A. Vayer : « Quand on veut, on peut… »

La Flamme Rouge vous présente la suite de l’entretien avec Antoine Vayer, dont la diffusion a commencé simultanément dimanche soir sur « Vélochronique »:http://www.velochronique.com/chroniques/article.php3?id=article=598 et « sur ce site »:http://laflammerouge.com/article/3980/antoine-vayer-sort-du-bois.

Propos recueillis par Raphael Watbled et Laurent Martel.

*Velochronique et La Flamme Rouge : Vous avez défendu l’idée d’un moratoire d’un an. Comment verriez-vous les choses? On arrête tout et on se met au travail? Cela vous paraît-il réalisable?*

*Antoine Vayer* : Un vrai moratoire à huis clos ce serait une bonne chose, et prendre le temps et les décisions/actions qu’il faut. Beaucoup plus que des réunions de 3 heures à Lausanne à l’issue desquelles on fait des effets de manche et d’annonce sur un fond de lutte de pouvoirs. Mais autour de la table, il faut mettre d’autres personnes. Seulement il faut travailler et avoir le courage d’imposer les moyens de lutter efficacement contre les dopeurs/dopés/souteneurs. S’ils sont ceux qui sont autour de la table, c’est difficile.

*VLC et LFR : D’après vous, peut-on être optimiste pour l’avenir du cyclisme, ou c’est une cause perdue?*

*A. Vayer* : Justement, il y a des solutions non prises en compte. Simples et efficaces. Le jour où je cautionnerai les performances, alors on aura fait un bout de chemin concernant le lever de suspicion. C’est possible. C’est une affaire d’hommes et de volonté politique à tous les niveaux. Tout simplement. Quand on veut on peut. Concernant le dopage c’est même simple. Le Tour à 38-39 de moyenne avec des inconnus qui nous feront vibrer, ce peut être pour demain. Avec les champions du ventre mou et ceux qui n’accèdent même pas au ProTour. A moins de légaliser le dopage, pour une France qui regagne comme en 1994 après la disette… Mais en ce moment c’est l’hiver, il fait froid et on prépare la curée belgo-néerlandophone aux Mondiaux de cyclo-cross. Le vélo est malheureusement devenu un sport mineur vivant sur la nostalgie. Mais quand on veut, on peut, je le répète.

*VLC et LFR : Vous n’êtes pas adulé par tout le monde dans le milieu cycliste. Si vous deviez faire votre propre portrait, mais dressé par vos détracteurs?*

*A. Vayer* : La Joconde? Vous savez, quand mes oreilles sifflent, c’est plutôt bon signe! Avoir tous les imbéciles contre soi, aussi. Et puis ce que vous n’estimez pas, c’est le capital sympathie et relationnel que j’ai de manière non négligeable dans ce milieu. Seulement voilà, avec eux, on se cache (rires). La plupart de mes détracteurs n’ont jamais discuté avec moi. J’ai une image de « révolutionnaire » complètement désagrégée dès lors que je parle sérieusement et suffisamment longtemps avec ceux qui me dénigrent. Seulement voilà, il faut du courage intellectuel et pas seulement émotionnel pour discuter de choses sérieuses. La peur de perdre certaines prérogatives empêche le dialogue constructif. La lutte antidopage est une chose trop sérieuse pour la confier à certains en place. Ils le savent.

*Lisez la grande conclusion de cette entrevue demain sur Velochronique et sur La Flamme Rouge.*

*L’entretien au jour le jour* :
Antoine Vayer sort du bois : sur « Vélochronique »:http://www.velochronique.com/chroniques/article.php3?id=article=598 et « La Flamme Rouge »: »http://laflammerouge.com/article/3980/antoine-vayer-sort-du-bois.
Antoine Vayer : « Prendre le temps d’aller vite »: »:http://www.velochronique.com/chroniques/article.php3?id=article=599 sur Velochronique.
Antoine Vayer : « Le cas Heras ne fait que confirmer ce que tout le monde sait »:http://laflammerouge.com/article/3982/a-vayer–le-cas-heras-ne-fait-que-confirmer-ce-que-tout-le-monde-sait sur La Flamme Rouge.
Antoine Vayer : « J’assume ce que j’ai fait chez Festina et ça dérange »:http://www.velochronique.com/chroniques/article.php3?id=article=601 sur Velochronique.

2 Commentaires

  • Stephane
    Soumis le 1 décembre 2005 à 4:54 | Permalien

    Merci à “La Flamme Rouge” et “Vélochronique” de nous avoir fait partager cette entrevue pour le moins “exceptionnelle” avec Antoine Vayer. Cette entrevue est sans aucun doute digne des plus grands journaux francophones ou des magasines spécialisés. Vos blogs n’ont pas grand chose à envier aux meilleurs sites web commerciaux.

    Quant au contenu de l’entrevue elle-même, et des commentaires associés, il semble que malheureusement ça ne réussisse pas à faire évoluer beaucoup les mentalités. Bon sang, que voulez-vous de plus pour comprendre ? Des aveux complets de tout le peloton ? Faut faire avec les preuves, les témoignages, les contrôles positifs et les calculs des experts qu’on a à se mettre sous la dent. Faut pas s’attendre à un méa-culpa gratuit de la part des coureurs !

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  • phil
    Soumis le 2 décembre 2005 à 1:41 | Permalien

    Entièrement d’accord avec toi Steph.
    Il ne faut pas être candide en croyant que tout le monde d’un coup va avouer, car là ça touche à d’autres valeurs que simplement le vélo ; quand on a trempé longtemps, un retournement radical c’est très dur, c’est comme arrêter le tabac ou la drogue, avec en plus le fait qu’on doit accepter de perdre quelquechose, de lâcher prise, ce qui est à l’inverse des mentalités dominantes où il ne faut jamais lâcher en aucun cas !
    Avec aussi la peur du lendemain …

    C’est comme un repenti de la mafia, il faudrait les protéger de leurs anciens “parrains”.

    Aujourd’hui les ados en amateurs sont déjà accoutumés à la prise hebdommadaire de produits, donc 5 à 10 ans après dans un cadre toujours plus opressant le dopage vient quasiment naturellement.

    Bref, pour conclure, bien entendu ça n’est pas simple, mais il ne faut surtout pas désespérer.
    Tous les murs finissent un jour par tomber … d’eux-mêmes d’ailleurs si on les aide un tant soit peu ( comme le mur de Berlin par exemple )

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