ProTour au Québec: le point

Un lecteur fait remarquer qu’on a peu parlé, sur ce site, de l’avènement de deux courses ProTour au Québec en 2010. Il a entièrement raison et c’est pourtant une excellente nouvelle pour le développement du cyclisme au Canada. La Flamme Rouge vous propose de faire le point sur ce projet.

L’idée

Le projet est d’attirer les coureurs du ProTour pour deux courses d’un jour au Québec en 2010, une seule course étant jugée trop peu pour justifier un tel déplacement depuis l’Europe, camp de base de la très vaste majorité des équipes de premier plan en cyclisme.

Deux courses d’un jour seraient donc organisées, l’une se déroulant à Québec et l’autre à Montréal. L’épreuve de Québec comporterait environ 290 kms et le parcours serait celui emprunté, ces dernières années, par les cyclistes du Tour de Beauce voire des Championnats canadiens qui se sont déroulés à Québec. En gros, la côte Gilmour ou la côte de la Montagne, directement dans le Vieux-Québec, seraient exploitées. L’épreuve se déroulerait le vendredi du long week-end de la Fête du travail, fête qui intervient au Canada le premier lundi du mois de septembre et non en mai comme en Europe. 

La deuxième course aurait lieu le dimanche sur une distance d’environ 240 kms et emprunterait le traditionnel – et légendaire – circuit du Mont Royal à Montréal, un circuit utilisé en 1974 pour les Mondiaux que Merckx avait remporté et également utilisé pour le défunt GP des Amériques à la fin des années 1980 et au début des années 1990.

Le promoteur

Le promoteur de ces événements est Serge Arsenault, propriétaire du Canal Évasion qui offre depuis quelques années déjà les retransmissions du Tour de France au Québec. Passionné de cyclisme, Arsenault était déjà l’organisateur en chef du GP des Amériques il y a 20 ans et connaît donc bien comment fonctionne les rouages du cyclisme. 

Les accords avec l’UCI

Le projet est déjà bien avancé, l’UCI ayant garanti à Arsenault deux épreuves ProTour pour une durée de 5 ans, soit de 2010 à 2014. Le projet sera ré-évalué à mi-parcours, en 2012, avec une possible extension jusqu’en 2018 à la clef.

À noter que d’autres organisateurs de courses cyclistes en Europe tentent depuis un moment déjà d’obtenir le label ProTour pour leurs épreuves, sans succès. Arsenault a réussi ce tour de force en bénéficiant de la politique d’internationalisation du cyclisme prônée par l’UCI. Cette instance désirant par dessus tout faire du cyclisme un sport mondial – une idée de Verbruggen reprise par McQuaid, son disciple – elle favorise des initiatives comme celle d’Arsenault, espérant qu’elle contribue à populariser et développer de nouveaux marchés pour le sport cycliste. Avec plus de 330 millions de consommateurs fortunés et avec la première économie mondiale sur le territoire, l’Amérique du Nord est évidemment un marché très important pour l’UCI.

Les équipes présentes

Conformément aux règlements de l’UCI, chaque équipe ProTour se verrait dans l’obligation de dépêcher au minimum 7 coureurs pour les épreuves du Canada. Quatre "wild cards" seraient laissées à la discrétion de l’organisateur. Arsenault a déjà affirmé son ambition de réserver ces wild cards à des équipes locales, notamment une équipe nationale canadienne, une équipe nationale américaine, l’équipe Planet Energy de Steve Bauer – un ami et vainqueur du premier GP des Amériques en 1988 – ainsi qu’une équipe pro continentale relevant de la zone des Amériques.

D’autres projets ambitieux

Il aura probablement été d’autant plus facile de convaincre l’UCI de donner son aval à ce projet qu’Arsenault a d’autres ambitions en poche pour l’avenir. D’une part, l’organisation de ces deux courses sur route est une excellente plate-forme pour préparer la venue d’un Championnat du monde au Québec. Gageons qu’Arsenault pense déjà à… 2014, 40 ans après les premiers Mondiaux de Montréal. Il suffirait de devancer quelque peu la date des Mondiaux cette année-là pour permettre au peloton européen de disputer non pas 2 mais 3 courses sur route au Canada, la dernière étant les Mondiaux de cyclisme.

D’autre part, Arsenault nourrit le projet d’organiser une course dans la région de Boston. Course sur route ou épreuve par étapes entre le Canada et les États-Unis, cela reste à voir mais l’arrivée du ProTour au Canada en 2010 est une excellente plate-forme pour lancer ce projet.

Les difficultés

Elles sont pour le moment de deux ordres à mon humble avis. D’une part, Arsenault n’a pas encore trouvé de sponsor principal pour l’aider à financer l’opération, une opération estimée à au moins 4 millions de dollars. S’il a déjà reçu l’appui des maires de Québec – Régis Labeaume – et de Montréal – Gérald Tremblay – et qu’il peut probablement compter sur l’appui des gouvernements fédéral et provincial, il devra également trouver des partenaires privés pour son projet. Si la tâche ne sera probablement pas facile dans le contexte actuel, on peut toutefois penser que ce sera plus simple qu’il y a 20 ans, alors que le cyclisme était à peu près méconnu de ce côté-ci de l’Atlantique, Bauer et LeMond exclu.

L’autre difficulté me semble venir du calendrier même du ProTour, les épreuves d’Arsenault entrant en compétition avec certaines semi-classiques italiennes ainsi qu’avec… la Vuelta. L’épreuve espagnole demeure une épreuve prestigieuse et souvent prisée des professionnels pour préparer les Mondiaux. Dans ce contexte, il n’est pas impossible que les 7 coureurs minimum par équipe ProTour envoyés au Canada soient des coureurs de second rôle ou des coureurs ayant pour ainsi dire "terminé" leur saison. L’attraction d’un plateau de choix sera donc une préoccupation non-négligeable. Les récents choix de Lance Armstrong, notamment de privilégier une "petite" épreuve comme le Tour d’Irlande pour le mois d’août et d’ignorer Plouay, prouvent toutefois qu’un organisateur peut, s’il a de bons arguments (!), convaincre des coureurs de premier plan de disputer leurs épreuves.

Un appui inconditionnel

Évidemment, La Flamme Rouge donne un appui inconditionnel au projet d’Arsenault, convaincu de son bienfait pour le développement du cyclisme au Canada.

Pour en savoir plus

Un article de CyclingNews est disponible ici.

Un article de Canadian Cyclist est disponible ici.

7 Commentaires

  1. Louis
    Soumis le 20 août 2009 à 4:47 | Permalien

    Longue vie à ces 2 courses!!!

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  2. Pierre Dumais
    Soumis le 20 août 2009 à 7:32 | Permalien

    J’ai du mal à comprendre que l’on pourra attirer la crème des coureurs pro à ces deux courses en terre québécoise, malgré que je le désire. Les coureurs pro de 2ième et 3ième catégories seront présents.

    Les meilleurs seront à la Vuelta,le 3ième grand tour prestigieux , ancien de 75 ans, que tous les coureurs désirent accrocher à leur palmares.

    Bonne chance Monsieur Arsenault.

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  3. Guillaume
    Soumis le 20 août 2009 à 8:07 | Permalien

    c’est le contraire, la course de montréal va avoir lieu avant celle de Québec

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  4. alain
    Soumis le 21 août 2009 à 7:10 | Permalien

    Ce ne sont pas necessairement les meilleurs qui vont en Espagne ,mais surtout des courreurs de grand tours,ici ce sera plus type classic.
    mais c est certain qu il en en manquera ,faut pas oublié que pour certain la saison est presque terminée.

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  5. Jérôme
    Soumis le 21 août 2009 à 9:34 | Permalien

    Cette année Cavendish et Hushovd ne sont pas à la Vuelta à ce que je sache … et à la Vuelta les équipes envoie leur équipe B car leur équipe A a complété le Giro et le Tour de France et vu que les équipes du ProTour ont l’obligation de participer à toutes les courses, il y aura certainement un excellent calibre je n’ai aucun doute.

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  6. Karl G
    Soumis le 21 août 2009 à 10:32 | Permalien

    Avec des parcours longs de 290 et 240 kms, il y a de la place pour de l’audace dans le parcours. Pour Québec, il pourrait être intéressant d’exploiter le relief montagneux de Tweksbury ou de Charlesvoix, question de fatiguer les coureurs avant de les faire tourner en boucle dans le centre-ville (peut-être un parcours multi-boucles à la Amstel Gold Race). Parce que même si les côtes de la montagne ou Gilmour sont assez pentues, elle sont courtes pour des coureurs pros. Néanmoins, quel spectacle en perspective!!

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  7. Ronan
    Soumis le 22 août 2009 à 7:25 | Permalien

    Ronan,
    Faut pas oublier l’organisation du grand-prix Ouest-France à Plouay-Bretagne-France, une épreuve UCI PRO TOUR dont il est fait peu allusion ici, lui même en concurrence avec le tour du bénélux (eneco tour) PRO TOUR également plus quelques épreuves mineures (tour d’irlande) sans compter le tour d’espagne et les JO tous les 4 ans qui se déroulent à la même époque de l’année.
    Il est dèjà difficile pour ces épreuves d’attirer les meilleurs coureurs (forfait de contador à PLOUAY)sauf carnet de chèques (armstrong au tour d’Irlande).
    Ah oui; je remarque qu’un certain Dominique Rollin est présent sur la liste des engagés pour Plouay…
    Pour Québec faudrait voir une autre date, c’est dans l’intéret de tout le monde…
    Bon , je vais à Plouay voir la coupe du monde féminine qui se déroule ce samedi 22. Kénavo!
    http://www.grandprix-plouay.com/index.php

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