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La lotterie de San Remo

Y’a pas à dire, la 104e édition de la Primavera restera dans les mémoires en raison de la météo difficile, digne de celle qu’on retrouve parfois au printemps au Québec!

La neige aura forcé les organisateurs à neutraliser la course durant une 50aine de kilomètres, faisant passer le col du Turchino et La Manie aux coureurs dans les voitures d’équipe. On peut imaginer que beaucoup ont pesté par après, en devant remonter sur le vélo sous la flotte, les muscles froids.

Et il n’y a pas eu que la neige comme invitée surprise, il y a aussi eu Gerald Ciolek, vainqueur au sprint devant Peter Sagan et Fabian Cancellara.

Voilà qui nous rappelera à tous que Milan SanRemo est souvent une lotterie, pour deux raisons: d’une part, le parcours n’est pas terriblement exigeant, permettant souvent à de nombreux coureurs de se présenter pour la gagne. D’autre part, un sprint après 297 kilomètres n’est jamais vraiment un sprint comme les autres.

Et ce n’est pas Peter Sagan qui nous contredira!

On peut raisonnablement penser que sous la flamme rouge, Sagan croyait avoir course gagnée.

Mais voilà, il a commis selon moi une petite erreur, celle de démarrer son sprint un peu trop tôt, en réaction à l’élan que se donnait alors Sylvain Chavanel pour démarrer. Il a un peu paniqué je pense!

Un coureur plus expérimenté aurait probablement attendu un peu, pris le sillage de Chavanel pour se lancer avant de lâcher les chevaux.

Sagan paie peut-être son inexpérience à ce niveau. Ciolek, plus mature, a lui joué à la perfection, restant bien calé dans la roue de Sagan un peu plus longtemps, pour se lâcher au bon moment.

Ceci étant dit, j’ai beaucoup, beaucoup aimé l’attitude de Peter Sagan dans les 3 derniers kms. Il n’a jamais hésité à faire sa part de travail, malgré la présence de Cancellara. Beaucoup de coureurs, ces dernières années, ont agi lâchement, préférant rester dans la roue du coureur suisse, sans le relayer. Sagan a joué différemment, en homme loyal, et a même essayé de surprendre Cancellara à un moment donné. C’était bien joué!

Pour le reste, on retiendra la belle perf de Ian Stannard et de Sylvain Chavanel, qu’on a beaucoup vu dans le final. Les grandes déceptions restent l’équipe BMC (une fois de plus?) et Philippe Gilbert, qui doit en plus faire face à des soupçons de dopage à la cortisone lorsque sa carrière a pris son envol en 2009 chez Lotto, mais aussi Pozzato, Boonen, Nibali, Boasson Hagen et Cavendish.

Les deux québécois au départ, David Veilleux (Europcar) et Hugo Houle (AG2R – La Mondiale), n’ont apparemment pas terminé. Si je ne donnais pas cher de la peau de Houle sur une telle course considérant son hiver et son inexpérience des courses WorldTour de ce niveau, David avait selon moi le coffre pour aller au bout. Sachant qu’il n’aime pas le froid, je ne suis cependant pas surpris du résultat. On pourra en tout cas regretter la non-sélection de Dominique Rollin à la FDJ, « The Horse » nous ayant prouvé par le passé être un coureur qui marche bien dans les météos d’apocalypse… Des regrets, M. Madiot?

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20 Commentaires

  1. BP

    Hé Laurent, ta lotterie est un peu chargée! Doublée en plus, aujourd’hui tu vas apprendre quelque chose (c’est comme tes allucinations, très charmantes).
    Pour le final, je dirais que Sagan avait très peur de Cancellara, et qu’anticiper le sprint était pour lui le moyen d’interdire au suisse de démarrer.
    En vélo, ce n’est pas toujours le plus fort qui gagne. Les plus costauds m’ont semblé être Chavanel, Cancellara, Sagan, et c’est par crainte des deux autres que Sagan a emmener Ciolek à la victoire. De peu d’ailleurs, le slovaque a failli tenir. Dans ce jeu, il lui était difficile de faire mieux, car s’il ne s’était démené derrière le français (et Stannard) et avait roulé fort contre le suisse, probablement aurait-il du constater la victoire de l’un ou de l’autre.
    Comme tu le dis, Laurent, le parcours manque de difficulté. Roger de Vlaeminck le disait dès 1977, quand il préconisait un vrai petit col dur à la place du Poggio (avec un certain culot, le Cannibale venant par 7 fois de réduire l’aléa du parcours à une certitude).
    Mais tout de même, aussi par cette météo, qu’elle est belle la Riviera. Et que les coureurs semblaient souffrir de l’effort, du froid et de la pluie…

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  2. dominique

    concernant Sagan il faut se souvenir des propos peu amènes de Cancellara à son égard (le suisse lui reproche de se la « péter » un peu trop lorsqu’il gagne). et il ajoutait que s’il se retrouvait dans le final avec lui il ne mènerait pas pour ne pas lui offrir la victoire sur un plateau. c’est exactement ce qu’il a fait, il a laissé à Sagan le poids de la course dans les derniers kms (contrairement à ce qu’il fait d’habitude lorsqu’il est dans le coup). et Sagan a perdu…une bonne petite leçon à mon avis.

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  3. bonjour

    juste relever la 17ème place de Romain Bardet..tout jeune coureur français…on le reverra bientôt encore mieux placé…

    Sportivement

    laurent

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  4. BP

    Bien vu. Dans le coup par mauvais temps sur une course de type très nerveuse et au plus haut niveau, ce type présente vraiment un très riche profil.

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  5. BP

    Bien vu. Dans le coup par mauvais temps sur une course de type très nerveuse et au plus haut niveau, ce type présente vraiment un très riche profil.

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  6. schwartz patrick

    Je trouve personnellement qu’elle n’est pas dénuée de difficultées cette classique dans sa version « normale »
    avec près de 300 bornes, il faut aller au bout,avoir du
    « fond », tenir nerveusement, monter les bosses et en avoir sur le final, avoir la bonne stratégie sur l’ensemble et être tactiquement super au point pour la gagner, tu es 1er,tu as tout, tu es 2e,tu peux recommencer l’année prochaine; je dis qu’elle a son charme cette classique ses caractéristiques propres!
    Sagan, du coup, a été le plus fort sur l’ensemble,reste
    150m … Effectivement, quand Chavanel se remue,Peter
    panique et « oublie » un peu la présence,la pointe de
    vitesse et l’expérience de Ciolek qui n’est pas seulement un très bon sprinter mais aussi quelqu’un qui
    passe pas trop mal les bosses… Et puis à force de surveiller Cancellara (ils ne s’apprécient pas beaucoup ces deux), l’envie de ne pas se faire surprendre par un Chavanel en grande forme, çà peut faire beaucoup dans le dernier kilomèttre, même si on y croit « trop » …

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  7. Mario Beauregard

    Peu de course peuvent avoir autant de gagnants potentiels au profil franchement différent. Nibali, Cancellara, Sagan, Cavendish, Gerrans, Gilbert, Slaghter, Chavanel, Tannard, Phinney… Et Ciolek !! Un équilibre dans le parcours qui ne promet pas la course qu’aux sprinteurs, aux puncheurs ou aux grimpeurs. Chacun peut y tirer profit et c’est ce qui en fait une des plus belle ! Alors pourquoi ajouter une col pour faire la sélection ? Les Capi font le boulot et rend la course nerveuse, le positionnement prioritaire et l’état de fraîcheur essentiel.

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  8. schwartz patrick

    à propos de Cyolek

    voilà la victoire de la « souconfiance » sur la « surconfiance »; un garçon qui devait remplacer Zabel dans sa jeunesse (bon,il n’est pas vieux,26 ans!)mais qui est sur le tarmac depuis un bon bout de temps et qu’on a quelque peu oublié…il en a claqué quelques
    unes mais a loupé des RV importants; du coup les doutes l’envahissent, les collègues lui manquent de confiance et l’ex futur doublure de « kaiser Erik » se retrouve cantonné à des postes de dernière « étage de la fusée »… On repart d’une feuille blanche, on se remet en selle, on change d’équipe et on bosse,dur,
    puisqu’on se retrouve dans le final d’une des plus
    prestigieuses classiques du calendrier, face à des cadors et à un Sagan surmotivé,suréquipé(grosse équipe)
    et surtout en confiance maximum !!!
    Voilà un mec qui revient de loin, qui apparemment, a du se débrouiller, relativement seul, et a remis
    quelque peu les pendules à l’heure; j’espère qu’il y en aura d’autres…
    Et que çà serve de leçon à Andy, comme quoi, si tu y crois, tu bosses tes qualités naturelles et tu persévères, tu peux garder ta tête hors de l’eau!
    je ne considererai jamais Andy comme le coursier idéal
    (et je ne l’ai jamais très apprécié )mais si le gars devait remonter la pente, j’en serai le premier heureux, car en ce moment, il ne doit pas être au paradis et ne mérite pas autant de souffrances…

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  9. alain39

    un MSR tronqué puisque réduit des 50 km les plus difficiles. Donc pas étonnant de retrouver un sprinter expérimenté.
    Cette neutralisation de course a changé la donne mais les meilleurs étaient devant. Moins émoussés et donc plus difficile à gérer du point de vue stratégie car c’est après 250 km que la fatigue change les données.
    Cancellara a fait du cancellara à savoir devant mais pas décisif. Il lui aurait fallu attaquer plus tôt et je pense qu’avec cette météo il fallait se liguer avec Chavanel et d’autres pour tout faire sauter dans la Cipressa. Sagan a appris à ses depens que c’est dur d’être le favori. Chavanel a fait une belle course mais reste handicapé par son finish. Ciolek était là où on ne l’attendait pas et a laissé Sagan et Cancellera s’épier. Il s’est fait tout petit au point que Sagan l’a oublié au moment du sprint trop concentré sur la possible attaque de loin de Cancellara. Dommage pour lui car MSR est la classique la plus difficile à dompter et il ne faut pas se rater. Il s’est raté et franchement il n’a pas grand chose à se reprocher car Cancellara était très fort et il fallait le surveiller. Après Guerans nous avons encore une victoire d’un bon coureur mais pas d’un grand champion et c’est un peu triste. Une telle météo aurait pu amener une plus grande course de mouvement mais la neutralisation est venue tout boulverser.
    Un MSR qui ne restera pas dans ma mémoire.

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  10. schwartz patrick

    une loterie Laurent ? pas du tout ok avec toi!

    Prends les noms des dix premiers, après une course
    courue sous la pluie et le froid:
    km 0 : 2° à 9h47
    km 110: 0° à 12h49
    km 166: 5° à 15h00 reprise
    arrivée 5° à 18h00 ! … les chiffres suffisent!

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  11. Sebastien Lamarre

    Personne n’a relevé que Rollin a fait 6ième au GP Cholet?

    Les FdJ avec Mourey font un beau 5 et 6, mais surtout il finit devant Hutarovich… Excellent présage pour qu’on lui lui fasse confiance sur une finish dans les prochains jours…

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  12. Christian

    Ciolek, vous y croyez?
    Moi, non.

    🙂

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  13. schwartz patrick

    à Christian,

    tu crois en Sagan ou en Spartacus ? C’est pas parce que tu as gagné que tu as pris, ou bien ? et les autres?

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  14. Sebastien Lamarre

    @Christian

    Oui, je pense que Ciolek est un athlète très doué. Il ne gagne pas autrement que par les qualités qu’on lui connait, ni par une marge folle ou facilité.

    M-SR est une course de patience et d’intelligence. Il s’est faufilé, et a fait son travail de sprinteur, comme Freire le faisait régulièrement…

    Pourquoi pas? Il faut bien que quelqu’un gagne, non? Les media font croire que Sagan ou Cancellara sont tellement inhumains qu’il est improbable de les battre?

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  15. Laurent

    @Dominique

    Peter Sagan a totalement assumé, si la victoire n’est pas au bout cela est du à une erreur au sprint.

    Cancellara est resté dans sa roue, certes…et alors. Sagan a perdu, Cancellara aussi….

    Cancellera a prit l’habitude de « dauber » sur les autres pour expliquer ces défaites (sur le tour des flandres 2011, c’est à cause de Chavanel et Boonen, sur Milan-SanRemo 2012 c’est de la faute à Gerrans, etc…)

    Pourtant depuis le temps il devrait savoir que le cyclisme c’est la tête et les jambes.

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  16. Christian

    Dommage que personne n’ait vu mon smiley.
    C’était une petite blague par rapport au poste de Laurent : « Sky: vous y croyez? »

    Dommage!

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  17. BP

    Laurent
    Ma perception est que, dans le vélo, il n’y a pas un vainqueur et tous les autres perdants. Il y a des places.
    Des phrases telles « seule la victoire compte » ne collent tout simplement pas à la réalité. Les gars se battent pour la deuxième place, la troisième, la quatrième et même le sprint du deuxième groupe est disputé; d’autant mois qu’il y a du monde devant, ce qui confirme.
    On est bien d’accord que la première place est de loin la plus recherchée, et plus on recule dans le classement moins la bagarre est rude, mais réduire les places suivantes à autant de défaites reviendrait à les éliminer des palmarès, et nous ne le faisons pas, et à faire de l’essentiel du peloton des gars sans résultats, et ceux au moins qui sont dans le cyclisme ne le voient pas ainsi.
    Par exemple, la magnifique saison de classiques de Adri Van Der Poel en 1985 ne tient pas uniquement en la (très grande) victoire au Tour des Flandres mais au fait qu’elle a été accompagnée de places de 2 à Liège, 3 à Roubaix, 3 à Zurich, 4 à Chaville, 5 à Francfort, 6 à l’Amstel, 6 à la Panne, 7 à San Remo, 10 à Wevelgem et 12 à Bruxelles.
    Après, il y a l’absence de mémoire, ou plutôt le fait de céder à la paresse sans l’assumer; personnellement, je la considère comme avouable, et ça m’arrange. Associé à l’idée complètement farfelue mais souvent répétée que la valeur d’un résultat tient dans la trace qu’il a laissé dans les mémoires, on en arrive à regarder de l’extérieur une activité (le vélo de compétition) avec un œil qui ne correspond pas à la réalité de qu’il s’y passe à l’intérieur.
    Ciolek a gagné, Sagan, Cancellara et Chavanel aussi. Avec des nuances. Nibali a perdu, Hushovd et Haussler aussi. Idem.

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  18. BP

    Je reprends
    Du côté des vainqueurs, à différents degrés: Ciolek, Sagan, Cancellara, Chavanel, Paolini, Stannard, Phinney (auteur d’un numéro), Kristoff, Cavendish, Eisel, Turgot, Bardet, Offredo, Malacarme, Bouet…
    Des perdants, idem: Gilbert, Pozzato, Stybar, Visconti, Voecker, Démare, Slagter, Ulissi, Kwiatkovski, Boasson Hagen, Hushovd, Nibali, Boonen.
    D’autres sont entre les deux, comme Haussler, Degenkolb, Langeveld et Santambrogio.
    Une mention toutefois à tous les finissants.
    Remarque. A propos du marronnier stérile consistant à savoir si la meilleure préparation est à Nice ou à San Remo, notons que la quasi-totalité des meilleurs ici et là n’était pas devant à San Remo.

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  19. schwartz patrick

    à BP, ok avec toi

    je reconnais que le vainqueur n’est pas le seul à devoir être félicité,c’est un fait, mais dans la mémoire collective et « standart », c’est malheureusement
    le cas et je le regrette! Dans ma mémoire, j’ai un profond respect pour Frank Hoste qui fait 2e du Ronde
    à 3 reprises! (1er derrière Boonen,Ballan et l’ allemand dont j’ai oublié le nom (!)) ;c’est aussi fortement imprimé que je suis triste pour ce flahute de talent souvent placé rarement gagnant;
    je reconnais me contredire car souvent je le dis (pour moi): plutôt être dans les dix au Ronde qu’être vainqueur d’une étape du Tour, question de jugement de valeur personnelle…et de goût immodéré pour les classiques et le Tour des Flandres en particulier!
    Faut reconnaitre BP, que si tu as une flopée de place d’honneurs de la 2 à la 10 et pas de victoire, c’est
    frustrant pour toi et pour ton entourage proche, non ?
    « A quand la victoire JOJO, c’est quand que tu nous en claque une ? , il serait temps … »
    Mais il est vrai, aussi, que tu peux faire 2 ou 3 avec
    la manière (dont tout le monde se rappelle) et gagner
    en ratonnant sans gloire …

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  20. schwartz patrick

    J’ai d’ailleurs félicité Arnaud Démare sur FB pour avoir fini son premier Milan San Rémo, (129e sur 135 classés),vu les conditions, son âge et son inexpérience, je trouve çà très bien .

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