Dopage : la valse continue!

Mauvaise journée dans le cyclisme aujourd’hui qui a assurément perdu un peu plus de sa crédibilité déjà pratiquement inexistante: « Roberto Heras a été confirmé positif à l’EPO »:http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3242,36-714492@51-636140,0.html, l’échantillon B prélevé l’avant dernier jour de la Vuelta ayant revélé des traces de cette molécule.

Les conséquences pour l’Espagnol seront probablement lourdes et demeurent encore à confirmer. Parmi elles, on peut déjà être sûr de son licenciement immédiat de l’équipe Liberty Seguros. Il faudra probablement ajouter la perte de son titre de vainqueur de la Vuelta (Menchov, probablement aussi chargé que lui mais un peu moins testé sur la fin de l’épreuve, n’étant plus en amarillo, sera déclaré vainqueur) ainsi qu’une suspension de 2 ans qui signifiera vraissemblablement la fin de sa carrière, Heras ayant 31 ans.

Bref, la valse des scandales de dopage se poursuit de plus belle, exactement comme on l’avait prévu il y a un an. Et on peut d’ors et déjà prévoir qu’elle se poursuivra en 2006 autant sur la scène des courses d’un jour que sur celle des grands tours, les instances internationales n’ayant pas encore conscience de l’étendue et la gravité du problème.

Que dire de plus sur cette nouvelle affaire qui parle d’elle-même? Allez, quelques petits trucs mais on a vraiment l’impression de se répéter :

1 – il apparaît évident que les coureurs n’ont pas encore compris la gravité de la situation et sont déconnectés de la réalité. Heras avait déclaré, ces derniers jours, être tranquille puisqu’il n’avait jamais consommé de produits dopants. Ben voyons! Il joue aujourd’hui la carte de la surprise, voire de la victime. Archi-connu là aussi. Seul David Millar et, avant, les Alex Zulle, Armin Maeir, Laurent Brochard et Didier Rous de l’affaire Festina avaient adopté la ligne intelligente, celle de tout avouer devant l’évidence scientifique implacable.

Les coureurs professionnels sont des êtres humains capables d’efforts physiques largement plus importants que le commun des mortels. En ce sens, ils développent souvent une attitude de supériorité envers leurs semblables, attitude qui est même cultivée en raison des exigences de la compétition et entretenue par l’adulation du public. Cette attitude se répercute malheureusement dans d’autres aspects de leur vie et il est évident qu’en matière de dopage, ils se croient intouchables. D’importants efforts sont à faire pour changer les mentalités sur ce point. Et sur ce chemin, on sent que les coureurs français ont une grosse longueur d’avance, le discours de ces coureurs étant radicalement différent des autres (voir Vélo Magazine du mois).

2 – on a vraiment l’impression que désormais, il suffit de tester régulièrement un coureur pro pour le piquer positif. Les scandales s’enchainent en effet à une vitesse folle (et on vous fait grâce des centaines de « petites affaires » de seconde importance) : Aitor Gonzales, les affaires du Giro, David Millar, Tyler Hamilton, Johan Musseuw, Lance Armstrong, maintenant Roberto Heras, tous des vainqueurs de grands tours ou d’importants champions. Et beaucoup d’ex coureurs de l’US Postal…

Le cyclisme devient un cirque ou la question intéressante n’est plus de savoir qui gagnera telle ou telle course, mais quand le vainqueur se fera piquer au contrôle. Et l’UCI qui, toujours, est totalement déconnectée de la réalité…

3 – seul point positif, on a l’impression que plus les affaires s’accumulent, plus on se rapproche d’un moment ou quelque chose de positif se passera. Et le plus tôt sera le mieux. Il reste à savoir quel événement surviendra : désaffection du public ? Moratoire d’un an sur le cyclisme pro pour marquer un temps de réflexion qui apparaît absolument nécessaire ? Désengagement massif des sponsors ?

On terminera ce texte par une réponse à un lecteur : il nous apparaît de la plus grande utilité, lorsqu’on est passionné du sport cycliste, de dévoiler TOUTES les affaires de dopage, et pas seulement celles qui viennent de se produire. L’affaire Armstrong n’est pas moins importante que l’affaire Heras parce qu’elle remonte à 7 ans ou parce qu’il n’y a pas d’échantillon « B » à analyser (une pure procédure administrative). Car que préférez-vous ? Continuer d’être manipulé par un faux champion qui vous rit au nez (car le pauvre imbécile qui le payez grassement en achetant magazines, vélos, produits promotionnels et en regardant OLN, c’est vous) en vous mentant effrontement à propos des moyens qu’il a utilisé pour remporter ses victoires, ou être un observateur averti et lucide d’un cyclisme certes pas drôle tous les jours mais qui a tout de même de bons moments (la victoire d’étape de Moncoutié sur le Tour en fut un), et ainsi être porteur, avec d’autres, d’un éventuel changement positif (sans jeu de mots!) encore à venir ?

2 Commentaires

  • Soumis le 25 novembre 2005 à 3:57 | Permalien

    L’interview de Manolo était une farce. Il n’a pas été interviewer réellement. Moi, sa m’a fait sourir de la lire.

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  • Michel COQUEREAU(Belgique)
    Soumis le 26 novembre 2005 à 12:55 | Permalien

    Félicitations pour votre article ‘La valse continue ’ Suis entièrement de votre avis et que la chasse continue. Et vive le vélo !

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