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15e édition du GP Ste-Martine dimanche prochain

Et on ne veut pas que ca soit la dernière!!!

La saison des courses cyclistes sur route au Québec s’est amorcée la semaine dernière (le calendrier complet est ici) avec la première édition du Grand Prix des Bois Francs, du côté de Delson en banlieue de Montréal. Un peu plus de 200 coureurs(es) se sont présentés(ées) à l’événement, un nombre disons… limite pour permettre à une telle course de boucler le budget.

Dimanche prochain, la 15e édition (déjà!) du GP de Ste-Martine aura lieu. Désormais une classique du calendrier, cette course présente une belle caractéristique: trois fois sur quatre, le festival de la bordure. Cyclisme 101 ici.

Idéal pour s’imaginer un instant être sur Gand-Wevelgem en Belgique ou sur le GP E3!

L’organisation dirigée par André Charlebois est comme d’habitude irréprochable. Je vous parlais en 2016 des initiatives que cet organisateur-né multiplie pour promouvoir le vélo dans le secteur de Beauharnois. Aujourd’hui, nombre de ces initiatives ont vu le jour, et on parle même de phase 2!

On pourra s’inscrire sur place à Ste-Martine jusqu’à une heure avant l’épreuve. Les inscriptions en ligne sont disponibles ici, et sont ouvertes jusque ce jeudi midi (demain).

Un calendrier de course à revoir?

J’ai beaucoup, beaucoup de respect en ce moment pour les organisateurs de courses cyclistes sur route au Québec, car une telle organisation est vraiment compliquée aujourd’hui.

Dans d’autres disciplines comme le gravel, le Mtb ou le cyclo-cross, les organisateurs ne font pas face aux mêmes défis.

Prenez simplement la sécurité sur la route: en cyclisme sur route, tu dois protéger les pelotons en constante mouvance, tu dois sécuriser des kilomètres de circuit, gérer la population locale qui veut avoir le moins de nuisance possible, etc. Tout un casse-tête – un casse-tête qui coûte cher en plus! – que les organisateurs de course de Mtb ou de cyclo-cross n’ont pas.

La photo-finish n’est souvent pas nécessaire sur les autres disciplines, mais en cyclisme sur route toujours indispensable.

Bref, boucler un budget en cyclisme sur route, c’est tout un défi en ce moment. Les services de police facturent, c’est très cher. Et la FQSC impose ses règles, ses exigences qui compliquent souvent le budget des organisateurs, notamment au niveau de la prise en charge des commissaires.

Dans ce contexte, l’offre de courses sur route ne s’est pas améliorée ces dernières années au Québec. J’ai abondamment couvert le sujet sur ce site.

Côté FQSC, c’est pour le moins qu’on puisse dire l’immobilisme total: pas d’initiatives susceptibles de populariser le cyclisme sur route, on manque clairement de vision. Et on se laisse porter par la vague: le gravel est en expansion? Très bien! Mais soutenir le cyclisme sur route…

Les initiatives que je vois autour de moi ne viennent pas de la Fédé, mais bien d’individus qui se mobilisent pour faire vivre le cyclisme sur route. J’y reviendrai très prochainement pour vous parler justement de nouvelles initiatives locales qui sont à saluer.

Pourtant, du côté des fédés, il y aurait tant à faire si on veut être un peu créatif.

Pas les idées qui me manquent en tout cas, en premier lieu du côté d’initiatives inter-catégories et inter-disciplinaires pour favoriser la participation d’équipes organisées, voire mixtes (H-F).

L’usage d’outils modernes façon Velon, pourquoi pas?

Et une réforme du calendrier?

Des « trous » existent en effet dans le calendrier de la saison durant des belles périodes de l’année où la météo est clémente et habituellement agréable (la météo est un facteur très important pour la participation des coureurs maitres qui ont le choix d’une offre en croissance parmi les autres disciplines du vélo, comme le gravel). Les changements climatiques ont retardé l’arrivée du printemps au Québec, et ont aussi fait des automnes plus beaux, plus chauds, et souvent plus longs.

Organiser une course cycliste fin-avril au Québec comporte de plus en plus de risques au niveau climatique, surtout avec des départs à 9h du mat’. Août, septembre sont sous-exploités…

Il neigeait ce matin à Gatineau.

Chose certaine, c’est loin d’être mort, le cyclisme sur route. Mais je vois un gros chantier au Québec au cours des prochaines années pour le réformer/bonifier. On parle des catégories et de l’hétérogénéité de certaines?

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  1. Edgar Allan Poe

    Bel article Laurent, dont je partage les points de vue avec beaucoup de similitudes à quelques milliers de kms, au sein de l’hexagone.
    Effectivement, ici, je constate que les initiatives ne viennent pas de la FFC non plus. Cette structure dispose d’une organisation verticale, noyautée par de petits potentats locaux. Donc surtout…on ‘e change rien!
    Le nombre de licenciés subit pourtant des chutes importantes et récurrentes depuis 5 ans environ. (-8% en 2020; -2% en 2021…).
    Les organisateurs locaux (les clubs en fait) se doivent de reverser environ 90% du montant des inscriptions aux courses à la Fédération. Du racket !
    Comme dit le président de mon club, il faut bien payer les voyages des Ala Philippe et consorts (que je ne critique) pas dans les chpts européens, mondiaux, J. O…. etc .
    De fait, au regard des multiples contraintes, et des synergies de bénévoles et autres forces vives à créer, beaucoup y renoncent. Je cours, par ex, dans un club d’environ 150 licenciés qui n’aura pas d’organisation sur route cette année, en dehors d’épreuves pour les écoles de cyclisme.
    Paradoxe : il y a peu de courses VTT en France, alors que le nombre de pratiquants est massif.
    Le Gravel en est qu’à ses balbutiements.
    Perso, je n’ai d’ailleurs plus de licence FFC depuis 2 ans, et jongle entre les courses FSGT et les cyclo sportives, avec parfois quelques courses en FFC en payant un surcoût notoire à l’inscription. Par contre, les courses FSGT proposent fréquemment des circuits de 10 bornes, et en plus avec quelques bosses à franchir. Le coût d’inscription est deux fois moindre qu’en FFC, avec une boisson à l’arrivée. Le cœur de la licence 2,5 fois moindre, et les organisateurs sympas et arrangeants. Pourquoi une telle différence ?
    J’ai quand même reçu 2 mails de relance récents de la FFC… qui s’inquiète de ne pas me voir reprendre une licence. Mais le propos n’est même pas incitatif…
    Concernant les routes, j’ai vu un panneau informant les usagers du col au dessus de chez moi que ce même col serait fermé toute la journée de samedi à venir. Motif : rallye auto, au mieux de niveau départemental. Personne ne mouche. Alors que le passage d’une epreuve cycliste qui va bloquer la circulation une demi-heure ou quelques heures si c’est une course en circuit, paraît une tâche irréalisable selon les préfectures.
    Je ne serais pas loin de penser qu’on ne prête qu’aux riches (pollueurs en plus… 😁)

    • Je partage ton constat mais en y mettant un bémol…

      Il me semble que la société a changé et que ce changement ne touche pas que le cyclisme mais toutes les disciplines sportives.

      De moins en moins de jeunes sont attirés par les contraintes et la discipline qu imposent le sport de compétition. Les jeunes ne veulent plus porter un dossards tous les week-ends en s imposant une certaine discipline. Aujourd’hui, la plupart pratiquent en loisir et en mode multidiscipline. Lundi footting, mardi yoga, mercredi vélo, jeudi bringue, vendredi muscu, samedi cross-fit et dimanche BBQ ou ski.

      Ceux qui font encore de la compétition au niveau départemental ou régional ne sont que les plus passionnés et surtout les meilleurs. Ceux qui prennent des valises à chaque course n insitent que de plus en plus rarement. Il n’y a plus de socle à la pratique de compétition.

      Seule les épreuves de très grand fond, voir d Ultra, rencontre encore du succès. Mais 90 % des concurrents y vont pour finir et non pas pour concourir. L ambiance est plus festive que recherche de la performance.

      À cela s ajoute une politique sportive qui ignore la pratique des masses en compétition et qui ne s intéresse qu à l’élite et dans une moindre mesure au sport santé. Les petits clubs ne sont presque plus aidés par les communes, départements, régions (ou grandes entreprisesd État comme ce fût le cas avec les ASPTT).

      EAP, tu es ce que l on appelle un dinosaure 🤣😂🤣😂

    • Je m’aligne avec tes commentaires! Imagine l’étendue territoriale du Canada, les seules choses qui les interessent c’est le skidoo & VTT 4 roues qui érodent le sol d’une façon phénoménale! Faut que ça fasse bien du bruit-fumée-etc. et que ça brûle bin du gaz aussi… Courses de vélo? Bin voyons donc…sport de ‘moune…

  2. missbecaneenfolie

    Les problématiques vélo sur route au niveau compétitif avec le monopole FQSC sont nombreuses. Une bureaucratie s’est installée sans doute exigée par les subventions gouvernementales au secteur élite (XCO, route, BMX). Les exigences nettement accrues (assurances?) posant des défis $$$ aux organisateurs.
    Perso, après avoir acheté les licences combinées montagne et route pendant 3 ans sans participer à une seule compétition ou à une seule avec DNF, et depuis la pandémie, plus de licence pantoute, le secteur maître féminin n’est vraiment pas intéressant. Le dernier changement est le départ groupé avec les maitres M3, etc et la seule participante MF2 de la fin de semaine dernière n’ayant pas fait le 8% des hommes de son départ et fut classée abandon (DNF) forcé par le commissaire! Bref, un peu comme le remake de Alfonsina Strada dans les années 20’s au Giro! Mais dans un tout autre contexte où les barrières à l’entrée, sans favoriser la participation, la venue de nouvelles compétitrices ou rétention des anciennes, poursuivent le déclin par manque d’intérêt des autorités du sport. Tout pour l’élite!
    Mettons que les 50 femmes ayant participé à des courses dans les dernières années sont totalement démotivées! Dommage quand les championnats canadiens (2021 et 2022) et mondiaux sont prévus à Victo.
    Ainsi, une proposition de classe ouverte pour femmes a été suggérée (mettons les participantes de toutes âges à leur première saison, par exemple et les maîtres de facto) avec départ distinct. Aussi réduire le nombre de ces événements pour consolider et non disperser? Courses en avril et si peu en juillet et août? Toutes concentrées près de Montréal et rien à Québec?
    A la ville de Québec, les courses régionales sont la seule possibilité (CLM et critérium) qui ne requièrent qu’une licence d’événement journalière.

  3. Lemond

    Il y a une course cycliste à Delson?
    J’habite juste à coté depuis 15 ans, je n’en avais jamais entendu parler! (il est vrai que ne fais pas de courses)

    Là je fais des recherches et je constate que cette course n’a pas de site internet qui donnerait un minimum d’infos. Il y a juste une page Facebook minimaliste… Il faudrait faire un peu plus de com pour donner davantage de rayonnement, il y a de belles routes dans le coin même si c’est très droit et très venteux.

    Laurent, ca prendrait quelqu’un comme toi pour que la fédé ait un peu plus de vision.
    Mais bon, on sait que pour arriver là-haut, c’est politique. C’est pas les bonnes idées et les compétences qui l’emportent mais les petits cadeaux aux amis.

    C’est toute la gouvernance en fait qui est à revoir, et quand on y songe, pas que dans le vélo mais pour tout. Le système actuel favorise les beaux parleurs, pas les gens intègres et compétents.

  4. Patrick

    Mon garçon est en U13 sur route. Ils n’ont pas commencé les entraînements, mais il y a déjà une course. Il y a quelques années, il faisait tellement froid au premier critérium, il avait abandonné car ses mains étaient engourdis par le froid. Il avait de la difficulté à piloter son vélo. Je ne comprends pas le calendrier…

    Aussi, il manque cruellement de courses régionales. Comment développer une relève sans des courses pour débutant? Il y a des courses régionales à Québec, Gatineau, au Saguenay, mais aucune autour de Montréal. Pourtant, la plupart des clubs y sont présents : Laval, Boucherville, La Prairie, VCM, Vaudreuil. C’est difficile pour un jeune qui débute d’aller en provincial se faire larguer en début de course.

    Aussi, il est temps certains organisateurs fassent leur job sur la sécurité des parcours. L’an passé, il y a eu beaucoup de chutes, certaines graves, directement dû aux trous dans la chaussée. À 11-12 ans, ça roule déjà à 30-35 km/h en peloton de 15-20 coureurs, il ne faut pas s’imaginer qu’ils ont la capacité de gérer un circuit dangereux. J’ai vu des virages plein de gravelle, des trous béants difficile à éviter sans aller dans la portion de route ouverte aux véhicules. En tant que parent d’un jeune cycliste, j’assume un niveau de risque élevé, mais celui directement lié au vélo de route. Le risque ajouté par la négligence de certains responsables de course me fâche. J’ai remis en question la course l’an dernier.

    Une chance, plusieurs organisations sont impeccables.

    J’en aurais encore long à dire. Mais bon, on va tout de même se souhaiter une bonne saison. 🙂

    • robert harmegnies

      Entièrement d’accord avec toi. Trop tôt le printemps avec des athlètes peu entraînés alors qu’en août septembre…les mois idéaux

    • Bienvenu sur les routes du Québec… Ça fait TRÈS longtemps qu’on course sur des routes pleines de cratères, nids de poule, fractures (dans lesquelles pousse l’herbe!) etc… Définitivement mieux en ON. !

  5. Stef

    Je dirais que le premier problème est la FQSC. Comme dans ton article, la fédé n’en a que pour les subventions monétaires. Donc, celle-ci va toujours favoriser les évènements pour lesquels il y a plus d’argent qui rentre dans leur coffre, comme au niveau de l’élite. Si on veut que les jeunes pratiquent le vélo de compétition, il faut que ça soit organisé. La majorité des jeunes qui commencent la compétition ont des parents cyclistes. Donc, comment attirer les autres jeunes? C’est là que la FQSC doit agir. Par exemple, le hockey et le soccer est organisé par les fédérations et municipalités. Ce ne sont pas quelques parents en charge d’un club qui peuvent rivaliser avec ces organisations.
    La fédé devrait faire des partenariats avec les municipalités pour faire des mini-camps de vélo et fournir les personnes ressources aux municipalités pour faire ces camps. Le jour que le vélo fera parti des loisirs organisés des municipalités, il va y avoir beaucoup plus de jeunes qui vont s’intéressés au vélo de loisir et compétition. Tout doit commencer par un loisir et les plus compétitifs joindront des équipes de compétition. Par exemple, un jeune peut jouer au soccer sans être dans une ligue élite. Il est là le problème, les jeunes joignent un club et les courses sont à un niveau trop élevé pour la majorité. Beaucoup de jeunes ont des coachs et un programme d’entraînement. Comment voulez-vous retenir les jeunes débutants qui veulent s’amuser sans penser aux nombres de watts qu’ils poussent.

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