Warren Barguil, un coureur qui monte!

Très beau reportage sur Warren Barguil et sa vie de coureur cycliste professionnel. Merci à Marc-Antoine pour le tuyau.

Collective Parlee: Tom Boonen!

Intéressant vidéo de nos amis du Collective Parlee avec nul autre que… Tom Boonen!

Tom Boonen – Etixx Quick Step – GP Québec. from Charles B. Ostiguy on Vimeo.

Blainville: le mauvais exemple

La ville de Blainville (et son service de police) en banlieue de Montréal a récemment installé un panneau à l’attention des cyclistes du secteur afin de promouvoir la sécurité routière. (voir ci-bas).

L’objectif est noble, le partage de la route, la cohabitation auto-vélo devant se faire dans le respect mutuel. Parfois, des cyclistes ont des comportements inacceptables, comme les automobilistes. Avec la nuance que l’automobiliste, lui, ne risque habituellement pas sa vie en cas de collision…

Enfin bref, le panneau indique “T’es pas au Tour de France, t’es à Blanville” (voir ci-bas).

Il faut dire que ceux qui ont imaginé ce panneau n’ont pas réfléchi longtemps. C’est même lamentable.

Nous viendrait-il à l’esprit de dire aux joggeurs dans les rues “t’es pas au marathon des Jeux Olympiques, t’es à Blainville”?

Voilà qui prouve hors de tout doute qu’il y a encore beaucoup, beaucoup d‘éducation à faire, en premier lieu chez ceux qui occupent des postes de responsabilité au sein d’administrations publiques. Nous avons des exemples concrets dans ma région d’Ottawa-Gatineau avec la Commission de la Capitale Nationale (CCN) qui a pris des décisions déplorables au cours des dernières années.

Récemment, les autorités publiques ont pris d’assaut le problème des textos au volant, multipliant les moyens – et les images choc – afin de combattre ce fléau. Pourquoi ne pas faire des campagnes similaires visant tant les automobilistes que les cyclistes pour éduquer toute la population sur la cohabitation auto-vélo?

La vitesse des cyclistes ne sera jamais un problème, c’est le non respect du code de la route qui l’est. Et ce code de la route est trop méconnu de tous… Combien d’automobilistes savent en effet que les cyclistes ne sont pas tenus d’utiliser les pistes cyclables? Combien d’automobilistes savent que parfois, la piste cyclable bondée de marcheurs, skateboardeurs, promeneurs de bébés en poussette et de chiens, de patineurs, peut être très dangereuse pour le cycliste capable de maintenir une moyenne de 30-32 km/h?

Ce n’est certes pas par ce genre d’affiche qu’on améliorera les choses! Car la pratique du vélo ne diminue pas, elle augmente rapidement, que ce soit le cyclisme comme moyen de transport au boulot, ou comme sport.

Et j’ai peine à imaginer l’effet auprès du public d’une telle affiche disposée dans une ville de France… on se dirait probablement “et c’est bien dommage”!

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Classique des Appalaches: tout un parcours!

Ceux qui ont participé à la première édition de la Classique des Appalaches en septembre dernier le savent: quel parcours!

Un des organisateurs, Alexis Pinard, m’a invité à reconnaître ce parcours samedi dernier, invitation que j’ai accepté avec un grand plaisir (je tiens à souligner que j’ai assumé moi-même les frais de ce reportage, et que ce texte émane donc de ma seule décision et non pas d’une “commande” des organisateurs. Je crois simplement en ce magnifique événement et en Alexis, un mec visiblement bien dans sa tête, intelligent, organisé, et à qui on peut faire confiance – un nouvel ami!).

Alexis m’avait prévenu: la Classique, c’est presque plus dur que la Strade Bianche en Italie chez les pros.

Ben vous savez quoi? Il avait entièrement raison!

Résumé photos à l’appui d’une belle et difficile journée sur le vélo…

9h30, Complexe Sacré-Coeur dans Arthabaska, ville attenante à Victoriaville. C’est le site de départ de la Classique, il y a tout ce qu’il faut: grand stationnement de plusieurs centaines de places, toilettes, salles à l’intérieur en cas de pluie, c’est parfait. Et mon hôte Alexis m’attend, prêt à rouler! (et à l’ombre!).

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C’est un départ, et la sortie de la ville se fera sous escorte pendant six kilomètres lors de la Classique, question d’assurer la sécurité et de contrôler les ardeurs lorsque tout le monde part sans trop s‘être échauffé.

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Sortie d’Arthabaska, on est tout de suite dans le vif du sujet: un milieu rural, mais très bien organisé, moderne, de belles installations et surtout, de très belles routes au revêtement irréprochable.

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À cette heure encore matinale, les chevaux ne sont pas encore à l’ombre. Bientôt, ça sera nous qui enverront du “cheval-vapeur” dans les bosses. Malheureux de moi, je ne savais pas à ce moment ce qui m’attendait!

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Les longues lignes droites vers St-Norbert d’Arthabaska, dans les dix premiers kilomètres, de quoi s‘échauffer sereinement.

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On a viré, direction maintenant St-Hélène-de-Chester et surtout, Saint-Fortunat, une des municipalités le plus en altitude de la région. Ca monte, ça monte déjà beaucoup!

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Au loin, c’est malheureusement difficile à distinguer sur la photo, de nombreuses éoliennes. Méfiez-vous, pauvres cyclistes enthousiastes, d’une région où on installe de nombreuses éoliennes!!! C’est pas pour rien!!!

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Le sentier des Trotteurs à Ste-Hélène de Chester, l’occasion d’une première petite pause après environ 30 kms de parcourus.

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Mon hôte Alexis a la bonne patte ce matin, le rythme est bon et on ne perd pas de temps  en route.

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Virage à droite à St-Fortunat, les réjouissances sérieuses commencent là: avis aux intéressés! Une grande rampe, puis au bout le début d’une portion en chemins de terre d’une longueur d’environ 20 kilomètres. Ca monte, ça descend tout le temps, il faut amener des watts dans les ascensions, le cul sur la selle pour ne pas que la roue arrière dérape. Éprouvant.

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La région des Bois-Francs regorge de produits du terroir et Alexis me donne l’impression de tous les connaître. Production fromagère, vinicole, de produits d’agneaux ou bovins, industries présentes, il me parle de sa région avec coeur et affection.

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La Toscane ou les Bois-Francs? Bien sincèrement, par moment, c‘était à se méprendre et je connais les deux, je peux donc comparer. Devant, une des belles rampes de la Classique, très difficile, surtout au pied où il y a de la pente.

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Le parcours de la Classique des Appalaches a aussi été sélectionné afin de donner de nombreux points de vue sur la région aux cyclistes. En voici la preuve, on a souvent du dégagement, mais on voit aussi les difficultés se pointer au loin!

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Dans le secteur du Rang de la grande ligne, on voit tout à fait…

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C’est souvent comme ça: ça monte, ça descend, pas un mètre de plat. C’est usant à la longue. Ce matin, cette longue portion de chemins de terre est particulièrement éprouvante, la surface étant très molle et pleine de terre meuble. Les roues enfoncent, il faut des watts pour progresser et la chaleur commence à réellement se faire sentir.

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Ce qui devait arriver sur de telles routes arriva…

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L’explication arrivera aussi quelques kilomètres plus tard: ils étaient en plein travaux de d’entretien! La veille, Alexis était passé sur ce secteur en voiture et la route était bien tapée. Ce matin, c’est totalement différent et l‘épisode n’aura pas manqué de mettre du piquant (c’est le cas de le dire) dans notre matinée.

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Bienvenue au Strade Bianche. Sincèrement, c’est exactement ca. Et oui, il faut passer là haut, au terme de cette autre montée…

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Les descentes ne sont pas à manquer: c’est l’occasion de récupérer un peu. Au bout, la pause du km80, enfin, ça fait plus de 3h qu’on roule. J’ai de la poussière partout!

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Charmant village où les cyclistes sont les bienvenus. La région tout entière est mobilisée pour la Classique des Appalaches et durant toute la reconnaissance samedi, les automobilistes ont été gentils avec nous, et d’un comportement sécuritaire lorsqu’ils nous dépassaient. Aucun souci de ce côté-là.

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On est reparti, direction St-Rémi de Tinwick avec, au fond, une nouvelle grosse bosse qui se dessine.

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Ca fait maintenant plus de 4h qu’on roule, au milieu de la bosse on croise cette croix, une des nombreuses qu’on aura vu sur le parcours de la Classique des Appalaches. Alexis et moi commençons en effet à évoquer certains saints du ciel… Il faut très chaud, on est poussiéreux, et les jambes sont désormais bien fatiguées. Il reste encore plus de 30 bornes!

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Sommet de la bosse, cette boîte aux lettres: pour qui, au juste?

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Alexis connaît le secteur comme sa poche: un jour de grand vent, le toit de ce silo a été emporté, et n’a jamais été reconstruit.

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Plus tard encore, d’autres croix. Je commence à les remarquer solide!

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Ca vous donne une idée des pourcentages de certaines bosses dans le final de la Classique. C’est très usant, ça n’arrête pas.

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L’un des plus beaux points de vue de la sortie, sur St-Rémi de Tinwick. Nous sommes au km 105 environ, j’en ai plein les pattes et Alexis, qui connaît bien le parcours, m’annonce qu’il nous reste trois grosses bosses. Aie!

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Détrompez-vous, vous n‘êtes pas dans le Jura en France…

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Kilomètres 125, la délivrance: on rentre de nouveau dans Arthabaska par la magnifique rue Laurier, et Alexis me fait remarquer plusieurs belles maisons d‘époque, dont certaines d’un style victorien.

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Le parcours passe directement en face de la maison de Wilfrid Laurier, convertie aujourd’hui en musée.

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Que serait une Classique sans une arrivée en altitude? Nous voilà dans les tous derniers hectomètres, le Mont Arthabaska. Environ 1,5 km, les premiers 400m à 12%, puis une pente assez irrégulière par la suite.

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L’arrivée est tout la haut, près de la croix.

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À ce panneau indiquant le Mont Arthabaska, il vous reste exactement 500m d’ascension, c’est du 6% environ, mais ça ne lâchera plus jusqu‘à la ligne.

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Il fait très chaud, Alexis a ouvert le maillot comme moi, on grimpe avec, sur notre gauche, toute la ville de Victoriaville en contre-bas. Une vue vraiment saisissante, que je ne soupçonnais pas.

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Le site d’arrivée de la Classique, où il y a tout ce qu’il faut, incluant des installations en cas de pluie. Alexis me fait part des projets: accueil des participants à l’arrivée, bières de micro-brasserie, gros BBQ, exposants avec produits du terroir local, service de navettes pour redescendre les coureurs, bref, une belle fête est prévue avec, en toile de fond, une vue imprenable sur la région.

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12% sur 400m au pied de l’ascension du Mont Arthabaska, c’est bien ce que je vous disais… Après 130 bornes, je peux vous assurer que ça fait très mal. Une Classique, ça se mérite!

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Les parcours de la Classique des Appalaches, en statistiques:

Mon strava de la reconnaissance est ici: près de 130 bornes parcourus, plus de 2000m de dénivelé, et presque pas un mètre de plat. J’avais mis le 34-27 sur le vélo, et je m’en suis servi dans certaines bosses, notamment l’avant-dernière, particulièrement pentue (22%). Prévoyez-donc vos braquets montagne!

Le profil de ma sortie samedi (pas un mètre de plat je vous dis!):

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J’ai essentiellement (à un rang près) reconnu samedi le parcours de la course Sénior 1-2, soit 135 kms au total, 45km de terre battue, plus de 2300m de dénivelé.

Le parcours des autres courses (Maîtres – toutes les catégories, Sénior 3-4, femmes) est de 116kms, dont 30 km de terre battue et environ 2300m de dénivelé.

Les GranFondo:

Pas besoin d‘être coureur cycliste licencié pour participer à la Classique des Appalaches: il existe des formules GranFondo pour tous les niveaux, soit Le Classique, Le Panoramique, Le Découverte.

Le Classique, c’est la totale, comme les Sénior 1-2! Un vrai défi, comme devraient toujours le proposer des cyclosportives. 135 kms bien difficile, mais vous êtes un vrai, n’est ce pas?

Le Panoramique, c’est 105kms et 1800m de dénivelé, de quoi déjà bien se faire plaisir.

Le Découverte, c’est plus accessible: 70kms, 1000m de dénivelé, de par les plus beaux paysages de la Classique.

La date à retenir:

Le 17 septembre prochain.

L’ambassadeur:

Nul autre qu’Hugo Houle, 2e hier du difficile Tour de Beauce et dont le prochain objectif est les Championnats canadiens à Ottawa le week-end prochain. Alexis me disait qu’Hugo sera très certainement sur place pour la Classique en septembre prochain, avec l’idée d’inscrire son nom au palmarès de cette course après… Mike Woods l’an dernier. La Classique est définitivement une course bien née.

Les inscriptions:

Elles ouvriront très bientôt. Je vous encourage de tout coeur à vous inscrire et ainsi soutenir les organisateurs de cette nouvelle course/cyclosportive au Québec, je vous assure qu’ils ne négligent rien pour faire de cet événement l’un des plus réussis de la province.

Et je suis convaincu que cet événement fera partie, dans les années à venir, de la courte liste des fleurons de nos événements cyclistes de la saison.

Tour de Beauce: Houle peut gagner!

Organisé depuis 1986, le Tour de Beauce est la plus prestigieuse course par étapes au Canada, le Tour de l’Alberta étant très récent.

Et au cours des 20 dernières années, un seul Canadien est parvenu à s’imposer au général: Svein Tuft, en 2008.

Cette année, Hugo Houle peut le faire!

Il a en effet très bien maîtrisé la difficile et compliquée étape du Mont Mégantic hier, parvenant à rester au contact des tous meilleurs grimpeurs du jour. Du coup, le voilà placé à 19 secondes du maillot jaune, avec aujourd’hui un chrono de 19 bornes. Pour un spécialiste de l’effort solitaire comme lui, voilà une chance à ne pas manquer pour s’emparer de la tête du classement général, pour ensuite la défendre à l’aide de son équipe canadienne qui est assez forte pour ca.

Rappelons qu’Hugo Houle avait déjà terminé 2e du Tour de Beauce en 2012. Il a la chance cette année de faire beaucoup mieux. Une telle victoire compte pour un palmarès!

Chose certaine, nul doute que le récent Giro aura permis à Hugo d’augmenter sa condition physique, et surtout de diminuer son poids, ce qui fait toute la différence dans des étapes comme hier qui se terminent par une ascension. Ce fut la même chose avec David Veilleux il y a quelques années à son arrivée chez Europcar: trop gros! Une partie importante du travail de David avec son équipe fut de diminuer progressivement son poids, augmentant du même coup son rapport poids-puissance. Et on connait la suite de l’histoire, David a pu s’imposer sur une étape du Dauphiné, lui ouvrant les portes du Tour de France.

L‘état de maigreur affolant du peloton WorldTour ne laisse aucune chance à ceux qui présentent un poids plus “normal”. Mais il est vrai qu’un poids minimal peut faire une sacré différence sur des parcours accidenté.

Quoi qu’il en soit, souhaitons la meilleure des chances à Hugo pour la suite sur ce Tour de Beauce. Le remporter enverrait également un signal clair et fort aux sélectionneurs de l‘équipe canadienne en prévision des Jeux Olympiques de Rio plus tard cet été…

Je souligne également au passage le beau résultat d’un coureur d’Ottawa hier, Matteo Dal-Cin qui termine cette étape du Mont Mégantic en 14e position, devant Chris Horner. Son équipier Alex Cataford suit juste derrière, un autre coureur qu’on a l’habitude de voir ici dans la région de la capitale nationale.

Danny Van Poppel: ouf!

Bien récupéré sur ce coup-là! N’essayez pas à la maison.

Le Tour de l’actualité

Beaucoup de nouvelles à couvrir sur ce Tour de l’actualité, autant sur la scène européenne que canadienne.

1 – Dauphiné. Victoire de Chris Froome, un peu surprenante dans la mesure où durant les premières étapes, il a semblé dans un premier temps être un peu à la peine, pour ensuite dominer son sujet.

Les enseignements sont toutefois ailleurs.

Alberto Contador d’abord, qui ne m’a pas vraiment rassuré. Quand ça embraye vraiment devant, il semble plafonner depuis deux ans, coincé à quelques mètres derrière.

Romain Bardet ensuite, un beau 2e du général, mais dont je n’ai pas compris la stratégie lors de l‘étape remportée par Thibault Pinot. Il me semble que c‘était clair: il devait rouler pour le général! Au lieu de ça, il a voulu jouer les deux cartes, a attaqué Pinot à 3 kms de la ligne, du coup celui-ci n’a plus collaboré, et Bardet a perdu un paquet de temps qui lui aurait peut-être permis d’aller chercher le maillot jaune. À ce niveau de professionnalisme, j’ai trouvé ça pas très fort.

Belle perf par ailleurs de Julian Alaphilippe, qui passe vraiment un cap, de Daniel Martin, finalement 3e du général, et de Louis Meintjes, le sud-africain de l‘équipe Lampre qui n’a pas fini de nous surprendre selon moi en haute montagne.

Souvent décroché dans le final, je suis curieux: que pensez-vous de la performance de Pierre Rolland sur ce Dauphiné qu’il termine à la 10e place du général, dans le contexte des déclarations de Jonathan Vaughters il y a quelques mois?

2 – Dopage mécanique. C’est évidemment l’Affaire qui secoue le monde du cyclisme, à trois semaines du début du Tour de France: Stade2 a publié la suite de son reportage sur les moteurs dans les vélos, et les faits sont troublants. C’est ainsi qu’on apprend que l’UCI (le directeur technique en charge du contrôle des vélos) aurait prévenu par courriel un dirigeant des vélos Typhoon, spécialisés notamment dans l’intégration de moteur, d’une enquête policière en cours durant le Tour de France 2015 visant notamment Stefano Vargas, celui qui a mis au point plusieurs moteurs pour les vélos et qui travaillait pour Typhoon. Prévenu, ce dernier a pu fuir rapidement et ainsi échapper aux enquêteurs.

Quels étaient les intérêts de l’UCI à prévenir ainsi ces possibles acteurs de la triche? Quels sont les liens entre l’UCI et cette business? Comme à la belle époque Armstrong, l’UCI a-t-elle intérêt à lutter contre les tricheurs – donc à nuire à l’image du cyclisme – qui utilisent des moteurs, surtout considérant l’immense marché potentiel que représente cette technologie? Quels sont les rôles des dirigeants, de Brian Cookson?

Chose certaine, tout cela sent décidément très, très mauvais.

3 – Le Tour de Beauce s‘élance mercredi, et on connait désormais la liste des engagés. Y’a du beau monde, notamment du côté de l‘équipe du Canada, avec Ryan Anderson et Hugo Houle, mais la pointure Chris Horner, ou encore les Silber avec Matteo Dal-Cin, Alex Cataford ou encore Ryan Roth. Le champion canadien Guillaume Boivin se remet quant à lui d’une mauvaise chute à l’entrainement la semaine dernière. Cette chute est dommage, car le parcours des Championnats canadiens d’Ottawa qui se profile d’ici peu lui convient bien cette année.

Pour les étapes, la formule demeure la même que ces dernières années, avec comme premier juge de paix l’arrivée au sommet du Mont Mégantic puis, dès le lendemain, le chrono de 19kms. Une fois ces deux étapes, on connaît souvent assez bien la composition du podium, même si la course n’est pas forcément gagnée en dépit de l’abandon du difficile circuit à Québec passant par la côte Gilmour.

4 – Tour de Suisse. Peter Sagan, bis repetitas: il remporte la première et la deuxième étape, et se fait donc plaisir sur cette épreuve. Cancellara a remporté le prologue, c’est bien, et on entre désormais dans le vif du sujet avec la montagne. À surveiller, les Tejay Van Garderen, Peter Stetina, Geraint Thomas, Wilco Kelderman, Rui Costa, Warren Barguil, Andrew Talansky voire Michele Scarponi, qui est sorti d’un bon Giro et qui marche bien en ce moment.

5 – Rudi Altig. Le puissant cycliste allemand est décédé récemment des suites d’un cancer, et c’est une perte pour le cyclisme. Champion du monde sur route en 1966, il a surtout brillé sur la piste durant toute sa carrière, remportant notamment le championnat du monde de poursuite en 1960 et 1961, ainsi que de nombreux Six-Jours.

Sur la route, il est même parvenu à décrocher une victoire sur un grand tour, la Vuelta 1962! Ajoutez à cela deux grandes Classiques (le Tour des Flandres 1964 et Milan San Remo 1968) ainsi que huit étapes du Tour et vous comprenez la carrure de ce type hors du commun, d’une puissance phénoménale.

Il reste aussi connu pour son épisode du Trophée Baracchi 1962 avec Jacques Anquetil, pourtant réputé roi du chronomètre à l‘époque. Supérieur durant l‘épreuve, Altig avait poussé Anquetil pendant une bonne partie de la course!

6 – Vu sur Matos Vélo, le nouveau BMC RoadMachine 2017, peut-être un des premiers vélos, avec le Canyon Endurace CF SLX, à marier à la fois côté aéro et côté légèreté pour grimper. Gageons que les fabricants seront nombreux dans les prochains mois à proposer des produits de ce type, plus polyvalents.

7 – Alberto Contador. Le champion espagnol serait en discussion avec l‘équipe Trek-Segafredo pour l’an prochain, son équipe Tinkoff arrêtant. Rappelons que Contador a déjà couru sur du matériel Trek, c‘était lorsqu’il était chez Discovery puis Astana durant les années Armstrong. Trek-Segafredo a évidemment du budget de disponible la saison prochaine avec la fin de carrière de Fabian Cancellara, et n’a pas vraiment personne pour les grands tours, Bauke Mollema semblant montrer ses limites. Avec Contador, ils combleraient un vide dans l’immédiat, en attendant la perle rare.

8 – Antoine Duchesne. La grande question au Québec, c’est de savoir si oui ou non, Duchesne sera sélectionné sur l‘équipe Direct Énergie qui fera le Tour. S’il a terminé le Dauphiné dans une forme ascendante, ce qui est très positif pour lui, j’ai un doute sérieux personnellement, les autres coureurs Direct Énergie identifiés pour le Tour ayant bien marché aussi sur cette course. Et côté marketing, un coureur français sur le Tour, c’est le gage de davantage de couverture médiatique qu’un coureur du Québec, aussi sympathique soit-il.

Je souhaite toutefois de tout coeur à Antoine cette sélection. Il le mérite!

9 – Championnats canadiens Maîtres. Un grand coup de chapeau à tous ceux qui ont pris le départ dimanche de la course sur route des Championnats canadiens, les conditions climatiques n‘étant pas très bonnes: 10 degrés à peine, très nuageux, et un vent violent!

Pour la petite histoire, la moyenne horaire des coureurs Maitres B (40-49 ans) s’est avérée supérieure à celle des Maitres A (30-39 ans), soit 37,7 km/h versus 37,2 km/h. Ces derniers avaient cependant un tour de plus à parcourir (9 tours – 143km – versus 8 tours – 127 kms – pour les Maitres B).

Dans les Maîtres B, c’est parti à fond les manettes malgré une attente de plus de 20 minutes sur la ligne, vraiment inacceptable selon moi compte tenu du froid qui régnait dimanche matin à 9h. Nous grelottions tous sur la ligne! La sélection s’est opérée d’entrée, de nombreux coureurs étant lâchés dès les premiers kilomètres, assez indigestes il est vrai.

Le reste de la course a été une lente sélection par l’arrière, le premier groupe perdant des unités au fur et à mesure que les deux grosses bosses revenaient au programme. Le reste du tour n‘était pas de tout repos, et on a eu droit à quelques phases très intenses de relances.

Toujours avec les meilleurs à l’entrée du 8e et dernier tour, des débuts de crampes que j’ai dû gérer m’ont empêché (de très peu!) d’accrocher ce qui restait du peloton de 87 coureurs au départ (environ 25 coureurs à ce moment). Je termine 22e, après une longue chasse de 13 kms pour tenter de recoller, avec mon compagnon Mike Reeves que je félicite. Nous n’avons rien lâché, nous avons roulé full gaz jusqu‘à la ligne, et je me suis bien battu!

Félicitations surtout à Michel Jean, nouveau champion canadien des 40-49 ans, et qui prouve qu‘à cet âge, on peut encore rouler très, très vite sur un vélo!!!

Vous êtes des bêtes les mecs!!!

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