On sent que la reprise européenne est proche, car les nouvelles se font plus abondantes dans le monde du cyclisme :

1 – victoire d’un petit nouveau au Tour Down Under en Australie, l’Espagnol Luis-Leon Sanchez (Liberty), âgé de… 21 ans. Voilà toute une façon de souligner son existence dans le monde des pros ! La victoire est éclatante puisque Sanchez aura remporté une étape et fait un festival dans une autre (samedi), assumant l’essentiel du travail pendant 20 bornes dans le final avec son équipier Alberto Contador pour lui laisser finalement – en grand seigneur – la victoire d’étape. Bref, voilà une victoire acquise de façon très impressionnante, au nez et à la barbe des Australiens O’Grady, Evans et McEwen qui pourtant n’étaient pas tout-à-fait venus en touristes…

Qui est Luis León Sánchez Gil ? C’est un Espagnol de la région de Murcie qui est né le 24 novembre 1983 et qui est passé pro en 2004 chez Liberty Seguros (Manolo Sainz a du flair pour dégoter les talents, il n’y a pas de doute là-dessus). La seule ligne de son palmarès pro jusqu’ici comporte la mention de vice-champion d’Espagne du CLM l’an dernier, acquis derrière José Iván Gutiérrez Palacios (Illes Balears-Banesto) et sur une distance de 48 bornes tout de même. Cela prouve que Sanchez est un gros moteur, capable de bien performer dans l’épreuve solitaire mais aussi en montagne, comme il l’a montré samedi en Australie. Certains suiveurs espagnols le désignent déjà comme le successeur d’Indurain! S’il faudra attendre un peu avant de se prononcer sur son statut, cette révélation illustre une fois de plus la profondeur du cyclisme espagnol en ce moment, leg des années Indurain : outre Sanchez, songez seulement à Nozal, Valverde et Flecha qui devraient arriver à maturité d’ici peu…

Soulignons aussi la belle perf de McEwen sur ce Tour Down Under avec 3 victoires d’étape, toutes au sprint. L’homme repartira sous peu en Europe avec un beau début de saison ; sur des Classiques comme Gent-Wevelgem voire l’Amstel, qui arrivent parfois au sprint, il pourrait faire mal tout comme sur les courses par étape du début de saison, le Tour Med et Paris-Nice. A-t-il des chances sur Milan-San Remo ? Difficile à dire puisque même Cipollini est parvenu à remporter « La Primavera ». Gageons toutefois que McEwen aura la vie très dure dans le Poggio et en ce sens, une éventuelle victoire sur cette course ne pourrait se faire qu’avec l’aide massive de son équipe.

De très belles photos (comme d’hab!) résumant bien la course sont disponibles ici, sur le site de Graham Watson.

2 – pool de cyclisme : ca s’en vient! Il sera, cette année, concentré sur les seules épreuves ProTour, pour simplifier et alléger le travail. La première épreuve du calendrier étant Paris-Nice début mars, cela nous laisse encore un peu de temps pour peaufiner les derniers détails de notre petit jeu.

3 – présentation tardive du parcours 2005 du Giro samedi dernier au « Mazda Plaza » de Milan puisqu’à environ 4 mois du départ qui se fera le 7 mai prochain à Reggio de Calabre (sud de l’Italie). Au menu de ce prologue, une nouveauté: un clm d’à peine plus d’un kilomètre, un sprint en réalité. Si on ne creusera donc pas d’écarts cette journée-là, le spectacle (car c’est bien de ca qu’il s’agit) sera peut-être intéressant, inédit en tout cas.

Le parcours du Giro s’annonce progressif et musclé, avec une première semaine propice aux sprinters, une deuxième semaine débutant par un clm puis entrant doucement dans le vif du sujet et enfin une troisième semaine qui fait carrément peur, avec plusieurs étapes de montagne sur des cols aux pourcentages redoutables. Bref, le vainqueur du Giro 2005 au terme des 20 étapes (dont 5 de montagne comportant 3 arrivées au sommet, 2 clm et 2 journées de repos) et des 3 464 kms sera un costaud, c’est certain.

Les rendez-vous à ne pas manquer seront :

– l’arrivée en altitude à L’Aquila lors de la 5e étape, au milieu de la première semaine. Une habitude désormais dans le Giro, question de dévoiler rapidement qui seront les hommes forts.
– le premier clm à la 8e étape, après une semaine de course. 42 bornes de plat pour créer les premiers écarts et confirmer les hommes en forme.
– la 11e étape dont le départ sera donné de Marostica, au pied des Dolomites. Au menu, 3 cols et une arrivée en altitude : le Passo di Cereda (1369m), le Forcella Aurine (1299m) et le Passo Duran (1601m) avant la dernière grimpée sur le Zoldo Alto (1520m).
– la 12e étape, avec le passage du Passo di S. Pellegrino (1918m). L’arrivée étant loin, pas trop de dommage à attendre cependant dans cette étape parmi les premiers au classement.
– la 13e étape, de 217 km excusez un peu. Au menu, rien que du beau : le Passo di Costalunga (1745m), le célèbrissime Passo Pordoi (2239m) puis le fameux et connu Passo di Campolongo (1875m) pour s’achever sur les pentes du Passo delle Erbe (2004m). Nos condoléances à Messieurs les coureurs.
– comme si ce n’était pas assez, on remet ca sur… 210 bornes le lendemain, avec la « Cima Coppi » de l’épreuve, c’est à dire le toit du Giro, le mythique Passo dello Stelvio (2758m, plus haut encore que le Galibier en France!). Gloire à toi Fausto ! La fin de l’étape sera toutefois roulante, permettant de donner un petit répit aux coureurs.
– le lendemain lundi (on aborde alors la 3e semaine de course), lors de la 15e étape, troisième étape de suite avec plus de 200 bornes (207 kms), dont le Forcola di Livigno (2315m). Aie. On suppose que la journée de repos du lendemain sera bien accueillie des coureurs…
– 16e étape, le lendemain du repos, les organisateurs ont placé le Bric Berton, un petit col aux pourcentages très raides, à 60 bornes de l’arrivée d’une étape qui en compte 207. Question de se replonger dans le vif du sujet rapidement. Après une journée de repos, ce « coup de cul » pourrait en surprendre plusieurs.
– 17e étape, arrivée en altitude au Limone Piemonte (1795m) après avoir franchi pas moins de trois « petits » cols casse-pattes : le Colle di Cadibona (436m), le Madonna del Colletto (1304m) et le Colletto del Moro (949m). Ca fera des dégâts.
– 18e étape, le dernier clm sur 31 bornes, comportant une ascension (roulante) de 6 km du Colle di Superga. Un clm en côte? Non, pas vraiment, mais ca fera mal aux coureurs, surtout après 3 semaines de course.
– 19e étape, la grande lessive à 24h de l’arrivée à Milan. 190 bornes à parcourir jusqu’à Sestrières (2034m) qu’on escaladera deux fois dans la journée, entrecoupé du Colle delle Finestre (2178m). 3 cols de plus de 2000m à franchir dans la journée, et ce après 3 semaines de course, ca va être dantesque. La question est : combien de coureurs restera-t-il dans le peloton à ce moment-là?!

Bref, ce Giro comporte pas moins de 7 cols de plus de 2000m à franchir, auxquels on peut en rajouter 4 de plus de 1700m d’altitude ou plus. C’est ce qu’on appelle de la haute montagne et le parcours s’annonce donc très difficile pour les coureurs (plus que le Tour de France en tout cas) et très inspirant voire prometteur pour les spectateurs. Un bon grimpeur sera forcément avantagé.

Parmi les favoris, on compte Basso évidemment qui, après 3 Tours de France, reviendra sur le Giro pour gagner. Bon grimpeur, il a toutes ses chances. Cunego, bien sôr, cherchera à confirmer sa victoire en 2004. Simoni voudra retrouver sa place de no1 en Italie, ce qui ne sera pas facile. Son vieil ennemi Garzelli sera aussi de la partie, et Dieu seul sait ce que ce coureur vieillissant pourra faire comme dégâts. Il ne faudra enfin pas oublier Savoldelli et Popovytch, si jamais ce dernier se lance dans l’aventure. Pour « Il Falco » Savoldelli, il pourra compter sur de nombreuses descentes pour creuser les écarts!

4 – on a présenté ce week-end les équipes Fassa Bortolo, CSC et Domina Vacanze à la presse. Peu de changements dans les maillots, dans l’effectif ou l’encadrement aussi.

5 – excellent article, très original, de Cyclismag concernant les nouveaux maillots du peloton 2005.

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