Comment gagner Milan SanRemo?

On dispute ce samedi la 109e édition de la “Primavera”, traditionnellement la course d’ouverture de la saison italienne de cyclisme sur route, Milan SanRemo. La première grande Classique de la saison!

Au menu de Messieurs les coureurs, pas moins de 291 kms entre Milan et San Remo. On annonce pluvieux et frais sur la route des coureurs, cela durcira assurément une course aussi longue. Dans ces conditions, le rôle des équipiers devient plus important encore.

La course se déroule en deux parties: avant et après le Turchino, ce col situé à mi-parcours environ et qui marque un jalon. Avant le Turchino le peloton musarde souvent, après le Turchino les choses deviennent sérieuses, surtout lorsqu’on arrive sur le bord de mer.

Les 50 derniers kilomètres sont intenses, avec cinq “capo” à passer: Mele, Cervo, Berto, Cipressa et Poggio. Depuis une quinzaine d’années, c’est dans le Cipressa et surtout le Poggio que la course s’anime vraiment, avec une succession d’attaques.

Les favoris

Deux coureurs se dégagent du lot: Kwiatlowski et Sagan. Derrière, on a les Alaphilippe, Gilbert, Kittel, Van Avermaet, Wellens, Nibali, Boasson Hagen, Demare, Kristoff voire Roglic ou Dumoulin qui nourrissent des ambitions.

Où démarrer dans le Poggio?

L’erreur la plus fréquente est de démarrer au pied du Poggio. Souvent, un démarrage à cet endroit est voué à l‘échec, la montée étant longue (3,7kms) et usante.

L’endroit idéal est situé à environ un kilomètre du sommet, alors que la pente se redresse autour de 6%, avec un bref passage autour de 8%. Les pulsations cardiaques des coureurs sont alors élevées puisque l’ascension est débutée depuis plusieurs minutes, et les plus costauds ont encore 1000m afin de creuser un écart de quelques secondes qui s’avère souvent suffisant pour résister au retour de la meute sur la Via Roma, dans le dernier km de la course.

La descente du Poggio

Il s’agit probablement d’une des descentes dans le cyclisme où l’on peut vraiment mesurer les qualités d’un bon descendeur. Les lacets sont serrés, la sortie de ces virages se fait au millimètre en bordure de murets de pierre, il faut savoir non seulement piloter son vélo, mais aussi le pencher, bref, c’est une descente pour funanbules qui n’ont pas froid aux yeux. Toujours un moment intense de la course, et dangereux!

Comment gagner autrement?

C’est LA question! Avec les oreillettes et des équipes de sprinters qui croient désormais réellement en leur chance, il est très difficile de demeurer détaché du paquet dans les 50 derniers kms, alors que le peloton évolue en bord de mer. Je crois bien qu’aucun coureur depuis 20 ans n’a pu gagner en partant dans la Cipressa. L‘échappée au long cours, au sein d’un bon groupe de coureurs, représente peut-être aujourd’hui la seule autre façon de gagner cette classique, pour un outsider que personne n’attend.

Le temps de course

7h de selle pour les coureurs. Ceux qui connaissent apprécieront…

Un Québécois au départ

Guillaume Boivin. Pas un mauvais sprinter, son défi sera de rester avec le paquet dans le Cipressa d’abord, puis dans le Poggio.

Couverture télé

Depuis le Québec, la chaine de L‘Équipe est probablement la meilleure façon. J’ai pu me régaler des commentaires de Cyrille Guimard lors de la récente Strade Bianche! Bonne course à tous!

4 Commentaires

  1. mica
    Soumis le 18 mars 2018 à 12:57 | Permalien

    EAP: je trouve ton commentaire assez ambigu , d’ un coté tu reconnais l’ aide considérable qu’ apportent les sillages et tu dis que ça devient un probléme dans le vélo. Tu décris ce qui se passe depuis la fin de la saison derniére , ainsi que dans Paris Nice ces jours ci? Mais tu relativise en disant qu’ au fond, les protagonistes ne se plaignent pas. Les a t’ on entendu un jour se plaindre du dopage ou des moteurs?/: bien sur que non et ils ne vont pas plus se plaindre des sillages car, un jour ou l’ autre, ils en ont profité, en profitent, ou en profiteront.
    Pour ceux qui disent qu’ il faut étre a moins de 5 m pour profiter de l’ aspiration, c’ est faux! (même si vous nous produisez quelque expert sorti de je ne sais ou). De toute façon, les images d’ hier nous montraient certaines situations ou les cyclistes se trouvaient dans l’ ombre de la moto: c’ est dire la proximité!
    Le probléme n’ est bien sur pas de savoir si c’ est un Italien qui a gagné, si ça avait été un Français, ma réflexion aurait été la même.
    Bon, maintenant, si le cyclisme devient uniquement un spectacle comme du catch ou des « tours de magie », pourquoi pas mais ce n’ est pas ma conception.
    Pour ce qui est de filmer la course lors que ça peut étre descisif, pourquoi ne pas éloigner drastiquement les motos entre les protagonistes et filmer en plan trés large seulement depuis les hélicos, en montrant bien ce qui se passe 20m avant les coureurs.
    Pour ceux qui minimisent certains effets de sillages, il existe aussi le sillage collectif procuré par 5 ou 6 motos avec 2 passagers et beaucoup de matériel chacunes. Là, on ne peut pas nier qu’ une quantité d’ air considérable est déplacée et que cela joue même a plus de 10m.

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  2. Clartman
    Soumis le 18 mars 2018 à 1:29 | Permalien

    Puisqu’on est dans les spéculations outrancières :
    – Si Hinault fait son come-back, s’aligne sur MSR et pose un flingue dans le Poggio, vous croyez qu’il bat Nibali ?

    – Si Nibali décide de partir sur MSR à jeun vous pensez qu’il termine en hypo avant ou après la Cipressa ?

    – Si un chat noir traverse la route devant la cabine téléphonique en haut du Poggio et que Nibali le voit, vous croyez que la sorcière aux dents vertes s’abat sur lui dans la descente ?

    Bref, tout cela est à prendre au second degrés bien sûr, ce que je veux dire c’est que « avec des si on coupe du bois », encore plus en cyclisme qui est un sport relativement aléatoire dans le sens ou de nombreux faits de course sont parfois inexplicables (comme ce fameux « mais pourquoi diable Sagan ou Kwiato ne saute pas dans la roue de Nibali »). La beauté de ce sport c’est que bien souvent ce n’est pas le plus fort qui gagne , mais le meilleur. Je n’ai pas à « défendre » Nibali plus qu’un autre, mais hier il était bel est bien le meilleur (avec ou sans motos, mais avec gels ça par contre c’est sur…)

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  3. mica
    Soumis le 18 mars 2018 à 2:37 | Permalien

    Noirvélo: je ne te comprends pas toujours dans tes commentaires récents, le reste du temps ils sont souvent forts pertinents. La, serais tu pour un cyclisme aléatoire, ou tout serait permis.
    AU début du siécle prédédent, certains prenaient le train pour mieux boucler des étapes de 400Km.
    Ce sport serait il pourri jusque à la moelle depuis toujours, et faudrait il le cautionner?

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  4. Edgar Allan Poe
    Soumis le 18 mars 2018 à 3:35 | Permalien

    On peut effectivement se poser devant son écran de TV, dépendants que nous sommes tous à cette société du spectacle, en jouissant des images offertes sans jamais se poser des questions, ou en houspillant les empêcheurs de tourner en rond qui viennent jeter des nuages sur notre béatitude.
    Ou on peut être encore un coursier actif, qui s’est fait voler des victoires par le passé, en espérant que ce sport offre une meilleure perspective à son fils, lui aussi passionné, et coureur junior.
    Les 35 dernières années du sport cycliste sont une litanie de tricheries décelées, avouées, dénoncées, quand les tricheurs ne sont pas morts.
    On continue à se taper sur les cuisses en se disant que ces exploits sont formidables, sans aucun préjugé où on retombe sur terre en acceptant par exemple, d’écouter des gens comme Vayer, Bassons, ou même certains repentis ou gens bien informés comme Guimard ?

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