SpiderTech: c’est terminé

Il y a des bonnes et des mauvaises nouvelles pour le cyclisme canadien en ce moment.

Les bonnes: trois coureurs canadiens devraient être au départ du Tour de France, un record. Il s’agit de David Veilleux chez Europcar, Ryder Hesjedal chez Garmin et Svein Tuft chez Orica-Green Edge, aussi annoncé partant.

Une autre bonne nouvelle est le fait le Canada compte cette année un nombre record de coureurs dans les équipes pro en Europe, si on ajoute les Rollin (FDJ), Houle (AG2R La Mondiale), Meier (Orica-GreenEdge), Boivin (Cannondale) et Boily (Amore&Vita).

Les mauvaises: outre le fait que la Classique Montréal-Québec n’existe plus, on apprend ces dernières heures que l’aventure SpiderTech de Steve Bauer est terminée.

Rappelons que Bauer avait décidé de stopper l‘équipe fin 2012 et l’espace d’un an afin de se concentrer sur la recherche de gros sponsors au Canada lui permettant de monter une équipe World Tour.

Le projet a donc échoué.

Bauer évoque plusieurs raisons à cet échec:

– le scandale Armstrong, qui a rendu les sponsors potentiels très frileux quant à un éventuel investissement dans le cyclisme, un sport gangréné par le dopage. Merci notamment Pat McQuaid…

– le manque de culture cycliste au Canada et la compétition avec d’autres sports comme le hockey par exemple;

– la situation économique actuelle, très incertaine;

– les jeux de coulisse entourant la possible ré-élection de Pat McQuaid à la tête de l’UCI.

Pas de surprise, mais des inquiétudes

La nouvelle ne m’a malheureusement pas surpris: j‘évoquais déjà, le 13 octobre dernier sur ce site, les difficultés que Bauer rencontrerait sur son chemin dans la création d’une telle équipe, à un tel niveau, soulignant que l’UCI n’aidait en rien le développement du cyclisme dans des pays non-européen, hors de la zone “traditionnelle” du cyclisme.

Seuls de grandes multinationales canadiennes ayant des intérêts ailleurs dans le monde auraient pu se montrer intéressées par un tel partenariat visant à monter une équipe WorldTour. La liste de candidats potentiels n‘était pas très longue si on voulait limiter le sponsor à un sponsor canadien: Bombardier, BlackBerry, SNC-Lavallin, qui d’autres? De plus, ces compagnies devaient certainement exiger des garanties quant à une présence sur le Tour de France, chose actuellement difficile avec des coureurs seulement canadiens.

On peut de surcroit être inquiet pour l’avenir de certains coureurs, dont Guillaume Boivin je pense, car si ma mémoire est bonne, leur salaire actuel au sein de leur équipe World Tour est en fait assumé par Bauer et SpiderTech. L’aventure se terminant, les équipes accepteront-elles, en fin de saison, d’assumer leur salaire la saison prochaine? Dans certains cas, si les résultats ne sont pas jugés suffisants, il est possible que ce ne soit pas le cas… et cela pourrait présenter des défis supplémentaires pour ces coureurs afin de se maintenir dans une équipe de haut niveau en Europe.

Des éléments d’explication

Je crois que d’autres éléments plus généraux expliquent également l‘échec de Bauer, des éléments qui font appel à la structure actuelle du cyclisme au Canada : je pense notamment à l’absence d’un vélodrome couvert dans l’Est du Canada ainsi qu‘à l’absence d’une structure élaborée de courses de haut niveau.

C’est d’ailleurs tout à l’honneur de Bauer que d’affirmer que loin de se laisser abattre, il se concentrera dans les prochaines années au développement de jeunes coureurs de moins de 23 ans, estimant que la construction du vélodrome couvert de Milton en Ontario à l’occasion des Jeux PanAm l’aidera à développer la relève d’ici. Il a tout à fait raison!

Un vélodrome couvert dans la région de Montréal – donc la garantie qu’il y aurait de l’achalandage – serait également un formidable levier de développement du cyclisme au Canada, l’exemple des Australiens ces 20 dernières années étant à ce sujet éloquent. Nous avons besoin de ce vélodrome plus que jamais, compte tenu de l’explosion de la pratique du cyclisme au Québec et au Canada!

J’estime qu’il faudrait également revoir la longueur des courses séniors 1-2 au Québec, pour les porter à au moins 160 kms. Comment en effet espérer que nos meilleurs séniors 1-2 puissent faire rapidement le saut en Europe avec succès si leurs courses ici dépassent rarement les 130 bornes? En Europe, on dépasse les 130 bornes dès le niveau junior… L’intensité en course est certes importante, mais il faut aussi savoir encaisser la distance…

Bref, l’aventure SpiderTech a été très intéressante ces dernières années et aura permis de donner une impulsion au cyclisme canadien, en plus de permettre à certains de nos coureurs de vivre leur rêve d‘être coureurs pro en Europe. C’est dommage que ca s’arrête là, mais les difficultés auxquelles faisait face Bauer étaient vraiment très importantes. Il faut désormais mettre en place les infrastructures, et un tel projet de monter une première équipe canadienne WorldTour sera alors viable d’ici une dizaine d’années, avec des coureurs canadiens pouvant aspirer à briller au plus haut niveau. Pour le moment, les éléments ne sont tout simplement pas encore en place, limitant les chances de voir un tel projet réussir.

Si Ryder Hesjedal pouvait gagner le Tour 2013 et Veilleux ou Tuft une étape, si Pat McQuaid n‘était pas ré-élu à la présidence de l’UCI et si un vélodrome couvert était construit dans la région de Montréal, on serait en business pour viser une équipe canadienne de niveau WorldTour d’ici 2020, avec de jeunes talents!

20 Commentaires

  1. Soumis le 20 juin 2013 à 2:46 | Permalien

    Pour les juniors FFC, la distance maxi varie de 130km à 140km selon que c’est une course régionale, fédérale ou UCI.

    http://www.ffc.fr/com/imgAdmin/_MEDIATHEQUE/FORMULAIRES/ORGANISATEURS/Reglementation_des_courses_sur_Route_2013.pdf

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  2. Nelson
    Soumis le 20 juin 2013 à 6:28 | Permalien

    Personnellement je ne crois pas à la viabilité économique d’un vélodrome même à Montréal. Pour avoir fait du vélodrome et du vélo route à l’époque où le Biodôme n’existait pas encore à Montréal, le vélodrome reste la panacée d’une minorité de cycliste et une équipe nationale ne peut pas faire survivre économiquement à elle seule une infrastructure de cette taille. Hors aujourd’hui quand ont construit ce genre d’infrastructure, surtout au Québec, le modèle de rentabilité économique de l’infrastructure doit précéder l’autorisation hors je doute qu’ils puissent supporter ce genre de modèle.

    Pour ce qui est des compagnies canadiennes qui peuvent supporter une équipe cycliste deux des trois compagnies que tu as nommées ne sont pas encore assez solide pour embarquer dans ce genre d’aventure (Blackberry et SNC-Lavalin) par contre il en existe d’autre mais ont-elles un intérêt dans le cyclisme. Si Steve Bauer n’a pas réussi à trouver d’autres commanditaires c’est parce que personne n’était intéressé et je me demande jusqu’à quel point les scandales de dopage dans le cyclisme effraient les nouveaux commanditaires ……….. Probablement beaucoup

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  3. Soumis le 20 juin 2013 à 6:30 | Permalien

    @nikko,
    Merci de l’info, j’ai corrigé le tir. J’avais entendu la distance de 160 bornes sur Radio Vélo, mais j’ai dû mal entendre à quelle catégorie cela s’appliquait.

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  4. Soumis le 20 juin 2013 à 6:34 | Permalien

    @Nelson,
    Tout à fait d’accord pour évoquer les raisons de l’échec de la viabilité du vélodrome couvert de Montréal après les JO de 1976.
    J’estime cependant que le contexte est aujourd’hui fort différent: la pratique du cyclisme est en pleine explosion, la densité démographique de Montréal a considérablement augmenté, comme les moyens de déplacement, même chez les jeunes. Pour peu que le projet soit raisonnable dans son infrastructure (l’ampleur du stade olympique et du vélodrome donnait dans la mégalomanie) et dans son coût, je crois qu’il y a suffisemment d’équipes cyclistes à Montréal qui s’organiseraient pour s’entrainer l’hiver sur la piste, et en défrayer les coûts.
    On pourrait aussi viser la tenue d’une Coupe du monde de la piste à Montréal… complétant ainsi le portrait entamé par la tenue des GP de Québec et Montréal…

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  5. r.
    Soumis le 20 juin 2013 à 8:31 | Permalien

    À ne pas oublier Parisien pour Argos-Shimano.

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  6. Vincent C
    Soumis le 20 juin 2013 à 9:01 | Permalien

    @Nelson:

    « le vélodrome reste la panacée d’une minorité de cycliste  »

    Normal, le vélodrôme est à Bromont, y’a une poignée de gens qui peuvent se déplacer là facilement.

    Pour preuve, ce soir (jeudi), y’a de la piste à 19h, qui peut se rendre là sans problème?

    Le bassin pour la piste n’est pas ce qu’il était dans les années ’80 quand la piste a été détruite, y’avait un crueux pas possible du nombre de fédérés dans ces années là, tu demanderas à la fédé les chiffres.

    Maintenant, le vélo se porte bien, bien mieux que dans ces années là.

    Et pour ce qui est de viabilité, ça dépend du projet; si le projet se limite à un vélôdrôme ça risque effectivement d’être un problème mais si s’est fait comme un complexe sportif, dans un but du développement des sports comme le centre Robillard, j’vois pas où est le problème: la piste sera pleine pleine l’hiver.

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  7. Michel
    Soumis le 20 juin 2013 à 9:19 | Permalien

    « …si Ryder Hesjedal pouvait gagner le Tour 2013 »
    On va en rêver encore longtemps d’une équipe World Tour!

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  8. G.Lambert
    Soumis le 20 juin 2013 à 10:45 | Permalien

    Avec Svein Tuft au Tour, ça veut dire qu’on va avoir un nouveau champion canadien au clm

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  9. rene
    Soumis le 20 juin 2013 à 11:34 | Permalien

    Pour Spider Tech ce n’est pas Bauer qui a tiré la « plogge » c’est Ray de Spidertech qui a procédé a couper l’herbe sous les pieds de Steve! Les contrats étaient signés et les partenaires engagés de la part de l’équipe administrative de Bauer! Minuit moins une non satisfait de la progression de l’équipe vers une place sur le World Tour…VLAN!! Petites corrections de tir juste comme ça!

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  10. mario lami
    Soumis le 20 juin 2013 à 11:54 | Permalien

    coté dopage, Bauer avai tout faux, la tete dans le sable, a répété comment le dopage etait hier et non constant. Bien joué pour balayer sous le tapis, mais tu as loupé Steve, t’aurais fait un meilleur marketing en te collant au medele Garmin du clean cycling au lieu de faire a croire que le dopage est du passé, t’as pas écouté le giro l’ami ? Tete-dans-le-sable, ca en dit long sur la gestion du reste…

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  11. SLY
    Soumis le 20 juin 2013 à 5:49 | Permalien

    Je suis un passionné de vélo mais …

    Un vélodrome à Montréal c’est prioritaire ?

    Dites ça aux parents dont le(s) enfant(s) fréquentent des écoles de Montréal pleines de moisissures.

    Dites ça aux enfants dont les parents agés manquent de soins et de services à domicile.

    Avant de construire un vélodrome, ne devrait-on pas entretenir et modifier nos route de façon à rendre le vélo sur route plus sécuritaire et agréable pour un plus grand nombre.

    Le sport de masse est de loin plus important qu’un modèle basé sur le sport d’élite. Il a l’avantage de réduire les coûts de santé à long terme et d’augmenter l’indice de bonheur. Il y a donc retour sur l’investissement.

    N’oublions pas que le cyclisme professionnel n’est rien d’autre qu’une forme de divertissement – rien d’autre !

    Le Québec et le Canada survivront sans une équipe World Tour.

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  12. Vincent C
    Soumis le 20 juin 2013 à 8:02 | Permalien

    @SLY

    Avoir « 150 000 » arénas à Montréal pour jouer au hockey à l’année c’est prioritaire?

    Ça donne rien d’essayer de jouer à la comparaison de « qu’est-ce qui est prioritaire ». Avec ce genre de raisonnement on passera toujours dernier.

    Autre chose, ne mélangeons pas tout; l’entretient des routes et le développement d’un sport ça rien à voir.

    Si vraiment on devrait faire des amalgames, on pourrait dire qu’on se fait voler par la mafia de la construction depuis plus de 30 ans et qu’on paie 30% de trop à chaque année.

    P.S : un vélodrôme n’est pas utiliser que par des professionnels loin de là.

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  13. SLY
    Soumis le 20 juin 2013 à 8:59 | Permalien

    @Vincent

    Les aréna furent construit dans les années ’70, moment ou le hockey était à son maximum de participants.

    Combien de membres, la FQSC compte-t-elle ?

    • 2011 : 1149 (758 H, 391 F)
    • 2012 : 1277 (837 H, 440 F) et quelques licences ACC-UCI (8)

    Aujourd’hui l’on aménage, avec raison, des terrains de soccer (Foot). Sport de masse !

    Finalement, oui l’ont doit tout considérer quand ont prend des décisions responsables, au risque de voir certains besoins passer en derniers. Ce n’est pas parce qu’il y a des politiciens et hommes d’affaires verreux qu’il faut se comporter de façon irresponsable.

    En attendant un vélodrome couvert, c’est le même type de gaspillage qu’un colisé (financé par des fonds publics) sans nordiques.

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  14. PILOTTE
    Soumis le 20 juin 2013 à 10:45 | Permalien

    @sly

    Je pense que tes commentaires sont très pertinent mais s’adresse beaucoup plus à la polique que à un groupe enthousiaste d’avoir des rêve et des bus comme, fait simplement parlé Laurent dans son article, avoir un stade couvert n’est pas quelque chose qui se fait en criant ciseaux, Surtout au québec !!!

    Pilotte

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  15. Vincent C
    Soumis le 21 juin 2013 à 8:59 | Permalien

    @SLY

    T’as tout faux SLY.

    1- La FQSC comptent 7267 membres, pas 1277. 10 064 inscriptions unique à des évènements. Donc en théorie, 10 064 personnes potenciel à faire de la piste. On ne peut pas décider que certaines n’en feront pas, on est pas de leurs baskets.

    2- Le vélo est autant en vogue que le hockey dans les années ’70, sinon plus.

    3- Le hockey peut-être jouer parce ce qu’il y a justement des infracstructures pour le faire et non pas l’inverse, même chose pour le soccer; il est en vogue parce qu’on dépense dans les infracstructures. C’est pour ça qu’un veut un vélodrôme.

    « Aujourd’hui l’on aménage, avec raison, des terrains de soccer (Foot). Sport de masse !! »

    Pour moi t’as pas écouter le reportage d’enquête sur les pot-de-vins entre fabricants de terrain de soccer et les municipalités.

    « En 2006, un généreux programme de subventions a été mis en place pour favoriser la pratique des sports par l’amélioration des infrastructures, notamment l’installation de gazons synthétiques pour les terrains de soccer et de football. »

    Évidement, rien pour le vélo.

    Tiens pour te rafraîchir la mémoire:
    http://www.radio-canada.ca/emissions/enquete/2010-2011/Reportage.asp?idDoc=125013

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  16. Vincent C
    Soumis le 21 juin 2013 à 9:00 | Permalien

    Ah j’oubliais, pour les chiffres de la Fédé, c’est par ici:

    http://www.fqsc.net/sites/default/files/rapport_annuel_fqsc_2011-2012_web.pdf

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  17. SLY
    Soumis le 21 juin 2013 à 3:39 | Permalien

    @Vincent C

    Pour préciser, les chiffres de la FQSC que j’ai présenté sont ceux du « volet cyclisme pour tous ».

    Je ne faisais pas référence au sport d’élite ou de compétition.

    http://www.fqsc.net/sites/default/files/co_cpt_2012_ateliers.pdf

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  18. SLY
    Soumis le 21 juin 2013 à 3:49 | Permalien

    PS
    Federation de soccer du quebec: + de 200 000 joueurs
    il faut ajouter les 25 000 entraîneurs et les 7 000 arbitres, et ce sans compter les 25 000 bénévoles

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  19. Vincent C
    Soumis le 21 juin 2013 à 4:30 | Permalien

    Et combien de terrains pour tout ce beau monde?

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  20. Paul Cyr
    Soumis le 22 juin 2013 à 5:15 | Permalien

    Pas surpris ! Depuis le tout début l’excès d’ambition de Bauer fut sa défaite. La gestion de sa femme d’une équipe cycliste faisait preuve de son incohérence. Josée Larocque n’avait aucune expérience et les coureurs peinaient à l’accepter. S’était difficile de savoir où on s’en allait. Pro-tour? Voyons ! Si les gars n’avaient même pas couru une course UCI. Certes, le bond en avant de certains coureurs fut catalysé par le projet. Or, passer d’une course au Québec à une course Pro-tour nécessite de bien plus que du talent et bien plus que de l’argent. Le jeunes d’ici ne sont pas formés pour endurer les conditions de la Petite Reine en Europe et dire qu’on aurait une équipe Pro-tour majoritairement canadienne avant trois ans de son début n’était qu’un leurre. Les Australiens y travaillent depuis 25 ans et les Colombiens depuis 30 ans… Bauer s’y connaît mais de là à dire qu’en trois ans le fruit serait mûre, il pêchait d’orgueil. Souvent, lorsqu’il atterrissent dans une équipe européenne les coureurs d’ici ont de la misère à se retrouver. Ce n’est point les 160 Km de parcours qui feront la différence mais bien une culture cycliste plus sérieuse. Discipline belge, passion italienne, sacrifice colombien, financement australien, dévouement néo-zélandais, encadrement kazakh, relève française, paradigme britannique, tous des éléments qui sont absents dans le cyclisme d’ici. Tant que la FQSC joue tout les rôles ni le financement ni le progrès ne seront améliorés ; peu de courses, calendrier de plus en plus pauvre, manque d’appui aux organisateurs, clic omniprésente au goût de M. Barbour, clientélisme et j’en passe. Manque d’autres organismes, d’autres fédérations, d’autres clubs… Guillaume Boivin possède un talent indéniable. Cependant, dire qu’en trois ans il aurait bouclé le travail et la formation qu’un jeune de son âge présente en Europe, en Colombie ou en Australie serait affirmer n’importe quoi. Le jeune Colombien Betancour (maillot blanc du dernier Giro) courait à côté de Boily il y a 4 ans et les deux présentait le même niveau. Depuis, l’évolution des deux ne peut plus être aux antipodes. Pas pour rien Svein Tuft a quitté les rangs de l’équipe Bauer. Je paris qu’il ressentit le manque de cohérence derrière les ambitions de M. Bauer. Si cette formation avait maintenu sa catégorie continentale Pro, les succès auraient été encourageants et nombreux. Les coureurs auraient pu poursuivre leur évolution sans besoin d’être catapultés dans le néant faute d’expérience et de caractère. À mon avis, David Veilleux et Dominic Rollin sont des rares Québécois à avoir suivi un programme leur permettant une arrivée en douceur dans les rangs Pro. Étape par étape il firent leur chemin. Les Boivin, Boily et autres ne font plus figure. Ils sont brûlés. C’est ce qui arrive quand on veut sauter du 4ème étage au dixième sans passer par les étapes obligatoires. La chute était assez prévisible.

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