Tous les jours, la passion du cyclisme

 

Auteur/autrice : Laurent Page 157 of 354

Giro: Hesjedal le mieux placé, AG2R la valise

Très intéressant contre-la-montre par équipe aujourd’hui sur le Giro, et qui a eu un impact significatif sur le classement général.

Taylor Phinney, pas dans un grand jour et victime d’une brève sortie de route, a perdu son maillot rose. Décidément, l’équipe BMC, pourtant perçue comme LA meilleure équipe au monde durant l’intersaison, a bien du mal à obtenir des résultats probants. Avec les Hushovd, Ballan, Phinney et Pinotti, on se serait attendu à mieux me semble-t-il! Une telle équipe n’aurait jamais dû perdre le maillot rose sur un contre-la-montre par équipe d’une telle importance…

La victoire est allée à l’équipe Garmin du Canadien Ryder Hesjedal qui, du coup, se retrouve 4e du Giro à 11 petites secondes  du nouveau leader, son équipier Navardauskas. De tous les prétendants à la victoire finale, c’est donc Hesjedal qui a réalisé un départ parfait sur ce Giro. Son plus proche rival, Joaquim Rodriguez, est à 19 secondes du Canadien. Kreuziger est 29 secondes derrière, Basso à 36, Franck Schleck à 58, Scarponi à 1min11, et Rujano à plus de 2min15! De quoi voir venir.

Bref, Hesjedal est très bien parti sur ce Giro et il faut qu’il soit attentif désormais. Éviter les chutes, s’économiser pour être dans le coup quand ça va compter, à commencer par samedi prochain et le final Rocca di Cambio. Espérons que son équipe Garmin ne laissera pas trop de force dans la défense du maillot rose durant les prochains jours…

Le grand perdant aujourd’hui est assurément John Gadret, repoussé à plus de 2min30 de la tête du classement général et de Ryder Hesjedal. Ca fait beaucoup et Gadret paye cash la mauvaise performance de son équipe AG2R hier, repoussée avant-dernière de l’étape à 1min45 des Garmin. Une sacré valise! On verra plus tard l’impact que ce chrono par équipe aura eu sur le classement final de Gadret.

Rappelons que l’an dernier, le contre-la-montre par équipe de la première étape était plus court et qu’AG2R y avait perdu moins d’une minute. Du coup, Gadret avait pu terminer 3e de l’épreuve. C’est différent cette fois-ci et Gadret doit se demander si son Giro n’est pas déjà terminé, un petit 4 jours après son début.

Dans les prochains jours, attention à Tyler Farrar, actuellement 2e du général. Il a toutes les chances de se retrouver en rose dans les prochains jours s’il nous fait un bon sprint.

Dur, être sprinter

Victime d’une chute impressionnante dans le sprint lundi sur le Giro, Mark Cavendish se remet de ses blessures tout doucement. Il est reparti ce matin. Soulignons le courage des coureurs cyclistes qui repartent malgré de belles gamelles et des plaies ouvertes.

Hesjedal, favori du Giro ?

C’est, en tout cas, le grand résultat du prologue disputé samedi et remporté par le jeune prodige américain Taylor Phinney.

Hesjedal a en effet terminé 17e du prologue, à 29 secondes de l’américain. Il est le premier coureur placé à pouvoir remporter le général dans trois semaines à Milan.

Deux autres coureurs ont bien tiré leurs marrons du feu: Roman Kreuziger et Ivan Basso. Le premier termine à 36 secondes du vainqueur, et donc à un petit 7 secondes du Canadien. Le deuxième, double vainqueur du Giro, est pointé à 39 secondes, 10 secondes derrière Hesjedal. Mention bien.

Rodriguez (44e à 43 secondes) a pour sa part limité les dégâts et nous réserve donc des surprises plus tard. On ne sait pas encore s’il sera dans le coup ou non.

Trois grands favoris ont toutefois peut-être déjà perdu le Giro: Scarponi d’abord, très décevant 135e de l’étape à 1min06 du vainqueur. C’est loin, très loin.

Cunego n’est guère mieux (124e), tout comme Franck Schleck (108e). Les deux perdent une trentaine de secondes déjà sur les premiers prétendants à la victoire finale.

Pour la Lampre, ce prologue est donc une catastrophe. Il y aura du rattrapage à faire au cours des trois prochaines semaines.

Rujano est pour sa part relegué à 1min07, une valise. Ce dernier peut par contre créer de gros écarts sur une seule étape de montagne. L’étape du Stelvio lui convient particulièrement bien, mais je le vois mal résister dans le dernier clm à Milan.

Bien sûr, le Giro est encore long, très long, et la derrière semaine sera très difficile, à l’avantage des grands grimpeurs. Mais les enseignements du prologue sont clairs: Hesjedal le Canadien est probablement parti pour son meilleur grand tour en carrière.

Ca promet pour la suite!

Un must: Entrainement Cardio, de Guy Thibault

Suite à la conférence de Guy Thibault à Gatineau il y a quelques semaines, je me suis procuré son ouvrage Entrainement Cardio. En France, l’ouvrage est aussi disponible aux Éditions Amphora sous le titre Entrainement et Performance.

J’ai adoré. Cet ouvrage propose un équilibre parfait entre précision scientifique et vulgarisation. Vous avez ainsi accès aux dernières avancées dans le domaine de l’entrainement, mais présentées de façon à ce que vous puissiez rapidement comprendre comment les appliquer.

Le livre propose huit chapitres.

Le premier porte sur les déterminants de la performance: l’occasion de démêler PAM et VO2max!

Le deuxième chapitre porte sur la planification d’une séance d’entrainement, question de maximiser le temps que vous consacrez à votre entrainement. On y présente notamment les intérêts et désavantages de diverses séances d’entrainement (continu lent, continu rapide, fartlek, fractionné, par intervalles longs, par intervalles courts, etc.) dans un tableau 2.1 que j’ai trouvé très intéressant.

Le chapitre trois montre comment concevoir un plan d’entrainement. Guy Thibault nous y présente certaines solutions au mariage hebdomadaire toujours complexe entre séances par intervalles, séances de musculation et séances d’étirement.

Le chapitre quatre nous décrit certaines particularités de l’entrainement spécifique à un sport. Guy Thibault y couvre le cyclisme, la course à pied, le ski de fond, la natation et le triathlon. En cyclisme, on trouvera des conseils pour s’améliorer dans les principaux exercices du sport: côtes, sprints, contre-la-montre.

Le chapitre cinq, coeur de l’ouvrage, propose des programmes d’entrainement types, sous forme de tableaux détaillés, de quoi meubler de nombreux hivers tant les propositions de séances ou de programmes d’entrainement sont nombreux! On y présente notamment les détails de l’EPIC Ultime ou comment se préparer à des cyclosportives.

Le chapitre six parle de bien-être et de santé, et notamment d’amaigrissement, de gestion de la douleur, de crampes et de maladies. Doit-on s’entrainer lorsqu’on a un rhume l’hiver ? La réponse est dans le livre!

Le chapitre sept porte sur la relation des athlètes à l’environnement et le chapitre huit, sur l’entrainement cardio à diverses étapes de la vie.

En résumé, j’ai trouvé l’ouvrage de Guy Thibault extrêmement utile dans ma vie. J’ai pu facilement comprendre les concepts et passer de la théorie à la pratique. Ce bouquin est donc à placer entre le très technique Cyclisme et optimisation de la performance de Frédéric Grappe et tous ces nombreux ouvrages très vulgarisés pour les débutants et où le cycliste aguerri n’apprend rien.

Après plus de 20 ans à lire sur l’entrainement cycliste, j’en connais un rayon sur la préparation physique d’un coureur cycliste. Du moins, c’est ce que je croyais avant de lire l’ouvrage de Guy Thibault. Cet ouvrage a l’immense mérite de m’avoir appris de nouvelles choses, contribuant ainsi à me mettre à jour quant aux plus récentes percées en matière d’entrainement. Et lorsqu’on a que 6 à 8h par semaine à consacrer à son entrainement, c’est très, très pratique!

Tout savoir pour suivre le Giro

J’aime le Giro. Le Tour reste le Tour bien sûr. Mais le Giro, c’est différent. L’émotion y est différente. La passion des tifosi se palpe au contact des coureurs, dans les grands cols. Les pentes des Dolomites sont parfois redoutables, provoquant des rebondissements. Et les coureurs italiens s’y déchainent, lorsqu’ils ne s’entredéchirent pas sur la route ou… dans la presse!

Bref, on part samedi pour trois belles semaines d’émotions.

Voici ce qu’il faut savoir sur ce Giro.

Couverture télé au Québec

Ca sera sur RDS, parfois en reprise sur RDS2 le soir. Les couvertures commenceront vers les 8 ou 9h le matin. Consultez l’horaire ici.

Le parcours

Plus humain que l’an dernier, mais la montagne reste très présente. Pour gagner ce Giro, il faudra savoir encaisser les grands cols, particulièrement dans la troisième semaine. L’épreuve est lancée du Danemark samedi.

Le premier rendez-vous est à la 4e étape, le clm par équipes sur 32 bornes. L’occasion d’un premier fixement du classement général.

Le deuxième rendez-vous, c’est la 8e étape et l’arrivée à Lago Laceno, au terme d’une ascension d’environ 10 bornes. L’étape est longue: 229 kms. Les favoris devront se dévoiler pour la première fois.

Le troisième rendez-vous, c’est la 14e étape vers Cervinia. Deux belles patates dans le final, le col de Joux et l’ascension vers Cervinia sur 18 kms. Les premiers gros écarts seront faits là.

Le quatrième rendez-vous, c’est la 17e étape vers Cortina d’Empezzo. Quatre cols, une arrivée après une rapide descente du Passo Giau.

Le cinquième rendez-vous, c’est la 19e étape vers l’Alpe di Pampeago. 195, 4 cols, une arrivée en altitude. Aie.

Le sixième rendez-vous, c’est le lendemain, lors de la 20e étape vers le Stelvio. La grande lessive, surtout sur des organismes fatigués. 219 kms, et dans le final Mortirolo puis arrivée en haut du Stelvio. Re-aie.

Le dernier rendez-vous, c’est le dernier clm à Milan, sur 21 kms. Je crois toutefois que les écarts seront alors conséquents et que la course ne se jouera pas là.

Les favoris

C’est ici.

Les Canadiens

Ils sont trois. Dominique Rollin, Svein Tuft et Ryder Hesjedal. Ce dernier peut jouer une belle place au général, voire une place sur le podium. Il sera protégé chez Garmin. Tuft visera le prologue et surtout le dernier chrono. Rollin visera la victoire d’étape mais devra très probablement travailler pour Arnaud Demare qui visera quelques sprints, voire pour Sandy Casar qui visera une place dans les 10 au général.

Pour se mettre dedans

Ce vidéo !

Le Tour de l’actualité

1 – Tour de Romandie. Victoire de Bradley Wiggins au général, avec une victoire dans le dernier clm à la clef. Luis Leon Sanchez a gagné deux étapes.

Les enseignements ? Wiggins d’abord: il devient de plus en plus crédible dans la peau d’un vainqueur d’un grand tour…

Rui Costa: le vainqueur du GP de Montréal l’an dernier termine 3e du général. Il monte, il monte…

Janez Brajkovic, 9e du général. Il ne fait pas le Giro, mais attention à lui en juin et en juillet prochain. Il a déjà allumé Contador dans l’Alpe d’Huez (Rolland aussi…).

2 – Tellement rafraichissante Tropicale Amissa Bongo! Il ne faut pas manquer de regarder les reportages de TV5 sur cette course cycliste importante en Afrique sub-saharienne et à laquelle participait notamment Thomas Voeckler et son équipe Europcar. Le cyclisme africain se développe, malgré peu de moyens. Il y a une leçon pour chacun de nous là-dedans. Étape 1. Étape 2. Étape 3. Étape 4. Étape 5. Étape 6.

3 – Droits télé. RCS Sport, organisateur du Giro, et les équipes pro seraient proches d’un accord visant le partage des revenus des droits télé, un sujet qui défraie la chronique depuis plusieurs mois déjà. Si cela se fait, ce sera une première qui ouvrira la porte à des pressions sur les autres organisateurs pour en venir à de tels arrangements. À noter que cela se fait, à priori, sans que l’UCI ne soit impliquée…

4 – Orica, firme de produits chimiques dont la réputation n’est pas si bonne que cela, devient le principal sponsor de l’équipe australienne Green Edge.

5 – Stephen Roche, un coureur pour qui j’avais beaucoup de respect, veut contribuer à réformer le cyclisme en sa qualité de représentant UCI sur le « Professional Cycling Council« . Il pousse trois dossiers: l’abandon des oreillettes, un dossier prioritaire avec lequel je suis d’accord, mais aussi le rôle des voitures d’équipe lorsqu’un coureur a connu des ennuis en course et… les fermetures éclair des maillots des coureurs!

Les deux derniers dossiers pourront paraitre quelque peu loufoques. Qu’un coureur profite, sur quelques mètres, de l’abri d’une voiture pour rentrer après une chute ou un pépin mécanique, ça ne choque personne. Qu’un coureur monte un col le maillot ouvert s’il fait très chaud, je ne vois pas le problème non plus…

D’autres dossiers me sembleraient plus prioritaires, notamment celui des droits télé…

6 – À ne pas manquer, ces deux très bons reportages sur la vie de Gino Bartali, et notamment son rôle lors de la Deuxième guerre mondiale. C’est ici et ici.

7 – Jamais drôle de voir de grosses chutes à vélo mais celle-ci est assez spectaculaire. C’est ce qui s’appelle manquer son virage. À proscrire évidemment.

8 – Pool de cyclisme: ça vient, le temps de peaufiner notre nouveau système de saisie automatique des résultats, ce qui accélérera les mises à jour subséquentes et qui limitera le risque d’erreurs.

Qui gagnera le Giro ?

Difficile question, bien évidemment.

Pourtant, on peut faire un peu de ménage parmi les coureurs capables de s’imposer à Milan fin mai. Ils ne sont pas si nombreux.

Les favoris

Michele Scarponi. Si on l’a peu vu jusqu’ici, c’est le champion défendant après tout. Rien de plus dangereux qu’un Italien pour ce qui est de la gagne sur le Giro !

Joaquim Rodriguez. Le petit coureur espagnol a terminé 4e l’an dernier et il a connu une bonne campagne des Ardennaises, s’étant imposé sur la Flèche Wallonne. Il est en forme.

Roman Kreuziger. Il a la classe, il est en forme (6e du récent Tour de Romandie), et il a terminé 5e du Giro l’an dernier. Quel beau coureur! L’Italie lui réussit habituellement bien.

Les outsiders

Ils sont nombreux à pouvoir créer la surprise.

Damiano Cunego. N’oublions pas qu’il s’est imposé sur le Giro 2004. On l’a revu à son avantage depuis quelques semaines. Qui sait, s’il n’a pas la pression de Scarponi, il pourrait viser un podium.

Ryder Hesjedal. Le coureur canadien s’est montré sur les Ardennaises et on sait depuis sa 7e place sur le Tour 2010 qu’il est capable d’encaisser trois semaines de course. Il sera protégé chez Garmin.

John Gadret. 3e l’an dernier, on l’a vu sur le récent Tour de Romandie. Moins montagneux qu’en 2011, ce Giro lui convient toutefois un peu moins.

Jose Rujano. 3e du Giro 2005 (avec le meilleur grimpeur), vainqueur de deux étapes du Giro l’an dernier, le petit coureur vénézuélien est capable de tout puisqu’il ne fait pas que grimper, il roule aussi. La véritable énigme de ce Giro selon moi.

Franck Schleck. Inscrit à la dernière minute en remplacement de Fuglsang, l’ainé des frères Schleck est en condition acceptable. Il sait encaisser trois semaines de course et pourrait donc surprendre. Mais son frère n’est pas là…

Ivan Basso. On ne peut exclure de cette liste le coureur italien déjà vainqueur de deux Giro (2006 et 2010), surtout qu’il est le leader de l’équipe Liquigas. Ceci étant dit, son début de saison est loin d’être brillant et je doute que Basso aura la condition pour rivaliser avec les tous meilleurs.

D’autres coureurs à surveiller 

Nikel Nieve Ituralde. Le coureur de l’équipe Euskaltel a terminé 10e du Giro l’an dernier. Il sera protégé dans l’équipe espagnole.

Hubert Dupont. Le coureur Ag2R a bien fait l’an dernier et a été revu récemment sur l’avant-scène. Il pourrait créer une grosse surprise en Italie, et le Giro est un de ses objectifs majeurs de la saison.

Deux autres Canadiens au départ

Dominique Rollin (FdJ) et Svein Tuft (Green Edge) sont aussi au départ de ce Giro, avec pour objectif pour Rollin les victoires d’étapes et pour Tuft, les contre-la-montre.

Les outardes de Ste-Martine…

Y’a pas à dire, ca décoiffait du côté de Ste-Martine hier.

Il n’y avait pas que les outardes qui volaient en voilier: les cyclistes aussi. On appelle ça des bordures. Enfin, pour ceux qui savent ce que c’est. Pour les autres, et ils étaient nombreux hier, je pense que la première leçon a été bonne sur ce Grand Prix de Ste-Martine, la 2e course FQSC de la saison.

Très honnêtement, je ne me souviens pas d’avoir disputé une course au Québec par un vent aussi violent. Il y a bien eu une année, du côté du GP de Laprairie, ou ça avait borduré sec, mais comme hier, non. Les rafales devaient bien atteindre les 40 ou 50 km/h. Mon vélo était parfois penché par le vent ! Le parcours était également orienté de telle sorte que les moments de récupération étaient à peu près inexistants, le vent étant de côté sur environ 9 des 10kms.

La course?

Pas grand chose à dire. Ou plutôt si: très, très, très, très frustrant.

Pour deux raisons.

La première vise Messieurs les commissaires de course. Prévue à 12h45 chez les Maîtres A, la course s’est élancée à 13h37. Qu’il y ait du retard, je peux comprendre. Nul n’est parfait et il faut bien composer avec les éléments. Pas de problème. C’était simplement très froid et tout le monde grelottait un peu.

Appel des coureurs, enfin. On se dirige sur la ligne. Tout le monde savait bien sûr que la position sur la ligne serait probablement l’élément le plus important de la journée, avec ce vent. La bordure était 200m plus loin, juste après le premier virage. Ceux qui s’élanceraient derrière n’avaient aucune chance, surtout qu’on partait tous très « à froid » après cette attente de presque une heure.

Sauf que.

Sauf que quand je suis arrivé, la ligne de départ était déjà prise. 4 rangées de coureurs bien serrés. Qu’à cela ne tienne, je vais derrière. Que voulez-vous, 130 coureurs ne peuvent tenir sur une ligne.

Des petits malins l’ont joué différemment: ils se sont placés DEVANT la ligne.

Avec raison, les commissaires de course ont annoncé qu’ils ne feraient pas partir l’épreuve dans ces conditions: tout le monde doit être DERRIÈRE la ligne. Jusque là, bravo.

La connerie, et qui m’a vraiment mis en colère, c’est que le commissaire a demandé aux coureurs derrière de reculer pour faire place aux petits malins devant!! Au lieu d’être 50e sur la ligne, je me suis donc retrouvé 90e sans le vouloir.

Il me semble qu’il aurait été juste, équitable et respectueux pour tous les autres coureurs de demander aux petits malins d’aller s’installer DERRIÈRE le peloton. Vous vous doutez bien qu’un nombre non-négligeable de ces petits malins étaient des coureurs bien établis qui n’avaient qu’un objectif, prendre le premier virage 200m après la ligne à 50 km/h et de mettre tout le monde dans le vent.

Ce qui fut fait.

Je n’avais pas même « clipper » ma 2e pédale que je savais ma course terminée.

Messieurs les commissaires, il y a des coureurs, et ils sont une majorité, qui respectent les règles. Qui stationnent leur voiture là où vous le demandez. Qui roulent à droite de la ligne jaune lorsque vous le demandez. Qui ne jettent pas leur PowerGel sur la route. Qui ne laissent aucune trace de leur passage, pour respecter les résidents locaux ou la municipalité qui a la gentillesse de nous accueillir. Qui sont respectueux de leurs adversaires, roulant de façon sécuritaire. Qui s’excusent même lorsqu’ils font un écart. Qui ne se dopent pas. Et qui prennent le départ d’une course derrière la ligne.

Il me semble que hier, ce n’eut été que justice d’exiger que tous les coureurs pris DEVANT la ligne soit relégué en arrière du peloton. La course eut été différente, du moins dans les 5 premiers kms. Bien sûr que ces coureurs auraient pu remonter après. Mais ils l’auraient fait dans le vent et auraient peut-être grillé davantage de cartouches…

La deuxième raison?

Parce qu’un nombre important de coureurs roulent vraiment comme des manches dans ce genre de conditions. Dangeureux, ils ne savent pas faire un éventail, encore moins l’inverser lorsque le commande un changement de direction du vent. Leur prise de relais est soit trop forte, soit trop faible, chaque fois rompant la cohésion d’ensemble. Pire, à l’approche d’un groupe devant, ils cessent de prendre leurs relais pour mieux récupérer, puis sortent solo. Hier, ça durait 50m puis ils explosaient, souvent pour de bon, sans avoir bouché le trou bien sûr.

J’ai vu tout et n’importe quoi. Affligeant. J’ai été victime de l’un d’eux alors que j’étais dans le 2e groupe sur la route (non au prix de quelques bons efforts avant), un gus qui a explosé devant moi sur une connerie alors que je me ravitaillais pour la 1ere fois après avoir passé mon relais. 20m de perdu dans un gros vent de côté, j’ai bien tenté de revenir sur mon groupe pendant environ un kilomètre, pour exploser musculairement. Que voulez-vous, mes 135 livres mouillés ne faisaient pas le poids hier pour résister seul à ce vent.

Anyway, on passe à un autre appel. Les jambes sont bonnes, la condition aussi, c’est l’essentiel. Les objectifs sont en août et c’est plutôt bien parti.

Quelques fleurs

Aux organisateurs, pour une inscription rudement efficace. Bravo.

Aux bénévoles, nombreux et très gentils. Merci tout le monde!

Au circuit: bonne route, bonne chaussée, un parcours très sécuritaire, plutôt sympathique avec quelques petits virages ici et là. Là encore, bravo aux organisateurs. Ste-Martine est une belle course de rentrée.

Aux jeunes: j’ai vu beaucoup de jeunes cadets. Il y a assurément une relève au cyclisme sur route au Québec. Très encourageant. Un futur vainqueur de Paris-Roubaix ou du Giro se cache-t-il parmi eux?

RadioShack, Astana et Wiggins

1 – Comme d’hab, les frères Schleck parlent beaucoup et pédalent peu. On en a une nouvelle preuve dans cette entrevue de looser. Bruyneel n’est pas content de la campagne de Classiques des RadioShack: il a rudement raison.

2 – L’UCI a commandé une perquisition de l’équipe Astana sur le Tour de Romandie. Les flics ont fouillé, mais n’auraient rien trouvé (pas surprenant, il y a belle lurette que les équipes font gaffe lorsqu’elles sont sur les courses). L’UCI aurait des doutes suite aux performances quelque peu surprenantes de quelques coureurs de l’équipe, notamment Gasparotto (vainqueur de l’Amstel) et Iglinsky (vainqueur de Liège-Bastogne-Liège). Rappelons aussi que le peu connu Kiserlovski a terminé 5e en haut du Mur de Huy…

3 – C’est à voir: ce vidéo de Bradley Wiggins en entrevue après sa victoire au sprint hier sur le Tour de Romandie. Vraiment hilarant, du vrai humour à l’anglaise. J’aime surtout le final lorsque Wiggins demande aux journalistes de penser à des questions plus intelligentes pour le lendemain!

Le Tour de l’actualité

1 – Pool de cyclisme: la première mise à jour s’en vient. J’ai été perturbé par des événements familiaux peu banals, et ai pris du retard dans la saisie de toutes les équipes. On vise le début de la semaine prochaine!

2 – Tour de Romandie. Magnifique épreuve s’il en est, dans une région qui abonde en paysages superbes. C’est aussi une grande répétition avant le Giro d’Italia. Si les étapes difficiles ne sont qu’à la fin de la semaine (samedi et dimanche, essentiellement), notamment le contre-la-montre vers Crans-Montana, le court prologue d’aujourd’hui a déjà livré quelques informations, notamment la forte présence de l’équipe Sky qui place 3 coureurs dans les 4 premiers, Cavendish compris! C’est Geraint Thomas qui l’a emporté, tout simplement parce qu’il était parti avant que la pluie ne se mêle de l’épreuve.

Il faudra surveiller cette semaine les Cadel Evans, Ivan Basso, Roman Kreuziger, Janez Brajkovic, John Gadret, Ryder Hesjedal, Daniel Martin, Rui Costa, Bradley Wiggins, Mark Cavendish, Pierre Rolland et Jérome Coppel. Certains partiront sur le Giro, d’autres montent en puissance en vue du Tour de Californie et, plus tard, du Dauphiné.

3 – Tour de Romandie bis. Une App très bien faite et gratuite est disponible ici. De quoi suivre la course sur son IPhone…

4 – Original, Thomas Voeckler est parti au… Gabon disputer la Tropicale Amissa Bongo… et y figure comme un véritable héros. Et pourquoi pas, si ça peut contribuer à développer le cyclisme africain qui, par ailleurs, est en plein essor? J’aime.

5 – Tour de Turquie. L’étape reine aujourd’hui a été remportée par Ivailo Gabrovsky, un coureur bulgare de la petite équipe Konya. À noter la 5e place de Romain Bardet, récent animateur de l’Amstel et qui confirme en quelque sorte son excellente condition. À noter également, la belle 10e place du Canadien Will Routley chez SpiderTech. Alexandre Vinokourov, David Veilleux, Alessandro Petacchi, Hugo Houle, Martin Gilbert, Mark Renshaw, Andrei Greipel, Robbie McEwen, Jimmy Casper et Simon Lambert-Lemay participent également à cette épreuve qui a été marquée, plus tôt cette semaine, par les abandons sur chute des Québécois Kevin Lacombe et Guillaume Boivin.

6 – Ivan Basso pourrait renoncer au prochain Giro s’il ne retrouve pas de bonnes sensations sur l’actuel Tour de Romandie. Une porte ouverte pour permettre à Nibali d’inscrire son nom au palmarès du grand tour italien?

7 – Tom Boonen reprendra la compet au Tour de Californie le 13 mai prochain. Il hésiterait à prendre part au Tour de France, estimant que ce n’est pas la meilleure préparation pour l’épreuve sur route des JO de Londres. En clair, il a des ambitions de devenir champion olympique!

Les Ardennes russes

En gros, on aura vu deux équipes sur les Ardennaises cette année: Astana et Katusha.

Et dans une moindre mesure les Lotto-Belisol et les Europcar.

Exit donc les superpuissances que sont BMC, Rabobank, Quick Step et RadioShack. Dans le final, c’était souvent la désorganisation totale.

Victoire surprise de Maxim Iglinsky hier dans la 120e édition de Liège-Bastogne-Liège. Les Astana ont bien manoeuvré dans le final, étant très bien représentés. Ca s’est joué à la pédale, y’a rien à dire.

J’étais convaincu, en haut de la Cote de St-Nicolas, que Vicenzo Nibali avait course gagnée, la télé annonçant un bon 40 secondes d’avance. Or, il n’en était rien: il n’avait qu’environ une quinzaine de secondes à tout casser. Iglinsky est revenu à la pédale, rattrapant et lâchant Niable sous la flamme rouge. Nibali a donc sérieusement coincé dans le final hier. Et Iglinsky a tactiquement bien manoeuvré, attaquant immédiatement son rival pour ne pas lui donner le temps de souffler dans sa roue.

Dans ce contexte, on peut se demander si Nibali n’est pas parti trop tôt… S’il était parti dans St-Nicolas au lieu de la Roche-aux-Faucons, je pense qu’il aurait gagné Liège-Bastogne-Liège. Il peut être déçu aujourd’hui.

Quoi qu’il en soit, Iglinski confirme une tendance cette année: tous les vainqueurs de grandes Classiques sont des trentenaires! Il y a 15 ou 20 ans, on considérait que la maturité en cyclisme, c’était de 27 à 31 ans. J’ai bien l’impression que ces seuils se sont déplacés vers le haut.

Les belles surprises

Sans l’ombre d’un doute, Pierre Rolland. Il m’a fait une grosse impression et il a visiblement franchi un pallier pour être ainsi un animateur du final d’une course aussi dure. Attention à lui sur le Tour!

Daniel Martin et Ryder Hesjedal. Les deux grimpeurs Garmin étaient dans le coup hier. De quoi donner des idées sur le Tour de Romandie, le Giro et le Dauphiné.

Les déceptions

Joaquim Rodriguez, qui coince dans St-Nicolas. Ca m’a surpris. La météo peut-être?

Philippe Gilbert, qui n’aura jamais trouvé la bonne carburation sur les Classiques et qui a explosé hier dans St-Nicolas lui-aussi.

Thomas Voeckler, qui n’a pu s’exprimer vraiment dans le final, victime d’une chute au pied de La Redoute.

Les frères Schleck: comme d’hab, ça cause beaucoup avant pour pas grand chose en bout de ligne.

Damiano Cunego: sa récente victoire dans une étape du Tour du Trentin me laissait croire qu’il serait un joueur majeur hier. Il termine à plus de 2 minutes.

Magnifique Giro del Trentino

Une course magnifique et riche en enseignements se déroule actuellement dans le Trentin, en Italie: le Giro del Trentino.

Surtout, le Tour du Trentin est un tremplin en vue du prochain Tour de Romandie et surtout, du Giro. Visiblement, ceux qui veulent bien marcher sur le Giro sont tous en rodage du côté du Trentin cette semaine.

La course a débuté mardi dernier par un clm par équipe, un premier en plusieurs semaines. BMC s’est logiquement imposé, tirée par un Taylor Phinney rompu aux exercices chrono. Astana (Kreuziger, Brajkovic) a terminé deuxième, une première information en vue du Giro. L’équipe canadienne SpiderTech, qui présente un line-up assez international sur cette course, a terminé 10e de l’exercice, une performance très honnête.

Mercredi, Damiano Cunego, qu’on sait en forme, s’est imposé dans la 2e étape qui se terminait au terme d’une courte ascension.

L’étape d’hier était plus difficile encore avec le redoutable Punta Veleno dans le final, qu’on compare au Zoncolan en Italie. Une horreur d’ascension (9,1km à 12,1% de moyenne!), avec de terribles pourcentages. Les gars chez SpiderTech avaient monté un… 36-32 (!!!) et de l’avis de Steve Bauer, ce ne fut pas suffisant!!

Pozzovivo s’est imposé au terme de l’étape (le Punta Veleno sur 34-29!), riche en enseignements. Voyez un peu: Szymd (2e), Cunego (3e), Rujano (4e), Kreuziger (5e), Dupont (6e), Serpa (8e), Brajkovic (9e), Sella (11e), Pinotti (12e), Rolland (20e), Gadret (24e), Basso (28e) et Roche (33e).

Je parierais gros qu’il y a là plusieurs vainqueurs d’étape du Giro voire des coureurs qui finiront sur le podium à Milan dans un mois! Chose certaine, ces coureurs se préparent activement au Giro, c’est certain.

À souligner, l’excellente performance du Québécois David Boily chez SpiderTech, 38e de l’étape d’hier. Il confirme en quelque sorte qu’il dispose de très belles qualités de grimpeur et que sa 2e place du Tour de l’Avenir l’an dernier n’était pas qu’un exploit sans lendemain. Bravo!

Aujourd’hui, à ne pas manquer: près de 180 kms, dont le Passo Pordoi!

Les vidéos

Le Giro del Trentino met à notre disposition d’excellents vidéos sur You Tube. Ici, environ 1h30 de la deuxième étape. Ici, un bon résumé de 2min28 de cette étape. Et ici, un vidéo tourné le matin de la 3e étape, lors du contrôle signature.

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