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Hommage à Laurent Fignon

Tous ceux qui connaissent un tant soit peu l’histoire du cyclisme savent que cette photo est la seule que je pouvais publier pour rendre un dernier hommage à Laurent Fignon. Tout, tout de cette photo résume le coureur, le champion, l’homme qu’il fut. Je me surprend de ne l’avoir vu nulle part sur les sites qui, aujourd’hui, rendent hommage en photo à la carrière et au champion que fut Laurent Fignon. Et ce dernier aurait probablement été d’accord avec moi : d’ailleurs, ne l’avait-il pas choisi pour la page couverture de son livre "Nous étions jeunes et insouciants" publié en 2009 chez Grasset ?

Ceux qui voudront mieux comprendre l’histoire de cette photo pourront visionner le petit vidéo ici qui porte sur l’ascension de La Plagne par Laurent Fignon durant l’étape Bourg d’Oisans-La Plagne du Tour 1984. Exit Pedro Delgado. Exit Greg LeMond. Exit Bernard Hinault. Tous lâchés au train par Laurent. À la pédale. La très grande classe. L’état de grâce. Blondin avait écrit, de Merckx à Mourenx mais cela aurait pu s’appliquer à Fignon au soir de sa victoire à La Plagne "il appartenait tout bonnement au patrimoine universel de l’effort humain".

Le dernier mot de cet hommage est de lui, pour lui. Elle est tirée de la toute dernière page de son livre: "Du début à la fin, qu’on m’ait aimé ou non, qu’on ait été impressionné par mes exploits ou non, qu’on ait vu ou refusé de voir en moi un champion d’exception, je suis resté Laurent Fignon. Rien que Laurent Fignon. Moi et rien d’autre en somme. Ni un fantasme ni une transposition. Juste un homme qui fit tout ce qu’il put pour se frayer un chemin vers la dignité et l’émancipation. Être un homme."

Authentique Laurent Fignon. Ni un fantasme, ni une transposition. Salut Laurent ! Et respect…

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15 Commentaires

  1. Yvelyne

    Cher Monsieur Fignon,
    Vous n’êtes pas sorti vainqueur de cette dernière étape du Tour de la vie, cependant vous méritez pleinement le titre du meilleur combatif. Les spectateurs anonymes de votre souffrance dans cette longue échappée solitaire vous placent sur la première marche du podium du championnat du coeur eu égard à toutes les joies que vous leur avez procurées. Une immense tristesse s’abat sur vos supporters et amis, nous n’auriez pas aimé que nous la montrions, alors nous vous applaudissons et déployons nos banderolles « Allez Champion, repose en paix, ton parcours fut exemplaire ».
    Yvelyne (Oise)

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  2. alain39

    Merci laurent pour cette photo qui représente un moment privilégié dans la carrière de L Fignon. La plénitude. Ce jour là il irradiait le tdf de son pur panache. Le tdf était gagné et il nous donnait pourtant un cadeau en allant gagner seul et en dégageant une facilité déconcertante.
    Jusqu’au bout il se sera battu et aura fourni un effort quasi surhumain pour participer à son dernier tdf sachant qu’il allait tirer sa révérence.
    Ce dernièr défi incarne à lui seul le tempéramment de Fignon qui ne se lamentait pas sur son sort. Et puis il a vécu jusqu’au bout son amour pour le cyclisme et le tdf. Pourtant un tdf qui ne lui aura rien épargné en lui procurant ses plus grands bonheurs et sa plus grande détresse. Une histoire d’amour vache entre lui et le tdf, de celles qui vous lient à jamais.
    Itinéraire d’un enfant gâté qui ensuite a connu toutes les viccisitudes de la vie et ce de façon accélérée. Il voulait aller vite (comme son ami Julot) brûler la vie et il s’est consummé plus vite que nous sans que nous nous en apercevions.
    Quand bien même il en a toujours refusé le statut il avait un itinéraire de star au destin tragique. Une carrière jalonnée d’épreuves et de joies et à chaque fois cette capacité à rebondir. Cette force qui était en lui et qui le poussait à continuer à avancer et ce avec toujours ce sourire à la fois mutin et franc.
    Cette même force qui le soutenait encore en juillet dernier pour vivre jusqu’au bout sa passion et ce sans concessions. D’autres seraient restés chez eux avec leur famille aux côtés. C’était mal le connaitre il a voulu comme à son habitude, quitte à hâter son départ pour sa dernière échappée, vivre sa vie comme il l’entendait. La mort rôdait à ses côtés et quand bien même se sachant perdant il a relevé le défi. Non pas par bravade non uniquement par passion pour ce tdf dont il ne pouvait se passer. Il ne pouvait abandonner l’amour de sa vie celle qu’il avait conquise par 2 fois et qui ensuite s’était obstinément refusée à lui.
    Trahi par ce tdf il n’en éprouvait pas moins pour lui la plus grande passion et admiration. Un amour vache qui n’arrivait pas à s’éteindre avec toujours sur le coeur cette cicatrice de 89. Pour lui il a pris tous les risques et oublié la mort l’espace de 3 semaines pour une dernière fois se brûler les ailes à ses côtés. A la lumière de son décès on mesure d’autant mieux les sentiments qui l’habitaient en ce mois de juillet 2010.
    Nous assistions à sa dernière séance et l’artiste aura tenu son rôle jusqu’au bout et assouvi cet amour pour le tdf jusque dans ses derniers souffles.
    Il était écrit qu’il ne vivrait pas vieux comme son ami Julot tragiquement décédé en 87.
    Fignon est et restera mon champion à la fois sur le vélo et pour sa quête d’absolu. Sur le vélo il l’exprimait par son panache (notamment sur cette photo) et une fois revenu homme parmi les hommes par cette volonté de vivre ses désirs et passions jusqu’à l’ultime.
    Il fallait une fin car toute histoire d’amour a une fin et la mort est venue l’emporter rapidement en été période où il nous donnait tant de bonheur. Même elle a respecté son caractère de battant et d’homme libre en prenant soin d’attendre la fin du tdf et en abrégeant des souffrances inutiles.
    Ce 31 août 2010 jour de mon anniversaire (ca ne s’invente pas il y a des coïncidences bien étranges) je perds non pas un ami, mais un frère de cyclisme, un homme qui par delà le sport m’aura fait le plaisir de me montrer un chemin, le sien et celui qu’emprunte les hommes libres. Alors merci l’artiste et désolé de n’avoir pu te donner quelque chose en retour. Mais l’histoire était écrite ainsi et tu l’as interprétée comme nul autre.
    Adieu Laurent jamais je ne t’oublierai.

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  3. bernard

    et bla bla et bla bla et bla bla !!! , tous ces commentaires elogieux me font plus mal que toutes les saloperies qui ont été dites sur son dos et sur ce monde professionnel, tellement critiqué durant sa carriére par ceux qui lui rendent leurs si vibrant hommage aujourd’hui, c’est de son vivant quand il était entrain de s’arracher sur le vélo qu’il fallait le louanger maintenant qu’il est parti c’est mille fois trop tard. Que sa triste disparition puisse servir à tous ces justicier qui vomissent sur le monde des coureurs cyclistes pro, loin d’être des hommes parfait qui l’est je les respecte tous, les admire et les aime.

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  4. p'ti lucien

    Ben moi ce serait plutôt le contraire: les saloperies dites sur son dos m’auront fait plus mal que les commentaires élogieux à son égard. Qui te dit que ce sont les mêmes qui les disent d’ailleurs ?
    Bon, je ne vais pas en rajouter une couche, mais je tiens à dire que je partage les sentiments exprimés par la plupart d’entre les participants à ce forum. Laurent Fignon aura été parmi ceux qui m’ont le plus fasciné. Pour moi son TdF 94 reste son chef-d’oeuvre.
    Ben voilà j’ai quand même rajouté une couche, désolé, c’est plus fort que moi.

    La tristesse et l’émotion causées par son décès ne m’empêcheront néanmoins pas de me réjouir de la belle performance actuelle de Philippe Gilbert au Tour d’Espagne.

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  5. p'ti lucien

    Pardon !!!
    Je voulais dire 84 !!!
    Ça doit être l’émotion…

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  6. Dan Simard

    Merci pour cet hommage. Splendide clip où le maillot jaune n’attend pas le prochain CLM pour distancer ses adversaires!

    Je vous recommande la lecture du livre « Nous étions jeunes et insouciant ». La préface débute comme ceci:

    – Ah, mais je vous reconnais: vous êtes celui qui a perdu le Tour de 8 secondes!
    – Non, monsieur, je suis celui qui en a gagné deux.

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  7. pantaricco

    Je reste triste et choqué, mais suis heureux de voir que Laurent Fignon a marqué son époque, et bien au delà des observateurs du milieu cycliste.
    Il était un grand champion et surtout un type bien, sans concession, fidèle en amitié.
    Le vide sera ressenti lors du prochain Tour.

    Cela étant, il faut rétablir certaines vérités.

    Oui, Laurent avait du panache, comme en témoigne l’étape de Villard de Lans en 89. Mais jamais sur le Tour il n’a pu mettre en pratique sa théorie  » prendre le risque de tout perdre pour gagner « , qu’il ressortait sans cesse dans ses commentaires :

    En 86, après le clm de Nantes, il avait annoncé cela : Résultat abandon à Pau.
    En 87,il prend un éclat au Futuroscope et se met au service de Mottet. Sa victoire à la Plagne a d’ailleurs du le vexer, car les Roche, Delgado et Bernard le laissent sans brocher prendre 5 mn dans la Plaine avant l’ascension dans laquelle il ne lâche même pas FUERTE.
    En 89, il hésite à se lancer dans le Cucheron.
    En 91, il ne tente rien, bien qu’incité par Guimard, dans l’étape de Morzine que gagne Claveyrolat.

    PAr ailleurs, il faut cesser de l’associer à LEMOND. FIGNON, depuis toujours et même sur la fin, n’a jamais caché son mépris pour la fourberie avérée de l’américain, suceur de roue hypocrite. Si Fignon perd le Tour en 89, c’est non seulement en raison du guidon ( interdit 2 mois plus tard) du ricain mais aussi parce que LEMOND a bénéficié dans l’étape de Villard du soutien de 2 dopés notoires, Rooks et Theunisse….

    Il fallait que ce soit dit, mais qu’il va nous manquer !!

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  8. le stéphanois

    J’aimais bien Fignon; sur le vélo, il détonnait par son look, au micro par ses commentaires pertinents…si loin de ses confrères. Il va manquer. Mais aussi, n’oublions pas tous les Fignons autour de nous, parfois proches,parent ou ami, qui luttent contre la maladie. Courage amis du vélo, nous vibrerons encore aux exploits des uns et des autres.

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  9. colt seevers

    Je suis rempli de certitudes, des solutions efficaces sont connues à propos du problème du dopage organisé, et le fléau va disparaître. Les annonces de décès de cyclistes connus c’est un peu comme la vague d’encéphalite spongiforme bovine qui doit se transformer en épidémie de creutzfeld jacob chez l’homme quinze ans plus tard. Là ça à l’air d’arriver pour la génération des débuts de l’epo mais la masse dépourvue de sens critique n’en a même pas pris conscience… Et puis quinze ans c’est si loin qu’on s’en fout un peu quand on est dans le vif du sujet à batailler pour huit secondes. Le cancer des sportifs qui sont sous le feu des projecteurs c’est un sujet bien trop pollué pour me retirer des larmes.
    Je l’ai déjà dit mais on ne me refera plus le coup de la pub nike avec les enfants cancéreux. Toutes ces histoires de sportifs qui meurent d’un cancer « peut être à cause du dopage mais on en est pas sûr », c’est trop proche du hold up émotionnel des come backs d’armstrong pour être honnête.
    D’autre part on peut rapprocher le destin de fignon de celui de cet autre illustre consultant heureux de manger la soupe d’antenne 2 au mois de juillet et grand ami de tout le monde le jour de sa mort, Anquetil. On sait qu’Anquetil, comme Indurain et Armstrong, tournait lui aussi à « tout ce qui va bien ».
    Nous pouvons ajouter fignon à la liste trop longue des cyclistes à la fois vainqueurs du tour de france et MORTS POUR LA SCIENCE

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  10. touille26

    parler dopage ça fait pas bien, mais bon;
    la generation dopage sanguin va pas tarder à avoir beaucoup de problemes, encore plus que ceux d’avant
    j’aimais bien laurent fignon en tant que commentateur, il avait pas mal d’humour; je ne l’ai pas connu en tant que coureur
    j’ai parcouru son livre et j’ai bien aimé
    C’était le seul cette année à dire : ouais super une journée à attendre et ces crétins attaquent à 2 bornes de l’arrivée
    mince, il nous laisse avec thierry et jean rené, et gerard, sur qu’il va nous manquer

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  11. touille26

    ah oui, j’oubliais l’anecdote croustillante dans son livre:….
    « bah, on me demande de rouler, je roule! »….
    excellent passage qui nous montre ce que le vélo est devenu…
    il faut le lire

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  12. alain39

    Le livre de L Fignon est à lire impérativement ne serait-ce que pour se faire une idée de ce qu’était le cyclisme avant l’arrivée du dopage scientifique.
    Certes le dopage était présent, mais un dopage à la marge qui ne changeait pas grand chose à la hiérarchie naturelle. D’ailleurs les grands champions étaient rapidement au sommet et leur carrière était bien moins longue que maintenant.
    Oui la génération fin des années 80 et la dernière génération non élevée à la dope. Avec Indurain nous avons assisté à l’avènement des CGM (Cyclistes Génétiquement Modifiés).
    Ceci ne nous rendra pas Laurent qui laisse un grand vide derrière lui. Les commentaires vont devenir bien insipides.
    Intéressant de lire dans l’équipe que durant le dernier tdf Adam lui fait une remontrance sur un commentaire et il lui répond qu’il dit ce qu’il veut car dans peut être un mois il sera mort.
    Idem lorsque rentrant dans le car studio avant la dernière étape il lui dit « pti père c’est peut être le dernier que l’on fait ensemble ».
    Idem pour la nouvelle préface de son livre où il avoue ne rien regretter quand bien même la fin arrive trop tôt.
    Putain quelle force de caractère. Certes elle a pu paraître par moments confiner à la suffisance mais les affres de la vie nous ont révélé que ce n’était pas le cas.
    A la lumière de ces révélations sur le dernier tdf on comprend encore plus cette passion qui l’animait voir qui le rongeait.
    Je garderai en mémoire un mec à part (dixit l’equipe) qui a traversé la vie comme un météore en laissant derrière lui une trâce.
    Il va nous manquer cruellement.

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  13. pat

    J’étais jeune, trop pour comprendre ce qu’était réellement un tour de France mais suffisament pour trouver que laurent était tellement incroyable dans les étapes, il attaquait et était tout le temps devant.
    J’ai commencé à regarder mieux le Tdf dans les années 90 mais c’était fini. Il m’a donné envie de faire du vélo. Quand j’ai appris son cancer, j’étais triste puis quand il est mort, toujours trop vite et trop rapidement, je me suis dit, ce sont toujours les meilleurs dans tous les sens du terme qui partent tôt. Il avait un gros caractère, je dois avouer un peu comme moi. Je pense que j’ai découvert non pas un sportif mais un type qu’on ne connaitra jamais et qu’on aime bien, je ne sais pourquoi. Quand on voit qu’il y a juste 2 ans, 1 ans, 1 semaine qu’il était vivant et que son destin s’est achevé le 31 aout, je m’interroge sur ma jeunesse, je vois moi, les images de lui, je vois notre monde qui a changé, l’incertitude du vélo aujourd’hui, de notre monde, la peur d’avoir un cancer, de perdre mes proches. Laurent est un type qui nous fait réfléchir sur notre condition humaine. Pourquoi est-on sur terre et pourquoi, les gens francs, sincères, honnêtes, généreux nous quittent pour nous laisser orphelin?
    Laurent est plus que celui qui a gagné deux tours pour moi, il nous a quitté, c’est une partie de mon enfance qui est morte. Sa force de vivre jusqu’au bout est une leçon de vie. J’ai une pensée pour tous ceux qui souffrent dans ce monde et qui se battent. Cela sera dur de vivre sans lui, celui avec qui j’ai partagé mon enfance. Laurent, un grand ne se mesure pas au nombre de victoires, mais à ce qu’il est au fond de lui. Contribuer à ce que le monde soit un peu meilleur n’a pas de prix. Repose en paix pour l’éternité. Un Grand nous a quitté. La vie est injuste.

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  14. Stephane

    Laurent Fignon nous a tellement fait rever. Quel type exceptionnel, une force physique incroyable, un battant toujours en avant de la course et puis du jaune et encore du jaune. Il est deja un grand pro a 23 ans et remporte d’entree le tour de France. Que du bonheur pour les telespectateurs francais. On apprend dans son livre que tout n’a pas toujours etait facile, qu’il y a eu la blessure serieuse arrivé bien tot qu’il a du gerer. C’est aussi cela qui donne encore plus de dimension au champion, etre capable de revenir et continuer son chemin de cycliste et d’homme a travers les difficultés.
    Alors merci pour les moments inoubliables Laurent et l’example que vous nous avez donné.

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