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Les défis en 2015 de quelques coureurs canadiens

En ce début d’année, il est utile de faire le point sur les défis en 2015 de quelques coureurs canadiens de premier plan.

Dominique Rollin

À 32 ans, le puissant coureur bouchervillois signe cette saison son grand retour dans le peloton professionnel au sein de l’équipe continentale française Cofidis, après une année de retraite forcée. Son rôle cette saison sera principalement de préparer les sprints de Nacer Bouhanni, la nouvelle sensation du sprint français. Les années lui étant comptées, espérons qu’il pourra ou saura également jouer sa carte personnelle à quelques occasions lorsque les jambes seront bonnes, ceci afin de s’assurer du renouvellement de son contrat. Je demeure convaincu que Rollin peut en gagner une belle chez les pros, que ce soit une semi-classique, une épreuve de la Coupe de France ou même une étape d’un grand tour.

Guillaume Boivin

Après deux saisons en demi-teinte chez les Italiens de la Cannondale, le coureur de 25 ans retourne cette saison aux États-Unis au sein de la formation Optum/Kelly Benefit Strategies et y retrouvera de nombreux autres coureurs canadiens, notamment les Ryan Anderson, Pierrick Naud, Will Routley et Mike Woods, de quoi garantir une rapide intégration. L’ambition affichée étant de retourner rapidement en World Tour, Boivin devra gagner souvent en 2015 s’il veut être remarqué et devra donc miser sur son arme maitresse, sa pointe de vitesse au sprint. Le circuit américain propose de nombreuses épreuves, souvent plus courtes qu’en Europe, qui devraient lui permettre de se faire valoir. Boivin ne devra cependant pas louper les grands rendez-vous s’il veut se faire remarquer de nouveau par les équipes World Tour, comme le Tour de Californie.

Hugo Houle

Hugo Houle entame en 2015 sa troisième saison chez AG2R – La Mondiale. Après deux saisons d’apprentissage, on peut penser que ses employeurs attendront d’Hugo les premiers résultats significatifs cette saison. Auteure d’une très belle saison 2014, l’équipe de la Motte Servolex s’est aussi renforcée durant l’intersaison, avec notamment l’arrivée de Johan Van Summeren et Jan Bakelants. Houle évoluera donc au sein d’une équipe hautement compétitive et faire sa place (et la conserver à la fin de l’année!) ne sera pas acquis aisément. Espérons qu’une bonne condition tôt cette saison pourront convaincre ses employeurs de l’inscrire à un premier grand tour en carrière en 2015!

Antoine Duchesne

Pas évidente que la situation d’Antoine Duchesne, 23 ans, à l’amorce de 2015. D’une part, son équipe Europcar n’a pu renouveler sa licence WorldTour et stoppe à la fin de la saison, laissant planer une incertitude désagréable sur la suite de sa carrière à l’échelon supérieur. Plus encore, le coureur originaire de Chicoutimi a malheureusement été au prise avec des blessures l’an dernier l’ayant empêché de s’exprimer pleinement. Bref, Duchesne entame cette saison avec l’obligation de produire certains résultats, du moins de rassurer qu’il a sa place à ce niveau, faute de quoi l’aventure européenne pourrait tourner court.

Ryder Hesjedal

Saison pour le moins en demi-teinte pour Ryder Hesjedal en 2014. Sa neuvième place au Giro a eu la saveur d’un échec considérant sa victoire en 2012 et seule une victoire d’étape à la Vuelta en septembre dernier est venue nous rappeler que ce coureur est tout de même le meilleur canadien dans le peloton pro actuellement. Il évoluera, en 2015, au sein de l’équipe Cannondale-Garmin, née de la fusion de Cannondale et Garmin-Sharp et pourrait avoir à travailler souvent pour d’autres coureurs comme Dan Martin, Andrew Tolansky ou encore Moreno Moser ayant de meilleurs résultats que lui l’an dernier. S’il gagne en 2015, Hesjedal, 34 ans, prouvera qu’il reste dans le coup; dans le cas contraire, je crois que nombreux seront ceux qui croiront qu’il a amorcé son déclin.

Christian Meier

Discret, Christian Meier, 29 ans, amorce sa 4e saison chez Orica-Green Edge, preuve que les Australiens sont content de son travail. Il s’agit selon moi d’un coureur nettement sous-estimé, même au Canada! Rappelons qu’il a terminé 121e du Tour de France l’an dernier, et 3e de la course sur route des Championnats nationaux à Lac-Mégantic, menotté en quelque sorte par le numéro incroyable de son équipier Tuft devant. Il n’y a aucun doute selon moi, Meier progresse tranquillement et de tous les coureurs canadiens, il est possiblement celui qui pourrait causer la plus grande surprise en 2015!

Svein Tuft

37 ans, et toujours là! Svein Tuft est un original, et le revendique discrètement. Arrivé au cyclisme à 23 ans, voilà qui explique peut-être pourquoi à 37 ans, il est encore loin d’être cramé. Sa saison 2014 a été magnifique, avec les titres de champion canadien du chrono et sur route, le port du maillot rose au Giro suite à la victoire d’Orica-Green Edge dans le chrono par équipe du premier jour, et sa médaille d’argent au chrono par équipe des Mondiaux. Équipier efficace, très bien intégré chez les Australiens d’Orica-GreenEdge, solide, doté d’une santé de fer, n’abandonnant presque jamais, il est clair qu’il est un vétéran apprécié de tous ses équipiers. Refaire en 2015 la même saison qu’en 2014 serait géant pour lui et on lui souhaite tant on aime ce flahute!

Ryan Anderson

Coureur mature (27 ans),  Ryan Anderson a notamment impressionné lors des Tour de l’Alberta et du GP de Québec 2014 avec la place de meilleur canadien de l’épreuve (5e en Alberta). Son épreuve fétiche semble être le Tour de Delta en Colombie-Britannique, y ayant signé de belles perfs ces dernières années. Si un passage à l’échelon supérieur me parait peu probable, Anderson demeure une valeur sûre du cyclisme canadien, capable de s’illustrer au plus haut niveau aux États-Unis et sur la scène canadienne.

Pierrick Naud

À bientôt 24 ans, l’Abitibien Pierrick Naud passe un échelon en 2015 en rejoignant l’équipe américaine Optum/Kelly Benefit et quitte donc Quebecor-Garneau. 2015 sera donc une année d’apprentissage pour lui sur le circuit américain et la présence de nombreux autres canadiens dans l’équipe l’aidera assurément, notamment Guillaume Boivin. Naud sait rouler vite dans les critériums, mais devra peut-être travailler cette saison à encaisser des courses beaucoup plus longues.

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  1. bzhboy

    J’ai l’impression que, même si le nombre est là, on a passé le boom du cyclisme canadien des dernières années, avec en point d’orgue la victoire sur le Giro d’Hesjedal et la disparition de Spidertech.

    Je ne vois pas de grosse relève, Duchesne est le plus prometteur et espérons qu’il ne s’enterre pas chez Europcar. Beaucoup ont un rôle d’équipier (même bien rémunérés dans des équipes européennes) ou rétrogradent sur l’América Tour. Les meilleurs sont vieillissants (Hesjedal, Tuft voir Rollin ont un beau parcours) et les bons coureurs n’arrivent pas à passer la marche supérieure : Anderson, Meier (sous-estimé je suis d’accord, mais c’est le lot des équipiers dans les grosses équipes) ou Boivin, voir Woods.

    À moins qu’on en découvre d’autres (Pineda) le cyclisme canadien semble en déclin au niveau professionnel. L’embellie aura t-elle d’autres lendemains ?

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  2. mabrassard1

    Bien d’accord avec toi Laurent pour l’ensemble de la description des coureurs canadiens par contre de dire que la saison 2014 de Hesjedal fût en demi-teinte dû à une 9e position au Giro est selon moi injuste. Il ne faut pas oublier que tout l’équipe Garmin perd environ 3 minutes lors du TTT de la 1ère étape, sans cette chute la classement est beaucoup plus serré et change totalement la course. De plus, lors d’une 16e étape épique il est le dernier à demeurer accroché à un Quintana impérial durant se Giro. Pour moi, un top-10 sur un grand tour avec les conditions qu’on connaits ainsi qu’une victoire d’étape sur la Vuelta où il s’est montré plus d’une fois à l’attaque est synonyme de saison réussie.

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  3. Guillaume Lafleur

    Je suis plutôt d’accord avec toi mabrassard1 ! Hesjedal a perdu 2min 30 sec sur Quintana lors de la chute au contre-la-montre par équipe. Considérant qu’en moyenne lors des 5 dernières éditions, le Giro se gagne par une marge de 2min30 sec et que pour faire parti du Top 5 il ne faut pas perdre plus de 5min20 sec sur le vainqueur, sa 9e position est presqu’un exploit ! Surtout que le plan de match de l’équipe Garmin a dû complètement changer et qu’ils visaient alors des victoires d’étapes.

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  4. @mabrassard1,

    Si tu lis bien, j’ai écrit que la 9e place d’Hesjedal sur le Giro a saveur d’échec considérant sa victoire en 2012. Il est par ailleurs évident qu’une 9e place sur un grand tour est une sacré perf, notamment si Hesjedal n’avait jamais gagné le Giro. Comme quoi, tout est relatif! Pour certains coureurs, 9e est perçu comme un échec ; pour d’autres, comme une grande performance. Déjà vainqueur d’un grand tour, il est normal que les attentes à l’égard de Hesjedal soient élevées, surtout qu’il est leader d’une équipe, donc a des gars à son service.

    Idem pour sa saison 2014: avec juste une victoire d’étape (très belle j’en conviens, au courage car il revient dans les derniers mètres de l’ascension sur le coureur devant, le passant juste avant la ligne), c’est moyen pour un coureur de la trempe d’Hesjedal. Du moins selon moi. Et probablement selon ses employeurs qui attendent certainement plus du Canadien…

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  5. Ray Neuville

    Il existe bien une relève talentueuse au Canada tant du côté des hommes que des femmes mais celle-ci manque littéralement de soutien logistique et financier, et cela n’ira pas en s’améliorant. Les fédérations provinciales et Cyclisme Canada elles-mêmes conditionnées par Sport Canada, priorisent maintenant la piste en raison du nombre de médailles potentielles lors des événements mondiaux dont les j.o. bien sûr. Il est donc beaucoup plus difficile d’obtenir un soutien financier de la part des organismes centraux si un athlète ne fait pas de piste. Mais la logistique n’y est pas. Le premier vélodrome digne de ce nom vient d’être inauguré à Milton Ont. en raison de la tenue des jeux Panaméricains qui auront lieu à Toronto cet été. On est encore loin d’établir une diaspora cycliste autour de ce nouvel équipement. Pour être soutenu minimalement, on demande à un jeune athlète d’aller à l’école(20 h/sem), d’étudier (10 h/sem), de s’entraîner (20 h/sem), d’assurer sa subsistance (10 h/sem) et finalement de s’expatrier. Imaginez-vous les frais que cela nécessitent en mato piste, route, clm transport, hébergement, alimentation, personnel d’entraînement, frais scolaires etc. Les jeunes qui persévèrent malgré tout sont des cinglés et j’en sais quelque chose, mais je les admire. Toutefois ce qui m’enrage par dessus tout, ce sont les imbéciles convaincus de dopage qui viennent foutre en l’air le peu de soutien financier que les entreprises privées finissent par leur consentir afin qu’ils puissent réaliser leur rêve. Je suis Charlie 🙁

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  6. Michel M

    Hesjedal il était dans son année post-aveux-de-dopage, donc sûrement pas à son mieux mentalement … comme en 2013, il a malgré tout bien travaillé pour Dan Martin à plusieurs reprises, entre autres au Tour de Lombardie. Il était à un niveau très correct toute l’année mais il lui manque ce « oumph » qui fait la différence quand les favoris jouent du coude.

    j’ai un bon feel pour lui en 2015

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