A. Vayer : « Je suis heureux d’avoir décrit la vérité »

Vélochronique et La Flamme Rouge vous présentent aujourd’hui la fin de l’entretien accordé par Antoine Vayer.

*Retrouvez l’intégralité de l’entretien:*
Antoine Vayer sort du bois sur « Vélochronique »:http://www.velochronique.com/chroniques/article.php3?id=article=598 et « La Flamme Rouge »: »http://laflammerouge.com/article/3980/antoine-vayer-sort-du-bois.
« Prendre le temps d’aller vite »: »:http://www.velochronique.com/chroniques/article.php3?id=article=599 sur Velochronique.
« Le cas Heras ne fait que confirmer ce que tout le monde sait »:http://laflammerouge.com/article/3982/a-vayer–le-cas-heras-ne-fait-que-confirmer-ce-que-tout-le-monde-sait sur La Flamme Rouge.
« J’assume ce que j’ai fait chez Festina et ça dérange »:http://www.velochronique.com/chroniques/article.php3?id=article=601 sur Velochronique.
« Quant on veut, on peut »:http://laflammerouge.com/article/3984/a-vayer–quand-on-veut-on-peut sur La Flamme Rouge.

Propos recueillis par Laurent Martel et Raphael Watbled.

*La Flamme Rouge et Vélochronique : Antoine Vayer, vos propos sur le cyclisme peuvent paraître cyniques, acides ou provocateurs. Est-ce que vous forcez le trait pour être sûr de faire bouger les choses?*

*Antoine Vayer* : L’important est de regarder les choses et les gens en face et aussi de se regarder dans sa glace tous les matins en étant content. Je ne fais que décrire les faits franchement et de manière tout aussi lucide que critique. Mais pas cynique comme le sont par contre les propos de la plupart des gens du « milieu » qui mentent avec de plus en plus d’aplomb pour certains. Ils en sont à un point tel qu’ils croient en leur propre mensonge : le top de la mythomanie ! Je m’exprime avec une certaine ironie humoristique, je l’admets. Mais travailler avec des illustrations de Luz (Charlie Hebdo) comme je l’ai fait pour éclairer les articles c’est tentant. C’est tout de même désopilant de sérieux tellement c’est vrai si c’est dessiné ainsi en quelques coups de crayons et dit en quelques mots forts et choisis.

La franchise simple de la vérité a toujours engendré la haine. Ce n’est pas de la provocation, c’est un miroir. Un journaliste m’a dit en 2002 : « Armstrong et Verbruggen, c’est notre fond de commerce, mais ton genre de chroniques, c’est ce qu’on lit le matin au lever préférentiellement, même si tu fais donneur de leçons. Seulement on va dans les toilettes pour ça afin que les autres ne le sachent pas. Ils te demandent le journal ensuite » .Si les côtés vils du dopage se traduisent dans le regard (celui d’un professeur d’Education Physique et Sportive et d’Entraîneur) que je porte à certains aspects de ce sport de haut niveau, c’est surtout parce qu’il sont dans ce sport regardé. C’est si facile en ouvrant les yeux. Le noyau dopage et ses électrons mensonge/tricherie/hypocrisie transpirent à grosses gouttes sur le front et le crâne du cyclisme de « haut niveau ». Comme Saint Thomas, je dis ce que je vois après en outre avoir goûté à cette sueur acide qui sort de tous les pores du visage que nous offre un certain cyclisme.

Point n’est besoin de forcer le trait tellement ce milieu est caricatural et « limité » par moments, imprégné aussi par cette « culture » de bêtise biologique. Pas intellectuelle, ça c’est sûr. Je l’explique très simplement, en français dans le texte comme je l’ai fait en tant que chroniqueur. Pour les journaux Le Monde en 1999, où c’est Michel Dalloni – maintenant actuel directeur de la publication du journal L’Equipe – qui était chef des sports et qui m’avait appelé pour ce faire. Pour L’Humanité en 2001, Libération en 2003 et 2004. Je suis heureux d’avoir décrit la vérité dans ces journaux. Comme Foglia au Québec d’où j’ai suivi le Tour cette année s’est mis à la faire par moments. Il y a tant de figures granguignolesques dans le vélo de « haut niveau ». Certains deviennent même commentateurs et la boucle se boucle et la ferme. Parfait !

Je décris simplement ce milieu où, autour de coureurs dont certains sont limités, pas mal de « putains du dopage » (en pesant les mots) se partagent les rôles et le gâteau à bien des échelons, parce que c’est le socle ancestral de leur métier, de leur réussite et de leur reconnaissance. Ils imposent donc l’omerta et si cela ne suffit pas, en viennent à la camora (NDLR : mafia napolitaine). Evidemment, dire « que pour certains cyclistes qui meurent, c’est une pharmacie qui brûle » en plein congrès international comme je l’ai fait, cela en fait hurler quelques-uns. Mais les évènements les ont calmés au point où ils me donnent maintenant raison !

Le dopage est bien plus une mentalité d’une relative petite bande de complices qui utilisent les ignorants, même diplômés ou chefs d’entreprise ou politiques, qu’une réalité parfois. Le syndrome de Peter où chacun est amené à son plus haut niveau d’incompétence pour éviter de placer l’individu, le sportif, au centre des préoccupations est prégnant dans le cyclisme de haut niveau. Et chacun à sa place ne lâche rien, c’est extrêmement bien organisé, huilé, connivent.

*Velochronique et La Flamme Rouge remercie Antoine Vayer pour cet entretien exclusif et pour sa confiance.*

*Demain sur La Flamme Rouge : si nous étions président de l’UCI…*

8 Commentaires

  • didier girsch
    Soumis le 3 décembre 2005 à 12:31 | Permalien

    bizarre la fin de cet entretien,fatigue?? globalement,c’est un peu decevant sur le fond(pas tres precis)et la forme touche à la megalo

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  • olivier dilasser
    Soumis le 5 décembre 2005 à 12:51 | Permalien

    Bravo à Antoine Vayer d’éclairer les cyclistes sur les pratiques des cyclistes professionnels.
    J’aimerais ajouter des chiffres.
    Lors de l’étape du tour de france 2005 entre Gérardmer et Mulhouse, Rasmussen a grimpé le col de la Grosse Pierre (au début de la grande bagarre) en 6’35”. Un col de 3,1 km à 6,4%. Ce qui fait une puissance de plus de 500 Watt.
    Impressionant non?

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  • toutouille26
    Soumis le 6 décembre 2005 à 2:21 | Permalien

    rasmussen a fait de la mob sur de nombreuses étapes…

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  • tout
    Soumis le 6 décembre 2005 à 4:11 | Permalien

    encore une inexactitude: dépasser un certain nombre de watts à l’effort n’est pas une tare. tout le monde peut “faire” plus de 500 watts cher monsieur…

    Mais un dopé pourra “faire” 500 watts pendant une durée intenable normalement.

    475 watts pendant une heure c’est plutôt du dopage que de la “volonté”.

    500 watts pendant 6 minutes trente c’est tout à fait possible sans se doper.

    En résumé, on ne peut rien conclure à partir d’une seule puissance sans la durée correspondante…

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  • olivier dilasser
    Soumis le 6 décembre 2005 à 1:05 | Permalien

    Tout à fait d’accord. J’ai moi même développé 500 Watt durant un test à l’effort pendant 30 secondes.

    Le problème de Rasmussen, ce jour là, ce que ce fût comme ça pendant 171 km.

    Col de la Grosse Pierre :
    3,1 km à 6,4% en 6’35” 532 Watt
    28 km/h de moyenne

    Col de Bramont :
    3,4 km à 6,5% en 7’45” 487 Watt
    26 km/h de moyenne

    Col du Ballon d’Alsace:
    9,1 km à 6,8% en 22’42” 446 Watt
    24 km/h de moyenne

    Toujours pas impréssionné?

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  • Thierry Lemaire
    Soumis le 6 décembre 2005 à 4:39 | Permalien

    euh, franchement, des côtes de 3 km à 6% à 26 de moyenne, ça ne m’étonne pas une seconde, je suis largement capable de le faire et je suis loin d’être une mobylette ou un coureur pro.
    Je trouve ça assez agaçant cette manière de taper toujours sur Rasmussen, comme s’il était sorti de nulle part. Sur le tour 2004, c’est sans doute lui qui a le plus souvent attaqué en montagne (même si à chaque fois, il s’est largement planté)
    pour moi, ce type est un pur grimpeur avec un physique de grimpeur, ce qui n’est pas le cas d’Armstrong, d’Ullrich, ni de Moncoutié d’ailleurs.
    Enfin, avant le tour 2005, un certain Richard Virenque en avait déjà fait son favori pour le maillot à poids.
    Alors je n’affirme pas que le gonze n’est pas dopé à l’EPO ou autre substance hémato-pipo, mais ses résultatns me semblent largement moins incohérents que d’autres.

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  • toutouille26
    Soumis le 6 décembre 2005 à 11:53 | Permalien

    oui thierry mais un troisième col
    de 9 km à 7 pour cent à 24 de moyenne puis narguer les deux meilleurs rouleurs du monde pendant 50 bornes, je crois pas que tu puisses le faire, en faisant des numeros la veille ou les jours suivants; moi ca m’a ahuri de le voir à ce niveau; comme d’autres d’ailleurs. IL n’y a plus aucun spectacle sur le tour de france, on en est réduit à alnalyser les puissances pour voir qu’un tel prend rien; elles sont loin les épopées extraordinaires de gaul; la médecine a tout emporté; le dernier exploit remonte à pantani en 98 , et c’est surement parce qu’ullrich n’avait pas eu ses produits le matin meme; sinon il faut remonter trop loin pour moi…
    qu’est ce qui a donc tué le vélo? Les médias qui parlent du dopage, sans aucun doute.

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  • nick
    Soumis le 7 décembre 2005 à 8:22 | Permalien

    c’est vrai que Pantani en 1998, c’était superbe… Bon, quand on sait que l’ami Jan (“il va y avoir de sacrées défaillances”, aurait dit un observateur en Irlande)… Mais tout de même…

    Bon, moi, aussi loin que je m’en souvienne, c’est Chiappucci en 1992 je crois, à Sestrières. Exceptionnel ! Ahurissant !

    Fignon aurait dit, alors, qu’il se passait des choses bizarres dans ce Tour (propos qu’on a lus bien des années plus tard of course) : “Indurain avait mis De Las Cuevas à 3 min dans le clm, on commençait à avoir des soupçons.” Et le lendemain de Sestrières, alors qu’il était cuit, des gars “inconnus avant” (Franco Vona par ex, 2 fois 2e en 2 jours) passaient comme des mobylettes, comme si de rien n’était. En tout cas, j’avais vibré (comme pour Pantani), naïf que j’étais. Et puis…

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