Moi et mon vélo

« It’s a tool that gives you pleasure.  And that’s why cycling still grabs me on. It is such a good feeling. And it’s dynamic, and social… it’s a magical sport. »

La passion, cet état affectif intense et irraisonné qui domine quelqu’un.

La vie n’épargne personne. Avec les années qui s’enchainent, bien malgré toi, tu le réalises davantage.

Parfois, t’as rien vu venir.

Même aux heures sombres, tu as toujours regardé ton vélo. Pourquoi, tu ne le sais pas. Il a toujours été là, invitant. Irrésistible même. Remonter dessus. Allez, juste un effort.

Premiers tours de roues. Pénibles. Puis la magie s’opère, toujours. La liberté retrouvée, tu prends de la vitesse et du coup laisse tes soucis derrière, tu avances de nouveau. Pas loin, pas vite peut-être, mais tu avances. L’effort physique si propice à faire le plein d’acide lactique crée le vide en toi… ta tête est ailleurs, concentrée sur ce bitume qui défile sous ta roue. Éviter une crevasse. Changer de braquet.

Ta tête est ailleurs durant… et tu t’étonnes, aussi après. Le moment perdure. Vidé de ta sortie, des rideaux devant les yeux, tu y vois pourtant plus clair. Changer de braquet. Changer de vie.

La vraie passion du vélo, c’est de réaliser que tant qu’il est là, tant que tu veux l’enfourcher, tu n’es jamais vraiment tout seul, tu peux tout affronter parce que ce vélo te permet une chose, soit de toujours revenir à l’essentiel: produire un sens et du bonheur dans ta vie.

Et c’est tout ce qu’il te faut en ce moment.

À mes amis du peloton FQSC, Dieu que vous me manquez!

La mode Everesting

Décidément, la Covid-19 a toute sorte d’effets insoupçonnés, dont celui d’avoir augmenté considérablement la mode de « l’Everesting ».

L’Everesting: faire 8 848m de dénivelé en une seule sortie, en répétant une ascension locale le nombre de fois requis.

Il existe même un site web dédié à l’Everesting, et qui vous garantit la gloire de faire partie du « Hall of Fame » de ce genre d’exploit.

Plusieurs coureurs pro s’y sont frottés. Alberto Contador vient de battre le record pour couvrir ces 8848m de dénivelé, 7h27. Il appartenait à un autre pro, Lachlan Morton de chez Education First, là encore établi récemment (7h32).

Pour établir son record, Contador a gravi 78 fois une petite bosse près de Ségovie en Espagne, solo, à l’abri des regards. C’est souvent le cas: les tentatives se font grâce à des initiatives personnelles, loin du public. En gravissant à de très nombreuses reprises une cote, ce qui permet de bien contrôler le dénivelé, et de faciliter la logistique, notamment du côté des ravitaillements.

Rappelons que le Canadien James Piccoli a récemment gravi 100 fois la cote Camilien Houde à Montréal, pour un total d’un peu plus de 12 500m de dénivelé, soit 322 kilomètres et 15h de selle. C’est fou!

Chez les femmes, la talentueuse et sympathique Emma Pooley détient le record de l’Everesting, établi en 8h53 en Suisse récemment. Là encore, faut le faire!

Au Canada, le record pour l’Everesting appartient au jeune champion canadien junior du chrono, Jacob Rubuliak, en 9h33. Le record a été établi sur Knox Mountain près de Kelowna en Colombie-Britannique.

Up to the challenge?! Je peux imaginer pas mal de cyclistes québécois qui pourraient avoir une réelle chance de s’illustrer dans ce genre de défi. Ce ne sont pas les cotes qui manquent au Québec!

Rafraichissant!!!!! Mais aussi vrai!

Le petit video du week-end… génial, le gus! Bisous à Marion!

Quel Tour pour Chris Froome?

Ca n’a surpris personne tant les rumeurs étaient persistantes depuis plusieurs semaines déjà: Chris Froome, 35 ans, rejoindra en 2021 la formation Israel Start-Up Nation, formation qui compte en son sein trois Canadiens: Guillaume Boivin, Alexander Cataford et James Piccoli.

Chris Froome fera donc encore partie d’Ineos en août prochain, alors que le Tour de France s’élancera de Nice.

Cela pose LA question: quel Tour pour Chris Froome?

Sera-t-il même au départ pour Ineos? Vu l’annonce de son départ, on pourrait en douter! Si Richard Carapaz a déjà été désigné leader sur le Giro, on pourrait être tenté d’y aligner aussi Froome, question d’avoir un leader de rechange…

Je pense toutefois que Froome sera au départ du Tour pour Ineos, qui s’y présentera avec pas moins de trois leaders: Bernal, Thomas et Froome. Les enjeux sont tellement énormes aujourd’hui qu’Ineos verra assurément dans la présence de ces trois coureurs une garantie que le Tour ne peut pas lui échapper, même en cas d’imprévus comme des chutes, fréquentes en première semaine. On aura des leaders de rechange, et si les trois sont pleinement opérationnels, on sait que Bernal est probablement aujourd’hui le plus fort des trois, garantissant une « hiérarchie naturelle » entre eux.

Froome poursuit par ailleurs une cinquième victoire sur le Tour, ce qui lui permettrait d’entrer dans le sélect « Club des cinq » avec Anquetil, Merckx, Hinault et Indurain. Cette perspective le motive très certainement, et il sera revanchard afin de prouver au monde entier qu’à 35 ans et après un an d’arrêt suite à sa chute sur le Dauphiné 2019, il n’est pas encore fini. J’ai toutefois de sérieux doutes face à la concurrence!

Vers un podium entièrement Ineos en septembre prochain à Paris? Pas impossible!

Israel Start-Up Nation en hausse

Mine de rien, l’équipe israélienne qui a connu des débuts modestes en 2015 présente désormais une formation de premier plan en WorldTour, avec l’arrivée de Froome pour 2021 bien sûr, mais aussi déjà dans les rangs des coureurs comme Dan Martin, Alex Dowsett, André Greipel, Ben Hermans, Daniel Navarro, Nils Politt ou encore Davide Cimolai.

Espérons que l’équipe pourra conserver son intérêt pour les coureurs canadiens, les débouchés pour ces derniers étant rares actuellement au plus haut niveau.

L’aventurier

Tadej Pogacar, le surdoué

Le buzz dans le monde du vélo ces jours-ci, c’est la victoire sur le chrono du Championnat de Slovénie de la jeune (21 ans) sensation slovène Tadej Pogacar, qui s’offre à la surprise générale Primoz Roglic, « seulement » 2e de l’épreuve.

À 21 ans (contre 30 pour Roglic), l’exploit est en effet remarquable, surtout que Roglic possède de solides références dans l’exercice du contre-la-montre. Pogacar semble avoir fait la différence lors de la principale difficulté du parcours, une belle bosse à escalader. Il a su tenir le rythme par après pour devancer Roglic de neuf petites secondes.

Pour Pogacar, c’est le deuxième exploit de sa jeune carrière: il avait été l’an dernier le plus jeune coureur depuis 1974 à monter sur le podium d’un grand tour, c’était sur la Vuelta. Avec en prime le maillot de meilleur jeune et pas moins de trois victoires d’étape.

Y’a pas à dire, Pogacar semble avoir un gros, gros moteur et une structure autour de lui qui lui permet de progresser rapidement. Son équipe Team UAE l’annonce au départ du prochain Tour de France, avec un effectif impressionnant: outre Pogacar, l’équipe alignera Fabio Aru, Davide Formolo, Jan Polanc et David De la Cruz, entre autre.

La jeune génération qui monte présente donc plusieurs coureurs susceptibles d’être exceptionnels. Voyez un peu:

Mathieu Van Der Poel (1995) – 25 ans

Egan Bernal (1997) – 23 ans

Tadej Pogacar (1998) – 21 ans

Remco Evenepoel (2000) – 20 ans

Bernal et Pogacar seront au départ du Tour, ça sera intéressant à suivre. Evenepoel a choisi de faire comme Eddy Merckx et de s’attaquer d’abord au Giro cette année. Van Der Poel se consacre quant à lui aux trois disciplines phare du cyclisme, au moins jusqu’aux JO de Paris. Son équipe Alpecin-Fenix a besoin d’une invitation pour participer au Tour de France, ce ne sera pas pour cette année. Mais on sait par ailleurs que Van Der Poel en fera un objectif au cours des prochaines années.

Du beau spectacle en perspective, et les Chris Froome de ce monde peuvent se faire du souci!

Un grand moment de sport!

Moment nostalgie: le direct d’une étape du Tour de France qui demeure, encore aujourd’hui, comme l’une des plus belles de l’histoire du vélo. Un chiffre: 7min pour 7 kilomètres…

Un grand, grand moment de sport.

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