Aderlass: ca continue

De l’histoire ancienne, le dopage dans le cyclisme?

Détrompez-vous: si à l’ère des micro-doses les piqués positifs sont moins nombreux car on sait désormais faire, la réalité demeure.

Seulement, aujourd’hui il y a un plus grand décalage entre la compétition et le moment où on découvre le pot aux roses. Simplement parce que ce ne sont plus les contrôles qui permettent de prendre les coureurs, mais bien les enquêtes ou les descentes de police. Et des enquêtes, ben ca prend du temps.

La dernière enquête se nomme Aderlass, et a été révélée lors des derniers Mondiaux de ski de fond à Seefeld en Autriche. On se souvient tous des photos qui ont circulé sur Internet montrant un fondeur l’aiguille dans le bras.

L’affaire Aderlass implique un réseau allemand de dopage, qui opérait depuis Thuringe. Le médecin oeuvrait auparavant au sein d’équipes cyclistes professionnelles, dont Gerolsteiner et Milram.

La nouveauté? On apprenait hier via Le Monde qu’Alessandro Petacchi, le sprinter italien dominant dans les années 2000, est sur la liste de Mark Schmidt, le médecin en question.

Évidemment, Petacchi a démenti.

Sauf que. Sauf que c’est le médecin Schmidt lui-même qui a balancé les noms, s’étant mis à table. Difficile de contredire!

Petacchi commente actuellement le Giro pour des télés italiennes. Faudra voir ce qu’il advient de sa carrière. Remarquez, l’un n’empêche pas l’autre, voyez Laurent Jalabert ou Richard Virenque en France…

Bref, soyons lucides, le dopage dans le cyclisme existait encore il y a quelques années seulement, et existe très certainement encore aujourd’hui, même si on ne « pique » plus les stars du peloton qui ont certainement accès à des protocoles au point, rodés, fait de micro-doses indétectables aux contrôles (ceux qui veulent se convaincre de l’efficacité de cette méthode, à voir ou revoir cet excellent reportage de la télé française sur ce dopage par micro-dose), sinon de nouveaux produits comme cette poudre d’hémoglobine, découverte aussi grâce à l’affaire Aderlass.

Le cyclisme colombien commence d’ailleurs à faiblir puisqu’on enchaîne, depuis quelques mois, les piqués positifs parmi les coureurs ressortissants. Le dernier en date est Juan Molano, suspendu en plein Giro par son équipe UAE il y a 48h pour variations atypiques dans son profil biologique.

Ce dopage dans le vélo est à tous les niveaux, encore récemment le champion du monde granfondo chez les 40-49 ans qui était déclaré positif à l’EPO.

Assez désolant tout ca, surtout que l’on sait que les budgets pour la lutte contre le dopage sont en baisse et que la gouvernance internationale du sport tarde à clarifier l’indépendance de l’AMA face à d’autres institutions comme le Comité international olympique.

Mais consolons-nous, cyclistes que nous sommes: on commence à mesurer toute l’ampleur du dopage parmi les… marathoniens qui tombent comme des mouches depuis quelques mois, les marathoniens kenyans en particulier. Comme quoi on ne court pas le marathon en 2h02 en buvant de l’eau claire…

La Colombie, avec Esteban Chavez

La passion du Giro!

Wow! Y’a pas à dire, vous êtes nombreux à vous passionner, comme moi, pour le Giro: 55 commentaires laissés suite à mon aperçu du Giro 2019 publié vendredi dernier!

Merci à tous de vos commentaires, toujours aussi passionnant que de vous lire.

Et c’est tout une première étape que nous avons eu samedi dernier, un condensé du classement général final très probablement: 1) Roglic 2) Yates 3) Nibali 4) Lopez 5) Dumoulin. Difficile de faire mieux!

Un absent cependant de ce top-5 des favoris: Mikel Landa, seulement 36e de l’étape à plus d’une minute. Une grosse déception pour lui très certainement.

Deux surprises peut-être: Tao Geoghegan, 7e à 35sec, et Bauke Mollema juste derrière. Ces coureurs auront désormais la confiance de leur équipe respective.

Mais il est clair aujourd’hui que Roglic est l’homme à battre de ce Giro. LA question: pourra-t-il, voudra-t-il garder le maillot rose toute la course? Porter le maillot rose du premier au dernier jour serait tout un exploit, peu vu de nos jours dans le cyclisme moderne.

Personnellement, je pense qu’il peut le faire. Voudra-t-il, c’est une autre histoire. Son équipe et lui irons certainement avec les circonstances de course: si un autre coureur peu menaçant pour le général pouvait le porter et son équipe le défendre quelques jours, devenant des alliés, pourquoi pas?

Pour le général, le prochain test surviendra probablement lors de la 6e étape vers San Giovanni Rotondo: une étape piégeuse, où le travail d’équipe sera capital. 238 kms dans la journée, quand même… jamais facile.

Quoi qu’il en soit, c’est un Giro passionnant qui s’annonce, car très ouvert. Nibali a bien fait samedi, il voudra faire parler de lui, tout comme Dumoulin, vainqueur du général il y a deux ans. Tout ce joli monde ne restera pas les bras croisés, et la pression moindre que sur le Tour donne généralement une course plus intéressante.

Boivin par terre

Je souhaite bon courage à Guillaume Boivin pour la suite de ce Giro: le coureur québécois a chuté à 63kms de l’arrivée et n’est donc plus dans les meilleures dispositions pour la suite. C’est trop de malchance, chuter ainsi dès l’étape no2, alors que Guillaume a connu son lot d’ennuis ces dernières années… Bon courage champ!

Pure Italian Cycling!!!

Votre Giro 2019

On y est, le premier grand tour de la saison 2019, le Giro.

Ca débute demain par un prologue du côté de Bologne, un prologue pas tout à fait conventionnel d’ailleurs, 8km avec une belle ascension dans les deux derniers kilomètres. Sur ce genre de parcours, deux solutions pour la gagne: ou bien c’est un rouleur qui passe bien les bosses comme Tom Dumoulin, ou bien c’est un homme en forme comme Primoz Roglic. Victor Campanaerts? Je n’y crois pas.

Comment regarder le Giro depuis le Canada? 

Pas simple cette année, la chaine télé RDS ne retransmettant pas la course. Il faudra se tourner vers des sites payants comme Fubo.tv ou Flobikes. Sinon, il faudra se fier à des sites qui proposent des livestream comme Steephill, Cyclingfans ou Tiz.Cycling.Live qui marchait bien sur la récente période des Classiques d’avril.

Les Canadiens

Un seul en course, Guillaume Boivin pour Israel Academy. Boivin est en bonne condition cette année, et je pense qu’il aura la confiance de son équipe. Plusieurs étapes au final compliqué pourraient lui convenir je pense, alors il faut y croire. Let’s go Guillaume!!!!

Education First a annoncé il y a quelques jours que Mike Woods ne serait finalement pas au départ, alors qu’on l’annonçait sur la course en décembre et janvier dernier. Changement de stratégie? Assurément oui. On veut probablement avoir Woods sur le prochain Tour de France aux côtés de Rigoberto Uran, question de ne pas se louper. Deux leaders sur une telle course valent mieux qu’un seul.

Le parcours de ce Giro

Pour moi, un parcours difficile, montagneux, avec notamment trois chronos (le prologue à Bologne, le deuxième vers San Marino lors de la 9e étape et le dernier le jour de l’arrivée à Vérone lors de la 21e étape) compliqués, chaque fois présentant de la pente. Ce genre de chrono est toujours difficile à négocier, tu dois garder du jus pour la bosse tout en ne perdant pas de temps sur les portions plus roulantes.

L’étape-reine? La 16e assurément entre Lovere et Ponte di Legno, 226 kilomètres excusez-un-peu, par delà les cols de la Presolana, du Gavia et du Mortirolo. La grande lessive! et on abordera le redoutable Mortirolo au km 186 de l’étape, putain, ca va faire très, très mal. Spectacle garanti, vous ne voulez pas manquer ca, sous aucun prétexte. Le Mortirolo les amis, pour l’avoir refait l’an dernier lors de la cyclo Gavia&Mortirolo, ce n’est pas une partie de plaisir…

Sinon, il y a quelques autres belles étapes à surveiller.

La 6e étape d’abord, avec une ascension dans le final vers San Giovanni Rotondo. Le style d’arrivée piégeuse, que les leaders qui jouent le général appréhendent, surtout après quelques étapes passées sur de gros braquets.

La 13e étape bien sûr, avec son arrivée en altitude à Ceresole Reale, au terme d’une ascension d’au moins 20 bornes et une longue approche en faux plat.

La 14e étape entre Saint-Vincent et Courmayeur sera également très excitante, seulement 131 kms mais pas un mètre de plat, 4 cols à franchir dont le premier après seulement… 13 kms de course! De quoi lancer les hostilités très tôt, et donner envie aux coureurs qui n’ont qu’une distance modeste à parcourir durant l’étape.

Les 17e et 19e étape présentent également une arrivée en altitude, la première à Anterselva, l’autre à San Martino. Chaque fois des étapes pas très longues, mais avec un final difficile à négocier.

La dernière grande étape sera la 20e, 193 kms entre Feltre et le fameux Croce d’Aune, zéro plat, un passage à plus de 2400m d’altitude sur le Manghen, de quoi décanter la course sur des organismes déjà bien fatigués. Si le maillot rose n’est pas encore bien accroché, ce sera passionnant.

Bref, un bien beau Giro qui devrait commencer assez peinard pour les grands leaders avec quelques étapes de « mise en jambes » dévolues aux sprinters en première semaine, avant d’attaquer les choses sérieuses avec le deuxième chrono. À partir de là, faudra répondre présent quasiment tous les jours.

Les favoris

Pour moi, deux noms: Primoz Roglic et Tom Dumoulin.

Primoz Roglic parce que c’est l’homme en forme et que ses capacités semblent monstrueuses. Le Tour de Romandie est là pour nous montrer que l’homme n’entend pas lésiner.

Tom Dumoulin, parce que ce parcours lui convient bien, surtout les chronos où il pourrait faire la différence. Roglic demeure toutefois un sacré client. Pour battre Roglic, c’est en 3e semaine que Dumoulin devra être bon.

Derrière, quelques autres coureurs peuvent rêver de s’imposer: Vicenzo Nibali, qui présente l’expérience des grands tours difficiles, Simon Yates, ainsi que deux espagnols, Mikel Landa et Miguel Angel Lopez. Ces deux derniers ne présentent toutefois pas de vraies garanties sur leur état actuel de forme.

À part ces six coureurs, oubliez ca pour le général!

Personnellement, je mise Dumoulin.

Positif à l’EPO sur les GranFondo!

Ce genre de nouvelles ne me surprend plus, mais m’attriste à chaque fois.

Le double « champion du monde » du GranFondo UCI, chrono et route, l’Espagnol Raul Portillo, s’est fait piqué positif à l’EPO. La nouvelle est sortie hier.

Triste époque, triste réalité.

On parle ici d’autre chose qu’une simple pilule: dopage sanguin. Le gros stock!

À l’heure de la valorisation à outrance et de l’image instantanée sur les médias sociaux, certains n’hésitent donc pas afin de se distinguer, de sortir du lot. Ca fait de belles photos sur Facebook et Instagram… la gloire instantanée!

Soyons lucide, il est certain que du dopage, il y en a aussi dans n’importe quel peloton de coureurs sur les courses comme sur les granfondo, ici au Québec comme en France et partout ailleurs. Nous avons malheureusement, au Québec, des cas tristement célèbres. Et nous connaissons tous, dans notre entourage, des cyclistes ou des fondeurs à la progression surprenante.

La peur du gendarme, c’est probablement encore le meilleur moyen de lutter contre ce fléau. Mais ca coûte cher, alors on peut comprendre que la priorité est donnée aux contrôles au sein des pelotons élite, et non pas au sein des pelotons maitres.

Dans ce contexte, il faut s’en remettre au jugement et à l’éthique de tous et chacun. Rappelons simplement que nous sommes tous responsables de ce qui entre dans notre organisme, et que des outils existent pour nous faciliter la vie en cas de doute. J’avais mis en ligne un lien vers le site GlobalDRO, très bien fait et utile, il y a quelques semaines. Athlètes, vérifiez vos médicaments!

Le Tour de l’actualité

1 – GP de Contrecoeur. Je retrouvais les amis du peloton M1 hier au GP de Contrecoeur, 2e épreuve sur route de la FQSC cette saison. Ca faisait plaisir de voir de nombreux coureurs au départ tant chez les M1 (30-39 ans en gros) que chez les M2, fort de la météo clémente sur la course.

Et la course a été un bon rappel: à 44,5 km/h de moyenne, pas facile de s’échapper! Aucune tentative n’a pu vraiment prendre plus de 100m sur le paquet, total un sprint final au bout des 94kms de la course. Mais c’est toujours agréable de reprendre les réflexes d’un peloton, d’enrouler de gros braquets afin de s’affuter un peu plus.

L’an dernier je courais M2, cette fois-ci M1 et la différence est significative: ca roule beaucoup mieux en M1. Aucun crash, visiblement des mecs adroits sur leurs vélos, à aucun moment de la course me suis-je senti menacé par des vagues dans le peloton. Vraiment bien.

Malheureusement, chute il y a eu en M2, à quelques 2 kms de la ligne d’arrivée. De nombreux coureurs par terre, on pense à eux aujourd’hui et on leur souhaite un rapide rétablissement, notamment au guerrier Éric Provost, salement touché hier. Let’s go Éric, le peloton québécois est orphelin sans toi…

2 – Tour de Romandie. Victoire finale d’un coureur qui sera à surveiller de très près sur le prochain Giro, Primoz Roglic. Ce dernier s’offre Victor Campenaerts et Tony Martin sur le chrono lors de la dernière étape. Et 15e de ce chrono, un certain Remco Evenepoels…

Pas mal de surprise par ailleurs sur ce Tour de Romandie. D’abord l’éclosion du petit grimpeur français David Gaudu, gagnant de la 3e étape et 5e du général. Il progresse, c’est évident.

Ensuite Rui Costa, le retour, 2e du général.

Michael Woods termine 10e, honnête, et son équipe a annoncé la semaine dernière qu’il n’irait finalement pas au Giro. Décision surprenante? Je ne sais pas. On préfère probablement garder Woods pour le Tour de France, où il pourrait épauler Rigoberto Gran et, selon les circonstances, chercher une belle victoire d’étape en montagne.

Enfin, à ne pas oublier la 3e place au général de Geraint Thomas, qui monte donc en puissance en vue de son rendez-vous de juillet. Ni Froome, ni Thomas ne sont attendus pour l’instant sur le Giro, la suite sera donc intéressante.

3 – Sky-Ineos. Justement, la Sky, qui vient de changer de sponsor avec Ineos, une compagnie  qui donne dans l’industrie chimique, a annoncé qu’Egan Bernal, prévu leader sur le Giro, ne prendrait pas le départ, victime d’une fracture de la clavicule suite à une chute à l’entrainement. On attend aujourd’hui ou demain le nom de son remplaçant. Kwiatkowski? Moscon? Coup de poker, Thomas? Pour moi, le plus probable est Wout Poels. À suivre!

4 – Pinarello F12. La mythique marque italienne vient de sortir son nouveau joujou, le F12, évolution du F10.

Mouais. Pour moi, c’est avant tout un joli coup de marketing parce que les différences entre le F10 et le F12 sont somme toute assez modestes: une version freins à disque, un peu plus de marge pour monter des pneus de sections plus grandes, quelques retouches au niveau du design du cadre pour le distinguer un peu du F10 et basta.

Le prix, par contre, a lui évolué.

La meilleure analyse des différences nous vient probablement du site Matos Vélo.

5 – Radio Bidon. Le dernier opus est ici. Parce que c’est toujours un plaisir.

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