Tour 2018: rebondissements garantis!

Ca y est, on connait le profil du Tour de France 2018, présenté hier à Paris.

Un Tour propice aux rebondissements si vous voulez mon avis!

Un parcours caractérisé par des étapes très diversifiées. Voyez un peu: un chrono par équipe, des étapes exposées au vent, des étapes sur des pavés dans le nord de la France, parfois des étapes très courtes comme celle de 65 kms seulement dans les Pyrénées, parfois aussi des étapes plus longues comme ces 218 kms entre Carcassonne et Bagnères-de-Luchon, un chrono individuel tout en relance, et peu de temps mort.

On enterre définitivement le classicisme des années 1990 et du début des années 2000. Seul vestige peut-être, ce dernier chrono placé la veille de l’arrivée, un classique sur une épreuve de trois semaines.

Bref, on a visiblement privilégié un parcours pouvant entretenir le suspense durant trois semaines, pouvant aussi garantir le spectacle tous les jours. Et que dire des Alpes et des Pyrénées, avec de vraies belles étapes dans les deux massifs montagneux!

Je vous avoue franchement que j’aime bien ce profil du Tour, et les nouvelles règles qui seront en vigueur: maximum de huit coureurs par équipe (plutôt que neuf) et des nouvelles bonifications en temps en cours d‘étape durant les neuf premiers jours de course. Ces changements vont considérablement compliquer la vie des grands leaders si vous voulez mon avis, qui devront composer avec une situation de course pouvant changer rapidement, n’importe quand, n’importe où. Ils ne seront jamais tranquilles, fini les étapes de transition où on pouvait récupérer l’esprit en paix!

Les sept étapes clé

La 6e étape vers le Mûr de Bretagne, à escalader deux fois dans le final. Les premiers écarts entre les grands favoris.

La 9e étape vers Roubaix, et un peu plus de 21 kms de secteurs pavés, la plupart figurant au parcours de Paris-Roubaix. S’il devait faire mauvais temps, rebondissements garantis. Même par temps sec, ce sera délicat. Les équipes des grands favoris devront choisir des coureurs capables d‘épauler leur leader sur ces routes, et d’autres capables d‘être efficace en haute montagne. Maux de tête garantis!

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La 10e étape vers le Grand Bornand, avec l’ascension des cols de Romme et de la Colombière dans le final après avoir gravi l’ascension du plateau des Glières et ses deux kilomètres de terre battue dans le haut du col. De quoi faire la différence, car on peut notamment maintenir les écarts en haut de la Colombière jusqu’au Grand Bornand, la descente étant courte et rapide.

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La 11e étape vers La Rosière, avec la montée de Bisanne, le Cormet de Roseland avant d’attaquer la montée finale vers La Rosière. Une étape courte (108kms), explosive, ne comportant pas un mètre de plat.

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La 12e étape vers l’Alpe d’Huez, peut-être LA grande étape de ce Tour de France: col de la Madeleine, lacets de Montvernier, puis col de la Croix de Fer avant d’attaquer l’ascension vers l’Alpe d’Huez. Un grand classique, qui a souvent été le théâtre d’exploits. J’aime beaucoup, car cette étape lie ce Tour de France à son histoire.

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La 17e étape vers St-Lary-Soulan, longue de 65 kms, soit la plus courte étape en 30 ans sur le Tour. “L‘étape dynamite” selon Christian Prudhomme! Trois ascensions sur cette courte distance (Peyresourde, Val Louron et Portet), et une arrivée au sommet du col du Portet après 16km d’ascension à presque 9% de moyenne. Parmi la difficulté du jour, un départ direct en montée, sans réchauffement possible outre que sur les home-trainer avant le départ. Départ explosif à prévoir! On va s’ennuyer d’Alberto Contador sur une telle étape!

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À noter que les 16e et 18e étapes – plus classiques – dans les Pyrénées ne seront pas à négliger non plus: 218 et 200 bornes! La 16e étape comporte dans son final les cols de Portet d’Aspet, de Menté et du Portillon. La 18e étape comporte les cols d’Aspin, du Tourmalet, des Bordères, du Soulor et de l’Aubisque, excusez-un-peu! Chaque fois, l’arrivée est jugée au pied d’une descente, et on sait qu’aujourd’hui, les grands favoris peuvent aussi faire la différence dans ces descentes, pourvus qu’elles soient un peu techniques et rapides.

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La 20e étape, un chrono de 31 kms dans le Pays Basque, sur un parcours accidenté, tout en relance. Un chrono exigeant qui pourrait décanter la course plus que prévu si jamais les écarts étaient serrés entre quelques favoris.

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Les favoris

Tout le monde parle évidemment de Chris Froome, qui s’attaquera à une cinquième victoire sur le Tour de France. Il rejoindrait alors le cercle fermé des quatre vainqueurs de cinq Tours, soit Anquetil, Merckx, Hinault et Indurain.

Je sais pas vous, mais je vois Tom Dumoulin comme un grand favori également. Très fort sur les chronos, ce coureur est également polyvalent, et peut-être un peu plus robuste que le frèle Chris Froome. Je trouve que le parcours 2018 va très bien au coureur néerlandais vainqueur du Giro 2017!

Il faudra aussi se méfier de Vicenzo Nibali, qui avait gagné le Tour 2014 sur un parcours présentant quelques similitudes avec celui de 2018. C’est également un coureur robuste, capable de faire la différence sur de nombreux terrains.

Rigoberto Uran pourrait également trouver matière à s’illustrer.

Par contre, je vois moins les Aru, Bardet, Barguil et Pinot sur un tel parcours; je pense qu’ils laisseront pas mal de plumes sur les 10 premiers jours, avant d’attaquer la montagne. Mais rien ne serait tout à fait perdu pour un grimpeur en forme devant les belles et nombreuses étapes de montagne de ce Tour de France, offrant un terrain propice pour se refaire.

Excitant tout ça! Vivement juillet 2018!

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Pantani forever!

Ce vidéo magnifique a fait remonter des tonnes de souvenirs… de passion aussi. C’est de l’essence même du cyclisme dont il est question… Seuls ceux qui ont leur jardin secret, ces rides solo où on se teste, année après année, en se poussant à l’agonie tant physiquement que mentalement, comprendrons. Les miennes s’appellent Luksville, La Patrie, Bonsecours, et parfois la Chartreuse et son col du Coq. Ha! tout cela me manque…

Le Tour de France 2018

Grâce à des excellents sites comme VeloWire, on commence à avoir une meilleure idée du profil du Tour de France 2018, à une semaine exactement de sa présentation officielle à Paris.

On connait les dates: du 7 au 29 juillet.

Le Grand Départ est évidemment connu depuis un moment déjà: Vendée – Pays de Loire, le fief de l‘équipe Direct Énergie de Jean-René Bernaudeau. Une équipe qui vient d’ailleurs d’annoncer qu’elle sera équipée des vélos Wilier-Triestina en 2018, et non plus des BH comme ces dernières années.

Le tour devrait ensuite tourner dans le sens horaire, en remontant d’abord vers le nord de la France, avec possiblement quelques secteurs pavés à franchir et une arrivée possible à Roubaix.

Ce sera ensuite les Alpes, avec des villes étape comme Aix-les-Bains, Bourg St-Maurice ou encore Bourg d’Oisans. Vous l’avez compris, les coureurs devraient se ré-attaquer à l’Alpe d’Huez l’an prochain dans le final d’une étape. Une autre très belle étape pourrait se dérouler entre Aix-les-Bains et le Grand Bornand, avec dans le final l’ascension du col de Romme, puis du col de la Colombière. Pour les avoir gravi au moins deux fois durant des cyclosportives (La Grand Bo et la Haute Route), ces deux cols l’un derrière l’autre font mal, surtout les interminables derniers kilomètres de la Colombière, alors qu’on a la petite cabane du sommet en point de mire mais qu’elle semble ne jamais se rapprocher!

Après une traversée d’Est en Ouest de la France, notamment via Carcassonne, le Tour passerait dans les Pyrénées avant la traditionnelle dernière étape vers les Champs Élysées.

Reste à savoir quel équilibre sera donné entre les chronos (individuels et par équipe, ce dernier intervenant du coté de Cholet dans le cadre du Grand Départ), les arrivées en altitude, les sprints et les étapes accidentées et piégeuses.

Ce qu’on sait déjà cependant, c’est la réduction du nombre de coureurs par équipe, de neuf à huit, dans une volonté d’accroître la sécurité des coureurs durant l‘épreuve. Je suis pas sûr que cette mesure soit efficace à l‘égard de la sécurité, mais je suis sûr que cela compliquera la tâche du maillot jaune et du maillot vert pour contrôler la course. À huit coureurs, les directeurs sportifs ont une marge de manoeuvre réduite, et devront davantage orienter leur équipe vers un seul objectif. Les chutes, les abandons couteront également plus chers, un coureur représentant une fraction plus importante de l’effectif total.

LE grand enjeu de ce prochain Tour de France? La cinquième victoire de Chris Froome, qui le ferait entrer dans l’histoire du cyclisme en égalant le record de Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain. Une sorte de Brexit, à l’envers! (pour un coureur britannique)

En déclin, le cyclisme sur route?

Voilà bien plusieurs mois que je m’interroge: le vélo de route serait-il en déclin?

Aujourd’hui, j’en ai acquis la certitude!

Comprenez-moi bien: je pense que le cyclisme est en expansion, une expansion soutenue. Le moteur de cette expansion n’est toutefois plus le cyclisme sur route comme c‘était encore le cas il y a quelques années seulement. C’est aujourd’hui le VTT, le gravel bike, le cyclo-cross et le fat bike. Du vélo à toutes les sauces!

Je le vois tous les jours au sein même de mon équipe cycliste: les membres ne se contentent plus du seul vélo sur route. Ils roulent sur des chemins de gravelle, roulent en “fat” l’hiver, et plusieurs – dont moi – roulent désormais dans les trails, sur des VTT. Sans parler du cyclo-cross, dont la saison bat actuellement son plein au Québec.

Derrière cette tendance, plusieurs éléments selon moi. L’un d’eux est inquiétant, et rejoint les tristes événements vécus au Québec la semaine dernière: la sécurité routière.

Pour moi, il est évident que la hausse rapide du nombre de cyclistes sur route au Québec depuis une quinzaine d’années a exacerbé la tension entre cyclistes et automobilistes. Si beaucoup de ces derniers se sont ajustés et ont appris à respecter courtoisement les cyclistes, une fraction significative des automobilistes demeurent frustrés de notre présence sur les routes, et le font bien mal savoir.

Du coup, je vois autour de moi de plus en plus de cyclistes délaissant les routes tendues pour se réfugier dans les bois, dans les parcs, dans les trails, là où il est impossible de croiser une voiture. La paix, la sainte paix!

Le constat semble être le même en France. Je lisais récemment sur la création du mouvement “Mon vélo est une vie“ dans l’Hexagone, mouvement créé au lendemain d’une tragédie comme celle de Clément Ouimet la semaine dernière au Québec. D’un côté comme de l’autre de l’Atlantique, même problématique…

Hélas! on peut penser que d’autres accidents surviendront, les autorités réagissant – selon moi – trop lentement vis à vis des aménagements et de l‘éducation à faire auprès de tous – cyclistes sur route comme automobilistes – pour améliorer les choses.

D’autres éléments interviennent assurément dans cette diversification de la pratique cycliste. Les vélos, très certainement, qui sont de plus en plus ludiques, faciles à piloter, confortables et efficaces. Je pense aux VTT “full suspension”, ou encore aux freins à disque, voire aux pneumatiques dont les progrès sont évidents. La technologie démocratise la pratique, toutes les pratiques en fait, et c’est très bien.

Je pense également à l’explosion des événements, partout: circuit provincial de cyclo-cross, courses de “fat” l’hiver dont cette traversée du Lac Saint-Jean, multiplication des événements de type “gravel” comme les 100 à B7 le week-end dernier en Estrie, voire la création originale du “Quebec Singletract Experience“, une épreuve de VTT d’une semaine alliant belles rides à une foule d’autres expériences intéressantes, un peu façon Haute Route mais en mieux (selon moi!). Sans compter l’explosion des offres de pratique de VTT, partout, dans toutes les régions, les industries touristiques étant avides d’attirer une clientèle sportive, souvent assez à l’aise financièrement, et qui cherche à vivre des “expériences totales”, incluant les à-côtés de la pratique.

Bref, pour moi, la tendance est claire et ne s’arrêtera pas de si tôt: le vélo de route se maintiendra certes, mais sa pratique diminuera au profit des autres pratiques cyclistes. Mon vélociste me le confirmait récemment: dans le haut de gamme, ses ventes de VTT dépassent largement celles des vélos de route cette saison!

Remarquez, c’est très bien pour le VTT, le cyclo-cross, le gravel bike et le fat bike! Découvrant moi-même actuellement les joies – et les chutes! – associées au VTT, je me réjouis de cette diversification de la pratique cycliste… même si j’ai une petite inquiétude persistante pour l’avenir du cyclisme sur route, ma discipline de prédilection.

C’est en descente qu’ils font désormais la différence!

Je sais pas vous, mais moi je me suis régalé des images du Tour de Lombardie samedi, en particulier dans le final autour de Como. Magnifique riviera entourant le lac de Come!

À une dizaine de kilomètres de l’arrivée, je croyais la course pliée: ça allait se jouer entre Thibault Pinot et Vicenzo Nibali.

Ben non!

Nibali a gagné solo, faisant la différence dans la plongée vers l’arrivée. Une descente négociée de mains de maitre, payez-vous les images, c’est du grand art après 240 bornes de course.

Éjecté, Thibault Pinot! Il a même été devancé à l’arrivée par un coureur que j’aime décidément beaucoup, Julian Alaphilippe.

Ca devient désormais une habitude dans les courses pro modernes: la différence peut aussi se faire dans les descentes. Il y a quelques années, même du temps d’Armstrong, il ne se passait jamais grand chose dans les descentes, sauf incident bien sûr.

Aujourd’hui, les Nibali, Froome, Contador, voire d’autres, n’hésitent plus à attaquer au sommet d’un col, question de mettre la pression aux autres.

Les entraineurs devront-ils s’ajuster et inclure des séances de pilotage dans l’entrainement des coureurs afin de leur permettre d’aiguiser leurs sens pour mieux passer ces moments où la technique et le sens de la trajectoire prennent tout leur sens?

Et la question qui tue: certaines équipes pourraient-elles compter sur des pneumatiques exclusifs, leur permettant de mieux négocier les lacets à haute vitesse? Comment l’exclure? Pirelli vient de sortir une nouvelle gamme de pneus de vélo, la compétition est féroce dans le milieu et les équipementiers pourraient avoir intérêt à publiciser leurs pneumatiques en compétition… Officiellement, l‘équipe Bahrain-Merida roule sur des pneumatiques Continental, mais difficile de savoir ce que chaussait Nibali sur ce Tour de Lombardie.

Enfin, les sections plus larges – à la mode en ce moment – peuvent-elles aussi expliquer que certains coureurs font désormais la différence dans les descentes? Des sections de 25mm seraient-elles plus efficaces que les 23 ou les 21? Pas impossible…

Clément Ouimet

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Les Rumsas, mieux que les Osbournes?

Celle-là, elle me renverse. J’arrive à peine à y croire.

Le fils de Raimondas Rumsas, ex-coureur pro, vient d‘être piqué positif pour prise d’hormones de croissance en septembre dernier.

Ce n’est pas tout.

Les Rumsas étaient déjà sous une enquête, leur autre fils Linus ayant été retrouvé mort en mai dernier au domicile familial, une mort suspecte survenu durant le sommeil. Une quantité importante de produits dopants aurait été retrouvé au domicile familial.

Rappelons que Raimondas Rumsas père est tristement célèbre dans le cyclisme professionnel pour son contrôle positif à l’EPO lors du Giro 2003, mais surtout pour avoir lâché sa conjointe – Edita – après qu’elle eut été trouvé en possession d’une quantité importante de produits dopants à l’entrée du tunnel du Mont Blanc. Le coureur avait ensuite déclaré que ces produits dopants étaient destinés à sa belle-mère, gravement malade…

Je n’en reviens pas! C’est tout simplement dément.

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