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Votre guide pour Milan SanRemo

On disputera ce samedi la 107e édition de Milan SanRemo, aussi appelée La Primavera puisque première grande classique de la saison.

Au menu de Messieurs les coureurs, 291 kilomètres de course, la plus longue des classiques de la saison.

Le parcours n’est pas très difficile sur les 240 premières bornes, malgré le passage au col du Turchino au km 142.

Les 50 derniers kilomètres sont davantage casse-pattes, avec une succession de « capo », ces courtes ascensions qui laissent petit-à-petit des traces: Mele, Cervo, Berta, Cipressa et enfin Poggio, à environ 10 bornes de l’arrivée.

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La météo

Après quelques années de météo difficile (même la neige il y a 2 ans), on annonce nettement mieux pour samedi: assez beau, et 14 degrés à SanRemo. Les vents devraient aussi être légers, ce qui devrait nous donner une course rapide.

Le scénario de course

Typiquement, c’est toujours un peu la même chose: une échappée matinale, question de montrer les maillots à la télé, puis un regroupement général en arrivant sur les « capo », et à partir de là une course nerveuse, où des coureurs tentent de s’échapper. La meilleure rampe est souvent celle de la Cipressa, mais ces dernières années les équipes de sprinters ont pu ramener tout le monde au pied du Poggio. De là, c’est un festival d’attaques dans le Poggio, souvent sans succès cependant, le rythme du premier groupe étant trop important, ceci dans le but d’essayer de lâcher les sprinters.

Il faut remonter à la fin des années 1980 (Fignon) ou au début des années 1990 (Bugno, Chiappucci, Colombo) pour retrouver des vainqueurs au terme d’une longue échappée solitaire. Dans le cyclisme moderne des dernières années, on a peine à imaginer qu’un coureur seul puisse résister au retour du peloton, surtout contrôlé avec les oreillettes…

L’arrivée cette année

Ca se fera sur la Via Roma. Les deux derniers kilomètres sont assez droits, sauf un gauche-droite situé à 800m de l’arrivée qu’il faudra aborder parmi les 10 premiers sans faute si on veut gagner.

Les absents

Trois absents de marque samedi: John Degenkolb, le vainqueur sortant, suite à son accident à l’entrainement il y a quelques semaines. Philippe Gilbert, malade. Et Andrei Greipel, récemment touché aux cotes.

Les favoris

Ils sont nombreux, tant cette épreuve peut aujourd’hui s’apparenter à une loterie.

Dans un premier temps, les sprinters bien sûr, comme Alexandr Kristoff. En forme ascendante ces dernières semaines, il voudra se reprendre suite à l’an dernier où, bien amené dans les derniers mètres par Luca Paolini (absent cette fois-ci), il avait lancé son sprint trop tôt et n’avait pu contrer le retour de Dekengolb. Je demande toutefois à voir qui, sans son équipe Katusha, pourra faire le travail pour lui dans le final cette année…

Mark Cavendish. S’il a déjà gagné à SanRemo (2009), je pense qu’il sera trop court dans les capo du final cette fois-ci encore.

Arnaud Demare. Il est en forme (récent vainqueur de la 1ere étape de Paris-Nice), est capable de passer les capo, il a une belle équipe autour de lui, notamment Arthur Vichot, pour moi c’est clair, Demare pourrait surprendre samedi.

Le jeune Fernando Gaviria chez Quick Step. Nouvelle sensation du sprint, on en dit beaucoup de bien et si les Quick Step devaient se présenter à plusieurs sur la Via Roma pour la gagne, ce sera très certainement leur carte maitresse. Aura-t-il cependant la caisse pour produire un gros sprint après 290 bornes de course?

Nacer Bouhanni. Un excellent sprinter, gros moral pour s’accrocher, capable de tirer son épingle du jeu même s’il est sans équipier à l’approche de l’arrivée, et un coureur qui n’a pas froid aux yeux. Attention à lui!

Davide Cimolai ou Sacha Modolo (Lampre). La Lampre court à domicile et je suis sûr qu’on verra l’un de ces deux coureurs avec le premier groupe sur la Via Roma samedi. Cimolai a terminé 8e l’an dernier.

Enfin, Michael Matthews chez Orica. En vue sur le récent Paris-Nice, il possède beaucoup d’expérience désormais, et une très belle équipe autour de lui.

Les autres favoris sont évidemment Fabian Cancellara, très en forme en ce moment et qui court visiblement pour se faire plaisir cette saison, Peter Sagan, lui aussi en forme et qui sait qu’une victoire sur la Via Roma ferait oublier ses nombreuses places de 2e dernièrement, Greg Van Avermaet bien sûr, Edvard Boassom Hagen, Tim Wellens un bel attaquant, sans oublier Geraint Thomas, qui jouit lui aussi d’une excellente condition en ce moment, d’une équipe puissante et qui s’était déjà échappé l’an dernier dans le final pour n’être repris que sur le haut du Poggio.

À la télé

Les sites Cyclingfans et Steephill sont ceux que j’utilise habituellement, mais on me dit que L’Equipe21 propose aussi une retransmission télé qui ne serait parfois pas géocodée.

En marge de la course

Excellente émission sur l’actualité cycliste des derniers jours proposée par InCyle.

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11 Commentaires

  1. ECR77

    Bonjour Laurent, pour l’equipe21 pas sur, je ne vois rien sur leur grille : http://www.lequipe21.fr/grille/
    Par contre le lien du site suivant (http://www.velotv.fr/) te donne les retransmissions. A+

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  2. Louis-Philippe Basqu

    Aussi disponible à RDS 19 mars (9:30) : http://www.rds.ca/tele

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  3. Christian

    Pour ma part, je regarderai peut-être les 10 derniers kilomètres. Le reste est totalement insipide, hélas.

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  4. pijiu

    10 kilomètres intéressants, ça fait quand même 15 minutes de beau spectacle. C’est pas mal!
    Le cyclisme n’est pas le sport-spectacle par excellence, après tout il s’agit de tourner les jambes sur un vélo! Et pourtant ça nous plaît, non? Mes tours à vélo, d’un point de vue spectacle, sont totalement insipides, et pourtant je ne les échangerais pour rien au monde contre quelques tirs au but ou paniers de basket.

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  5. LaVoitureCaPue

    Le gagnant je sais pas. Mais le 2° : sagan !!

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  6. alain39

    Depuis des années la course ne s’offre plus aux baroudeurs et finisseurs.
    Le dopage (les gros sprinteurs passent le Poggio), les équipes surpuissantes et les oreillettes ont sonné le glas de cette période.
    La météo sera bonne et donc on s’oriente sur une course rapide avec pas de sélection par la météo. Gros peloton arrivant au pied du Poggio est à craindre.
    On risque d’avoir un scénario simple avec le Poggio en point d’orgue de la sélection.
    Les équipes de sprinteurs vont entourer leurs sprinteurs et force est de constater que ces équipes sont fortes.
    Sagan doit attaquer et il a un plan. Van Avermaert, Cancellara, et plein d’autres ont intérêt à durcir la course et ce avant le Poggio. Les sprinteurs doivent arriver émoussés et pas très bien placés au pied du Poggio.
    Autrement ce sera une arrivée en peloton et Matthews, Demare, Bouhani et Kristoff seront alors les favoris et difficiles à battre.
    Pour ma part je souhaite du mouvement et une sélection dans le Poggio. J’attends l’attaque de Sagan mais il va avoir tout le monde dans la roue. Cancellara va essayer d’en profiter.
    Conclusion: Course ouverte comme d’habitude où les hommes forts vont se mettre en avant et le vainqueur sera soit le plus rapide soit le plus malin.

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  7. Patrick

    Ca sent la bagarre de rue. Qui pourrait être bien loin du vélo que j’aime…

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  8. LaVoitureCaPue

    @alain39

    Le dopage n’est pas la raison de la victoire des sprinters à MSR ces dernières années. ILs se dopaient tout autant avant et ne gagnaient pas (?). Les punchers ne se dopent pas autant que les sprinters (?) pour gagner en puncher … (?)

    Tout le monde va faire dans son froc, personne ne va prendre le moindre risque. Je me mets dans la roue de l’attaquant, mais je le relaie pas au cas où. Les 4° couteaux vont attaquer à 20 bornes, les leader dans le poggio, mais pas plus de 30 mètres. Bref, tout le monde va jouer petit bras.

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  9. nicoD

    j aimerai vs y voir moi prendre un relai. Faut pouvoir. quand t es limit tu serres les fesses et tu pries. mon prono Sagan gagnera grace a sa descente dans le poggio.

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  10. Thierry mtl

    San Remo c’est un peu comme une course de NASCAR.
    Endurance, patience, choisir le bon moment et avoir encore du jus… Ils vont presque tous perdre et le gagnant ne sera peut-être le meilleur, mais il fera partie des derniers survivants. On peut dire qui sera dans ce groupe sélect, mais prédire le gagnant comme gagner cette course, demande un peu de chance.

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  11. Patrick

    Et Davide Rebellin tient toujours le choc des tous meilleurs, à 44 ans et 7 mois. C’était déjà le cas dans de récentes courses avec des bosses.

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