Tous les jours, la passion du cyclisme

Micro-coupures et stages d’entrainement

Un coureur WorldTour, c’est actuellement autour de 30 000 kilomètres par an.

Soit presque 100 bornes par jour, six jours sur sept, 52 semaines par an.

C’est leur métier. Ils sont payés pour ca.

Mais ca pose quand même la question: font comment pour récupérer, et pour durer ?

Surtout qu’on apprend hier que UAE Team Emirates est cette semaine sur leur premier camp d’entrainement en prévision de 2022.

Ouf!

Perdent pas de temps eux.

Ca se passe du côté des Émirats Arabes Unis. Toute l’équipe est réunie pour ce premier stage.

Imaginez, Pogacar vient de gagner la Lombardie et pas trop le temps de souffler, il roule déjà sur les routes du désert avec ses équipiers, la saison 2022 en tête. À moins que lui ait bénéficié d’un aménagement particulier, c’est bien possible.

J’ignore de quoi est composé ce camp d’entrainement, et on peut supposer qu’il s’agit davantage d’entretenir les bonnes habitudes que de faire de grosses séances d’intervalles.

C’est la mode actuellement dans le peloton pro: ils sont rarement inactifs, comme pouvaient l’être les pros jusqu’il y a quelques années, qui n’hésitaient souvent pas à observer une coupure complète des semaines durant, de novembre à janvier.

Aujourd’hui, ca roule plus vite partout, sur la moindre course, le niveau est plus homogène, tu ne peux plus te permettre de perdre de la condition physique en observant un arrêt de six ou huit semaines.

Alors les camps d’entrainement se succèdent, jusque quatre au sein de certaines formations d’ici la reprise des courses fin janvier.

Pour récupérer, c’est technique micro-coupures: entre trois et sept jours de break, rarement plus, mais régulièrement durant la saison.

Et on orchestre savamment les séances de « zone 1 » (endurance de base) avec les séances d’intervalles très intenses, en ne manquant évidemment pas d’ajuster l’alimentation en conséquence chaque fois, question d’aussi faire attention aux kilos superflus.

Autrement dit, on ne bouffe pas la même chose lors du 4e camp d’entrainement qu’en octobre lors du premier. On ne bouffe pas la même chose le soir d’une séance d’intervalles dans les cols, que le soir d’une longue sortie relax.

Tout est au millimètre. Optimisé. Un héritage des fameux « marginal gains »?

Il y a un revers de la médaille: la santé mentale. Plusieurs ont du mal à supporter la pression constante, comme s’ils ne pouvaient jamais vraiment débrancher la tête pour vraiment récupérer. Les cas de coureurs fragilisés mentalement se sont multipliés ces dernières années.

Même sur six jours de repos seulement, certains culpabilisent. D’autres y perdent leur passion du cyclisme, qui devient alors un métier, voire une obligation.

Il faudra voir si le cyclisme féminin, en plein essor, sera soumis à pareil régime. J’ai bien peur que oui. Rendez-vous pris pour faire le bilan dans quelques années de ces régimes infernaux.

Wolfpack, bilan de saison

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Ils quittent le peloton pro

  1. marius

    Ce train d’enfer s’explique par le calendrier. Il y a des courses toute l’année, voir des doublons avec le cyclo-cross. Beaucoup de coureurs dans les équipes aussi, font que les jours de courses de chacun sont moindres qu’avant. Mais sinon je suis d’accord, la charge mentale peut être très importante, sauf quelques rares (voir une) équipes. Le cyclisme rejoint le football ou les footballeurs sont pressées comme des citrons…sauf Neymar 😉. Le sort des Tennismans n’est pas non plus à envier…sauf si on s’appelle Federer.
    Madiot avait dit (pour d’autres raisons) que l’on n’est pas obligé d’être coureur cycliste, en tout cas en faire son métier.
    Le risque à terme est de voir des jeunes qui raccrochent faute de motivations, résultats, blessures ou le plus grave, perdre sa passion.
    Se pose alors la question de la reconversion. L’arrêt ou la fin d’une carrière, s’apparente à une petite mort, aggravée par les excès du milieu. Cela c’est très mal terminé pour certains.
    Comme la retraite, cela doit se préparer, même si certains sont à l’abri financièrement.
    Je terminerai par une maxime que j’ai fait mienne.
    Mieux vaut se perdre dans sa passion que de la perdre.

    • noirvélo

      Oui , très bien dit et … la maxime aussi ! Perso , je ne les envie pas , je me suis toujours dit que je ne pourrais pas être pro … Ou alors , un « top » , mais pas un équipier de l’ombre qui rame toute l’année , sauf peut-être un Tim Declerq qui est un « top équipier » , connu et reconnu … Leurs femmes sont juste bonne à attendre et à laver les chaussettes ? Après on s’étonne …

      • Thomas

        Bonjour ,

        Sacré vision des femmes , tantôt Marion Rousse est présentatrice ( et donc indépendante financièrement ) serait là par opportunisme , ou alors les femmes de coureurs ne sont bonnes qu’à laver les chaussettes .

  2. Z boy

    C’est rendu comme ça dans plusieurs sports. Juste penser à la F1. 9 mois à 300km/h à voyager etc ouffff. Juste au hockey mineur on voit les camps d’été se succéder. Même chose pour le Futsal encouragé pour le développement de l’enfant jouant au soccer…

  3. Lemond

    « Même sur six jours de repos seulement, certains culpabilisent.  »

    En effet, moi qui ne fais pas de courses, juste pour le plaisir, 45 ans, quand je roule pas 3 jours, je me culpabilise, imaginez!

  4. Francis

    Bonsoir Laurent,

    Bien hâte de te lire sur le transfert de Hogo sous les cieux de Israel Start Up.

    Au plaisir,

  5. Wolber

    Un dimanche d automne splendide, une lumière et des couleurs merveilleuses… «  Et la nature que le soleil inonde, nous ressasse chaque jour sa chanson » M Colucci.
    J ai roulé ce matin.
    Pourvu que la vie m accorde encore des matinées comme ça sur mon vélo.

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