D.N.F. à la Morzine Vallée d’Aups

D.N.F. comme dans Do Not Finish. Je déteste presque autant ces trois lettres en cyclisme que EPO

J’aurais pu taire mon résultat d’aujourd’hui; après des mois à vous en parler, je vous dois cependant d’être honnête.

Je suis très décu et amer quant aux conditions météo d’aujourd’hui sur la Morzine Vallée d’Aups, mon premier gros objectif de la saison et pour lequel je me suis entrainé sérieusement depuis le 2 janvier dernier.

Déjà hier soir en me couchant, malheureusement tard, j’avais des doutes: on annonçait pluie, vent et froid pour le lendemain. Mon réveil ne me mis pas plus en confiance: il pleuvait sur Genève. Je me suis quand même mis en route à 6h du mat’, pas question de laisser tomber sans me lever!

Le choc fut très brutal à mon arrivée à Morzine à 7h ce matin: 5 degrés à peine. Beaucoup de vent. Et un peu de pluie. J’ai tout de même pris le départ, avec un petit peloton de 200 coureurs environ, qui se demandaient visiblement tout autant que moi ce qu’ils étaient venu foutre là.

Le départ fut donné tempo, un bon tempo trouvais-je. De toute évidence, ceux qui se sont pointés, surtout des coureurs des alentours, avaient le coup de pédale de la montagne. Encore sur le décalage horaire, au prise avec le froid, j’ai rapidement laissé filer après le lac de Montriond pour prendre mon rythme.

A 1 km du sommet du col de Joux-Verte, 2 degrés au compteur et… la neige ! Le vent de face, violent, n’était pas pour aider. Je montais à 160 puls et j’étais déjà gelé, mon petit gabarit ne me permettant pas de bien résister au froid. La descente, sous les flocons, finit par m’achever les mains et les pieds et c’est frigorifié que je suis repassé à Morzine. Découragé des conditions météo à ne pas mettre un cycliste dehors et considérant la perspective de faire 155 bornes et plus de 6h de vélo dans ces conditions, j’ai décidé de rentrer.

Ma Morzine a donc duré 1h30 ce matin. Le vainqueur a mis 5h27 pour venir à bout du parcours qui se terminait par l’ascension du col de Joux Plane. Au total, seulement 141 coureurs ont terminé le grand parcours, dont seulement 14 en moins de 6h. Le dernier concurrent a mis 9h43 pour en venir à bout.

Je lève un grand coup de chapeau à tous ces coureurs ce soir, étant terriblement impressionné de voir que certains humains peuvent supporter l’insupportable, et très longtemps. Certains sont partis en gants courts alors que tout mon matos de pointe n’a pas suffi… A la météo ce soir, on rapportait sur Genève des températures maxi de 13 degrés, soit 12 degrés sous les normales de saison. Le vent était annoncé en rafale entre 60 et 80km/h toute la journée, avec des épisodes de pluie. Imaginez en altitude !

Espérons que la météo sera meilleure sur mon prochain objectif, la Grand Bo, la semaine prochaine. Car courir sous ces conditions, alors qu’on le fait par passion et plaisir, je n’en suis tout simplement pas capable. Les sensations étaient cependant bonnes à l’effort, c’est de bonne augure pour la suite.

14 Commentaires

  1. Regis
    Soumis le 20 juin 2010 à 4:07 | Permalien

    Dommage !!! dans ces cas là on à la rage car on pense aux temps passés sur le vélo pour cet objectif.
    Courage pour le suivant en espérant que le bon temps sera là au rendez-vous.Chapeau et félicitations à ceux qui ont fini, moi je n’aurai même pas démarrer.

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  2. G.Lambert
    Soumis le 20 juin 2010 à 4:15 | Permalien

    L’important n’est pas l’objectif, mais plutôt le plaisir pour s’y rendre. Souviens-toi de tous ces jours de bonheur à pédaler, à calculer, à projeter.
    C’est là la quête du bonheur. Le reste n’est qu’éphémère.

    Profites du bon temps et des vacances!

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  3. jpg
    Soumis le 20 juin 2010 à 6:17 | Permalien

    Pluie froid vent. Des conditions de Flandriennes.
    On a vécu cela aussi samedi lors de la fabuleuse Quebrantahuesos. 5° en haut du 1er col et toute la journée à l’avenant.
    Bref 205 kms et 7 h à se peler.Et pour se motiver on s’imagine Flandrien, ou Hinault dans LBL 1980, bref on se sent un vrai coursier,un guerrier.La dimension épique de ce sport se crée dans ces conditions.
    Et puis on pense à l’entrecôte frites que l’on va dévorer le soir……..

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  4. Batrick P
    Soumis le 20 juin 2010 à 10:40 | Permalien

    Dans ces conditions, une course en montagne est beaucoup plus dure pour les cyclos que pour les pros. Parce qu’une voiture derrière avec vêtements, boissons chaudes, ravitaillements, roues en cas de crevaison, et possibilité d’abandonner à tout instant, ça change tout, même si on ne s’en sert pas. Rien que la menace de la crevaison, la menace uniquement, est un poids très lourd.

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  5. plasthmatic
    Soumis le 21 juin 2010 à 1:12 | Permalien

    Tu as pris une sage décision Laurent. Justifiée, comme paradoxalement, par le fait d’avoir fait un si long voyage. Le coûte que coûte, comme le toujours plus, c’est pas forcément le seul mode de déclinaison du courage. renoncer est parfois fort courageux, je crois bien pouvoir mesurer ce qu’il t’en a coûté hier, et encore ce matin.
    Avec cette météo annoncée, j’ai suivi l’ultime conseil de Patrick, après un sacré paquet d’indécision, j’ai renoncé à deux fois six heures de voitures entrecoupées de six grosses heures de vélo inconfortable sur un même week-end.
    Il y avait une cyclosportive, plutôt une « course » de 128 km à côté de chez moi (blénod). j’y suis allé la mort de l’âme presque mais de l’eau dans les bidons ! Pfff … un mec prend ma roue arrière et vole pleine face au sol, en emmenant deux gars sur sa droite. J’ai stoppé, fait demi-tour, j’ai filé un coup de main, j’ai demandé au médecin si ça irait (le gars pissait quand même le sang, front, arcade, pommette, et nez …), j’ai repris. Je ne me sens en rien responsable, mais c’était ma roue arrière quand même, pfff … Reparti quatre à cinq minutes après avec le groupe qui passait, pfff …

    dis-moi, je ne désespérais pas de te croiser à Morzine. C’est bien ça, la Grand Bo ?

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  6. plasthmatic
    Soumis le 21 juin 2010 à 1:16 | Permalien

    Pour ce qui est de la lutte contre le très froid (et le très chaud), mes 54.100 kg de ce matin, ou les 53.800 kg d’avant-hier, te confirment que c’est vraiment un facteur.
    Le volume croît (ou diminue) « comme le cube », pendant que la surface varie, elle, comme le carré. Et les calories, elles « s’échangent » par la surface exposée …

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  7. Soumis le 21 juin 2010 à 4:01 | Permalien

    Merci de ces quelques commentaires. L’abandon hier passe mieux ce matin, en essayant de me reconcentrer sur la suite. Ca n’aurait pas donné grand chose que de tout laisser hier et mettre 10 jours à m’en remettre. Je me reconcentre pour la Grand Bo dimanche prochain et travaille ma récup cette semaine !

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  8. Dave
    Soumis le 21 juin 2010 à 10:21 | Permalien

    Ca me rappelle la Marmotte 92, même temps pourri et DNF idem… sur le coup on se juge mal d’avoir bâché mais avec un peu de recul c’est tellement mieux que de mettre 15j à récupérer ou pire de se vautrer dans une descente.
    Ta campagne française est longue, tu as été sage Laurent !

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  9. delirium89
    Soumis le 21 juin 2010 à 11:50 | Permalien

    ah bah bravo les courageux trois flocons et on bache
    y’aurai t il un micro climat au canada. J’ai toujours pensé que les bucherons étaient des dur-au mal

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  10. YVES ANNECY
    Soumis le 21 juin 2010 à 12:29 | Permalien

    Salut LAURENT,
    Pour ta bienvenue en France le temps n’était pas de la partie. Il est vrai qu’hier matin il y avait de quoi s’interroger avant de se lancer sur un tel parcours. Le vent était assez fort puis est arrivée la pluie, la grêle, une neige fine sur la fin de JOUX VERTE, des routes glissantes, humides et par endroit bien détrempées, une descente de JOUX PLANE très fraiche avec ce vent glacial. Avec mes enfants nous nous sommes lancés dans l’aventure et l’objectif était de terminer et d’être dans un temps acceptable. Au départ je souhaitais te dire bonjour mais je suis arrivé dans les derniers pour le départ. Dans la semaine (mercredi ou jeudi) je pense faire le parcours de la GRAND BO peut être que nous aurons l’occasion de se rencontrer. Je ne participe pas à la GBO car je suis pris et aussi je vais m’axer sur un trail. Je te souhaite un bon séjour en France.
    Sportivement
    YVES ANNECY

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  11. Marmotte
    Soumis le 21 juin 2010 à 12:55 | Permalien

    Réponse au commentaire 9:

    Étonnamment, tu parles comme quelqu’un qui n’a jamais été pris dans une tempête de neige en altitude. Étant justement un « bucheron » du Canada, ça m’est arrivé dans les Alpes.

    L’hiver est beaucoup plus dur au Québec qu’en France, même lorsqu’on considère la haute montagne. La différence, c’est la variation de température entre le bas et le sommet. Ici, lorsqu’il fait 1 degré au début de ma sortie du matin, je sais qu’il fera quelque part entre -1 et 5 au retour. Je me prépare et m’habille en conséquence. Qui plus est, si le sol est partiellement gelé, j’ai toujours le loisir de me trouver une route sûre sur laquelle je n’ai pas a descendre de col en lacets a haute vitesse. Enfin, je n’ai pas peur de me « surhabiller » en hiver ici, puisque je n’ai pas de col de 20km a monter dans lequel je vais surchauffer.

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  12. Batrick P
    Soumis le 21 juin 2010 à 1:13 | Permalien

    Il est très bien, le parcours de la Grand’Bo. Petits braquets à prévoir pour Mont Saxonnex et Romme, mais attention au contrôle de sa vitesse dans leurs descentes. Ca va vite et ça tourne parfois sec.

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  13. bikelarue
    Soumis le 21 juin 2010 à 2:05 | Permalien

    …les bucherons!

    Je préfère les canadiens.

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  14. zut
    Soumis le 21 juin 2010 à 9:52 | Permalien

    Shit happens Laurent.

    Oublie ça, essaie de voir comment tu pourrais atteindre tes objectifs lors du prochain événement si la situation se présentait à nouveau, prévois le pire… Ça pourrait arriver à nouveau.

    Et défonce-toi !

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