Tous les jours, la passion du cyclisme

 

L’efficacité du dopage: la preuve

Guillaume Robert est un cyclosportif de la région de Toulouse, mais aussi blogueur sur la toile.

Son médecin lui a récemment prescrit un produit dopant bien connu et en vogue dans les années 1970 (on ne parle donc pas de dopage sanguin ici) dans un but évidemment thérapeutique. Les doses étaient également inférieures à celles qu’on utiliserait si on voulait user de ce produit pour des fins de dopage dans le sport.

Guillaume a voulu « voir » l’effet du produit (probablement des amphétamines) sur son vélo. Résultat? Un gain de ses performances estimé à 9%. Sur sa bosse « test » de 1,2 km à 5,8% près de chez lui, Guillaume avait déjà le record Strava en 3min51sec. Après 60 bornes à 31 de moyenne, il a explosé ce record, l’abaissant à 3min30sec, avec le produit dans son organisme.

Idem dans une bosse juste après.

Les résultats ne laissent donc planer aucun doute sur l’efficacité de cette forme de dopage.

Où je veux en venir?

Simple: le dopage, c’est terriblement efficace. Plus encore lorsqu’on se rappelle que Guillaume n’avait pas accès à un dopage sanguin, mais juste à un dopage classique voire ancien, et par voie traditionnelle.

J’ai tellement entendu l’ineptie « de toute façon, le dopage ne change pas un âne en cheval de course ». Ben justement, oui.

J’ai tellement entendu l’autre ineptie « de toute façon, ils sont tous dopés, donc le meilleur gagne quand même ». Ben justement non. D’abord, ils ne sont pas tous dopés, et il faut le dire par simple respect pour ceux qui pratiquent le cyclisme de haut niveau avec éthique. Et parmi les dopés, ils ne sont pas tous dopés égal. Ceux qui ont accès aux meilleurs produits, protocoles et médecins, comme Lance Armstrong, possèdent un très net avantage sur tous les autres.

En remerciement à Guillaume, je lui laisse le mot de la fin, qui est bien dit: « Voilà ma seule expérience de dopage. Et à ceux qui disent qu’on ne transforme pas un âne en cheval de course avec le dopage, peut-être pas, mais l’âne va quand même beaucoup plus vite. Des gains de 10 à 20% sont déjà énormes. Mais loin de moi l’idée de penser que tous ceux qui finissent devant moi sont dopés. Je pense même, heureusement, que la majorité des cyclos sont propres. Certains se « dopent » et finissent derrière moi, d’autres sont à l’eau claire et loin devant moi….voire victorieux. Simplement plus forts. J’ai plutôt de la tristesse pour ceux qui se dopent pour des cyclosportives, car en arriver là, c’est que vraiment, on ne doit pas être heureux dans sa vie. »

Partager

Précédent

L’UCI abandonne sa commission indépendante!

Suivant

Roman feuilleton « La maison d’Aigle »: épisode 73

20 Commentaires

  1. Sur la « qualité du dopage », excellent passage dans le livre de Tyler Hamilton. Au 6e TDF de Armstrong, alors que le sang est contaminé et que plusieurs coureurs sont touchés dont Ulrich, Hamilton, …. (Même médecin, même motocycliste et même médecin). La raison pour laquelle Armstrong voulait tout contrôler : Son motocycliste transportait ses échantillons,…. etc etc. Et à voir les montants impliqués, pas tous les cyclistes qui pouvaient se payer une telle sécurité.

  2. Dan Simard

    Je crois plutot que Guillaume a oublié de mentioner qu’il a fait exploser son record après avoir changé son vélo pour un Pinarello 🙂 🙂

  3. Knubben Alain

    Je retiens essentiellement de la déclaration de Guillaume sa phrase de conclusion, qui résume à merveille le côté pathétique de certains cyclos : « J’ai plutôt de la tristesse [NDR: j’aurai personnellement dit: de la pitié] pour ceux qui se dopent pour des cyclosportives [NDR : voire les courses locales – et il y en a], car en arriver là, c’est que vraiment, on ne doit pas être heureux dans sa vie.” Longue vie à la Flamme rouge.

  4. Le dopage, c’ et le fruit defendu…Honnetement, il m’ arrive parfois d’y penser, essayer de ces trucs, a l’entrainement, pour voir…Dans une cyclosportive, un brevet cyclo, dans n’importe quel groupe, j’aurais bien trop honte, ca serait bien trop con…

    Mais je ne suis qu’un cycliste « de plaisance »…

    Honnetement encore, si j’avais 20, 25 ans,coureur pro, ou elite amateurs, ayant de jeunes enfants, une maison a payer, peu d’etudes car ayant tout mis dans le velo, des amis supporters, une equipe qui m’a engage a un bon salaire pour mon age, un leader pour lequel je dois me defoncer, des gains a partager, un entourage qui me fait comprendre que je peux me fier a son experience, eh bien, je pense bien que je mordrais a ce fruit defendu…d’ailleurs , je pense que j’aurais pas d’autre choix…je serai bien con de garder ma « virginite », la vie fait pas de cadeaux…si je faisais une mauvaise chutte demain…?

    Alors bon , se faire traiter de tricheur dans des blogs comme LFR me ferait surement mal, et je ne comprendrai pas pourquoi…je dois poursuivre mon metier dont j’ai toujours reve…

    c’est bien la qu’est le probleme…finalement, nous , les cyclistes de plaisance, on devrait peut etre pas trop juger ces jeunes gars-la,les pros, parce qu’on ne s’en sortira jamais..

  5. Sebastien Lamarre

    Relisez le témoignage de Jérôme Chiotti. Vous verrez si ça fait rien le dopage… ha ha ha!

    « C’était comme si j’avais des roquettes attachées aux mollets. »

  6. Régis

    Salut,

    Le dopage donne une amélioration de la performance, c’est évident. PAr contre estimer ce gain à 8 ou 20%, juste avec un bête produit, est un pas que je ne franchirais pas.
    LEs différences entre les pros dopés et les non dopés sont plutot estimées à 10% d’après les études de Grappe. et c’est 10% de watt en plus, pas de vitesse en plus! C’est une différence!

    Autre chose : quel est l’influence de l’effet placebo lors de ce test,
    également lorsque Chiotti décrit l’effet que lui procurait ses produits. Il était un peu comme un gamin devant un nouveau jouet!
    Si vous avez lu le livre de Willy Voet, celui-ci expliquait justement avoir donné un placebo a un coureur qui avait remporté la course et qui pensait avoir pris un super truc! =:> l’importance du psychologique.

    Ciao tutti et longue vie à la flamme rouge

  7. toutouille

    Grappe ferait mieux de fermer sa g.. et retourner à ses études; LA il doit bien rire quand il entend ça, lui qui développait 60 watts de plus que moncoutié

  8. Régis

    Article en première page de la DH et sur cyclingnews sur Armstrong: ça commence à balancer sur l’UCI
    Bien vu Laurent!
    http://www.dhnet.be/sports/cyclisme/article/423033/armstrong-aucune-generation-n-est-propre.html

  9. thierry mtl

    Non, l’amphétamine ne peut pas donner un tel gain. Après plusieurs heures en selle et pour contrer la fatigue, peut-être, mais absolument pas après 60 bornes. Dans le contexte décrit, les amphét auraient un impact psychologique lié à un sentiment de grande puissance et à l’évacuation de la sensation de fatigue. Les amphét. ne donnent pas de gains musculaires ou d’oxygènation. L’avantage est neurologique et sensitif.
    Il a dû prendre autre chose,probablement des stéroides anabolisants.

  10. sylvain

    toutouille là t’aurais bien fait de rien dire.

  11. schwartz patrick

    Qui d’entre nous n’a pas rêvé un jour de « voir comment çà fait » ? prendre un produit ou plusieurs, se taper une sortie d’entrainement « costaud » ou en bénéficier le dimanche matin avec les copains, « à l’insu de son plein gré » évidemment !c’est humain, même pas pour tricher sciemment, mais juste pour constater la différence, comment je monte les bosses, le braquet poussé contre le vent,les collègues en file indienne,la langue sur le compteur…
    Le plus important ce n’est pas de s’imaginer ce que çà
    ferait toutes ces choses là dans l’ordre ou le désordre, le plus important, le plus définitif, c’est simplement de dire non à « çà » , impératif point.

  12. toutouille

    Je crois pas non: LA 450 watts bouche presque fermée, moncoutié 400 watts
    Grappe expliquait qu’armstrong avait une grande laxité de la cheville ce qui expliquait en partie (je rajoute en partie) l’efficacité de son pédalage
    C’est lui qui aurait mieux fait de se taire, car en disant ça, il justifiait la supériorité de LA aux yeux du grand public.
    Moi je m’en fous un peu, c’est pas moi qui me faisait laminer par LA sur les courses, mais les français, entrainés par… Grappe

    Heureusement qu’il y avait Antoine Vayer et Christophe Bassons, des gens pleins de courage et d’honnêteté.

  13. Roger Wielgus

    D’accord avec Thierry MTL. Les amphétamines ne permettent pas des gains de 10% de performances.
    Moi aussi j’ai testé, pour X raisons et il serait trop long d’expliquer ici pourquoi, Amphétamines, Modafinil, Ritaline, Cortisone et autres Salbutamol. (je ne suis pas compétiteur)
    Aucun effet sur mes côtes test. Rien, si ce n’est un effet placebo au niveau du mental qui permet d’aller un rien plus loin en matière de douleur.

    Par contre, le Dr. Conconi, mentor du Dr. Ferrari a mis la pâtée, alors qu’il avait 52 ans, à de jeunes coureurs (dont des pro) de 20 ans dans une course de côte en Italie dans les années 80. Il venait tester les effets de l’EPO.

    CQFD.

  14. Régis M

    Puerto: à suivre sur Le Monde le procès avec une deuxième journée grotesque qui me conforte dans ce que j’écrivais dans un commentaire précèdent où je disais ne rien attendre de la justice espagnole.
    http://www.lemonde.fr/sport/article/2013/01/30/dopage-suivez-le-proces-fuentes-en-direct_1824343_3242.html

  15. de mémoire, les amphétamines agissent sur la fatigue. Quand au Dr Conconi, sur un parcours d’entrainement, il avait terminé à deux minutes de Francesco Moser, qui à l’époque se préparait pour le record de l’heure…

  16. Marmotte

    Votre cobaye vous décrit plus probablement, de part le caractère rapide de l’effet que l’on devine à son texte et de par le profil d’effets secondaires, l’utilisation d’un corticoïde, d’ailleurs la seule famille de produits dopants dont l’utilisation soit répandue et sensée chez des adultes par ailleurs en relativement bonne santé – susceptibles de battre des records à vélo.

  17. Trudo

    Ce n’était certainement pas des amphétamines car ce n’est pas un médicament. Je ne vois pas un médecin prescrire ça. Sans doute de la cortisone car c’est prescrit assez fréquemment. J’en ai eu pour une hernie discale et aussi lors d’une mononucléose. Je n’étais évidemment pas en état de voir les effets sur les performances sportives.

  18. Marmotte

    Voilà.

  19. toutouille

    Il me semble que ghislain lambert, surexcité dans le film, aurait pu prendre des amphets; c’est pas pour rien si ils en prennent/prenaient avant;
    Maintenant c’est détectable, au dessus d’un certain seuil…
    A l’époque ils devaient pas prendre un petit dosage à mon avis

  20. salut
    j’etais 1ere FFC dans les années 60..les amphés,c’etait la grande majorité des meilleurs qui en utilisaient,en injection IM ou IV..perso,j’avais peur des aiguilles,mais les pilules,j’en prenais,a trés petite dose..(2 tonédron maxi)j’ai gagné une 10aine de courses.des fois,je me dis si j’avais osé……
    j’ai fini infirmier(etudes reprises a 30 ans),et étonné parfois le prof de pharma par mes réponses !!!!
    A+ de joel suire bordeaux (-:

L’auteur de ce blog encourage tous les lecteurs à laisser un commentaire en réaction à l’article du jour, cela contribue à enrichir le propos. Vous pouvez contribuer à la qualité de ce site en utilisant un langage décent, poli et respectueux d’autrui, et en étant pertinent et concis envers le sujet traité. L’auteur peut modérer les commentaires, et se réserve le droit de censurer sans avertissement les commentaires considérés hors sujet, diffamatoires, irrespectueux d’autrui, portant atteinte à l’intégrité d’une personne ou encore haineux.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.