Le « branding » léché et… cliché

Je sais pas vous, mais je commence à revenir de cette orgie de vidéos léchés et… de plus en plus clichés que nous servent à outrance les grandes marques de l’industrie du cycle, ceci afin de susciter des émotions chez les consommateurs qui voudront, forcément, s’associer à ces images.

On en a récemment encore une démonstration poussée à outrance avec ce vidéo de la compagnie Rapha. Toute la panoplie des clichés y passe: les forces de la nature, l’air, le vent, les paysages, la solitude du coureur à l’entrainement, les cyclistes cool bien sûr, l’un avec une longue barbe, l’autre avec un petit style, le petit bain de mer, les animaux sauvages, puis l’amitié forcément, et ça se termine bien sûr par le feu de camp, la sortie à la belle étoile, sans oublier la pause-philosophie.

Mouais. Je décroche!

Sky, le doute s’installe…

L’Affaire “Fancy Bears”, ce groupe de hackers russes qui ont piraté le site de l’AMA pour en extraire des révélations intéressantes sur l’utilisation massive des autorisations à usage thérapeutique (AUT) chez les sportifs de haut niveau, fait couler beaucoup d’encre depuis quelques jours.

Pour moi, rien de nouveau: les AUT sont très, très largement utilisées en cyclisme, ceci afin de s’administrer des produits aidant à la performance en toute légalité. Évidemment, avec la complicité des médecins, la preuve étant que la majorité du peloton pro – ces athlètes d’exception – est, si on se fie aux AUT, asthmatique!!!

Je publie aujourd’hui cet excellent texte de Marc Kluszczynski – que je remercie au passage – à propos de cette récente crise qui a touché de plein fouet l‘équipe britannique Sky, dominante sur le Tour de France ces dernières années avec Chris Froome et Bradley Wiggins, dont le lustre est terni avec cette affaire.

Un coup d’épée dans l’eau ? (par Marc Kluszczynski)

Au moment où le CIO annonçait les contrôles rétroactifs positifs de 10 sportifs russes lors des JO de Pékin 2008, le groupe de hackers russes du Tsar Team APT 28 ou “Fancy Bears” piratait les données de l’AMA par l’intermédiaire d’un compte crédité par le CIO et publiait une liste de 66 sportifs de 16 pays (18 sont américains) soi disant positifs lors des JO de Rio.

Fancy Bears est supposé dépendre du renseignement militaire russe (GRU) et avait été rendu responsable des cyber-attaques sur les bases de données du parti démocrate aux USA. L’État russe, malgré ses dénégations, est vraisemblablement impliqué dans le piratage des données de l’AMA, n’ayant pas pardonné à l’agence la publication du rapport Mc Laren concluant à un dopage d’Etat en Russie.

Mais si les dix sportifs russes des JO de Pékin ont bien été contrôlés positifs pour la plupart au turinabol (le vieux stéroïde utilisé dès 1970 par le bloc communiste) et au stanozolol, l’haltérophile Nadezda Evstyukhina ayant même utilisé de l’EPO, la liste des hackers russes ne concerne que des sportifs ayant utilisé des substances interdites sous couvert d’AUT (corticoïdes, amphétamines, bronchodilatateurs avant 2011). Personne, pas même Seppelt ou encore Travis Tygart, ne considère cela comme du dopage ! Fancy Bears a aussi piraté une 2ème fois les listes du système Adams de localisation des athlètes ; le 1er piratage avait eu lieu pendant les JO de Rio et avait concerné Yuliya Stepanova, à la base des révélations du journaliste allemand Seppelt. Fancy Bears a donc pour l’instant tapé à côté de la plaque mais reste menaçant, en concluant ses rapports par les phrases inquiétantes : « Nous sommes anonymes, nous sommes légion, nous ne pardonnons pas, nous n’oublions pas. A la prochaine ! ». Réussira-t-il à prouver le dopage des sportifs américains ?

Fancy Bears révèle ainsi que la gymnaste américaine Simone Biles (4 médailles d’or à Rio) avait une AUT pour le méthylphénidate (Focalin), une amphétamine destinée au traitement de son hyperactivité avec troubles de l’attention qu’elle prend depuis son enfance. Les tenniswomen Venus et Serena Williams ont elles aussi bénéficié plusieurs fois d’AUT pour la prednisone, un corticoïde. On apprend aussi que Kathleen Baker, médaille d’or à Rio au 4× 100 m 4 nages, souffre de la maladie de Crohn, une inflammation auto-immune des intestins nécessitant un traitement à base de corticoïdes et de Remicade (infliximab). Ou est l’intérêt de ce déballage ? Robert Harting, discobole allemand CO à Londres, fait partie de la liste. Alors qu’il avait critiqué plusieurs fois le CIO pour son apathie à lutter contre le dopage, Harting aurait été contrôlé positif à Rio à la dexaméthasone et à la triamcinolone. Fancy Bears cite aussi une AUT à la dexaméthasone en 2008. Lors de la 4ème liste publiée par Fancy Bears le 20 septembre, Mo Farah apparaît aussi utilisateur du corticoïde retard, la triamcinolone en 2008 et 2014.

Mais c’est dans le cyclisme que les révélations des hackers russes pourraient faire le plus de vagues. Si l’on savait déjà que Chris Froome avait bénéficié de 2 AUT, la 1ère en mai 2013 lors du DL, la 2ème en avril 2014 au Tour de Romandie, on apprend que Bradley Wiggins en a demandé 6 au zénith de sa carrière sur route. Chris Froome bénéficia d’un traitement à base de prednisolone (40 mg/j pdt 5 à 7 j), une dose qui bizarrement ne correspond pas à son poids. On sait aussi que l’AUT d’avril 2014 lui fut octroyée postérieurement par le Dr Mario Zorzoli, à l’époque Directeur de la Commission médicale de l’UCI. Comme Lance Armstrong lors du TdF 1999 avec la même substance. Froome aurait du être logiquement exclu du Tr de Romandie pour dopage. La prednisolone lui apporta la victoire malgré une bronchite. L’anglais se vante de n’avoir bénéficié que de deux AUT durant ses 9 ans de carrière professionnelle, et d’en avoir refusé une lors de son TdF 2015 victorieux, qu’il termina malade.

Bradley Wiggins pas si clair : la transparence de Sky vole en éclat

Le nombre d’AUT octroyées à Bradley Wiggins est par contre impressionnant. Le vainqueur du TdF 2012 a reçu une injection IM d’acétonide de triamcinolone (Kenacort Retard) en juin 2011, juin 2012 et avril 2013 soit quelques jours avant les TdF 2011, 2012 et du Giro 2013 alors que dans ses livres, Wiggins soutient n’avoir jamais reçu d’injection, à part ses vaccinations ! Veut-il parler des injections intraveineuses de soluté salé ou glucosé ? En 2008, appartenant à l’équipe HTC HighRoad, l’anglais bénéficia d’AUT pour le salbutamol (pas encore autorisé), le formotérol et les corticoïdes fluticasone et budésonide. Wiggins a donc réalisé ses meilleurs résultats sur route jusqu’en 2012 (victoire au TdF) avec l’aide du corticoïde à effet retard résorbé en 15 à 20 jours et des bronchodilatateurs, avant d’être méconnaissable lors du Giro 2013 (abandon). Ce qui n’avait pas empêché Sky de clamer sa tolérance zéro envers le dopage, et de déclarer préférer en 2012 renvoyer un coureur chez lui plutôt que de le faire courir sous AUT! Le Dr Geert Leinders, employé par Sky en 2011 et 2012, était, d’après Michael Rasmussen, le spécialiste des demandes d’AUT abusives pour les corticoïdes sous couvert d’allergies ou d’asthme. Encore une fois, on s’aperçoit que la transparence de Sky montre ses limites, et qu’elle utilise toutes les failles du règlement…comme les autres équipes.

Car on ne peut nier l’effet des corticoïdes sur la performance. Les corticoïdes permettent une perte de poids d’un kg/sem, une perte de 4 kg augmentant la puissance de 7%. Celui des bronchodilatateurs vient d’être reconnu par le Dr Olivier Rabin, Dir scientifique de l’AMA. Rabin admet enfin un effet ergogène à haute dose.

Le salbutamol (S3) pourrait aussi avoir un effet masquant (S5). Les hautes doses de béta-2 agonistes ont un effet anabolisant et facilitent la récupération. L’avantage est plus intéressant en sprint que dans l’endurance. Certains utilisent donc les AUT comme un dopage légalisé (90% des AUT selon le témoignage d’un cycliste à la CIRC l’année dernière).

D’après Jörg Jaksche, un ancien de la Telekom, l’avantage d’un usage combiné de corticoïdes et de bronchodilatateurs est équivalent à la moitié de celui d’une transfusion sanguine ou de l’EPO, soit 3 à 5% d’amélioration sur la performance. Il n’y a rien de nouveau, les AUT abusives sont un moyen traditionnel de triche, et Wiggins (sûrement pas asthmatique et allergique) n’est pas le seul à l’avoir fait. Troisième du TdF 2009 sans AUT, Wiggins deviendra allergique à son entrée chez Sky en 2010.Mais on retiendra que Froome n’en a pas abusé (mais on se souvient l’avoir vu inhalé son salbutamol, libéralisé en 2011, dans le col du Béal au DL 2014).

La législation actuelle antidopage ne permet pas d’accuser ces sportifs de dopage. Mais le temps est venu pour une révision complète de la législation des corticoïdes (exclure des AUT les corticoïdes à effet retard) et des bronchodilatateurs, après des années de laxisme et de libéralisation de la part des anglo-saxons de l’AMA, aboutissant à leur usage systématique, AUT ou non. Mais c’est la commission médicale de l’UCI qui en dernier recours acceptera ou non l’AUT pour le cycliste. Après avoir été mis au ban du monde sportif, c’est la Russie qui pourrait bien faire évoluer cette législation, ce que n’avait pas réussi le MPCC qui ne compte plus que 7 équipes sur 18 en World Tour cette année.

Dès lors, le passé resurgit. On en vient à penser aux carrières abrégées par des maux mystérieux, ou des retraites précipitées par absence de résultat : Thor Hushovd, Cadel Evans, Wiggins bien sûr, et peut-être Philippe Gilbert. Les cyclistes pro sont maintenant victimes d’allergies qui durent toute leur saison, même sous la pluie (Quintana apathique au dernier TdF, mais très affuté à la Vuelta qu’il remporta). Les corticoïdes les poussent ensuite à utiliser les hypnotiques, tellement leur catabolisme est augmenté.

Quarante ans après Thévenet et ses Tours 1975 et 1977, les corticoïdes font toujours des ravages dans le peloton pro…

Classique des Appalaches: Mike Woods, un garçon dans le vent!

On nous annonçait “Unique, Épique, Mythique”.

Ben on n’a pas été déçu!

La Classique des Appalaches, c’est toute une course/GranFondo. Définitivement à considérer pour votre tableau de chasse : cette épreuve a tout pour devenir un rendez-vous incontournable du paysage cycliste au Québec, au même titre par exemple que les Défis du Parc de la Mauricie ou le GP Charlevoix.

L’organisation hier était parfaite, on voit que l‘équipe derrière la mise sur pied de l‘épreuve n’a rien laissé au hasard. Les bénévoles étaient partout, souriant. Le site d’arrivée parfait lui-aussi, et surtout spectaculaire, avec une vue imprenable sur la région. Articles de récupération, bière, poutine de cerf, tables de pic-nic, ambiance, j’ai vraiment eu du bon temps hier au sommet de ce Mont Arthabaska, au terme d’une Classique qui sait se mériter.

Et que dire du speaker! Ce type est génial! Il a su mettre une grosse ambiance à l’arrivée, nommant de nombreux coureurs qui en terminaient péniblement par leur nom, galvanisant la foule. Excellent travail mon ami!

J’ai pu assister à l’arrivée de la course pro, une arrivée comme celle de l’an dernier: Mike Woods (Cannondale-Drapac), solo.

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Le grimpeur d’Ottawa s’est échappé exactement au même endroit que l’an dernier, dans l’avant-dernière difficulté du jour, la “côte des Antennes” située à moins de 10 bornes de l’arrivée. De là, courte descente assez rapide, un kilomètre de plat et on attaque la montée finale du Mont Arthabaska.

Le podium a été complété par Mathieu Jeannes (Team Lupus) et Hugo Houle (AG2R – La Mondiale), ce dernier ayant été très actif durant la course pour provoquer la sélection malgré une semaine compliquée précédemment. À noter la belle 5e place d’un jeune coureur junior de 18 ans, Jean-Denis Thibault.

Woods et Houle en entrevue après l’arrivée soulignaient une fois de plus la difficulté de la course, Woods la comparant même au final de certaines Classiques belges du mois d’avril!

Hugo et Mike prenaient l’avion dans la foulée pour rejoindre l’Europe. Hugo participe cette semaine au Eneco Tour, préparation finale en vue des Mondiaux de Doha d’ici trois semaines. Mike m’avouait à l’arrivée se sentir de mieux en mieux sur le vélo, et faire de ce prochain Tour de Lombardie – dont 1000m de dénivelé ont été ajoutés au parcours – un objectif.

Outre le parcours hier, très difficile, la course hier a été durcie par un invité surprise: le vent! Un vent soutenu, souvent de face dans les portions difficiles, comme dans cette bosse interminable vers St-Remi-de-Tingwick, au km 80 et qui a brisé les jambes de nombreux participants.

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Je participais moi-même dans la course “Open Amateur A” avec les séniors 3 ainsi que les Maîtres 30-39 ans. Peloton nerveux au départ, et la course s’est réellement emballée comme prévu au km 30, dans cette ascension vers Saint-Fortunat.

Sitôt après, le long tronçon de chemin de terre battue a achevé de faire exploser le peloton, de nombreuses chutes et crevaisons, notamment du nouveau champion du monde 40-44 ans Michel Jean, survenant également.  Fait remarquable, Michel a réussi à terminer 3e de l‘épreuve m’a-t-on dit, chassant pour rentrer sur la tête de course pendant une bonne demi-heure, et surmontant une crevaison un peu plus tard! C’est aussi ça la Classique: la version québécoise du Tour des Flandres!

Je me suis accroché à la course jusqu’au km50, où mon gabarit de 135 livres mouillé ne m’a pas favorisé sur les portions de terre battue où l’on doit mettre du braquet (je vous l’ai déjà dit, on n’a jamais vu Marco Pantani remporter l’Enfer du Nord…). Roulant à bon rythme par la suite avec un équipier, il a crevé au km 90 environ, je l’ai attendu pour l’aider dans les 20 derniers kms alors qu’il commençait à faiblir. Je termine la saison en beauté, en profitant bien de cette ascension du Mont Arthabaska, en jouant les équipiers de luxe pour mon équipe des Rouleurs-Polo Vélo qui ont connu une saison vraiment magnifique, ponctuée de nombreux podiums et d’une ambiance du tonnerre au sein de l‘équipe. Pour preuve, mon équipier Marc Brazeau a remporté cette Classique des Appalaches chez les Maîtres 2!

Je suis maintenant en vacances, et content de l‘être: les jambes n‘étaient pas formidables hier, et les pulsations cardiaques ne montaient plus, preuve que j’ai besoin d’un bon break. Après tout, je suis sur la brèche depuis janvier dernier, avec un gros mois d’août et septembre pour préparer cette Classique, et Green Mountain Stage Race à laquelle j’ai participé il y a deux semaines.

En bref, j’ai compris hier pourquoi la Classique des Appalaches avait été élue “événement de l’année” l’an dernier à sa première édition, ce qui n’est pas peu dire. Félicitations à mon ami Alexis Pinard, à toute son équipe et à tous les bénévoles hier pour une journée magnifique. Et à tout ceux qui n’y étaient pas hier, ne manquez pas cet événement l’an prochain!

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Un mec bien, tout simplement…

Si j’avais été coureur cycliste, j’aurais voulu être Jean-Christophe Peraud.

Un modèle pour moi depuis des années. Un coureur que j’ai tant admiré!

Voilà que la fin de la Vuelta marquait aussi la fin de sa carrière cycliste professionnel. Il sort comme il a vécu, discrètement, modestement, comme conscient qu’après tout, c’est juste du vélo… Tout juste aura-t-il travaillé discrètement pour son équipe AG2R-La Mondiale sur ce Tour d’Espagne, je suis sûr en prodiguant notamment des conseils au jeune et prometteur Pierre-Henri Latour, vainqueur d’une belle étape. Jean-Christophe a dû y trouver une belle satisfaction.

Pourtant, quel énorme champion!

Un moteur exceptionnel. Tous les entraineurs l’ont confirmé, un mec physiquement doué comme peu le sont.

Une très belle carrière, avec deux faits d’arme particuliers: sa médaille d’argent en VTT aux Jeux Olympiques de Pékin, ainsi que sa 2e place du général du Tour de France 2014, derrière Vicenzo Nibali.

Quelques déconvenues aussi, quel athlète n’en a pas?

Et surtout, surtout, son éthique de travail. Jean-Christophe Peraud a toujours eu cette réputation d’athlète propre, éthiquement incorruptible. Il a toujours, toujours refusé le dopage, défendu les valeurs pour un sport propre et ce, intelligemment, sans parler de la pratique des autres. Simplement, il a fait ce qu’il a cru bon de faire, fidèle à ses valeurs, ses principes de vie, qui rejoignent tellement les miennes. Intelligent assurément, diplôme d’ingénieur en poche, toujours tellement vrai, tellement simple, et tellement posé en entrevue.

Et encore, dans cette dernière entrevue, ses larmes qui m’en arrachent aussi…

Je ne l’oublierai pas de sitôt… un mec bien, tout simplement.

Pari réussi pour la Vuelta?

Certains d’entre vous, surtout les lecteurs européens qui représentent 50% du lectorat de ce site, se seront surpris de ne pas me voir couvrir la Vuelta durant les trois dernières semaines.

Loin de moi l’idée de bouder cette course magnifique! C’est simplement que l’actualité cycliste au Québec était bouillonnante, et que j’ai accordé une certaine priorité à ces événements près de moi.

Je vous propose donc aujourd’hui un petit retour sur la récente Vuelta, avec une question: pari gagné pour les organisateurs?

Rappelons que la Vuelta misait clairement cette année sur un parcours différent: des étapes souvent courtes, voire très courtes, ponctuées de difficultés en fin de parcours, souvent des ascensions sèches et très pentues. Pas moins de onze étapes faisaient 170 kilomètres ou moins sur cette Vuelta, contre seulement six sur le Tour de France de juillet dernier.

Pari réussi? Je pense que oui!

Pour preuve, la 15e étape, vers Aramon Formigal: la plus courte de toutes (hormis la dernière étape qui en comportait 104) avec seulement 118 petits kilomètres, rien du tout chez les pros rompus à des Classiques de 260 bornes, mais la plus intéressante des trois semaines!

C’est parti dès le départ, avec une échappée royale incluant à la fois Quintana et… Contador, qui était intenable, fidèle à son habitude sur des étapes aussi courtes (rappelez-vous l‘étape de l’Alpe d’Huez sur le Tour 2011, 110 bornes seulement, Contador avait attaqué d’entrée au pied du Télégraphe-Galibier, entrainant avec lui Andy Schleck et déstabilisant Cadel Evans en jaune). Total à l’arrivée de la 15e étape de la Vuelta, un débours près de 2 minutes pour Chaves et de 2min40 pour Chris Froome!

Et surtout, pas moins de 91 coureurs hors délai. 91 coureurs!

Une polémique a d’ailleurs éclaté juste après la décision des commissaires de repêcher tous ces coureurs, leur permettant de prendre le départ de la 16e étape le lendemain. Raison? La quantité d’effort fourni depuis le départ de la Vuelta (donc une forme de reconnaissance de la difficulté du parcours cette année) ainsi que l’image du cyclisme, car le peloton aurait été trop réduit avec l‘élimination d’un nombre aussi important de coureurs.

Chose certaine, voilà une preuve qu’en cyclisme, pas besoin de faire des étapes de 220 bornes pour garantir le spectacle: 110 kms suffisent, car des étapes courtes n’effraient pas les coureurs qui osent alors lancer de grandes initiatives dès le début de la course.

Autre preuve, des 17 vainqueurs d‘étape sur cette Vuelta, pas moins de 13 en étaient à leur première victoire d‘étape sur un grand tour, prouvant que beaucoup de coureurs, même peu expérimenté de la gagne, ont osé essayer sur l‘épreuve, n‘étant pas rebuté par la longueur des étapes.

C’est donc positif selon moi, et gageons que les organisateurs du Giro et du Tour observent avec intérêt ce qui ressort de l’expérience de la Vuelta en 2016.

Surtout que ce n’est pas fini: une autre polémique sur le parcours de cette Vuelta a éclaté depuis son arrivée dimanche dernier, plusieurs coureurs ayant exprimé publiquement que les étapes étaient trop difficiles cette année, car trop souvent ponctuées dans leur final de montées assassines, avec des pourcentages violents (plus de 18%).

La réplique vient d’arriver des organisateurs: ”...the riders have as much responsibility as anyone when it comes to thinking about the public, because cycling’s business model depends on its audience. The sport is based on the ‘epic’, but epic isn’t just about the kilometres – it’s also about the efforts.”

Bref, j’ai personnellement trouvé cette Vuelta intéressante, car incertaine jusque dans la dernière semaine puisqu’on avait l’impression que tout pouvait être chamboulé sur une seule étape (pour autre preuve, le beau rapproché de Froome vendredi dernier sur le dernier chrono).

Il se dégage qu’en cyclisme, la tradition des grandes Classiques est d’organiser des courses longues, difficiles (plus de 250 bornes). Il faut assurément préserver ce lien avec l’histoire, la tradition du sport.

Sur les grands tours toutefois, pourquoi ne pas revoir le modèle et privilégier dans l’avenir davantage d‘étapes courtes (moins de 150 bornes), mais avec du relief pour inciter les coureurs à lancer de loin. Et ainsi créer des rebondissements dont le public est friant…

Autre possible avantage, les coureurs seraient peut-être moins tentés par le dopage si les étapes se limitaient à 3-4 heures de course seulement par jour…

10 raisons de s’inscrire (maintenant) à la Classique des Appalaches

1 – la météo: on annonce beau samedi matin prochain, des vents légers, pas de chaleur accablante et pas trop froid le matin, bref, des conditions idéales pour la pratique du cyclisme!

2 – l’organisation de l‘épreuve: sur la Classique des Appalaches, c’est top, rien n’a été laissé au hasard je vous prie de me croire. Des horaires de course bien pensés, pas trop tôt le matin, pas trop tard non plus, du stationnement adéquat et abondant (pas besoin de se stresser pour ça comme sur d’autres épreuves…), un personnel suffisant, un départ contrôlé pour permettre aux participants un réchauffement en douceur, et le sourire de tout le monde!

3 – le choix de parcours, pour qu’il y en ait pour tout le monde: pas moins de trois parcours pour le GranFondo, et trois départs pour les courses sur route sanctionnées, pro, Maîtres hommes et Maîtres femmes. Sur le GranFondo, les distances sont de 135, 105 ou 70 kilomètres, pour vous permettre de choisir en fonction de votre envie.

4 – le prix: entre 100 et 140$ pour les GranFondo, ce qui le situe dans la fourchette basse de ce que j’ai pu voir cette année. Autour de 45-50$ pour les courses sur route sanctionnées, là encore très abordable si on se met à comparer. On s’inscrit ici, et vite! Et puis, la liste des bourses à l’arrivée est impressionnante, une motivation supplémentaire pour pédaler vite.

5 – Hugo Houle, ambassadeur de l‘épreuve, et les autres pros qui seront présents: vous n’avez pu parler à Hugo, Mike Woods ou David Drouin vendredi ou dimanche sur les Grands Prix cyclistes de Québec et Montréal? Vous avez la chance de vous rattraper samedi prochain! Plusieurs Silber-ProRacing seront également présents, de même que le champion canadien, Bruno Langlois, qui était lui aussi des deux grands prix le week-end dernier. Que du beau monde, qui auront du temps et qui seront décontractés à l’arrivée!

6 – la Classique des Appalaches: pas l‘épreuve, la bière! C’est le nom qu’a donné la microbrasserie Isle de Garde à la bière qui sera servie à l’arrivée de l‘épreuve. Rien que ça, ça motivera lorsqu’il faudra serrer les dents…

7 – la poutine et la fête à l’arrivée: ca se passera au sommet du Mont Arthabaska, une fois la ligne franchie. En bref, on s’occupera de vous, parce qu’après l’effort, le réconfort. Et ce réconfort promet d‘être à la hauteur de la difficulté de l‘épreuve. Vous vous en souviendrez longtemps! (sauf si vous buvez trop de bière…).

8 – la sécurité en course: elle sera assurée, je vous le garantis.

9 – l’ambiance sur le parcours: la Classique des Appalaches, c’est toute une région qui se mobilise pour accueillir les cyclistes. J’ai pu le vérifier avec Alexis lors de ma reconnaissance en juin dernier, il parlait déjà à nombre de résidents sur le bord de la route.

10 – le caractère unique, épique, mythique de l‘épreuve, qui s’apparente à la Strade Bianche chez les pros en Italie au début de la saison cycliste. De la dénivelé, des difficultés, de la distance, des paysages magnifiques (j’ai pu le constater de nature), tout ça pour nous permettre de conclure la saison 2016 en beauté, avec un réel sentiment d’accomplissement et des images plein la tête pour les longs mois d’hiver à venir. Ne manquez pas ça! Et pour ceux s’alignant sur les Défis du Parc de la Mauricie d’ici très peu, peut-on vraiment imaginer meilleure préparation finale?

Note aux lecteurs: je parle de la Classique des Appalaches sur La Flamme Rouge parce que j’en ai envie, et non en raison d’un quelconque avantage. J’ai payé les frais engendrés par ma reconnaissance du parcours en juin dernier, comme je paie mes frais d’hébergement et d’inscription à l‘épreuve samedi prochain. Simplement, j’ai eu le privilège de prendre connaissance des efforts déployés par l’organisation de la course afin d’en faire un événement unique, épique et mythique, et j’estime qu’il est de mon devoir de soutenir pareille initiative dans le domaine du cyclisme sur route au Québec. C’est à ce prix que nous continuerons d’avoir un calendrier d‘événements digne de ce nom…

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Journaliste d’un jour sur le GP de Québec

J’ai la chance d’obtenir depuis quelques années une accréditation média lors des Grands Prix cyclistes de Québec et Montréal, me permettant de bien couvrir ces deux événements.

Récit d’une journée dans la peau d’un journaliste à Québec…

La nuit a été courte pour moi qui vient de loin, debout de bonne heure, la journée va être longue… mais ô combien intéressante et différente de mes journées habituelles.

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Sitôt levé, il faut prendre connaissance des communiqués aux médias émis par l’organisation des Grands Prix.

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Je prends aussi le temps de lire ce que les autres journalistes ont écrit, ici Simon Drouin de La Presse. Question d‘être bien informé.

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Traversier à 8h, Québec était encore dans l’humidité tôt vendredi matin dernier.

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Sur le circuit, en montant vers le site départ-arrivée où est également installée la salle de presse, les installations sont bien en place (ici la flamme rouge annonçant le dernier kilomètre du circuit). Nous avons réunion des journalistes et photographes à 9h15.

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La ville de Québec s’affaire aux derniers ajustements, ici un autre type de voiture-balai…

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En remontant la Grande Allée vers la salle de presse, on passe devant les stands des équipes. Tout est encore vide à cette heure. Tout? Non, pas tout: un seul stand est déjà occupé, celui de la Sky. Le soigneur a l’air bien seul à cette heure. Ca doit être ça, les “marginal gains“…

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La salle de presse, tôt le matin. Ca sera beaucoup plus occupé que ça dans quelques minutes!

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Ca y est, j’ai récupéré l’essentiel pour la journée: le badge d’accréditation, et la liste à jour des engagés sur la course, numéros de dossard y compris. J’ai aussi pris les plus récents dossiers (guide technique, document de présentation) donnant toutes les informations sur la course.

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On vient de loin pour couvrir les Grands Prix cyclistes de Québec et Montréal. Ici, la photographe de la radio française RTL.

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9h10. La salle de presse s’anime, les journalistes et les photographes débarquent. Parmi les premières préoccupations, celle d’obtenir le mot de passe pour se brancher sur le réseau Internet du Grand Prix. Tout est en place, c’est efficace.

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Juste à côté de la salle de presse, la salle-pipi…

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Une fois la réunion des journalistes terminée, mon photographe (lourdement armé avec trois appareils photo, des lentilles supplémentaires, le trépied, etc.) et moi allons sur le site de départ, question d’essayer de poser quelques questions aux coureurs, ceci dans le but de savoir leurs plans pour la journée.

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En entrevue avec un gars d’Ottawa-Gatineau, le sympathique Alex Cataford qui me confie la stratégie de l‘équipe canadienne pour la journée, et son appréciation de sa condition actuelle. Alex vient de terminer 5e du général au Tour de l’Alberta.

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Juste avant le départ, les Sky sont prêts (Geraint Thomas a son “race face” on). Au premier plan, Nicolas Portal leur directeur sportif. N’ayant jamais manqué un grand prix de Québec à ce jour (sept éditions), je demeure toujours estomaqué de l‘état de maigreur du peloton WorldTour. C’est fou! Pour avancer à ce niveau, le poids est clé. L’affutage sans perte de puissance est une partie importante du travail d’Hugo Houle depuis quelques années, comme ce l’a été pour David Veilleux avant lui. Et c’est le conseil que je donnerais au jeune David Drouin, sans l’ombre d’un doute un gros moteur, s’il veut percer à ce niveau!

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Attend Tom, je t’aide avec l’installation de ton capteur cardiaque… Tom a aussi confirmé ce que je dis depuis des années: le métier de coureur cycliste est incompatible avec la possibilité d‘être beau en maillot de bain…

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Les Grands Prix, c’est aussi voir et être vu. Je tombe à deux pas de la ligne départ-arrivée sur de la grande visite, qui tient plutôt le profil bas: Christian Prudhomme, directeur du Tour, venu pour la première fois sur les épreuves canadiennes du World Tour. Si un départ du Tour au Québec ne semble pas se concrétiser pour des raisons évidentes de logistique, il est plutôt question de l’organisation d’une troisième épreuve d’un jour du côté de la Côte Est américaine, dans la foulée des deux grands prix canadiens. Cette nouvelle épreuve WorldTour pourrait avoir lieu le mardi suivant le GP de Montréal.

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Une fois l’arrivée, je laisse mon photographe faire les clichés d’usage des podiums.

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Retour à la salle de presse pour la conférence d’après-course, une occasion de poser des questions aux trois premiers. Toujours intéressant!

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La salle est pleine, les caméras tournent, c’est le moment fort de la journée des journalistes sur ce Grand Prix.

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Peter Sagan en a terminé de sa conférence de presse, et visiblement une seule envie l’habite: fuir au plus vite! Contrairement à ce que plusieurs pensent, Peter Sagan n’est pas très habile avec les journalistes et plutôt peu loquace. Mais il demeure en tout temps vrai et sincère, c’est probablement la recette de son succès populaire.

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