Ca y est, on y est presque : le Tour s’élance demain ! Si on peut craindre que cette épreuve écrase les autres courses du calendrier par son gigantisme, il demeure que le Tour est, par son histoire, par sa difficulté, par son calendrier qui correspond à celui des vacanciers en Europe, par sa médiatisation et par son plateau (presque tous les coureurs y arrivent au max de leur condition), l’épreuve-phare de la saison.

Ce qu’on doit savoir sur la présente édition :

– 3391 kms à parcourir, répartis en un prologue et 20 étapes. Deux contre-la-montre individuels, trois arrivées au sommet (La Mongie, Plateau de Beille, L’Alpe d’Huez). Deux journées de repos (Limoges, Nîmes).
– 189 coureurs au départ, répartis en 21 équipes de 9 coureurs.
– Les enjeux: quatre maillots distinctifs, soit le classements général (jaune), le classement par points (vert), le classement de la montagne (blanc à pois rouges) et le classement du meilleur jeune (blanc).
– Dotation générale: 2,84 millions d’euros. Prix au vainqueur: 400.000 euros, soit environ un demi-million de dollars canadiens.

Les records à battre :

– Le plus grand nombre d’étapes gagnées dans un seul Tour: 8 par Charles Pélissier (1930), Eddy Merckx (1970, 1974) et Freddy Maertens
– Le plus grand nombre de victoires d’étapes: Eddy Merckx
– Le plus grand nombre de podiums: 8 pour Raymond Poulidor (3 fois 2e, 5 fois 3e) en 14 participations entre 1962 et 1976 (Ullrich est à 7!)
– Le plus grand nombre de jours en jaune: 96 par Eddy Merckx (en 7 participations)
– Le plus petit écart: 8 sec (Greg LeMond – Laurent Fignon en 1989)
– La plus longue échappée solitaire: 253 km par Albert Bourlon en 1947
– Le prologue le plus rapide: 55,152 km/h (!!!!!!) par Chris Boardman en 1994 sur 7,2 km
– Le contre-la-montre individuel le plus rapide: 54,545 km/h par Greg LeMond en 1989 sur 24,5 km
– Le contre-la-montre par équipes le plus rapide: 54,930 km/h par Gewiss en 1995 sur 67 km (la belle époque de l’EPO en toute impunité!)
– Moyenne la plus élevée dans une étape en ligne: 50,355 km/h par Mario Cipollini en 1999 sur 194,5 km (Laval-Blois)
– Moyenne la plus élevée sur l’ensemble d’un Tour: 40,940 km/h par Lance Armstrong en 2003

Le Tour s’internationalise aussi puisque vingt-sept pays sont représentés dans le peloton cette année (mais aucun Canadien n’est en lice) :

France: 40
Espagne: 31
Italie: 30
Allemagne: 15
Australie: 10
Pays-Bas: 8
Belgique: 7
Etats-Unis: 7
Russie: 6
Suisse: 6
Autriche: 5
Danemark: 4
Estonie, Norvège, République Tchèque, Suède: 2
Colombie, Irlande, Kazakhstan, Lituanie, Luxembourg, Nouvelle-Zélande, Pologne, Portugal, Slovénie, Ukraine, Venezuela: 1

Les favoris : Armstrong, Ullrich, Hamilton, Mayo.
Les outsiders : Zubeldia, Basso, Heras, Simoni, Mancebo, Menchov.
Les surprises possibles : McGee, Sevilla, Chavanel, Moreau, Totchning, Leipheimer, Rogers, Azevedo, Botero, Gutierrez, Sastre.

Le top 10 de La Flamme Rouge :

1 – Ullrich. Ultra motivé, revanchard (il en a assez d’être 2e), en excellente condition et ayant un ascendant psychologique sur les autres suite à sa victoire dans le Tour de Suisse, Ullrich est l’homme à battre. Au sortir des Pyrénées, il sera dans les 3 premiers, mais pas maillot jaune. Il limitera les dégts dans l’Alpe d’Huez et scellera sa victoire dans le dernier clm.
2 – Hamilton. En excellente condition, c’est l’année ou jamais pour lui (il a 33 ans) et il le sait. Il dispose pour la 1ere fois d’une équipe entièrement à son service. 2e à l’Alpe d’Huez, il ne pourra toutefois rivaliser avec Ullrich pour le jaune dans le dernier clm.
3 – Mayo. Maillot jaune au sortir des Pyrénées, il l’aura encore au soir de l’Alpe d’Huez mais ne disposera pas d’une avance suffisante pour empêcher Hamilton et Ullrich de le passer dans le dernier clm.
4 – Armstrong. Ce sera un Tour frustrant pour lui car il sentira qu’il lui manque pas grand chose pour être premier. Souvent 2e ou 3e des grosses étapes, il ne parviendra jamais à émerger comme gagnant et terminera 4e.
5 – Heras. Vainqueur de l’étape du Grand Bornant, son numéro ne sera pas suffisant pour le placer parmi les 3 premiers. Armstrong lui volera la 4e place dans le dernier clm.
6 – Zubeldia. Toujours dans le coup mais l’aide apportée à Mayo pour défendre le maillot jaune au sortir des Pyrénées lui coutera de faire mieux.
7 – Basso. Un Tour à suivre les autres dans les roues, et des progrès en clm l’amèneront à la 7e place.
8 – Mancebo. Des pertes trop importantes dans les clm et des étapes de montagne à suivre les meilleurs lui donneront une belle 8e place à Paris.
9 – Simoni. Jamais vraiment dans le coup, il limitera partout les dégts.
10 – Menchov. La confirmation de son maillot blanc l’an dernier, mais trop juste en clm et en maturité physique pour espérer mieux cette année.

La course :

Des 21 équipes, on en compte 7 qui joueront le général : US Postal, T-Mobile, Phonak, CSC, Euskaltel-Euskadi, Iles Baléares et Liberty Seguros. Armstrong et son équipe auront donc beaucoup de soutien dans les 10 premiers jours pour rouler derrière des échappées dangereuses, limitant ainsi les gains que voudraient faire certains favoris avant la montagne. C’est pour cette raison que les 10 premiers jours risquent d’être ennuyant, les grands favoris ne pouvant pas espérer grand chose.

On en compte 5 qui joueront les sprints : Fassa Bortolo (Petacchi), Domina Vacanze (Cipollini), FdJeux (Cooke), Lotto-Domo (McEwen) et Ag2R (Kirsipuu et Nazon). Il y aura donc beaucoup de volontaires dans le final des 10 premières étapes pour aller chercher l’échappée matinale, ce qui risque fort de provoquer beaucoup d’arrivées au sprint.

On compte 5 équipes de baroudeurs : Alessio (Backstedt, Ivanov, Baldato), Brioches (Chavanel, Rous, Voeckler), Cofidis (Moncoutié, O’Grady), Crédit Agricole (Halgand, Salmond, Hushovd), Ragt-Semences (Rinero, Seigneur). Pour ces équipes sans grand sprinter, la seule voie de succès est de se glisser dans des coups, de provoquer des échappées, de se montrer à la télé. Elles devraient être les équipes les plus actives en début d’étape.

On compte 4 équipes « mixtes » : Gerolsteiner (sprinter Hondo ou Pollack, baroudeurs Totchning et Zberg), Rabobank (général Leipheimer et Rasmussen, baroudeurs Dekker, Kroon et Boogerd), Quick Step (sprinter Boonen, baroudeurs Rogers, Virenque, Bettini) et Saeco (général Simoni et baroudeurs Celestino et Commesso). Pour ces équipes, on essaiera d’être opportunistes, de sauter sur les occasions qui se présenteront afin de jouer les trouble-fêtes.

Le site web officiel, très bien fait, est ici et comporte un direct. D’autres direct sont disponibles sur CyclingNews ainsi que sur France Télévision. Il est possible de suivre des flash infos sur les radios françaises, notamment France Info.

La couverture télé au Canada :

La meilleure couverture est OLN Canada, notamment en raison de la présence de Phil Liggett et Paul Sherwen. Demain, ca commence à 9h, avec le Preview Show, suivi à 10h du Lance’s Five Battle Won, puis à 11h de la course elle-même. À 19h, ne pas manquer l’épisode 1 des Lance Armstrong Chronicles, une série de 13 épisodes sur la préparation de ce coureur ainsi que de son équipe. Les épisodes 2 à 10 seront diffusés à 11h30 les jours suivants, puis l’épisode 11 (4:30am!!!) et 12 (9:30pm) le 14 juillet et l’épisode 13 à 4:30am le 16 juillet.

RDS a aussi une couverture, tous les jours à 22:30.

Canal vasion couvrira également les étapes comme l’an dernier.

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