Barguil, une année à oublier

Le journal L‘Équipe proposait hier sur son site un reportage intitulé “Warren Barguil, l’année loupée”. N’ayant pas accès au contenu réservé aux abonnés, je n’ai pas pu lire l’article.

Mais force est de constater qu’en effet, Barguil a eu une saison assez moyenne en 2018. Son dernier fait d’arme remonte à dimanche dernier lors des Mondiaux d’Innsbruck, où il a abandonné assez tôt dans la course après avoir été pris dans une chute. À sa décharge cependant, Barguil n‘était initialement pas prévu en Équipe de France, donc n’avait peut-être pas préparé cette course avec toute la rigueur nécessaire.

D’autres résultats de Barguil cette saison: 17e de Paris-Nice, 15e du Tour de Catalogne, 45e de la Flèche Wallonne, 53e de Liège-Bastogne-Liège, 19e du Dauphiné, 17e du Tour de France… Son seul fait d’arme cette saison est probablement sa 3e place acquise sur le Grand Prix de Wallonie le 12 septembre dernier.

Je suis de ceux qui se sont surpris à l’intersaison l’an dernier de voir Barguil quitter une “grosse” formation WorldTour comme la SunWeb et ses grands leaders dont Dumoulin pour la petite équipe française Fortuneo-Samsic.

Ceci peut-il expliquer cela?

Il est clair que Barguil porte sur ses épaules la formation Fortuneo-Samsic, exempte de grands leaders à part lui. Il a donc davantage de responsabilités que lorsqu’il était à la SunWeb où un coureur comme Dumoulin pouvait le décharger significativement de cette pression.

Il a probablement dû s’impliquer davantage dans les choix de l‘équipe également, ce qui coûte en énergie et en… tracas. Je pense ici par exemple à l’histoire du changement d‘équipementier de vélos deux semaines avant le Tour, de Look à BH. Apparemment, Barguil n‘était pas satisfait des vélos Look… je ne peux pas croire que ca n’a pas perturbé sa préparation.

Une plus petite structure veut également dire moins de gros moyens pour tous les à-côtés du cyclisme: diététique, soins divers, tests de matériel, tous ces “marginal gains” sur lesquels de grosses écuries comme Sky, BMC, Quick Step ou d’autres misent.

Bref, Barguil a peut-être eu la tête “encombrée” en 2018 par des éléments autres que le seul fait de pédaler sur son vélo. La joie de retrouver ses terres bretonnes n’a probablement pas compensé suffisamment pour ces tracas additionnels.

Je suis activement le cyclisme depuis 1983, et j’ai vu beaucoup de grands coureurs qui, après une année de grands succès, ont opté pour des équipes moins aguerries ou émergentes, un choix évidemment souvent compensé par une rallonge salariale. Stephen Roche en 1988 avec Fagor en est un exemple éloquent, mais aussi Luc Leblanc chez Le Groupement en 1995, et d’autres encore.

L’histoire m’a prouvé que c’est là un pari souvent risqué, rarement payant. Barguil est peut-être l’exemple le plus récent de cette série malheureuse.

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