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Rationaliser le dopage

Pour tous ceux voulant mieux comprendre la logique de l'athlète lorsqu'il se dope, il faut absolument lire ce court article publié sur un blog du journal Le Monde ainsi que le texte scientifique complet disponible ici.

On y présente une analyse psychologique et sociologique du dopage, ou comment les athlètes parviennent à "rationaliser" la prise de produits dopants. De ce fait, cet article permet de mieux comprendre leurs comportements en cas de contrôle positif.

L'article est intéressant puisqu'on y comprend comment et pourquoi l'athlète, dans sa logique, se perçoit comme une victime, et non comme une personne ayant commis un acte répréhensible. 

L'étude présente le cas d'un ex-cycliste, "Philiipe" (Gaumont?), pour qui le dopage présente une "justification thérapeutique". Cette rationalisation l'empêche ensuite d'avoir des états d'âme face aux actes répréhensibles qu'il a commis. Il se croit "dans le vrai" et devient donc une victime d'un système qu'il percevra comme injuste s'il est piqué au contrôle.

Quiconque a côtoyé des athlètes ayant eu recours au dopage retrouveront là des traits communs.

L'étude présente surtout l'univers du sport professionnel, un monde où seul le résultat compte. Dans ce contexte, pas de place pour les blessés, les convalescents, ou même seulement les coureurs qui passent une période creuse. L'entourage du cycliste, l'entourage de l'équipe, les médecins, les directeurs sportifs ont donc bien tous une responsabilité envers l'athlète qui se dope. Il convient de ne jamais l'oublier, surtout lorsqu'un athlète, piqué au contrôle lors d'une course importante, devient la brebis galeuse dont tout le monde – y compris son équipe – veut se débarrasser au plus vite.

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12 Commentaires

  1. Dan Simard

    Je me demande si ceci est une attrape? http://www.epoboost.com/?gclid=CPSQ2IO30q4CFUPc4AodpTNTBw

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  2. pseudoephedrine

    C’est un complexe vitamines B avec du fer et autres minéraux.. bref une multi vitamine, disponible en pharmacie pour 10$ au lieu de 60$.

    Ajouter quelques fruits et légumes pour les anti-oxidants.

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  3. le Breton

    Laurent,
    tu peux retirer le nom de Gaumont de ton article puisque d’après l’étude que tu cites le cycliste concerné ne fut pro que trois ans.

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  4. Stef Toupenet

    Pas plus tard qu’aujourd’hui j’ai discuté avec un ex-pro.
    Il frôle la soixantaine et a quelques problèmes de santé, dus au dopage sauvage selon lui.

    Pour lui, le dopage était un moyen de progresser.
    Il a commencé avec des corticoïdes le mercredi à l’entrainement et plus tard il mélangeait cortico et amphétamines.

    Jamais en course, toujours à l’entrainement. (il rigole en disant que les entrainements allaient plus vite que les courses)

    Moins de risque aux contrôles et surtout ce dopage sauvage lui permettait de pouvoir s’entrainer au-dessus de ses moyens, parce que selon lui, c’est à ce moment là qu’il progressait.

    Donc nous sommes en face d’un dopé qui reconnait l’utilisation du dopage hors compétition, cela pour se permettre de progresser.

    Encore une autre facette de la rationalisation du dopage.

    A l’entendre m’expliquer sa façon de faire, il ne se sent pas coupable du tout.

    Stef 😉

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  5. BD6

    Bonjour,

    Je lis toujours avec plaisir et attention vos articles. Il faut à mon avis éviter de balancer des noms dans la nature sans en être sur. A la lecture de la bio ci-dessous l’étude ne peut concerné Philippe Gaumont. Il a en effet passé bien plus que 3 ans dans une équipe pro.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Gaumont

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  6. schwartz patrick

    J’ai lu le premier article et ses commentaires (très intéressants), pas la totale; en fait on ne nous apprend pas beaucoup plus…Moi je sépare le dopage professionnel de l’amateur, le dopage pour soigner un mal et un dopage pour la performance,petite quantité ou grande quantité, dopage à l’entrainement ou en compétition,dopage d’un « petit pro » ou dopage d’une star, prendre un vrai produit dopant(liste officielle) en quantité infime ou un produit(de la liste officieuse) autorisé en grosse quantité, accepter des produits type ventoline pour un usage
    thérapeutique et soigner un sportif de haut niveau qui a de l’asthme, donc malade ? Le débat fait rage …Et si on a la rage,sans soins, peut-on prendre le départ d’une compétition ?
    C’est bien le système qui est mis en cause, et le système, c’est beaucoup d’argent et de gloire,et c’est bien là, la fragilité du tendon d’Achile… Y a t-il un médicament pour soigner ce mal ? Pour le faire gagner, il y a déjà tout ce qu’il faut dans la pharmacie …

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  7. Stef Toupenet

    Et celui qui inventera le produit autorisé pour gagner, il fera fortune ou pas ??

    Je n’entrevois pas la solution.

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  8. schwartz patrick

    Je n’arrive pas à imaginer qu’on puisse laisser toute liberté aux sportifs de se doper et pourtant, quelque part, ce serait tellement plus simple de tout autoriser, mais dans ce cas ce serait la fin de tout!éternel et vaste sujet s’il en est, le dopage mettra
    toujours le sport mal à son aise !

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  9. denis

    Bonjour,
    Il faut lire l’étude en entier, c’est vraiment passionnant.
    Notamment cette incroyable inversion des valeurs: le sportif doué naturellement est considéré comme le vrai tricheur et le dopage permet juste au moins doué de rattraper ce handicap!
    « Le don, donné génétiquement, constituerait un avantage contre-nature » et donc « la prise de produits dopants rétablirait l’égalité des chances ». C’est fort!

    Je ne pense pas qu’il s’agisse de Gaumont, les dates ne correspondent pas (entretien en déc. 2000, « Philippe » ayant arrêté de courir 3 ans plus tôt).

    Bravo pour votre blog que j’ai découvert il y a quelques mois seulement.

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  10. Pierre Dumais

    Aller dans les gyms et vous verrez que des jeunes ayant des statures de cure-dents devient en peu de temps des mastodontes soufflées aux stéroïdes et autres produits vendus dans ces mêmes lieux.

    Tout cela pour plaire aux jeunes Lolita

    Plus les muscles deviennent gros plus la cervelle rapetisse

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  11. Jacques.G.

    J’approuve à 100% le message de Pierre Dumais. Je suis surpris que d’autres le désapprouvent.

    Cela veut-il dire qu’ils sont partisans que des jeunes puissent se muscler artificiellement avec des produits interdits et vendus sous le manteau.

    Il est vrai que dans les gyms, il y a une épidémie de gars qui doublent de volume en 6 mois, juste pour le fun d’avoir de gros muscles. D’une part, c’est absurde parce que ce n’est même pas beau, pas plus que les seins boostés au silicone. D’autre part le risque de se ruiner la santé est énorme.

    Mais qu’attendent les autorités pour intervenir ? C’est une question de santé publique. Ce sont des laboratoires clandestins ( maffia, motards etc…) qui produisent ces substances, sans aucun controle de qualité. ils vendent de la merde aux jeunes et au moins jeunes.

    Il y a pres d’une dizaine de ces laboratoires au Canada et des centaines dans le monde et on laisse faire ?

    En fonction de cela je serai curieux de connaitre les arguments de ceux qui n’approuvent pas le message de Pierre Dumais. Que trouvent-ils d’intéressant dans le fait que des ados puissent utiliser de telles substances ?

    Jacques G.

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  12. schwartz patrick

    Ok avec Pierre Dumais et Jacques G

    notre société va complètement à l’envers et ce que je dis souvent , « dans un monde de cons et de méchants, ce sont les gens sains de corps et d’esprit qui les nouveaux monstres … »

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