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Spartacus et le kilomètre

On n’ira pas par quatre détours ce soir: nous avons été impressionné – et ravi – de la victoire de Fabian Cancellara, surnommé Spartacus, dans la 99e édition de Milan SanRemo, courue samedi dernier. Et pour une raison simple: il a acquis sa victoire avec panache. Dans un sport accablé par une multitude d’affaires, Dieu que ca fait du bien!

Cancellara a en effet gagné de la plus belle manière une course de vélo: en solitaire. Il faut remonter à Andrei Tchmil en 1999 pour retrouver une Primavera remportée en solitaire, les sprinters étant ces dernières années toujours à la fête. Mais plus encore, c’est son sens tactique et son esprit d’initiative que nous saluons ce soir. Combien en effet de coureurs prennent-ils le risque que Cancellara a pris samedi ? Généralement, pour les non-sprinters, c’est le Poggio qui représente la dernière chance. Mais lorsque le regroupement est général à moins de deux kilomètres de la ligne, la très vaste majorité des coureurs s’avouent déjà battu, estimant que la course appartient désormais aux quelques sprinters encore présent dans le groupe. Tout au plus certains d’entre eux essaieront-ils de jouer placé dans les 10 ou 15 premiers.

Mais pas Cancellara samedi. Il a osé attaquer à un endroit inusité, sur le plat, et près de l’arrivée. Tout le monde, dans le groupe auquel il appartenait, a dû croire à un geste insensé ne comportant aucune chance de réussite. Au lieu de ca, Cancellara s’est mis la tête dans le guidon et a poursuivi son effort. Il aura aussi pu bénéficier d’une certaine désorganisation derrière, ce qui est fréquent chez les professionnels lorsque l’arrivée est toute proche.

Cancellara est en train de se faire une spécialité de ce genre de truc, ayant remporté une étape du Tour l’an dernier exactement de la même manière. La méthode est classique et on l’appelle généralement "faire le kilomètre". Il s’agit d’essayer de surprendre tout le monde – surtout les sprinters – en démarrant avec force à environ un kilomètre de la ligne. Il faut ensuite maintenir son effort d’une durée approximative d’une minute 15 secondes jusqu’à la ligne, façon poursuiteur. Évidemment, il faut savoir emmener de la braquasse et l’exercice est donc réservé aux coureurs puissants, style dragsters. Ekimov, au milieu des années 1990, s’en faisait aussi une spécialité. Cancellara est désormais le grand spécialiste du peloton actuel et il vient de prouver qu’il peut tenir plus d’un kilomètre, en ayant couvert presque 2 samedi!

Espérons qu’il nous referra le coup prochainement !

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  1. Patrick B

    Servie par sa surpuissance, l’attaque de Cancellara répond surtout à une stratégie basée sur la réactivité. Car ce n’est pas lui qui a fait le trou! A bien y regarder, on constate qu’il a su garder la course hypertendue suite aux attaques de Gilbert et, encore, Rebellin, en osant faire la descente devant et à bloc. Puis Landaluze a flingué et il a été le seul à avoir encore la force de réagir. On voit bien qu’il a alors été surpris de constater que personne d’autre n’avait pu suivre. Il a alors su et pu en remettre. C’était plié. De la belle ouvrage.

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  2. jmax

    plus que Ekimov, je me rappelle de Erik Dekker qui en a gagné quelques belles de cette façon, par exemple sur le Tour de France 2000

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  3. Patrick B

    Contador, Leipheimer, Dekker, S. Sanchez, Menchov, Soler, Klöden, ouh là là le classement du court chrono du Tour Castille et Leon.
    Après le Tour de Murcie, voilà une deuxième course par étapes de très haut niveau en Espagne. Très digne d’intérêt…

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  4. toutouille

    ça y est revoila que la flamme rouge s’emballe malheureusement; certes je n’ai pas pu voir milan san remo qui n’etait pas retransmis, mais je me souviens que vayer avait emis qq doutes sur son « dragster » de 500watts dans le dernier km sur le tour; en gros c’est un gros dopé!!! certes c’est intelligent d’attaquer avant le sprint car souvent les autres rechignent à faire l’effort, se regardent et perdent… mais quand on est surpuissant comme lui, les autres peuvent toujours lui courir apres,qu’ils le fassent ou pas, c’est pareil…
    alors, c’est quand qu’on le prend au controle, celui la???
    dans un autre registre, j’ai bien aimé la question de pujadas en plein 20h au nageur français sur son asthme et son AUT, il savait plus ou se mettre; lui qui disait pas se doper, forcement…

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  5. alain39

    Cancellara mérite sa victoire et le commentaire de Pozzato est une parfaite illustration de ce qui s’est passé derrière.
    Eh oui ils se sont regardés car tous savaient que celui qui allait faire l’effort si près de l’emballage final se sacrifiait.
    En effet, personne n’avait d’équipier ce qui change des années précédentes.
    Et comme personne ne voulait faire perdre cancellara tout le monde s’est regardé.
    L’exploit de Cnacellara n’est pas dans ce km mais plus en amont dans la montée du poggio.
    Il a réussi à être devant sans trop s’exposer et à contrer l’attaque de Gilbert.
    Il fallait être costaud et lucide pour appliquer à merveille cette tactique.
    Dommage pour Gilbert qui aurait dû attaquer plus tôt sur le poggio ou alors tout reporter sur les 2 derniers km en contrant l’attaque de Cancellara.
    il est vrai qu’il avait l’avantage et à postériori le désavantage de bien sprinter ce qui incitait a attendre le sprint après l’effort fourni au sommet du poggio.
    Concernant la propreté du cyclisme ce à quoi nous assistons au tour de castille Leon relève du pastiche des années 90. 2 Astana en tête et Contador le grimpeur qui puni les rouleurs sur un chrono de 9 bornes. Excusez de la moyenne de près de 50 km/h.
    Heureusement qu’il est meilleur grimpeur que rouleur sinon il se ferait flasher à tout bout de champs et il aurait depuis longtemps perdu son permis de conduire.
    Heureusement que ces affreux zozos sont interdits de tdf.
    Têtu ces espagnols et Bruyneel mais que voulez vous il est difficile de se départir d’une tactique qui a si longntemps et si bien fonctionné.

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  6. Bark

    Cancellara a-t-il changé de médecin?

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  7. legafmm

    C’est vrai ça, Contador a mit 25 secondes à Steven Cozza, totalement irréel, quelle supercherie.

    Faut l’enfermer tout de suite, et lui infliger une bonne centaine de coups de fouet, comment ose t’il gagner un chrono, qui plus est avec des petites côtes et des descentes avec en plus une moyenne de 50 km/h.

    On n’a jamais vu chrono de cette distance (9700m tout de même) se courir à une vitesse pareille.

    Et quant à cette sale mafia kazakh, géré par cet immonde personnage dont je tairais le nom par précaution (jai entendu dire qu’il mangait des enfants le matin au p’tit déj), c’est une honte de placer 2 hommes au 2 premières places, alors qu’ils étaient au repos la semaine dernière et qu’ils faisaient face à un peloton de 2nde zone, inférieur à ceux présent à paris-nice et tirreno.

    Quant à Cancellara, avec son gabarit de lanceur de marteau, il escalade les bosses avec souplesse, élégance et grâce à la fois.

    Ah oui, Fabian gagne lui les chronos a bien plus de 50 km/h (cf porlogue du tour 2007), ou il s’en raproche sur des chronos de 50 bornes avec des bosses (cf CM 2007)

    Quel naz ce contador (lui n’était quà 50 et des poussières ce jour là, 35 sec dans la vue, quel nul, regarde comme fabian il est bo et tout propre)

    Et Thor Hushovd, lui aussi dépasse les 50 sur chaussé moullé en plus (paris-nice 2008), et même à plus de 51 (Tour 2006), alors le cador faut qu’il aille se rhabiller.

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  8. ni-kho

    Cancellara a ete tout de meme assez opportuniste..les Pozzato Gilbert Hushovd s’observent….tres fort certes mais il contre, et persone ne reagis…..grave erreur !!!!

    Quant a contador je crois qu’il a ete champion d’espagne du contre la montre au debut de sa carriere….il n’est pas claire ce gars, mais ce nest pas un unijambiste non lus !!!!!

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