Quelques nouveautés sur les GranFondo du Québec en 2018

Avec 2018 qui approche, nous sommes probablement nombreux à réfléchir aux objectifs de la saison prochaine, question d’entretenir la motivation.

Plusieurs GranFondo du Québec ont déjà communiqué les détails de leur édition 2018 et on peut y déceler quelques nouveautés intéressantes.

Le GranFondo Mont Tremblant est, pour beaucoup, le premier événement de la nouvelle saison cycliste. En 2018, cette cyclosportive se déroulera le 27 mai et en sera à sa sixième édition, déjà. J’y ai pris beaucoup de plaisir en 2017, notamment parce que cet événement sait à mon avis incarner parfaitement “l’esprit cyclosportif”, loin de celui des courses cyclistes formelles ou “licenciées”.

En 2018, de nombreux pelotons seront encore disponibles, permettant à tous de choisir sa “zone de confort”. On peut déjà s’inscrire ici, en bénéficiant de tarifs réduits.

Quelques jours après, soit les 2 et 3 juin prochain, c’est le Défi Gatineau-Mont Tremblant, organisé par les Rouleurs du Casino dans le but de financer leur participation au Grand Défi Pierre Lavoie. Là encore, un très bel événement axé sur la convivialité, qui représente aussi un vrai défi sportif: 160kms le samedi, la même chose le dimanche. La qualité de la réception au Mont Tremblant est garantie, et les pelotons (contrôlés) jouissent là aussi d’un encadrement policier assurant la sécurité des participants. Les inscriptions sont déjà ouvertes là encore, à tarifs réduits jusqu’au 15 janvier prochain.

Il ne faudra pas oublier la série des “Gran Fondo Éco“, dont quatre se dérouleront l‘été prochain au Québec: Cantons-de-l’Est (3 juin), Mont Sainte-Anne (15 juillet), Centre du Québec (19 août) et De la Jacques Cartier (16 septembre). Là encore, de nombreux parcours disponibles, et des inscriptions déjà possibles, notamment aux 4 événements d’un coup, de quoi meubler votre saison!  Je ne vois cependant pas d’information concernant un trophée spécial pour ceux qui auraient complété les 4 GranFondo les plus longs, ca serait intéressant de créer quelque chose de spécial autour de ca.

Le 8 septembre, ce sera le Défi du Parc de la Mauricie, un grand classique qui attire chaque année des milliers de participants. En 2018, seules deux distances (53 et 100kms) seront disponibles, sur un parcours original étant donné les travaux prévus sur le tronçon habituel de la course, dans le Parc de la Mauricie. Cette cyclosportive restera cependant très exigeante par le profil accidenté de l‘épreuve, et par la qualité du plateau qui s’y présente chaque année. On s’inscrit ici dès maintenant.

Enfin, la Classique des Appalaches – peut-être la plus belle et la plus difficile sur le plan sportif? – aura lieu en 2018 le 25 août, et non fin septembre comme les trois dernières éditions. C’est une bonne nouvelle selon moi, tant sur le plan de la météo que du nombre de participants potentiels. La qualité de l’accueil et le “sérieux” de son parcours distingue cet événement depuis sa création.

Bien d’autres cyclosportives seront organisées en 2018 au Québec, et des belles! À mesure que le calendrier se fera plus précis, je pourrai vous tenir informé des dates et autres nouveautés à tenir compte la saison prochaine.

Reste plus qu‘à s’entrainer! Forza!

Le salaire des pros

En 2018, le salaire minimum des coureurs WorldTour sera révisé à la hausse pour la première fois depuis 2013, décision de l’UCI et de son nouveau président David Lappartient.

Du coup, c’est intéressant de faire le point sur le salaire des pros. Si les contrats ne sont pas rendus publics, on trouve des estimations sur Internet, et je vous propose un petit tour d’horizon.

Les chiffres avancés portent sur les salaires touchés des équipes, et ne comprennent pas les autres contrats de marketing avec des compagnies d‘équipements (le plus souvent). Ces contrats sont souvent assez juteux et peuvent parfois doubler le revenu annuel d’un coureur. À ne pas perdre de vue!

Le cycliste pro le mieux rémunéré est certainement Chris Froome, vainqueur du Tour et de la Vuelta 2017, avec un salaire estimé à plus de 5 millions d’euros, révisé en 2018 possiblement proche des 6 millions d’euros. C’est beaucoup? On est pourtant très loin de la rémunération des stars d’autres sports, et de Christiano Ronaldo qui touche autour de… 47 millions d’euros annuellement, sans compter ses contrats publicitaires. Et je ne vous parle pas de la F1!

Peter Sagan est probablement le 2e coureur le mieux payé du peloton, avec un salaire estimé autour de 5 millions d’euros lui aussi. Ses résultats bien sûr jouent pour beaucoup, mais aussi son image publique décalée, relax, et sa popularité interviennent dans ce montant élevé.

Parmi les autres millionnaires du peloton, on compte très certainement Vicenzo Nibali (un ancien vainqueur du Tour encore en activité, ils sont rares!), Marcel Kittel, Nairo Quintana, Alessandro Valverde, Philippe Gilbert, Greg Van Avermaet, Fabio Aru, Tom Dumoulin (il a signé avec SunWeb jusqu’en 2022) et possiblement Michal Kwiatlowski et Richie Porte.

Marcel Kittel, Philippe Gilbert, Tom Dumoulin ainsi que Greg Van Avermaet auront certainement bonifié significativement leur salaire en 2017 grâce à leurs performances qui ont dépassé les attentes.

Peu de coureurs français toucheraient plus d’un million d’euros par an. Ce serait le cas de Romain Bardet, Nacer Bouhanni et Thibault Pinot.

Après ces “stars” millionnaires du cyclisme, le salaire des autres coureurs diminuerait vite et serait pour la presque totalité inférieur au million d’euros par an.

Entre 0,5 et 1 million d’euros, on a très certainement des coureurs qui ont gagné de grandes courses ou qui jouissent d’une popularité et d’un capital sympathie important auprès du public. Je pense à des coureurs comme Alexandr Kristoff, Mark Cavendish, Michael Matthews, Dan Martin, Rigoberto Uran, Andrei Greipel, John Degenkolb et, parmi les Français, les Tony Gallopin, Julian Alaphilippe, Arnaud Demare, Brian Coquard et très probablement Warren Barguil qui a dû passer à la caisse durant l’intersaison. La liste n’est évidemment pas exhaustive.

Un bon équipier d’expérience en WorldTour peut espérer toucher annuellement entre 200 000 et 400 000 euros, dans de rares exceptions (à ce tarif, un Jens Voigt peut-être?).

Les autres coureurs sont souvent au salaire minimum imposé par l’UCI, qui est de 38 000 euros par an pour un coureur de plus de 25 ans, et de 29 000 euros pour un néo-pro qui débarque, ou légèrement au dessus. Les salaires minimum seront bonifiés de 2% en 2019 et 2020 (ajustement à l’inflation), ce qui est une bonne nouvelle puisqu’entre 2013 et 2018, les salaires minimum étaient restés fixes.

Au total, la moyenne des coureurs WorldTour serait d’environ 264 000 euros par an, mais c’est une moyenne… très affectée par les quelques coureurs qui présentent des salaires hors norme. En analyse des salaires, la médiane est toujours préférable, mais faute d’une distribution précise, je ne peux pas vous la calculer!

Alors, payant le cyclisme? Pas vraiment… même pas du tout. Au litre de sueur et de souffrance, les cyclistes sont assurément parmi les sportifs les moins bien payés au monde. Et parmi les cyclistes, les femmes professionnelles sont sans aucun doute les plus à plaindre, l’UCI n’ayant jamais fixé de salaire minimum pour elles. Dans ces circonstances, avoir un petit salaire est déjà une réussite pour la majorité d’entre elles. À quand l‘équité salariale entre les sexes dans le sport?

Trop d’activité physique?

Ayant récemment repris l’entrainement intensif, je cherche à mettre à jour mes connaissances sur la pratique sportive et multiplie les recherches tout azimut.

C’est ainsi que j’ai pu couvrir récemment plusieurs sujets, dont l’entrainement par intervalles et les suppléments appelés à soutenir les activités de musculation-gainage. Ce dernier texte a d’ailleurs suscité de nombreuses réactions qui m’ont surpris; non, je n’encourage pas le dopage bien évidemment! Non, je ne prends aucun supplément alimentaire, ni même de vitamines, ni même de poudre de protéines; tout au plus du lait au chocolat de retour d’un entrainement intense, si je suis encore dans la “fenêtre”. Mais il n’y a pas de mal à mes yeux de se tenir informé des développements dans le domaine.

Alors que je reprends – avec douleur! – les intervalles et que j’ai dépassé la mi-quarantaine, une question: peut-on faire trop d’activité physique en vieillissant?

La réponse semble être la même que celle à la question “peut-on boire trop d’eau?” : oui!

Pas rassurant…

Les athlètes en sport d’endurance semblent particulièrement à risque: cyclisme, ski de fond, triathlon, marathon, trail…

En gros, trop d’activité physique très intense (lorsqu’on se pousse “au max”) peut conduire à:

  • un risque d’arythmie cardiaque ou de tachycardie, en vieillissant, sous l’effet notamment de l‘épaississement des parois du coeur. Ce problème est fréquent, et parfois dégénère. Eddy Merckx lui-même souffre de problèmes cardiaques et plus récemment, des cyclistes pro comme Robert Gesink ont dû composer avec ce genre de situation. Dans les cas extrêmes, ces troubles cardiaques peuvent conduire à des risques de “mort subite”. Pas rassurant…
  • des problèmes de décalcification osseuse, voire de déminéralisation, souvent associés à la sudation et la sollicitation, années après années chez les athlètes maitre, du corps de façon extrême. Ces problèmes osseux peuvent surtout apparaitre en cas de carences nutritionnelles. L’alimentation adéquate jouerait donc un rôle très important.
  • un affaiblissement du système immunitaire, régulièrement trop “fatigué” pour jouer pleinement son rôle. Qui n’est jamais tombé malade après un entrainement très intensif?
  • des perturbations du système endocrinien (hormones) du corps, notamment du côté de la thyroïde, ou en particulier chez les femmes.
  • des défis du côté de la santé mentale, une dépendance pouvant découler d’une pratique sportive très intense, et donc des problèmes de dépression en cas de cessation brutale de l’activité en raison par exemple d’une blessure ou d’une maladie.

Comment éviter tout ca? Deux éléments clé, apparemment: premièrement, respecter une progression dans l’activité physique, en ne brulant pas les étapes à mesure que les entrainements deviennent de plus en plus exigeants. C’est évidemment très important pour les athlètes qui reprennent après plusieurs semaines ou mois d’inactivité, ou les nouveaux sportifs. Deuxièmement, écouter son corps.

La bonne nouvelle, c’est que je fais des progrès dans les deux! La maturité et la sagesse, peut-être… et chose certaine, vaut mieux l’entrainement sportif intense que la… sédentarité.

Un livre a été publié plus tôt cette année sur les risques de la pratique sportive intense sur le coeur: The Haywire Heart: How too much exercice can kill you, and what you can do to protect your heart.

J’aime également le blog du réputé Institut de cardiologie de Montréal dont certains articles traitent de ces sujets.

Nouveau maillot AG2R – La Mondiale

L‘équipe française dont le siège social est à la Motte Servolex près de Chambéry a dévoilé plus tôt cette semaine son nouveau maillot pour la saison 2018.

Du classique, plus simple encore que le précédent. Pourquoi pas?

Ceci étant, je pense que le design dans le monde du vélo manque parfois d’inspiration. La preuve? Je suis tombé sur cet exercice de style présenté par Dans ma musette, le redesign de plusieurs maillots du peloton, incluant AG2R La Mondiale, Sky, Movistar, Dimension Data, Astana et Cannondale-Drapac.

Plutôt réussi non? Le peloton aurait davantage de couleurs et d’originalité si on sortait ainsi des sentiers battus (traditionnels)!!!

Malate de citrulline, mieux que les BCAA?

Consentant à un gros travail de musculation-gainage depuis plusieurs semaines, je m’intéresse actuellement aux suppléments – légaux! – permettant de soutenir un tel entrainement intensif.

C’est peut-être en raison du fait que pour une question de génétique et de métabolisme, j’ai beau lever de la fonte, je ne vois aucune prise de masse musculaire significative chez moi, en dépit du fait que je suis bel et bien plus fort au fil des semaines…

Je connais bien sur les BCAA, ces suppléments d’acides ramifiés qui aident les muscles à bien récupérer et à soutenir les charges d’entrainement répétées.

Je m’intéresse récemment à un produit que je ne connaissais pas, le malate de citrulline (abondant dans la pastèque, d’ou son nom!).

Ce supplément – un acide aminé non protéinogène – semble très efficace pour soutenir un entrainement musculaire intensif, tout en agissant sur la masse grasse du corps. En gros, on soutient le muscle, et on s’affute en perdant de la masse graisseuse.

Le malate de citrulline aurait l’avantage d’augmenter la concentration d’azote dans le sang, un peu comme le jus de betterave le fait, augmentant la capacité de tolérance aux lactates en apportant plus d’oxygène et de nutriments aux muscles. Ce supplément permettrait donc d’aller plus loin dans les charges d’entrainement, comme dans les répétitions d’un même exercice.

Aucun effet indésirable serait connu de ce supplément alimentaire, qui se consomme souvent sous forme de poudre. Couplée à des BCAA, ce pourrait être un puissant facteur de soutien à des périodes d’entrainement intensif en musculation-gainage.

Je serais curieux de savoir ce qu’en pensent les lecteurs de ce site, et si certains l’ont déjà expérimenté!

Facebook en complément

Vous aurez remarqué que les articles de La Flamme Rouge sont désormais accessibles sur la page Facebook du site.

Certains lecteurs ont exprimé des inquiétudes de ne voir ces articles que disponibles sur Facebook.

Rassurez-vous, ce site continuera d’exister selon la formule actuelle, bien que je travaille actuellement à renouveler l’interface et le look du site qui n’a pas changé depuis quelques années. Il n’y a pas de mal à se moderniser un peu!

Les articles Facebook sont un complément, une façon de rejoindre un plus grand nombre peut-être. C’est à l’essai pour un certain temps.

Je crois encore beaucoup en la valeur ajoutée des blogs, dont celui-ci bien évidemment qui, par la qualité de vos commentaires et de vos opinions exprimées en réaction à mes articles, permettent à plusieurs de se forger une idée précise d’un sujet. Merci à tous pour continuer à contribuer ainsi à la qualité de La Flamme Rouge, un site qui est probablement devenu, sans le chercher, unique dans le monde du cyclisme francophone.

L’aventure se poursuit!

Danilo Di Luca: cycliste infiltré

Danilo Di Luca: pour moi, ce coureur a incarné des années durant la classe à l‘état pur, le talent, et le panache. Un attaquant, un vrai. Un gros moteur couplé d’un mental de guerrier.

Si je n’ai jamais eu d’idôle en cyclisme, pas même Marco Pantani, le coureur que j’ai pourtant le plus admiré, l’Italien des Abbruzes Danilo Di Luca a toujours été sur ma courte liste de mes coureurs préférés parce qu’avec lui, il se passait toujours quelque chose en course.

Mais quel gâchis aussi… Di Luca a couru durant l‘époque noire du vélo, une époque difficile tant l’abus de dopage sanguin était répandu.

Je viens de terminer la lecture du livre Danilo Di Luca, Cycliste infiltré. Une sorte d’autobiographie du coureur, rédigée en collaboration avec Alessandra Carati.

Pour beaucoup d’entre vous, le livre n’aura que peu d’intérêt. Di Luca y raconte essentiellement sa carrière, son ascension, ses succès dont le Giro 2007, puis sa descente aux enfers.

C’est toutefois un livre courageux à plusieurs égards: Di Luca n’exprime aucun regret et assume, et ne veut manifestement pas qu’on le plaigne. Le seul regret que vous trouverez dans ce livre, c’est au tout dernier paragraphe: “Cette histoire n’a pas de fin, c’est ma vie. Le poids le plus lourd que je porte avec moi est la douleur causée aux personnes que j’aime et que j’ai aimées. Quant au reste, je m’en suis sorti.

La valeur ajoutée de ce livre, c’est que Di Luca nous aide vraiment à comprendre “Le Système”. Il donne le ton dès la page 15: ”J’ai menti, j’ai triché, j’ai fait ce que je devais faire pour arriver le premier, mais ce n’est pas le problème. Le problème, c’est que je ne me suis pas immunisé contre le système.

C’est exactement ca. Ce livre est intéressant car il nous permet de comprendre le contexte dans lequel les coureurs pro évoluent. Di Luca y traite bien sûr de la difficulté extrême du sport, des mensonges quotidiens à son entourage, au public, de la pression des contrôles fréquents, des passages de désespoir qu’il a traversé, des procès, mais surtout, surtout, du fait que sans les bons appuis, tu ne peux pas réussir dans ce sport.

On parle ici de quelques acteurs clé du cyclisme italien, les sélectionneurs nationaux, le CONI, les organisateurs du Giro, les managers d‘équipe.

Dans le vélo, tout se sait, et il est facile de tomber à l’index si tu prends trop de place, ou si tu ne respectes pas les “règles” du milieu.

Di Luca en a payé le prix.

J’ai aimé ce livre parce qu’il m’a permis d’acquérir l’intime conviction que dans les histoires de dopage mécanique, notamment l’Affaire Cancellara, le milieu sait, lui… Pas besoin d’une enquête pour ca, et certains feront ce qu’il faut pour protéger le business.

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