Cancellara… façon Boonen!

Au terme d’une course usante nerveusement, voire dangereuse, Fabian Cancellara s’est imposé hier d’une façon inhabituelle pour lui, c’est à dire… au sprint, un peu comme Boonen l’a souvent fait sur ces Flandriennes. Il a ainsi dominé ses trois adversaires, Van Avermaet, Vanmarcke et Vandenbergh qui complète dans cet ordre les 4 premières positions.

Sprint par ailleurs très intelligent de Cancellara, puisque amorcé de loin: il sait qu’une fois sa vitesse maxi atteinte, il peut la maintenir plus longtemps que les autres. Cancellara ne l’a donc pas joué sur l’explosivité, mais sur l’endurance. Bien vu!

Cancellara rejoint donc Boonen et quatre autres coureurs dans l’Histoire du Ronde, avec 3 victoires chacun.

Cancellara rejoint aussi Boonen d’une autre façon, c’est à dire au chapitre du coureur en activité le plus titré dans les Grandes Classiques, avec sept victoires.

Boonen a un Paris Roubaix de plus que Cancellara, mais ce dernier s’est déjà imposé sur Milan SanRemo. Voilà qui met la table au niveau des enjeux dimanche prochain sur la Reine des Classiques!

La course

Ce fut d’abord un festival de chutes! Des chutes partout, tout le temps. À un certain moment, on ne comptait plus celles qui ont touché Stijn Devolder, qui mérite assurément la palme du plus malchanceux hier. Une de ces chutes a été provoquée par un îlot directionnel et a envoyé Johan Van Summeren ainsi qu’une dame de 65 ans à l’hosto. Le pronostic vital étant engagé pour la dame, cet accident est venu assombrir la course.

Et dire que le milieu pro défend le maintien des oreillettes en avançant en premier lieu l’argument de la sécurité!!! N’importe quoi…

Pourquoi tant de chutes? Plusieurs raisons selon moi: une météo clémente et donc une course moins sélective, laissant un gros peloton dans les 100 derniers kilomètres, des îlots directionnels sans cesse plus nombreux en Europe, des spectateurs qui prennent trop des risques (outre l’incident VanSummeren, Popovitch a également heurté un spectateur) et aussi l’homogénéité de la condition physique des coureurs, qui rend la sélection difficile.

Anyway, outre les chutes, la course a été une sélection par l’arrière d’abord, le vent en particulier durcissant la course. Puis, dans les 30 derniers kms, ce fut une sélection par l’avant pour départager les favoris.

C’est Van Avermaet qui a lancé les vraies hostilités à environ 33 kms de l’arrivée, amenant avec lui Vandenbergh qui couvrait ainsi pour l’équipe Omega Pharma-Quick Step. Cette dernière a donc bien manoeuvré toute la course, mais manque de résultats au final, Boonen et Terpstra étant trop justes pour finir le travail.

Van Avermaet était possiblement le plus costaud hier, creusant à lui seul rapidement un écart d’une trentaine de secondes sur le paquet de favoris. Quel beau coureur!

Puis, au même endroit que l’an dernier, soit la dernière ascension du Vieux Quaremont, Cancellara a mis en route solide. Seul Vanmarcke résistait. Exit donc Sagan, qui était laissé sur place, ce qui n’a pas manqué d’en surprendre plusieurs. On attend encore les explications de sa part sur ce qui s’est passé…

Cancellara a ensuite fait l’essentiel du travail pour revenir sur Van Avermaet et Vandenbergh devant. Ici, gros carton rouge à Vanmarcke qui, hier, n’a cherché qu’une seule chose: courir contre Cancellara. Lamentable si vous voulez mon avis. Vanmarcke assumait pourtant le leadership de la Belkin… Il voulait quoi de plus, Vanmarcke, dans le final? Pourquoi ne roulait-il pas davantage pour aider Cancellara à revenir?

Anway, jonction faite c’est encore Cancellara et Van Avermaet qui ont fait le gros du travail jusqu’aux trois kilomètres, moment où Vandenbergh a placé une mine prévisible. Si Van Avermaet est bien resté calé sur Vandenbergh, ce satané Vanmarcke a encore essayé de baiser Cancellara dans la poursuite… indigne!

Et à partir de la flamme rouge, Cancellara a parfaitement maitrisé le jeu, probablement aidé par l’expérience de la course.

Les enseignements

Il y en a plusieurs.

Un, Cancellara a lui-même avoué qu’il était un peu juste et qu’il ne pouvait pas faire la différence dans la dernière ascension du Paterberg. Il sera donc peut-être meilleur encore dans une semaine sur Paris-Roubaix!

Deux, Van Avermaet a prouvé à toute l’équipe BMC qu’il peut assumer le rôle de leader. Deuxième du Ronde, c’est le meilleur résultat chez BMC depuis un bon moment… Il était selon moi le plus costaud hier. Et de façon générale l’équipe BMC a bien joué hier, avec un excellent Taylor Phinney devant pendant un bon moment.

Trois, Sagan s’est encore écroulé d’un coup. Chez lui, et ça devient une habitude, c’est tout ou rien. Il court encore après une victoire sur une grande classique! Chez lui, on commence à parler d’un moral parfois défaillant…

Quatre, la guigne puis le moral de Devolder. Il est évident, à la façon dont le type s’est battu hier pour revenir après plusieurs chutes ou incidents, que Devolder a le couteau entre les dents. Attention à lui sur Paris-Roubaix, il voudra se reprendre et Cancellara pourrait vouloir partager si c’est au sein de son équipe… Espérons seulement que le coude de Devolder, salement amoché hier, sera rétabli pour dimanche prochain.

Cinq, la couardise de Vanmarcke. À un moment donné, quant tu es leader d’une équipe, que tu es devant pour la gagne dans une grande classique et dans une échappée en petit comité, que la situation est claire, tu te dois de rouler avec tes adversaires. Hier, les relais de Vanmarcke ont été inconstants et timides dans le final. C’est pas compliqué à mes yeux, il ne méritait pas de gagner.

Six, l’échec des Omega Pharma-Quick Step. En position de force jusqu’à 40 bornes de l’arrivée, l’édifice collectif s’est effondré par la suite. Boonen était trop juste dans les 30 derniers kms, Terpstra a réagi trop tard, et l’encadrement a tardé selon moi à donner le feu vert à Vandenbergh de collaborer devant.

Sept, les Lotto inexistants. C’est la cata pour l’équipe belge qui courait à domicile, rappelons-le. Le premier Lotto est le français Tony Gallopin, 23e! Pas de quoi être fier. C’est vrai cependant que l’équipe a manqué de chance, avec notamment la grave chute de Jurgen Roelandts qui devrait être out pour Paris-Roubaix la semaine prochaine.

Huit, Filippo Pozzato. J’attendais franchement mieux de ce coureur pétri de classe, au final « seulement » 17e. Idem de Paolini, duquel j’attendais mieux.

Neuf, la FDJ. Le premier coureur de l’équipe française qui mise une partie de sa saison sur les Flandriennes est Yoann Offredo, 21e. Ca ne doit pas plaire à Marc Madiot ça!

16 Commentaires

  • jmax
    Soumis le 7 avril 2014 à 3:35 | Permalien

    Pour ma part, il me semblait que Alexander Kristoff était le plus costaud de tous et il s’en est fallu de pas grand chose pour qu’il revienne à la pédale sur le groupe Cancellara lancé plein pot et qui ne voulait surtout pas qu’il revienne, l’issue du sprint étant connue à l’avance

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  • VALLET
    Soumis le 7 avril 2014 à 3:59 | Permalien

    j’espère qu’on ne trouvera jamais de casseroles sur Cancellara. Ce mec est si bon, c’est si agréable de le voir rouler… qu’on nous laissent au moins rêver…

    Excellent… on a vu T.Phinney à la téloche :). Il fait donc tjrs du vélo 🙂

    F.

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  • alain39
    Soumis le 7 avril 2014 à 4:08 | Permalien

    Pour moi Laurent les constats sont assez simples:
    Tout d’abord un parcours qui a durci la course et sur la fin les mecs finissent pour le plupart à la ramasse. Ca a joué car en fait la course d’équipe devient plus difficile à mener. Omega l’a appris à ses dépens. Donc un bon point pour le nouveau parcours.
    Belle victoire de Cancellara qui était fort mais pas dominant. Il a joué avec les nerfs de ses adversaires et a fait preuve d’une grande lucidité. Il va être dangereux sur Paris Roubaix mais attention l’équipe jouera un plus grand rôle.
    Van Avermaet est passé à côté et ce par son manque d’intelligence de course et de lucidité.Une fois rattrapé il devait se mettre dans la roue de Cancellara. Point barre et lancer le sprint. En effet, sprint très court (moins de 200 m) et donc généralement en faveur de celui qui lance. Clairement Cancellara était émoussé car il a lancé le sprint très tard et donc pas sur sa puissance pure.
    Boonen n’est pas en super forme et Omega a loupé le coche en ne lançant pas une offensive plus tôt. Ils ont couru à contre temps comptant sur le sprint de Boonen.
    Les français sont à la ramasse et n’ont jamais pesé sur la course. Dommage que Demare n’était pas avec le groupe Boonen.
    Les chutes qui ont émaillé la course sont très nombreuses. Elles ont éliminé Devolder et on peut regretter qu’une femme soit entre la vie et la mort. Trop de chutes et surtout on constate que l’urbanisme routier est dangereux. Il y a trop d’îlots et de ronds points. En plus sur le chute de Devolder on constate que des coureurs s’arrêtent n’importe où.
    Enfin, Sagan est le grand battu. Il n’a jamais pesé sur la course et j’ai le sentiment qu’il a un pb d’endurance. Il passe difficilement le cap des 220 km.
    Un peu comme Kelly a ses débuts qui ne tenait pas la distance. Certes il est encore jeune mais il a tout de même 24 ans.
    Belle course avec un beau suspens, une belle bagarre et un beau vainqueur.
    On attend dimanche avec impatience.

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  • Laco
    Soumis le 7 avril 2014 à 4:52 | Permalien

    Pour ma part il me semble que Sagan était plutôt dans un « jour sans ».

    Il avait la distance l’année dernière n’étant décroché que sur le dernier mont par plus fort que lui, alors que cette année il a été totalement absent.

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  • mica
    Soumis le 7 avril 2014 à 4:52 | Permalien

    Et les motos toujours omniprésentes au sein de la course,elles finissent bien par fausser les résultats et encore la télé ne nous montre que ce qui est montrable.Les réalisateurs sachant zapper sur une image moins scandaleuse.Il y a d ailleurs dans le tour de France un consultant technique qui indique ce que l on peut montrer et ce que l on doit cacher.

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  • Eric
    Soumis le 7 avril 2014 à 5:55 | Permalien

    Quel procès pour ce pauvre Vanmarcke…

    C’est une course de vélo entre professionnels, pas du catéchisme… Je ne vois pas en quoi on peut lui reprocher de rouler contre le futur vainqueur de la course… C’est des coureurs pros, pas des enfants de cœur. Il n’y a aucun esprit chevaleresque dans le sport de compétition de haut niveau sauf si le champion peut se le permettre et que cela renforce encore son aura ou que le geste nuise + que ne peut rapporter une victoire (ce qui est rare dans la société moderne)…

    Il aurait fallu emmener Cancellara dans un fauteuil jusqu’au sprint ?

    Quelle vision angélique du sport… A moins que l’on ne pardonne leurs petitesses qu’aux gagnants ?

    Vanmarcke n’est pas un « satané » ou un « indigne » mais juste un coureur qui cherchait sans trouver, une solution pour battre plus fort que lui.

    L’erreur qu’il commet c’est de ne pas laisser Cancellara boucher le trou seul et de ne pas rester sagement dans la roue pour contrer. Quand on est moins fort, il faut savoir prendre le risque de perdre pour gagner. En tentant de faire sauter Cancellara pendant la poursuite il s’est surtout fait très mal aux jambes. Dernière erreur, laisser Cancellara en queue de peloton et ne pas être dans sa roue dans le dernier km et ne pas essayer de l’enfermer…

    Pour ce qui est du sprint, j’ai vu la même chose qu’Alain… Un sprint court. Bizarre… On a l’impression qu’ils attendent tous que Cancellara, qui part souvent de loin, lance le sprint pour sauter dans la roue. Comme finalement Cancellara attend les 200 m… Quand il démarre, la messe est dite. Ou alors ils ont tout donné dans la tentative d’échappé et par conséquent, ils n’y croient plus et attendent l’exécution… A priori, ils semblaient tous fatigués et à bout de course. 200 m cela peut paraitre très loin quand on est fatigué. Un jeu de dupe où, la fatigue aidant, chacun attend le dernier moment en espérant que les autres continuent à attendre… En tous cas, il les a bien roulés dans la farine… Idéalement placé, travail parfaitement exécuté. Bravo à Cancellara car ce fut une belle course.

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  • Soumis le 7 avril 2014 à 6:30 | Permalien

    @Alain,
    Pas sûr qu’on doit se « mettre dans la roue de Cancellara ». Cancellara était un des favoris, c’est certain, mais de là à ne pas collaborer une fois isolé en échappée avec lui, c’est pas très éthique tout cela. Quand tu es le leader désigné d’une équipe, que tu es devant à 15 bornes de l’arrivée, que tu as toutes les raisons du monde pour rouler afin d’aller chercher le résultat que toute ton équipe attend, tu te dois de collaborer, peu importe les autres présents avec toi.
    @Éric,
    Non, le cyclisme n’est pas du catéchisme! Ceci étant, Vamarcke était le leader Belkin hier. Il n’avait aucune raison de ne pas rouler avec Cancellara et Van Avermaet hier dans le final.

    En définitive, Vamarcke n’a roulé que dans un but, faire perdre Cancellara. C’était évident quand il attaque Cancellara alors qu’ils sont tous deux décrochés de Vandenbergh et Van Avermaet. Lamentable. T’es décroché, l’autre te tire depuis 500m pour revenir, et toi tu ne collabores pas?

    Anyway, Cancellara les a bien mouché au sprint, c’est bien fait pour Vanmarcke qui ne méritait pas de gagner hier.

    Le sprint? Oui, un sprint assez court, mais que Cancellara a eu l’intelligence de lancer. Une fois sa vitesse maxi atteinte, il est capable de la maintenir plus longtemps que les autres, se servant de sa puissance à cadence modérée. Bien joué!

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  • Eric
    Soumis le 7 avril 2014 à 7:06 | Permalien

    Sep Vanmarcke, de nombreux podiums sur les classiques mais aucune victoires, battu au sprint par Cancellara sur Paris-Roubaix 2013 et sur le Tour des Flandres 2014… Il va bien falloir qu’il trouve une solution s’il ne veut pas rester le dindon de la farce…

    A chaque course, c’est toujours la même poignée de coureurs qui en découd dans le final. Les mecs se connaissent par cœur. Combien d’excellents coureurs n’ont jamais rien accrochés à leur palmarès par manque de classe, de pointe de vitesse, de vice ? Ils finissent dans l’oublie…

    L’on vit dans une société qui ne pardonne la couardise qu’aux vainqueurs.

    En France, en 1993, sur Paris Roubaix, les Français n’étaient pas nombreux à critiquer la victoire de Gilbert Duclos-Lassalle.

    Alors si Vanmarcke l’avait emporté sur la course la plus importante de Belgique, ils n’auraient pas été nombreux à lui faire des reproches et c’était pour lui la célébrité jusqu’à la fin de ses jours.

    Les carrières sont courtes et c’est un sport à risques pour la santé (chutes mais aussi dopage)…

    C’est un sport où la noblesse d’esprit est l’apanage de ceux qui appuient plus fort sur les pédales.

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  • Soumis le 7 avril 2014 à 7:27 | Permalien

    Belle course, qu’importe qui etait le vainqueur, les vaincus, le suceur de roues, le « surprenant », le « decevant » , les gamelles…on a vu une course cycliste de pros.
    Meme que…a la voir, on aurait pu ignorer que les coureurs ont des oreillettes, qu’ils sont – surement- charges.
    Un sport hyper-populaire avec les foules flamandes, mais aussi un sport business comme a Roland Garros, avec des tentes pour VIP dans les monts.
    Bon…aussi le vainqueur, passe bien dans les medias, polyglotte, pas plouc, et sa blonde qui lui saute au coup devasnt les photographes.

    Bref, il n’y a que tres peu de courses/pieces de theatre comme ca dans une saison , leur rarete les rendent precieuses !

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  • alain39
    Soumis le 7 avril 2014 à 7:52 | Permalien

    Le final d’une classique est un jeu de dupes, une bataille de roublardise et le bluffe est important.
    Tout le monde est fatigué et il faut à ce moment là rester lucide et jouer avec les nerfs des autres. Il faut surtout ne pas avoir peur de perdre quitte à prendre une stratégie risquée. Moins on est fort plus la stratégie doit être risquée. c’est celui qui se sent fort qui bouchera les trous et qui fera les efforts car se sachant plus fort il ne voudra pas laisser échapper la victoire. C’est de la psychologie de base.
    Quand tu es devant avec Cancellara il est évident que c’est sur lui que porte le poids de la course. Il était le plus fort et le plus titré. A un moment alors qu’il est en tête il demande à être relayé. Ce que tu fais, tu prends un court relais en dedans histoire de passer mais de le laisser endosser le poids de la course. Il faut l’user psychologiquement, le mettre sous pression et l’énerver pour le pousser à la faute.
    Aucun n’était sûr de le battre au sprint et l’absence d’attaque de sa part laissait supposer une certaine fatigue. Son habitude est de lâcher tout le monde pour éviter le sprint qui est une loterie à laquelle essaye toujours d’échapper le plus fort sauf à être un super sprinter (Boonen).
    D’ailleurs son sprint tardif confirme qu’il était fatigué. Sur 200 m il n’a pas maintenu longtemps sa vitesse et a gagné sur sa capacité d’accélération fasse à des coureurs usés.
    Comme outsider la seule solution était le contre.
    Le retour de Kristoff eut été une bonne chose car là tous avaient intérêt à le lâcher. Communauté d’intérêt contre un adversaire et souvent synonyme de victoire d’un second couteau les 2 principaux coureurs se marquant. Personnellement j’aurais laissé revenir Kristoff pour mettre Cancellara dans l’embarras et sous pression. Il lui aurait alors fallu le lâcher et donc s’exposer à un contre.
    Et donc les derniers km auraient été plus agressifs avec des attaques incessantes propices aux contres.
    Mais voilà aucun n’a voulu jouer avec le feu et donc ils ont relayé Cancellara pour ainsi l’amener jusqu’au sprint où ils savaient que leurs chances étaient quasi nulles.
    Dans ces circonstances la victoire de Cancellara n’en est que plus belle et pourtant je ne suis pas un de ses fans. Je lui ai d’ailleurs souvent reproché de ne pas assez jouer avec ses adversaires et là il a joué à merveille. Un palmarès étoffé l’a très certainement rendu plus serein et donc moins sensible à la pression des fins de classiques. Un peu comme de Vlaeminck qui a pas mal gagné en jouant le mort et en surgissant dans la dernière ligne droite. Saronni en a fait plusieurs fois les frais sur la via Roma.
    C’est la différence de stress qui existe entre celui qui doit gagner et celui qui veut gagner. Van Avermaet s’est comporté comme celui qui devait gagner et Cancellara comme celui qui voulait gagner. C’est souvent le second qui l’emporte en cas d’arrivée groupée.

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  • thierry mtl
    Soumis le 7 avril 2014 à 7:53 | Permalien

    Très belle course. Cancellera était top forme, tant physiquement que psychiquement. Il sait comment courir en fonction de son état et de celui de la concurrence. Et par pitié, oubliez cette cette farfelue histoire de moteur. Au final, les gars ont fait ce qu’il pouvait. Cancellara pouvait plus que les autres, encore une fois.

    Devolder redevient un coureur de premier plan dès qu’il s’approche de Dirk Demol. Je ne sais pas ce que Demol lui fait ou lui dit, mais il devrait finir sa carrière à ses côtés. S’il n’était pas tombé, ils auraient été cinq dans le final.

    Idéalement, OPQS n’aurait pas encore envoyé Vendenberg dans la dernière échappée puisqu’il en avait déjà trop fait avant. C’est Stybar ou Tepstra qui aurait dû être là, mais ils n’y sont pas allé. Tant pis pour eux. Vandenberg a été excellent compte tenu de son statut secondaire dans cette super équipe.

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  • Eric
    Soumis le 7 avril 2014 à 8:19 | Permalien

    @ Laurent :

    Etre leader ou ne pas l’être n’a rien à voir là-dedans. Sep Vanmarcke, sait que s’il arrive avec Cancellara, il court pour la deuxième place. Son employeur ne le pait pas pour finir deuxième car ce n’est pas les J.O. et que seul la victoire compte pour les spectateurs. C’est lamentable mais c’est légitime et c’est ainsi… J’ajouterai que, dans l’échappé, il devait surement déjà bien sentir que Cancellara était très fort et que cela serait difficile de trouver une solution.

    Son directeur sportif va surement lui dire qu’il aurait dû rester dans la roue de Cancellara ou être mieux placé pour accompagner l’attaque. C’est facile à dire maintenant car la suite l’a démontré, mais il fallait éviter à tout prix d’arriver avec Cancellara au sprint.

    Le directeur sportif de l’équipe cycliste Belkin peut considérer que, si Sep Vanmarcke est leader de l’équipe, Cancellara est le principal favori et que, par conséquent, c’est à lui d’assumer la poursuite s’il veut avoir une chance de pouvoir arriver au sprint et ainsi gagner et rejoindre dans l’histoire les Belges Achiel Buysse, Eric Leman, Johan Museeuw et Tom Boonen et l’Italien Fiorenzo Magni …

    La dichotomie était entre participer et ramener Cancellara ou rester dans sa roue et prendre le risque de ne jamais rentrer.

    Le jeune Vanmarcke a choisi une troisième solution qui ne pouvait être que mauvaise à mon sens car je pense qu’il s’est surtout fait mal à ses propres jambes…

    Comparer à ce que j’aurais fait moi (il y a quelques années car je suis aujourd’hui un cyclotouriste), c’est rocambolesque et ce n’est pas envisageable :

    – Je ne suis qu’un petit sportif amateur et je n’ai jamais eu vraiment de compte à rendre qu’à moi-même.

    – Par rapport à mon niveau de pratique, j’allais assez vite au sprint et dans 99% des cas, c’était les copains qui essayaient de faire en sorte que je ne sois plus avec eux dans le dernier km et c’était à moi de boucher les trous, ce qui était de bonne guerre… Parfois je tombais sur un couillon qui le bouchait à ma place et parfois je tombais sur un mec qui tentait de me faire sauter dans la poursuite alors que je venais de prendre le relais. « C’est le jeu ma pauvre Lucette », et j’aimais ca, sinon j’aurais fait des CLM.

    Maintenant, comparer le comportement de cyclistes du dimanche et des meilleurs coureurs de classiques n’apporte que de fausses valeurs au débat et au jugement que subit se pauvre Sep Vanmarcke qui passe encore tout prêt mais toujours à côté. « Caramba, tu t’es encore raté, une fois !!! »

    Il est encore très jeune, mais, si la situation perdure, il va terminer sa carrière comme équipier de luxe le « leader »…

    Pour nous le vélo c’est du loisir et du plaisir, pour eux, c’est leur métier, cela peut rapporter beaucoup d’argent ainsi que la célébrité et c’est la jungle.

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  • Eric
    Soumis le 7 avril 2014 à 8:39 | Permalien

    Ce que dit Alain sur la stratégie de Cancellara est fort juste.

    Il fallait, pour lui, savoir faire le bon choix entre l’incertitude d’un sprint ou l’incertitude d’être repris s’il attaquait de loin.

    C’est la force qu’il lui restait dans les jambes qui a dicté sa stratégie, sachant qu’un sprint présente toujours un risque, même pour le plus rapide…

    Sa victoire n’en est que plus belle.

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  • Zardoz
    Soumis le 7 avril 2014 à 10:29 | Permalien

    Super course, malgré les nombreux incidents. Assez content pour Cancellara, même si ça prive les Belges d’une première victoire importante dans une classique depuis deux ans.

    En revanche, je suis très surpris par l’analyse de Laurent sur la course de Vanmarcke. J’étais moi-même assez énervé sur l’attitude des adversaires de Fabian dans des courses comme Paris-Roubaix 2011 ou MSR 2012. Mais là, je ne vois vraiment pas où il y a à redire.

    Sep a à peine sauté deux-trois relais, avant d’y aller à fond au moment où la course l’exigeait, avec le retour de Kristoff. Concernant le fameux moment où il refuse de boucher le trou pour Cancellara, je ne comprends pas le grief de Laurent. En vertu de quel principe Vanmarcke devrait-il se sacrifier pour Fabian quand ça attaque dans le groupe ? Normalement, c’est plutôt à l’homme qui porte le poids de la course sur ses épaules de prendre ses responsabilités.

    Et quand bien même. Si c’est pour être battu à 10 contre 1 au sprint, ça ne me choque pas du tout qu’un coureur recourt à la stratégie. En l’occurrence, j’ai été assez déçu par le manque de lucidité de Van Avermaet, néanmoins auteur d’une très belle course dans l’ensemble. D’autre part, et au-delà de cette course, n’oublions pas le tempérament très offensif de Vanmarcke sur le week-end d’ouverture des flandriennes, ni sa coopération généreuse dans la finale de Paris-Roubaix l’an passé, alors qu’il ne partait franchement pas favori du sprint avec Cancellara. Si Laurent n’est pas convaincu par mon argumentation, je pense que ça doit tout de même nuancer la dureté de son jugement sur le gars.

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  • Bird
    Soumis le 7 avril 2014 à 6:37 | Permalien

    Tout à fait d’accord avec ZARDOZ pour son analyse!!

    Tout d’abord, je crois qu’on ne peut émettre un avis, voire un jugement, sur la course d’un coureur qu’en prenant en compte un plus large contexte que cette seule course (courses passées, mais aussi statut de favori ou encore palmarès des coureurs concernés).

    Par ailleurs, si Vanmarcke avait plus collaboré avec Cancellara, ce dernier aurait logiquement gagné encore plus facilement ; et Vanmarcke, ayant encore moins de force dans le final, aurait amenuisé encore ses chances pour le sprint avant même d’y arriver…

    Quand on roule avec un Cancellara qui a un tel palmarès, le statut de favori, son titre à défendre et surtout LA grande pancarte dans le dos qu’on lui sait depuis des années maintenant…ne pas collaborer en compétition n’est pas un manque de fair-play mais un choix tactique qui n’a rien de condamnable. Ca fait « partie du jeu » comme on dit. Et c’est même justifiable, sinon justifié.

    « Pourquoi ne roulait-il pas davantage pour aider Cancellara à revenir? » : pourquoi diable aurait-il dû l’aider??

    « Si Van Avermaet est bien resté calé sur Vandenbergh, ce satané Vanmarcke a encore essayé de baiser Cancellara dans la poursuite… indigne! » : c’est à ce moment-là peut-être qu’il y avait un risque de tout perdre, mais c’est surtout à ce moment-là où Vanmarcke aurait dû laisser Cancellara faire l’effort, ce qui aurait peut-être laissé une petite chance à Vanmarcke de terminer le sprint final devant Cancellara…

    Pourquoi faudrait-il que Vanmarcke emmène la « moto » Cancellara pour quand même finir par se faire déposer dans le final?? Qu’est-ce que ça aurait donné si Vanmarcke avait « roulé davantage pour aider Cancellara à revenir »? Quand on est face à plus fort que soi à la pédale, alors il faut savoir jouer tactique.

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  • schwartz patrick
    Soumis le 8 avril 2014 à 12:52 | Permalien

    Tout a été dit sur ce Ronde (j’y étais samedi en « cyclo »,dimanche sur le bord de la route (dans l’Eikenberg)et après en « taverne » (bonjour l’ambiance)pour encore voir l’arrivée…
    Je rajouterais qu’il n’y a pour moi aucun des quatre finalistes qui doivent supporter le poids de la course,pas plus Spartacus qu’un autre! il y a un vainqueur, alors « démerde », chacun avec son « foncier », sa fraîcheur, ses qualités intrasèques, de sprinter, de rouleur, de puncheur, son mental… Rien n’est jamais acquis jusqu’à la ligne… Et n’oublions pas Kristoff qui est venu « mourir » à 8 secondes ! et s’il était venu les rejoindre 5km avant … parce qu’il finissait fort,très fort, tout seul, alors ?

    PS @ Laurent, samedi journée magnifique, tu dois le faire ce « Ronde », c’est de l' »incroyable » !!!!

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