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Tino Rossi : des propos déplorables

Tino Rossi, c’est depuis des lustres l’organisateur en chef des populaires Mardis cyclistes de Lachine, une série de critériums hautement prisés et médiatisés dans l’univers du cyclisme québécois. Gagner un Lachine vous situe d’ailleurs votre homme, votre coureur plutôt.

Tino Rossi a créé aujourd’hui une onde de choc dans le cyclisme québécois en affirmant être favorable à la légalisation du dopage dans le cyclisme. À l’échelle transposée, c’est un peu comme si Christian Prudhomme, directeur du Tour de France, affirmait la même chose. Selon Rossi, "Moi, je suis d’accord qu’un jour, les produits pour venir en aide aux athlètes soient légalisés, sous prescription des médecins. Que ce soit de la drogue ou des spaghettis, s’il vous plait, mettez-vous quelque chose en tête : c’est un sport, c’est un gagne-pain et ils ont besoin d’outils pour y arriver."

La Flamme Rouge tient évidemment à dénoncer ces propos qui sont évidemment déplorables.

Matière à se réjouir, la Fédération québécoise des sports cyclistes (FQSC) a immédiatement émis un communiqué visant également à se dissocier des propos de M. Rossi, rappelant que le dopage dans le cyclisme comme dans le sport en général est innaceptable et que légaliser l’usage de substances dopantes serait "abdiquer nos responsabilités vis-à-vis de l’éthique dans le sport et de la santé des athlètes."

M. Rossi, il est déplorable que vous ne sachiez réaliser qu’en légalisant le dopage, vous dénaturez le sport lui-même. Ce ne serait alors plus du sport, mais du spectacle. Ce ne serait plus "que le meilleur gagne", mais plutôt "que le plus dopé gagne". Ce ne serait plus 1 – tel coureur, 2 – tel autre et 3 – tel autre, mais bien 1 – tel médecin, 2 – tel autre et 3 – tel autre. Et que ferez-vous le jour où vous aurez un décès d’un coureur dopé sur les bras, même si le dopage a lieu sous supervision médicale ? Les exemples sont tristement légions au cours des deux dernières décennies… Que ferez-vous de l’éthique sportive ?

Comme la FQSC, je demeure convaincu qu’il demeure possible de performer au plus haut niveau et ce, de façon saine. Je demeure convaincu également que les tricheurs sont encore nombreux, tant dans le peloton professionnel qu’amateur. Je demeure enfin convaincu que les instances progressent dans la lutte anti-dopage et que tranquillement, nous parviendrons sinon à juguler le dopage, du moins à le contrôler, à le limiter. J’estime en ce sens que les organisateurs de courses cyclistes ont une responsabilité envers la lutte contre le dopage, celle de permettre les contrôles lors de leurs épreuves et celle de prendre explicitement position contre ce fléau minant la crédibilité même du sport cycliste.

Force est d’admettre que M. Rossi n’a aujourd’hui aidé en rien la crédibilité de ses Mardis cyclistes en affirmant être favorable au dopage dans le cyclisme. C’est dommage.

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  1. colt seevers

    Après un krach boursier suit une période de crise économique et une période de pessimisme général, la dépression économique s’accompagne de tensions sociales et de régression démocratique. La légalisation du dopage serait accompagnée selon moi de la naissance dans une partie du monde d’un nouveau courant idéologique totalitaire type nazisme des années trente. Ce serait un pur cauchemar.

    La déclaration éhontée de ce tino rossi déguisé en petit papa crise-mas n’est qu’un avant goût. On ouvre les yeux et on se retrouve en 2009 dans la réalité.

    Même si nous sommes des milliers à répéter le mantra suivant, « Je prie pour aider le cycliste propre à le rester » la victoire n’est pas encore acquise.

    – Il faut aussi faire en sorte que la course garde échelle humaine,

    – Que le public n’ait plus d’attentes démesurées à propos des résultats d’une course,

    – Que les coureurs se sentent encadrés par une loi antidopage stricte banissant l’équipe entière du tricheur pris au contrôle,

    – Qu’on leur promette l’immunité et un retour garanti dans le sport s’ils avouent leurs pratiques et aident à confondre des systèmes de tricherie,

    Pour résumer en deux phrases ma vision du combat efficace anti dopage:

    – Il faut que ça paie de courir en respectant les règles.

    – Il faut que ça paie encore plus de courir propre dans un peloton où certains continuent à tricher.

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  2. colt seevers

    J’apprends la naissance de Max Armstrong. Quel joli prénom. heum. ça fait Vo2 max, sans le début… Dans un épisode des simpson, homer change de nom pour Max Power. ça lui change la vie.

    La maman va bien, le petit aussi http://img198.imageshack.us/my.php?image=1cf.jpg&via=tfrog

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  3. Testocarbone

    « c’est un sport, c’est un gagne-pain et ils ont besoin d’outils pour y arriver. »

    Plusieurs éléments choquent profondément dans ces propos:

    D’abord le « c’est un sport ». Qui peut encore affirmer que le cyclisme professionnel est encore un sport. Moi, oui, je pratique ce sport, lorsque je sors pendant deux trois heures avec mon coursier, pour garder la forme. Mais eux?

    Nous savons tous que nous avons affaire à un show, un triste show et une course effrénée à l’argent, avec des grands seigneurs, grands tricheurs et des valets juste bon à les porter 90% du temps pour leur permettre de faire, le moment venu, avec le bon taux d’hémaglobine, un show de cirque.

    Un « gagne pain », oui, je peut l’admettre, mais pas dans ce contexte. C’est un gagne pain pour une partie du peloton, les sans grades, les porteurs d’eau, les valets et c’est un business juteux pour les plus affairistes, les grands seigneurs tricheurs qui sont déjà assisté par l’industrie pharmaceutique et des médecins véreux.

    « Ils ont besoin d’outils pour y arriver. Quel cynisme! Arriver où? Arriver à 45 km/h de moyenne au lieu de 35 km/h.
    Amateur de cyclisme depuis ma plus tendre enfance, je n’ai jamais trouvé fascinant de voir des surdominateurs survitaminés. Bien au contraire, ce qui me plaisait dans le vélo, c’était les défaillances, les hauts, les bas, la vie quoi, l’humain, dans toute sa palette, tout sauf cette barbarie à l’epo que l’on aimerait nous faire prendre de nos jour pour un sport, pour du cyclisme.

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  4. Testocarbone

    Fallait lire « hemoglobine », bien sûr.

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  5. francisponch

    Tino Rossi…le chanteur de « petit papa noel » ????

    il a arreté le music hall ?????

    OK je ->

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  6. Andy Lamarre

    TINO ROSSI ……..
    J’arrête ici d’écrire, car je trouve que cet homme …… est un menteur. A la télé il ya de cela 2 années, il mentionnait que LANDIS devrait payer pour son dopage au tour de France. Maintenant il mentionne qu’il est d’accord……

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  7. G.Lambert

    Après l’avoir vu faire le guignol avec son fils à une course des mercredis de Laval, j’ai décidé de ne plus jamais lui donner un $10 pour une de ses courses.

    Fini les Mardis pour moi depuis ce temps!

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  8. alexandre_o

    Tino Rossi semble être plus interessé par sa propre image et ses affaires que le cyclisme. D’ailleurs , je trouve ses discours de présentation aux Mardis assez gênants de par ses exaggérations (ex. « Nous avons ici la crème du cyclisme international » franchement!) et son ton ridicule.

    Comme le mentionne G.Lambert, se ridiculiser davantage en se livrant à un combat physique pour soit-disant défendre son fils à une course cu-cul régionale prouve encore plus que cet homme est un bouffon.

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  9. Patrick B

    « Tino Rossi semble être plus interessé par sa propre image et ses affaires que le cyclisme. »
    Un de plus! Ils nous gangrènent notre sport…

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