On a été gâté récemment avec les affiches de Paris-Tours et du Tour de Lombardie, toutes deux très réussies.

On a été gâté récemment avec les affiches de Paris-Tours et du Tour de Lombardie, toutes deux très réussies.

John Wilcockson, c’est ce journaliste cycliste très connu aux États-Unis et qui écrit depuis des décennies dans les revues de cyclisme, surtout VeloNews. Il jouit d’une certaine réputation de fin connaisseur du cyclisme.
Vraiment ? Jugez-vous même…
Wilcockson a très récemment signé un article portant sur le parcours du Tour 2011, qui sera annoncé seulement dans quelques semaines par Christian Prudhomme à Paris.
Les informations divulguées par Wilcockson émanent-elles vraiment de son travail ? Je n’en suis pas si sûr…
Car cette année encore, ce excellent blogueur Thomas Vergouwen du site paris.thover.com a réalisé un travail de moine et rassemblé ainsi que documenté des tonnes d’information sur le parcours éventuel du Tour 2011. Articles dans des journaux locaux, entrevues avec élus locaux, réservations d’hôtel, tous les indices sont recueillis et répertoriés par Thomas pour avoir la puce à l’oreille quant au parcours du prochain Tour.
Et curieusement, le parcours proposé par Wilcockson est exactement le même que celui qui découle des travaux de Thomas Vergouwen et publiés sur son blog…
Tout au plus Wilcockson prend-t-il la peine d’écrire " Those opening two stages are set in stone, so the rest of this story is based on piecing together information from regional French newspapers, hotel booking sites and various European blogs, to assemble the lists of stage towns in advance of the official announcement."
Limite, non ? Surtout qu’il écrit sitôt après: "And we can only guess the details of the actual stage routes — partly because ASO, the organizer, is usually working on these until the last minute."
"We", c’est qui exactement ? John Wilcockson ou John Wilcockson qui plagie honteusement les travaux minutieux réalisés par Thomas Vergouwen ?
Je ne connais pas Thomas Vergouwen et ne peux donc dire si Wilcockson a collaboré avec lui dans le travail effectué autour du Tour 2011. Rien dans son article ne laisse cependant croire que Wilcockson l’a aidé dans son travail de moine. Thomas semble avoir travaillé seul. Si tel est le cas, nous sommes bel et bien devant un cas honteux de plagiat d’un journaliste américain qui se sert des travaux d’un blogueur néerlandais vivant en France pour écrire un article qui contribuera certainement, pour les non-initiés, à rehausser davantage encore sa réputation. La moindre éthique professionnelle aurait au moins été de citer, dans son article, le site de Thomas Vergouwen et de dire que les informations relayées provenaient (probablement) entièrement des travaux disponibles à cet endroit.
Tout en vous assurant que jamais La Flamme Rouge n’utiliserait tels procédés, je condamne vertement ce qui me paraît être un cas de plagiat et un manque d’éthique professionnelle de la part de John Wilcockson.
Bientôt disponible chez un détaillant près de chez vous, une nouvelle percée intéressante dans le monde du cyclisme: Look, via sa pédale Keo, s’est associé à Polar, fabricant de cardiofréquencemètres, pour concurrencer les systèmes PowerTap et SRM et créer un système de mesure de la puissance intégré aux pédales. C’est simple, c’est sans fil, c’est facilement interchangeable d’un vélo à un autre et surtout, c’est moins cher puisqu’on annonce le tout pour environ 1700-1800$.
Tout ce que vous devez savoir est disponible dans ce petit vidéo très bien fait.
De retour d’un long congé, La Flamme Rouge commente pour vous l’actualité cycliste des derniers jours.
1 – Paris-Tours: victoire d’Oscar Freire, le magicien du dernier kilomètre. Je l’ai déjà écrit cette année: j’aime Oscar Freire. Pour moi, c’est l’exemple du parfait coureur cycliste: adroit, fin stratège, fort, habile, patient, tenace. Quel coureur ! Il faut revoir ce dernier km: Freire est enfermé derrière McEwen à 300m de la ligne mais parvient à se dégager sur la droite pour venir moucher tout le monde sur la ligne. Tout simplement impressionnant !
Impressionnant également aura été le final de Geoffroy LeQuatre qui nous a fait une magnifique performance solo. Je souhaitais que LeQuatre remporte cette course, il le méritait largement. Le peloton est malheureusement revenu sur lui à 300m de la ligne.
2 – Stefan Matschiner, l’homme derrière le dopage de Bernard Kohl et de plusieurs autres sportifs de haut niveau, revèle, dans un livre, ses méthodes de dopage, y compris l’autotransfusion. C’est très instructif, notamment le fait que Matschiner affirme que le dopage parmi les sportifs d’élite, c’est aussi important que le petit déjeuner !
3 – Bêtisier: les déclarations de Michael Rasmussen sur le cas Contador. Très crédible…
4 – Troublant. Ces déclarations d’un ex-équipier chez Astana et qui explique en détail le récent contrôle positif de Contador, notamment par des autotransfusions prélevées à la suite du Dauphiné-Libéré où Contador aurait consommé du clenbuterol pour perdre les derniers kilos en vue du Tour, sans entamer sa masse musculaire.
5 – Chose certaine, Contador a changé sa défense et évite désormais les explications pour porter sa cause vers le non-respect des procédures judiciaires en place. Il menace désormais de poursuivre certains médias pour diffamation. C’est la seule chose à faire quant on est à court d’arguments crédibles, et c’est malheureusement la façon la plus prometteuse de s’en sortir…
6 – Incompréhensible. Cette histoire autour de la mise en touche par ASO du médecin du Tour depuis des années, le Dr. Gérald Porte. Aucun avis, aucune explication, le médecin est visiblement sous le choc. On s’explique mal la situation en effet, sauf pour faire un lien avec tous les changements chez ASO depuis 2 ans; Porte n’est pas le premier de "l’ancienne garde" à se faire virer… Et sans surprise, on ne trouve pas mot de cette histoire sur le site du journal L’Équipe, du moins pour l’instant.
On dispute ce dimanche 10 octobre la 104e édition de Paris-Tours, une classique dont la première édition a eu lieu en… 1896.
Au menu des coureurs, 233 kms entre La Loupe, en banlieue de Chartres, et Tours. Le parcours est assez plat mais ponctué de deux bosses dans les 12 derniers kms, la côte de Beau Soleil et la côte de l’Épan, rampes idéales pour les coureurs qui veulent éviter le sprint massif sur la célèbre avenue de Grammont.
Et sprint massif, on a souvent évité ! En ce sens, Paris-Tours n’est pas une classique tout à fait comme les autres: elle semble chaque année promise aux sprinters, mais très souvent ces derniers se font moucher dans le final. Philippe Gilbert, vainqueur des deux dernières éditions, en est d’ailleurs la preuve. D’autres ont su déjouer les sprinters ces dernières années: Virenque, Guesdon, Piil, entre autres.
Dimanche, les deux épouvantails sont encore Philippe Gilbert auquel il faut ajouter Fillipo Pozzatto. Tous deux sont en grande condition. Gilbert voudra éviter le sprint possiblement en attaquant dans les bosses du final, Pozzatto voudra le suivre se sachant plus rapide.
L’équipe Liquigas semble aussi débarquer en force: Oss, Sagan et Bennati sont là. Oss et Sagan pourraient essayer de se glisser dans des coups et Bennati sera là en cas de sprint massif.
D’autres sprinters seront à surveiller: Oscar Freire en premier lieu, mais aussi Jimmy Casper, Gerald Ciolek voire Robbie McEwen, on ne sait jamais après tout. À noter également que Tom Boonen fait sa rentrée après une longue convalescence due à une blessure au genou.
D’autres coureurs ont une belle carte à jouer: Janez Brajkovic, en vue dans le final des récents Mondiaux, Chris Horner, Fabian Wegmann, Leif Hoste, Alexandr Kolobnev ou encore Anthony Ravard.
Des rumeurs très crédibles circulent ce matin: Dominique Rollin aurait signé un contrat avec l’équipe professionnelle La Française des Jeux en prévision de la saison prochaine.
Rollin pourrait très prochainement officialiser la nouvelle en précisant les termes du contrat, notamment sa durée.
Si la nouvelle se confirme, je pense qu’il faut s’en réjouir car La Française des Jeux est, selon moi, une excellente équipe pour un coureur québécois comme Rollin. Pour plusieurs raisons:
1 – La culture générale de l’équipe. L’intégration d’un coureur à sa nouvelle équipe est très, très importante. Les moeurs, les habitudes ainsi que, bien sûr, la langue d’usage sont des éléments très importants à considérer pour qu’un coureur trouve rapidement ses marques au sein de sa nouvelle équipe. Les exemples de transferts malheureux de coureurs qui ont perdu leurs repères culturels en rejoignant une équipe totalement différente sont nombreux. À La Française des Jeux, Rollin trouverait une ambiance française, proche de la culture québécoise. C’est un gros avantage.
2 – La Française des Jeux est une équipe ProTeam, donc qui possède la garantie d’avoir accès aux plus grandes courses, Tour de France compris. C’est un avantage non-négligeable lorsque, comme Rollin, on cherche à progresser et à multiplier ses expériences de course.
3 – Marc Madiot. Sa seule présence justifie, selon moi, le choix de cette équipe. Madiot est un excellent meneur d’hommes, c’est connu. Son intérêt pour les Classiques, justement courses qui conviennent à Rollin, est également bien connu. Enfin, et surtout, Madiot connaît bien les dérives de ce sport et ne met pas une pression trop forte à ses coureurs, sachant bien que parfois, une 10e place vaut bien une victoire. En ce sens, pour Madiot, il y a certes le résultat, mais surtout la manière…
4 – Les autres coureurs déjà présents. Rollin y rejoindrait notamment le vétéran Guesdon, qui sera capable de lui transmettre les ficelles du métier sur les pavés du Nord. LeMevel, qui quitte l’équipe, est remplacé, en quelque sorte, par l’arrivée de Pierrick Fedrigo, excellent coureur d’un jour. Et en l’absence d’un grand leader, Madiot joue souvent la carte du mieux placé. Rollin devrait donc avoir l’opportunité de jouer sa carte personnelle sur certaines courses, s’il s’en donne la chance lui-même.
L’incertitude: Dominique devra-t-il faire ses débuts en cyclo-cross dans les prochaines semaines ?!
Mon premier vélo de course était un cadre acier. Columbus SL. Et comme à l’époque le savoir-faire du fabriquant était la meilleure garantie de la qualité du cadre, j’avais choisi une référence au Québec: Marinoni. D’autres, plus petits, avaient également une solide réputation, comme Cycles Ryffranck par exemple.
Depuis, la révolution carbone est passée par là. Et avec elle, tous mes repères en matière de qualité de fabrication se sont effondrés.
On me demande régulièrement mon opinion sur la qualité de tel ou tel cadre carbone: depuis 3 ou 4 ans, je réponds que je ne sais pas. Je ne sais plus.
Jusqu’en 2005 environ, j’ai continué de croire que la réputation et le savoir-faire des fabriquants étaient la meilleure garantie d’acheter un cadre top-qualité. Après tout, certaines compagnies, comme DeRosa ou Bianchi par exemple, fabriquent des cadres de vélo depuis des générations. Ils doivent savoir de quoi ils parlent. Et leurs protocoles d’assurance de qualité, pensais-je, devaient être les plus sérieux du marché.
Mais des histoires de cadres fissurés, brisés sans explication, ont sérieusement mis en doute mes convictions. La production de masse centralisée à Taiwan, question d’abaisser les coûts de production, est passée par là.
Les exemples autour de moi sont en effet légions depuis 4 ou 5 ans. À peu près toutes les marques y sont passées, que ce soit des produits d’ici comme d’ailleurs: cadres québécois, canadiens, européens, connus, moins connus, tous y sont passés. Les histoires d’horreur, notamment au niveau des emmerdes avec la compagnie pour faire remplacer le cadre, sont fréquentes. Sans parler des mois d’attente sans pouvoir rouler sur le vélo, le temps que le cadre parte puis revienne de la compagnie…
Encore récemment, la tige de selle intégrée d’un cadre Time RXR 2010 d’un ami s’est ouverte en deux, sans explication. Mon ami, qui ne fait aucune course, aucune cyclosportive et qui n’a eu aucune chute avec son cadre acheté en début d’année, s’entraînait alors doucement, au train. Time jouit pourtant d’une solide réputation de qualité…
À l’heure de la production de masse, production – pour l’immense majorité des cadres carbone produits dans le monde – concentrée à Taiwan, à l’heure de la multiplication des compagnies de cycles, à l’heure de la course au gramme, à l’heure aussi de la maximisation des profits, je vous avoue franchement être assez perdu lorsque vient le temps d’acheter un cadre. Par chance, je ne change pas le mien l’an prochain mais force est de reconnaître que j’ignore totalement ce que je choisirais si je devais le changer dans les prochains mois.
Quels critères objectifs adopter afin d’établir son choix ? Le prix ? La garantie offerte ? La réputation de la compagnie qui appose son autocollant sur le cadre ? La légèreté ? L’usage ? Comment savoir que telle compagnie offre à ses clients des produits qui tiennent vraiment la route ? Après tout, on n’achète pas un vélo pour le renvoyer à la compagnie quelques mois plus tard, on achète un vélo pour rouler dessus tous les jours, pour certains entre 10 et 15000 kms par an. La fiabilité est donc un critère important.
Et pourquoi choisir aujourd’hui un carbone ? Le titane voire l’alu ne sont-ils pas des choix encore possibles voire avantageux face au carbone ? Et l’acier ? On trouve désormais des cadres acier de 1200 grammes, soit à peine plus que des cadres carbone…
Quoi qu’il en soit, je pense que les compagnies jouent actuellement un jeu dangereux. La patience de la clientèle n’est en effet pas à toute épreuve devant la multiplication des problèmes sur les cadres carbone. Plusieurs cyclistes autour de moi reviennent actuellement vers le titane ou l’acier. Et puis, la Chine s’est mise à mouler des cadres carbone, offerts sur le marché pour le quart, le cinquième voire parfois le dixième du prix d’un cadre revendiqué haut de gamme par une compagnie dans le vent. Et fissure pour fissure, ca fait moins mal au coeur de remplacer un cadre de 500$ que de 5000$…
Ca sent de plus en plus mauvais dans l’Affaire Contador. Il semble que le champion espagnol aura fort à faire pour prouver son innocence.
Le New York Times annonçait en effet hier que deux échantillons urinaires, prélevés les 20 et 21 juillet dernier lors du Tour de France, contiendraient des concentrations de plastique huit fois supérieures à la concentration requise pour signifier un test de dopage positif. Le protocole de dépistage de produits plastiques serait disponible depuis l’an dernier, serait encore en cours d’homologation par l’AMA et aurait été utilisé pour la première fois sur le Tour cet été. Ceci étant, le protocole pourrait servir à prouver un dopage par autotransfusion s’il est ajouté à d’autres tests, ici la présence de clenbuterol.
Bref, Contador est bien mal barré semble-t-il.
Et nous fait un syndrome de persécution. Ses récentes déclarations montrent en effet qu’il a choisi de se poser en victime, déclarant même être très déprimé et vouloir abandonner le cyclisme s’il devait être convaincu de dopage.
Ce qui le déprime surtout je pense, c’est d’être le seul à morfler en ce moment, alors qu’il sait pertinemment que tous ses adversaires carburent exactement à la même chose que lui depuis des années, les autotransfusions. Le syndrome de persécution est en passe de devenir une constante dans les affaires de dopage, Landis, Pantani, Virenque et bien d’autres encore en ayant tous souffert.
En ce sens, le plus dur pour les tricheurs piqués au contrôle, c’est souvent "pourquoi moi et pas les autres aussi puisqu’ils font pareils" ?
Quoi qu’il en soit, on attend désormais l’explication de Contador concernant la présence de résidus plastique dans son sang. Cette explication semble venir moins vite que celle fournie pour expliquer la présence de clenbuterol…
À ne pas manquer sur le même sujet, cette très, très bonne interview avec David Walsh, co-auteur des populaires livres L.A. Confidential et L.A. Official, et qui revient sur l’Affaire Contador. À ne pas manquer non plus, cet article avec Ettore Torri, grand chef de la lutte anti-dopage en Italie.
Le ProTour est enfin mort, vive le ProTour !
Évidemment, les GP de Montréal et de Québec sont du nombre et feront donc désormais partie de ce World Tour.
Autre nouveauté, l’UCI n’impose sur toutes les courses de ce calendrier "que" les 18 équipes qui disposeront encore, en 2011, d’une licence "ProTeam" (label qui remplace celui des licences ProTour). Les organisateurs de course auront l’entière flexibilité de sélectionner, à leur guise, entre 4 et 6 autres équipes, selon qu’on aligne 8 ou 9 coureurs par équipe.
L’UCI a donc lâché du lest et a enfin compris qu’il fallait permettre aux organisateurs de courses cyclistes une certaine flexibilité, notamment pour "régionaliser" leurs épreuves et donc les intéresser du public local.
L’UCI a enfin annoncé la création d’un système de points qui permettra de calculer la valeur sportive de chaque équipe professionnelle. C’est une façon d’établir une hiérarchie et de probablement éviter la dérive Footon-Servetto observée cette saison.
Il faut se réjouir de cette annonce, c’est évidemment un grand pas dans la bonne direction.
Et curieusement, ces modifications proposées sont très proches de celles que je proposais dans mon texte du 16 septembre dernier intitulé "ProTour: des idées pour améliorer les choses", en réaction avec certains commentaires laissés la veille qui découlaient de mes critiques à l’endroit du ProTour.
Les fonctionnaires de l’UCI seraient-ils de fidèles lecteurs de La Flamme Rouge?!
Thor Hushovd a remporté au sprint la course sur route des Championnats du monde de cyclisme. Il a battu au sprint un autre coureur scandinave, le Danois Matti Breschel, ainsi qu’Allan Davis. Ce dernier, qui jouait à domicile, doit s’en vouloir d’être passé si près d’un tel rendez-vous…
L’archi-favori Pozzatto termine 4e après avoir pris la mauvaise roue dans le sprint. Je crois qu’il a aussi péché plus tôt dans la course en ne prenant pas ses responsabilités. Le Belge Philippe Gilbert les a pris, lui, ses responsabilités mais je pense qu’il est parti 3 bornes trop tôt et qu’il a sur-estimé ses forces dans le final.
Quoi qu’il en soit, je pense qu’on ne peut penser à meilleur champion du monde en cette période de remous dans le cyclisme.
Thor Hushovd fait en effet partie de ce qu’on appelle au Québec "les bons gars". Le type aimé de tout le monde. Le genre de mec qui inspire immédiatement confiance et dont la conduite ne conduit à aucune critique. Sympathique, médiatique, souriant, courtois, Hushovd sait aussi improviser, se renouveler, comme sur le Tour de France 2009 où il avait été chercher un maillot vert dans les Alpes par quelques belles échappées, façon Jalabert.
Surtout, cette victoire vient presque en couronnement d’une carrière déjà longue et riche en succès. Comment ne pas se réjouir pour lui de cette nouvelle grande victoire et du fait qu’il pourra porter, un an durant, le convoité maillot irisé ?
On peut donc penser que Thor Hushovd est une bénédiction pour le cyclisme en ce moment, pour Pat McQuaid tout particulièrement. C’est un bien beau champion du monde qui fait l’unanimité partout sur la planète cycliste !
L’épouvantail (pour moi): Filippo Pozzatto. Parce qu’il prépare, dans la discrétion, ce Mondial depuis des semaines. Parce qu’il a l’équipe d’Italie soudée autour de lui. Parce qu’il va vite au sprint après 250 kms. Parce qu’il a l’expérience des grandes Classiques.
Les autres grands favoris: Philippe Gilbert, pour sa maîtrise et son punch. Oscar Freire, pour son expérience et sa capacité de se faire "oublier" puis venir ajuster tout le monde sur la ligne.
À surveiller: Cadel Evans, parce qu’il joue à domicile. Daniel Oss, pour sa puissance et parce qu’il n’a aucune pancarte dans le dos. Tony Martin, parce qu’il est simplement très fort. Franck Schleck, parce qu’il est en forme après sa Vuelta. Alexandr Kolobnev, parce que les Mondiaux sont sa course de prédilection. Edvald Boassom Hagen, parce qu’il va vite au sprint dans les petits comités. Fabian Cancellara, parce qu’il veut sa revanche de l’an dernier et que sa puissance le servira bien sur le parcours de Geelong. Nicolas Roche, parce qu’il est en forme et motivé d’imiter son père.
Les partants sont ici. Pour le Canada, Dominique Rollin, Svein Tuft et Christian Meier.
Ca se complique pour Contador. Il pourrait bien nous avoir menti. Surpris ?
Le journal L’Équipe révèle en effet ce matin que les échantillons urinaires prélevés le 21 juillet dernier contiendraient des traces de di(ethylhexyl)phtalates, des résidus plastiques. Résidus plastiques dans le sang ? Oui, résidus qui pourraient venir d’un sac plastique ayant servi à entreposer du sang…
Le résultat découle d’une nouvelle méthode de détection des autotransfusions et mis au point par un laboratoire de Barcelone. Seul hic, la méthode n’a pas encore fait l’objet d’une approbation de l’AMA, ce qui complique les choses au plan juridique.
Contador aurait donc bien procédé à une autotransfusion le 21 juillet dernier. Pas une grosse nouvelle par ailleurs, il est connu que les autotransfusions, jusqu’ici indétectables, sont la panacée du dopage professionnel depuis quelques années déjà.
À prévoir: les coureurs pro entreposeront désormais leur sang dans des fioles de verre plutôt que de plastique !!!