson et Julian Alaphilippe, c’est pas mal et ce sont des coureurs qu’on attendait.

Hesjedal est à 3min, c’est peut-être la confirmation que la forme s’en vient.

4 – Sondre Holst. Ou la meilleure prestation sur un podium de l’histoire du vélo!

5 – Tour de Romandie. Ou l’une des plus belles courses par étapes de la saison selon moi. Ca commence aujourd’hui par un prologue à la Chaux-de-Fonds, où il neige présentement. La liste des engagés sur ce Tour de Romandie est impressionnante: Froome, Thomas, Kwiatlowski, Quintana, Porte, Van Garderen, Majka, Pinot, Bardet, Uran, Rolland, Costa, Gerrans, Albasini (attention à lui!), Dumoulin, Kelderman, Mollema, Hesjedal, Gasparotto, et j’en passe.

6 – 6 ans. C’est la durée de la suspension donnée aujourd’hui à la Belge Van Den Briessche pour avoir utilisé un vélo mécanique lors des derniers Mondiaux de cyclo-cross. La peine est lourde, mais est-elle assez lourde compte tenu de la gravité de cette forme de dopage susceptible selon moi de carrément tuer le sport cycliste? Ca aura en tout cas le mérite de faire peur à ceux qui seraient tentés par l’utilisation de tels moteurs… car cela veut presque dire “carrière terminée”.

Ste-Martine: perdre avec panache

Il faisait beau hier pour le GP de Ste-Martine en banlieue de Montréal, mais il faisait aussi froid pour le départ des courses M1 et M2 à 9h: à peine plus que 0 degré!

Et déjà à 8h, il y avait foule qui se pressait dans le stationnement: plus de 160 coureurs allaient prendre le départ des courses M1 et M2, un beau succès populaire. Merci à tous de vous être présentés si nombreux.

Pour une fois, le vent n’a pas été un facteur déterminant durant l‘épreuve, il était trop faible pour durcir la course, notamment en jouant les bordures.

Je participais avec mon équipe des Rouleurs à la course M2. L’annonceur maison, d’une politesse exemplaire, aura eu le mérite de ne pas nous laisser geler trop longtemps avant de donner le “go” du départ!

Dès les premiers tours de roue, on a senti un peloton nerveux, tendu, ne serait-ce que par sa taille. Peu sélective, la course donnait également à beaucoup de coureurs l’envie de mettre le nez à la fenêtre.

Mon équipe et moi avons multiplié les tentatives, animant la course régulièrement. J’ai bien cru, au début du 3e tour, que j’arriverais, avec quelques coureurs dont la bête à rouler Éric Provost (salut Éric!), à casser le peloton: il n’en fut rien, malgré quelques kilomètres avalés plein pot. Personne n’allait s‘échapper au fil de ces 85 kms et il est vite devenu évident que ça se jouerait au sprint.

J’avais la responsabilité d’amener notre sprinter jusqu’aux 200m. Durant le dernier tour, j’ai pu progressivement remonter en douceur le paquet pour aborder le dernier virage à environ un kilomètre de la ligne en 4e position du peloton, mon sprinter dans ma roue. À ce moment, nous étions confiants!

Les deux coureurs devant ont cependant coupé brusquement leur effort, 15 coureurs nous débordent d’un coup et lancent le sprint de très, très (trop!) loin, mon sprinter y va, mais se fait pousser dans le bas-côté et évite la chute de justesse. Je maintiens mon effort jusqu‘à la ligne, dépité de voir nos espoirs d’un podium ainsi réduits à néant.

À noter que le classement officiel me donne “AB” (abandon): il n’en est rien, c’est une erreur en cours de correction.

À défaut de gagner, mon équipe et moi aurons su courir avec panache, animant régulièrement la course. On se reprendra!

La course M1

Scénario différent en M1, ou une échappée a rapidement pris naissance en début de course, et est allée au bout. Chapeau bien bas à ces machines à rouler que sont Yannick Lemire, Michel Henri, François Doyon et Jean-Philippe Venne.

Une grave chute est toutefois survenue durant la course M1, à environ 2 kms de l’arrivée et vers le 6-7e tour. On souhaite un prompt rétablissement à David Dulude qui a passé la nuit aux soins intensifs et qui aurait subi des fractures du crâne, ce qui est évidemment très sérieux. Petite pensée pour lui ce matin… car le vélo devrait être tout sauf ca.

La course Sénior 1-2

La victoire est revenue au solide rouleur de chez Garneau, Olivier Brisebois, devant Pier-André Côté et Mathieu Roy. Ces coureurs ont participé à une échappée de 7 coureurs avant de se détacher dans les derniers hectomètres.

Une flamme rouge?

Organisation impeccable à mon point de vue hier à Ste-Martine: des bénévoles nombreux et de bonne humeur, un beau parcours avec un revêtement nettement meilleur qu’il y a quelques années, une belle ambiance, j’ai apprécié ma matinée.

Suggestion cependant pour la Fédé: il me semble qu’une petite flamme rouge indiquant aux coureurs l’entrée dans le dernier kilomètre de course serait un repère utile. Il ne me semble pas en avoir vu sur les courses, me trompais-je? Ce ne serait pas compliqué à installer (une perche flexible au bout de laquelle un petit triangle rouge flotterait, installée dans le bas côté à un kilomètre de la ligne ferait l’affaire) et permettrait aux coureurs de mieux se repérer en course. Hier, cela m’aurait été très utile pour mieux gérer mon effort.

LBL: ca sera compliqué!

102e édition ce dimanche d’une des Classiques les plus difficiles qui soient: Liège-Bastogne-Liège, ou “La Doyenne” car la plus vieille des monuments (première édition en 1892!).

Ca s’annonce compliqué dimanche et ce, pour diverses raisons.

D’une part, la météo. On annonce un gros refroidissement ce week-end en Europe du Nord, avec des températures nettement sous les normales, du vent et des précipitations. Du coup, on pourrait voir des flocons tomber durant la course, et le vent sera bien présent pour durcir la course. En clair, ça se jouera aussi au moral et certains pourront déjà avoir perdu la course dans leur tête avant même le départ!

D’autre part, le final. Nouveauté cette année, l’ajout de la côte de Naniot dans les tous derniers kms, soit entre la côte de Saint-Nicolas et la montée finale vers la ligne, dans Ans. On a donc supprimé la petite récupération dont disposaient les coureurs avant: sitôt le bas de la descente de Saint-Nicolas, virage à droite et vlan! 600m à 10,5% de moyenne, sur des pavés pas toujours réguliers. On tourne en haut, on redescend et ça y est, vous êtes au pied de la dernière bosse vers l’arrivée. Aie. Mal aux pattes garanti!

Enfin, en raison de la présence d’Alejandro Valverde: qui pour battre l’Espagnol? Déjà trois fois vainqueur, champion défendant, il s’est baladé mercredi dernier sur la Flèche Wallonne. Spécialiste de cette course (en comptant ses victoires, il a été 6 fois sur le podium au cours des 10 dernières années!!), en grande forme, disposant d’une belle équipe autour de lui (Erviti, Moreno, Izaguirre ainsi que Nairo Quintana!), capable de bien performer sous des conditions climatiques difficiles, il sera définitivement l’homme à battre.

Les favoris

Outre Valverde, il y en a quand même qui devraient lui donner du fil à retordre.

On pense d’abord au duo de choc Etixx, soit Dan Martin et Julian Alaphilippe. Le premier a déjà gagné cette Classique en 2013, rappelons-le. Le second présente un tempérament d’attaquant, et il sera dans le final. Ajoutez à cela Petr Vakoc et Gianluca Brambilla et vous avez chez Etixx de quoi dynamiter le final s’ils essaient à tour de rôle de provoquer la Movistar.

On a aussi de beaux joueurs chez Katusha avec Joaquim Rodriguez, présent dans le final mercredi sur la Flèche, Ilnur Zakarin ou encore Jurgen Van Den Broeck à qui le parcours convient bien.

Rui Costa chez Lampre devrait également être là dans le final je pense, et il sera intéressant de voir ce que pourra faire Louis Mentjeis, présent l’an dernier en fin de course.

L’AG2R débarque avec une équipe intéressante, Bardet, Bakelants, Gauthier, Pozzovivo, Peraud, Vuillermoz, de quoi animer la course. Ils devront toutefois anticiper je pense s’ils veulent une belle place.

Deux hommes chez Sky seront à surveiller, Poels d’abord, Kwiatlowski ensuite. On annonce la présence de Chris Froome au départ, mais je ne le vois pas dans le final. Pour lui, c’est assurément une course de préparation. Quoi que s’il est passé par Ténérife juste avant, tout est possible!!

Nibali, Aru, Fulgsang, Rosa seront présents chez Astana, une autre équipe qui débarque donc avec son meilleur “line-up”.

D’autres coureurs à surveiller seront Gerrans et Albasini chez Orica, Gasparotto bien sûr chez Wanty après sa victoire sur l’Amstel et une place sur la Flèche, Gallopin et le remuant Wellens chez Lotto-Soudal bien sûr qui doivent concrétiser ça urge, Barguil chez Giant dont la forme est ascendante, et enfin Samuel Sanchez qui est en forme (oubliez Philippe Gilbert dimanche, forfait).

J’ose ajouter dans cette liste de coureurs à surveiller le Canadien Mike Woods, auteur d’une très belle 12e place mercredi sur la Flèche Wallonne en étant pourtant mal placé au pied du Mur. Le parcours de LBL lui convient bien, si ce n’est la distance nettement supérieure à celle de la Flèche et qu’il pourrait avoir du mal à gérer. S’il est protégé par son équipe (ce qui devait être le cas), s’il peut s‘économiser avant le final, il peut faire une très jolie place en jouant conservateur et attentiste jusque dans les tous derniers kms. Il sera toujours temps de faire les comptes en haut de Saint-Nicolas avant les 3 derniers kms!

Les autres Canadiens

Outre Mike Woods, les Canadiens Ryder Hesjedal et Christian Meier seront de la fête dimanche.  Je ne les attends pas dans le final.

À la télé

C’est sur RDS2 au Québec à partir de 8h dimanche matin. Merde, je serai en course à Ste-Martine! Faudrait avoir quelqu’un sur une moto pour nous permettre de suivre l’action en direct de Liège… et on se consolera de la météo froide annoncée en pensant que les coureurs en Belgique n’auront vraisemblablement pas mieux!

Flèche Wallonne: Valverde, qui d’autre?

Journée historique hier dans le monde du cyclisme: l’espagnol Alejandro Valverde est devenu le premier coureur à inscrire 4 fois son nom au palmarès de la Flèche Wallonne. Quatre hommes partagent 3 victoires chacun: Marcel Kint, Eddy Merckx, Moreno Argentin et Davide Rebellin, ce dernier étant toujours en activité.

Il s’agissait également de la 3e victoire de suite de Valverde, un tour du chapeau en quelque sorte.

Les images dans la dernière ascension du Mur de Huy parlent d’elles-mêmes: Valverde a fait ce qu’il a voulu, quant il a voulu. J’aimerais avoir une telle aisance face à mes concurrents lors des courses provinciales avec du dénivelé!!! Pour ça, je suppose qu’il va me falloir aller m’entrainer avec du staff sur l‘île de Ténérife, Valverde en étant revenu tout récemment après avoir choisi de faire l’impasse sur des courses de préparation classique comme le Tour du Pays Basque.

Bref, en un mot, impressionnant. Comme son équipe d’ailleurs, la Movistar a bien contrôlé la course pour le placer dans une situation idéale au pied de l’ascension finale.

Deux coureurs auront pu le tester dans cette dernière ascension, le duo Etixx Daniel Martin et Julian Alaphilippe, comme prévu. Ce dernier m’impressionne fortement, peut-être parce qu’il possède exactement la même morphologie que moi: 1m73 pour 62 kilos. S’il a manqué de puissance dans les tous derniers mètres, il termine à une belle 2e place comme l’an dernier. Il a également une bonne tête, une bonne attitude. Bref, j’aime ce coureur.

Derrière, y’a des coureurs qu’on attendait: Wouter Poels, Enrico Gasparotto vainqueur de l’Amstel dimanche dernier, Samuel Sanchez.

À noter la belle 9e place d’un autre Français, Warren Barguil. C’est une confirmation dans son cas: condition en hausse!

Mike Woods

Enfin, il convient de souligner la performance extraordinaire de Mike Woods, d’Ottawa: 12e à sa première participation!

Mieux, c’est Woods qui a vraisemblablement monté le Mur de Huy le plus rapidement hier dans le final : c’est lui qui est allé chercher le KOM sur l’ascension, égalant le temps établi l’an dernier par Wilco Kelderman. La 12e place de Mike aurait donc pu être bien meilleure s’il avait pu se positionner parmi les premiers au pied de la bosse. Sur les images, il amorce cette ascension avec certainement entre 15 et 20 coureurs devant lui, c‘était déjà trop loin. Mike fait toutefois une beau rapproché dans les tous derniers mètres et 12e, c’est vraiment exceptionnel sur une course de ce niveau, de cette difficulté. Way to go! Il a un bon coup à jouer dimanche, c’est clair.

Les autres Canadiens sont plus loin: Christian Meier termine 78e, Ryder Hesjedal 112e à plus de 8 minutes.

Liège-Bastogne-Liège

L’attention se tourne maintenant sur dimanche prochain et La Doyenne, Liège-Bastogne-Liège, assurément parmi les plus anciennes courses cyclistes professionnelles qui existent.

La météo pourrait être compliquée, ils annoncent de la fraicheur dans le nord de l’Europe ce week-end, avec de possibles averses.

On regardera ensemble demain les favoris pour dimanche, et les coureurs ayant fait une place hier seront forcément de ceux là.

Henao, le doute

Nouvelle suspension pour Sergio Henao en raison d’anomalies détectées par le passeport biologique. C’est la 2e fois en carrière à ce qui me semble. Du coup, le doute s’installe sur la probité de ce coureur… Ses origines colombiennes, et notamment son organisme habitué à vivre en altitude, pourraient-elles expliquer cela? À suivre…

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