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Catégorie : Dopage Page 18 of 26

Kohl, Kabush, KMC

Quelques nouvelles en K ce soir !

1 – Bernhard Kohl, 3e du Tour de France 2008 puis convaincu, quelques jours après, de dopage à la CERA était vraissemblablement l’un des acteurs d’un vaste réseau de dopage en Autriche. C’est du moins ce qui ressort des éléments nouveaux de ce dossier qui se transforme progressivement en véritable scandale à grande échelle.

Rappelons d’une part que Kohl avait refusé, lors de ses aveux précédents, de livrer le nom de ses fournisseurs, affirmant plutôt avoir agi seul.

C’est grâce au témoignage d’une triathlète, Lisa Hütthaler, récemment convaincue de dopage et suspendue pour une période de 2 ans, que le nom d’un important fournisseur, Stefan Matschiner, est sorti au grand jour. Cet individu aurait non seulement fourni des produits dopants à Hütthaler mais aussi à Kohl et à d’autres athlètes, dont l’athlète Simon Vroemen ainsi que plusieurs membres de l’équipe nationale de ski de fond et de biathlon d’Autriche, équipe qui avait d’ailleurs été au coeur d’un scandale de dopage lors des JO de Turin en 2006. Matschiner était aussi le manager de… Michael Rasmussen, suspendu lors du Tour 2007 pour avoir menti sur son emploi du temps et dont les contrôles ont révélé depuis la présence de DYNEPO…

Le coeur du système serait le labo Humanplasma dont je vous avais parlé il y a plus d’un an, soit le 15 janvier 2008, puisque de forts soupçons pesaient sur ce labo, du moins selon l’AMA et son président d’alors, Dick Pound.

D’autres individus, notamment des médecins cancérologues, pourraient être impliqués dans ce scandale touchant le labo Humanplasma, du moins selon le témoignage de la triathlète Lisa Hütthaler.

Kohl a pour sa part avoué avoir utilisé non seulement de la CERA mais aussi de l’EPO, des hormones de croissance, de la testostérone ainsi que de l’insuline. Le cocktail habituel pour quiconque veut se doper efficacement à l’EPO. Les sommes avancées par Kohl, de l’ordre de 50,000 euros, sont aussi dans le domaine du réalisme, le dopage sanguin coûtant très cher ne l’oublions pas.

Tout cela est fort intéressant et après le labo "Puerto" en Espagne, voilà un deuxième labo mis à jour. D’autres labos du genre pourraient-ils être en activité en Europe, notamment dans les pays de l’Est ? Je n’en doute personnellement pas.

Quoi qu’il en soit, reste plus qu’à trouver les preuves de l’implication de… Stefan Schumacher, équipier et chambreur de Kohl chez Gerolsteiner, dans cette affaire et la coupe sera pleine !

2 – Je parle rarement de vélo de montagne mais je souligne ce soir la belle performance du Canadien Geoff Kabush à la première course de la série US ProXCT en Californie le week-end dernier. Kabush s’est imposé face à un peloton relevé, dominant l’épreuve de belle façon. Voilà un autre Canadien qui performe bien en cyclisme et c’est tout le sport qui semble profiter, en 2009, d’un réel essor, tant sur la route que dans les bois.

3 – Intéressantes que ces chaines de vélo produites par couleurs nationales, ceci afin de pouvoir vous permettre de personnaliser votre vélo selon votre nationalité. Du jamais vu jusqu’ici ! C’est fabriqué par la société KMC.

Incontournable dopage!

A quelques heures du départ de Paris-Nice, l’actualité du cyclisme se tourne encore vers le dopage. On ne peut l’esquiver, sans toutefois bouder le plaisir que va nous offrir la course au soleil.

D’abord, L’agence Reuters nous apprend que les contrôles anti-dopage ciblés devraient remplacer les contrôles par tirage au sort lors du prochain Tour de France, les contrôles des premiers de l’étape et du maillot jaune persistant. On peut imaginer l’effet pervers suivant.

Un équipier usant de produits dopants décelables au contrôle mais non soupçonnables au suivi biologique, notamment des excitants à effet immédiat comme des amphétamines, et qui, après avoir aidé son leader, ne terminerait pas l’étape aux premières places, aurait la quasi-certitude de ne pas être contrôlé. J’aimerai avoir l’avis de connaisseurs.

Ensuite, Jan Ullrich a franchi un pas important vers ses prochains aveux. Dans les aveux d’anciens champions, il y a un aspect à ne jamais oublier : la prescription. Jan Ullrich a un gros palmarès, avec des victoires de prestige comme le titre olympique sur route en 2000. Comme ses prédécesseurs à la repentance plus ou moins choisie, plus ou moins contrainte, il semble évident qu’il attend le «bon moment » pour se livrer… sur des périodes prescrites.

Les aveux de celui qui a généré en Allemagne un engouement aussi soudain qu’exceptionnel pour le cyclisme ont déjà été admis dans un pays où la popularité sportive est encore capable d’une certaine raison. Cela n’y fera donc pas très grand bruit. Malheureusement, le cyclisme allemand souffre déjà très largement du désamour populaire consécutif à une foudroyante passion déçue.

Ils vont cependant mettre en difficulté la «Planète  Armstrong » devenue une véritable industrie aux Etats-Unis… et ailleurs. Car aussi volontairement aveugles soient-ils, il sera de plus en plus acrobatique au public et aux médias états-uniens, et d’ailleurs, de vanter la perfection du parcours d’un dieu vivant qui aurait battu tous ses adversaires sur-naturés par ses seuls talent, travail et volonté. L’icône pourrait bien tomber à son tour.

Affaire Puerto: Valverde dans le collimateur ?

La ré-ouverture du dossier de l’Affaire Puerto n’aura pas tardé à livrer ses premiers résultats: Alejandro Valverde vient d’être convoqué à témoigner le 16 février prochain à Rome, devant le CONI, quant à sa possible implication dans cette affaire. L’information vient de filtrer du site CyclingNews.

Ce qu’il y a de nouveau ?

L’ADN de Valverde, prélevée lors de tests sanguins sur le dernier Tour de France, correspondrait à celle retrouvée dans plusieurs poches de sang saisies lors de la perquisition chez le Dr. Fuentes, point de départ de l’Affaire Puerto.

Si tel est le cas, Valverde aura du mal à prouver que ce sang – qui contient de l’EPO – n’est pas le sien.

Avec ce nouveau développement, Valverde risque donc très gros et la suite sera très intéressante.

Allez, plus qu’un petit effort et on sera capable d’épingler Alberto Contador, lui aussi fortement soupçonné d’une implication dans l’Affaire Puerto. Chez Liberty Seguros du sulfureux Manolo Saiz à l’époque, son nom apparaissait en effet à de nombreuses reprises dans de la documentation relative à des activités illicites, selon le journal Le Monde.

Double décès dans le cyclisme

Sombre jour pour le cyclisme aujourd’hui: pas un mais bien deux décès de cyclistes sont survenus dans les dernières heures.

D’une part, le Belge Frederiek Nolf (Topsport Vlaanderen) a été retrouvé mort dans sa chambre qu’il occupait au Tour du Qatar. Le coureur allait avoir 22 ans dans quelques jours… Son décès serait survenu durant son sommeil selon toute vraissemblance. Le coureur ne présentait aucun signe d’une quelconque maladie ou malformation, notamment cardiaque, et avait subi des tests médicaux imposés par son équipe récemment. Une autopsie sera pratiquée prochainement en Belgique pour en savoir plus sur les causes de ce décès subi qui fait drôlement penser à celui de Fabrice Salanson, 23 ans, survenu en 2003 sur le Tour d’Allemagne et jamais élucidé.

La 5e étape du Tour de Qatar sera neutralisée en hommage au disparu.

D’autre part, on apprend également ce matin la nouvelle du suicide de l’ex-champion du monde de VTT en 1998 Christophe Dupouey. Ce coureur avait également terminé 4e de la course des JO d’Atlanta. Dupouey s’est suicidé vraissemblablement en raison d’une profonde dépression dont il souffrait depuis plusieurs mois. Il avait été condamné à 3 mois de prison avec sursis en 2006 pour traffic de pot belge.

Difficile d’aller plus loin ce matin sur les liens à faire entre ces deux décès. Si on peut penser que celui de Dupouey est relié indirectement et de diverses manières à l’enfer du dopage, je refuse pour l’instant de franchir ce pas concernant celui du coureur belge décédé au Qatar. Il faut attendre les résultats de l’autopsie avant d’en dire plus… mais chose certaine, cela n’est pas une bonne publicité pour le sport cycliste.

Affaire Rasmussen: un exemple pour les autres

La nouvelle – une bonne nouvelle selon moi – est tombée hier: l’appel de Michael Rasmussen auprès du Tribunal Arbitral du Sport (TAS) pour renverser la suspension de 2 ans imposée par la Fédération monégasque de cyclisme (FMC) a été rejeté. Rasmussen est donc suspendu, à la nuance près que les faits reprochés datant de 2007, Rasmussen pourra revenir à la compétition le 26 juillet 2009 et pourra donc terminer la présente saison, si jamais une équipe l’embauchait. Rock Racing?

Rappelons que Rasmussen, alors maillot jaune du Tour 2007, avait été exclu de l’épreuve parce qu’il avait menti à son équipe Rabobank sur sa localisation dans les semaines précédentes dans le but d’échapper à des contrôles antidopage inopinés. Plus tard, le labo de Chatenay-Malabry avait trouvé dans ses échantillons sanguins des traces de Dynepo, cette forme d’EPO qu’on soupçonne populaire chez les coureurs professionnels.

Bien qu’atypique puisque les faits reprochés ne sont pas des contrôles positifs mais plutôt un mensonge, cette affaire se termine bien selon moi. Je crois en effet qu’il était important de sanctionner ainsi Rasmussen de sorte que le message soit clairement entendu de tous les coureurs professionnels: mentir sur sa localisation dans le but de ne pas être inquiété par des contrôles inopinés n’est une option viable pour personne. Cette décision du TAS renforce donc en quelque sorte la politique des contrôles inopinés et laisse croire à tous que les autorités antidopage ne comptent pas mégoter sur ce point.

Maintenant que Rasmussen est condamné, il faut rapidement statuer selon moi sur l’affaire Schumacher car il y va de la crédibilité de la lutte contre le dopage dans le cyclisme, ce coureur allemand ayant testé positif à la CERA sur le Tour 2008. Schumacher ne doit pas courir en 2009.

Où va l’affaire Puerto ?

Rebondissement dans l’affaire Puerto, possiblement le plus gros scandale de dopage de l’histoire cycliste et qui a déjà coûté cher à de nombreux cyclistes dont Jan Ullrich, Ivan Basso, Jorg Jaksche et Francisco Mancebo, pour ne nommer qu’eux.

On apprend en effet qu’un tribunal madrilène a décidé de rouvrir le dossier, après pression de divers organismes dont l’UCI et l’AMA. Rappelons que le dossier Puerto a déjà été classé deux fois "sans suite", le juge d’instruction de l’affaire estimant que la loi espagnole en rapport avec ces délits ne lui donnait pas de levier pour agir. Aucune loi pouvant condamner l’usage de produits dopants n’était en effet en vigueur au moment des faits reprochés. Depuis, l’Espagne a rectifié le tir et si une nouvelle affaire du même genre éclatait aujourd’hui, la justice espagnole disposerait de plus de moyens pénaux pour condamner les coupables.

Alors, pourquoi réouvrir le dossier ?

D’une part, on peut penser que les pressions de l’UCI et de l’AMA ont été fortes. C’est évidemment une bonne chose car rappelons que des coureurs comme Valverde, Contador ou Frank Schleck ne sont pas tout-à-fait blanc comme neige dans l’histoire. Les soupçons sont bien réels et nombreux sont ceux, dont moi, qui aimeraient en savoir plus sur les preuves accumulées à leur égard dans cette histoire.

D’autre part, le juge d’instruction pourrait évoquer un "délit contre la santé publique" pour condamner les coupables de l’histoire, s’il y a suffisamment de preuves pour le faire bien entendu. Ce délit existait bel et bien dans la loi espagnole au moment des faits. Quoi qu’il en soit et à lire certains articles, ce ne serait pas les preuves qui manqueraient dans ce dossier… 

Bref, dans ce contexte, difficile de dire ce qu’il adviendra de l’Affaire Puerto dans les prochains mois. Sera-t-elle reclassée sans suite pour une troisième fois ? C’est tout à fait possible et ce serait une fin en couac. Pourrait-elle livrer davantage de détails et plonger dans l’embarras des coureurs en activité qui sont tranquilles en ce moment ? C’est possible aussi. Difficile donc de prévoir ce qui adviendra dans ce roman feuilleton… mais plus encore que les possibles accusations en justice, j’estime que ce sont les informations que le dossier contient quant aux moyens que les coureurs professionnels utilisent pour se doper qui est l’élément intéressant de tout ce dossier car il nous permettrait de mieux comprendre comment fonctionnent les réseaux. En ce sens, l’Affaire Puerto mériterait un livre, et vite ! 

Programme anti-dopage de Lance Armstrong: y croyez-vous ?

En marge de sa participation ultra-médiatisée au Tour Down Under en Australie, Lance Armstrong a annoncé aujourd’hui le début de son programme anti-dopage visant à prouver hors de tout doute – donc "scientifiquement" – qu’il n’utilise aucun produit interdit. Armstrong affirme souscrire à un tel programme afin que le but de son retour, la promotion à l’échelle mondiale de la luttre contre le cancer, ne soit pas occultée par les soupçons de dopage à son égard. 

Son retour a déjà été marqué par des irrégularités liées au dopage depuis quelques mois: d’une part, l’UCI a accepté qu’Armstrong participe au Tour Down Under même si cela violait une de ses règles, celle voulant qu’aucun athlète ne soit autorisé à prendre part à une compétition si cela ne fait pas au moins 6 mois qu’il souscrit au système du passeport biologique. D’autre part, le programme anti-dopage annoncé par Armstrong lui-même a tardé à se mettre en place, ses responsables estimant qu’Armstrong était décidemment un homme "très occupé", limitant leurs chances de le tester durant l’automne dernier.

Considérant le fait qu’un dopage à l’EPO lors du Tour 1999 a été prouvé hors de tout doute, considérant les soupçons de dopage rapportés par les livres LA Confidential et LA Official, considérant les propos des Andreu qui l’ont entendu de leurs oreilles avouer à ses médecins qu’il utilisait bel et bien, avant 1997, des produits visant à un dopage sanguin, compte tenu enfin de ses performances sportives inhumaines selon les experts reconnus en la matière, la question se pose : peut-on croire au retour d’un Lance Armstrong propre ?

Mon avis, sans détour : j’ai de très sérieuses réserves. D’une part, le passé d’Armstrong est lourd, très lourd en matière de dopage. Rappelons qu’il a récemment refusé qu’on teste a posteriori ses échantillons sanguins prélevés lors de Tour précédents… Comment alors le croire lorsqu’il affirme que les prélévements actuels seront congelés pour permettre, dans un horizon de 2 à 8 ans, de nouveaux tests a posteriori ? 

Rappelons également que c’est lui qui a choisi son programme anti-dopage supposément si crédible parce que le fait d’un scientifique américain. Ce personnage, Catlin, est constesté scientifiquement par de nombreux autres experts en sciences de la performance humaine. Et pour être parfaitement crédible, un programme anti-dopage sérieux ne devrait-il pas être totalement indépendant ? L’athlète devrait-il lui-même choisir qui aura le privilège de le tester ?

L’équipe Astana a également recours à un programme anti-dopage, le même que celui utilisé l’an dernier chez CSC et géré par le docteur Rasmus Damsgaard. Là encore, quelle crédibilité si c’est l’équipe qui choisit le responsable du programme ? L’équipe CSC a performé de façon remarquable l’an dernier avec les Cancellara, Sastre et les frères Schleck, pour ne nommer qu’eux. Frank Schleck a même été sérieusement soupçonné d’implication dans l’Affaire Puerto grâce à des transactions monétaires retracées. Résultat du programme anti-dopage de Damsgaard: aucun problème… Opération de relations publiques vous dites ?

Enfin, comment ne pas penser que Lance Armstrong jouira d’une certaine "protection" de la part de l’UCI en 2009 ? Son retour à la compétition est en effet une véritable manne pour le cyclisme et donc pour l’UCI. Je me surprend tous les jours de l’ultra-médiatisation de ce coureur: on ne parle que de lui et sur toutes les tribunes: magazines cyclistes, sites web, blogs, etc. L’auteur du doublé Giro-Vuelta en 2008 et du Tour en 2007, Alberto Contador, est relégué aux oubliettes par la presse, comme s’il était un coureur fini ! Le récent camp d’entrainement à Ténérife était par ailleurs très éloquent à l’égard de la médiatisation extrème du come-back de Lance Armstrong: une meute de journalistes avaient fait le déplacement et on a dû distribuer des numéros par tirage au sort pour déterminer l’ordre des voitures de presse qui suivaient le petit groupe à l’entrainement !

Bref, après des années de perte de crédibilité et une saison 2008 plombée par les scandales Ricco, Schumacher et Kohl sur le dernier Tour, le retour d’Armstrong est une sacré aubaine pour l’UCI puisqu’on ne parle que de cyclisme ces derniers temps. Ils étaient aujourd’hui 138,000 spectateurs – 138,000 – à se presser sur les bords du critérium d’Adelaide pour voir le champion américain pédaler.

Dans ce contexte, je pense qu’un contrôle positif de Lance Armstrong en 2009 serait presque la fin du cyclisme en jettant un discrédit non seulement sur son retour mais sur 10 ans de vélo. L’UCI ne peut se le permettre compte tenu des difficultés actuelles du cyclisme et je ne suis pas loin d’être convaincu qu’au nom des intérêts supérieurs de ce sport, elle fera le nécessaire pour que cela ne se produise pas.

Viagra: un produit dopant à la portée de tous ?

On entend et on lit actuellement toutes sortes de rumeurs concernant un possible effet dopant du Viagra, cette petite pillule bleue célèbre puisqu’elle combat les problèmes d’érection masculine.

La Flamme Rouge vous propose ce soir de faire le point dans ce dossier, le point par rapport à son usage dans le cyclisme bien sûr.

Tout d’abord, mentionnons que les soupçons d’effets dopants du Viagra sont suffisamment sérieux pour que l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) ait commandé, à la fin de l’année dernière, une étude spéciale sur ses effets chez les sportifs. Une inscription à la liste des produits interdits en sport pourrait en découler. Pour l’instant, le Viagra, ou Sildenafil Citrate, ne figure pas à la liste 2009 des produits interdits.

Quels sont les bénéfices de l’usage du Viagra dans le sport ? Il semblerait premièrement qu’un effet sur le transport de l’oxygène aux muscles découlerait de son usage. Le Sildenafil est en effet un dilatateur des vaissaux sanguins du corps humain, en particulier ceux du système pulmonaire. Il est d’ailleurs déjà utilisé depuis un moment en médecine dans le traitement de l’hypertension pulmonaire. L’augmentation de la circulation sanguine dans les poumons permettrait au sang de transporter plus d’oxygène aux muscles et ceux ci réagiraient donc mieux aux efforts demandés, étant mieux oxygénés.

Le Viagra serait, pour ces raisons, déjà en usage répandu au sein de la communauté des alpinistes afin de lutter contre les effets de la raréfaction de l’oxygène en haute altitude.

Autre effet intéressant du Viagra pour les sportifs, l’augmentation de l’efficacité du coeur à pomper et éjecter le sang. En pompant "mieux" pour un rythme cardiaque donné, on acheminerait plus de sang à nos muscles, d’ou gain d’efficacité pour le sportif. Des études américaines auraient démontré que des cyclistes dopés au Viagra ont amélioré leur temps de 45% sur un contre-la-montre de 10 kms. Je n’ai pas été capable de trouver ces articles scientifiques témoignant de tels résultats et un gain de 45% me paraît beaucoup, trop même pour être vrai. Mais qui sait ? Chose certaine, les effets dopants du Viagra seraient déjà connu de la communauté cycliste professionnelle et la substance en usage ; sur le dernier Giro, on a d’ailleurs trouvé de nombreuses pillules de Viagra dans la voiture du père du coureur Andrea Moletta de l’équipe Gerolsteiner. Si l’histoire n’a jamais précisé si ces pillules étaient pour le père ou le fils (!!!), la situation est néanmoins préoccupante.

Bref, l’étude à venir de l’AMA sera très intéressante pour la suite. En attendant, je vous recommande très fortement de ne pas vous précipiter chez votre pharmacien en prévision de la saison sur route en 2009 !

Incroyable mais vrai…

cet instrument vendu par une société, Puck Technology’s, permettant de déjouer les contrôles antidopage urinaires. J’aime particulièrement le nom, Whizzinator, ainsi que la section "testimonials" du site…

Merci aux confrères de Cyclismag pour avoir porté cet engin à mon attention.

Affaire Puerto: bientôt la suite ?

Intéressant petit article paru il y a quelques heures sur le site Sport24. Merci à "Scottforever" du tuyau. Je le salue au passage!

Passeport biologique: premiers résultats attendus bientôt

Enfin, le passeport biologique est sur le point de livrer ses premiers résultats et, avec eux, d’éventuelles procédures disciplinaires contre des coureurs "fortement soupçonnés", à la lumière des évolutions de leurs paramètres hématologiques, de se doper.

L’annonce a été faite par l’UCI aujourd’hui. L’instance internationale soumettra très bientôt à un panel d’experts certains cas de coureurs présentant des évolutions suspectes. Ce panel devra recommander à la commission antidopage de l’UCI s’il y a lieu ou non d’entreprendre d’éventuelles procédures contre ces coureurs. 

Rappelons que quelques 800 coureurs sont actuellement soumis au passeport biologique. Plusieurs présenteraient des évolutions sanguines peu conventionnelles. 

Plusieurs, dont je suis avec notamment l’AFLD et son directeur, Pierre Bordry, ont récemment critiqué le passeport biologique et son manque de résultats, les scandales de dopage cette année ayant comme origine, dans la grande majorité des cas, des contrôles antidopage souvent réalisés par l’AFLD, notamment sur le dernier Tour de France. Comment peut-on en effet croire à l’efficacité du passeport biologique lorsqu’on sait que Riccardo Ricco se dopait à la CERA sur le Tour et probablement avant, sur le Giro ? Comment se fait-il que le passeport biologique n’a pas décelé des évolutions anormales du taux d’hématocrite, du taux de rétyculocytes et autres paramètres sensibles à cette substance utilisée dans le dopage sanguin ?

Justification de l’UCI: ils voulaient avoir suffisemment de temps pour bien établir les données de façon à pouvoir défendre non seulement scientifiquement mais aussi juridiquement l’ouverture de procédures disciplinaires sur des bases de soupçons de dopage, et non sur des bases de preuves de dopage comme c’est le cas actuellement. On aurait également voulu respecter et documenter scrupuleusement les méthodes afin d’éviter tout recours pour "vices de procédure", un classique largement utilisé par les coureurs incriminés dans leur défense.

Attendons de voir ce qui s’en vient avant d’aller plus loin dans les commentaires sur l’efficacité du passeport biologique. Peut-être ai-je été trop sévère ou trop impatient à son égard ? Chose certaine, il sera très intéressant de mieux connaître les coureurs suspects ainsi que les variations que peuvent subir leurs paramètres sanguins au cours d’une saison. Du monde chez CSC ? Chez Astana ?

Enfin, si des procédures disciplinaires (suspensions par exemple) étaient en effet prises contre des coureurs, ce serait un tournant dans la lutte anti-dopage puisqu’on permettrait dorénavant la sanction de coureurs sur la base – solide, entendons-nous – de soupçons de dopage, et non de dopage avéré puisque détecté explicitement par un contrôle antidopage. Considérant que dans bien des cas les produits sont indétectables voire totalement nouveaux, c’est le seul moyen selon moi de lutter efficacement contre le dopage. Et tout coureur ayant à coeur l’avenir du sport cycliste se doit d’accepter sans condition l’utilisation du passeport biologique.

Au tour de Kohl…

La valse continue et c’était prévu: voici que Bernhard Kohl, 3e du dernier Tour de France et meilleur grimpeur, est positif à la CERA. Son nom s’ajoute donc à ceux de Stefan Schumacher, Leonardo Piepoli et Riccardo Ricco, tous piqués à la CERA sur le dernier Tour.

Si Kohl est confirmé positif avec l’échantillon B, la 3e marche du podium du Tour reviendrait alors à Denis Menchov et le maillot à pois à Carlos Sastre… pour l’instant !

Kohl avait surpris sur cette épreuve, passant un pallier important puisque personne ne l’attendait à ce niveau. Il avait surtout surpris lors du dernier clm la veille de l’arrivée à Paris, terminant 14 secondes devant Cadel Evans, un spécialiste.

Quant on vous dit que le dernier contre-la-montre d’un grand tour est toujours très révélateur des "facultés de récupération"…

Kohl était également le compagnon de chambre de Schumacher durant la Grande Boucle. On imagine maintenant leurs confidences sur un oreiller…

Pour l’équipe allemande Gerolsteiner et son patron Hans-Michael Holczer, c’est la grosse catastrophe, catastrophe néanmoins amortie puisque l’équipe arrêtait de toute façon ses activités dans le cyclisme à la fin de l’année. Pour l’équipe belge Silence-Lotto qui devait l’engager avec un lucratif contrat en 2009, c’est aussi la catastrophe. Kohl sera évidemment licencié sur-le-champ cette semaine si l’échantillon B est également positif.

Ce qui me choque surtout cette fois encore, c’est l’âge de Kohl, 26 ans et appartenant donc au "renouveau du cyclisme". Renouveau du cyclisme vous dites ? Nouvelle génération avec des mentalités différentes à l’égard du dopage vous dites ? Les récentes affaires de Schumacher, Frank Schleck, Tom Boonen et maintenant Bernhard Kohl nous suggèrent au contraire que rien, rien du tout, n’a changé dans le cyclisme. Pour "percer" au plus haut niveau, aucun choix possible: c’est le dopage sanguin massif qui est la seule façon possible. Ou alors vous vivotez avec des contrats annuels qui émargent à peine du SMIC…

Je suis dégouté… surtout que le procès Musseuw, directeur sportif Lefevere rappelons-le, a recommencé aujourd’hui en Belgique. L’homme essaie de s’en sortir… espérons qu’il sera condamné rapidement. Musseuw est devant la justice pour possession d’Aranesp, d’EPO et de Dexomethasone, rien que ca.

Le clou dans tout ca ? Les avocats de Musseuw plaident, comme défense, la thèse de la "force irrésistible", estimant que les moeurs dans le peloton ne pouvaient que pousser les coureurs à se doper…

Il est pas beau, notre sport cycliste ?

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