Envie de cyclisme ?

Ces quelques 15 cm de neige annoncés ce soir ont de quoi décourager les cyclistes de la région de l’Outaouais pour lesquels l’iminent hiver se matérialise un peu plus. On y est les amis, va vraiment falloir ressortir le home-trainer du grenier et se payer ces interminables séances de torture dans notre sous-sol… en attendant qu’il tombe assez de neige pour sortir les skis de fond.

L’ami Patrick B, éternel motivé et sacré pointure (530 watts !), nous propose une séance d’entrainement par intervalles particulièrement douloureuse: il a raison, le temps passe plus vite ainsi ! Il s’agit, pour les spécialistes, de la séance "Gimenez" dont le principe est très simple: une minute à fond, puis vous enchainez immédiatement 4 minutes presque à fond. Souffrance garantie puisqu’il vous faudra trouver le moyen de récupérer – partiellement – de votre première minute à fond durant les 4 minutes suivantes effectuées presque à fond. Vous répétez 9 fois, question d’être bien "cuit" une fois la séance terminée. Vous savez si vous avez bien travaillé si, lors du dernier intervalle de 5 minutes, vous atteignez 98% de votre fréquence cardiaque à votre VO2max.

La méthode a du bon, je l’ai employé en mars dernier pour peaufiner ma condition en prévision du début de la saison sur route et de mon camp d’entrainement en Virginie. Et en Virginie, j’étais plutôt bien…

Pour en savoir plus, consultez l’excellent livre de Frédéric Grappe, entraineur à la Française des Jeux, livre intitulé "Cyclisme et optimisation de la performance". C’est aux pages 146, 147 et 148.

La très attendue 2e édition du livre de Frédéric Grappe sera publiée en 2009. Grappe publiera également en 2009 un nouvel ouvrage portant sur la méthodologie de l’entrainement avec mesure de la puissance.

Ceux qui préfèreront la méthode d’Ivan Basso, récent 3e de la Japan Cup, vous pouvez vous inscrire sur son site et ainsi avoir accès à tous ses fichiers d’entrainements "SRM", vous permettant de suivre au quotidien son entrainement et les charges qu’il respecte.

M. Grappe a également contribué au débat lancé sur ce site entre l’entrainement "méthode du Nouveau Monde" (davantage basée sur des sorties d’entrainement courtes mais par intervalles) et "méthode classique" (davantage basée sur des entrainements longs ou le foncier est privilégié). À ma question Est-il possible, en se préparant par des entrainements intenses mais ne dépassant pas 2h, de bien performer sur des épreuves (cyclosportives) très longues, c’est à dire nécessitant plus de 5, 6 voire 7h de selle ? , Grappe répond "La réponse est évidemment non!! Parce qu’être performant sur une longue durée nécessite un minimum d’entrainement sur longue distance. Les fibres musculaires doivent travailler en endurance surcritique et les différents muscles qui servent au positionnement sur le vélo doivent également être entrainés sur de longues durées. Ce n’est pas parce qu’on est fort sur 2h que l’on est fort sur 6h!! Les intensités de travail ne sont pas les mêmes et les réponses mentales sont également différentes car sur une longue distance, il faut rentrer dans un processus de gestion de l’effort qui n’existe pas sur 2h".

Quoi qu’il en soit, question de motiver tout le monde à retrouver les joies du home-trainer, je vous offre ce petit vidéo ce soir, pour moi le meilleur video jamais produit sur une course cycliste. Ce reportage a été produit en 1987 par l’équipe de David Michaels sur CBS, avec musique du très connu John Tesh et commentaires de Phil Liggett, du temps ou il n’employait pas 2 superlatifs par phrase et qu’il ne versait pas dans l’exagération constante. La qualité du reportage a valu à l’équipe de production des distinctions comme par exemple un DGA Awards ainsi qu’un Emmy.

J’ai grandi avec ce vidéo et j’ai bien dû le voir plus de 500 fois dans ma vie… mais toujours avec autant de plaisir. À remarquer, la fluidité allucinante du pédalage de Stephen Roche, vu quelques instants seulement. Mon moment préféré arrive toutefois peu après la 4e minute lorsque Liggett y va de son "The 7-Eleven team were now a lethal machine in full flight… no weak men, and that makes a real team". J’ai toujours remis une dent en entendant cette phrase…

14 Commentaires

  1. Louis
    Soumis le 28 octobre 2008 à 8:46 | Permalien

    Le repos est de 5 minutes entre les séries ?

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  2. Patrick B
    Soumis le 29 octobre 2008 à 1:00 | Permalien

    La puissance est un indice de performance… rapportée au poids!

    Superbe vidéo effectivement.

    L’exercice du chrono par équipes est grandiose, même si je persiste à penser qu’il n’a pas sa place dans une course individuelle. Il faudrait des championnats dans cette spécialité, nationaux et mondiaux par marque, et aussi mondiaux et olympiques par nations. Je sais, c’est un cyclisme du passé. Pourtant, les frères Petterson, quelle extraordinaire aventure. Comment le cyclisme peut-il tout à la fois fabriquer de si belles et grandes histoires et ne pas les valoriser au point que même de nombreux connaisseurs ne savent rien des quatre frères suédois Gösta, Sture, Erik et Thomas (c’est vrai, ça?)? Imaginez, quatre frères triple champions du monde du 100 km, médailles d’argent et de bronze aux JO 68 et 64, c’est pas énorme, ça? Y-a-t-il eu plus belle réussite de fratrie dans le sport, je ne sais pas…?

    Sur la vidéo, on voit furtivement le beau Stephen Roche, l’excellent Charly Mottet, et beaucoup plus Andy Hampsten. Son coup de pédale est magnifique, et en plus il gardait de sa fluidité dans les pentes les plus sévères. Je me souviens l’avoir vu passer lors de sa montée victorieuse à l’Alpe d’Huez. C’est un souvenir qui m’a fortement marqué sur la violence de l’effort d’endurance que pouvait s’infliger un coureur. La période entre Hinault et la généralisation de l’EPO a généré de très beaux spectacles.
    Et Hampsten et Mottet disparurent du devant de la course sur-globulée… Et Chiapucci et Bugno prirent leur place sans vergogne…

    Très beau aussi le regard de Andy Hampsten sur son coéquipier Bob Roll au cul de la voiture après l’expérience non partageable de ces trois quarts d’heure d’effort.

    Oui, Fred Grappe a une disponibilité remarquable face aux questions des amateurs du vélo. Mais je pense que la bonne question aurait porté sur quatre heures au lieu de deux. Mon côté râleur, comme dirait un sprinter germanique.

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  3. Patrick B
    Soumis le 29 octobre 2008 à 1:16 | Permalien

    Louis, disons qu’une série est composé de neuf répétitions de 1′ d’exercice suivie de 4′ de contre-exercice. Tu peux éventuellement appeler récupération ces 4′, pas repos, où la puissance est aux deux-tiers de celle de la minute d’exercice.

    Personnellement, après une série, je n’envisage rien d’autre que de descendre du vélo après quelques minutes à mouliner. Grappe préconise aussi un double fractionné type Gimenez: il s’agit de remettre le couvert pour une deuxième série de 9 répétitions après une bonne récupération d’une vingtaine de minutes à allure très légère. Là, ça dépasse mes capacités d’investissement mental de modeste amateur déjà bien motivé.

    Si tu possèdes un ergomètre, c’est-à-dire un home trainer qui permet de baser la résistance sur la puissance (tu pédales moins vite, la résistance augmente, tu pédales plus vite, elle baisse), alors, sauf coup de chance, il te faudra quelques séances d’essais-erreurs pour trouver le bonne programmation. Il arrive qu’on cale vers la cinquième répétition (trop dure), ou qu’on finisse trop aisément (pas assez dure). La perception de la forme à l’échauffement est aussi essentielle.
    Si non, tu le fais au jugé, et il ne faut pas croire que ça ne présente pas d’intérêt. Essaie quand même de prendre des repères chiffrés pour constater que tes puissances restent peu variables.
    Tout en oscillant d’une quinzaine de pulsations selon les répétitions, la fréquence cardiaque doit monter petit à petit pour finir au max (soit environ 10 p/mn de plus qu’à la fin de la première minute dure) pour être dans la bonne mesure.
    On attend ton compte-rendu de séance!

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  4. aplg
    Soumis le 29 octobre 2008 à 1:10 | Permalien

    merci pour cette video, j’espère toujours revoir des courses et de champions de ce niveau… des mottet et hampstean aujourd’hui. j’ai honte de voir comment les tricheurs sont valorisés par la presse française (basso ! ses plans d’entrainement dans velo-magazine !!) ; et vous avez raison, il faut bannir riis (et les autres…), mais pas pour leur donner une place de commentateur à la télé.

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  5. David Siméon
    Soumis le 29 octobre 2008 à 10:19 | Permalien

    Cet extrait vidéo m’interpelle particulièrement!

    J’ai de vieilles cassettes VHS usées à la corde que je conserve précieusement sur lesquelles j’y ai enregistré de ces reportages au début des années 90. On parle du Tour de Trump, Tour de France, Championnat du monde, Paris-Roubaix…

    La qualité de ces productions et leur style cinématographique me font encore vibrer aujourd’hui.

    À l’époque, j’étais coureur et j’avais même copié les extraits musicaux avec la narration sur des cassettes audios que j’écoutais sans arrêt.

    Je dirais que mes moments préférés sont le championnat du monde sur route au Japon en 1990 alors que Rudy Dhaenens et Dirk De Wolf se retrouve seul en tête de course et Paris-Roubaix 1994 alors que Tchmil s’envole litéralement vers la victoire pendant que Museeuw, Duclos-Lassalle et Ballerini s’enfoncent dans la boue avec des problèmes de toutes sortes!

    MA QUESTION: Mis à part John Tesh et Yanni, qui sont les compositeurs de ces musiques d’ambiance incroyablement bien choisîtes que l’on peut entendre dans ces fameux reportages? Je cherche depuis longtemps et c’est pourquoi la publication de cette petite vidéo m’interpelle autant! Alors si toi Laurent ou un lecteur a une idée, faite un signe!

    Merci

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  6. Patrick B
    Soumis le 30 octobre 2008 à 9:43 | Permalien

    On imagine difficilement l’impact que peut avoir le bon journalisme sur les adolescents. J’ose penser que le mauvais en a moins, s’il ne l’est exclusivement!

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  7. Louis
    Soumis le 30 octobre 2008 à 7:20 | Permalien

    Je vais sûrement essayer cette séance, mais plus tard en saison. Actuellement, je garde la forme. Je suis un peu «toasté» de ma dernière saison. De plus, je joue au hockey, ce qui représente un bon entraînement intervalle. J,ai l’habitude de faire de deux à trois séances d’intervalles à partir de janvier. Je fais différents trucs pour éviter la monotonie, mais cette séance semble très dure. J’ai hâte de l’essayer. Je vous ferai en compte rendu.

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  8. Patrick B
    Soumis le 31 octobre 2008 à 12:03 | Permalien

    Le problème du home trainer, c’est le temps qui passe… pas vite. D’où l’intérêt des séances à grande variabilité.

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  9. thomarre
    Soumis le 31 octobre 2008 à 5:33 | Permalien

    j’ai fait 5 series quand meme, ça a l’air bien dur (j’ai pas poussé au max mais j’imagine ce que ça peut donner…)
    merci patrick de me faire redecouvrir le fractionné, je sens que ça va me rendre la vie plus facile!

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  10. Patrick B
    Soumis le 31 octobre 2008 à 8:07 | Permalien

    Il y a des jours où ça vaut mieux que l’Alpe d’Huez. Celui qui monte la haut aujourd’hui sous la pluie diluvienne avec à midi une luminosité de crépuscule, chapeau.
    Pour un pro, le home trainer sera bien plus profitable, mais il existe encore des cyclotouristes extra-ordinaires.
    L’ami Olivier Buisson s’est un peu assagi cette année, un tout petit peu, mais encore l’an passé il en était capable!
    J’ai fait ça plusieurs fois, entre 20 et 25 ans, dont trois sorties mémorables de 270 km à travers la Suisse et rencontrant même la neige (sept cols Furka, 2430 m, Oberalp, 2050 m, Julier, 2250 m, Bernina, 2350 m et Forcola di Livigno, 2350m), 330 km de Bourg-en-Bresse à Bâle à travers le Jura, et la cyclosportive Jeannie Longo en Chartreuse de 1988, 180 km par tout ce qui se fait de plus dur dont la Charmette, le Coq et le Granier.
    20 ans après, je n’arrive pas à croire que mon organisme était capable d’endurer ça. Et ce n’est pas que mental: une heure sous la pluie glaciale aujourd’hui et je guidonne au point de devoir m’arrêter.

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  11. Olivier D.
    Soumis le 31 octobre 2008 à 3:46 | Permalien

    Tiens Patrick, tu connais aussi Olivier Buisson ? Il y aura le portrait de son Team dans un magazine dédié au cyclosport ;-))
    Sinon je suis adepte de Gimenez qui permet d’avoir vraiment la forme. Il faut le faire quelques fois avant de bien le maitriser et d’être certain qu’on est dans les bonnes plages (surtout sans capteur de puissance…)
    Comme il y a une dérive cardiaque à l’effort pour une même puissance il faut que la FC des 4′ de pseudo récupération dérive de quelques pulsations (environ une dizaine me concernant sur les 45 min).

    Plutôt que 2 fois 45 min, ce qui est très dur hors grosse période de forme, je fais 2 fois 30 ou 35 min.

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  12. Patrick B
    Soumis le 1 novembre 2008 à 2:30 | Permalien

    Olivier D

    Nous partageons la même approche du vélo avec Olivier Buissson: le cyclotourisme pratiqué dans l’esprit de surpassement, la recherche de l »évasion dans la solitude de l’effort et des montagnes. Evasion, effort, montagne…
    Solitude qu’on trouve parfois à plusieurs! On a projeté une virée en duo de deux fois 220 bornes bien vallonnées un week-end très prochain jusqu’à Marseille et retour. Nous sommes dans la région de Valence, et on devrait retrouver le marseillais qui intervient souvent sur ce site.

    D’accord avec toi à propos du Gimenez. Sa difficulté est dans la maitrise du niveau des plage d’efforts. Le capteur de puissance peut présenter le défaut de faire insister à des niveaux inadéquats un jour donné, soit de viser trop haut et de ne pas pouvoir mener la séance au bout, soit de viser trop bas et de la rendre peu utile. En tout cas, c’est un très bon exercice pour affiner ses sensations.

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  13. Patrick B
    Soumis le 1 novembre 2008 à 4:41 | Permalien

    Olivier D, je vais guetter la sortie des prochains numéros de « Cyclosport » (je crois que tu fais partie de la rédaction), pour l’article sur le Team Savoldi dont seul un malheureux concours de circonstances (qui de plus m’a couté 50 €) fait que je n’en sois pas.

    Hier et aujourd’hui, malade, donc pas de vélo, ou un tout petit peu à très bas régime. Ceci non dit pour parler de moi, mais pour évoquer un des gros progrès de la connaissance sportive: un effort physique sur un (grand) corps malade est nocif, voire dangereux et même très dangereux. C’est une question de cytokines, secrétions immunitaires déclenchées par l’infection, mais dont la production peut devenir chaotique si on y ajoute l’agression d’un effort (surtout violent). La « tempête de cytokines » peut alors avoir un effet inversé et se révéler hyper-inflammatoire et léser plus ou moins gravement les tissus pulmonaires et même cardiaques. Il semble que la carrière de Gianluca Bortolami (ex-vainqueur du Ronde) se soit achevée ainsi.

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  14. thomavanna
    Soumis le 1 novembre 2008 à 5:19 | Permalien

    220km…interessant..

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One Rétrolien

  1. […] l’analyse parallèle de l’évolution des données de puissance. Il y a quelques jours La Flamme Rouge a mis en ligne un lien permettant d’avoir accès aux courbes SRM des séances […]

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