Impressionnant plateau sur Tirreno!

Cette année encore, le plateau est apparemment plus impressionnant sur Tirreno-Adriatico – la course des deux mers – que sur Paris-Nice. Voyons un peu.

Au départ de Tirreno, on a pas moins de… 7 anciens vainqueurs d’un grand tour, soit Scarponi, Evans, Basso, Horner, Cunego, Wiggins et Contador, contre seulement… 2 sur Paris-Nice, soit Nibali et Schleck.

Parmi les 20 premiers coureurs du classement UCI World Tour au 31 décembre 2013, on compte 10 coureurs présents sur Tirreno contre seulement 5 sur Paris-Nice.

Côté sprint, Kittel, Cavendish et Greipel sont tous sur Tirreno.

Les raisons

On peut évoquer plusieurs raisons probables au fait que nombre de coureurs et d’équipes semblent aujourd’hui envoyer leur « équipe A » sur Tirreno et leur équipe « B » sur Paris-Nice, exception faite peut-être pour les équipes françaises.

Premièrement, la météo, souvent moins clémente en France qu’en Italie à ce moment de l’année, en particulier en début d’épreuve puisque l’épreuve française s’élance plus au nord.

Deuxièmement, la proximité avec Milan SanRemo. Nombreux sont les coureurs préférant gérer que 3-4 jours de récup entre Tirreno et la Primavera plutôt qu’une semaine complète entre Paris-Nice et la première classique de la saison.

Troisièmement, et possiblement la raison principale, ASO va peut-être à contre-courant en cherchant à imposer sa nouvelle vision du cyclisme, celle qui occulte la diversité des genres pour ne proposer que des épreuves par étapes faites de courses en ligne, favorable selon eux à l’émergence d’une course plus imprévisible, donc plus intéressante pour les spectateurs. Ainsi, pas de prologue, pas de contre-la-montre, pas d’arrivée en altitude sur cette édition de Paris-Nice.

Nombreux sont les coureurs cherchant au contraire des étapes « pour se tester », que ce soit lors d’un contre-la-montre ou d’une arrivée en altitude, ce que Tirreno-Adriatico offre. Les coureurs pourront ainsi tester leur cohésion sur le chrono par équipe en ouverture, puis leurs jambes dans la difficile arrivée vers Cittareale Selvarotonda (4e étape, longue de… 244 bornes!), voire dans le dernier chrono individuel.

Bref, deux visions du cyclisme s’oppose peut-être actuellement chez les organisateurs de courses par étapes. D’un côté, ASO propose de plus en plus souvent – ça sera le cas sur le prochain Tour de France – des épreuves moins difficiles, plus rabotées, permettant à un plus grand nombre de coureurs d’aspirer à un bon classement général. De l’autre, les organisateurs italiens et espagnols qui continuent à innover différemment, proposant des épreuves souvent musclées, souvent spectaculaires par leur difficulté ou leurs arrivées d’étape, notamment en altitude. Chaque approche comporte sa part de danger: un parcours plus facile peut générer une course aisément contrôlable, donc présentant peu d’intérêt. À l’inverse, un parcours très difficile peut alimenter les tentations de dopage en proposant aux coureurs des efforts trop éreintants.

De plus, le parcours le plus incitatif à l’attaque chez ceux aspirant à la victoire finale n’est jamais facile à déterminer: trop facile, les coureurs penseront que toute tentative est vouée à l’échec, l’équipe du leader pouvant aisément contrôler. Trop difficile, et tout le monde fera une course d’attente jusqu’aux tous derniers kilomètres…

Chose certaine, il sera intéressant de voir le suspense des trois grands tours cette saison, et comment cette situation évolue l’an prochain!

3 Commentaires

  • Yann
    Soumis le 12 mars 2014 à 3:56 | Permalien

    Paris-Nice, étape d’hier, 1 seule côte répertoriée. Alors qu’il y a le Morvan entre Toucy et Nevers. Ca aurait fait une étape vallonnée et plus ouverte sans non plus être difficile à ce niveau.
    Y a pas mal de foutage de gueule de la part d’ASO pour le choix des parcours.

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  • alain39
    Soumis le 12 mars 2014 à 4:21 | Permalien

    Laurent bonne analyse mais il manque aussi la lutte contre le dopage.
    Depuis que la France est plutôt moteur sur ce sujet on a vu déserter Paris Nice et ce avant même le changement de parcours.
    Ce fut à mon sens chronologiquement la première raison d’une certaine désaffection.
    Par ailleurs, la côte d’azur a été pendant des décennies le lieu d’entrainement des équipes en raison du climat, de l’état des routes et de la topographie.
    Maintenant les cadors vont s’entraîner aux Canaries, Espagne, Afrique du sud et autres endroits encore plus exotiques. Etant basés sur la côté il était normal de participer à Paris Nice ce qui est maintenant moins évident et ce d’autant plus avec l’arrivée de courses au middle east les coureurs sont devenus de grands voyageurs.
    C’est une tendance profonde qui perdure.
    Tirreno a toujours été une belle course et depuis quelques années sa topographie s’est améliorée. Elle alterne des étapes longues, des chronos et des étapes nerveuses. Et en plus elle s’est internationalisée car auparavant c’était un peu une course des italiens contre le reste du monde. D’ailleurs le parcours s’en ressentait afin de favoriser les cadors italiens. Paris Nice était plus internationale avec les Kelly, Roche, Anderson et autres coureurs étrangers qui préféraient y participer pour cette raison.
    Au contraire Paris Nice a ouvert la course en enlevant les arrivées au sommet et le chrono du col d’eze.
    C’est devenu une course plus tactique avec plus d’aléas. Or à une période ou marquer des points UCI revêt une importance capitale ce choix est handicapant.
    Ceci dit pendant des années des coureurs ont préféré Paris Nice à Tirreno considérant que le laps de temps qui la sépare de MSR est trop court. Fignon et Kuiper mettaient à profit cette semaine entre les 2 courses pour travailler en endurance en conservant les acquis de Paris Nice. Le cyclisme a changé au niveau de l’entrainement et c’est moins important.
    Si on consulte la liste des vainqueurs on constate que le palmarès se répartit à peut près équitablement au niveau des préparations et que les 2 courses sont d’excellentes préparations. De Vlaeminck a gagné en participant alternativement aux 2 avec une préférence pour Tirreno. Pour Merckx se fut le contraire.
    A mon sens Paris Nice devrait conserver un chrono et une arrivée au sommet quand bien même ça bloque un peu la course ça a aussi le mérite de permettre aux meilleurs de se tester et d’être devant.
    Ceci dit avec le nouveau parcours il va être difficile de battre les sprinteurs et ce indépendamment de la préparation. Tout jouer sur le Poggio est devenu très compliqué. C’est le charme de MSR qui m’a toujours séduit car ça reste une course de tactique où un homme fort peut toutefois faire la différence et presque tout le temps au même endroit.

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  • dans le 1000
    Soumis le 12 mars 2014 à 2:54 | Permalien

    J’ai regardé la première étape sur RDS. Les commentateurs sont Sébatien Boucher (qui?) et François Parisien. Sauf mon respect, où est passé le duo Louis Bertrand et Dominique Perras?

    Je suis sous le choc!

    Quelqu’un a-t-il des informations à ce sujet? Leur contrat n’a pas été reconduit? et pourquoi?

    Merci!

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