Vuelta: beaucoup de rebondissements

L‘étape reine de la Vuelta a eu lieu hier vers Cortals d’Encamp: “seulement” 138 kms certes, mais pas moins de 5 cols à franchir entre 1800 et 2000m d’altitude, et 5000m de dénivelé. Pas un mètre de plat!

Rebondissements, il y a eu.

Chris Froome: le champion anglais (ou kenyan?) a chuté dans une descente, puis a lâché prise dans la dernière ascension, terminant avec près de 9 minutes de retard sur le vainqueur du jour. Autrement dit, Vuelta terminée pour ce qui est du général. Voilà qui montre qu’un doublé sur les grands tours est dans le cyclisme d’aujourd’hui bien difficile: tous ceux qui le tentent échouent…

Mikel Landa: le vainqueur de cette étape dantesque. Mine de rien, ce coureur espagnol, peu connu en début d’année, se sera adjugé l‘étape-reine sur le Giro (étape du Mortirolo) et sur la Vuelta cette saison, excusez-un-peu. Il s’inscrit comme un formidable grimpeur et un talent certain pour l’avenir.

Il est par ailleurs intéressant de savoir – du principal intéressé lui-même – qu’il n’a pas respecté les consignes d‘équipe hier et a pris “des libertés” pour aller jouer la gagne. Ce genre d’attitude n’est pas très appréciée des leaders et managers, mais Landa s’en fout probablement: il a signé chez Sky pour les deux prochaines saisons. C’est David Brailsford qui est ravi ce soir, et Vino rit jaune (ou rouge).

Fabio Aru: le jeune coureur italien montre un certain caractère en voulant manifestement se reprendre suite à un échec crève-coeur sur le dernier Giro. Excellent grimpeur, il montre qu’il a bien récupéré de sa campagne italienne en mai dernier. Désormais en amarillo, je pense toutefois qu’il ne peut pas encore crier victoire: d’une part, il reste beaucoup de route à parcourir, d’autre part Tom Dumoulin limite bien les dégâts en montagne et ne pointe qu‘à 30 secondes au général.

Joaquim Rodriguez: Purito pointe désormais à la 2e place du général, à 27 secondes d’Aru. À 36 ans, Rodriguez doit voir dans cette Vuelta la chance réelle – et très probablement la dernière possible – de remporter enfin un grand tour, ligne qui manque cruellement à son palmarès par ailleurs bien étoffé. Pour Rodriguez, c’est une chance en or, une chance à ne pas manquer. Il faut se battre jusqu’au bout!

Tom Dumoulin: LA révélation de cette Vuelta selon moi. Si on savait que le jeune coureur roulait vite dans les chronos, on n’imaginait pas qu’il pourrait faire aussi bien en haute montagne sur un grand tour. Hier, il a assumé son statut de leader de la course, a roulé derrière Landa, Aru et Rodriguez, assurant un train élevé dans le final. Bien meilleur rouleur contre la montre qu’Aru et Rodriguez, Dumoulin, s’il devait continuer ainsi dans la montagne à limiter ses pertes, aura une réelle chance de remporter cette Vuelta s’il sort un grand chrono sur les 39 kms de la 17e étape.

Alejandro Valverde: le champion d’Espagne semble avoir amorcé son glissement au général. Il se rabattra probablement sur un coup d‘éclat lors d’une ou plusieurs étapes, bien qu’il n’ait pas de pression: il a déjà gagné sur cette Vuelta. La bataille pour le podium sera très intéressante au cours des prochains jours: ils sont pas moins de 5 coureurs à moins de 30 secondes d‘écart de la 3e place (Majka, Chaves, Valverde, Moreno et Nieve).

Nairo Quintana: le Colombien a perdu pied hier alors qu’il arrivait sur son terrain de prédilection, ô ironie du sort. Quintana serait malade, très fiévreux, donc ça s’explique. L’abandon n’est pas loin selon moi car qu’a-t-il à gagner de plus à rester ainsi sur l‘épreuve, maintenant qu’il n’est plus un facteur pour le général? Il ferait peut-être mieux de mettre un terme à sa saison pour prendre du repos et revenir plus fort encore en 2016.

Frank Schleck: c’est pour moi une déception, car le coureur avait montré des signes de forme plus tôt en août. Il pointe désormais en 25e place du général, à plus de 22 minutes.

Ian Boswell: l’autre révélation de l‘étape d’hier. Le coureur américain de 24 ans chez Sky termine 3e de cette difficile étape de montagne, situant sa caisse. S’il est très loin au général (à plus d’une heure 24), Boswell prend de la caisse et commence à avoir des résultats en WorldTour.

Capteurs de puissance: ça bouge plus vite encore!

Si, comme moi, vous n’avez pas encore de capteur de puissance sur le vélo, les récentes nouvelles sont encourageantes car elles laissent entendre que la démocratisation des prix et des modèles s’accélère et que le quasi-monopole du SRM – hors de prix – est bel et bien terminé.

Je n’ai en effet jamais consenti à dépenser 3 000 voire plus de 4 000$ pour un capteur de puissance, si utile cet outil puisse-t-il être pour planifier et quantifier ses entrainements.

La révolution est cependant en marche et je crois que les prix baisseront encore beaucoup dans les 12 à 18 prochains mois.

Par exemple, Power2max, qui équipe la Movistar rappelons-le, vient d’annoncer, à l’occasion du salon Eurobike qui se déroule actuellement en Allemagne, qu’ils coupaient leurs prix d’environ 20%. Pas négligeable. Vous pouvez désormais songer à dépenser environ 600$US pour acquérir ce système, soit beaucoup moins qu’il y a 2 ans.

La concurrence s’accroît également, induisant une pression à la baisse sur les prix.

Stages vient d’annoncer, encore à l’occasion de l’Eurobike, que son système de capteur collé à la manivelle gauche du pédalier est désormais disponible sur manivelles carbones, dont Campagnolo. Rappelons que Stages équipe la formation Sky cette année.

D’autres marques émergent continuellement: je pense par exemple à 4iii avec son système “Precision”, qui fonctionne sur le même principe que les Stages, sauf que vous pouvez carrément réaliser l’installation vous-même. Un coéquipier à moi utilise ce système avec grande satisfaction depuis des mois, et a envoyé faire coller le capteur à… Calgary, au Canada. Intéressant pour nous les Canadiens/Québécois! Le système est simple, discret, léger, et apparemment très fiable.

Il y a aussi ce système “bePro”, soit des capteurs installés dans l’axe de rotation des pédales. C’est bien pensé, c’est très discret, c’est très léger et il semble que ça fonctionne bien également. De surcroît, il est facile d’importer le système sur d’autres vélos puisqu’il n’y a qu‘à changer les pédales. Et le Q-factor ne serait pas plus important avec bePro qu’avec des pédales normales!

Avec toutes ces avancées, c’est aujourd’hui SRM qui semble à la traine, proposant un produit difficile d’entretien, lourd, peu importable sur d’autres vélos et cher à l’achat. Ou encore Polar qui continue de refuser de passer à la norme ANT+ ou encore à rendre ses produits compatibles aisément avec des sites comme Strava.

L’excellent site DCrainmaker proposera très probablement prochainement un article synthèse sur les différents capteurs aujourd’hui sur le marché, nous proposant les avantages et les désavantages de chacun d’eux. À ne pas manquer si, comme moi, vous voulez rester informés, ceci afin d‘éventuellement acquérir un tel outil.

Devant la gamme de choix qui augmente sans cesse, il convient également de rester vigilant sur des facteurs comme la précision, la sensibilité aux variations thermiques ainsi qu‘à la facilité de recharger les batteries avant de faire un choix final.

Tom Dumoulin s’offre Chris Froome!

Payez-vous les images de l’arrivée hier de la 9e étape de la Vuelta.

Tout simplement électrisant.

1 km de la ligne, la flamme rouge: Tom Dumoulin est en tête, après un autre démarrage (son 3e je pense) à 1,7 kms de la ligne. Costaud, surtout que plusieurs étaient passés à l’attaque avant, dont Valverde, Quintana, Aru. À ce moment, on se dit que Dumoulin a une bonne chance de l’emporter.

Derrière, Majka a démarré, mais ne semble pas creuser le trou sur ses poursuivants 100m derrière.

900m: Chris Froome démarre. Fort.

600m: Froome dépasse Majka comme une fusée. Derrière, c’est l’hécatombe, seuls Rodriguez et Quintana parviennent à s’accrocher au vainqueur du Tour. Dumoulin a encore 50m d’avance sur tout le monde.

500m: Dumoulin toujours devant, Froome revient doucement avec Rodriguez et Majka dans sa roue, Quintana a sauté. C’est pas gagné pour Dumoulin!

400m: regroupement devant, et Rodriguez attaque. À ce moment, j‘étais certain que Purito allait gagner, c’est un spécialiste de ce genre d’effort en apnée à moins de 300m de la ligne dans des pentes abruptes.

300m: Majka saute, Rodriguez toujours devant mais Froome répond et reprend la roue de l’Espagnol. Dumoulin s’accroche comme il peut mais semble alors battu, étant à une longueur de vélo de Froome. À ce moment là, au paroxysme de l’effort, la première réaction du mental est de te dire “bon, j’ai essayé, ça sera pas aujourd’hui”. Erreur!

280m: Froome attaque Rodriguez, qui cède. Dumoulin est à 5 longueurs de vélo. Les carottes sont cuites pour tout le monde, Froome s’en va chercher la gagne, c’est clair.

150m: Dumoulin rentre sur Rodriguez. Et alors?

140m: Dumoulin démarre!!! Putain, qu’est ce qu’il a bien pu se dire dans la tête? La force du mental est vraiment impressionnante, car pour quiconque s’est déjà fait lâcher à seulement quelques dizaines de mètres d’une grosse bosse, on sait comment c’est dur à ce moment là de persévérer à un tel niveau d’intensité.

100m: Dumoulin passe Froome! L’effort est probablement totalement en apnée à ce stade-là.

Ligne d’arrivée: victoire extraordinaire de Tom Dumoulin qui, je vous le rappelle, est plutôt reconnu pour ses prouesses en chrono plutôt que lors d’arrivées en altitude. Il progresse c’est évident, et rappelons-nous qu’il a terminé 3e du Tour de Suisse cette année.

Il ira loin celui-là, dois-je vous rappeler qu’il n’a que 24 ans?! Son faciès a d’ailleurs un petit quelque chose… d’Eddy Merckx!

Électrisant!

GP de Québec et Montréal: une guerre Etixx-BMC?

Je vous parlais récemment sur ce site des coureurs qui seraient probablement des Grands Prix de Québec et Montréal.

J’avais vu assez dans le mile: on connaît maintenant grâce aux organisateurs des Grands Prix de Québec et Montréal la liste des coureurs de premier plan qui devraient être au Québec dans deux semaines.

Ca s’annonce une lutte Etixx-BMC, avec comme arbitres les Tinkoff, les Lotto, les Cannondale voire la FDJ. Voyons un peu:

1 – BMC a confirmé la présence de Gilbert et Van Avermaet. Les deux ont connu d’excellents résultats sur les courses par le passé, et plus récemment (Gilbert a terminé 4e de l’ENECO Tour et Van Avermaet 5e de la Vattenfall Cyclassics). On aura donc le moyen, chez BMC, de jouer pour le mieux placé en course, voire d’alterner le leader pour Québec puis Montréal. Gilbert et Van Avermaet sont cependant deux belges, ils se disputeront donc le leadership de l‘équipe de Belgique des Mondiaux et dans ce contexte, devront montrer leur condition au Québec.

2 – Etixx aura une formation plus qu’intéressante, avec Boonen, Kwiatlowski, Alaphilippe, Uran et Martin. Ouch! De quoi envoyer du lourd. Avec une telle formation, ils auront forcément la pression d’un grand résultat et pourront créer une course de mouvement.

3 – Derrière ces deux formations, d’autres auront une belle carte à jouer. Je pense aux Tinkoff, car Oleg sait mettre la pression (!), et notamment Kreuziger et Rogers. Kreuziger, en particulier, a une saison à sauver…

4 – Je pense ensuite aux Lotto, avec Gallopin et surtout le jeune Tim Wellens, qui est en forme actuellement et qui devrait trouver sur les deux courses, pas aussi longues que les grandes Classiques d’avril, un terrain à sa convenance. Deux beaux coureurs qui peuvent passer à l’attaque n’importe quand.

5 – Il ne faudra pas oublier les Cannondale avec Hesjedal, qui court à domicile. Même s’il quittera la formation en fin d’année pour rejoindre Trek, il a connu de bons moments au Québec dans le passé. Navardauskas ne peut pas être ignoré non plus.

6 – Je pense aussi à la FDJ, qui a souvent eu de bons résultats ici, notamment avec Vichot. Demare va très vite dans les sprints au bout de courses usantes, l’arrivée autant à Québec qu‘à Montréal, au terme d’un assez long faux-plat ascendant, doit lui convenir.

7 – On aura ensuite plusieurs autres stars du peloton: Kristoff (Katyusha), qui en forme peut tirer son épingle du jeu surtout à Québec, Jakob Fuglsang (Astana), Rui Costa (Lampre) bien sûr qui aime courir ici, ainsi que les coureurs français d’Europcar (Voeckler, Coquard, ce dernier ayant vraiment une belle carte à jouer dans les deux sprints en faux-plat ascendant) et d’AG2R La Mondiale (Bardet, Vuillermoz) qui voudront bien faire en vue d’une sélection sur l‘équipe de France des Mondiaux.

Enfin, il sera intéressant de voir si Fabian Cancellara viendra au Québec après son abandon rapide à la Vuelta. On sait que Spartacus court après un titre mondial sur route, une quasi-obsession avant la fin de sa carrière, désormais proche. Devant se rabattre à son plan B, je pense que le meilleur d’entre eux est de venir courir au Québec pour peaufiner la condition. Il y retrouverait Bauke Mollema, qui sera assurément le leader de la formation Trek.

Nibali, lui, ne viendra pas au Canada, puisque l’UCI lui a interdit de courir jusqu‘à la fin de la Vuelta. Le champion italien optera probablement pour un programme italien de préparation aux Mondiaux.

Reste plus qu‘à scruter attentivement les prochains résultats du GP de Plouay et du Tour de l’Alberta pour connaître qui, de tout ce joli monde, possède actuellement la frite!!

Incroyable Valverde!

Je sais pas vous, mais je suis personnellement très impressionné par la santé et la force d’Alejandro Valverde.

Le champion d’Espagne a remporté hier l‘étape sur la Vuelta, dans un final exigeant, pour puncheur. C’est une de ses spécialités. Il a réussi à battre Peter Sagan, pas un manche non plus dans ce genre d’exercice.

La santé de Valverde, no 1 mondial rappelons-le, est tout simplement stupéfiante (sans jeu de mots). Voyez un peu.

Valverde remportait le 31 janvier dernier (!!!) le Trofeo Serra de Tramontana en Espagne.

Il terminait ensuite 3e du général du Tour d’Oman en février (il terminait aussi 4e du Tour de Dubai environ à la même période).

Il rempilait fin mars, s’adjugeant pas moins de 3 étapes du Tour de Catalogne, terminant 2e du général. Début mars, il avait déjà terminé 3e de la difficile Strade Bianchi en Italie.

Son mois d’avril fut exceptionnel: vainqueur de la Flèche Wallonne, vainqueur de Liège-Bastogne-Liège, 2e de l’Amstel. OUF!

Ô surprise, il s’est tout de même permis une petite pause en mai, lors du Giro.

Il revenait aux affaires en juin, avec une 9e place du Dauphiné Libéré pour sa reprise. Fin juin, il gagnait les Championnats d’Espagne, une victoire importante.

En juillet, il était 3e du Tour de France. Excusez un peu.

Juste après le Tour, pas de repos, il terminait 3e de la Classica San Sebastian.

Et là il vient de gagner la 4e étape de la Vuelta.

Le pire, c’est qu’on peut s’attendre que le champion d’Espagne soit aux Mondiaux de Richmond fin septembre, puis du Tour de Lombardie en octobre.

J’ignore son nombre de jours de course à ce jour en 2015, mais ça doit être impressionnant puisque je n’ai souligné dans la liste ci-dessus que ses principaux résultats. Il a participé à d’autres courses, comme Milan San Remo qu’il a terminé à la 20e place, voire le GP Miguel Indurain (5e).

Moi, j’appelle ça une saison à la Merckx, tout simplement. Présent du mois de janvier au mois d’octobre. Compte tenu du niveau du peloton professionnel européen, il faut quand même une grosse santé pour accomplir ce genre de saison.

Dire que Contador est déjà en vacances!

Le Tour de l’actualité

Plusieurs nouvelles à commenter en ce début de semaine dans le monde du cyclisme sur route.

1 – Vuelta. C’est parti samedi avec un chrono par équipe remporté par les BMC, qui ont coiffé les Tinkoff ainsi que les spécialistes d’Orica Green Edge d’une petite seconde. Il faut dire qu’un chrono par équipe sur à peine plus de 7 kms, c’est normal que ce soit serré à l’arrivée (environ 9 minutes d’effort!). Je préfère personnellement les chronos par équipe plus long, d’au moins 30 bornes, plus significatif.

2 – Vuelta bis. Les premiers écarts sont survenus hier dimanche lors de la 2e étape qui se terminait au terme d’une ascension d’environ 5 kms vers Caminito del Rey. C’est la perle d’Orica Green Edge Estevan Chavez, toujours de bonne humeur dans les vidéos Backstage Pass, qui a remporté l‘étape, de loin sa victoire la plus prestigieuse en carrière.

Derrière, les favoris terminent ensemble à environ 30 secondes, et Aru a concédé un petit 5-6 secondes sur Froome-Rodriguez-Valverde-Quintana.

3 – Vuelta fin. La nouvelle du jour hier, c’est la disqualification de Vicenzo Nibali, pris en flagrant délit de rétro-poussette, accroché au bidon que lui tendait sa voiture. La décision des commissaires de course est adéquate selon moi: si on peut tolérer 1-2 secondes de rétro-poussette, le temps de s’assurer que le bidon est bien pris et que le vélo est bien droit, y’a des limites!

C’est en tout cas indigne d’un champion comme Nibali, et la honte une fois de plus pour l‘équipe Astana qui, décidément, ne recule devant rien (…) pour gagner.

4 – Greipel. Le Gorille allemand est en passe de s’attribuer le titre officieux – sur foi des résultats – de meilleur sprinter de la saison 2015. Il vient de remporter hier la Vattenfall Cyclassic, seule course allemande inscrite au calendrier World Tour. Greipel qui s’impose en Allemagne, chez lui, c’est donc très bien, de surcroit devant une jolie brochette de sprinters: Kristoff (2e), Nizzolo (3e), Boonen (4e), Van Avermaet (5e) et Demare (6e). Bien joué! et il est clair que les Katusha ont déposé Kristoff juste un peu trop loin de la ligne. Il y a tant de choses à maîtriser dans un sprint…

5 – Tour du Colorado: la BMC a fait le carton plein, avec 5 victoires d‘étape sur 7 possibles et les deux premières place du général. Au final, c’est leur coureur Rohan Dennis, qui s’impose avec 40 secondes d’avance sur son équipe Brent Bookwalker. Mais on retiendra surtout la belle prestation de Taylor Phinney, qui revient après des mois d’absence en raison d’une grave blessure à une jambe. Phinney a remporté la première étape et terminé 2e de la dernière.

Mentionnons également que Roman Kreuziger a remporté une étape lors de ce Tour du Colorado. Kreuziger pourrait être un homme en forme en cette fin de saison, qui sait juste à temps pour les GP de Québec et Montréal?

6 – Europcar. On savait que l‘équipe arrête en fin de saison et que leur manager général, Jean-René Bernaudeau, est à la recherche active d’un repreneur. Le groupe avait décidé de rester solidaire afin de faciliter les démarches, mais voici que les premiers coureurs annoncent leur départ avec Cyril Gauthier en partance vers AG2R – La Mondiale et Pierre Rolland, le leader, vers soit Cannondale, Trek ou IAM (réponse plus tard aujourd’hui). C’est normal que les coureurs, au bout d’un moment, veuille sécuriser une place au sein d’une équipe l’an prochain.

Voilà qui laisse un doute sur le devenir en World Tour du Québécois Antoine Duchesne, actuellement chez Europcar et engagé à la Vuelta, son premier grand tour en carrière…

7 – Bétancur. L’insaisissable coureur colombien a été relaxé de son équipe AG2R – La Mondiale après leur avoir refait le coup de l’an dernier, négligeant sa préparation en vue de la Vuelta. Menant une vie incompatible avec celle d’un coureur pro, il est l’exemple parfait d’un beau gâchis. Dommage, car il est pétri de talent… Je suis toujours déçu d’une telle situation, car j’aurais personnellement bien aimé avoir le talent (lire les gênes, le moteur!) pour pouvoir passer pro en cyclisme.

8 – Haute Route. Après la Haute Route Pyrénées la semaine dernière, ils sont nombreux à s‘être élancés hier sur la Haute Route Alpes. Peter Pouly est de retour et, vous ne serez pas surpris, déjà en tête au terme de la première étape à Auron, malgré une crevaison l’ayant obligé à une longue chasse. Bonne chance à tous, surtout ceux qui ont déjà la Haute Route Pyrénées dans le buffet… en attendant la semaine prochaine la Haute Route Dolomites!

9 – Freins à disque. Dans tout ce débat sur l’utilité en cyclisme sur route de cette technologie, ce vidéo produit par GCN a le mérite d’apporter des éléments concrets sur une question fondamentale: les freins à disque sont-ils réellement plus efficaces que les freins classiques? Réponse oui, mais dans certaines conditions seulement.

10 – Championnats du Québec. Toutes mes félicitations à Charles-André Bilodeau (30-39 ans) et Jean-François Blais (40-49 ans) pour leur titre de champion du Québec sur route acquis hier. Blais et son équipier Chalifoux (2e chez les 40-49 ans), que j’avais eu le plaisir de rencontrer et de côtoyer en mars dernier sur le Tour de Battenkill, semblent avoir donné tout un récital hier, réalisant une longue échappée après être parti dès le premier tour du circuit. Impressionnant!

Félicitations également à un coureur et ami de la région, Philippe Lanthier, pour sa belle 2e place chez les 30-39 ans. Vice-champion du Québec, ce n’est pas rien! Molto forte. Considérant que deux autres coureurs d’Ottawa ont gagné hier les championnats de la province voisine l’Ontario, voilà encore une autre preuve que nous avons, ici, beaucoup de très bons coureurs. On peut bien souffrir le martyr les mardi soirs dans le Parc de la Gatineau!

Cyclisme canadien: de très bonnes nouvelles!

Le cyclisme canadien progresse au plus haut niveau, et c’est là une excellente nouvelle susceptible de créer un bon momentum pour les années à venir. Voyez un peu:

1 – pour la première fois depuis les Mondiaux de Benidorm en 1992, le Canada pourra envoyer six coureurs à la course sur route des Mondiaux de Richmond dans un peu plus d’un mois. Avec six coureurs, ca commence à devenir intéressant et l‘équipe pourra songer à s’organiser de façon cohérente afin de jouer ses cartes du mieux possible.

Rappelons que les meilleures nations pourront aligner 9 coureurs au départ.

Le parcours de Richmond sera usant, avec trois belles patates pentues placées à la fin du circuit de 16,5 km.

2 – Mike Woods d’Ottawa-Gatineau, récent 2e du Tour de l’Utah, est annoncé chez Garmin-Cannondale l’an prochain. C’est du moins ce que suggère un tweet sous forme d‘énigme de Jonathan Vaughters, le manager général. Je vous exprimais déjà mon souhait en ce sens dans mon texte du 8 août dernier soulignant sa victoire d‘étape au Tour de l’Utah.

La nouvelle reste certes à confirmer, et pour Woods se serait vraiment excellent puisqu’il y retrouverait notamment le Canadien Ryder Hesjedal, également bon grimpeur et disposant d’un gros capital expérience sur le World Tour, susceptible de profiter à Woods qui n’a pas de temps à perdre.

Woods sur le Tour de France 2016 ? Comment l’exclure ?! C’est plus que jamais une possibilité. Et à voir comment il a défoncé le peloton du A-Loop mardi soir dernier dans le Parc de la Gatineau, l’homme a de grosses capacités (mais bon, je n‘étais pas là pour lui tenir la dragée haute…).

3 – Derek Gee, un jeune coureur de la région d’Ottawa-Gatineau, vient de terminer 2e de la Ronde des Vallées en France. Impressionant! Quand je vous dis que le niveau des coureurs de ma région est particulièrement intéressant… en voilà une autre preuve… et aussi la preuve que la relève canadienne est belle et bien présente, avec les autres Alex Cataford, Mateo Dal-Cin, Benjamin Perry, et j’en passe.

4 – Cyclisme Canada vient d’annoncer les coureurs qui feront partie de la sélection canadienne lors des prochains Grands Prix de Québec et Montréal.

Le leader de la formation sera assurément Mike Woods, en forme en ce moment. Se joignent à lui deux autres coureurs Optum, soit Guillaume Boivin (champion canadien en titre) et Ryan Anderson, trois coureurs de chez Silber, soit Alex Cataford, Benjamin Perry et Ryan Roth, Rob Britton (SmartStop) ainsi que Adam De Vos (H&R Block).

La majorité de ces coureurs seront sur le Tour de l’Alberta qui débute le 2 septembre prochain. Ca sera intéressant de voir tous ces coureurs canadiens en action!

5 – De nouvelles étapes importantes viennent d‘être franchies dans la réalisation d’une structure rigide permettant l’utilisation du vélodrome de Bromont à l’année. C’est encourageant car après le vélodrome de Milton en Ontario, voilà que le projet d’un autre vélodrome couvert, cette fois-ci plus à l’Est du pays, se concrétise doucement. Espérons que tous ces efforts soient couronnés de succès prochainement!

Je demeure également convaincu qu’un vélodrome couvert est aujourd’hui viable, compte tenu de la popularité sans cesse grandissante du cyclisme, dans la grande région de Montréal où le bassin de population est important.

6 – Plus que jamais, l’absence d’un circuit de courses nationales au Canada devient le chainon manquant pour accélérer encore davantage le développement des talents d’ici. C’est un point que j’avais abordé avec Louis Barbeau, directeur de la FQSC, dans mon entrevue de début d’année avec lui.

Avec la création du Critérium national dans le cadre des Grands Prix de Québec et Montréal, pourquoi ne pas tenter de créer une série nationale regroupant notamment les Tour de Beauce, Tour de l’Alberta, Championnats canadiens, Critérium national, voire quelques autres épreuves comme une course sur route dans le cadre du GP de Gatineau? Un classement général visant à déterminer le meilleur coureur canadien pourrait également être établi et pourrait, je pense, amener des sponsors canadiens à investir dans le cyclisme sur route.

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