Alex Harvey: j’arrête au bon moment

Toujours intéressant de lire les entrevues avec le champion de ski de fond Alex Harvey, ce dernier n’ayant jamais de langue de bois. Chaque fois, Alex nous permet de mieux comprendre la vie d’un athlète de haut niveau, qui est souvent loin de ce qu’on peut imaginer.

Et bien sûr, retour sur quelques déceptions, dont les derniers JO, ainsi que le dopage dans le sport.

À ne pas manquer!

Et plus que quelques jours avant sa retraite sportive…

Que du Astana!

Outre les Deceuninck, on ne voit qu’une équipe gagner en ce moment, les Astana. C’est impressionnant, et le dernier week-end leur a encore apporté leur lot de victoires.

Astana en est désormais à 19 succès depuis le début de la saison, contre 17 pour Deceuninck. Astana, c’est l’équipe de l’heure.

Je ne me rappelle pas d’avoir vu une équipe pro à pareille fête en début de saison comme les Astana cette saison.

Hier, l’équipe s’est même payée un doublé: victoire de Jakob Fuglsang sur la 5e étape de Tirreno-Adriatico, après avoir terminé 2e des Strade Bianche le week-end dernier, et victoire de Ion Izaguirre dans la dernière étape de Paris-Nice, solo. Fuglsang a remporté plus tôt cette année le Tour d’Andalousie.

Pas mal!

La veille, Alexey Lutsenko avait lui aussi remporté une étape (la 4e) de Tirreno, après avoir remporté le Tour d’Oman plus tôt cette année, et terminé 4e du Het et 7e des Strade.

N’oublions pas Magnus Cort Nielsen, un peu sorti de nulle part cette semaine, qui a remporté la 4e étape de Paris-Nice.

Un autre Izaguirre, Gorka, remportait le Tour de la Provence il y a quelques semaines. Angel Lopez a quant à lui remporté le Tour de Colombie, et Luis Leon Sanchez, en vue sur ce Paris-Nice, a gagné le Tour de Murcie cette saison.

Ouf!

Même Hugo Houle, le Québécois de l’équipe, a été plutôt vu à son avantage sur ce Paris-Nice, frappant même à la porte du top-10 jusqu’à la dernière étape.

Y’a pas à dire, les coureurs de l’équipe ont vraiment la bonne patte ces temps-ci. Tiendront-ils ce régime encore longtemps? Personnellement j’en doute, on arrive sur les grandes Classiques et l’équipe ne présente pas une force de frappe importante sur les courses d’un jour, comme d’autres équipes peuvent l’avoir. On n’a cependant pas encore trop vu les Fraile et Cataldo devant.

Bernal gagne Paris-Nice

Si la victoire n’a pas échappé au Sky, c’est finalement le jeune Colombien de… 22 ans Egan Bernal qui s’est imposé au général de Paris-Nice, résistant le mieux aux deux dernières étapes accidentées. La longue montée du Turini a eu raison de Kwiatlowski samedi.

Je suis d’avis que l’adversaire le plus dangereux de Bernal aura été son compatriote Quintana chez Movistar. Ce dernier a probablement manqué d’équipiers hier sur la dernière étape pour tenter quelque chose contre les Sky, bien représentés dans le final. Quintana termine 2e à 39sec, de quoi nourrir quelques regrets, mais un résultat qui laisse peut-être présager une meilleure saison du Colombien.

Pour Bernal, fait intéressant, plusieurs grands champions cyclistes vainqueurs du Tour ont eux aussi remporté leur premier Paris-Nice, souvent surnommée le « petit » Tour de France. Un bon présage pour Bernal? Il a la classe, ca c’est évident en tout cas.

Petit tour de l’actualité avant un week-end qui s’annonce intéressant

1 – Paris-Nice. On voit plus clair pour le général après le chrono d’hier que Simon Yates a remporté, au même moment où son frère Adam prenait la tête de Tirreno-Adriatico. La bonne opération du jour a été réalisée par l’équipe Sky, qui occupe désormais les deux premières places du général avec Kwiatlowski et Bernal. Ils seront difficiles à déloger ce week-end sur les étapes accidentées, même si rien n’est encore gagné bien sûr.

Leurs adversaires les plus sérieux seront assurément les Astana pour Sanchez (3e du général), les Movistar pour Quintana (6e à 1min) et les AG2R pour Bardet, qui a perdu beaucoup de temps selon moi sur le chrono hier. Bardet pointe maintenant à la 10e place du général avec un retard de 1min21 sur le maillot jaune, un gros écart pour Paris-Nice qui se gagne souvent, dans le cyclisme moderne, par une poignée de secondes. De quoi s’inquiéter également pour les chronos du prochain Tour de France?

Et comment battre les Sky? Il faudra selon moi bien manoeuvré samedi lors de l’arrivée en altitude, en jouant l’attentisme et l’opportunisme dans la dernière ascension si Kwiatlowski ou Bernal montrent des signes de faiblesse. Et dimanche, partir de loin!

2 – Hugo Houle. Le coureur québécois a réalisé un chrono correct hier pour préserver sa 11e place au général, une performance qui lui voudra d’attirer l’attention ca c’est certain, notamment en prévision du Tour de France l’été prochain. S’il devra assurément travailler pour son leader au cours des prochaines étapes, espérons qu’il pourra accompagner le plus loin possible pour s’assurer d’une belle place au général. Un top-10 n’est pas impossible!

3 – Mike Woods. Le coureur canadien a signé un contrat de « plusieurs années » avec l’équipe Education First, une excellente nouvelle pour le cyclisme canadien qui s’assure ainsi d’une figure de proue au niveau World Tour, susceptible d’attiser l’intérêt du public canadien. Je suis personnellement certain que Woods en claquera une belle cette saison!

4 – Nacer Bouhanni. Le coureur français de Cofidis a pris deux relais lors du chrono par équipe, puis a été lâché et est rentré hors délai, stoppant net son Tirreno-Adriatico dès la première étape. J’avoue que je ne comprends plus ce sprinter pourtant prometteur il y a quelques années. Que se passe-t-il avec Bouhanni? Visiblement, c’est la tête qui cloche…

5 – Ineos. C’est le probable nouveau sponsor de l’équipe anglaise Sky l’an prochain. Ineos est une multinationale de produits chimiques, déjà présente dans le sport via notamment la voile de compétition. C’est probablement une bonne nouvelle pour le cyclisme anglais, il faudra voir quelles structures chez Sky seront préservées, cette équipe souffrant d’une image en baisse auprès du public. L’occasion d’un gros renouvellement?

6 – Deceuninck. Le succès continue pour cette équipe belge de premier plan, assurément celle qui a gagné le plus depuis le début de la saison avec Astana: hier, Julian Alaphilippe s’est imposé sur la 2e étape de Tirreno-Adriatico. Et Jungels pointe en 5e place du général de Paris-Nice, à moins d’une minute du leader. De quoi donner des idées pour le week-end!

7 – Campagnolo. Ce n’est pas tant une surprise, car c’était attendu: la firme italienne vient de lancer son groupe Super Record EPS (électrique) 12 vitesses. Je continue de déplorer le choix de cassettes, deux seulement, 11-29, 11-32, de quoi grimper aux arbres. Pourquoi ne pas proposer une 11-23 ou 11-25, avec par exemple 11 pignons séparés d’une seule dent pour une cassette 11-23? La progressivité serait excellente, unique, de quoi se démarquer.

Le groupe est disponible avec freins à disque, ou freins à mâchoire (classique).

Le prix est à la hauteur de la réputation de Campagnolo…

Par contre, tous les testeurs de ce nouveau groupe Super Record EPS ont souligné la qualité du produit: chez Campagnolo, celle-ci est en effet toujours irréprochable.

8 – Doug Shapiro. J’adore ces « rétro talk » avec d’ex-coureurs cyclistes pro qui nous permettent souvent un éclairage nouveau d’un cyclisme passé. Shapiro a été au coeur de l’avénement de l’équipe américaine 7-Eleven dans les années 1980, la première équipe américaine à se frotter au cyclisme professionnel en Europe. Avec de beaux succès à la clé, surtout la victoire d’Andy Hampsten sur le Giro en 1988… notamment grâce à la fameuse étape du Gavia sous la neige!

9 – Strade Bianche selon Education First, un beau petit video proposé par Rapha. Question de se faire plaisir et de se motiver en vue de la reprise prochaine on espère du cyclisme sur route au Québec, l’hiver s’éternisant parmi nous cette année. Qu’à cela ne tienne, y’a Alex Harvey qui vient sur les Plaines d’Abraham à Québec dans une semaine, pour sa dernière Coupe du Monde en carrière!

Mais bon, le cyclisme, ca reste le cyclisme… ma passion! Et ces petits vidéos l’entretiennent bien.

Paris-Nice: on entre dans le vif du sujet

Après trois étapes qui favorisaient les sprinters, voilà qu’on entre dans le vif du sujet sur cette édition de Paris-Nice, la course au soleil.

Pas que les étapes précédentes ont été ennuyeuses… et il faut remercier le vent pour avoir contrebalancé les effets indésirables des oreillettes. Certains coureurs ont toutefois payé le gros prix de ces bourrasques, en premier Warren Barguil touché lundi aux cervicales. On lui souhaite de retrouver son niveau à temps pour le Tour de France cet été et ca devrait le faire, les blessures étant somme toute moins graves qu’anticipées. Rigoberto Uran et Fabio Aru ont également déjà abandonné. Pour Aru, qu’est ce qui se passe?!

Aujourd’hui, l’étape est longue (212km) et comporte de nombreuses bosses dans les 60 derniers kilomètres, de quoi donner des occasions aux coureurs pour attaquer. Je vois bien un baroudeur comme Philippe Gilbert s’imposer.

Jeudi, ce sera le chrono de 25 bornes, avec une belle patate après 15 km de course. Même si c’est court, on saura qui peut jouer le général au terme de cette étape que les leaders ne pourront pas louper.

Vendredi, sans grand intérêt mais… ce sont les coureurs qui font la course.

Le week-end sera différent, avec samedi l’arrivée en altitude au col de Turini après 15 kms d’ascension à 7% de moyenne. Là, plus question de se cacher. Je vois une belle lutte par exemple entre Romain Bardet, qui a bien manoeuvré sur les trois premières étapes, et Egan Bernal sur qui mise la Sky. Attention également à son coéquipier Kwiatlowski qui a des ambitions grandissantes sur les courses par étape. Ce Paris-Nice pourrait lui donner l’occasion de convaincre tout le monde que ses ambitions sont justifiées.

Dimanche autour de Nice, une étape comme je les aime: courte (110kms), sans un kilomètre de plat, présentant de superbes paysages notamment du côté de La Turbie, la course se jouera probablement là.

Pour le général, je vois une lutte entre ces coureurs qui ont bien manoeuvré jusqu’ici: Romain Bardet, Egan Bernal, Michal Kwiatkowski, Luis Leon Sanchez, Nairo Quintana et Bob Jungels. Tous les autres m’apparaissent déjà trop loin au général, incluant Soler le vainqueur sortant, à plus de 12 minutes. Et sur les premières étapes, on a senti que Romain Bardet, Egan Bernal et Michal Kwiatlowski semblaient bien décidés à batailler pour la gagne, avec Luis Leon Sanchez, un ancien vainqueur de l’épreuve (2009).

Allez, je mise Bardet! Après tout, le dernier vainqueur français de Paris-Nice est… Laurent Jalabert, en 1997. Il est temps!

Strade Bianche: le bilan

Après une semaine de relâche, La Flamme Rouge reprend le service normal avec un retour sur la Strade Bianche.

Comme d’hab, cette course est l’une des plus belles de la saison: des paysages magnifiques, toujours un grand vainqueur, un public enthousiaste et une organisation au point. J’aime!

On s’est régalé samedi en suivant la course.

Le bilan doit reconnaître que les Deceuninck-Quick Step ont été en contrôle, ayant trois coureurs devant (Alaphilippe, Stybar et Lampaert) dans le final de l’épreuve. C’est vraiment l’équipe dominante cette saison sur le World Tour et la profondeur de leur alignement est impressionnant: dans le final de la première étape de Paris-Nice hier, c’est encore eux qui animaient la course avec Philippe Gilbert et Fabio Jacobsen.

Je me pose même quelques questions en voyant un certain Pieter Serry en 13e place de la course toujours pour Deceuninck, ce coureur de 30 ans n’ayant jamais eu de résultats probants jusqu’ici au niveau professionnel. Vraiment, on a l’impression ces temps-ci que chaque coureur de l’équipe belge devient un champion remarqué par sa simple présence dans l’effectif!

Quoi qu’il en soit, Alaphilippe a montré beaucoup de maitrise et de lucidité dans le final en réagissant toujours avec brio aux attaques d’un excellent Jakob Fuglsang qui évolue au sein d’une équipe Astana elle-aussi bien en vue en ce début de saison. Alaphilippe a bien joué ses cartes, étant très patient malgré le retour d’un impressionnant Van Aert, le champion de cyclo-cross qui fait de cette course une spécialité, ayant aussi terminé 3e l’an dernier. D’ailleurs, les qualités développées en cyclo-cross ne semblent pas nuire sur cette course, Alaphilippe et Stybar ayant eu aussi beaucoup pratiqué la discipline plus tôt dans leur carrière.

Lotto-Soudal piégée

C’est l’autre équipe belge Lotto-Soudal qui s’est montrée constamment piégée samedi, avec pourtant les excellents Tiesj Benoot et Tim Wellens présents devant dans le final. On a l’impression que les deux coureurs n’ont pas pu coordonner efficacement leurs actions. Certainement de quoi nourrir bien des regrets, Wellens en particulier qui semblait avoir les meilleures jambes et qui, selon moi, aurait dû couvrir le contre de Van Aert.

Les limites de CCC

On aura aussi remarqué l’isolement de Greg Van Avermaet dans le final de la Strade Bianche: il était tout seul de son équipe dans les derniers kilomètres. Voilà qui augure mal selon moi pour la campagne prochaine des Classiques, la CCC montrant clairement d’importantes limites dans le domaine: le 2e CCC classé est Michael Schar, à plus de neuf minutes!

Thomas déjà bien?

Il faudra aussi remarquer de cette course la 12e place d’un certain Geraint Thomas, champion du Tour de France 2018, et donc déjà plutôt bien en ce début de saison. La Sky a également été vu active sur la 1ere étape de Paris-Nice, notamment le Polonais Michal Kwiatlowski qui pourrait jouer le général avec son équipier Egan Bernal.

Classiques: ca commence ce week-end!!!

On y est enfin: la saison des Classiques! Yé!

Samedi le Omloop Het Nieuwsblad, dimanche Kuurne-Bruxelles-Kuurne.

La 74e édition du Omloop propose samedi 200 bornes à Messieurs les coureurs, entre Gent et Ninove. Au menu, neuf secteurs pavés et 13 monts, dont le dernier, le Bosberg, à 13 kilomètres de l’arrivée. On annonce un temps assez médiocre, avec de la pluie et surtout, beaucoup de vent. La course sera très certainement difficile dans ces conditions, avec des coups de bordure très probables. Le vainqueur sortant, Michael Valgren (Dimension Data), sera au départ, tout comme les ex-vainqueurs Ian Stannard, Greg VanAvermaet et Sep Vanmarcke.

Côté victoire, plusieurs coureurs seront à surveiller de près. Je pense par exemple à Alexey Lutsenko chez Astana, si facile sur le récent Tour d’Oman. La puissante formation Deceuninck sera à surveiller de près car elle court à domicile, et notamment les Sdenek Stybar, en forme, Philippe Gilbert et Yves Lampaerts. Sep Vanmarcke a récemment été en vue et sera le leader de la formation Education First. Greg VanAvermaet, bien sûr. Plusieurs autres spécialistes des Classiques seront présents, pour un plateau que j’estime remarquable: Tiej Benoot, Jens Keukeleire, Olivier Naasen, Dylan Teuns, Jurgen Roelandts, Wout Van Aert, Jens Debusschere, Ian Stannard, Jesper Stuyven, Lars Boom et Nicky Terpstra.

Deux Canadiens au départ samedi matin à Gent, soit Hugo Houle et Antoine Duchesne.

Ca s’annonce très intéressant!

Kuurne-Bruxelles-Kuurne favorise souvent les sprinters et ca paraît dans le choix de l’alignement des diverses équipes. Au menu de Messieurs les coureurs sur cette 71e édition, 206 kilomètres et 13 monts à passer, le dernier étant situé assez près de l’arrivée. À surveiller de près, les sprinters Matteo Trentin, Sonny Colbrelli, Andre Greipel, Nacer Bouhanni et Arnaud Demare. Les favoris de samedi seront aussi à surveiller dimanche.

Trois Canadiens au départ à Kuurne dimanche matin, soit Hugo Houle, Antoine Duchesne et Guillaume Boivin. Ce dernier a une jolie pointe de vitesse, mais difficile de connaître précisément sa condition actuelle.

Suivre ces courses

Les années passent, toujours aussi difficile de suivre en direct les courses cyclistes européennes depuis l’Amérique du Nord.

Une belle option demeure un abonnement payant sur un site de retransmission live sur Internet, comme Flobikes. Sinon, il faudra voir ce que d’autres sites comme Steephill ou Cyclingfans proposeront. Ca marche parfois bien, parfois c’est la galère aussi.

Si vous avez des tuyaux, n’hésitez pas à les partager sur ce site!

Scandale de dopage dans le ski de fond

« Je ne suis pas surpris du tout »  (Alex Harvey, champion canadien de ski de fond présent aux Mondiaux)

« C’est presque irréel comme situation. On pensait vraiment qu’on en avait fini avec ces scandales, que le monde avait compris que ca ne faisait pas partie de notre sport. C’est vraiment surprenant« . (Pierre-Nicolas Lemyre, Ski de fond Canada)

Ces citations sont tirées d’un article publié dans La Presse Plus ce matin. Cet article porte sur la récente descente policière qui a eu lieu dans le cadre des Championnats du monde de ski de fond qui se déroule à Seefeld en Autriche. Un des athlètes se serait fait prendre l’aiguille dans le bras, en pleine transfusion!

Au moins 4 athlètes présents se seraient fait piqué, ainsi qu’un médecin et un complice. On a affaire à un réseau qui dopait des athlètes de la Coupe du Monde de ski de fond depuis plusieurs années, et qui opérait notamment via Erfurt en Allemagne.

Fait intéressant, le médecin impliqué et d’autres acteurs de ce réseau seraient liés au monde du cyclisme, ayant oeuvré dans certaines équipes cyclistes pro allemandes dans le passé, comme la sulfureuse Gerolsteiner ou encore Milram. Le présent scandale pourrait avoir des ramifications dans d’autres sports écrit-on, et on pense bien évidemment en premier lieu au cyclisme professionnel.

Je me réjouis de telles opérations policières, car pour moi la seule vraie façon de lutter contre le dopage. Les tests ont depuis longtemps montré leurs limites, les athlètes et les médecins savent aujourd’hui comment les déjouer, notamment en pratiquant un dopage plus « chirurgical » qu’auparavant, fait de micro-doses ne provoquant pas de fluctuations dans les suivis biologiques et s’effaçant rapidement dans le corps humain. Aujourd’hui, le dopage sanguin est selon moi arrivé à « maturité » après 30 ans de pratique: on le maitrise parfaitement, c’est à dire qu’on est capable de préserver la santé de l’athlète (il y a moins de morts subites) tout en déjouant aisément les contrôles.

Je me réjouis moins de constater le décalage stratosphérique entre les perceptions d’un athlète comme Alex Harvey et des officiels de Ski de fond Canada, les deux semblant vivre sur des planètes complètement différentes.

Et pour moi, il est notamment là le problème.

Encore du dopage dans le ski de fond et le cyclisme? Bien sûr que oui!

Avons-nous déjà oublié le scandale des athlètes russes, pourtant pas si lointain? Plusieurs skient avec Alex Harvey sur ces Mondiaux.

Comment se fait-il que des fédérations supposées travailler à promouvoir un sport sain, dans le respect des règles, soient si décalées de la réalité?

Pas rassurant tout ca, surtout dans le contexte où c’est un peu le bordel actuellement à l’Agence Mondiale Anti-dopage qui fait face à une crise existentielle autour de son indépendance par rapport au CIO et aux fédérations.  Rappelons simplement que la crise est suffisamment grande pour que des ex-athlètes comme la canadienne Beckie Scott aient claqué la porte de l’agence ces derniers temps…

Pas bon tout ca!

Ski de fond Canada aurait intérêt à écouter un peu plus les athlètes canadiens qui évoluent sur la Coupe du Monde de ski de fond afin de rester en contact avec la réalité… car il serait important de tenir compte de cette réalité. Y’a des 4e places qui valent de l’or… et des budgets qui doivent suivre.

Je suis triste aujourd’hui pour Alex Harvey, qui a annoncé sa retraite pour la fin de la présente saison de ski. Tout cela doit lui laisser un goût vraiment amer. Il aura besoin du soutien de son public sur les Plaines d’Abraham fin mars afin d’être rassuré, alors qu’il tirera sa révérence: ce public sait plus que jamais j’en suis sûr reconnaître les vrais champions.

Une course enlevante

Question de revenir au sport, le relais féminin 4x5km ce matin a donné lieu à une course enlevante, extrèmement excitante entre Norvégiennes et Suédoises. Quel finish! Une de meilleures courses de ski de fond ces dernières années!

Fouillez nos archives!