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Catégorie : Dopage Page 20 of 26

Affaire Boonen: le point

Les commentaires sont nombreux quant à la récente affaire Boonen, contrôlé positif à la cocaine lors d’un récent contrôle hors-compétition. 

Restons calme, mais lucide.

D’une part, rien n’indique pour le moment que Boonen cherchait à améliorer ses performances sportives. La prise de cocaine pourrait être un incident isolé, celui d’un jeune play-boy riche ayant envie de s’amuser un soir. C’est arrivé à Ullrich en 2002 et à d’autres aussi. Si tel est le cas, tout au plus pourrons-nous condamner Boonen pour son manque de jugement, sachant qu’il est une figure sportive de premier plan dans le monde et qu’il est régulièrement contrôlé. 

Cette prise de cocaine pourrait cependant masquer une dépendance plus profonde aux produits dopants. Si tel était le cas, ce serait plus grave car signe que Boonen a également pris autre chose et ce, régulièrement depuis des années. S’il convient donc d’être vigilant, attention avant d’enterrer ce coureur. 

Quant à sa possible suspension, les règles sont claires: le test ayant été fait hors-compétition et la substance étant de la cocaine et non de l’EPO par exemple, Boonen ne s’expose à aucune suspension de la part de l’UCI. Le cas relève donc de la justice belge. On applique les règlements, point final. Seule nuance, Ullrich en 2002 avait été suspendu par sa Fédération pour prise d’une drogue de "party". Il avait aussi été licencié de son équipe T-Mobile. Autre coureur, autre époque, autres sanctions ?

Enfin, l’équipe Quick Step est déjà en pourparlers avec ASO concernant sa prochaine participation au Tour de France. S’il semble acquis que Boonen en soit exclu pour ne pas porter atteinte à la réputation de l’épreuve, ca reste à voir pour la Quick Step. Mais disons que Prudhomme ne doit pas la trouver drôle en ce moment puisqu’on a l’impression que ca recommence… Ne manquerait plus un contrôle positif d’Evans, de Valverde, de Cunego ou d’un des frères Schleck au Dauphiné ou en Suisse et ce serait la grosse catastrophe.

Pour terminer sur une note d’humour, on aime beaucoup ce titre d’un journaliste belge: "Boonen franchit la ligne blanche…".

Boonen junkie ?

Premier gros scandale de dopage de l’année 2008 et cela touche un des coureurs les plus en vue du peloton, si ce n’est LE plus en vue: Tom Boonen a été testé positif à la cocaine le 26 mai dernier, lors d’un contrôle hors-compétition trois jours avant le Tour de Belgique, où il a remporté une étape.

Depuis, des perquisitions supplémentaires ont déjà eu lieu au domicile de ses parents ainsi que de sa petite amie. C’est reparti…

La nature des sanctions à l’encontre de Boonen est à ce jour incertaine, seuls les contrôles positifs à la cocaine lors des compétitions étant sanctionnés d’une suspension. Boonen aura cependant affaire à la justice belge, l’usage de cocaine étant bien sûr interdite en Belgique. L’UCI, saisi de l’affaire, pourrait cependant suspendre Boonen pour une durée de deux ans. Elle en aurait les moyens.

Que penser de ce nouveau scandale ?

C’est évidemment un nouveau coup dur pour le cyclisme. Tom Boonen, récent vainqueur de Paris-Roubaix, est immensement populaire. Son aura sera nécessairement ternie par cette révélation qui, même si elle ne porte pas sur un produit dopant classique comme l’EPO, les anabolisants ou les amphétamines, révèle quant même un possible problème de Boonen avec la drogue.

Comment également ne pas penser que les informations données par le coureur belge de cyclocross Tom Vanoppen en décembre dernier suite à son contrôle positif à la même substance n’était pas fondées ? Vanoppen avait alors impliqué Boonen comme client de son dealer. Rappelons que Boonen et surtout Lefevere, son directeur sportif, avaient vivement réagi en condamnant une tentative publique de déstabilisation du champion belge.

Enfin, comment ne pas faire un parallèle avec Marco Pantani qui a lui aussi sombré dans la cocaine avant de succomber à une overdose en février 2004 ? Pantani cherchait dans la cocaine une fuite pour oublier les injustices dont il s’estimait être victime. Il avait sombré dans la cocaine après avoir créé une dépendance à la drogue au cours de ses années de coureur où il s’était dopé à de nombreuses substances pour améliorer ses performances, les variations extrèmes de son taux d’hématocrite ne faisant aucun doute à ce sujet.

Dans ce contexte, l’usage de cocaine par Tom Boonen pourrait-elle être le signe d’une dépendance aux substances dopantes dont certaines seraient prises dans le but unique d’améliorer les performances ? C’est une hypothèse qu’on ne peut pas rejeter à ce stade-ci. Le Dr. italien Sandro Donati l’a souvent martelé, tout comme d’ex-coureurs repentis comme Erwan Mantheour: les coureurs cyclistes sont souvent des junkies, trop habitués aux états euphorisants créés par l’usage de toutes sortes de substances améliorant les performances physiques. Il est bien connu que les substances dopantes étaient aussi d’usage lors des fêtes de fin de saison au sein de l’équipe Festina il y a 10 ans… preuve que les coureurs ne pouvaient plus se passer des effets euphorisants des drogues.

Chose certaine, à moins d’un mois du départ du prochain Tour de France, voilà un nouveau scandale qui va mettre tout le monde du cyclisme sur le qui-vive… 

Tour – UCI: pour y voir clair

Les commentaires sont nombreux sur La Flamme Rouge ces derniers jours. Le point de départ de ces échanges nourris est l’annonce, par ASO, société responsable du Tour de France comme d’autres épreuves du calendrier cycliste professionnel, que le prochain Tour sera disputé sous l’égide de la Fédération Française de Cyclisme (FFC) et non l’Union Cycliste Internationale (UCI), cette dernière étant en charge de l’administration du cyclisme à l’échelle internationale. Autrement dit, ASO a placé le Tour de France au calendrier national et non à celui de l’UCI qui gère le calendrier dit international.

Évidemment, si le Tour de France est au calendrier national français et est placé sous la responsabilité de la FFC, cela veut aussi dire que les contrôles antidopages relèveront de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) et non de l’UCI.

Il s’agit évidemment d’un rude coup porté à l’UCI qui y voit une contestation ouverte de son leadership. ASO a pris cette décision dans le contexte où elle est en conflit ouvert avec l’UCI depuis environ 4 ans sur des questions comme le ProTour et ses règles d’admissibilité aux épreuves tout comme la lutte contre le dopage.

L’UCI a évidemment vivement réagi à la nouvelle, estimant que la décision d’ASO est "mauvaise pour le cyclisme". L’UCI a également refusé de mettre à disposition d’ASO les informations du passeport biologique des coureurs, passeport en place depuis le début de l’année. ASO se tourne donc vers le contrat qu’elle a exigé des équipes qui veulent participer au Tour et qui comporte des obligations de localisation des coureurs. L’AFLD pourra donc, au cours des prochaines semaines,effectuer des contrôles innopinés sur les coureurs dont le Tour figure à leur programme. ASO annonce également que des contrôles capillaires seront ajoutés cette année à l’arsenal dont disposent les autorités pour lutter contre le dopage sur le Tour de France.

Que faut-il penser de tout ca ?

Ma première réaction est que tout ce merdier expose encore une fois les problèmes profonds du cyclisme sur la place publique. Les polémiques n’en finissent plus dans ce sport ! Quand ce ne sont pas des scandales de dopage (l’année 2008 nous a épargné jusqu’ici…), ce sont des guerres ouvertes sur la place publique entre les instances dirigeantes. Quel bordel! Je déplore grandement cette situation parce que j’aime profondément ce magnifique sport. Personne ne peut nier que le cyclisme doit s’attaquer à de nombreux défis pour retrouver une crédibilité auprès du public et des éventuels sponsors. Ces défis sont suffisemment importants et difficiles qu’il me semble que tout le monde devrait travailler dans le même sens. Or, ce n’est pas le cas et cela me désole.

Ma deuxième réaction est d’être plutôt sympathique à la position adoptée par ASO. Je doute fortement qu’ASO ait de quelconques ambitions de prendre le contrôle de quoi que ce soit. ASO défend tout simplement ce pour quoi elle existe: des épreuves cyclistes. Société à but lucratif, ses revenus dépendent en grande partie de la crédibilité de ses épreuves. Or, le dopage menace directement cette crédibilité (qu’en reste-t-il aujourd’hui ?) depuis toujours, mais particulièrement depuis l’Affaire Festina il y a 10 ans. ASO a d’abord fait confiance à l’UCI pour réagir vigoureusement au cancer qui ronge le cyclisme. Or, depuis l’Affaire Festina, les scandales se sont enchainés à un rythme effarant, une situation en partie liée au peu de mesures antidopage adoptées depuis par l’UCI qui a longtemps défendu la position que le dopage était le cas de coureurs isolés dans le peloton, donc un problème mineur. Lassée de cette situation et échaudée par les scandales majeurs des deux derniers Tours de France, ASO a décidé de désormais entreprendre elle-même la lutte et, pour ce faire, s’en donne les moyens, quitte à ruer dans les brancards. Peut-on leur en vouloir de défendre ainsi le Tour et les épreuves connexes qu’elle organise, surtout dans la mesure où c’est le Tour qui "tire" toutes les autres épreuves du calendrier et qui donne au cyclisme une grande partie de sa popularité ?

Ma troisième réaction est que l’UCI doit encore faire son examen de conscience, en commençant par faire le ménage parmi ses hauts dirigeants. Hein Verbruggen, ex-président, tire encore de nombreuses ficelles par exemple. En imposant sans consultation le ProTour, un système tout de même lucratif pour l’UCI et qui a déjà entrainé de nombreuses difficultés pour les petites épreuves cyclistes délaissées de ce label, ne peut-on pas y voir la volonté de l’UCI d’étendre son influence sur le cyclisme international, au détriment de ceux qui, concrètement sur le terrain, organisent des épreuves cyclistes en démarchant les sponsors et en négociant avec les autorités locales ? La création du ProTour était-elle vraiment une priorité à poursuivre ces dernières années alors que le sport lui même est menacé par le cancer du dopage ? L’organisme responsable du cyclisme international n’aurait-il pas dû réagir plus vigoureusement et mettre en place plus tôt le passeport biologique ?

Enfin, je pense que dans le contexte actuel du cyclisme, tout le monde essaie un peu de sauver sa peau. Le récent volte-face des organisateurs du Giro, qui ont invité à la dernière minute l’équipe Astana, pourtant d’abord exclue, ne peut-il pas être interprété comme une tentative d’augmenter l’intérêt de l’épreuve, et donc les cotes d’écoute ? ASO essaie aussi de sauver la crédibilité de son épreuve et, n’ayant pour le moment pas trop de problème de cotes d’écoute, tente de limiter les risques d’un scandale de dopage qui serait dévastateur pour le Tour comme pour le cyclisme en général. La Vuelta, quant à elle, envisage une autre solution encore, celle de proposer une épreuve originale en deux temps où seules quelques équipes qualifiées sur la base des résultats des premiers 10 jours de course seraient invitées à poursuivre l’épreuve.

Chose certaine, la situation manque de cohérence et n’est pas simple. Malheureusement, c’est encore et toujours le cyclisme qui trinque…

Analyse de puissance: un Paris-Nice « normal »

Il ne faut pas manquer ce matin cette analyse de puissance réalisée par Frédéric Porteleau et publiée chez nos confrères de Cyclismag. C’est le genre de calculs utiles au cyclisme en ce moment puisqu’il permet, indirectement, de donner une image de l’état sanitaire du peloton.

Les chiffres publiés par Porteleau sont plutôt encourageants puisque nous revenons à des valeurs humaines, loin des 500 watts et plus iréels affichés par certains coureurs durant les dernières années et notamment Contador l’an dernier sur la même course. Cette année, il semble qu’on était plus proche des 400-425 watts qu’autrement.

Voigt chargé ?

Il y a de ces coureurs dans le peloton qui jouissent d’une réputation à toute épreuve. C’est le cas de Jens Voigt, un coureur tellement sympatique, courageux et travaillant. Lui, dopé? Pour plusieurs amateurs, ce ne serait tout simplement pas possible. Or, son ex-équipier chez CSC, Jörg Jaksche, aujourd’hui retraité, n’est pas tendre à son égard et a récemment déclaré: « _J’étais dans l’équipe CSC, je sais ce qui s’est passé au cours des années où l’EPO n’était pas détectable. Comme je connais la vérité, Jens Voigt est pour moi humainement tout simplement inacceptable_. »

D’autres labos clandestins ?

"La chaine allemande ARD a diffusé aujourd’hui un reportage":http://sport.ard.de/sp/radsport/news200801/15/wiener_blutbank_rasmussen.jsp révelant la possible existence d’un laboratoire autrichien appelé Humanplasma et domicilé à Vienne qui aurait manipulé des poches de sang pour des coureurs cyclistes dont Rasmussen, Menchov et le retraité Totschnig. "Ce labo serait dans le collimateur de l’Agence mondiale antidopage (AMA)":":http://afp.google.com/article/ALeqM5gChhmbeJLAzVuY368uw0sXFs-SNQ. C’est notamment son ex-président, Dick Pound, qui aurait alerté les autorités en soulignant "_qu’il y a de bonnes raisons de croire que cette société approvisionne des athlètes qui se réinjectent du sang à des fins de dopage_". Que penser de cette information? Il faut attendre d’en savoir plus bien évidemment. Y aura-t-il des perquisitions? Ont-elles déjà eu lieu? La police autrichienne mène-t-elle enquête? Espérons que des informations plus détaillées sortiront au cours des prochaines semaines. L’affaire pourrait prendre de l’ampleur puisqu’on pourra se rappeler que l’affaire Puerto avait commencé de la sorte. Ce qui nous apparaît très probable, c’est que d’autres labos à l’image de celui impliqué dans l’Affaire Puerto existent dans le monde du sport de haut niveau, dont le cyclisme. Que plusieurs sont probablement situés en Suisse, mais surtout dans les pays plus à l’Est, où les chances de se faire contrôler sont plus faibles. Et surtout, cette nouvelle information nous inquiète. Sans vouloir verser dans le pessimisme, nous pensons que 2008 sera une année noire dans le sport puisque de nouveaux scandales de dopage ne manqueront pas de survenir. Les mailles du filet se resserrent, les contrôles sont plus fréquents et la mentalité du milieu n’a guère évolué. De plus, les Jeux Olympiques de Beijing ajouteront de la pression sur les athlètes et en ce sens, seront peut-être les plus sales de l’histoire de l’Olympisme. Réponse au cours des prochains mois, mais c’est mal parti!

2008 à l’image de 2007 dans le cyclisme?

Difficile d’éviter de parler de dopage au moment ou nous laissons 2007 derrière pour se tourner vers l’année 2008. En effet, l’année 2007 peut probablement être qualifiée de pire année de l’histoire du cyclisme. En gros, on a beaucoup parlé dopage et peu de sport en 2007 dans le cyclisme professionnel. Les affaires se sont succédées à un rythme affolant: condamnation de Landis, licenciement de Basso, affaires Vinokourov, Rasmussen, Moreni, Sinkewitz, Mayo, Kashechkin et tout récemment Leukemans. Pour les Québécois, il convient d’ajouter les aveux de Geneviève Jeanson, aveux qui ont fait perdre bien des illusions à beaucoup de cyclistes amateurs. On n’oubliera pas non plus les performances très louches des DiLuca (vainqueur de Liège-Bastogne-Liège et du Giro), Andy Schleck (2e du Giro) et Alberto Contador (vainqueur du Tour). Ni le bordel le plus complet dans l’administration même de ce sport, les organisateurs des trois grands tours, l’UCI et l’AMA se déchirant sur la place publique comme jamais auparavant. Alors, dans ce contexte, peut-on penser que 2008 ne peut pas être pire que 2007? Pas forcément. D’une part, il y a les raisons d’espérer: le passeport biologique est une bonne mesure et l’augmentation des contrôles inopinés une autre. La scission entre l’UCI et les organisateurs des trois grands tours est également une bonne chose, le ProTour étant pratiquement voué à l’échec désormais. Des initiatives comme celles du Mouvement pour un cyclisme crédible aussi. Enfin, la difficulté qu’éprouvent les ex-coureurs pris pour dopage à ré-intégrer des équipes professionnelles de haut niveau peut aussi être accueillie comme une bonne nouvelle car cela envoie un signal fort aux coureurs. Le récent cas Heras est à ce titre éloquent. D’autre part, il y a aussi les raisons d’être pessimiste: la jeune génération a-t-elle réellement une autre mentalité? Elle travaille en tout cas avec les mêmes médecins… La présence persistante de certains directeurs sportifs est une autre raison d’être pessimiste: les Johan Bruyneel et Patrick Lefevere sont à loger dans cette catégorie. L’UCI, l’AMA et les organisateurs des trois grands tours ont encore de nombreux conflits et on peut penser que cela profite au milieu qui peut continuer certaines méthodes sans risque. On sait aussi que de nouvelles substances circulent, comme la Dynepo. Toutes ces raisons sont bonnes pour penser que 2008 ne sera peut-être pas tellement différente de 2007… Alors, à qui le tour en 2008? Facile, car il est clair que de nombreux coureurs feront l’objet d’un contrôle serré en 2008: Danilo DiLuca pour des raisons évidentes (Oil for Drugs), les frères Schleck et Fabian Cancellara (pour leur collaboration avec Cecchini), Tom Boonen (pour sa collaboration avec Lefevere), Alberto Contador (pour ses performances douteuses dans le Tour 2007 alors qu’il donnait aisément la réplique à un Rasmussen surchargé), Alejandro Valverde (affaire Puerto), Andreas Kloden (pour sa présence au sein de la sulfureuse T-Mobile en 2006 dont Sinkewitz a révélé les pratiques), les coureurs russes (pour leur progression parfois surprenante dont celle de Goussev et Efinkim), Stephan Schumacher (pour son Mondial 2007 très louche), la liste est longue. Forcément, il y en aura probablement de pris! Vive le cyclisme! Dans ce contexte, c’est non seulement à tous ses lecteurs mais aussi à tous ses lecteurs pratiquants du cyclisme que La Flamme Rouge désire souhaiter une bonne, heureuse et sécuritaire année 2008. Revenez-nous en 2008 sur un site bientôt remodelé et pour une nouvelle édition du pool de cyclisme, un pool simplifié cette fois. Et au plaisir de vous retrouver sur les routes, que ce soit au détour d’un camp d’entrainement en Virginie fin mars, au pied du Bosberg début avril, durant une course cycliste provinciale au Québec en mai ou juin voire sur Montréal-Québec en août prochain ou enfin sur la Marmotte 2008, le 5 juillet prochain, tous des endroits ou nous serons présents et motivés en 2008.

Les grands tours sont-ils trop durs?

Dans une conférence en Espagne, le Dr. Eufemiano Fuentes, celui du scandale des poches de sang qui a coulé Basso et Ullrich et qui coulera peut-être Valverde, a relancé un débat qui fait rage depuis plusieurs décennies dans le cyclisme: les grands tours sont-ils trop durs? La Flamme Rouge ne peut évidemment trancher ce débat. On peut néanmoins apporter certains éléments de réflexion. D’une part, il faut reconnaître que dès les premiers Tours de France, il est connu, notamment par les écrits d’Albert Londres, que les coureurs ont eu recours à des substances leur permettant de "tenir le coup". Épreuves extrèmes, les grands tours, par leur durée et leurs difficultés, notamment la montagne, sont des creusets propices à la prolifération du dopage. D’autre part, certains présentent l’argument qu’un grand tour à 28 de moyenne, ce n’est pas dangereux, mais à 42 de moyenne, la santé des coureurs est en jeu. Argument valable? Nous ne croyons pas puisqu’il évacue un élément central, celui qu’un grand tour s’inscrit toujours dans un esprit de compétition ou le seul but est d’arriver le premier. Dans ce contexte, comment essayer de contrôler les moyennes horaires? Les grands tours demeurent donc et demeureront des épreuves difficiles pour les athlètes. Les grands tours font également partie intégrante de l’histoire du cyclisme. Sans eux, c’est le sport même qui se vide de sa substance. Nous sommes toutefois d’avis, à La Flamme Rouge, qu’il convient de revoir la formule des grands tours. Réduire le nombre de kilomètres, ajouter une journée de repos sont des mesures qui vont dans le bon sens. D’autres sont probablement à imaginer afin de réduire les contraintes sur le corps humain: écourter les étapes lors de conditions climatiques difficiles par exemple. Enfin, nous croyons qu’il faut revoir certains principes même de fonctionnement du cyclisme afin de réduire les contraintes sur les athlètes. Revoir par exemple la rétribution dans le vélo: réduire les primes de victoires, mais augmenter les salaires de base afin de diminuer la pression sur les coureurs qui, dans le système actuel, sont souvent contraints de bien performer pour s’assurer d’un contrat pour la saison suivante. Bref, le débat autour des grands tours n’a probablement jamais vraiment eu lieu jusqu’ici. Il faut, dans une approche globale de lutte contre le dopage, oser se poser les bonnes questions et accepter de revoir certains fondements même du sport, fondements qui ont par ailleurs contribué à sa légende.

Vélo d’or mondial: il fallait annuler

Plusieurs de nos lecteurs nous demande notre avis à propos du Vélo d’or mondial. Nous avons en effet durement critiqué le sacre d’Alberto Contador, un coureur selon nous hautement suspect sur le dernier Tour de France compte tenu des performances offertes dans les cols. À notre avis, il fallait tout simplement annuler le Vélo d’or mondial 2008. D’ailleurs, les deux journalistes français du panel choisi se sont abstenus de voter, une décision que La Flamme Rouge salue. L’année 2007 restera une des plus noires du cyclisme. Les nombreux scandales de dopage ont déboulonné la plupart des grands acteurs de ce sport, et même ceux du passé. Dans ce contexte, pourquoi s’acharner à vouloir couronner un coureur pro? Seule raison selon nous, pour vendre du papier. Vélo Magazine doit bien payer ses comptes à la fin du mois, et Contador fait vendre du papier puisqu’il est le vainqueur du dernier Tour. On vous avoue franchement être très déçu du magazine français, comme des autres d’ailleurs. Nombreuses furent les rédactions il y a un an, suite à l’affaire Landis, à prendre position contre le dopage dans le cyclisme. Chez Cycle Sport, on a même dédié un numéro entier à une nouvelle approche "for a drug free sport", en allant jusque vendre des petits bracelets façon Livestrong. Un an plus tard, que reste-t-il de tout cela ? Rien. Les revues de cyclisme ont repris de plus belle leurs reportages façon d’antan, laissant derrière leur esprit critique. Laisser une ligne blanche au palmarès 2007 du Vélo d’or mondial aurait selon nous envoyé un message fort aux cyclistes professionnels: celui que les journalistes ne seraient plus des courroies aveugles de retransmissions de leurs exploits. Car la lutte contre le dopage passe aussi par une prise de conscience des journalistes qu’ils ne peuvent plus écrire sur le cyclisme comme ils le faisaient avant.

Contador comme Armstrong ?

La nouvelle nous a choqué aujourd’hui: "c’est l’Espagnol Alberto Contador qui a été élu Vélo d’Or mondial de la revue française Vélo Magazine":http://www.velomagazine.fr/. Cette nouvelle nous a choqué car le moins qu’on puisse dire, c’est que l’Espagnol vainqueur du Tour est loin d’être au dessus de tout soupçon de dopage. "On sait aujourd’hui que Rasmussen était très probablement chargé à la Dynepo lors de cette épreuve":http://www.myfreesport.fr/sports/cyclisme/0/rasmussen-aurait-pris-une-nouvelle-epo-sur-tour-france-33242.html. Or, Contador le domina presque dans les dernières étapes de montagne, offrant un spectacle de démarrages jamais vu dans l’histoire du cyclisme, même aux beaux jours de Marco Pantani et de l’EPO. On aurait imaginé un Vélo d’Or mondial au dessus de tout soupçon, propre, envoyant un message clair au public qu’en cyclisme, la lutte contre le dopage est sans merci et que les cyclistes dopés, c’est tolérance zéro. Plus encore, on aurait pu envoyer le message clair que même si certains ne sont pas piqués au contrôle, le cyclisme n’est plus dupe lorsqu’en présence de performances qui n’ont rien d’humaines. Au lieu de ca, on a élu un coureur très suspect et dont les performances n’ont probablement rien de naturelles. Quelle pitié! "Il ne faut pas manquer par ailleurs cet intéressant reportage sur une étude publiée récemment par des chercheurs de l’Institut de recherche biomédicale et d’épidémiologie du sport (IRMES) à propos de la progression des records":http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=200001&sid=8474229&pageTitle=Sport&wysistatpr=ads_rss_texte. En analysant plus de 3200 records mondiaux dans diverses disciplines, ces chercheurs ont pu faire des courbes d’évolution et en dégager la fonction, tantôt linéaire, tantôt exponentielle. Du coup, en se basant sur ces tendances, des projections étaient possibles. Les chercheurs ont ainsi estimé que vers 2060, les records mondiaux seront à peu près figés. L’être humain ne courra probablement jamais le 100 mètres en moins de 9 secondes ni ne franchira 70 kms dans l’heure sur un vélo. "Leurs conclusions quant au cyclisme sont assez stupéfiantes":http://veloptimum.net/velonouvelles/7/ART/11nov/AFP28.html. En gros, les années Armstrong seraient totalement hors de la courbe de tendance historique, marquant plutôt une rupture complète. Un peu comme si Armstrong avait évolué dans un autre sport, complètement différent du cyclisme. Il est intéressant de remarquer que les performances offertes durant les années Merckx, Hinault voire Indurain étaient en lien avec les tendances passées, de même que celles de Landis, pourtant dopé lui-aussi. Celles d’Armstrong sont irréelles. Tirez-en vos propres conclusions…

2007, l’année noire du cyclisme… en attendant 2008?

"Voici une très intéressante reconstitution des tristes événements survenus sur la scène du dopage dans le cyclisme en 2007":http://www.lessentiel.lu/sports/sports/story/19762296. La liste est longue et déjà, certains acteurs comme Walter Godefroot voire Bjarne Riis sont passés aux oubliettes. Suivront sous peu les Vinokourov, Kashechkin et Ullrich, très probablement. C’est dans ces occasions ou on se rappelle les événements qu’on mesure à quel point le visage du cyclisme change rapidement. Qui se souvient encore qu’il y a à peine 3 ans, les principaux acteurs du cyclisme étaient Landis, Heras, Ullrich, Basso, Hamilton voire Musseuw, tous aujourd’hui tombés en disgrâce? À qui le tour en 2008 ? Boonen ? Valverde ? Contador ? Andy ou Franck Schleck ? Cancellara ?

Exit T-Mobile

"La compagnie T-Mobile, présente dans le cyclisme depuis 1991, a annoncé aujourd’hui qu’elle mettait un terme immédiat à son engagement dans ce sport":http://www.cyclingnews.com/news.php?id=news/2007/nov07/nov28news. Après les affaires Ullrich, Riis et Zabel, la compagnie avait déjà annoncé qu’elle se réservait le droit de mettre fin à son soutien si d’autres affaires devaient éclater. Ca n’a pas loupé, l’affaire Sinkewitz, qui va de rebondissements en rebondissements, étant la goutte qui a fait déborder le vase. L’équipe n’arrête pas pour autant. Le manager, Bob Stapleton, lui-même richissime, a déjà annoncé qu’il maintiendrait l’équipe en 2008 sous le nom de High Road Team, du nom de la société qui gérait l’équipe T-Mobile jusqu’à maintenant. C’est notamment High Road qui détient la licence ProTour de l’équipe. Hincapie pourra donc être au départ de Paris-Roubaix en 2008… Évidemment, ce retrait est quand même un nouveau coup dur pour le cyclisme, surtout allemand, ainsi que pour l’UCI. Mais bien franchement, nous saluons ce soir à La Flamme Rouge cette décision courageuse du sponsor T-Mobile. Pour nous, elle est une conséquence directe du manque flagrant de jugement de nombreux coureurs professionnels qui continuent à se doper allègrement et à militer publiquement pour le maintien d’un statut quo qui n’a plus de sens. Les récents propos ridicules de Paolo Bettini en sont un exemple éloquent. Si d’autres sponsors continuaient à se désengager ainsi du cyclisme dans les prochains mois, on est porté à croire que ce serait une bonne chose, forçant des réactions plus fortes que celles que l’on observe actuellement. Dans ce contexte, qu’attendre de 2008 ? À notre avis, d’autres scandales de dopage, encore. D’une part, ca se réchauffe du côté de la Belgique, notamment en raison de l’affaire Sinkewitz. Ce dernier n’a en effet pas hésité à dénoncer les pratiques chez Quick Step. Le directeur sportif Patrick Lefevere a beau tenté de se défendre, ne soyons pas naif comme le dit Sinkewitz: il est évident qu’un vieux briscard comme Lefevere, ancien directeur sportif de Musseuw rappelons-le, connaît très bien toutes les ficelles du métier. À notre avis, des scandales importants de dopage surviendront du côté belge en 2008. D’autre part, d’autres scandales sont probablement en gestation un peu partout ailleurs, à l’exception peut-être de la France. La nouvelle équipe Astana, dirigée par Bruyneel rappelons-le, vient d’annoncer son nouveau programme anti-dopage, très proche de celui de la CSC. Quelle crédibilité ? À notre avis, aucune. C’est de la poudre aux yeux. Le seul programme anti-dopage crédible devra venir d’autorités totalement indépendantes, et non choisies expressement par les équipes elles-mêmes qui peuvent contrôler les choses, même si elles s’en défendent. Si Contador continue de survoler les cols du Tour comme il l’a fait en 2007, espérons que les gens se poseront les bonnes questions… Enfin, il est probable que Stapleton sera à la recherche d’un nouveau sponsor pour 2009. Réussira-t-il là ou Johan Bruyneel a échoué ? En ce sens, le retrait actuel de T-Mobile n’a pas beaucoup d’impact pour les coureurs puisque ces derniers ne se retrouvent pas au chômage immédiatement. Ce n’est peut-être qu’à la fin 2008 que l’impact se fera le plus sentir… surtout considérant que de nombreux autres sponsors d’équipes devront aussi renouveller – ou non – leur engagement.

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