Auteur/autrice : Laurent Page 40 of 354
Les peintures mattes sont actuellement à la mode sur beaucoup de vélos.
Vient alors le défi de les nettoyer: la saleté s’incruste plus facilement sur des peintures mattes, l’huile et la graisse en particulier. Même la boisson énergétique peut laisser des marques permanentes sur ce type de peinture si elle n’est pas nettoyée rapidement.
Produit miracle dans ce contexte: White Lightning Matte Finisher. Ça prend ça! Extrêmement efficace pour bien nettoyer les peintures mattes et en préserver l’éclat. J’ai essayé depuis plus d’un an de nombreux produits, incluant les lingettes Vulcanet. Rien ne s’approche du White Lightning.
On retrouve ce produit dans de nombreuses boutiques cyclistes au Québec. En France, je ne sais pas.
Des fleurons de l’industrie cycliste française éprouvent des difficultés financières et commerciales actuellement: Mavic et Time.
Pour Mavic, c’est un peu fou: comment imaginer le vélo sans les « Mavic »?! Cette société fait partie de l’histoire du vélo, notamment avec la présence des voitures jaunes de dépannage neutre sur les courses. Un sauvetage est en cours, même Bernard Hinault s’en est mêlé.
Pour Time Sport, c’est dommage car la société propose des produits intéressants selon moi.
Mais il y a probablement eu des erreurs de marketing au cours des dernières années.
La fourche Aktiv permettant de filtrer 30% des vibrations de la route était une bonne idée… mais avec une rallonge de prix de 1300 euros sur le prix total du vélo, nombreux sont les cyclistes qui se sont détournés de ce supplément. Et puis, même avec une filtration de 30%, les différences ne sont pas majeures par rapport à une fourche conventionnelle; les gains d’efficacité ou de confort sont plus importants ailleurs, par exemple via la tige de selle ou l’épaisseur des tubes qui composent le cadre.
Time propose des pédales géniales depuis trois décennies, notamment avec leur liberté angulaire accrue permettant de préserver les genoux. Mais là encore, à 450 euros pour une X-Pro 15 roulements céramique, comparé à 300 euros pour la Look Ceramic également, y’a pas photo… et les usagers ont investi chez Look.
Les vélos Time ont eu la cote dans les années 2000, surtout grâce à leur présence au plus haut niveau, notamment avec les Quick Step de Tom Boonen. Cadre carbone fabriqué en France, garantie à vie, finition exemplaire, ces vélos avaient de forts arguments pour faire face à la concurrence. Depuis 10 ans, c’est le déclin, perceptible même chez moi au Québec.
Et qui connait aujourd’hui la gamme Osmos des chaussures Time?!
Pour l’heure, la société WhaTTfornow, qui donne dans le vélo électrique, a racheté Time avec la ferme intention d’investir en R&D pour relancer la marque. Excellente idée! Mais il faudra tenir compte du marché actuel, proposer de réelles innovations qui font une différence, et travailler les prix. Je roule pédales Time depuis 20 ans, mais je ne consens pas à débourser 450 euros pour une X-Pro 15, qui plus est à l’entretien très délicat compte tenu des roulements céramique.
Et puis, des sociétés comme Favero Electronics ont pris une longueur d’avance dans la mesure de la puissance associée aux pédales, avec une précision et des prix très concurrentiels.
Et la relance de Time peut-elle faire fi d’une présence en World Tour, au minimum d’une présence en Continentale Pro au sein d’une équipe française comme Vital Concept ou La Pomme-Marseille?
À voir, ou à revoir!
Et avec les commentaires toujours tellement excellents d’un monument méconnu du cyclisme, le journaliste sportif suisse Bertrand Duboux.
It doesn’t get any better than that!!
On se fait chier un peu en ce moment: pas de Classiques, pas de Dauphiné, pas de Tour de Romandie, pas de Tour de Suisse… et même pas de Tour en juillet.
Pas même la moindre attaque de Pierre Roland ou Julian Alaphilippe à se mettre sous la dent, question de renouveler un peu nos images mentales…
Pas même une image récente de Nairo Quintana pour se dire « ca pourrait être pire » quant on coince dans une rampe à 15%…
Misère!
En attendant, je vous invite à regarder ce beau documentaire sur Thibault Pinot et le Tour 2019. Ca m’avait échappé, je l’ai découvert récemment. De quoi passer un beau 40min environ!
J’en suis convaincu depuis longtemps: Greg LeMond est le dernier vainqueur propre du Tour de France (1990), sans l’ombre d’un doute.
Depuis, très peu de vainqueurs n’ont pas eu des démêlées avec des histoires de dopage. Carlos Sastre en est un, mais il était à la CSC de Bjarne Riis… tout comme Andy Schleck en 2010.
Le seul autre pourrait raisonnablement être Cadel Evans en 2011. Jamais été testé positif, jamais impliqué de près ou de loin dans une affaire de dopage. Et aucune performance « mutant » par rapport aux watts lors de son Tour victorieux. Mais il a gagné dans cette période récente de dopage sanguin sophistiqué.
Je parle de ça aujourd’hui sur LFR compte tenu des récents débats sur ce site, et compte tenu des récentes déclarations de Johan Bruyneel, qui m’ont dérangé.
Bruyneel a notamment déclaré que « tous les champions de l’histoire du cyclisme étaient les meilleurs de leur génération« .
FAUX. Archi-faux.
Parce que le dopage sanguin a tout changé. Il y a eu le cyclisme d’avant dopage sanguin, et il y a maintenant le cyclisme à l’ère du dopage sanguin.
Jusqu’en 1988-1989, le dopage « traditionnel » en cours dans le cyclisme depuis des décennies, avec certains produits à la mode selon l’époque (strychnine au tout début, cortisone dans les années 1970, etc.) ne permettait pas de transformer un cheval de traie en cheval de course. Ce dopage était efficace pour soutenir les cyclistes, pour leur donner un « boost », façon Bomba avec Coppi dans les années 1950.
Avec ce dopage là, les champions restaient les champions et les domestiques restaient les domestiques, oui.
Le dopage sanguin, apparu essentiellement dans le cyclisme en 1988 chez les Néerlandais puis chez les Italiens rapidement après, a tout changé. Les gains avec l’EPO, qui a vu le jour à cette époque pour traiter les insuffisantes rénales, étaient tels que cette nouvelle forme de dopage a transformé les domestiques en champions, aucun doute là-dessus. Et s’est répandue très rapidement.
Bjarne Riis vainqueur du Tour? La preuve par quatre.
Je soutiens que sans dopage sanguin sophistiqué, Lance Armstrong n’aurait jamais remporté le Tour de France. Des Classiques d’un jour peut-être, comme il l’a fait assez tôt dans sa carrière. Mais le Tour, jamais.
On a vu venir Greg LeMond de très loin. Comme Hinault. Guimard ne s’était pas trompé sur leur compte. Qui a vu venir Bjarne Riis? Carlos Sastre? Même Chris Froome?
En ce sens, Egan Bernal a ce petit côté rassurant: on l’a vu venir. Comme on a vu venir Mathieu Van Der Poel, ainsi que Remco Evenepoel. Bernal appartient cependant à cette génération de Colombiens hyper-performants, et dont bon nombre ont été convaincus de dopage ces derniers temps, le dernier en date étant Jarlinson Pantano.
Greg LeMond l’a toujours, toujours affirmé: il ne s’est jamais troué la peau. Jamais. Il n’a jamais fait l’objet d’un contrôle positif, ni de soupçons, pas même des coureurs de son époque. Et il a pris un sérieux coup en 1991, comme Andy Hampsten d’ailleurs, eux qui étaient loin du dopage sanguin qui se généralisait à l’époque. Le peloton avait subitement accéléré drastiquement. Pas eux.
Bruyneel déplore également l’hypocrisie du milieu, et on se doit d’être d’accord avec lui: ça ne fait aucun sens que Riis et lui soient ainsi écartés, et qu’un Vinokourov ou d’autres du même acabit continuent de diriger des équipes World Tour.
Mais Bruyneel dérape lorsqu’il implique des ex-coureurs comme Madiot, Bernaudeau ou Lavenu. Il y a une différence entre prendre une pilule dans les années 1980 en fin de course pour se soutenir, bien que je sois absolument contre cette pratique bien sûr, et l’organisation d’un dopage systématique et ultra-sophistiqué (motoman…) au sein d’une équipe pro, avec sanctions pour les coureurs ne voulant pas y adhérer et corruption au plus haut niveau, même de l’UCI!
Bien sûr, en définitive, on ne peut se fier que sur la seule parole des gens. Je ne crois pas les demi-vérités de Lance Armstrong. Je ne crois pas Bruyneel, Riis ou Vinokourov, encore moins Michele Ferrari. Mais je crois Greg LeMond. Il a toujours fait preuve de candeur et de sincérité. Et tous ses résultats ont toujours été logiques, linéaires et cohérents durant sa carrière, ainsi qu’à l’intérieur même d’une seule saison.
Il y a 25 ans, nous rêvions du Galibier, de l’Izoard, du Gavia, du Stelvio, du Mortirolo, de l’Alpe d’Huez.
Nous avons réalisé ensemble beaucoup de ces rêves de jeunesse. #marmotte #maratonadeldolomites #arvanvillard #hauteroute #gavia&mortirolo #grandbo #alsacienne
25 ans plus tard, nous roulons au même endroit, toujours ensemble, mon frère et moi.
Avec encore des rêves dans la tête.
Mais le plus important, c’est que le plaisir de rouler ensemble, sur nos routes en Estrie, est demeuré, toutes ces années, intact. #mybestridewithmybro
La perle du ski de fond norvégien, Johannes Hoesflot Klaebo, s’est engagé pour 5 ans au sein de l’équipe cycliste norvégienne Uno-X.
Il assure toutefois que le ski de fond restera son focus.
Je peux croire aux cyclistes qui font du ski de fond, mais les fondeurs qui veulent faire du vélo?! 😂
Quoi qu’il en soit, c’est bien Johannes, mais faudra penser à couper ce poil aux pattes!
Emanuel Buchmann. Tout un grimpeur!
Très beau video motivant (en tout cas, lui il l’est!) d’Adam Roberge, qui nous permet de le suivre sur son entrainement hier.
Bravo Adam, 6x5min à 450 watts, c’est du très lourd. Mais les chiffres ne sont pas importants, ce qui l’est c’est de voir le plaisir manifeste d’Adam de rouler sur son vélo.
Plaisir partagé Adam… en attendant de rouler avec toi un de ces quatre!
Pour ceux qui voudraient faire pareil, les efforts lors d’une séance de 6x5min en intervalles devraient se faire à 85% de votre PAM selon le célèbre graphique de Guy Thibault, c’est à dire la puissance critique que vous pouvez tenir pour environ 5-6min.
Encore plus l’fun d’y aller aux sensations!
À l’heure où les échantillons du Tour 2016 et 2017 vont être re-testés à la lumière des trouvailles de l’Affaire Aderlaas, à l’heure où Lance Armstrong professe encore une fois ad nauseam ses demi-vérités, à l’heure où certains des lecteurs de ce site n’ont toujours pas compris que si je parle encore, 16 ans après sa mort, de Marco Pantani c’est pour que l’on oublie jamais à quoi conduit les dérives du dopage et pourquoi il faut le combattre de toutes nos forces, à l’heure où on pleure la disparition tragique de notre collègue Gilbert Bessin, à l’heure où l’apparence, l’artificiel, l’instantané font foi de tout, ce video (me) fait tellement de bien.
So much in there. Le ton aussi.
Tyler Hamilton, je lui serrerais bien volontiers la main aujourd’hui.
Je n’ai jamais autant roulé sur mon vélo dans ma vie qu’au cours des deux derniers mois, en 35 ans de cyclisme.
Je roule pour moi, le plus souvent solo. Avec le seul objectif de me dépasser. À l’eau claire bien sûr.
Rouler à vélo, c’est une question d’équilibre dit-on. Le vélo pour moi, ce n’a jamais été autant une question d’équilibre. Mais les Alpes me manquent. Le Galibier me manque.
« Il ne s’agit pas d’un geste égoïste. C’est, au contraire, le temps qu’il me faut pour rassembler mes forces et devenir un être humain meilleur, plus ouvert, plus apte à écouter les autres parce que je me sens alors heureux de mon sort, et non pas en train de m’imaginer comment le «moment présent» de demain sera plus satisfaisant que celui-ci.
C’est un geste de créativité, de recul face aux dates de tombée, aux demandes incessantes et à l’accélération du travail dans un monde qui ne semble jamais assez performant, comme si cette course pouvait nous faire oublier nos malheurs.
La solitude du cycliste au petit matin, le midi, en fin de journée, sa lumière rouge clignotant dans le lointain alors que le soleil se couche : voilà qui permet à la femme et à l’homme de se réfugier dans un mouvement salvateur, dans l’expression de son individualité, dans son désir de se retirer du bruit ambiant pour goûter au silence.
La solitude du rouleur, c’est le choix de s’appartenir entièrement pendant quelques heures. »
S’appartenir entièrement. Ca veut aussi dire de retrouver ce qui nous rend foncièrement heureux et ce qui donne un sens à notre vie.
Sentir la brise dans mes cheveux. Sentir la chaleur du soleil sur ma peau. Le voir se lever, se coucher. Sentir les cuisses et les poumons brûler après un effort violent. Tout donner, full gas, solo. Être fier de soi. Respecter les règles. Respecter les autres. Être libre. Être vivant.
Sur mon vélo, sur ce site, je suis à ma place, pour les bonnes raisons.
Lance Armstrong ne pourra jamais en dire autant.
