Tous les jours, la passion du cyclisme

 

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Au taquet

T’es au taquet.

Ca roule vraiment fort. Tu t’accroches à la roue de devant. L’abri, surtout rester dans l’abri, ta seule planche de salut à ce moment-ci. Tu la perds, tu sais que tu passes par la fenêtre.

Toute ton énergie mentale ne s’emploie plus qu’à une seule chose: tenir jusqu’au prochain panneau jaune, là-bas au loin. Ca te suffit, et tu ne veux pas penser à la suite. Juste ce panneau jaune, c’est le seul objectif que tu peux avoir à ce moment. Tu ne penses même plus à tes enfants, juste survivre jusqu’à ce putain de panneau.

T’es au taquet.

Tout fait mal: les jambes assurément, mais aussi tout ton corps, une fatigue lancinante, générale. Et  ce tronçon de route est long, tu sais que ca va faire mal longtemps. Pas l’affaire d’un 30sec ou 2min, non, beaucoup plus long que ca. Mais tu ne lâcheras rien. Les bosses, les faux-plats ascendants ou descendants, plus rien ne t’importe: tu t’accroches, point.

Même pas capable de prendre ton bidon pour boire, ca va trop vite. Tu te tourmentes: faudrait pourtant boire un coup, à cette allure les cartouches se grillent vite. Mais le choix est vite fait entre prendre le bidon et perdre la roue, ou garder la roue sans le bidon…

T’es au taquet.

Arrive le panneau jaune. Plus vite que tu penses! Done, check. Tu te surprends alors d’en redemander: allez, jusqu’à l’autre panneau là-bas, au loin. Fuck le bidon. Tu ne lâcheras rien. Même allure, même souffrance. Tu es capable de le prendre. Les jambes tournent. Le moteur fonctionne. Fait chaud, mais tu n’en as cure: get the job done.

À un moment, généralement aux deux-tiers du tronçon, l’overdrive embarque. Tu te jases: je vais le finir ce tronçon. Je suis capable. Je ne lâcherai rien. Pas enduré tout ca pour m’écrouler maintenant… Alors tu remets une dent. Et tu serres les autres.

T’es au taquet, mais tu adores ça.

Et tu termines avec le plus incroyable des sentiments en sport: putain, je pensais jamais être capable de rouler aussi vite, aussi longtemps. Tu te surprends des chiffres, les watts stratosphériques pour toi. Tu es Eddy Merckx, l’espace d’un instant. Et ca fait du bien.

Jusqu’à ce que ton KOM sur Strava soit explosé par un(e) autre… Pas grave, t’iras le rechercher, quitte à mourir une nouvelle fois sur ton vélo.

T’as l’habitude maintenant. Et c’est pour ca que tu progresses encore.

Livigno, paradis de l’entrainement!

Livigno, située dans la région de la Valtellina en Italie (province de Sondrio, Lombardie), est décidément devenue une ville incontournable pour les amateurs de sports d’endurance.

On sait depuis un moment que Livigno attire de très nombreux fondeurs qui y viennent préparer leur saison de course et ce, dès la mi-octobre. Même l’équipe norvégienne de Klaebo et Johaug y sont débarqués en octobre 2019, y trouvant un lieu d’entrainement de qualité et qui présente l’énorme avantage de l’altitude.

Livigno est en effet situé à environ 1800m d’altitude, parfait pour faire quelques globules toujours très utiles!

Le plus titré des fondeurs canadiens, le Québécois Alex Harvey, s’y est entrainé tous les ans dès qu’il est passé junior sur l’équipe canadienne. C’est également souvent à cet endroit qu’il se ressourçait entre les courses durant la saison.

On y pratique également, en été, le roller-ski, un sport qui gagne rapidement en popularité. Les norvégiennes y ont séjourné pour cela durant l’été 2019, le reportage photo est ici. Ouf!

Plus récemment, Elia Viviani, le sprinter désormais chez Cofidis, s’y est entrainé pendant un mois, question de profiter des bienfaits de l’altitude certes, mais aussi des cols tout près comme le Stelvio ou le Gavia, parfaits pour faire de la force. Il y a notamment préparé le prochain Milan SanRemo.

Les coureurs pro lorgnant du côté de Livigno pour des stages d’entrainement sont de plus en plus nombreux. Livigno est en passe de devenir l’équivalent italien de Gérone, en Espagne. Mais bien sûr, en plus petit, avec l’altitude en plus.

Plus encore, Livigno s’inscrit comme un paradis unique en Europe pour la pratique du vélo de montagne, et attire de plus en plus d’athlètes de ce sport. La Canadienne Emily Batty y séjourne régulièrement pour préparer ses courses.

À ne pas manquer, ce magnifique – je pèse mes mots – reportage sur la pratique du vélo de montagne à Livigno. Vraiment bien fait!

Bref, Livigno, c’est à mettre sur votre bucket list des prochaines années! Les choses se passent.

Moi et mon vélo

« It’s a tool that gives you pleasure.  And that’s why cycling still grabs me on. It is such a good feeling. And it’s dynamic, and social… it’s a magical sport. »

La passion, cet état affectif intense et irraisonné qui domine quelqu’un.

La vie n’épargne personne. Avec les années qui s’enchainent, bien malgré toi, tu le réalises davantage.

Parfois, t’as rien vu venir.

Même aux heures sombres, tu as toujours regardé ton vélo. Pourquoi, tu ne le sais pas. Il a toujours été là, invitant. Irrésistible même. Remonter dessus. Allez, juste un effort.

Premiers tours de roues. Pénibles. Puis la magie s’opère, toujours. La liberté retrouvée, tu prends de la vitesse et du coup laisse tes soucis derrière, tu avances de nouveau. Pas loin, pas vite peut-être, mais tu avances. L’effort physique si propice à faire le plein d’acide lactique crée le vide en toi… ta tête est ailleurs, concentrée sur ce bitume qui défile sous ta roue. Éviter une crevasse. Changer de braquet.

Ta tête est ailleurs durant… et tu t’étonnes, aussi après. Le moment perdure. Vidé de ta sortie, des rideaux devant les yeux, tu y vois pourtant plus clair. Changer de braquet. Changer de vie.

La vraie passion du vélo, c’est de réaliser que tant qu’il est là, tant que tu veux l’enfourcher, tu n’es jamais vraiment tout seul, tu peux tout affronter parce que ce vélo te permet une chose, soit de toujours revenir à l’essentiel: produire un sens et du bonheur dans ta vie.

Et c’est tout ce qu’il te faut en ce moment.

À mes amis du peloton FQSC, Dieu que vous me manquez!

La mode Everesting

Décidément, la Covid-19 a toute sorte d’effets insoupçonnés, dont celui d’avoir augmenté considérablement la mode de « l’Everesting ».

L’Everesting: faire 8 848m de dénivelé en une seule sortie, en répétant une ascension locale le nombre de fois requis.

Il existe même un site web dédié à l’Everesting, et qui vous garantit la gloire de faire partie du « Hall of Fame » de ce genre d’exploit.

Plusieurs coureurs pro s’y sont frottés. Alberto Contador vient de battre le record pour couvrir ces 8848m de dénivelé, 7h27. Il appartenait à un autre pro, Lachlan Morton de chez Education First, là encore établi récemment (7h32).

Pour établir son record, Contador a gravi 78 fois une petite bosse près de Ségovie en Espagne, solo, à l’abri des regards. C’est souvent le cas: les tentatives se font grâce à des initiatives personnelles, loin du public. En gravissant à de très nombreuses reprises une cote, ce qui permet de bien contrôler le dénivelé, et de faciliter la logistique, notamment du côté des ravitaillements.

Rappelons que le Canadien James Piccoli a récemment gravi 100 fois la cote Camilien Houde à Montréal, pour un total d’un peu plus de 12 500m de dénivelé, soit 322 kilomètres et 15h de selle. C’est fou!

Chez les femmes, la talentueuse et sympathique Emma Pooley détient le record de l’Everesting, établi en 8h53 en Suisse récemment. Là encore, faut le faire!

Au Canada, le record pour l’Everesting appartient au jeune champion canadien junior du chrono, Jacob Rubuliak, en 9h33. Le record a été établi sur Knox Mountain près de Kelowna en Colombie-Britannique.

Up to the challenge?! Je peux imaginer pas mal de cyclistes québécois qui pourraient avoir une réelle chance de s’illustrer dans ce genre de défi. Ce ne sont pas les cotes qui manquent au Québec!

L’aventurier

Un grand moment de sport!

Moment nostalgie: le direct d’une étape du Tour de France qui demeure, encore aujourd’hui, comme l’une des plus belles de l’histoire du vélo. Un chiffre: 7min pour 7 kilomètres…

Un grand, grand moment de sport.

Faire la descente…

En attendant de pouvoir me refaire quelques belles descentes bien tirées dans les Alpes, on en regarde sur YouTube. Clean lines, trajectoires propres, et un vélo, ca se penche dans les virages! Belle usage sécuritaire également de toute la voie de droite, sur une route ouverte aux voitures.

Pour les bonnes raisons

Il y a 25 ans, nous rêvions du Galibier, de l’Izoard, du Gavia, du Stelvio, du Mortirolo, de l’Alpe d’Huez.

Nous avons réalisé ensemble beaucoup de ces rêves de jeunesse. #marmotte #maratonadeldolomites #arvanvillard #hauteroute #gavia&mortirolo #grandbo #alsacienne

25 ans plus tard, nous roulons au même endroit, toujours ensemble, mon frère et moi.

Avec encore des rêves dans la tête.

Mais le plus important, c’est que le plaisir de rouler ensemble, sur nos routes en Estrie, est demeuré, toutes ces années, intact. #mybestridewithmybro

Hoesflot Klaebo coureur cycliste!

La perle du ski de fond norvégien, Johannes Hoesflot Klaebo, s’est engagé pour 5 ans au sein de l’équipe cycliste norvégienne Uno-X.

Il assure toutefois que le ski de fond restera son focus.

Je peux croire aux cyclistes qui font du ski de fond, mais les fondeurs qui veulent faire du vélo?! 😂

Quoi qu’il en soit, c’est bien Johannes, mais faudra penser à couper ce poil aux pattes!

Most underrated WorldTour rider?

Emanuel Buchmann. Tout un grimpeur!

La lutte contre le dopage en temps de coronavirus…

Nouvelle contribution aujourd’hui de Marc Kluszczynski sur La Flamme Rouge, qui nous parle de la lutte contre le dopage en ces temps de coronavirus, y compris au Canada.

Il n’est pas le seul à se poser des questions, parmi eux des coureurs pro comme Romain Bardet.

Si la pandémie de printemps a eu pour effet de stopper toutes les compétitions (Science & Vie – SV  N°180), il n’en a sûrement pas été de même pour le dopage, d’autant plus que la plupart des agences antidopage annonçaient une réduction de leur activité.

L’AFLD reconnaissait récemment « rouler au pas » en raison du confinement strict imposé à la population. Mobilisés sur le front du Covid-19 à l’hôpital et en ville, on avait compris que les préleveurs de l’AFLD avaient une marge très réduite, en raison d’un stock de masques proche de zéro, des mesures de distanciation sociale et des réductions des déplacements. Certaines agences, comme l’AFLD, choisissaient alors la méthode Coué (méthode d’auto-persuasion inventée par le pharmacien Coué au XIXème siècle) pour garder bonne figure. Se mettant à la place des éventuels tricheurs, elle avait fini par penser « A quoi bon se doper quand on n’a plus de compétition à préparer ?».

Avec le report des JO de Tokyo 2020 à juillet 2021, World Athletics ne prendra pas en compte les performances qualificatives réalisées avant décembre ; le but est de décourager la dope, mais durant ces huit mois, comment les athlètes vont-ils se préparer ? La directrice de l’UKADA, Nicole Sapstead, reconnaissait aussi que les contrôles antidopage étaient fortement réduits en Angleterre et mettait en garde ceux qui seraient tentés. L’UKADA ne tarderait pas à les confondre grâce à la dénonciation (ou contrôle intelligent) d’usage admis en Angleterre, l’obligation de localisation ou encore le passeport sanguin. C’était la même chose en Allemagne, aux USA et au Kenya. L’AIU admettait aussi avoir stoppé ses contrôles inopinés dans plus de 100 pays. En Russie et au Canada, l’antidopage était également au point mort. Pour la Russie, et le Kenya, ces annonces sonnent comme une catastrophe et une aubaine pour les entraîneurs et agents de coureurs n’ayant jamais pu couper avec le dopage.

Comme les mises en garde de toute sorte n’ont jamais été efficaces en prévention (les « experts médiatiques » le savent-ils ?), on pouvait donc sans trop se tromper supposer que certains sportifs véreux allaient profiter de cette période pour se refaire (ou se faire) la cerise avec l’arsenal habituel (EPO, stéroïdes ou hGH) comme on l’écrivait dans SV N°180. On pouvait alors lire sur Internet la litanie des mises en garde des grands spécialistes de l’antidopage : médecins, entraîneurs et l’AMA.

Dans son blog du 14 mars, le Dr. Jean-Pierre de Mondenart (JPdM) avertissait sur les dangers de l’utilisation des AINS et de la cortisone pendant la pandémie car ils aggraveraient les symptômes de l’infection au coronavirus. D’après JPdM, ces substances sont massivement utilisées en milieu sportif, et il est donc important pour lui de relayer l’information. Jean-Claude Vollmer, de la cellule marathon à la Fédération Française d’Athlétisme (FFA), pense qu’il serait stupide de se doper pendant le confinement car « quand on ne sait pas pourquoi on se dope, cela ne sert à rien, se doper pour 2H de home-trainer ou 1 H de footing ne sert à rien ». Vollmer élimine la question avec légèreté.

Witold Banka, nouveau président insipide de l’AMA à la solde (au sens propre!) du CIO, réplique à ceux qui s’inquiètent de la réduction ou de l’absence des contrôles, que l’agence dispose d’autres armes (localisation, filage de l’athlète, analyse des résultats à la reprise). Reste à savoir si le paysage sportif des compétitions va être chamboulé ou pas à la reprise. Pierre Sallet, le chantre antidopage de Spé 15, écrit que le dopage s’organise par rapport à la compétition et que l’usage de dopants est donc inutile pendant le confinement.

Avec les mises en garde des spécialistes sur le danger d’un dopage pendant le confinement et l’auto-persuasion des responsables, il n’y aurait donc plus de dopage pendant la pandémie. Christophe Bassons, qui vient de quitter professionnellement le domaine de la lutte antidopage, est le seul à imaginer un dopage possible avec les stéroïdes, et avec l’EPO. À juste raison ! On suppose une action à long terme pour les anabolisants et, faut-il le rappeler, la durée de vie d’un globule rouge est de 120 jours. Avec la levée progessive du confinement en France dès le 11 mai, et le TdF au départ programmé le 29 août (Giro en octobre et Vuelta en novembre ?), on peut d’ores et déjà clamer bien fort que le confinement aura vaincu le dopage…

L’hémoglobine du ver marin utilisée dans le traitement du COVID-19

Je diffuse encore aujourd’hui un autre article éclairant de Marc Kluszczynski qui fait un lien entre dopage ultra-moderne dans le cyclisme et Covid-19.

C’est lors des mondiaux de ski nordique de Seefeld (Autriche) en février 2019 que l’on apprit l’existence d’une hémoglobine soluble d’un animal marin.

Les enquêteurs autrichiens avaient découvert cette nouvelle hémoglobine du ver marin Arenicola Marina lors d’une perquisition au domicile du Dr. Mark Schmidt, personnage central de l’affaire Aderlass.

Le petit ver des plages de Bretagne avait donc ridiculisé les plus grands groupes pharmaceutiques à la recherche depuis des décennies d’un transporteur d’oxygène bien supporté par l’organisme humain. Son découvreur, le biologiste Frank Zal, s’était posé la question de savoir comment le ver pouvait survivre entre deux marées sur les plages de Morlaix, où est basée son entreprise, HEMARINA. C’était grâce à son hémoglobine soluble, c’est-à-dire non incorporée dans un globule rouge comme chez l’homme. Zal est à l’origine de la plus grande innovation pharmaceutique de ces cinquante dernières années, après la synthèse de l’EPO. Malgré les brevets déposés, on sait que d’autres hémoglobines solubles existent sur le marché, les géants de l’industrie pharmaceutique ayant vraisemblablement profité des travaux de Zal.

La question de son utilisation dans le cyclisme ou en marathon ne fait pas l’ombre d’un doute. Elle pourrait expliquer des « miracles ». Le début de saison 2020 pré Covid-19 d’un certain cycliste et sa résurrection en pose une autre. Un test de détection existe uniquement pour l’hémoglobine d’HEMARINA. Mais cette méthode classique basée sur l’électrophorèse ne peut la détecter que quelques heures. Et autre mauvaise nouvelle, cette hémoglobine a une durée de vie très courte (2 jours et demi), et disparaît totalement en 5 jours. Des microdoses ne seraient détectables qu’entre 4 et 24 H.

Rappelons les propriétés de cette hémoglobine, aussi impressionnantes que celle de l’EPO : elle transporte 40 fois plus d’oxygène que l’hémoglobine humaine (156 atomes contre 4), elle est 250 fois plus petite qu’un globule rouge. Soluble, elle est directement dissoute dans le plasma. Elle agit donc comme un super perfluorocarbone (PFC) avec les dangers en moins : Mauro Gianetti, qui avait utilisé un PFC au Tour de Romandie 1998, avait passé quelques jours en réanimation à l’hôpital de Lausanne. L’Oxyglobin (hémoglobine de bœuf utilisée par Michael Rasmussen et Jesus Manzano sur le Tour de France 2003) provoquait des vasoconstrictions avec risque d’infarctus du myocarde. L’hémoglobine du ver marin est rigoureusement atoxique, non immunogène, facile à conserver et à administrer. C’est le Graal du dopage sanguin, capable de leurrer le passeport sanguin qui s’avère encore une fois la ligne Maginot de l’antidopage.

La 1ère application thérapeutique de cette hémoglobine commercialisée sous le nom d’HEMO2Life ou M 101 a été le traitement du greffon (organe qui va être transplanté). L’hémoglobine permet d’oxygéner le greffon et ainsi de réduire le risque de rejet de la greffe. La durée de vie de l’organe à transplanter, placé dans un bain d’hémoglobine (cœur, rein, foie ou visage) peut être doublée. L’armée est bien sûr intéressée, officiellement pas pour un dopage sanguin, mais pour le traitement des blessures de guerre (brûlures, souffles d’explosion qui mettent le cerveau en hypoxie, plaies). Mais cinq après sa mise au point, HEMO2Life, pourrait trouver avec la pandémie de Covid-19, le tremplin thérapeutique qui lui a manqué jusqu’à présent. Tout récemment, après l’accord de l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) et du CPP (Comité de protection des personnes), l’HEMO2Life sera testé chez 10 patients positifs à la Covid-19 dans un hôpital parisien en cas de syndrome de détresse respiratoire aigüe (SDRA). Le but est de retarder ou d’éviter le passage en réanimation lourde (respirateurs artificiels, oxygénation par membrane extracorporelle), le nombre de lits disponibles en réanimation dans les hôpitaux français étant limité, et certains médicaments commencent à manquer (une intubation nécessite l’emploi de curares).

De l’affaire Aderlass à la Covid-19, le chemin est long et semé d’embûches pour la petite entreprise de Morlaix. Bien que dans cette affaire, une hémoglobine de ver inconnue et différente de celle d’HEMARINA soit en cause, il est curieux de constater que ces hémoglobines suivent le chemin inverse de celui de l’EPO. A l’origine destinée pour soigner l’anémie des patients hémodialysés ou cancéreux, l’EPO fut détournée vers le milieu sportif dès 1997 (mondiaux de Lahti en ski nordique). L’hémoglobine de ver marin, utilisée officiellement en ski de fond en 2019, mais vraisemblablement avant en course à pied et cyclisme, frappe maintenant aux portes de la thérapeutique médicale.

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